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samedi 23 mai 2015

Trois soeurcières (Terry Pratchett)

J'ai décidé récemment de me procurer une bonne partie de la suite de la saga du Disque-Monde et de lire enfin les différents tomes, mais dans l'ordre, pour pouvoir enfin me targuer d'avoir lu (ou tout du moins commencé à lire) la plus longue saga de fantasy jamais écrite. Et puis pour pouvoir à nouveau rire un bon coup. Parce que c'est tout de même l'auteur qui m'a fait le plus rire de toutes mes lectures jusqu'à maintenant. Et puis c'est l'occasion de retrouver la fameuse Mémé Cirdutemps, la sorcière la plus puissante qui ai jamais existé dans le disque-monde. Alors replongeons dans ses annales !


Résumé en trois mots : ThéâtreSorcière et Conte

Terry Pratchett est un sacré génie de la littérature, ce n'est plus à prouver (du moins j'espère), et cet opus du disque-monde ne fait que me confirmer ce talent sous-jacent à l'ensemble de son oeuvre. Déjà parce que Pratchett est un des rares auteurs humoristiques a pouvoir fournir une telle qualité dans son humour, et ce de façon constante dans la série. Mais c'est également un auteur de talent quant aux références qui parsèment le texte, tout comme sa capacité à détourner, parodier, réutiliser tout ce qu'il veut.

Si je parle de ceci avant de commencer, c'est bien parce que ce tome est un énorme hommage au plus grand écrivain qu'il ait jamais existé dans l'ensemble de l'histoire anglaise, William Shakespeare. Terry Pratchett se ré-approprie ici les textes de l'auteur (et notamment MacBeth) pour nous livre un roman hilarant sur trois sorcières des montagnes du Bélier (près du Moyeu) qui réécrivent une histoire légendaire. Rien que le pitch de base donne envie de se plonger dedans non ?

En toute honnête, ce tome est à mettre dans le haut du classement des Annales du Disque-Monde. Une inventivité débordante jaillit des pages pour nous refaire Shakespeare en direct, tant au plan historique que dans ses oeuvres, reprenant passages de textes, histoire et principe, parlant du théâtre et des sorcières, ce tome est l'incarnation de l'hommage parodique réussit de bout en bout. Tout tiens debout, tellement que je me demandais au milieu du tome si je n'avais pas atteint la conclusion, avant que le récit en rebondisse pour un deuxième acte tout en subtilité qui se conclura magnifiquement par le Happy End qu'on attend de tout les tomes du Disque-Monde, mais toujours avec des nouveautés et des idées délirantes. C'est tordant, j'en ai lâché la lecture pour rire tout mon saoul a trois reprises, et j'ai pleuré de rire à certain moment. Rire jusqu'à en avoir mal aux côtes tout en étant surpris de l'ingéniosité, émerveillé des parodies et dépité de ne pas pouvoir repérer toutes les références, c'est plus qu'un talent d'écriture, ça confère à la magie, non ?

Bref, un tome qui m'en a mis plein la vue, et ce n'est pas rien de le dire. Une inventivité folle pour une reprise de Shakespeare sans précédent, follement drôle et prenante en plus. Des personnages adorables qu'on suit avec un sourire sans cesse accroché, et tout cela avec une plume qui mélange des citations et détournements aux traits d'humour habituels de l'auteur. Rien de moins qu'un livre qui rentre dans mon best-of du genre, et pour qu'un livre d'humour y rentre, croyez-moi, faut se lever tôt ! Terry Pratchett l'a fait, et avec une classe qui confère au génie. Rien que pour ça, je dis Sir Terry Pratchett, s'il-vous-plait.

(Chronique n°274)

mercredi 13 mai 2015

Conan le flibustier (Robert E. Howard)

Conan, c'est la figure mythique de la fantasy, un univers unique et novateur qui a crée le genre ! C'est un héros charismatique et puissant, héroïque comme l'on n'en fait plus, toujours au coeur du danger et toujours indemne, faisant tomber toutes les femmes et les tyrans. C'est l'archétype du barbare qu'on aime suivre parce qu'il vit des aventures plus riches que celles que nous ne connaitrons jamais. Et j'adore ça !


Résumé en trois mots : Politique, Guerre et Héros

Ce tome de Conan introduit quelque chose de neuf par rapport à ce que j'avais lu sur le héros : la dimension politique des différents royaumes de l'âge hyborien. C'est amusant de suivre le développement des intrigues entre peuples avec Conan qui vivote entre, toujours détaché d'un parti unique, voyageant en mercenaire, mais rallié aux causes avec le coeur.

Ce tome n'est en soi pas différent du précédent, mais les voyages de Conan sont moins éparpillés, et bien plus centrés sur des conflits entre pays. Et là, apparait un aspect du héros que j'affectionne particulièrement. En effet, Conan est un archétype d'héroïsme, mais il est surtout un héros qui n'est pas foncièrement bon. Ni méchant d'ailleurs. Il suit simplement son code de conduite et sa façon de voir les choses. Et bien souvent, ses ennemis sont des personnes qui se sont retrouvés face à lui, sans être pour autant des méchants au sens classique du terme. Simplement une autre vision du monde qui n'est pas celle de Conan. En soi, c'est assez amusant de lire Conan qui détruit une armée pour la seule raison qu'elle est en face de lui, sans plus se poser de questions sur les motivations ou les intérêts d'un peuple. Howard le place toujours du côté des bons, mais Conan ne se pose jamais la question.

Un recueil de nouvelles tout ce qu'il y a de plus intéressant, et les retrouvailles avec Conan sont à nouveau l'occasion d'aventures épiques et héroïques dans un monde de fantasy original et intense. C'est du pur bonheur condensé, un souffle épique qui traverse les nouvelles entre magie et guerre, avec toujours un héros invincible qui conquiert les territoires et les coeurs. J'en reprendrais bien une part, moi.

(Chronique n°272)

jeudi 23 avril 2015

Ténèbres sur Sethanon (Patrick E. Feist)

Troisième et dernier livre de la saga, j'ai du me motiver pour le lire, mais je me suis poussé en me disant qu'au moins après je pourrais enfin lire le tome Les fils de Krondor et ainsi ranger ce livre qui fait tâche dans l'ensemble des livres des rééditions Bragelonne que j'ai dans l'étagère. Cette motivation ne m'a au début pas suffi, lorsque j'ai décroché en un rien de temps du premier chapitre et que je n'avais pas envie de continuer. Ce qui est généralement de mauvais augure. Mais ensuite, je me suis pris en main, afin de le rendre à l'ami qui me l'avait prêté, et voila le résultat.


