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lundi 15 juin 2015

Le siècle (Ken Follet)

5 h 10 du matin, je repose le dernier tome, je viens de le finir d’une traite.



Et ce soir, je viens de le finir, et de conclure la trilogie du siècle.
Cette saga est extraordinaire. J’adorais déjà l’auteur, mais j’ai été subjugué ici par son talent. Un rien transforme l’oeuvre en un chef-d’oeuvre, avec tant de belles choses, de belles histoires, un talent pour nous compter la vie dans l’Histoire, celle qu’on croit connaitre et qui se révèle toujours plus complexe.


1.200 pages, une semaine de lecture étalée, et j’ai décoré les 400 dernières comme un rien.
Il le fallait.
Je lis rarement des séries sur le vif, et souvent j’attends que de nombreux tomes soient sortis pour commencer à lire.
Pas cette fois-ci. Le nom de Ken Follet m’a suffit, et j’ai acheté le premier tome lors de sa sortie, en 2010, sans même me poser de question. Après ma lecture, je me suis rué sur le second tome l’année suivante sans réfléchir plus avant.

Et le troisième tome, sorti en 2014. Mais la situation n’était pas propice, je l’ai gardé pendant près de neuf mois. La gestation humaine, au final.

Je ne saurais que trop vous en dire, et je reconnais beaucoup de défauts à cette oeuvre.

Je peux même en citer immédiatement : des histoires d’amour très -trop- romantique, des hasards parfois trop artificiels, beaucoup de passages à vide, beaucoup de sélections de moments, ….

Mais putain, ce que j’ai aimé. Et cela faisait vraiment un long moment que je n’avais pas eu cette sensation au sortir d’un livre. Cette émotion qui m’a transporté et qui m’a arraché des larmes sans que je le veuille. Car ce livre m’a ému comme rarement.

C’est l’histoire du siècle dernier, de ce fameux XXème siècle, celui de toutes les guerres, et c’est l’histoire de cette trilogie. La première guerre mondiale, la deuxième guerre mondiale, la guerre froide. Mais du point de vue de plusieurs familles, américaines, anglaises, russes, allemandes.

C’est aussi des histoires de familles qui s’entremêlent, des histoire de conflit et de politique, la naissance de nations et d’idéologies, l’apparition de tant de choses que ce ne sera jamais possible de le faire tenir en trois volumes.

Ken Follet a essayé de nous transmettre ce qu’est véritablement ce siècle. Par trois génération successives, trois générations qui bâtissent progressivement le siècle qui m’a vu naitre.

C’est la première fois en lisant un récit de ce genre que je ressens vraiment le déroulement de ce siècle. C’est une histoire tellement proche, et qui parait tellement lointaine pourtant, une histoire qui est celle qui a conduit jusqu’à nous. C’était hier, c’était récent. Dans le dernier tome, les enfants qui naissent sont mes parents. C’était si proche !

Et pourtant, je ressens une telle frustration au sortir de ce troisième tome ! J’aurais tant voulu plus ! Plus sur le Vietnam, sur les années quatre-vingt, sur les années soixante-dix aussi ! J’aurais voulu connaitre la suite, ce qu’il advient ensuite de toutes ces personnes, de leurs vies et de leurs amours, de leurs peurs, de leurs deuils ! Je voudrais ne pas les quitter, moi qui les ai suivi sur plus de 80 ans racontés, 5 ans vécus, plus de 2.000 pages lues ! Et pourtant ce n’est pas assez, j’aurais tant voulu plus.

Mais l’auteur à su s’arrêter. Il a su adapter son rythme, et le temps file, les années prennent de moins en moins de place, le monde devient plus complexe et les gens le traversent sans s’en rendre compte. Lorsque le livre se finit, c’est comme s’arrêter brutalement dans une course qu’on a démarré doucement pour finir sur un sprint. Et là, il faut souffler, s’étirer, et petit à petit revenir à notre présent. C’est douloureux, mais j’ai aimé cette course.

Je m’attendais à quelque chose de grandiose pour le final, j’attendais beaucoup de cette série, et je n’ai pas été déçu. La forme et le fond s’harmonise, les liens se tissent et s’emmêlent, les histoires se font et se défont, tout finit par aboutir au présent, sans trêve ni repos. C’est le genre de livre sans happy end, qui nous demande de prendre tout sans réfléchir. Faites-en ce que vous voulez, tirez-en vos conclusions, l’auteur à dit ce qu’il avait à dire. Et je l’ai entendu.


