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vendredi 26 février 2016

Une vie à coucher dehors (Sylvain Tesson)

J'ai pris ce livre simplement pour pouvoir le prêter ensuite, ce qui n'est pas exactement la meilleure manière de procéder dans le choix de livre, mais qui est assurément un bon moyen de découvrir des livres qu'on aurait jamais pensé à lire avant. Mais en tant que tel, j'avais déjà dans l'idée de le lire, et il était dans ma PAC (pile à acheter) depuis un long moment. Et entre deux livres, j'ai été ravi de pouvoir redécouvrir un ensemble de nouvelles, ce que je n'ai pas eu l'occasion de lire depuis maintenant un bon mois. C'est donc avec plaisir que j'ai entamé la lecture de mon troisième Sylvain Tesson.


Résumé en trois mots : Misanthrope, Nature et Fatalité

Ce recueil de nouvelles ne dépareille pas dans la bibliographie de l'auteur. On retrouve le Sylvain Tesson qu'on connait déjà, de ses écrits que j'ai pu lire. Entre le dégout d'une bonne part de l'humanité, la part belle aux femmes opprimées (avec toute la noblesse du geste et la justesse du propos), les personnages qui retournent à la nature, le fatalisme qui s'installe dans chaque nouvelle pour que la fin nous surprenne tout en restant sur le ton tragique qui est présent depuis le début. Bref, rien de neuf en soi, mais c'est toujours plaisant à lire et rafraichissant.

Les nouvelles sont globalement très bonnes, soit par la fin surprenante qui vient ponctuer une nouvelle déjà très sympathique, soit l'ambiance, le thème ou le style. Chacune explore un autre coin du globe, c'est en même temps une petite balade à travers le globe, sur les cinq continents. J'ai beaucoup aimé également le ton qui reste entre l'humour grinçant et le sérieux d'un monde rude et violent. Car oui, ce livre n'est pas tendre avec notre monde, bien moins qu'on pourrait le croire. Assurément, nous vivons dans une drôle d'époque, mais c'est surtout un drôle de monde, dans lequel les femmes sont toujours opprimées sur la plupart des continents, dans lequel l'homme est violent avec son prochain, dans lequel la nature est détruite de façon systématique par l'homme, dans lequel la violence est prête à rejaillir à chaque instant. Et c'est exactement ce qui est mis en avant dans ces nouvelles, où tout le monde subit les coups d'une vie pas tendre et ne peut que constater son impuissance face aux éléments. Il y a comme un concept de fatalité derrière tout ça, et bien que je ne sois pas d'accord avec cette idée,  j'ai beaucoup aimé la façon dont Sylvain Tesson la développe.

Un très bon recueil de nouvelles, à la fois diversifié et intéressant, écrit d'un style sans reproches et nous laissant pensif au final, entre dégout d'un monde et réflexion sur la vie. Sylvain Tesson est un auteur que j'apprécie parce qu'il sait mettre en mot ce qui le taraude, sa vision du monde et son dégout de l'humanité, tout en transmettant la majeur partie de ces idées à travers ses textes. Qu'on soit d'accord ou pas avec (et je ne le suis pas beaucoup), on ne peut que admirer son talent à l'exprimer, et découvrir par là-même un auteur qui dit ce qu'il pense sans concession. C'est parfois agréable de lire quelque chose d'engagé, tout en conservant son avis en tête pour ensuite débattre et réfléchir tout son saoul à tête reposée. Mais qu'un livre nous amène à réfléchir, à nous poser des questions voir à nous remettre en cause, c'est tout ce qu'on pourrait exiger de chacune de nos lectures. Celle-ci me l'a procurée, en plus d'un texte très bien écrit, alors pourquoi ne testeriez-vous pas aussi ?