Résumé en trois mots : Magie, Autres mondes et Guerre

Bon, enfin fini ce livre et cette trilogie par là-même. Et c'est pas trop tôt, c'est tout ce que j'ai à dire.
Je me suis ennuyé sur ce livre, mais ennuyé comme jamais. C'était d'un chiant comme je n'avais pas lu depuis un long moment. Et c'est vraiment parce que je ne voulais pas rendre un livre que je n'avais pas lu que je me suis forcé à le finir. Mais en soupirant tout le temps, et au final en m'énervant contre l'auteur. C'est vraiment mal parti pour la critique.

Honnêtement, rien n'est bon ici. Ce qui m'avait plu dans le premier livre, à savoir la fameuse plume entrainante et la façon de traiter le sujet, à complètement disparu. Ici, bienvenu dans un monde manichéen ou le méchant est l'obscurité, le néant, l'absolu mal ! Et c'est parti pour le défilé des clichés : histoires d'amour bazardés en deux secondes (l'un en connait même deux, toutes autant ridicules), personnages héroïque au-delà du concept, morts héroïques bien évidemment, survie de personnages qui se prennent dix milles blessures (mais jamais mortelles ou grave ! Vive la chance !), batailles épiques et sans intérêt, duel de magie et de bretteurs (mais il manque à ce point d'imagination ?).
Bon, je suis super critique et super sévère, mais là j'en ai vraiment eu trop. La coupe était pleine, bien remplie par le tome précédent, et là c'est du n'importe quoi. J'ai décroché dès le début et le roman ne m'a pas permis une seule fois de replonger dedans. Rien n'en est sorti, je l'ai fini et je suis soulagé. Soulagé de pouvoir passer à autre chose et de ne plus me trimballer ce livre dans mon sac en permanence.
La série aurait du se finir au premier tome, et j'en aurais été très satisfait. C'était déjà bien assez, et là la surenchère de fantasy classique, de clichés et de bons sentiments m'a insupporté. Non, il n'y a vraiment rien à retenir.

Un tome de trop, largement trop. Rien d'intéressant, surfait et cliché, ce tome n'est rien qu'une suite de situations déjà vu et inintéressante pour finir dans une apothéose inintéressante et qui se conclue en deux coups de cuillère à pot. Et puis, c'est lassant. Pas d'entrain, pas de dynamique, tout est trop artificiel pour qu'on le suive jusqu'au bout. Alors je dirais simplement : si vous lisez cette série, arrêtez-vous au premier tome et vous serez bien content. C'est largement assez bien comme ça.

(Chronique n°263)

mardi 21 avril 2015

Silverthorn (Raymond E. Feist)

Deuxième tome, et la saga continue bien que l'histoire ne suive pas exactement celle du premier volume. C'est la suite, mais c'est une histoire indépendante, ce qui m'a conduit à en séparer les chroniques. En effet, le premier tome suit un arc narratif complet dont ce deuxième tome n'est qu'une suite, avec une séparation bien nette entre les deux. D'ailleurs cela se ressent dans le style d'écriture et dans l'histoire en elle-même. Car plusieurs différences notables apparaissent à la suite de ce premier tome.


Résumé en trois mots : Antidote, Ténèbres et Conspiration

Nous retrouvons dans ce tome le duc Arutha, qui se marrie, et tout le reste de la famille, Martin l'archer et Laurie, le ménestrel, dans une quête pour sauver une vie. Sans trop en dire, c'est une intrigue plutôt classique qui nous est proposé, avec la quête d'un objet permettant de sauver une personne. En soi, l'histoire n'a rien d'exceptionnelle.

Et c'est un peu ce que je reprocherais à ce tome. C'est que c'est trop classique pour moi. Des méchants parfaitement méchants cette fois-ci, des ténèbres et des ennemies assassins, un prince qui se ballade seul pour chercher un antidote en plein territoire ennemie (c'est bien connu qu'un prince ne risque rien ...), des raccourcis très -trop- simples notamment autour des clichés fantasy (les prêtres qui combattent avec la foi de leur dieux et tapent mieux que des combattants) ... J'ai aussi senti que l'auteur a voulu développer un peu plus l'humour et faire réapparaitre des personnages du premier tome. Alors oui, c'est plutôt sympathique, mais je trouve qu'on y perd beaucoup en ne développant pas un peu mieux. Le tout reste de facture très classique et ne fait que véritablement introduire le troisième tome. C'est pas ennuyeux, mais il n'y a rien de vraiment neuf sous le soleil, et c'est un peu dommage. Les bonnes idées du premier tome sont envolés et ne reste que ce que j'ai déjà lu plusieurs fois. Il manque l'épice, le sel qui rehausse tout le gout.

Un deuxième tome qui est décevant donc, non pas qu'il soit mauvais, mais qui n'apporte rien de vraiment bon. C'est quelque chose que j'ai eu la sensation d'avoir déjà lu quelque part, rien n'est vraiment extraordinaire. Il manque vraiment un truc pour que je me mette à aimer, et j'espère que le troisième tome saura relever le défi. Car là, pour l'instant, ça ne me motive pas plus que ça à lire.

(Chronique n°262)

samedi 18 avril 2015

Magicien (Raymond E. Feist)

Premier tome de la trilogie intitulée La guerre de la faille, prêté par un ami (puisque j'ai les deux tomes qui suivent la série mais que je n'avais pas la série de base) pour me permettre de lire tranquillement, enterré sous mes tonnes de livres habituels. Je l'ai attaqué, mais je dois bien avouer que j'ai mis du temps à vraiment rentrer dans l'histoire et m'intéresser à tout ce qui fait la force de ce premier tome, très épais et bien plus gros que les autres volumes de la saga.


Résumé en trois mots : Guerre, Magie et Autres mondes

L'histoire est franchement sympathique, bien que j'ai eu du mal à m'y laisser prendre, mais une fois parti, c'était bon jusqu'au bout sans aucun problème. En fait, je crois que le début assez convenu m'a peu intéressé et m'a laissé présager des mauvaises choses pour la suite.

Et pourtant .... C'est passé sans problème ! Ce qu'il y a, c'est que le roman évolue beaucoup entre le début et la fin, proposant une mise en bouche très classique qui évolue ensuite vers quelque chose de bien plus construit, intéressant, et réfléchie. Bien que le tout sonne au final comme une histoire avec quelques facilités et des dénouements parfois un peu convenus ou gros (je pense notamment à Tomas, qui aurait mérité un peu plus de traitement à mon gout), mais qui a le mérite de nous poser des choses sympathiques et intéressantes jusqu'au bout. Après, il faut dire qu'on y retrouve la majorité des "clichés" de la fantasy. Mais ce n'est pas dérangeant quand c'est bien utilisé et bien fait. C'est le cas ici.

