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jeudi 17 octobre 2013

Les dames du Lac (Marion Zimmer Bradley)

Et oui, encore de la légende arthurienne, mais j'en suis fan, alors je m'excuse mais j'en lirais encore. Et pour une fois, l'auteur change un peu du point de vue (quoique Barjavel avait déjà fait fort dans son L'enchanteur). C'est aussi pour le prix que je me suis procuré cette série en deux tomes, bien condensés (les vieux formats des éditions Livre de poche), et que j'ai lu tranquillement en prenant mon temps (au moins quatre jours quoi). Du coup, je fais maintenant le compte-rendu de cette lecture, attention, voici revenir la quête du Graal !


Résumé en trois mots : Arthur, Angleterre et Femmes

Alors autant j'ai dévoré le premier tome sans aucune difficulté, autant je me suis arrêté sur le second un peu
plus longtemps. Ici, le problème, c'est qu'on alterne beaucoup les points de vue du premier tome, entre Ygerne et sa sœur Viviane, mais aussi Guenièvre et Morgane. Dans le deuxième tome, nous ne suivrons presque qu'exclusivement Morgane, un peu de Guenièvre aussi (mais trop peu à mon gout) et quelques autres mais de façon sporadique. Ensuite, je reproche beaucoup le personnage de Merlin qui est quasiment absent du récit (enfin, il manque bien à l'appel quoi). Surtout que c'est un de mes personnages préféré, mais bon ...

En dehors de ça, l'histoire est très bien amené, sans trop de fantastique (mais il y en a un peu), et sans trop de folklore local non plus (fées et korigans sont presque absent). Du coup, l'ambiance est un peu plus "sérieuse" mais j'ai trouvé dommage qu'on perde le charme de ce mélange entre monde folklorique et réalité historique (incarné par Arthur d'une très belle façon d'ailleurs). Cela dit, l'ensemble tient bien la route et les personnages sont biens campés, notamment Morgane, même si certains m'énervaient (un personnage avec un côté bigot/dévot m'énerve vite, quelque soit sa religion). Dans l'ensemble ça passait plutôt bien, et j'ai trouvé le tout prenant, avec un point de vue renouvelé sur cette quête du Graal, puisqu'il n'y avait désormais plus de combats, plus de quêtes héroïques. Que des femmes, parfois filant ou tissant, complotant et gérant les affaires, bref les femmes font tout dans ce livre. On notera d'ailleurs un certain parti-pris féministe mais je n'en tiendrais pas rigueur. Bref, le tout est de bonne facture.


Au final, qu'en retirer ? Je pense que ce livre reste assez culte, déjà par son point de vue novateur et la lisibilité parfaite qu'il possède (Asimov le recommandait). Cependant, je n'ai pas trouvé que c'est le meilleur roman de la table ronde que j'ai lu. Le manque de tout un pan de fantasy fait défaut à mes yeux, et le deuxième livre est vraiment en-deçà du premier. Le tout n'est pas mauvais, mais j'ai moins aimé que d'autres récits sur le roi Arthur. Cela dit, il se lisent bien et complètent à merveille d'autres ouvrage sur ces légendes. Pour ma part je le garde dans un coin de ma bibliothèque où je range ceux que je ne lirais sans doute plus.

(Chronique n°80)


Septième participation. On progresse ! Encore trois

vendredi 13 septembre 2013

L'écho du Grand Chant (David Gemmell)


Encore un Gemmell (oui, je sais, j'insiste un peu trop avec cet auteur), que je me suis pris pour voir si j'allais enfin trouver ce qui enthousiasmait tant les autres auteurs/lecteurs de fantasy, et surtout parce que j'aime beaucoup la tête que ça à dans ma bibliothèque toute la collection des 10 ans 10 romans (au moins il y a de la couleur !). J'ai donc choisi celui qui me semblait le moins pire (bon, j'ai finalement pris les deux), et je trouvais que le scénario n'avait pas l'air trop pourri. Je me suis laissé tenter, et j'ai recommencé avec lui en me disant qu'au moins c'était des classiques de la fantasy.


Résumé en trois mots : Esclavage, Énergie et Envahisseurs

Le roman raconte l'histoire d'une civilisation, celle des avatars, qui a vu son empire s'écrouler lors d'un raz de marée qui à dévasté sa capitale et son empire, les obligeants à vivre dans d'autres villes. Hors, le peuple Avatar à tiré sa puissance du soleil, et il est maintenant réduit au même rang que les peuplades qu'il dominait jadis. Car les Avatars étaient immortels et pouvaient se soigner à volonté, ils maitrisaient des armes impressionnantes et rien ne pouvait les atteindre. Aujourd'hui, la source de leur pouvoir est tari, et il n'ont plus que peu de puissance avec eux. Les Avatars doivent faire face aux peuplades qu'ils considéraient toujours comme des inférieurs, des esclaves, et qui aujourd'hui se rendent compte de la faiblesse et de la mortalité de ce peuple. Sauf qu'un autre cataclysme est arrivé. Un autre peuple est arrivé, par delà l'océan. Un peuple qui ne veut qu'une chose : honorer et contenter sa déesse, et pour cela, il faut des vies. Beaucoup de vies. Les ennemies d'hier doivent aujourd'hui s'allier malgré leurs différents contre ce nouveau venu qui n'est pas tendre.