(Chronique n°289)

mercredi 27 mai 2015

Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi (Arto Paasilinna)

Curieusement, il y a parfois un stade de trop avec certains auteurs, un stage au-delà duquel on se dit qu'il aurait mieux valu qu'on arrêtasses la lecture. Parce qu'il est temps de changer de gamme, de passer un peu à autre chose. J'ai eu ce trop plein avec Au fruits de la passion de Pennac, avec le Fondation foudroyée et maintenant, je le découvre avec ce livre de l'auteur. Un auteur que j'estime et que j'ai suivi avec intérêt, mais qui m'a au final écoeuré comme un trop plein de chocolat. Bref, je crois que ce livre sonnera pour moi le glas de notre relation, et que Arto Paasilinna ne visitera plus la roulotte aux livres.


Résumé en trois mots : Noel, Femmes et Finlande

Ce livre fut celui de trop. Peut-être pas la bonne période, peut-être pas les bonnes conditions, peut-être trop proches des autres lectures. En tout cas, je n'ai pas apprécié ma lecture comme autrefois, et j'ai fini par être lassé avant la fin du roman, souhaitant qu'il se finisse bien vite.

C'est d'autant plus dommage que l'idée est intéressante, notamment sur le personnage principal qui est un odieux connard et que l'auteur se plait à nous présenter sous un jour assez peu reluisant. Le périple qu'il connait dans les deux parties du livre est plutôt rocambolesque, mais il m'a peu intéressé, et je me sentais las des multiples références qui reviennent sans cesse dans sa bibliographie. Après 7 livres lu, je me sentais un peu trop pris dans des références régulières, et je me lassais de l'effet comique redondant.

Clairement, le livre de trop pour moi. J'apprécie toujours autant la plume de l'auteur et son ton volontairement mordant avec les Finlandais de manière générale, mais je trouve que c'est un peu trop d'avoir dévoré autant de ses livres. J'aurais du déguster la chose de manière plus délicate, et je vais maintenant faire une longue pause que j'espère non-définitive avec lui. C'est un bon livre, soyons honnête, mais il est venu au stade du trop. Dommage, les idées étaient intéressantes. C'est moi qui n'était plus en état de le recevoir.

(Chronique n°276)

dimanche 3 mai 2015

Le meurtre (John Steinbeck)

J'ai trouvé le recueil sur le comptoir d'une libraire, et avoir l'occasion de lire un prix nobel de littérature pour deux euros, c'est superbe ! Sans compter que ce n'est pas n'importe lequel, l'un des meilleurs auteurs que j'ai jamais lu, ma première claque littéraire datant du collège. Enfin je lisais un auteur d'adulte, un auteur "sérieux", mais dont les livres étaient accessibles et intéressant. Ca changeait de la littérature classique qui me semblait lourde et inintéressante.
Et c'est également un écrivain de cette vallée de la Salinas, en Californie, jouxtant San Fransisco, terre d'un écrivain de non moindre importance : Jack London. Alors une occasion pareil, ça se prend à bras le corps et ça se déguste comme un bon vin, dont on sait d'avance que le gout nous plaira.


Résumé en trois mots : Femmes, Paysans et Fermes

Je serais sans surprise : j'ai encore une fois adorée la façon dont cet auteur sort sa plume pour une virtuosité de texte et d'histoire. C'est toujours ces mêmes vallées de la Californie, toujours des histoires de gens simples et dont la vie ne fait ni envie ni rêver, mais ce sont des histoires réalistes, dures et tristes. C'est la vie dans toute sa rudesse et toute sa froideur qui nous saute à la gueule à chaque coin de nouvelles.

Les nouvelles s'enchainent vite, ce sont des nouvelles simples et souvent sans conclusion en apothéose, simplement la vie de tout les jours pour les gens, qui doivent arracher à la terre de quoi manger. Et dans toutes ces nouvelles, des femmes, des femmes aux portraits assez saisissant. C'est très étrange, et pourtant intéressant. C'est une époque qui n'est pas rieuse pour tous, et Steinbeck ne se prive pas de mettre en avant la dure réalité de ce monde.