Ce qui aide, c'est finalement l'aisance de la lecture, la facilité qu'on a à rentrer dans l'histoire et à nous intéresser aux personnages, ce qui est plutôt bon. D'autre part, les personnages connaissent une belle évolution entre le début et la fin, puisque la guerre va les trouver enfants et les laisser adulte, ce qui permet de développer sur plusieurs années, ce que l'auteur à mis à profit, pour notre plus grand bonheur, alors même que le début sonnait un peu trop comme une chronique pour adolescent. D'autre part il y a des originalités qui sont les bienvenues, même si rien n'est spécialement neuf sous le soleil. On reste dans des cadres classiques, mais tout suis. C'est presque dommage que les intrigues de cour et les petites digressions sur le pouvoir n'aient pas été plus développés, mais ce n'est pas vraiment le but de l'auteur. L'auteur ne déborde pas vraiment du cadre et apporte seulement quelques petites touches de nouveautés qui conviennent pour qu'on apprécie le roman sans soucis.

Un livre qui n'est pas dans mon best-of de la fantasy, mais qui est sympathique et apporte des bonnes idées d'un bout à l'autre, lesquelles sont exploitées dans une bonne mesure, les personnages devenant au fur et à mesure plus intéressant, et le tout étant au final bien sympathique et prenant. J'ai pris plaisir à lire les aventures de ce jeune Pug, qui ont été un peu en dehors de ce à quoi je m'attendais. Simple et efficace, un bon roman de fantasy en somme !

(Chronique n°261)

mercredi 25 mars 2015

Janua Vera (Jean-Philippe Jaworski)

J'avais beaucoup entendu parler de cet auteur qui aurait réalisé un coup d'exploit extraordinaire avec son premier recueil de nouvelles avant de pondre un livre qui aurait été une exception dans le paysage de la fantasy française. Cela a titillé ma curiosité et je me suis procuré les deux ouvrages sus-dit du bonhomme avant d'attaquer goulument le premier. Et là, ce fut le choc, tel que je ne l'avais plus ressenti depuis un long moment.


Résumé en trois mots : Guerre, Médiéval et Sombre

Ce recueil est très hétéroclite, conservant toutefois une trame sur l'ensemble au niveau de l'ambiance, ce médiéval fantastique assez sombre mais en même temps développé au travers de nombreux points de vue, les guerriers et la noblesse, les paysans, les religieux. En relisant l'ensemble, c'est toutes les couches de la société médiévale qui sont présentes ici. Et c'est tant mieux !

La raison pour laquelle je qualifierai ce recueil de génial, c'est la haute qualité des nouvelles présentées. Rien ne m'avait préparé à cela, et je suis charmé, aussi bien par la plume de Jaworski, très fluide et très belle, qui met en immersion dès les premiers mots, mais également par l'inventivité dont il fait preuve.

Curieusement, la nouvelle Mauvaise donne qui est ensuite développé dans le roman Gagner la guerre, est celle qui m'a le moins parlé du recueil, tout en restant très bonne. Le recueil comporte 8 nouvelles, et je dirais que plus de la moitié sont sublimes. La première, l'histoire d'un Dieu-roi, est surprenante par son approche et bienvenue, une excellente ouverture du recueil. La deuxième, Mauvaise donne donc, est agréable et plante un décor que j'aimerai bien voir développé. La troisième est peut-être la moins intéressante, une histoire de chevalier, mais bien menée et agréable. 
Et là, le recueil bascule dans les nouvelles fantastiques. Une offrande très précieuse, qui sait jouer du fantastique avec des soldats tout en finesse, très belle nouvelle. Le conte de Suzelle, l'histoire d'une femme paysanne, d'une cruauté et d'une force extraordinaire. J'ai été séduit par cette histoire qui m'a ému, tant on est dans un conte cruel. A mon avis, la meilleur du roman. Jour de guigne, une nouvelle très drôle et rafraichissante après les dernières plus lourde, tout en ayant une bonne petite histoire. Un amour dévorant, nouvelle très sombre et très belle, une histoire de fantômes qui n'effrayent pas.
Et enfin, Le confident, une nouvelle qui présente beaucoup de choses et apporte une conclusion largement ouverte, toute sujette à interprétation.

Ce recueil est en globalité excellent, et certaines nouvelles sont fabuleuses. J'ai été étonné de trouver une telle qualité dans un premier livre, et si l'auteur est à ce niveau dans le reste, je comprend les critiques élogieuses qui découlent. C'est prenant et inventif, et je serais ravi de pouvoir me replonger dans ce monde. La suite très vite donc !


Un monde qui m'a surpris par sa noirceur et son caractère réaliste, mais dans lequel j'aimerai bien pouvoir replonger maintenant que j'y ai pris gout. Un premier recueil qui mérite amplement son succès donc, et que je vous recommande à tous, pour peu que la fantasy vous intéresse. C'est vraiment du haut niveau, et je ne m'attendais pas du tout à quelque chose dans ce style. Sombre, mature, mais aussi drôle et beau, un recueil complet qui vous fera passer un excellent moment. J'ai aimé, je le recommande !

(Chronique n°250)

lundi 23 février 2015

Mécompte de fée (Terry Pratchett)

Je me suis décidé pour se tome de façon complètement aléatoire et sans la moindre idée d'où il se situait dans la saga, et principalement parce que je trouvais l'idée de couverture sympathique. On a déjà vu pire dans le choix d'un livre, non ? Et puis Pratchett restera Pratchett, le Disque-Monde restera le disque monde, et cela ne changera jamais. Les séries immanquables le resteront, et j'ai découvert ici un nouveau volume de celle que j'explore plus avant maintenant.


Résumé en trois mots : Voyage, Magie et Contes de fée

L'histoire reprend le personnage haut en couleur de Esmeralda Ciredutemps, dites Mémé Ciredutemps, sorcière de son Etat, et sa collègue et néanmoins amie Nounou Ogg. Ainis qu'une troisième comparse, Magrat Goussedail, jeune sorcière qui hérite ici d'une baguette de bonne fée. Oui, une vraie baguette comme dans les contes ! Sauf qu'ici ça transforme tout en simple citrouille. Ah oui, nous retrouvons aussi le chat de Nounou Ogg, Gredin, qui tiendra ici un rôle plutôt inattendu. Mais j'en dis déjà beaucoup.