Ce roman me réconcilie encore un peu avec Gemmell, avec à nouveau les mêmes défauts et les mêmes qualités.
Commençons par les défauts : on retrouve les codes classique de la fantasy (héros immortels dans les batailles, droiture morale, rédemption, héroïsme et sacrifice ...) qui viennent gâcher l'histoire, une fin trop abrupte et un peu trop facile à mon gout, des thèmes très bien vu mais trop peu exploité. Je ne m'étendrais pas trop dessus, c'est juste que dans la globalité j'ai toujours l'impression que Gemmell à eu des excellentes idées qu'il n'a pas exploité jusqu'au bout, et surtout qu'il reste dans une veine trop classique de la fantasy, sans oser aller dans des sentiers inexplorés, prendre des risques (quitte à devoir perdre un lectorat).

Cela dit, il faut reconnaitre que ce roman à de très nombreuses qualités : déjà un style d'écriture qui est excellent, très prenant et qu'on lit sans aucun problème, une construction progressive de l'intrigue qui ne m'a pas déplu, des très bonnes idées au niveau de certains personnages (le questeur Ro, Rael ou Viruk), des thèmes très sympathique (esclavage, Déification, ...), une mise en scène efficace, des passages bien prenants, des batailles prenantes, etc ... Je dois dire que le roman, même s'il reste très classique dans le fond, m'a beaucoup convaincu sur la forme. Gemmell agrémente par exemple les débuts de chapitre d'extraits de légendes. J'ai mis du temps à comprendre qu'il s'agit des légendes écrites après l'histoire du roman et parlant de celui-ci (en clair vous lisez l'histoire qui s'est passé et sa version légendaire). C'est vraiment super bien fait, et je n'ai compris le principe que vers la moitié du livre.
J'ajouterai qu'il y a une certaine ressemblance avec un monde bien connu (notamment une image un peu déformée des amérindiens, de l'esclavage par l'Europe, des sacrifices aztèques ...), mais c'est assez peu dérangeant.


Donc, ce roman m'a un peu plus réconcilié avec Gemmell. Je ne dirais pas qu'il est le meilleur auteur de fantasy que je n'ai jamais lu, mais qu'il est bon. Même assez bon, faisant des livres qu'on a envie de lire, qui contiennent la plupart du temps une quantité de bonnes idées, mais qui dans la généralité ne vont pas assez dans le fond de la réflexion (alors que ce serait un vecteur parfait et que la voie est tracée). Par exemple, j'ai trouvé le propos développé par Ayesha sur l'esclavage largement plus intelligent et construit que ici (le livre était plus gros aussi, je le sais). Cela dit, il reste assez bon, et la lecture m'a vraiment distraite, à défaut de me transcender. Donc bon, je peux bien lui laisser le fait qu'il est bon.

(Chronique n°65)

Et encore un ! Je ne sais plus à combien j'en suis
 

jeudi 12 septembre 2013

Des milliards de tapis de cheveux (Andreas Eschbach)

Ce livre a atterrit dans mes mains par pur hasard. J'ai surtout remarqué l'édition (les J'ai Lu, qui font des sublimes ouvrages il faut l'avouer), et un autre détail m'a tiqué sur la couverture. L'auteur était allemand, et il semblait que ce soit de la science-fiction. Je me suis alors décidé à le prendre, ne connaissant pas du tout la science-fiction à l'allemande. Je me suis décidé à le lire après le dernier Gemmell, et là .... Je vous explique :


Résumé en trois mots : Tapis, Empire et Univers

Ce livre, je l'ai dévoré en deux soirs, avalant les pages comme des petits gâteaux, et le finissant sur un énorme sourire au lèvres. Je dois dire que j'ai rarement eu ce sentiment en fermant un livre de science-fiction, celui d'avoir lu quelque chose de génial, de vraiment neuf. Un coup d'oeil sur l'histoire vous permettra de comprendre un peu.
Le livre est divisé en chapitres, et en fait il pourrait presque s'agir d'un recueil de nouvelles centrées sur des thèmes communs, un peu dans le genre de Demain les chiens, mais de façon beaucoup plus maitrisé

Chaque chapitre aborde un autre point de vue. En tant que tel, il n'y a pas de héros, puisque vous allez changer de point de vue à chaque fois, oscillant entre les tisserands, le peuple qui les entoure, les vaisseaux qui arrivent, les personnes dans l'espace. Et le tout, comme la trame serré des tapis de cheveux, se mêle sans qu'on s'en rende compte. En fait, même, je dirais qu'on ne repère le motif du tapis que véritablement à la fin. A la toute fin ! Et d'une manière plutôt inattendue.

Le récit est très disparate, et il vous perdra plus d'une fois. La ballade entre les chapitres et les personnes est quelque peu déroutante, puisque vous allez perdre plusieurs fois le fil d'une histoire pour vous tourner vers une autre qui se situe bien ailleurs. En fait l'auteur va vous promener en permanence sans que vous ne sachiez la destinée finale. Du coup, certains chapitres sont vraiment pénibles à lire, puisque vous n'avez aucune idée de son intérêt et de sa cohérence avec le reste du récit. Lorsque vous avez enfin fini le dernier chapitre seulement, tout se met en place de façon cohérente. C'est à ce moment là qu'on se rend compte que l'auteur nous avait entrainé sans que l'on s'en rende compte, dans une histoire très nuancée.