Un tout petit livre assez vite lu et toujours autant intéressant, qui m'a re-motivé à lire cet auteur, dont j'aimerai lire le livre La perle. L'idée de regrouper ces quatre nouvelles en un volume est intéressant, et j'ai beaucoup aimé la lecture, alors je ne peux que vous recommander sa lecture si vous tombez dessus. C'est court et en plus, pour une fois, c'est pas cher. 

(Chronique n°268)

jeudi 13 novembre 2014

Millenium (Stieg Larsson)

A l'occasion d'un retour dans ma terre natale, je tombe sur les trois tomes de cette saga que j'avais lu voila un bon moment, et que j'avais ensuite prêté sans que je ne puisse me rappeler à qui. Et voila que celui-ci revient dans mes mains, me rappelant leur bon souvenir et me donnant également l'occasion de les relire, chose que je me suis permis de faire rapidement, peut-être un peu trop en diagonale, mais avec toujours le même plaisir et la même intensité. C'est pourquoi je me suis laissé aller à en pondre une petite chronique sur ce blog, puisque je ne pouvais tout de même pas passer à côté d'un des rares polars que j'ai lu récemment et qui ne m'a pas laissé de marbre lorsque je l'ai refermé. Sans compter que cela me permettra enfin d'ajouter la catégorie des auteurs suédois à la liste déjà longues des nationalités présentes dans la roulotte !


Résumé en trois mots : Femmes, Violence et Enquête

Je ne vais pas trop m'étendre sur l'histoire de ce livre, puisque vous avez du en entendre parler à moins d'avoir passé les dernières années dans une grotte au fin fond du désert, entre la sortie des livres avec force de publicité (méritée pour une fois) et ensuite la sortie des films. Bref, ce n'est pas ce que nous appellerons un livre peu connu.
Maintenant, qu'en est-il réellement après lecture ? Et bien, pour une fois, il faut l'avouer, la médiatisation avait du bon, puisque c'est ni plus ni moins qu'une petite pépite qui nous a été livré par cet auteur.
Comme je l'ai déjà souvent souligné, le genre du polar n'est vraiment pas mon préféré, et j'ai souvent laissé tomber un livre de ce genre pour me replonger dans ce que j'appelle des vrais genres de littérature. Mais de temps en temps, l'un d'eux arrive à me retenir suffisamment longtemps pour que je puisse le finir, et ce fut le cas de cette série, qui est pourtant massive, avec ses trois tomes plutôt épais (pour un format de poche). Qui plus est, la série m'a tenue en haleine jusqu'au bout, et je peux clamer haut et fort que je l'ai beaucoup aimée ! Comme quoi, il ne faut jamais désespérer, on peut toujours trouver chaussure à son pied.

Ce qui m'a plu plus que tout dans cette trilogie, c'est que l'auteur commence le premier comme un classique de polar, avec un premier tome d'enquête qui tourne presque au thriller. Mais les deux suivants enchainent sur les personnages plus que sur l'enquête et finissent par conclure la trilogie juste comme il faut, sans happy end tranché, avec des hauts et des bas, des bons et des mauvais côtés. Mais avec une fin, et c'est le plus important.
Cette série sait également offrir des vrais personnages, et ça fait du bien. Les héros sont extraordinaires, avec tout leurs bons et leurs mauvais côtés, mais toujours attachant. Ils aiment et souffrent, ils vivent et se battent, ce sont là des vrais héros, mais des héros ô combien humain. Et ça, ça fait rudement plaisir à lire, de temps en temps.
Enfin, il y a le sujet de toute la saga, et là c'est la cerise sur le gâteau. Profitant de son roman et de ses personnages, Stieg Larson en profite pour dresser un portrait peu flatteur de la Suède mais parle surtout de la violence faite au femme. C'est une magnifique idée, mais qui peut vite tourner en eau de boudin. Et là, je ne peux que reconnaitre tout le talent de l'auteur qui nous a gratifiée d'une morale parfaite, montrant sans détour toute cette violence faite aux femmes dans un monde brutal et sans pitié, mais également toute la force de ces femmes qui se battent pour ne pas être broyées impitoyablement. C'est, à travers ce roman, la lutte des opprimées contre un système obsolète, oppresseur et machiste.
Le roman sait jouer avec la noirceur et la violence, donnant un ton résolument sombre à l'ensemble. La vie n'est pas facile, mais ce n'est que le reflet d'un monde où des choses bien plus terribles se passent. Ce roman à également le mérite de nous intéresser à des problématiques politiques plutôt extérieur, celles entre la Suède et les pays communistes, tout ce qui nous touche un peu moins, nous autres français peu tournés vers l'est. Et il faut tirer le chapeau aux traducteurs, qui ont également réussi le pari de laisser le roman extrêmement lisible, d'un bout à l'autre.