Une saga dans ce genre, je ne pense pas en lire régulièrement. Si bon, si beau, si puissant, c’est du génie. Ken Follet m’a époustouflé, au point que j’en suis encore sous le choc. Les mots me manqueraient pour vous dire combien j’ai aimé cette saga qui est loin d’être parfaite, qui contient de nombreuses erreurs, des facilités qui arrangent tout le monde, des manque, mais qui m’a pris au tripes et que j’ai suivi avec un intérêt énorme tout au long de ces années. C’est le genre de saga qui me marque, et que j’adore lire. J’en voudrais tellement plus, juste un peu, encore un morceau ….

(Chronique n°283)

jeudi 11 juin 2015

Hamlet - Othello - MacBeth (Shakespeare)

Enfin, enfin, enfin j'ai lu ces trois pièces de Shakespeare ! Enfin j'ai lu ces fameuses pièces légendaires qui sont la base même de cet auteur grandiose, adulé et encore joué tout les jours, cet homme qui a défini la littérature anglaise auquel il a désormais donné son nom. Aujourd'hui, à l'instar de la langue de Molière, la langue anglaise est devenue la langue de Shakespeare. Alors en tant que grand lecteur, je me devais de lire au moins une fois dans ma vie des pièces de cet auteur, et ajouter ce glorieux nom à la longue liste qui parsème les étagères de la fière et vaillante roulotte.
Aujourd'hui, camarade, Shakespeare entre dans la roulotte aux livres !


Résumé en trois mots : Tragédies, Familles et Vengeance

Je crois qu'on ne peut pas mieux résumer ces trois pièces qu'en disant qu'il s'agit de trois tragédies de familles, et que la vengeance est le thème centrale des trois oeuvres. Si j'avais déjà eu l'occasion de lire Hamlet dans une autre anthologie, les autres étaient pour moi complètement inconnus et je ne connaissais que de nom avec quelques petites informations sur leurs déroulement. En fait, je dois dire que la plus grosse source d'information que j'ai eu sur MacBeth venait de Trois soeurcières, qui m'a permis de prendre conscience du potentiel que je ratais.

Le point que je retrouve dans ces deux pièces et qui m'avait déjà percuté dans les trois autres pièces que j'ai lu de l'auteur, c'est la propension aux histoires fortes. MacBeth tout comme Othello proposent des thèmes fort et des histoires qui sont dramatiques, aux enjeux colossaux. Entre la destruction d'un couple et de la vie d'une personne dans Othello à la vie que va s'imposer MacBeth pour donner raison à une prophétie entendue, ce sont toutes les vies des protagonistes qui sont remises en cause dans des périodes de trouble, et puisque le drame et là, il y aura des morts.

Ces deux pièces sont passionnantes à lire, à la fois pour leurs procédés dramatiques qui sont fatalistes, là fin nous étant courue d'avance, mais surtout parce que les personnages sont sublimes. Othello doit tout, à mes yeux, au personnage de Iago qui donne tout le sel à la pièce, éclipsant même le personnage principal qui donne son nom à la pièce ! De même, MacBeth et sa femme sont passionnant à découvrir, parce qu'il sont conduits par un oracle sans se reposer une seule seconde sur leur bon sens, conduisant tout un peuple à la ruine. C'est beau et puissant, mais également pathétique et parfois même ridicule, mais de celui qui tue au final.

Deux pièces extraordinaires, que j'ai pris un grand plaisir à lire. Shakespeare m'a étonné encore une fois, et je serais ravi de pouvoir lire à présent ses fameuses comédie qui m'ont l'air du même acabit. C'est toujours enrichissant, autant sur les personnages que les situations, les dialogues et les dénouements. Tragique, certes, mais grandiose et épique également. La traduction n'enlève rien au charme et je comprend maintenant l'accueil qui est réservé aux oeuvres de Shakespeare en temps normal. C'est effectivement un genre de littérature qu'il faut avoir lu un jour dans sa vie, car elle marque et l'on se rend compte à la lecture la dimension de l'auteur. Un géant, qui compte de si passionnantes histoires.