Ce tome est à la fois hilarant, mais également rempli de clin d'oeil et de parodies, intéressant sur les personnages du Disque-Monde et enfin très complet dans son histoire. Ce qui en fait un des meilleurs de ceux que j'ai lu jusqu'à présent, il faut bien le dire ! L'idée de départ m'a semblé juste agréablement sympathique, mais les développements sont extraordinaires. Outre les personnages extrêmement sympathiques des sorcières du Royaume de Logres (qui sont en fait plus craintes pour le bazar qu'elles créent que pour leur pouvoirs), nous avons le droit en première partie à un road trip des plus hilarants et qui se permet de faites plusieurs clins d'oies bien sentis, notamment à Dracula ou au Seigneur des anneaux. Ce long périple est déjà efficace pour nous décoincer les zygomates (voir les fatiguer) mais s'ouvre ensuite une deuxième partie qui m'a renversé littéralement. Arrivé dans une Louisiane où se pratique le vaudou, mélangé à un conte de fée réel où les gens se doivent d'être heureux et de faire partie d'une belle histoire, avec le caractère en acier trempé des sorcières, mais également le chat, un bal et un nain dragueur, autant vous dire que je me suis retrouvé plié de rire bien plus souvent que je ne l'aurais cru.

Ce roman est excellent, tant par son côté humoristique que par les clins d'oeil de l'auteur qui sont disséminés dans l'ensemble du livre, mais également par le ton qui sait redevenir sérieux vers la fin et trouver une façon de rajouter de la gravité dans l'ensemble de l'oeuvre, comme souvent (mais pas trop non plus, on est pas là pour tirer les mouchoirs) et enfin conclure sur l'humour habituel de Pratchett et sortir de là avec un grand sourire sur la face.

Un excellent roman des Annales, avec ce qu'il faut d'humour et de personnages haut en couleurs, de situations absurdes et rocambolesques, de détournements, de parodies et de clins d'oeil. Sans aller dans ce qu'avait pu produire Pratchett en terme de réflexions avec l'humour, nous avons ici un simple roman humoristique qui est largement suffisant pourvu que c'est ce que l'on recherche. Je vais essayer de plonger rapidement dans les autres romans de ce trio de Sorcière et découvrir ce qu'il leur arrive encore, car j'ai vraiment beaucoup apprécié.

(Chronique n°235)

jeudi 5 février 2015

Le maitre du Haut-Château (Philip K. Dick)

Et voila, le dernier livre de Philip K. Dick qui trônait encore sur mon étagère. Maintenant, la razzia est ouverte sur ce qui traine encore et qui traite de science-fiction (bon, j'ai encore deux livres de Asimov en attente, il me semble). Car à ce niveau là, c'est du génie, je le savais avant de lire celui-ci, mais nom de Zeus, que cet auteur est impressionnant. Voila fini maintenant la section "immanquable" de celui qui est considéré comme l'un des trois plus grands auteurs de science-fiction. Que reste-t-il à lire à présent ? Ah oui, tout le reste ... On est pas près d'en voir le bout.


Résumé en trois mots : Uchronie, Japon et Yi-King

Ce livre me semble être le véritable aboutissement de l'oeuvre de Philip K. Dick, et je suis bien heureux de l'avoir lu en dernier au final. Car ce livre contient en lui tout ce qu'il faut pour faire un grand roman, et quand je dis grand roman, c'est vraiment dans le haut du panier qu'il se classe. Rah, ça serait dur de trancher entre lui et Blade Runner comme LE livre immanquable de Philip K. Dick. Bon, disons que les deux sont à égalités. Dans mon coeur mais aussi dans ma tête.

Ce que ce livre apporte de plus par rapport aux autres du même auteur, c'est bel et bien le principe de l'Uchronie, principe si extraordinaire et peu souvent satisfaisant. Ici, le point de départ de la divergence historique est la tentative d'assassinat contre Roosevelt, en supposant que l'auteur de l'attentat ait réussi, que se serait-il passé ? Eh bien, la vie serait radicalement différente sur la côté ouest.

Ce roman a bien des côtés dérangeant, et mériterait une analyse de presque chacun de ses thèmes, tant il y en a. Entre l'idée d'une Amérique sous domination nippone (et qui ne serait pas plus mal), d'un livre qui guide tout le monde, d'une histoire qui suppose que les Alliées ont gagnés la guerre circulant sous le manteau, de nazis encore présent, de la suite de la guerre dans l'Allemagne vainqueur, dans les USA perdants, dans la tête des gens de tout horizons. Et puis l'art, et puis la vie de tout les jours, et puis les grandes interrogations, et puis les modes de vies. Et ce final. Mon dieu, ce final. Quel beauté, quel talent. Car c'est une réflexion superbe : qu'en retirer ? Ce qu'on veut, dirait-on.

En fait il y aurait beaucoup à dire sur cet énième roman réussi de Philip K. Dick, mais je comprends maintenant la raison de son succès et de son mythe. Il y a quelque chose d'incroyable là-dedans. De la matière à réflexion pour des années. On peut écrire des dissertations sur tout les points du livre. C'est beau et épique. Une réussite implacable, lisez-le. Un immanquable de la littérature de science-fiction, et je met Philip K. Dick dans le rang des meilleurs auteurs sans plus réfléchir. Lisez-le, bon dieu !

(Chronique n°227)

samedi 15 novembre 2014

La guerre des fleurs (Tad Williams)

Je me suis penché sur ce roman alors qu'il était nommé comme un des meilleurs de fantasy sur le site de Elkabin. Un petit tour en boutique, un achat rapide, et puis le voilà dans les étagères avec tout le reste, mais heureusement, un stage et je l'emmène, histoire d'avoir un pavé à lire (tout de même plus de 800 pages), que ça me tienne un peu plus longtemps. Ah, la belle illusion que voilà ! Comme si un livre ne pouvait pas être lu tellement vite qu'on ne s'en rende pas vraiment compte.


