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jeudi 11 juin 2015

Hamlet - Othello - MacBeth (Shakespeare)

Enfin, enfin, enfin j'ai lu ces trois pièces de Shakespeare ! Enfin j'ai lu ces fameuses pièces légendaires qui sont la base même de cet auteur grandiose, adulé et encore joué tout les jours, cet homme qui a défini la littérature anglaise auquel il a désormais donné son nom. Aujourd'hui, à l'instar de la langue de Molière, la langue anglaise est devenue la langue de Shakespeare. Alors en tant que grand lecteur, je me devais de lire au moins une fois dans ma vie des pièces de cet auteur, et ajouter ce glorieux nom à la longue liste qui parsème les étagères de la fière et vaillante roulotte.
Aujourd'hui, camarade, Shakespeare entre dans la roulotte aux livres !


Résumé en trois mots : Tragédies, Familles et Vengeance

Je crois qu'on ne peut pas mieux résumer ces trois pièces qu'en disant qu'il s'agit de trois tragédies de familles, et que la vengeance est le thème centrale des trois oeuvres. Si j'avais déjà eu l'occasion de lire Hamlet dans une autre anthologie, les autres étaient pour moi complètement inconnus et je ne connaissais que de nom avec quelques petites informations sur leurs déroulement. En fait, je dois dire que la plus grosse source d'information que j'ai eu sur MacBeth venait de Trois soeurcières, qui m'a permis de prendre conscience du potentiel que je ratais.

Le point que je retrouve dans ces deux pièces et qui m'avait déjà percuté dans les trois autres pièces que j'ai lu de l'auteur, c'est la propension aux histoires fortes. MacBeth tout comme Othello proposent des thèmes fort et des histoires qui sont dramatiques, aux enjeux colossaux. Entre la destruction d'un couple et de la vie d'une personne dans Othello à la vie que va s'imposer MacBeth pour donner raison à une prophétie entendue, ce sont toutes les vies des protagonistes qui sont remises en cause dans des périodes de trouble, et puisque le drame et là, il y aura des morts.

Ces deux pièces sont passionnantes à lire, à la fois pour leurs procédés dramatiques qui sont fatalistes, là fin nous étant courue d'avance, mais surtout parce que les personnages sont sublimes. Othello doit tout, à mes yeux, au personnage de Iago qui donne tout le sel à la pièce, éclipsant même le personnage principal qui donne son nom à la pièce ! De même, MacBeth et sa femme sont passionnant à découvrir, parce qu'il sont conduits par un oracle sans se reposer une seule seconde sur leur bon sens, conduisant tout un peuple à la ruine. C'est beau et puissant, mais également pathétique et parfois même ridicule, mais de celui qui tue au final.

Deux pièces extraordinaires, que j'ai pris un grand plaisir à lire. Shakespeare m'a étonné encore une fois, et je serais ravi de pouvoir lire à présent ses fameuses comédie qui m'ont l'air du même acabit. C'est toujours enrichissant, autant sur les personnages que les situations, les dialogues et les dénouements. Tragique, certes, mais grandiose et épique également. La traduction n'enlève rien au charme et je comprend maintenant l'accueil qui est réservé aux oeuvres de Shakespeare en temps normal. C'est effectivement un genre de littérature qu'il faut avoir lu un jour dans sa vie, car elle marque et l'on se rend compte à la lecture la dimension de l'auteur. Un géant, qui compte de si passionnantes histoires.

(Chronique n°282)

vendredi 15 mai 2015

Le seigneur des guêpes (Iain Banks)

J'ai parfois du mal à me plonger dans un livre, et ce fut le cas avec celui-ci qui me faisait pourtant de l'oeil depuis un moment, sans que j'eusse le moindre souvenir de la raison. Mais je me suis accroché, et entre deux autres lectures, j'ai basculé dans la seconde partie du livre, pour ne plus vraiment le lâcher et le finir le plus vite que je pouvais. Et là, le résultat est assez étonnant.


Résumé en trois mots : Île, Adolescent et Famille

Je ne sais déjà pas trop dans quelle catégorie ranger ce livre. Peut-être dans le style "presque polar-thriller" ? Car c'est un roman de genre qui est construit sur un polar. Ou l'inverse. Un curieux style, bâtard de genre, mais curieusement assez efficace.