(Chronique n°282)

vendredi 15 mai 2015

Le seigneur des guêpes (Iain Banks)

J'ai parfois du mal à me plonger dans un livre, et ce fut le cas avec celui-ci qui me faisait pourtant de l'oeil depuis un moment, sans que j'eusse le moindre souvenir de la raison. Mais je me suis accroché, et entre deux autres lectures, j'ai basculé dans la seconde partie du livre, pour ne plus vraiment le lâcher et le finir le plus vite que je pouvais. Et là, le résultat est assez étonnant.


Résumé en trois mots : Île, Adolescent et Famille

Je ne sais déjà pas trop dans quelle catégorie ranger ce livre. Peut-être dans le style "presque polar-thriller" ? Car c'est un roman de genre qui est construit sur un polar. Ou l'inverse. Un curieux style, bâtard de genre, mais curieusement assez efficace.

Soyons honnête : ce livre est génial. J'ai eu un mal fou à m'y plonger (bon, en ce moment j'ai du mal à lire de façon générale), mais je n'ai pas pu le lâcher une fois passé le cap de la première moitié. Car c'est une construction par étape, et pour accéder à tout ce qui fait la force de cette seconde partie, il faut tout le développement de la première, toute l'introspection du personnage principal, toute sa vie au jour le jour, toute sa psyché et sa conception des choses. Pour ensuite nous envoyer dans la face la suite.

Ce roman oscille entre diverses choses, mais ce qui ne bouge pas, c'est ce personnage central, à la fois énigmatique et incroyable, mélange entre un fou et un illuminé, isolé sur son île avec sa famille, handicapé à vie. La vie n'est pas rose pour lui, et pourtant il s'invente un monde, un univers dans lequel il contrôle les choses. Notamment en tuant. Enfin, ça c'était quand il était jeune.
C'est également un roman puissant sur nos croyances, sur ce qu'on admet pour vrai et qu'on veut bien accepter dans notre réalité, toute déformée qu'elle peut être. Jusqu'au rituel de magie. Ainsi que sur la famille et les liens que cela tisse.

Roman qui se déroule dans un microcosme, une île isolée de tout et un petit village, une seule maison qui cristallise tout, avec tout à l'intérieur. Une métaphore doit sans doute être dissimulée derrière tout ça, mais je ne l'ai pas encore trouvé.
C'est également un thriller, qui pose des éléments pour arriver progressivement à une conclusion déroutante et d'un genre que je n'avais encore lue. Je ne pensais pas que le polar s'orienterai dans cette  direction ensuite. Mais c'est tout à son honneur.

Un roman étrange et dérangeant, très déroutant. J'ai eu du mal à m'y intéresser, mais une fois dedans le roman m'a surpris et m'a dérangé jusqu'au bout. Je crois que le maitre mot c'est le malais qu'on ressent au contact de ce personnage principal dérangé et pourtant tellement normal dans son univers, univers qui nous grignote progressivement pour nous laisser sur un dernier chapitre hallucinant. Une plongée qui m'a déroutée, et qui me fait encore réfléchir. Lisez-le si vous avez l'occasion, ça vaut le détour.

(Chronique n°273)

lundi 2 février 2015

Au fruits de la passion (Daniel Pennac)

Dernier roman sorti de la saga Malaussène, voici les Fruits de la passion qui clôturent l'ensemble de la série. Sixième et dernier tome, j'aurais mis plus de temps à le lire principalement parce que je ne l'avais pas trouvé avant. Lorsque je l'ai eu en main, il est passé immédiatement par la case achat et je l'ai lu en moins de deux jours ensuite, en l'intercalant dans tout les moments possible de ma journée. Cet auteur m'enchante vraiment, et je suis toujours aussi fan de cette saga. Alors, qu'en est-il de cette conclusion ?

Résumé en trois mots : Mariage, Amour et Enfants

Comme d'habitude, nous avons le même cadre et les mêmes protagonistes (sauf ceux qui meurent dans chaque autre livres), et c'est reparti pour une intrigue d'embrouilles où  notre pauvre Benjamin Malaussène se retrouve au centre sans l'avoir demandé, comme d'habitude ... Enfin, presque, puisque cette fois-ci quelques changements interviennent, et pour une fois ce n'est pas Benjamin qui est le plus visé. En même temps, pour une fois qu'il y a un mariage, et ce n'est même pas le sien !