Résumé en trois mots : Autre monde, Guerre et Fées


Une histoire qui m'a surprise sur un point : elle met un temps fou à décoller, à rentrer dans le sujet (en fait, le résumé au dos vous donne environ 300 ou 400 pages du livre), sans que je ne le remarque. C'est à un moment que je me suis rendu compte qu'on arrivait à la moitié du livre et que l'histoire commençait à prendre le virage qu'on sentait dès le début. Le seul hic, à mon avis, c'était qu'il y allait avoir un problème pour la fin. Et je ne me suis pas trompé.
Ce livre est vraiment génial, car il arrive à nous raconter une histoire qui prend tout son temps pour être développée. Elle se met en place lentement, les personnages se développent petit à petit et pourtant tout semble aller à vitesse normale. Et puis, progressivement c'est l'accélération jusqu'au crescendo final. Avec tout le monde qui se retrouve, évidemment.
Le seul hic, c'est que la fin n'est pas à la hauteur du reste, et je trouve ça vraiment dommage. En gros, l'histoire prend le temps de poser des bases très intéressantes, mais se conclut trop vite et trop facilement, bien loin de ce qu'on attendrait d'une saga de cette ampleur. Classique et sans grandes surprises, avec un Happy End un peu trop artificiel, ce qui est dommage au vu du reste. Et, le problème qui me semble le plus important, c'est que la fin vient trop rapidement. L'auteur a un véritable talent pour nous entrainer dans les centaines de pages sans qu'on y prenne garde, je pense qu'il aurait du continuer un peu et nous faire quelques pages en plus.
Mais ne contestons pas ce livre, qui reste excellent, il faut bien le dire. Les différents personnages notamment sont excellents, à commencer par le héros, mais aussi tout ceux qui l'entourent, et surtout Trognon d'Pomme, qui est comme son prénom ! Et il faut bien avouer que l'histoire, quoique sans originalité énorme, est très bien menée d'un bout à l'autre et surprendra quelques fois par des détails simples mais bien trouvés. Alors il est de bon ton de le lire, non ?


Ce livre est, dans mon jargon, un bon petit livre qui se lit avec plaisir, et qui manque de peu de passer dans la sélection des meilleurs. De la fantasy sympathique et bienvenue, avec des personnages intéressants, mais aussi avec des idées bienvenues et souvent présentes, des situations bien sympathiques et surtout un style d'ensemble qui se dévore sans qu'on n'en laisse passer une miette. Pour un livre de fantasy, c'est rare de laisser passer autant de pages avant de commencer l'histoire. Et ça fait plaisir. C'est le genre de livre qu'on lit par plaisir, qui fait plaisir, et dont on se souvient avec plaisir. A peu de choses près, je lui aurait accordé une place dans le haut du pavé. Presque, mais lecture hautement et chaudement conseillée tout de même !

(Chronique n°211)

mardi 11 novembre 2014

Sorceleur (Anrzej Sapkowski)

Chronique un peu décalée que je poste finalement après l'autre, mais je n'ai pas énormément de temps en ce moment et je préfère mettre ce que j'ai sous la main en ligne. Je me dépêche donc d'écrire des chroniques, et je reviens aussi vite que je le peux.
Ce livre est sorti voila un moment et s'inscrit en réalité avant La saga du Sorceleur, puisqu'il regroupe les deux premiers tomes écrits par l'auteur, L'épée de la Providence et Le dernier voeu, recueils de nouvelles qui introduisent tout l'univers de la saga, ainsi que les principaux personnages, tout en mettant en place une partie de l'échiquier politique qui se développera plus tard.
Alors, qu'en est-il au final, de ce tome introductif qui permet de découvrir un univers et des personnages hauts en couleur ?


Résumé en trois mots : Contes, Fantasy et Violence

Curieusement, j'ai trouvé ce tome introductif meilleur que la saga qui le suit. En effet, contrairement à ce qui apparait nettement dans La saga du sorceleur, ce tome arrive à garder une cohérence d'un bout à l'autre, sans jamais se perdre complètement. Le principe des nouvelles permet à la fois de garder une histoire entière en peu de pages et de développer un petit aspect du monde, que ce soit entre les humains, dans les villes, entre le Sorceleur et les autres, avec les créatures fantastiques ou bien même l'introduction de certaines cours et des intrigues qui y sont mêlées. Ces historiettes tissent progressivement des liens entre elles et construisent les bases sur lesquelles s'appuiera la saga.
Ce qui est d'un énorme intérêt également, c'est que les histoires qui sont présentes ici allient encore plus efficacement un humour sympathique avec des références à des contes. Bon nombre d'histoires sont en fait des détournements de contes très connus (la belle et la bête ou Blanche-Neige notamment) mais avec des moments plus tragiques et de la violence plus marquée. Le monde présenté reste toujours sombre jusque dans ses recoins.
Le style d'écriture est toujours aussi plaisant, et c'est agréable de picorer ces petites nouvelles au fur et à mesure, alliant découverte du personnage avec découverte de l'univers, humour et référence sympathiques. L'ensemble se tient jusqu'au bout et fournit un final qui ouvre largement la porte à la saga et aiguise notre appétit.


Un tome introductif de qualité, qui nous fait une proposition plus qu'alléchante, faisant qu'au final on a plus qu'envie de plonger dans le reste de la saga. Alliant humour et noirceur, ces nouvelles nous plongent dans un univers médiéval fantasy qui nous attire et nous intéresse. En matière d'introduction à une saga, c'est un must-have, qui donne envie de continuer, même si c'est regrettable que la suite ne sois pas à la même hauteur.

(Chronique n°209)

samedi 28 juin 2014

Les petits dieux (Terry Pratchett)

Encore du Terry Pratchett, encore du disque-monde ! Je n'en ai pas fini avec cet auteur, qu'un ami me passe régulièrement. Celui-ci, m'a-t-il assuré, était très bon. Il rentrait aussi dans le cadre de différentes lectures que nous avons eu en commun sur le sujet de la religion. Et il me semble que cette lecture s'inscrit totalement dans le cadre de cette réflexion, très intéressante d'ailleurs, de la religion au travers du regard de la fantasy. Ce qui nous donne d'ailleurs un excellent vecteur de réflexion pour le monde réel, tout autant sur la religion que la foi, le divin et surtout les prophètes. Et quoi de mieux pour le faire que d'utiliser une histoire inventée de toute pièce pour faire passer le tout ? Ainsi, c'est exactement ce que nous aurons ici !


Résumé en deux mots : Religion, Foi et Humour

L'histoire va tourner autour de Frangin, novice dans un temple dédié au grand dieu Om. Le plus grand temple dans la ville principale du royaume contrôlé par les croyants dans le dieu Om. Mais une hérésie est là, présente et installée. Une hérésie disant que le monde n'est pas rond mais plat, posé sur le dos de quatre éléphants juchés sur une tortue. Et le brave mais benêt frangin ne vas pas voir sa vie s'arranger lorsqu'il découvrira le dieu Om prisonnier dans le corps d'une ... tortue.