Soyons honnête : ce livre est génial. J'ai eu un mal fou à m'y plonger (bon, en ce moment j'ai du mal à lire de façon générale), mais je n'ai pas pu le lâcher une fois passé le cap de la première moitié. Car c'est une construction par étape, et pour accéder à tout ce qui fait la force de cette seconde partie, il faut tout le développement de la première, toute l'introspection du personnage principal, toute sa vie au jour le jour, toute sa psyché et sa conception des choses. Pour ensuite nous envoyer dans la face la suite.

Ce roman oscille entre diverses choses, mais ce qui ne bouge pas, c'est ce personnage central, à la fois énigmatique et incroyable, mélange entre un fou et un illuminé, isolé sur son île avec sa famille, handicapé à vie. La vie n'est pas rose pour lui, et pourtant il s'invente un monde, un univers dans lequel il contrôle les choses. Notamment en tuant. Enfin, ça c'était quand il était jeune.
C'est également un roman puissant sur nos croyances, sur ce qu'on admet pour vrai et qu'on veut bien accepter dans notre réalité, toute déformée qu'elle peut être. Jusqu'au rituel de magie. Ainsi que sur la famille et les liens que cela tisse.

Roman qui se déroule dans un microcosme, une île isolée de tout et un petit village, une seule maison qui cristallise tout, avec tout à l'intérieur. Une métaphore doit sans doute être dissimulée derrière tout ça, mais je ne l'ai pas encore trouvé.
C'est également un thriller, qui pose des éléments pour arriver progressivement à une conclusion déroutante et d'un genre que je n'avais encore lue. Je ne pensais pas que le polar s'orienterai dans cette  direction ensuite. Mais c'est tout à son honneur.

Un roman étrange et dérangeant, très déroutant. J'ai eu du mal à m'y intéresser, mais une fois dedans le roman m'a surpris et m'a dérangé jusqu'au bout. Je crois que le maitre mot c'est le malais qu'on ressent au contact de ce personnage principal dérangé et pourtant tellement normal dans son univers, univers qui nous grignote progressivement pour nous laisser sur un dernier chapitre hallucinant. Une plongée qui m'a déroutée, et qui me fait encore réfléchir. Lisez-le si vous avez l'occasion, ça vaut le détour.

(Chronique n°273)

jeudi 13 novembre 2014

Millenium (Stieg Larsson)

A l'occasion d'un retour dans ma terre natale, je tombe sur les trois tomes de cette saga que j'avais lu voila un bon moment, et que j'avais ensuite prêté sans que je ne puisse me rappeler à qui. Et voila que celui-ci revient dans mes mains, me rappelant leur bon souvenir et me donnant également l'occasion de les relire, chose que je me suis permis de faire rapidement, peut-être un peu trop en diagonale, mais avec toujours le même plaisir et la même intensité. C'est pourquoi je me suis laissé aller à en pondre une petite chronique sur ce blog, puisque je ne pouvais tout de même pas passer à côté d'un des rares polars que j'ai lu récemment et qui ne m'a pas laissé de marbre lorsque je l'ai refermé. Sans compter que cela me permettra enfin d'ajouter la catégorie des auteurs suédois à la liste déjà longues des nationalités présentes dans la roulotte !


Résumé en trois mots : Femmes, Violence et Enquête

Je ne vais pas trop m'étendre sur l'histoire de ce livre, puisque vous avez du en entendre parler à moins d'avoir passé les dernières années dans une grotte au fin fond du désert, entre la sortie des livres avec force de publicité (méritée pour une fois) et ensuite la sortie des films. Bref, ce n'est pas ce que nous appellerons un livre peu connu.
Maintenant, qu'en est-il réellement après lecture ? Et bien, pour une fois, il faut l'avouer, la médiatisation avait du bon, puisque c'est ni plus ni moins qu'une petite pépite qui nous a été livré par cet auteur.
Comme je l'ai déjà souvent souligné, le genre du polar n'est vraiment pas mon préféré, et j'ai souvent laissé tomber un livre de ce genre pour me replonger dans ce que j'appelle des vrais genres de littérature. Mais de temps en temps, l'un d'eux arrive à me retenir suffisamment longtemps pour que je puisse le finir, et ce fut le cas de cette série, qui est pourtant massive, avec ses trois tomes plutôt épais (pour un format de poche). Qui plus est, la série m'a tenue en haleine jusqu'au bout, et je peux clamer haut et fort que je l'ai beaucoup aimée ! Comme quoi, il ne faut jamais désespérer, on peut toujours trouver chaussure à son pied.