Le propos du récit est très centré autour de la figure de l'empereur, d'un personnage mythique, d'une figure autoritaire absolue, et de tout ce qui peut se greffer autour (notamment le culte de la personnalité), sans compter quelques piques sur la politique et la sociologie. Tout le livre est fait de personnages en demi ton, et de nuances très différentes, lorsque l'on voit les choses d'un côté ou de l'autre. Aucun personnage n'est suffisamment présent pour que l'on puisse parler de héros, et les morts sont nombreuses. Sans compter que la réalité qui nous est présentée sera très changeante .... Je vous laisse découvrir tout cela dans ce livre qui vaut à mon avis le détour.

Un récit assez atypique mais que j'ai trouvé très bon pour ma part, avec plusieurs histoires entremêlés que l'on finit par comprendre, des thématiques abordées d'une très bonne façon, assez peu classique, et qui m'ont beaucoup étonnées notamment sur la fin. Avec en plus une lecture très fluide et des passages très beaux qui flirtent un peu avec la poésie. Et une fin qui surprendra à mon avis plus d'une personne par sa nature, très spéciale. Je ne peux que vous recommander de le lire pour vous faire votre propre avis, mais je trouve que la science-fiction à l'allemande s'en sort bien pour un premier roman exporté.

(Chronique n°64)

Cinquième ! J'avance doucement
 

mardi 11 juin 2013

Dracula (Bram Stoker)


Ce genre de livre est assez dur à lire pour plusieurs raisons. Tout d'abord, c'est un livre culte que la plupart des gens connaissent même s'ils ne l'ont pas vraiment lu. Tout au moins connaissent-ils Dracula et tout ce qui concerne le personnage, notamment sa nature. Ensuite, c'est un livre qui fut repris à toute les sauces (télé, cinéma, jeux vidéos, BD, livres pour enfants, réécriture du livre ....), et dont je connaissais déjà la trame avant de le lire, ainsi que la façon dont c'était écrit. La seule chose qui me manquait, c'était la lecture. Et pour rentrer dans le cadre des challenges, pour aussi parfaire ma culture générale, pour lire enfin ce chef-d’œuvre tant connu, pour lire un livre que Stephen King considère comme excellent, je me devais de l'aborder enfin par moi même et plonger en Transylvanie. Et c'est ce que j'ai fait.
Petite précision : je vais faire de nombreux comparatifs avec le film de Coppola, une pure merveille soit-dit en passant, afin d'être un peu plus claire. J'espère que vous me pardonnerez ce comparatif entre deux arts très différents.


Résumé en trois mots : Vampire, Londres et Transylvanie

Je ne pense pas qu'il faille présenter le personnage de Dracula, en tout cas je ne vous en ferais pas l'offense, mais je pense qu'il faut tout de même présenter l'histoire originelle, qui est souvent assez méconnue du fait de tout les dérivées et les adaptations que le roman à connu, preuve s'il en est de son succès considérable et retentissant. Le mythe du vampire est plus que fondé dans ce livre, avec des bases qui vont progressivement se modifier, d'autres rester (même dans Twilight on trouve des traces du Dracula originel).

Pour l'histoire de Dracula (petit rappel : en italique, je parle du livre, en droit du personnage), c'est presque celle du film de Francis Ford Coppola (1992), un pur chef-d’œuvre (je crois l'avoir déjà dit, non ?). Le scénario va se dérouler autour de plusieurs journaux intimes, de coupures d'articles, de télégrammes et de correspondances, le tout mélangé et qui permet au lecteur de se faire la trame de l'histoire, depuis le début jusqu'au bout. Les seuls narrateurs sont internes. L'idée est franchement très bien, mais je trouve que Stoker n'est pas allé jusqu'au bout de celle-ci, puisque tout les personnages présentent le même point de vue dans l'ensemble. Mais je reviendrai là-dessus tout à l'heure.

Alors je dois bien dire que le récit semblait alléchant lorsque je l'ai commencé, et la première partie tient beaucoup de ses promesses, avec une ambiance pesante, une sensation malsaine, des poursuites etc ... Je dois dire cependant que le fait de tenir le récit comme un journal intime fait perdre un peu de spontanéité aux scènes, avec l'utilisation massive des temps du passé. Mais le récit est vraiment très bon, presque noir, et on se plonge dedans avec délice.
Et voici la partie 2, dans laquelle nous suivons Mina et Lucy, chacune avec ses problèmes. Et là, les ennuies commencent. Pour faire claire, cette partie est longue. Trèèès longue. Il ne se passe pas grand chose, et les intrigues sont pesantes. Les ficelles sont déjà courue pour le lecteur et les personnages prennent un temps fou pour tout comprendre (ce que je ne leur reproche pas, mais le récit s'allonge du coup). Surtout en contraste avec la première partie du récit beaucoup plus rythmé, cette partie est vraiment longue à lire. La troisième partie enchaine dans ce rythme, et se traine pour notre plus grand déplaisir.
Enfin la quatrième partie va voir la chasse à Dracula, d'abord sur Londres puis lors d'une course-poursuite en Transylvanie, qui verra -enfin !- le dénouement que l'on attendait. Cette partie renoue avec la première, un rythme très bon, du suspense et une excellente course-poursuite finale qui ponctue le tout. Je dois dire que ce fut plaisant de retrouver l'ambiance du fantastique que nous avons perdu durant près de deux parties au milieu.