Pour une fois, j'ai trouvé l'histoire plutôt simple et presque expédiée. Je m'attendais à un peu plus, mais le temps de vraiment voir toutes les personnes auxquelles on était habituée et le temps que les diverses actions se mettent en place, il ne reste plus grand chose du roman. C'est dommage, je pensais que la fin serait un peu plus à la hauteur du reste de la saga. On y trouve encore l'humour de la saga, la fameuse famille qui me plait toujours autant et m'amuse encore énormément, et plusieurs petits détails intéressants, mais dans l'ensemble j'ai eu moins de plaisir à lire ce livre-ci que les autres tomes de la saga. Trop court et un peu trop simple, ce dernier tome est le tome qui me laisse sur ma faim. Dommage.

Sans le déconseiller, je ne juge pas ce tome indispensable à la saga et je ne vous conseille pas ce tome, sauf inconditionnel jusqu'au bout de la saga Malaussène. Un opus qui n'est pas de trop, qui conserve beaucoup de charme, mais qui ne m'a pas retenu plus que ça. Je vais passer facilement à autre chose.

(Chronique n°226)

mardi 25 février 2014

Des chrétiens et des maures (Daniel Pennac)

Après avoir fini Monsieur Malaussène, j'ai enchainé directement là-dessus sans même réfléchir. Après tout, c'est un livre tellement petit et court (moins de 100 pages) que je n'ai pas résisté. Et effectivement, la lecture fut très rapide. Alors, que puis-je en dire sans trop dévoiler et sans m'étendre plus que son contenu ?


Résumé en trois mots : Blessé, Amour et Naissance

Le livre est amusant en un sens, puisqu'il constitue un cross-over avec l'univers d'un autre écrivain. C'est d'ailleurs dommage que je n'ai pas lu cet auteur, parce que beaucoup de références m'ont échappées du coup.

Pour le reste, c'est du pur jus. L'histoire va nous raconter la naissance du Petit, l'avant-dernier de la fratrie Malaussène. L'histoire est amusante, et je l'ai lu jusqu'au bout avec un sourire et un intérêt pour savoir comment l'histoire se finira, mais je regrette juste qu'elle soit aussi courte. Plutôt qu'une histoire, c'est presque une nouvelle dans l'univers de Malaussène, qu'on peut lire presque indépendamment, quand on le souhaite, tant l'histoire est plus pour information que véritablement indispensable dans la saga.

Sans être un livre fondamentalement indispensable, c'est un bon petit -très petit- opus de la saga Malaussène, qui nous informe un peu plus sur cette famille complètement déjantée que nous suivons depuis déjà 4 tomes. En soi, le livre est inintéressant et trop court, mais dans l'ensemble de la saga il fait une excellente pause entre les plus gros volumes. A lire dans le cadre de la saga !

(Chronique n°143) 

lundi 17 février 2014

Je vais bien ne t'en fais pas (Olivier Adam)

Ça c'est dingue ! J'ai lu le livre dans un voyage en train, comptez une heure environ. Il est vraiment très court, mais se lit bien, c'est agréable. Et pratique justement pour des voyages aussi court, qui tournent généralement à la nouvelle du coup. Donc, voici le verdict !


Résumé en trois mots : Famille, Frère et Dépression

Un livre bien singulier, notamment dans la façon de traiter le sujet. En fait, plutôt qu'une véritable histoire sur la famille, c'est largement plus une histoire de relations entre frère et sœur, entre membres de la famille. L'histoire diffère sensiblement entre le livre et le film, mais la majorité est gardée, et c'est un quotidien de sœur privée de son frère que l'on suit tout au long des pages, rythmés par les lettres de son frère qu'elle reçoit régulièrement.

Le style du livre est simple, efficace et direct. C'est très court et la lecture se fait de façon très fluide. Pour autant, j'aurais aimé qu'il y ai quelques petits détails qui soient améliorés, notamment dans la façon dont le regard change entre certains protagonistes. Cela dit, le livre ouvre une belle morale sur la façon dont certaines personnes comptent presque trop dans notre vie. Et aussi sur la difficulté des relations sociales pour certains. De ce côté là, j'ai trouvé l'histoire bien plus profonde que dans le film (qui reste aussi très réussi). En bref, une très bonne lecture.