Ce qui m'a plu plus que tout dans cette trilogie, c'est que l'auteur commence le premier comme un classique de polar, avec un premier tome d'enquête qui tourne presque au thriller. Mais les deux suivants enchainent sur les personnages plus que sur l'enquête et finissent par conclure la trilogie juste comme il faut, sans happy end tranché, avec des hauts et des bas, des bons et des mauvais côtés. Mais avec une fin, et c'est le plus important.
Cette série sait également offrir des vrais personnages, et ça fait du bien. Les héros sont extraordinaires, avec tout leurs bons et leurs mauvais côtés, mais toujours attachant. Ils aiment et souffrent, ils vivent et se battent, ce sont là des vrais héros, mais des héros ô combien humain. Et ça, ça fait rudement plaisir à lire, de temps en temps.
Enfin, il y a le sujet de toute la saga, et là c'est la cerise sur le gâteau. Profitant de son roman et de ses personnages, Stieg Larson en profite pour dresser un portrait peu flatteur de la Suède mais parle surtout de la violence faite au femme. C'est une magnifique idée, mais qui peut vite tourner en eau de boudin. Et là, je ne peux que reconnaitre tout le talent de l'auteur qui nous a gratifiée d'une morale parfaite, montrant sans détour toute cette violence faite aux femmes dans un monde brutal et sans pitié, mais également toute la force de ces femmes qui se battent pour ne pas être broyées impitoyablement. C'est, à travers ce roman, la lutte des opprimées contre un système obsolète, oppresseur et machiste.
Le roman sait jouer avec la noirceur et la violence, donnant un ton résolument sombre à l'ensemble. La vie n'est pas facile, mais ce n'est que le reflet d'un monde où des choses bien plus terribles se passent. Ce roman à également le mérite de nous intéresser à des problématiques politiques plutôt extérieur, celles entre la Suède et les pays communistes, tout ce qui nous touche un peu moins, nous autres français peu tournés vers l'est. Et il faut tirer le chapeau aux traducteurs, qui ont également réussi le pari de laisser le roman extrêmement lisible, d'un bout à l'autre.

Ce que je peux ajouter à cette trilogie, c'est le simple conseil : lisez-la. Je conseille rarement des polars et j'en lis à peine plus, mais c'est ceux de ce genre que je vous recommande. Une telle série mérite qu'on s'y attarde, autant pour sa forme parfaitement maitrisé que pour son fond qui ne peut que interpeler. C'est à la fois violent et nécessaire, mais on ne ressort pas indemne d'une telle lecture. Les personnages et leurs situations nous prennent à la gorge, et lorsqu'on en ressort c'est rempli de réflexion. Une de ces série dont je me détache à regret, tant je voudrais pouvoir continuer à voir ces personnages vivre, évoluer. Mais toute les bonnes choses ont une fin et celle-ci est au niveau du reste. Une page se tourne, et pourtant Millenium continue de nous habiter ensuite. La marque des grands romans.

(Chronique n°210)

lundi 16 juin 2014

Face aux feux du soleil (Isaac Asimov)

Les robots, volume 4


Quatrième partie de cette grande fresque des Robots, voici Face aux feux du soleil, nouveau volume d'enquête avec le couple d'enquêteur de Elijah et Daneel, le robot Aurorien et l'enquêteur terrien. Les deux personnages déjà présent dans le volume précédent. Et, bien évidemment, nous les retrouvons cette fois-ci encore dans le cadre d'une enquête impliquant des robots, les lois et tout ce détail. Mais cette fois-ci, nous changeons de cadre de façon radicale ! Eh oui, Asimov ne reste pas que sur Terre. La preuve en histoire.