Maintenant que nous avons le résumé, la critique ! Attention, ça va saigner (oui, je l'avais en tête depuis un moment et je rêvais de la faire. Ça va, il y a pire comme jeu de mot).
Alors si je n'ai rien à redire sur l'idée de la forme employé (des journaux intimes et des articles de presses), je dois dire que j'ai été déçu du traitement très sobre de l'ensemble. Rien de très efficace, alors qu'il y aurait eu matière à faire beaucoup mieux, notamment en donnant un point de vue différent selon les rédacteurs, alors que là c'est vraiment décevant, tout le monde écrivant peu ou prou la même chose. Le point de vue des femmes est d'ailleurs très peu différent de celui des hommes.

En parlant des femmes et des hommes, je dois dire que le récit sent pleinement les vieux stéréotypes du XIXème siècle. Les personnages sont très clichés, tout les hommes se ressemblent ou presque (on inverse les noms et les têtes et le reste est identique) et les femmes sont énervantes et clichés ! (je m'énervais presque contre Mina dès qu'elle parlait). En comparant avec le film, il n'y a pas photo, le film a crée des personnages charismatiques alors que le livre les fait paraitre plat ! Jonathan qui avait de l'épaisseur dans la première partie à perdu tout son charme par la suite. C'est vraiment dommage.

Ensuite, par rapport au film, il manque quelque chose dans le livre. C'est l'histoire d'amour entre Dracula et Mina (dans le livre, c'est complètement inexistant !). Et bien je dois dire qu'elle manque sacrément. Il y a quelque chose qui rend le personnage de Mina fade et qui fait ressembler Dracula à un monstre d'opérette. Le problème, c'est qu'avec en plus les clichés des personnages, ce manque se fait cruellement ressentir.
D'ailleurs, par rapport au film aussi, il manque quelqu'un dans le livre. Et c'est d'autant plus dommage que le nom est tout de même sur la couverture. Eh oui ! Dracula est le grand absent du livre. Pour ainsi dire, on ne le voit pratiquement plus après le premier passage, sauf quelques apparitions, et même à la fin il est très peu présent. D'autant plus, il est charismatique ! Moins que dans le film (largement moins), mais il a un charisme indéniable, avec son aura malfaisante qui émane tout le temps de lui. Cela dit, son absence fait ressortir le côté très fantasmagorique du personnage, comme si les héros l'inventaient et devenaient fou (ce qui n'est d'ailleurs pas exclu). Et c'est vraiment dommage, car sa présence donne plus de corps au récit, tandis que son absence se fait ressentir (beaucoup dans la deuxième partie, et un peu dans la troisième).
Enfin, par rapport au film on perd beaucoup au niveau métaphore sexuelle (je pense qu'elle ne vous aura pas échappé si vous avez vu celui de Coppola). Et là encore, je trouve qu'on sent le caractère chaste et prude du XIXème, très enclin à ne pas choquer les personnes.


Cela dit, j'ai bien aimé le lire, même si j'ai eu un peu de mal à le finir vite, et que j'avoue m'être ennuyé dans le milieu du récit, qui piétine franchement je trouve. Le personnage de Van Helsing redonne du corps, avec son caractère particulier et ses phrases qui maintiennent un suspens durant un bon quart du livre. C'est toujours un bon plus (cela dit, il est encore meilleur dans le film, beaucoup plus angoissant par son côté nonchalant).
Il faut ajouter que Renfield est aussi une petite trouvaille sympathique, bien qu'il n'ai pas le moindre lien avec le reste de l'histoire et qu'il n'y a aucun moyen de savoir comment il connu Dracula. C'est une lacune qui est étrange, mais en lisant les notes de traduction on se rend compte que Bram Stoker a fait plusieurs erreurs dans l'écriture du récit (surtout qu'elles sont très grosses).
Cependant, ces personnages sont noyés dans les bons sentiments et les excellences dont font preuves les autres personnages, sans le moindre travers moral et d'une gentillesse légendaire. En fait, en lisant je repensait aux livres de la Comtesse de Ségur où tout est rose et mignon, gentillet et croyant. Le contraste avec Dracula est violent du coup, mais les deux paraissent fade. Le manichéen primaire, c'est vraiment quelque chose qui passe mal quand on ne le fait pas bien.