Ce que je peux ajouter à cette trilogie, c'est le simple conseil : lisez-la. Je conseille rarement des polars et j'en lis à peine plus, mais c'est ceux de ce genre que je vous recommande. Une telle série mérite qu'on s'y attarde, autant pour sa forme parfaitement maitrisé que pour son fond qui ne peut que interpeler. C'est à la fois violent et nécessaire, mais on ne ressort pas indemne d'une telle lecture. Les personnages et leurs situations nous prennent à la gorge, et lorsqu'on en ressort c'est rempli de réflexion. Une de ces série dont je me détache à regret, tant je voudrais pouvoir continuer à voir ces personnages vivre, évoluer. Mais toute les bonnes choses ont une fin et celle-ci est au niveau du reste. Une page se tourne, et pourtant Millenium continue de nous habiter ensuite. La marque des grands romans.

(Chronique n°210)

samedi 17 mai 2014

Bel-Ami (Maupassant)

(Rah, j'ai effacé ma première version de la chronique par inadvertance ! J'ai horreur de ça ! Tout à recommencer ...)
Je dois reconnaitre que si j'aime beaucoup Maupassant et que je trouve son style est sa plume intéressant, notamment dans le caractère fantastique, je n'avais encore jamais lu de livres de lui. En fait j'ai un gros apriori avec les romans du XIXème, principalement parce que j’exècre cette période de l'Histoire. Rien de bien n'est sorti de ce siècle, si ce n'est des artistes (certains diront que c'est suffisant, je ne fais pas partie de ceux-là). Bref, les romans sur la société du XIXème m'intéressent peu par avance, étant donné ma non-réceptivité à la chose (classez dans cette catégorie la seconde guerre mondiale et la ségrégation nord-américaine). Mais bon, Maupassant forçait la main et je me suis lancé.


Résumé en trois mots : Journalisme, Femmes et Ascension sociale

Voila un roman initiatique comme je les aime ! Pour une raison déjà évidente mais que je trouve souvent manquante : le charisme du héros ! Un héros parfaitement humain, qui se forme petit à petit et dont on ne sait pas trop la nature, ni au début ni à la fin. Arriviste, c'est certain, sans scrupules, c'est moins sur, calculateur, un peu, décidé, pas tellement, enfin, pas tout le temps ... Bref, notre Bel-Ami est quelqu'un de très complexe et que le roman restitue à merveille. Du début à la fin on le soutient, sans même pouvoir blâmer tout ses actes, pourtant parfois lourds de conséquences.