Curieusement, il m'a semblé que le livre et le film ne s'orientaient pas sur le même point de vue. Mais les deux sont très bon, et j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire. Même si les réflexions ne me touchaient pas personnellement, je trouve qu'elles sont pertinentes et qu'elles sont très intéressantes. Dans l'état, je ne peux que vous conseiller cette lecture très prenante. En plus, il faut vraiment dire que le livre se lit comme un rien. Ne manquez pas cette occasion.

(Chronique n°139)

samedi 15 février 2014

Monsieur Malaussène (Daniel Pennac)

Je me suis dit, après avoir fini La petite marchande de prose que je devrais me centrer plus sur le challenge. Et en parlant avec un ami, professeur de retraite, de cette saga, je l'entend me dire "Tu verra, Monsieur Malaussène c'est pas le plus mauvais de la série." Comment voulez-vous réussir à résister à ça ? Personnellement je n'ai pas pu, et me voila en train de lire le dernier tome de cette série que je possède. Et de le finir rapidement aussi.


Résumé en trois mots : Maternité, Images et Cinéma

Ce livre est le plus long de la saga Malaussène, enfin de ceux que j'ai lu, et il n'est pas le plus mauvais, mais je ne dirais pas non plus le meilleur. Entre les deux en fait. Pour plusieurs raisons, tout comme elles sont plusieurs en faveur de ce quatrième tome.

Pour commencer, j'attaquerai les points que j'ai jugé plus négatif, et je dirais notamment qu'il manque un petit quelque chose à ce livre : l'humour. On a nettement moins d'humour que dans les autres volumes, les sujets abordés sont très sérieux (comme pour les autres en fait) mais c'est fait beaucoup moins légèrement. Il y a bien entendu des bons moments de rire, mais dans l'ensemble c'est un livre plus sérieux que drôle, et j'ai trouvé ça dommage. Ensuite, le roman part dans de nombreuses directions qui se rejoignent, mais du coup on suit moins souvent le personnage de Benjamin Malaussène, alors qu'il est quand même le principal personnage. C'est dommage, j'ai trouvé qu'on avait trop d'intrigues secondaires aussi importantes que son histoire à lui. La famille Malaussène n'est plus tellement au centre. Le dernier détail que je reprocherais, c'est le sujet général, qui est centré autour de l'image et des films. C'est pas inintéressant, mais j'ai beaucoup moins d'intérêt que pour les livres (dans le troisième volume) ou en général les autres thèmes de la saga. Une considération plus personnelle en fait.

Pour le reste, en revanche, c'est encore et toujours bon. Fourmillant d'inventivité et de bonnes idées, de personnages riches et haut en couleur, d'intrigues croisées superbes, de nouveauté et de repêchage d'anciens détails, c'est un pur bonheur à lire, dans la droite ligne de ce qui se faisait dans les autres tomes. Le livre prend même le temps d'explorer d'autres lieux que le quartier de Belleville, ce qui n'est pas inintéressant, même si c'est vraiment dans Paris que tout se noue. Bref, encore une fois un petit régal pour le lecteur.


Sans être le plus mauvais, ce n'est pas le meilleur de la saga Malaussène, mais qu'est-ce que j'ai aimé la lecture. Encore une fois on est plongé dans cette famille hors-norme, avec tout ces personnages et ces intrigues en tout sens. Un régal de lecture que j'ai suivi d'un bout à l'autre. Le ton est léger, quoiqu'un peu moins que dans les autres volumes, et c'est avec un grand plaisir qu'on retrouve ce bouc émissaire qui est là pour expier les fautes de tout le monde. Je ne peux que vous encourager à le lire, cette saga est décidément une excellente lecture.

(Chronique n°138)

mardi 11 février 2014

La petite marchande de prose (Daniel Pennac)

(Lu entre le 28 et le 29 janvier)

J'ai craqué en le voyant d'occasion et je l'ai lu (oui, en plein dans le challenge, j'ai honte de ne pas avoir résisté) le plus vite possible. Le troisième tome de la saga Malaussène, tout de même, ça ne se refuse pas ! En tout cas je n'ai pas refusé, et au final, j'ai lu le tout sans même m'arrêter, toute la journée. Ah, une journée de lecture, quelle saine occupation ...