En fin de compte, le roman est peut-être culte, mais je l'ai trouvé fade, avec un relent de poussière par dessus. On sent que le roman est vieux, et sa morale s'en fait grandement sentir, avec une histoire qui piétine aussi sur plus d'un passage et des personnages au charisme douteux, avec des petits détails qui manquent dans l'ensemble du récit. Je trouve que le roman souffre de la comparaison qu'on peut faire avec les dérivés, et le film de Coppola est à mon avis le meilleur exemple qu'on puisse trouver, et dans le genre roman de vampire, je trouvais Salem de Stephen King mieux réussi.
En attendant de trouver à nouveau le roman de vampire qui me fera rêver, je dois dire que celui-ci contient tout de mêmes quelques bonnes idées et qu'en tant que roman culte et fondateur des vampires, créateur du vampire le plus célèbre et sans doute le plus intéressant, Bram Stoker à tout de même le droit aux hommages, et la lecture de ce classique est tout de même intéressante dans ce sens (et pour comprendre tout le mal qu'on fait certains auteurs récents au mythe du vampire).

(Chronique n°51)

Quatrième participation, on progresse
Et cinquième participation ! La moitié de fait

 

samedi 18 mai 2013

La planète des singes (Pierre Boulle)


Bon, après une absence assez longue due entre autres aux partiels, aux résultats, au stress qui m'a rendu un peu avachi ensuite, à une recherche intense de boulot, de nouvelles lectures et des prêts massifs de BD un peu partout, je dois avouer que j'ai laissé le blog un peu à l'abandon. Il est donc temps de se ressaisir, et je propose pour cela de faire un petit tour vers une de mes dernières lecture : La planète des singes, roman très connu par ses adaptations en film, et que j'ai dévoré rapidement la semaine dernière.
Je profite aussi de ce petit message pour préciser que je vais rafraichir un peu le blog, entre la liste à lire, ce que je lis, les citations et tout le bazar. Un peu de boulot en perspective. Et peut-être aussi des nouveautés, pourquoi pas ? En attendant, place aux chroniques nouvelles de la roulotte, voici La planète des singes !


Résumé en trois mots : Évolution, Singes et Humanité

Si vous avez vu la planète des singes, vous allez comprendre illico de quoi je vais vous parler. Mais cependant il faut bien retenir que les deux films (celui de 1968 avec Charlton Eston et celui de Tim Burton en 2001, à mon sens un pur navet) ne s'inspirent que de la trame générale du livre et se radicalisent complètement différemment dans le propos et le traitement. Je vais détailler ceci tout de suite. En tout cas, retenez que chacun à sa manière rend hommage au livre, mais de façon très différente. Tim Burton est plus proche d'un aspect du livre, le premier film est proche de beaucoup plus d'aspect du livre.

Le gros point fort de l'histoire, c'est bien évidemment la réflexion poussée sur l'humanité et son rapport aux autres animaux, à la nature, et enfin à elle-même. Notre Ulysse fera face à bien des dilemmes, en voyant notamment ses semblables torturés par la science, utilisés pour des labeurs, chassés, manipulés, humiliés (à ses yeux uniquement). En fait, au fur et à mesure, on prend conscience avec lui de ce qui nous caractérise et nous distingue de l'animal, au fur et à mesure que l'homme semble plus animal. Les questions s'enchainent, sur la légitimité des actes, mais aussi d'une simple pensée. Comment doit-on voir les autres ? Notre héros connait des problèmes de diverses natures, et la façon dont il doit les surmonter est toujours bien pensée. En fait le roman dans l'ensemble est génial d'inventivité et de coup qu'on ne voit pas venir. J'ai été vraiment surpris, et d'un bout à l'autre. Les preuves de l'humanité ne sont pas tout, il faut aussi faire face à l'histoire du monde, à l'hostilité naturelle des singes envers les hommes et à une civilisation installée de puis si longtemps. Alors, que faire ?

Si je parle de la réflexion, il faut souligner que cependant dans le récit, les passages dans l'espace sont moins détaillés et documentés que dans un Isaac Asimov, mais restent très lisible. Le propos est par contre lisible d'un bout à l'autre du roman, et même très prenant, mêlant aussi des amours, des débats, des colères, des questions, le tout sans temps mort et évoluant d'une façon très différente, notamment par rapport aux films. Vous seriez surpris de la tournure des éléments, mais je ne vais pas spoiler donc je vous recommande de le lire pour bien comprendre.

Au final, nous avons donc un ouvrage d'excellente qualité, avec une écriture fluide et prenante, un sujet parfaitement bien traité et une tonne de questions qui jaillissent au final, laissant beaucoup de place à l'interprétation personnelle. Le ton du livre est très critique envers l'humanité par le biais d'un homme chargé de la défendre. C'est dans le genre, il faut bien l'avouer, un livre très bien fait, dans le fond et la forme, avec très peu de temps mort et un nombre de pages très petit par rapport à la densité du livre. Un livre qui est très différent aussi des films qui en ont été tirés, puisque ceux-ci ne concernent à chaque fois qu'un seul aspect du livre. Je dois dire que le tout est vraiment bien mis en scène et mériterais une deuxième relecture. En tout cas, je le recommande, car il est vraiment bon.