Résumé en trois mots : Robots, Meurtre et Sociologie

Dans cette histoire, Asimov fait voyager ses personnages ailleurs, dans un autre monde, appelé Solaria, et l'enquête se déroule en condition hors Terre.
Pour cette deuxième enquête de la pair de détective, beaucoup de changements sont en ligne de mire. D'abord, le personnage de Daneel est pour ainsi dire insignifiant, ne faisant que de brèves apparitions au début et à la fin, bien que sa présence soit essentielles. Ce que je regrette, c'est qu'il n'y a pas de continuité avec l'opus précédent, notamment au niveau des interactions entre les deux, et finalement ç’aurait tout aussi bien pu être un autre robot.
Le second point, c'est l'enquête très différente, en un sens moins intéressante et moins surprenante, qui nous conduit dans un canevas classique (comme la première d'ailleurs) mais qui n'est pas l'essentiel, bien que ce soit le fil conducteur du livre.
Par contre, je dois dire que l'ambiance totalement différente et en mieux. Là, je tire mon chapeau à Asimov qui nous pond cette fois-ci une réflexion sociologique sur les développements extra-terriens de l'humanité, avec son lot de bons et mauvais côtés. Mais surtout avec tout son lot d'idée sur ce que l'humanité pourrait devenir en suivant une voie plutôt qu'une autre. Et là, l'effet est totalement réussi. La façon de faire, d'être, des Solarians est tellement glaçante qu'on ne peut que s'insurger contre ce mode de vie. Asimov réussi parfaitement à nous distiller son point de vue, et les conclusions qui en ressortent au final sont plus qu'intéressante. Notamment parce qu'elles font réfléchir au futur de l'humanité.

Ce tome-ci est très différent des premiers, s'orientant vers la sociologie et le devenir de l'humanité, plutôt que sur son rapport au robots, qui est ici développé plus faiblement, avec peu de nouveautés. C'est une enquête qui explore clairement l'humain et tout ce qui en ressort (avec des côtés semblables à Le meilleur des mondes d'ailleurs), tout en nous fournissant aussi d'intéressantes pistes de réflexion sur la façon dont l'humanité se scinderait avec l'expansion spatiale. Asimov qui revient au top de sa forme dans ce roman qui nous invite à sacrément réfléchir sur l'homme et ses futurs. La série continue vraiment d'une belle façon.

(Chronique n°195)

samedi 14 juin 2014

Les cavernes d'acier (Isaac Asimov)

Cycle des robots, volume 3


Le troisième tome inaugure enfin les histoires longues et introduit les personnages que nous retrouverons au fil de la saga. En y repensant, c'est la première fois que je lis une histoire en un volume de Asimov depuis le livre Cailloux dans le ciel, mais j'ai maintenant les deux gros cycles (Les robots et Fondation) dans la ligne de mire, c'est donc parti pour des histoires plus longues. Et j'avoue que ça fait plaisir de retrouver le talent de cet auteur qui m'avait ébloui lors de ma première lecture.


Résumé en trois mots : Enquête, Robot et Spatiens

Les Spatiens, humains habitants d'autres planètes, genre qui n'est ni terrien ni extra-terrestre ... Un concept assez amusant. D'ailleurs, en y repensant, ça me rappelait un peu le cadre de l'histoire Cailloux dans le ciel, avec cette Terre vieillissante qui n'est qu'un petit morceau perdu dans l'immensité des autres espaces de l'univers.
Le livre en lui-même n'est qu'une enquête, mais pas, cette fois-ci, sur les robots. Il s'agit toujours de s'interroger sur les robots, mais d'une autre façon, et sans s'intéresser aux conditions d'actions des trois lois. Ici, la focale se fait plus sur l'interpénétration de la société par les robots et la haine viscérale que pourraient éprouver les humains au contact de ces êtres à la fois semblables à eux-mêmes et en même temps supérieur par bien des côtés. Ce qu'Asimov appelle le syndrome de Frankenstein.
J'ai beaucoup aimé ce livre, une enquête très sympathique et pour laquelle j'ai beaucoup hésité, même si le coupable m'apparaissait comme potentiel, je n'ai rien deviné jusqu'à la fin. En tout cas, elle est très bien réalisée.
J'ai beaucoup aimé le différents points de réflexions qui composent le roman, même si ceux-ci sont souvent des points déjà présents dans les nouvelles que j'ai lu, mais ils confèrent un éclairage sympathique à l'enquête qui n'est pas l'essentiel du livre.

Un bon roman, même si ce n'est pas le meilleur de l'auteur, mais qui se lit agréablement et qui invite à réfléchir encore une fois au potentiel en devenir de l'humain sur Terre, mais aussi dans le reste de l'Univers. Sans oublier, bien sur, tout ce qui caractérise cette série : les robots et leurs place dans un monde d'humain, leur interaction avec eux et tout ce qui s'ensuit. Bref, un nouvel opus toujours dans la bonne moyenne des Asimov et qui m'invite à me pencher sur le suivant assez rapidement.