Disons le tout net, ce livre est pour l'instant, selon moi, le meilleur des Annales du Disque-monde que j'ai lu. Une virtuosité sans pareil le parsème ! Je ne reviendrais pas sur l'extraordinaire humour que contient cette pépite littéraire, mais je dois bien rendre hommage au talent monstrueux de l'auteur pour transformer son livre à la fois en satyre piquante de différentes choses (notamment ici de la Grèce Antique et de ses penseurs, mais aussi de la religion, du fanatisme et de la foi) mais aussi en véritable réflexion sur ces points, donnant à la fois son avis éloquent et un angle de vue toujours intéressant.
Concrètement, les développements et digressions autour de la foi sont tout simplement excellent, avec cette leçon si bien inscrite : à trop vouloir faire croire les hommes dans un dieu, ils croiront plus dans la religion qu'en lui. C'est tellement bien mis en scène que je ne peux qu'applaudir devant l'ingéniosité. Et je ne parle pas de toutes les symboliques énormes qui sont placées et détournées (notamment la fameuse traversée du désert).

Si je peux me permettre le jeu de mot, ce livre restera dans les annales. Blague à part, il s'agit d'un excellent livre que j'ai adoré lire, tout autant pour son histoire et son humour habituel, que j'ai trouvé excellent comme toujours, que pour son côté plus philosophique et réfléchit sur la religion et tout ce qui en découlait. Tout est traité, bien traité, et intelligent. C'est rare les livres de ce genre qui vous font rire et vous font réfléchir, mais c'est exactement le style qui me plait et je suis totalement partisan de cette façon de faire. Vivement d'autres dans le même genre !

(Chronique n°200)

mardi 24 juin 2014

La huitième couleur/Le huitième sortilège (Terry Pratchett)

Un ami m'a prêté ce livre, en m'expliquant de façon assez convaincante que ma culture littéraire fantasy ne serait pas complète tant que je n'avais pas lu ces romans fondateurs de la mythique de la saga du disque-monde. Et bien évidemment, je me suis retrouvé avec deux livres très court et donc très vite lu, pour lesquels je n'ai pas passé plus de deux jours (et encore, pas entier) pour finir les deux tomes. Et maintenant, je vais vous faire un petit commentaire sur ces deux livres, qu'il ne faut pas dissocier à mon avis, puisqu'il s'agit d'une seule histoire à la suite, qui s'enchaine. Et c'est ainsi que s'ouvre les annales du disque-monde !


Résumé en trois mots : Magie, Monde et Humour

Humour étant le maitre mot de ce livre, il faut bien que je le développe en premier, tant toute l'histoire va tourner autour de cela, tout est drôle d'un bout à l'autre, aussi bien dans les situations, les annotations de l'auteur, les personnages, les répliques, l'ensemble ... Tout est absolument drôle d'un bout à l'autre, sans même faire référence à tout ce qui est des clin d'oeil à tout ce qui s'est fait dans la fantasy.

Bref, sans m'étendre tout le temps qu'il serait nécessaire, je peux dire que c'est incroyablement drôle. Pratchett a un humour à toute épreuve, et qui se glisse absolument partout, dans le moindre recoin, la moindre fissure qui le permettrai. Si bien qu'on sourit tout le temps et que je me suis retrouvé à rire franchement plus d'une fois. Voir même rire franchement. Et vous ne pouvez pas imaginer le bien que ça fait parfois, de lire un roman qui se fout aussi ouvertement de tout les codes de la fantasy. Jusqu'au bout.
Tout le reste est bon, c'est bien vrai. L'histoire est juste excellente, à partir dans tout les sens, toujours retombant sur ses pattes (exercice étonnant, il faut bien l'avouer), présentant personnage excellent (Deuxfleurs, Cohen le Barbare ...) et des situations rocambolesques qui s'enchainent sans temps mort. C'est de l'aventure avec un grand H et de l'humour avec un grand sourire ! Et plein de petites phrases superbes, sans parler d'un coffre à pattes.

Ce livre, c'est également un torrent de bonne humeur. Vous êtes un peu déprimé, en deux minutes il vous a redonné le sourire. Tout s'y prête, et c'est jouissif de lire tant de bonnes idées en une fois. Sans même parler de l'histoire, plutôt anecdotique même si elle sert de fil rouge à l'ensemble. C'est juste pour le plaisir de suivre quelque chose d'un bout à l'autre, avec un final qui est d'ailleurs assez joli sur A'Tuin, et qui conclut d'une belle façon cet ouvrage. Rien a redire jusqu'au bout, si ce n'est qu'il nous donne une furieuse envie de connaitre la suite des aventures de tout ce petit monde.

Pour un premier tome, c'est plein pot. L'histoire, les personnages, les situations, l'humour surtout, tout est réuni pour qu'on passe un excellent moment en se poilant sans cesse. J'aurais eu des éclats de rire, des fous rires, plein de sourires, des moments parfaits pour bien se sentir au final ! C'est une vraie cure de bonheur que ce genre de livre, et je vous souhaite vraiment de le lire. Surtout qu'une telle parodie de la fantasy ne se retrouve pas ailleurs, c'est à dévorer pour bien comprendre. A lire ? Évidemment, et attaquons ensemble la suite des Annales du disque-monde.

(Chronique n°198)

vendredi 20 juin 2014

Les robots et l'empire (Isaac Asimov)

Les robots, volume 6

Sixième et dernier tome des Robots, la série se clôt ici pour continuer dans la saga des Fondations ! (que je lirais tranquillement ... Plus tard). Nous voila à la fin de cette volumineuse saga dont l'écriture est étalée sur plus de trente ans, et dont les ficelles et les intrigues se mélangent progressivement pour atteindre cette sorte d'apogée d'un univers et d'un monde. La saga continue avec l'empire, mais le cycle des Robots est définitivement clos ici, et j'avoue que c'est avec un petit pincement au cœur que j'ai fermé ce livre. Maintenant, l'empire, puis fondation peuvent prendre place dans le monde.


Résumé en trois mots : Humanité, Robots et Guerre

La situation empire par rapport au dernier tome et la situation politique entre les mondes devient tendues. Mais, enfin, le temps est venu aux robots que nous connaissons de se dévoiler et de commencer à agir pour l'humanité.

Ce tome change beaucoup par rapports au derniers, et sur plusieurs points. L'enquête en soi n'est plus importante, bien que l'on suit une progression de l'intrigue qui se dénoue à la fin, mais celle-ci est secondaire au regard d'autres détails bien plus important. Il est l'heure de la réconciliation entre les mondes spatiens et coloniens, entre la Terre et les autres. C'est pour cela que Gladia prendra ici un rôle prépondérant, même si les héros sont bel et bien les deux robots, Giskard et Daneel. En cela, le roman se démarque complètement des autres puisqu'il propose de suivre l'évolution des pensées et de la réflexion entre les deux robots, chose que j'attendais depuis un long moment et que j'ai adoré. Mais c'est également le temps de conclure tout ce qui a été ouvert dans les autres livres, et donc de proposer ce qu'il faut pour que le roman puisse ensuite continuer tout seul. Et c'est exactement ce qui s'est passé.