(Chronique n°44)
 

Troisième participation !
Troisième participation aussi

mardi 26 mars 2013

Le cycle de Lyonesse (Jack Vance)



Il y a quelque chose que j'aime bien dans les livres, c'est l'ingéniosité dont on sait faire preuve pour donner des noms à un genre particulier. C'est déjà compliqué dans les simplifications générales, alors quand on aborde les sous-genre, c'est encore pire. Là, cette série est qualifiée de "Light fantasy". Je suppose que c'est fait par opposition à la "Dark fantasy", mais quand même, c'est un truc de dingue comme sous-genre. Surtout qu'en fin de compte le genre ne veux pas dire grand chose.
Sinon je dirais également que cette série que je vais me faire un plaisir de chroniquer, je viens de la finir, c'est donc un avis à chaud que je ferais, mais que je suis particulièrement remonté contre l'auteur. Surtout pour la fin. Je veux dire par là la toute fin, genre les cinq dernières pages du dernier livre de la trilogie quoi. C'est particulièrement énervant quand une saga se finit comme ça. Mais je détaillerais.
En attendant je vous propose d'aller explorer une série qui fleure bon la vieille fantasy à papa, bien loin d'une série tel Ayesha de Ange, ou encore Le trône de fer de G. R. R. Martin. C'est encore la bonne vieille fantasy à la papa, mais c'est toujours aussi bon. Donc voici, messieurs et mesdames, le Cycle de Lyonesse qui vous est présenté !


Résumé en trois mots : Fantasy, Princesses et Magie

Ici, c'est typiquement le genre de fantasy que je qualifierais de "fantasy à papa". Comprenez par là que c'est le genre de fantasy qui est un peu ancien, dans un style vieillot, que le poids des ans se fait sentir (la série à été écrite entre 1983 et 1989, mais trente ans en fantasy c'est long), mais qu'on le lit toujours avec autant de plaisir. Comme dit, elle n'est pas si vieille que ça, mais le style sent résolument le vieux et l'ancien, sans que ce ne soit une tare. Mais c'est amusant quand on le lit.

L'auteur est un américain, Jack Vance, qui est spécialisé dans les romans de fantasy, et je vais prendre un grand plaisir à suivre cet auteur qui semble avoir plusieurs autres productions dans le même acabit et que j'ai vu recommandé par des lecteurs. La liste des lectures prochaine s'allonge de plusieurs pieds .... (à croire que je ne pourrais jamais tout lire .... Je me refuse à cette idée).
L'histoire va se projeter dans les Isles Anciennes, une sorte d'Atlantide médiévale. La façon dont le propos est traité est remarquablement ingénieux, puisqu'il ne fait pas vraiment de la fantasy médiévale, mais qu'en même temps il ne se plante pas farouchement dans un monde totalement imaginaire. C'est un peu entre les deux, dans la réalité historique (arrangée pour l'occasion) mais en même temps en marge de celle que nous connaissons. J'ai trouvé l'astuce particulièrement bien trouvée, et qui permet de largement se lâcher niveau inventivité tout en restant ancrée dans le réel. Elle permet de donner des bonnes bases, même si vous n'aurez une carte des îles que dans le volume 3. Oui, dans le dernier seulement. Merci l'édition !





Chacun des tomes nous fera donc voyager, avec ce qu'il faut comme péripéties sur les routes, sur la mer, dans les palais avec quelques petits soucis (mais pas vraiment d'intrigue comme on peut en trouver dans Ayesha) . Et bien évidemment, nous aurons aussi des batailles, des montagnes à franchir, des créatures féeriques (telles des ogres, des fées, des lutins, des trolls et toute cette agréable compagnie). Le tout assaisonné de magiciens qui se querellent, qui s'affrontent dans des duels camouflés (ils ne peuvent pas se permettre de se faire ouvertement face à face). L'ensemble étant savamment dosé pour ne pas paraitre ennuyeux et nous faisant voyager entre les différentes parties du continent.

Pourquoi dis-je donc que c'est une série de fantasy "à la papa" ? Et bien, de nombreux exemples viennent étayer cela. Comprenez bien que ce n'est pas un genre particulier dans lequel je range ce livre, c'est juste une impression dégagée par l'ensemble. Déjà, c'est manichéen. Le gentil se voit à des kilomètres, le méchant de même, on voit tout de suite qui va s'en sortir et qui ne vas pas y arriver, les fins heureuses seront de mises, on est dans des caricatures un peu. Ensuite, tout se fait dans les hautes sphères ou presque. Ce sont des princes, des princesses, des rois, des héritiers, des nantis ou des magiciens qui composent la trame. En clair, que des personnages qui sont issus de la haute, les autres n'ayant que très peu de voix au chapitre et apparaissant de manière beaucoup plus ponctuelle. Dans l'ensemble ils ne sont que des seconds rôles souvent très effacés dans la trame complète de l'histoire.
Mais ça marche ! Bien que ce soit assez prévisible pour plusieurs cas, que les personnages soit simples et que l'ensemble ne soit pas un summum de réflexion sur les personnages, ça marche ! Et très bien d'ailleurs. On s'attache aux personnages, on les suit avec un intérêt croissant, ils ne faiblissent jamais et ça nous plait. Au final, on peut se dire que c'était prévisible, mais on voulait quand même le suivre.