(Chronique n°194)

mardi 25 février 2014

Des chrétiens et des maures (Daniel Pennac)

Après avoir fini Monsieur Malaussène, j'ai enchainé directement là-dessus sans même réfléchir. Après tout, c'est un livre tellement petit et court (moins de 100 pages) que je n'ai pas résisté. Et effectivement, la lecture fut très rapide. Alors, que puis-je en dire sans trop dévoiler et sans m'étendre plus que son contenu ?


Résumé en trois mots : Blessé, Amour et Naissance

Le livre est amusant en un sens, puisqu'il constitue un cross-over avec l'univers d'un autre écrivain. C'est d'ailleurs dommage que je n'ai pas lu cet auteur, parce que beaucoup de références m'ont échappées du coup.

Pour le reste, c'est du pur jus. L'histoire va nous raconter la naissance du Petit, l'avant-dernier de la fratrie Malaussène. L'histoire est amusante, et je l'ai lu jusqu'au bout avec un sourire et un intérêt pour savoir comment l'histoire se finira, mais je regrette juste qu'elle soit aussi courte. Plutôt qu'une histoire, c'est presque une nouvelle dans l'univers de Malaussène, qu'on peut lire presque indépendamment, quand on le souhaite, tant l'histoire est plus pour information que véritablement indispensable dans la saga.

Sans être un livre fondamentalement indispensable, c'est un bon petit -très petit- opus de la saga Malaussène, qui nous informe un peu plus sur cette famille complètement déjantée que nous suivons depuis déjà 4 tomes. En soi, le livre est inintéressant et trop court, mais dans l'ensemble de la saga il fait une excellente pause entre les plus gros volumes. A lire dans le cadre de la saga !

(Chronique n°143) 

samedi 15 février 2014

Monsieur Malaussène (Daniel Pennac)

Je me suis dit, après avoir fini La petite marchande de prose que je devrais me centrer plus sur le challenge. Et en parlant avec un ami, professeur de retraite, de cette saga, je l'entend me dire "Tu verra, Monsieur Malaussène c'est pas le plus mauvais de la série." Comment voulez-vous réussir à résister à ça ? Personnellement je n'ai pas pu, et me voila en train de lire le dernier tome de cette série que je possède. Et de le finir rapidement aussi.


Résumé en trois mots : Maternité, Images et Cinéma

Ce livre est le plus long de la saga Malaussène, enfin de ceux que j'ai lu, et il n'est pas le plus mauvais, mais je ne dirais pas non plus le meilleur. Entre les deux en fait. Pour plusieurs raisons, tout comme elles sont plusieurs en faveur de ce quatrième tome.

Pour commencer, j'attaquerai les points que j'ai jugé plus négatif, et je dirais notamment qu'il manque un petit quelque chose à ce livre : l'humour. On a nettement moins d'humour que dans les autres volumes, les sujets abordés sont très sérieux (comme pour les autres en fait) mais c'est fait beaucoup moins légèrement. Il y a bien entendu des bons moments de rire, mais dans l'ensemble c'est un livre plus sérieux que drôle, et j'ai trouvé ça dommage. Ensuite, le roman part dans de nombreuses directions qui se rejoignent, mais du coup on suit moins souvent le personnage de Benjamin Malaussène, alors qu'il est quand même le principal personnage. C'est dommage, j'ai trouvé qu'on avait trop d'intrigues secondaires aussi importantes que son histoire à lui. La famille Malaussène n'est plus tellement au centre. Le dernier détail que je reprocherais, c'est le sujet général, qui est centré autour de l'image et des films. C'est pas inintéressant, mais j'ai beaucoup moins d'intérêt que pour les livres (dans le troisième volume) ou en général les autres thèmes de la saga. Une considération plus personnelle en fait.

Pour le reste, en revanche, c'est encore et toujours bon. Fourmillant d'inventivité et de bonnes idées, de personnages riches et haut en couleur, d'intrigues croisées superbes, de nouveauté et de repêchage d'anciens détails, c'est un pur bonheur à lire, dans la droite ligne de ce qui se faisait dans les autres tomes. Le livre prend même le temps d'explorer d'autres lieux que le quartier de Belleville, ce qui n'est pas inintéressant, même si c'est vraiment dans Paris que tout se noue. Bref, encore une fois un petit régal pour le lecteur.