Si le roman nous propose une histoire, il fait aussi parfaitement office de conclusion à l'ensemble de la saga, recollant les différents morceaux et joignant tout ce qui a été proposé dans un prolongement direct. Mais en sus, le roman nous ouvre clairement une voie royale vers d'autres possibilités, même si ce roman amorce une fin définitive de l'univers des robots. Ce ne seront plus eux le centre des histoires qui suivront et il faut s'y faire. Mais l'histoire contient encore de la réflexion et pousse plus loin le raisonnement, à la fois sur le racisme, sur l'humanité, sur la notion d'un robot devenu dieu protecteur des humains, d'une humanité scindé, du développement dans l'espace ... Les pistes de réflexions abondent et se multiplient au fur et à mesure des pages.
Si je devais néanmoins sortir une critique, je dirais que la fin m'a laissé très largement sur ma faim. Le cycle se clôt sur les robots mais laisse les humains un peu trop en dehors, notamment Gladia, qui s'efface au fur et à mesure de la lecture, ce que je trouve dommage, car elle disposait d'un sacré potentiel. Mais le livre était déjà assez gros en soi, et les robots devaient conclure cette saga.

Un final en beauté, qui arrive à conjuguer la conclusion des six tomes avec une ouverture vers d'autres horizons que seront les cycles de l'empire puis de Fondation. Asimov continue ses problématiques, toujours plus loin, mélangeant science et philosophie, réflexion et représentation. Un cycle qui incite très fortement a réfléchir à l'être humain, ses potentialités futures mais également tout ce qui fait qu'il est lui-même. Un cycle majestueux et grandiose, qui m'a captivé d'un bout à l'autre tout en me faisant m'interroger sur différentes problématiques, et qui me reste bien en tête au final, faisant de lui un cycle majeur de mes lectures. Voila ce que j'appelle de la grande littérature, et je voudrais en lire encore et encore. A quand la suite ?

(Chronique n°197)

mercredi 18 juin 2014

Les robots de l'aube (Isaac Asimov)

Les robots, volume 5


Cinquième et avant-dernier tome de la saga des Robots, nous arrivons vers le dénouement, bien que ce soient principalement des histoires dissociées les unes des autres, avec simplement des fils conducteurs. Cette fois-ci, embarquons pour Aurora, le fameux monde qui nous est décrit depuis deux tomes et qui contient encore toute sa part de mystères. Et encore une fois, nous voici plongé au cœur d'une enquête qui poussera la question de l'humanité, des robots, du mélange des deux et des futurs de l'humanité plus loin. Autant dire que Asimov a encore beaucoup à dire sur ces points.


Résumé en trois mots : Robots, Conflits et Enquête

Cette fois-ci, les conditions de l'enquête changent encore, le décor n'est plus le même et il s'agit de comprendre le meurtre d'un ... robot ! L'enquêteur terrien Elijah Baley est à nouveau envoyé sur une planète qu'il ne connait pas, mais cette fois-ci affronte plus qu'un simple coupable et une planète hostile aux Terriens. Cette fois-ci, il est plongé directement au cœur de conflits d'intérêts dont les enjeux englobent le futur de la planète Terre et de ses habitants, qui pourraient bien mal finir.

Et encore une fois, l'alchimie opère. Pour un volume encore plus gros que les précédents, Asimov nous entraine dans une direction qui ne se devine pas tout de suite, les coupables étant potentiellement peu nombreux mais cela n'enlevant rien à la difficulté, sans parler du mobile. Et que dire du dénouement, qui m'a littéralement cloué sur place ! Je n'aurais pas pu le deviner, une fois encore, et c'est tant mieux.

Le reste du livre est aussi bon que d'habitude, avec toutes les habituelles réflexions mais également les développements de ce qui a déjà été proposé dans les autres livres (notamment sur le comportement des Spaciens et les façons de voir des autres mondes). Les robots s'effacent presque devant une humanité en proie au doutes et aux inquiétudes diverses. Le futur qui nous est présenté est presque inquiétant par certains côté, et c'est parfois dérangeant. Mais c'est surtout toute cette fameuse réflexion sur l'humanité qui me fait m'interroger. Notamment dans cette réflexion qui intervient, où les robots prennent une part quasi-divine, régissant l'humain pour son bien, sans jamais vraiment le montrer. C'est très intéressant et il y a matière à faire bien des digressions philosophiques.

Un cinquième tome qui pousse encore la réflexion plus loin tout en nous pondant une enquête pas dénudée d'intérêt et qui m'a complètement surpris. Un tome de plus qui confirme le statut de cette saga, à la fois intéressante dans la science-fiction, mais aussi dans la réflexion et dans la saga en elle-même, avec ses continuités et ses différents liens qui se nouent, et semblent se conclurent dans le tome 6, que je ne manquerais pas d'attaquer dans très peu de temps. Un tome de plus à lire, donc, et Asimov confirme encore une fois son talent. Mais avait-il vraiment besoin de le faire ?

(Chronique n°196)

lundi 16 juin 2014

Face aux feux du soleil (Isaac Asimov)

Les robots, volume 4


Quatrième partie de cette grande fresque des Robots, voici Face aux feux du soleil, nouveau volume d'enquête avec le couple d'enquêteur de Elijah et Daneel, le robot Aurorien et l'enquêteur terrien. Les deux personnages déjà présent dans le volume précédent. Et, bien évidemment, nous les retrouvons cette fois-ci encore dans le cadre d'une enquête impliquant des robots, les lois et tout ce détail. Mais cette fois-ci, nous changeons de cadre de façon radicale ! Eh oui, Asimov ne reste pas que sur Terre. La preuve en histoire.


Résumé en trois mots : Robots, Meurtre et Sociologie

Dans cette histoire, Asimov fait voyager ses personnages ailleurs, dans un autre monde, appelé Solaria, et l'enquête se déroule en condition hors Terre.
Pour cette deuxième enquête de la pair de détective, beaucoup de changements sont en ligne de mire. D'abord, le personnage de Daneel est pour ainsi dire insignifiant, ne faisant que de brèves apparitions au début et à la fin, bien que sa présence soit essentielles. Ce que je regrette, c'est qu'il n'y a pas de continuité avec l'opus précédent, notamment au niveau des interactions entre les deux, et finalement ç’aurait tout aussi bien pu être un autre robot.
Le second point, c'est l'enquête très différente, en un sens moins intéressante et moins surprenante, qui nous conduit dans un canevas classique (comme la première d'ailleurs) mais qui n'est pas l'essentiel, bien que ce soit le fil conducteur du livre.
Par contre, je dois dire que l'ambiance totalement différente et en mieux. Là, je tire mon chapeau à Asimov qui nous pond cette fois-ci une réflexion sociologique sur les développements extra-terriens de l'humanité, avec son lot de bons et mauvais côtés. Mais surtout avec tout son lot d'idée sur ce que l'humanité pourrait devenir en suivant une voie plutôt qu'une autre. Et là, l'effet est totalement réussi. La façon de faire, d'être, des Solarians est tellement glaçante qu'on ne peut que s'insurger contre ce mode de vie. Asimov réussi parfaitement à nous distiller son point de vue, et les conclusions qui en ressortent au final sont plus qu'intéressante. Notamment parce qu'elles font réfléchir au futur de l'humanité.