Ensuite, j'ai trouvé que les idées sont très bonnes, notamment autour des créatures féeriques et de leur rencontres avec les humains. J'aime beaucoup les forts de fées et toutes les règles et coutumes à respecter avec elles. Les autres, trolls et ogres notamment, sont intéressant aussi, et l'ensemble fait penser à ces vieux contes de Grimm ou de Perrault. C'est toujours un plaisir à lire et retomber dans cette imaginaire enfantin. Par exemple les fées qui offrent tout ce qu'il faut pour passer les épreuves, c'est classique et c'est très facile pour faire avancer les héros, mais ça marche ! On est avec, on se réjouie de ces bons coups et on continue à lire. Dans le genre, je crois que c'est une réussite dans toute sa splendeur.

Par contre, j'ai trouvé des défauts. Je dois bien le dire, il y en a plusieurs. D'abord, parfois certains termes choquent. Notamment dans le premier tome, lorsqu'il parle de serviette en coton. Je ne sais pas si c'est une erreur de traduction, mais ça m'a bloqué à la lecture, puisque le coton n'était pas encore arrivé à cette époque. Et franchement, j'ai eu un gros blocage. Heureusement que la suite ne m'a pas choqué comme ça, mais je vous garantis que sur le coup ça marque. Surtout que pour le reste, c'est très bon, c'est d'autant plus un point noir.
Ensuite, une autre chose qui m'a clairement déplu, c'est l'absence de repère spatiaux tant qu'on n'a pas clairement la carte. On est dans le flou complet au niveau des endroits, des routes, des forêts et tout le patacaisse. J'ai mis un temps fou à comprendre que le Troicinet est une île au sud du Lyonesse. En fait, j'avais absolument rien compris à la géographie de base et je croyais qu'il parlait de la France et du Royaume-Uni en utilisant d'autres noms. En clair, c'est pas sympa de ne pas avoir mis de carte avant le troisième volume (c'est le genre de détails qui tue quand même).
Et enfin, le dernier gros point noir, c'est l'échelle temporelle. Je n'ai rien compris. Mais alors rien du tout. J'ai suivi, mais les personnages, je n'ai pas capté du tout leur vieillissement. Le temps s'étire entre les tomes (je crois qu'il se passe 3 ans entre les deux premiers et 7 ans entre les deux autres), mais les personnages semblent subir un vieillissement aléatoire. L'un est plus vieux après un séjour chez les fées, mais il semble au final du même âge que l'autre qui est restée dans le temps normal (alors qu'ils doivent avoir 8/9 ans de différences). Le personnages d'Aillas semble être également un peu jeune tout le temps, Casmir pareil, et surtout je me demande s'il n'y a pas de la pédophilie quand Aillas fait un enfant à sa nouvelle compagne qui était une enfant dans le tome 2. En clair, j'ai eu du mal à comprendre l'âge respectif des personnages. C'est très confus. Mais si on passe allègrement outre et qu'on s'invente l'âge qu'on veut, ça passe quand même.

En fait, le livre est très classique dans sa trame et dans ses personnages, pas originaux pour deux sous, mais qui est tout de même prenant, regorge d'inventivité pour les créatures féeriques et dans l'ensemble très bon quand même. C'est du classique, je pense que c'est le terme le plus approprié, mais du bon classique, qui vieillit bien et qu'on peut encore lire de nos jours sans problème. Le roman souffre d'une échelle temporelle très confuse (encore qu'il faudra que je le relise) et d'une narration linéaire, mais c'est tout le temps prenant et la suite se fait désirer. Lorsqu'on a fini un livre, le suivant nous attend en faisant de l’œil et on se jette dessus sans trop attendre. La marque s'il le faut d'un livre qui mérite d'être lu. Je pense franchement que c'est un bon cru de fantasy, qui permet de passer le week-end tranquillement sans se prendre la tête, et qui est au final simple et efficace. Un cru dont j'en redemanderais volontiers, et je vais bien consulter la suite des œuvres de l'auteur.

(Chronique n°32)

Deuxième billet pour ce challenge !

samedi 16 mars 2013

Le meilleur des mondes (Aldous Huxley)

Je pense que vous aussi connaissez un sentiment d'angoisse à la vue de ces lectures dont tout le monde vous parle. Vous savez, comme pour les films, où tout le monde vous en parle, vous conseille de le voir, vous dit que c'est le top du mieux et qu'il faut foncer sans excuses. Vous connaissez ce sentiment, non ? Et souvent, nait du coup une appréhension de ce rabâchage constant. La peur d'être déçu et une sorte de résistance au mouvement de masses. C'est souvent visible pour les films, et ça existe totalement pour les livres. J'ai vécu ça plus d'une fois, et ce livre-ci est également à ranger dans cette catégorie, puisque j'entendais parler du Meilleur des mondes comme d'un chef-d’œuvre de la science-fiction, un roman culte et inégalé dénonçant tout le système et l'endormissement de la société.
Et bien là,  ..... je vais en faire la chronique, vous verrez par vous même le résultat.


 Résumé en trois mots : futur, science et castes
Donc, pour faire court, Aldous Huxley est né en Angleterre en 1894 et à écrit ce roman en 1931. C'est assez remarquable et très novateur pour l'époque, un roman d'une maturité assez grande mine de rien par rapport à l'époque.
Sinon j'ai adoré le fait que le titre soit emprunté à Voltaire dans Candide, alors que dans la version originale c'est tiré de Shakespeare. Une façon de transposer très fine. D'ailleurs le pauvre traducteur, avec du Shakespeare cité à tout bout de champ, obligeant à une traduction et à des compromis lorsque les phrases reprises sont intraduisibles. Mais j'ai bien apprécié la traduction.