Sans être le plus mauvais, ce n'est pas le meilleur de la saga Malaussène, mais qu'est-ce que j'ai aimé la lecture. Encore une fois on est plongé dans cette famille hors-norme, avec tout ces personnages et ces intrigues en tout sens. Un régal de lecture que j'ai suivi d'un bout à l'autre. Le ton est léger, quoiqu'un peu moins que dans les autres volumes, et c'est avec un grand plaisir qu'on retrouve ce bouc émissaire qui est là pour expier les fautes de tout le monde. Je ne peux que vous encourager à le lire, cette saga est décidément une excellente lecture.

(Chronique n°138)

mardi 11 février 2014

La petite marchande de prose (Daniel Pennac)

(Lu entre le 28 et le 29 janvier)

J'ai craqué en le voyant d'occasion et je l'ai lu (oui, en plein dans le challenge, j'ai honte de ne pas avoir résisté) le plus vite possible. Le troisième tome de la saga Malaussène, tout de même, ça ne se refuse pas ! En tout cas je n'ai pas refusé, et au final, j'ai lu le tout sans même m'arrêter, toute la journée. Ah, une journée de lecture, quelle saine occupation ...


Résumé en trois mots : Littérature, Enquête et Famille

Encore une fois, la famille Malaussène m'a happé dans ses aventures et je n'ai pas résisté. Si l'ensemble est un poil en-dessous de ce qu'était La fée carabine, peut-être du fait d'un humour moins présent et d'un fond plus grave, le reste m'a amplement séduit et m'a lié à l'ouvrage jusqu'au bout. Je n'ai pas pu décoller de ma lecture, ou presque.

Daniel Pennac a un don pour conter les aventures de cette famille peu ordinaire, qui est cette fois-ci mise plus en avant que d'habitude, Benjamin s'effaçant un poil pour laisser les autres faire, ce qui n'est de loin pas pour me déplaire, tous étant aussi intéressant. Si j'ai dis que l'humour est un peu moins présent, il n'est de loin pas absent de ce volume qui contient de véritables blagues. Le tout réhaussé par le style qui commence à me plaire, avec plusieurs phrases bien percutantes. L'ensemble est vraiment d'excellente facture.

Et comme pour le volume précédent, nous avons le droit à une histoire qui ne s'ouvre sous forme d'enquête mais qui va dans tellement de directions qu'il serait réducteur de dire qu'elle est au centre. Tout est important, les intrigues se mélangent, tout comme les personnes et les peuples dans ce quartier de Belleville. Un quartier qui donne de plus en plus envie d'y aller. Et le mélange ethnique, les arrivés et les départs, tout est intéressant.

Pour ce troisième volume de la saga Malaussène, j'ai encore ressenti cette bouffée d'air frais qui sort du livre et qui nous saute en pleine face. Le ton est encore une fois oscillant entre le sérieux (il y a des choses qui passeraient sans problème dans un polar bien noir) et un humour par petite touche qui jaillit là où l'on ne l'attend pas. Les personnages toujours aussi géniaux, les différentes histoires qui s'imbriquent, tout est en place pour un excellent roman. Je ne peux que vous en recommander la lecture. Cette saga commence définitivement à me plaire ! J'ai la suite, mais je vais essayer d'attendre un poil avant de la lire ....

(Chronique n°136)

vendredi 29 novembre 2013

Les âmes grises (Philippe Claudel)


Un tout petit livre pour lequel je me suis laissé tenter par ce petit livre à l'aspect fort charmant et aux prix engageants (je parle des prix littéraires), et surtout peu de pages, alors que je n'étais pas motivé à en commencer un gros (j'en ai déjà deux en routes donc ...). Et puis, je n'avais aucun apriori sur cet ouvrage, ce qui m'a donné l'idée de me lancer dedans, pour une découverte totale.