Le roman en lui-même est intéressant, alternant des passages bien rythmés a des portraits plus intimistes, des discours curieusement noir, des descriptions de paysages, de lieux de vies et même de ville. Le tout enrobé par le style de Maupassant, c'est un régal. Et le fond ne manque pas, entre la politique et les médias, les hommes et les femmes, les mœurs et la dénonciation de l'éthique, de la bourgeoisie mais aussi d'un système qui se gangrène tout seul selon des moyens toujours d'actualité. Bref, Maupassant profite de faire l'ascension de son héros une lecture d'un système politique propre à la France et qui ne semble pas tellement avoir changé, bien qu'on pourrait le croire .... J'ai ri, lu avec attention, et surtout beaucoup aimé jusqu'au bout le roman d'une vie qui commence pour Bel-Ami.

Le verdict est clair, Maupassant est excellent auteur, que ce soit en nouvelle ou en roman. Le style est toujours aussi bon, le propos intéressant et la lecture fluide jusqu'au bout. Les péripéties s'enchainent et l'on suit progressivement avec un intérêt croissant cet arriviste qui va tenter de gravir les échelons de la société. Le tout enrobé par des critiques et dénonciations pas mal trouvées, conférant au final à l’œuvre un certain a-propos politique qui n'est pas pour me déplaire. Je ne peux que vous inviter à le lire, si ce n'est déjà fait ! Maupassant est vraiment un grand auteur.

(Chronique n°183)

vendredi 7 mars 2014

Les septs cadrans (Agatha Christie)

Deuxième Agatha Christie qui trainait et que j'ai décidé de lire dans la foulée. Après tout, je n'étais plus à ça près, alors autant se laisser aller à cet univers anglais typique dans lequel se trament les pires complots et les assassinats les plus sanglants. Quand on y pense, c'est une femme écrivant tellement d'horreur ... Meurtres pour n'importe quoi, personnages presque sadiques et jouant des autres ... Et dans celui-ci encore, on ne déroge pas à la règle.


Résumé en trois mots : Société secrète, Cadrans et Enquête

Cette fois-ci encore, je me suis fait totalement avoir. C'est presque frustrant de se faire encore piéger comme un bleu (quoique, j'avais presque trouvé quelque chose. En tout cas j'étais sur une bonne piste). Bref, encore une fois une réussite totale dans l'enquête, qui n'exploite toujours pas les personnages d'Hercule Poirot ou de Miss Marple. Cette fois-ci, que de la jeunesse en quête de réponses, bien évidemment différentes de celles qu'on attendrait.

Ce qui m'a surpris cette fois-ci, c'est la tournure du livre. A la place d'une recherche qui pourrait être classique d'un coupable parmi plusieurs personnes, le livre prend un sérieux virage différent à la fin, nous faisant examiner d'un tout autre œil les événements précédents. C'est le but de l'auteur, certes, mais c'est tellement bien fait que je n'ai pu m'empêche de sourire en me disant "Bravo, je me suis fait complètement avoir". C'est d'autant mieux fait que j'ai eu du mal à comprendre que c'était l'explication finale. Je ne m'attendais vraiment pas au dénouement. Une excellente surprise.

Le reste est toujours pareil à un bon Agatha Christie, avec les femmes qui sortent du lot, battantes et qui défendent leurs intérêts (ah, les relations avec le père m'en-foutiste) et qui ne se laissent plus dominer par les hommes. C'est une excellente façon de voir les choses.

Bref, un excellent Agatha Christie dont la fin m'a complètement surprise encore une fois. Rien ne le laissait présager, je me suis fait avoir comme un bleu. Mais le reste n'est pas en ... Est bien aussi, avec ces personnages très intéressants et quelques petites considérations sur la condition féminine et son émancipation. Une lecture que je vous recommande, elle est franchement sympathique.

(Chronique n°148)

samedi 30 novembre 2013

Milles femmes blanches (Jim Fergus)

Enfin fini ce livre qui aura duré tout de même près de une semaine, ajourné régulièrement avec d'autres lectures qui s'intercalèrent, et également des fatigues qui m'empêchèrent de finir ce que je lisais. Mais là j'en suis enfin venu a bout. C'est pas trop tôt, et je peux maintenant vous dire ce qu'il en retourne. Vous êtes prêt ? Alors commençons avec ce livre sur les amérindiens !