Bon, cela dit, passons directement aux critiques, et je pense que vous avez compris, ça va saigner. En effet, j'ai eu du mal à lire ce livre. Non pas qu'il soit dur à lire, mais je ne l'ai vraiment pas trouvé extraordinaire. Même très plat. Il ne se passe pas grand chose, aucun personnage ne m'a paru spécialement charismatique d'un bout à l'autre, la dénonciation pas assez poussé à mon gout, la forme barbante .... Je suis assez critique, bien que je lui reconnaisse des qualités, mais j'ai grandement été déçu par ce livre, je dois le dire clairement comme c'est.

Déjà; attardons-nous sur la forme un instant. Je ne remet pas en cause les effets de traduction, qui sont très bon comme je l'ai dit plus haut, mais sur le style. C'est vieillot, et contrairement à d'autres romans plus vieux, j'ai trouvé qu'il a bien mal vieilli. C'est peu prenant à lire, on décroche assez vite, le narrateur nous ballade un peu partout en suivant divers personnages sans jamais suivre exactement un. La forme pourrait être excellente, mais j'ai vraiment eu du mal. Surtout que les personnages m'ont paru chiant. Peu intéressant, avec des attitudes énervantes (mais volontairement énervante) et des actions au compte-goutte. Lorsque enfin les réflexions arrivent, c'est quasiment la fin du roman et celles-ci ne se feront que dans le cadre d'une seule et unique discussion. J'ai trouvé l'ensemble un peu mou du genou. Les dialogue avec Bernard et Helmholtz m'auraient beaucoup intéressé, mais on n'en a presque jamais.
Ensuite, la dénonciation est peu efficace je trouve. On frissonne dans les premières pages à l'idée du conditionnement, mais contrairement à George Orwell dans 1984, le monde ne parait pas si horrible que ça à la fin. Il est désagréable et je n'aimerais pas y vivre, mais il n'est pas foncièrement mauvais. Et du coup je n'ai pas vraiment vu une dénonciation. Tout au plus une critique d'un système mais sans le rendre obsolète. C'est un grand tort du livre à mon avis que de ne pas arriver à nous dégouter complètement de ce système.
Un des aspects qui nous échappe également plus concerne la sexualité, où j'ai l'impression que le contexte d'écriture est sacrément présent. Aujourd'hui avec la libéralisation des mœurs, certaines attitudes semblent moins choquantes (ne me faite pas dire n'importe quoi, je ne dis pas que nous en sommes au stade du roman, mais à mon avis les lecteurs de 1931 étaient largement plus scandalisés que nous).

Ensuite, j'ai eu du mal à trouver un fil conducteur. On se balade un peu partout, avec tout les personnages. L'univers est très riche, et il y aurait eu matière à beaucoup plus d'exploitation (notamment un point de vue des classes inférieurs aurait ajouté du piment je pense), et l'auteur passe finalement beaucoup de temps à décrire un monde que l'on n'explore pas tellement. Les actions sont vraiment peu nombreuses, et la réflexion non plus. Plus d'une morale sont simplistes. Ce n'est pas ennuyeux, mais en refermant le livre j'ai eu une sorte de questionnement du style : "Déjà fini ? Mais .... Et le reste ?"


Par contre, je reconnais beaucoup de qualités. Les descriptions scientifiques au début ont de quoi glacer jusqu'au sang, des choses dérangent particulièrement, et plusieurs passages sont vraiment prenants (notamment le dialogue philosophique entre John et l'Administrateur, très bien tourné). Le souci c'est qu'ils sont bien noyés dans la masse. Une impression de beaucoup de bruits pour pas grand chose m'est resté à la fin. C'est vraiment dommage, il y aurait eu matière à faire beaucoup plus je pense.

Du coup, je dois bien dire que je trouve ce livre décevant par rapport aux qualités tant vantés. Le monde décrit n'est pas enviable, mais il n'a rien de la majesté d'un Farenheit 451 ou d'un 1984, bien plus riches au niveau du contenu et de la critique. Les héros manquent cruellement de charisme, ce qui est un peu obligatoire dans le contexte, mais qui me dérange pas mal à la lecture. Et puis le récit est franchement trop court. On a à peine le temps de s'habituer au monde que voila déjà que le livre se clôt. D'une fin que je sentais d'ailleurs arriver à plusieurs kilomètres, du coup j'ai été vraiment déçu. Pas de belle surprise finale qui donne à réfléchir. John perd en charisme à la fin, et finalement rien n'a avancé dans le meilleur des mondes. C'est un peu trop plat je pense.
Du coup, c'est un livre intéressant sur la science-fiction, un vieux classique, mais qui se fait à mon avis bien dépasser par ce qu'on peut trouver actuellement. A lire pour l'avoir lu, mais il est vraiment dispensable à mon avis. 

(Chronique n°25)

Deuxième participation !
Deux challenges d'un coup ! C'est beau, hein ?