Résumé en trois mots : meurtre, personnages et enquête


Disons le tout net, j'ai eu du mal à trouver ce livre intéressant. Pas forcément à le lire, mais à le trouver intéressant. Pourquoi ? En fait il y a de nombreuses raisons, autant personnelles que objectives (enfin, autant que je puisse l'être).
Déjà, pour commencer, la structure du récit est déconstruite. En soi, ça ne pose pas de problème, c'est une façon de traiter le récit qui me convient d'ailleurs très souvent du moment que ce n'est pas mal fait. Et là, malheureusement, c'est pas la meilleure façon de faire. En fait l'auteur nous précise sans cesse des choses autour de la trame principale, soit dans le passé antérieur soit dans le futur, mais sans vraiment nous donner des indications et en changeant quasiment tout le temps de chapitres. C'est bien comme idée, mais je trouve qu'on se brouille trop vite, notamment au début du roman. La fin est plus simple, quand on connait les grandes lignes, mais avant ça il faut vraiment se repositionner tout le temps dans l'échelle du temps et c'est assez pesant je trouve.
Ensuite, l'auteur fait intervenir des personnages qui parlent de ce qu'ils ont vécus/vus/entendus, et là encore c'est assez lourd comme style, puisque chaque fois la description bouffe je ne sais combien de pages avant que l'on rentre dans le vif du sujet. Ce n'est pas inintéressant, mais les personnages parlant ne sont que peu intéressants dans la suite du livre, rendant les présentations anecdotique.
Ensuite la façon de nous balader entre toutes les trames est bien vue, mais en fait chacune est si mince qu'on s'en préoccupe finalement peu, se contentant des portraits brossés par l'auteur. C'est surtout le cas par rapport à la femme du narrateur, dont je n'avais rien à cirer lorsqu'on en parlait.

Cela dit, l'auteur s'attache à nous présenter des personnages intéressants, le titre du roman expliquant cette façon de voir les choses : des âmes grises, ni noir ni blanches. Elles vont parsemer le roman, personnages sympathique devenant tout à coup moins intéressant, personnage odieux présentant un jour chaleureux. C'est un beau mélange, et la façon dont les personnages se dévoilent est bien faites.
Ensuite la peinture de ces années de guerre et le climat est bien représenté également, entre les blessés du front et les planqués à l'arrière, le travail des femmes et l'évolution de la société, c'est une belle peinture de l'époque à laquelle nous avons droit. Sans parler de tout ce qui nous révolte actuellement et qui avait libre cours en ce temps là.


En clair, le roman n'est pas mauvais et contient quelques bonnes idées et une mise en scène sympathique, mais j'ai franchement trouvé l'ensemble lourd. Ce n'est pas très bien organisé, et les personnages bien que tempérés m'ont semblé très fade. Au final, aucun ne m'est resté, aucun ne m'a semblé d'un quelconque intérêt et l'histoire finale est dispensable. Elle ne m'a pas laissé de souvenirs indélébile, et je ne me rappelle déjà plus grand choses de ses différentes trames. Je trouve que le récit à manqué son but, en voulant à tout prix se conformer à son titre il à manqué son but. Pour ma part, c'est une lecture parfaitement dispensable !

(Chronique n°100)

mardi 21 mai 2013

Le voyeur (Brian Freeman)

La couverture fait typiquement
thriller, vous ne trouvez pas ?
Là nous abordons un genre dont je n'ai pas encore beaucoup parlé et qui pourtant est très connu, si ce n'est pas le plus exploité commercialement actuellement, le polar. Je dis qu'il est le plus exploité, mais je dois dire aussi que ce genre contient une flopée d'auteur connu (je ne dirais pas bon, étant donné que je n'en ai pas lu le quart). Si la reine du genre reste Agatha Christie qui a su sublimer les différentes histoires, allant un peu sous tout les angles et annonçant les premiers polars aux détectives qui n'agissent que très peu (Poirot n'est pas taillé pour les courses poursuites), de très nombreux auteurs ont actuellement la côte, il suffit d'aller dans une librairie pour s'en rendre compte.
Cependant, c'est un genre que je lis très peu. Je dois avouer que je suis assez indifférent aux genres, ne m'intéressant que très peu aux différents crimes avec leurs résolutions, les fameuses fausses pistes, les coupables évidents qui n'en sont pas ... Bref, en fin de compte, je trouve souvent que les intrigues se répètent. Du coup, j'ai du mal à en lire. J'ai seulement dévoré quelques Agatha Christie, un ou deux polars autour, mais dans le genre je préfère beaucoup d'autres styles.
Mais ce livre m'a été recommandé par une personne très sympathique, du coup j'ai décidé de le lire tout de même, l'ayant trouvé d'occasion. C'est donc celui-ci que j'ai décidé de vous chroniquer aujourd'hui : Mesdames et Messieurs, Le voyeur de Brian Freeman.