Résumé en trois mots : Littérature, Enquête et Famille

Encore une fois, la famille Malaussène m'a happé dans ses aventures et je n'ai pas résisté. Si l'ensemble est un poil en-dessous de ce qu'était La fée carabine, peut-être du fait d'un humour moins présent et d'un fond plus grave, le reste m'a amplement séduit et m'a lié à l'ouvrage jusqu'au bout. Je n'ai pas pu décoller de ma lecture, ou presque.

Daniel Pennac a un don pour conter les aventures de cette famille peu ordinaire, qui est cette fois-ci mise plus en avant que d'habitude, Benjamin s'effaçant un poil pour laisser les autres faire, ce qui n'est de loin pas pour me déplaire, tous étant aussi intéressant. Si j'ai dis que l'humour est un peu moins présent, il n'est de loin pas absent de ce volume qui contient de véritables blagues. Le tout réhaussé par le style qui commence à me plaire, avec plusieurs phrases bien percutantes. L'ensemble est vraiment d'excellente facture.

Et comme pour le volume précédent, nous avons le droit à une histoire qui ne s'ouvre sous forme d'enquête mais qui va dans tellement de directions qu'il serait réducteur de dire qu'elle est au centre. Tout est important, les intrigues se mélangent, tout comme les personnes et les peuples dans ce quartier de Belleville. Un quartier qui donne de plus en plus envie d'y aller. Et le mélange ethnique, les arrivés et les départs, tout est intéressant.

Pour ce troisième volume de la saga Malaussène, j'ai encore ressenti cette bouffée d'air frais qui sort du livre et qui nous saute en pleine face. Le ton est encore une fois oscillant entre le sérieux (il y a des choses qui passeraient sans problème dans un polar bien noir) et un humour par petite touche qui jaillit là où l'on ne l'attend pas. Les personnages toujours aussi géniaux, les différentes histoires qui s'imbriquent, tout est en place pour un excellent roman. Je ne peux que vous en recommander la lecture. Cette saga commence définitivement à me plaire ! J'ai la suite, mais je vais essayer d'attendre un poil avant de la lire ....

(Chronique n°136)

vendredi 17 janvier 2014

La fée Carabine (Daniel Pennac)

(Lu entre le 2 janvier et le 3 janvier 2014)

Deuxième volume de la saga Malaussène, après Au bonheur des ogres, voila venir la petite fée du quartier de Belleville. J'ai trouvé la couverture très particulière (je n'aime pas le trait de Tardi), mais l'histoire avait l'air amusante, et je me suis promis de tenter un second Pennac. Du coup, ça a donné une lecture rapide (je viens de la finir), et je m'empresse de vous livrer mon avis.


Résumé en trois mots : Vieux, Drogue et Enquête

Oui, je pense avoir tenu l'essentiel du livre dans ces trois mots. Nous aurons donc le droit à un nouveau tour de manège avec la famille Malaussène au complet (bien que certains membres soient très évanescent dans l'histoire) et pour des aventures trépidantes ! Et bourré d'humour surtout. Parce que la famille Malaussène n'est pas une famille de tout repos.

Le verdict finalement aura été très bon, preuve en définitive que ce n'est pas l'auteur mais bien le livre (je vous renvois à la chronique sur Au bonheur des ogres pour plus de détails). En effet, j'ai beaucoup plus aimé ce livre que son petit frère et cette fois-ci j'ai ris franchement à la lecture. Le roman a une trame plus intéressante et mieux faite, dans l'imbrication des différentes histoires, et que dire des personnalités qui sont présentées ! Des gueules extraordinaire, depuis la famille jusqu'au petit vieux en passant par les dealers. Et dans tout ça ne manque pas le rythme qui permet de lire d'une traite ce bon petit roman, qui fleure bon le Paris des parisiens, celui qu'ils aiment et qui possède bien des facettes, mais qui est avant tout un bouillon culturel et un agréable lieu de vie. Pour un peu il donnerait envie d'habiter cette capitale.

Bref, j'ai bien fait de continuer les livres de l'auteur, puisque finalement ce livre prouve que c'était plus le roman auquel je n'accrochais pas que l'auteur. Ce deuxième opus de la saga m'a bien plu et m'a donné envie de continuer à suivre les aventures de cette petite famille déjantée. J'en suis ressorti charmé, j'espère pouvoir lire rapidement les prochains tomes, pourvu qu'ils soient dans la même lignée.