Résumé en trois mots : Cheyennes, XIXème et Conquête de l'ouest

Le récit est une fiction mais j'ai eu du mal à déterminer s'il se basait sur des éléments réels, et apparemment ce serait le cas. Mais je n'en suis pas certain, donc je table sur un non, charge à vous de croire ce que vous voulez ensuite.
C'est à la fois une épopée, une découverte de civilisation, un choc de culture et également une transformation du personnage principal auxquels nous assisterons. De quoi mettre l'eau à la bouche !

En fait, je vais tout de suite poser ce que je reproche au livre : la mentalité des protagonistes. C'est le principal frein que j'ai eu à ma lecture, mais qu'est-ce qu'ils sont cons ! Passez-moi l'expression, mais j'en aurais étranglé la moitié sinon plus, et plus d'une fois j'ai du m'arrêter tant la mentalité me semblait arriéré. Après, je ne peux que saluer l'auteur qui retranscrit à mon avis parfaitement ce que pouvaient penser ces dames. Tellement bien fait que j'ai du fragmenter ma lecture.

Outre ce défaut qui n'en est pas un (après tout, c'est une qualité que d'avoir su énerver son lecteur devant la mentalité d'un personnage), je dois dire que tout est bon. Ou presque.
Déjà le style d'écriture est bien rapporté, mélange entre le style d'un journal intime qui a vocation d'être lu par la suite et auteur contemporain qui doit tenter d'accrocher le lecteur. Le compromis est bien trouvé et j'ai eu un sentiment de crédibilité sur toute l'ouvrage, bien que certains passages sont clairement romancés et non pas tirés d'un journal intime. Mais je ne me rendais jamais compte de la transition, et c'est vraiment superbement bien fait.
Ensuite, comme dit, la recherche historique est très bien faite, à la fois dans les mentalités mais aussi dans les comportements des uns et des autres. Des Cheyennes évidemment, puisqu'une bonne partie du livre se passe chez eux, mais aussi des autres, car c'est aussi le portrait de bigotes, de soldats, de femmes délaissées par leur propre patrie qu'on trouvera. Des personnages bien campés, chacun intéressant à sa manière et jamais arrêté de façon manichéenne. Ici encore, la réalisation ne s'est pas trompé.
Encore un bon point : le rythme, qui est prenant car assez lent pour permettre de détailler les paysages et les mœurs de tout ceux qui croiseront la route de l'auteur. C'est une alternance subtile qui permet de comprendre la façon de vivre en même temps qu'on apprécie tout ce qui se passe autour, les saisons, les paysages, les lieux. Et les lâchetés, les traitrises, les faiblesses, tout ce qui touche au comportement humain. Le tableau d'ensemble est prenant.
Enfin, l'auteur à su rendre le personnage principal attachant, en mélangeant à la fois sa curiosité et sa fougue, son dynamisme, et en mettant également dans le plat des relents de "civilisations XIXème", de foi mal placée et de pudibonderie qui font les imperfections d'une femme au caractère bien trempée.

Bref, j'ai énormément apprécié ce livre qui fut pourtant dur à lire principalement parce que la mentalité des protagonistes m'énervait au plus haut point. Mais tout le reste est bon, aussi bien le style que tout ce qu'on apprends sur cette époque dans cette partie du monde, voir la façon de vivre à l'indienne, qui est loin d'être l'idylle trop souvent rapportés par ceux qui veulent un monde meilleur. La vie dans les grandes plaines était loin d'être facile, c'est un bel aperçu qui nous est donné, mais également de la condition de la femme dans les USA naissant. Là aussi, on en apprend beaucoup et pas forcément des meilleurs. Pour plus de détails, référez-vous au livre, il vous emmènera dans une histoire assez saisissante que j'ai beaucoup apprécié et que je recommande.

(Chronique n°101)