Ce polar, assez gros tout de même (plus de 500 pages) fait intervenir un héros qui est apparemment récurent chez Brian Freeman (si j'ai bien compris), Jonathan Stride, lieutenant de police. Et l'histoire se concentre autour du meurtre de celle qui fut sa future belle-sœur, Laura Starr, sœur de sa première femme, Cindy Starr. Mais le problème, c'est que Laura Starr fut retrouvée assassinée, le visage écrasé à coup de batte de base-ball, un soir du 4 juillet (fête nationale américaine, hein, pour ceux qui auraient oubliés). Le suspect principal ne fut jamais arrêté, ayant quitté la ville, et l'affaire ne fut jamais résolu. Trente ans plus tard, un voyeur recommence à apparaitre, comme lors de cette année 1977, et une journaliste veut rouvrir l'enquête. Mais beaucoup de choses ont disparus ou changés, les gens ont vieillit, et puis Cindy est morte ... Le lieutenant Stride accepte cependant d'aider la journaliste dans son investigation sans trop de bonne volonté. Il se sent coupable : le soir du 4 juillet, il était avec Cindy pendant que sa sœur se faisait assassiner.

Alors, le synopsis de base est assez sympathique, même si je ne comprend pas cet engouement pour les romans qui déterrent des vieilles histoires afin de faire enfin la lumière sur un meurtre (qui séduit aussi le cinéma). Bon, je ne me lancerais pas dans un débat de fond ou de forme, mais l'idée est quand même intéressante. Que devient-elle dans les mains de l'auteur qui a un style assez bon, direct et efficace (ce qu'il faut donc pour un polar). Le gros avantage, c'est qu'il n'y a pas une multiplicité énorme de personnages, ce qui évite de s'embrouiller dans les noms (ce qui m'arrive souvent dans les Agatha Christie) et qui clarifie aussi la situation. Mais qui réduit aussi la liste des suspects. Cela dit, je dois dire que l'ensemble est bien maintenu, avec un sujet qui est finalement caché très longtemps et qui à de quoi surprendre, il faut l'avouer, les romans en traitant étant rare. Je ne le dévoile pas, pour ne pas spoiler évidemment, mais c'est assez surprenant et j'ai bien aimé cette idée. Ca fait plaisir d'avoir une surprise comme ça. Ensuite, je dois dire que les personnages ne sont pas spécialement attachant, souvent très peu profond. C'est un peu stéréotypé, notamment le héros, mais aussi quelques personnages autour. Là encore, le style d'écriture rattrape assez ça en ne lassant pas.

L'intrigue connait de multiples rebondissements, comme souvent dans un polar, et l'ensemble devient du coup assez prévisible. Et c'est justement ce qui m'a embêté le plus avec ce roman. La surprise manque beaucoup. Un retournement sur deux est visible, et j'ai su la fin 140 pages avant qu'elle n'arrive. Sur le coup, c'est très frustrant de lire en sachant déjà le coupable et en comprenant les motivations tout au long de l'écriture. Du coup, la fin du roman m'a été assez pénible. Je dois dire que le ressenti général en prend tout de même un coup (1/3 des pages en sachant la fin d'un polar, c'est long). C'est le gros défaut que j'impute au roman : il est très prévisible. Et pour un polar, ça la fout mal.

En fin de compte, on retiendra du roman qu'il apporte une bonne idée de sujet, avec une grosse surprise dessus, et une écriture efficace dans le genre. Par contre, il faut aussi noter des ficelles classiques qu'on prévoit à force, des personnage sans grandes surprises et une fin qui se voit arriver de loin si l'on réfléchit un poil (et qu'on est habitué au polar). Du coup, je ne sais pas trop si l'achat est recommandé, puisque vous risquez aussi d'avoir une fin qui vous décevra. Mais pour le reste, c'est plutôt pas mal, efficace sans renouveler le genre. Si vous êtes adeptes des polars et que vous lisez occasionnellement, il peut être un bon choix. Pour les autres, je pense qu'on peut passer outre sans difficulté.

(Chronique n°45)