(Chronique n°124)

vendredi 10 janvier 2014

Rafaël derniers jours (Gregory Mcdonald)

Un livre qui me fut conseillé par un collègue de travail en m'expliquant "Ça c'est du roman vraiment noir, tu verras". Et oui, il avait raison, c'est du roman vraiment noir. Mais je dois avouer que je ne pensais pas à ce point là.


Résumé en trois mots : Émouvant, Noir et Famille

L'auteur exploite dans ce récit la fameuse "légende urbaine" des snuff movie et nous le fait d'une belle manière. C'est la première fois que je lis un commentaire de l'écrivain précisant qu'il y a un chapitre qu'on peut sauter si on le désire. J'avoue qu'il peut être dispensable à l'histoire mais qu'il permet de mieux comprendre la suite, de mieux la concevoir. Par contre, j'avoue qu'il m'a fallu m'accrocher plus que je n'aurais cru en lisant simplement les descriptions.

Le roman a des côtés dérangeants, et en même temps témoigne d'une humanité rare, d'un amour d'un homme pour les siens, et de sa vie qu'il considère si misérable qu'il la vend au plus offrant. C'est assez poignant à lire, et en même temps c'est une fatalité grave qui s'installe, qu'on voudrait voir ailleurs, mais qui reste bien là. Le roman vous plombe un dimanche ensoleillé et vous donne envie de vous enfermer au chaud, mais c'est un bon roman, qui permet peut-être de regarder le monde d'une autre manière, d'une façon plus sereine. Quand ça parle de la mort, ça parle de la vie, et c'est cela qui compte le plus.

Un roman noir, bien noir, mais aussi rempli d'humanité et de vie, jusque dans les dernières pages. C'est prenant et angoissant, mais surtout ça prend au tripes. C'est un drôle de roman, qui m'a plu et que je ne regrette pas d'avoir lu, malgré la dureté du troisième chapitre. Un bon conseil de lecture, que je ne peux que recommander à mon tour.

(Chronique n°120)

samedi 9 novembre 2013

Malavita (Tonino Benacquista)

Encore un roman qu'on m'avait prêté, que j'ai lu notamment parce qu'un certain film est sorti dessus (que je en suis pas encore allé voir et que je ne verrais sans doute pas vu le niveau qu'il atteint). Et puis je déteste garder longtemps des livres que j'ai empruntés. Donc voila un petit aperçu de ce que donne ce livre traitant d'une famille on ne peut moins ordinaire. Laquelle ? Celle dont le chien s'appelle Malavita.


Résumé en trois mots : Mafia, Famille et Village

J'avoue que je n'ai pas d'idée pourquoi il a choisi ce nom là pour le livre, même si le chien prend une importance minime sur la fin. Mais bon, ce n'est pas le propos. Parlons plutôt du livre !

Le ton est donné très vite, mélange d'humour et de policier, teinté de mafia et de chronique sociale. L'ensemble du livre se concentre d'ailleurs presque exclusivement sur la famille et la façon dont chacun voit sa nouvelle vie, mais aussi son ancienne. Et comme quoi la transition est difficile. Pour tous. Même si le père se sent prêt à recommencer.
En fait, nous avons là à la fois une force et une faiblesse du scénario. D'abord, le scénario se centre exclusivement sur la famille mais pas de façon égale, et la fille, Belle, n'est pas traitée avec autant d'importance que les autres. De même le fils est un peu plus évanescent, et le père prend une place prépondérante. Du fait, je pense qu'un étalement de quelques pages en plus aurait été nécessaire. Ensuite l'action est très rapide, presque trop. On a pas vraiment le temps d'apprécier les personnages, de vraiment s'attacher à la situation, tout de suite les grosses actions arrivent. C'est un peu l'inverse de ce que je reprochais à Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, l'action est trop rapidement en place. Enfin, dernier reproche, la situation n'est pas vue de l'extérieur, la façon dont la famille est perçue dans l'entourage et je pense que ça aurait ajouté pas mal de piquant.

Cela dit, le reste est très bon, autant l'humour qui est très présent que dans le caractère des personnages, bien typés, ou simplement dans l'éclairage qu'il fait de la mafia de la côte ouest et de ses codes bien établis. Une véritable percée dans ce monde encore très méconnu. Sinon, il y a aussi l'excellent côté thriller qui se met en place à la fin (sans oublier l'humour) et qui est excellent aussi. Et le summum : le comportement du père, qui est juste parfait. Une personnalité extraordinaire, bien campée, que j'ai adoré.


En gros le roman est excellent, avec une intrigue originale et une excellente mise en scène de la chose. J'ai beaucoup ri, et malgré des défauts, dû à mon avis à un texte trop rapidement conclu, j'ai suivi avec joie les péripéties de cette famille très hors-norme. Elle m'a plu, et j'ai aimé son aventure. Quelques petits défauts dans l'ensemble ne viennent pas gâcher le charme du tout qui respire les bonnes idées. J'ai bien aimé et je me suis laissé transporter, je ne peux que recommander la lecture de ce très bon roman.

(Chronique n°91)

mercredi 6 novembre 2013

Au bonheur des ogres (Daniel Pennac)

Suite à la sortie du film, j'ai eu envie de lire encore un peu de Pennac (cf. Comme un roman) et je me suis laissé tenté par le livre, sachant que la bande-annonce me plaisait bien (ce qui en soi est assez stupide dans le choix d'un livre). Je me suis laissé tenté par le film d'abord puis par le livre ensuite, et je ne regrette pas, étant donné que les deux sont bien différents autant niveau scénario (qui est très différent) que niveau ambiance. Mais dans les deux cas, j'ai beaucoup aimé (même si j'ai l'impression d'être un peu seul pour le film).


Résumé en trois mots : Décalé, famille et magasin

Ce roman est curieux, et j'ai beaucoup apprécié d'y retrouver le style de Pennac, même si j'aurais eu du mal à comparer un essai et un roman. En tout cas dans les deux cas on retrouve la petite voix de l'auteur (ici le narrateur est interne, c'est Benjamin Malaussène qui parle) et c'est comme d'entendre raconter l'histoire. D'ailleurs le récit m'a fait fortement penser à une histoire orale qu'on aurait retranscrite (ce qui apparait d'ailleurs dans le récit), et c'est véritablement ça à mon avis. On entend le type nous raconter cette histoire dans un bar, ou dans son salon, et on l'écoute. Du coup, comme pour un récit normal, il y a des commentaires, des moments plus ou moins intéressant, et une autre utilisation de la langue. Mais aussi un autre rythme d'histoire.

Ce qui est très curieux, c'est que la trame de l'histoire n'est pas du tout la même entre le livre et le film, qui a choisit de faire tourner l'enquête dans un autre sens. Cela dit, c'est très bien fait aussi (là encore, ce n'est que mon avis). Dans le livre, j'ai trouvé qu'il y avait un petit souci : un défaut de rythme. A mon avis le livre est un poil trop long, ce qui fait que les passages qui devraient s'enchainer plus trainent un peu en longueur. Cela dit, c'est toujours intéressant, même si parfois on se dit que le malheur aime à s'acharner sur notre pauvre héros.
Le récit contient en outre pas mal de "gueules", aussi bien dans la famille Malaussène que dans son entourage, avec des personnages bien curieux. Les portraits sont toujours déjanté, ce qui est totalement dans le ton du roman.
Le tout sur fond d'enquête (même pas menée par le personnage principal), couplée d'une histoire d'amour complètement déjanté aussi (la fille est très curieuse), le tout formant un beau mélange.

Cependant, je dois bien avouer quelque chose : j'ai moyennement accroché au récit. La faute au rythme un peu faiblard, alors que tout le reste était génial. L'inventivité, le décor, les personnages, les idées, la folie douce du récit, tout est bon. Mais le manque de rythme fait qu'on lit de façon plus détachée, à aucun moment je ne m'étais plongé complètement dans le récit. C'est dommage, car il possède vraiment beaucoup de qualités.


Au final, le roman est très inventif, déjanté, coloré, regorgeant de bonnes idées, mais il pêche par un manque de rythme qui rend le tout un peu indigeste, il y a trop de passages qui semblent long pour que l'on se plonge totalement dedans. Cependant le tout reste très bon et donne envie de se plonger dans la suite de la saga Malaussène. Je vais essayer de les lire, en espérant que l'auteur arrive à améliorer ce rythme un peu poussif. Le roman se laisse lire, il est agréable, mais pas parfait. Je verrais bien ensuite si c'est l'auteur ou ce roman.

(Chronique n°90)