Ce tome-ci est très différent des premiers, s'orientant vers la sociologie et le devenir de l'humanité, plutôt que sur son rapport au robots, qui est ici développé plus faiblement, avec peu de nouveautés. C'est une enquête qui explore clairement l'humain et tout ce qui en ressort (avec des côtés semblables à Le meilleur des mondes d'ailleurs), tout en nous fournissant aussi d'intéressantes pistes de réflexion sur la façon dont l'humanité se scinderait avec l'expansion spatiale. Asimov qui revient au top de sa forme dans ce roman qui nous invite à sacrément réfléchir sur l'homme et ses futurs. La série continue vraiment d'une belle façon.

(Chronique n°195)

mardi 10 juin 2014

Les robots (Isaac Asimov)

Les robots, volume 1


Premier tome de la série de Asimov consacrée aux robots, je me suis laissé entrainer alors que les autres livres en cours m'intéressaient peu (une semaine que je les traine, je crois qu'il faut faire quelque chose). En fait de livre, c'est surtout, encore, un recueil de nouvelles avec des protagonistes identiques et tournant autour de l'histoire de ces robots. Premier tome d'une série donc, et je me suis permis de les lire tous pour pouvoir chroniquer la série dans l'ordre. Allons-y pour six chroniques d'affilées !


Résumé en trois mots : Robots, Espace et Conscience

Encore une fois, les nouvelles vont explorer toutes les possibilités des robots dans un monde futuriste mais pas forcément plus ouvert, qui connait notamment des difficultés à aborder le robot humain, qui est finalement réservé à l'espace et aux territoires extra-terrestre. Nous retrouvons aussi toutes les questions métaphysiques des robots, les prises de conscience et ce que l'on pourrait appeler "l'âme robotique". Sans parler des trois lois et de toutes ces possibilités de contournement. Et bien sur, de la différence qui s'amenuise entre humains et robots.
Le propos d'Asimov est toujours bien documenté et très scientifique, quoique certaines choses ont bien du changer avec le temps passé depuis l'écriture, mais c'est tout le reste l'intéressant. L'émotion qui peut passer dans la première nouvelle, l'humour qu'il distille régulièrement (notamment lorsqu'un robot développe son point de vue sur Dieu) ou encore la façon dont il installe une enquête pour pouvoir ensuite nous livrer une solution parfois simplement humoristique, parfois plus réfléchie. Des questions soulevés révèlent un intérêt énorme notamment sur la dépendance que peuvent entrainer les robots et les machines, mais aussi sur l'interprétation des trois lois ou simplement la façon de les appréhender.

Un recueil de nouvelles sur les robots efficace donc, qui ne dénature pas dans tout ce qu'a fait Asimov, sans que je puisse aller à considérer que ce soit le meilleur de lui. Il contient des excellentes nouvelles, et la façon de les mettre en scène avec le même protagoniste narrateur m'a intéressé. Même si le personnage de Susan Calvin est quelque peu déroutant, une humaine plus robot que ceux qu'elle étudie. Et les huit nouvelles s'enchainent sans temps mort. Une lecture très intéressante et qui m'a encore une fois invité à réfléchir, ou fourni des pistes de réflexions que je pourrais exploiter en d'autres occasions. Un bon livre introductif aussi à la saga des robots, à laquelle je vais maintenant m'atteler.

(Chronique n°192)

lundi 19 mai 2014

L'étoile et le fouet (Frank Herbert)

Mon dieu. C'est le premier Frank Herbert que je lis, mais là j'avoue que je suis impressionné. Presque trop d'ailleurs. Si le cycle de Dune est aussi difficile à aborder, je pense que je ne pourrais pas le lire jusqu'au bout. Vraiment, c'est un truc que je n'avais jamais vu. En un sens, ça me rappelle ce qu'avait fait Dick dans ses livres. Je vais vous expliquer tout cela, mais en tout cas ça dépote, c'est certain. Vraiment, impressionnant.


Résumé en trois mots : Communication, Énergie et Sentiments

Je dois bien avouer que j'ai été impressionné par bien des aspects de ce livre, par ailleurs assez court. En fait, je ressent derrière l'écriture un univers très riche qu'on ne fait que effleurer. C'est d'ailleurs plus ou moins un des problème du livre. En effet, rien n'est clairement expliqué dans le livre. L'univers présenté est complexe, ne serait-ce qu'entre les différentes espèces Xenos présentées, et c'est difficile de comprendre les interactions, les possibilités et les structures sociales, sans parler du rôle de chaque race. C'est progressivement dévoilé dans le livre, mais entre ça et les différents noms compliqués, il faut bien s'accrocher pour arriver jusqu'au bout.

Le tout est agrémenté d'une histoire assez remarquable, qui prend pour base un monde dans lequel une sorte de téléportation à été trouvée. Ce système repose sur des créatures, les Calibans, qui peuvent manipuler les tunnels éponymes. Cette façon de faire n'a jamais été comprise, et un co-sentien (si j'ai bien compris, les races extraterrestres sont classés selon qu'elle peuvent ou non ressentir des émotions mais je n'en suis absolument pas sur) exceptionnellement doué va se retrouver dans une discussion avec la dernière Calibane en vie, les autres ayant disparus dans des accidents spectaculaires et violents.

Ce qui est donc difficile à appréhender pour cause d'une trame de fond riche et peu expliquée, s'étoffe encore dans les dialogues. En effet, les discussions vont être particulièrement difficile, puisque les espèces se comprennent très mal entre elles, du à leurs différences de perceptions, voir même à la difficulté d'appréhender un langage. Cette difficulté supplémentaire fait que nous abordons un livre très complexe à lire, difficile d'abord et demandant réflexion.

Mais c'est aussi un livre génial. En effet, Frank Herbert aborde plusieurs sujets dedans, outre la divinité, le pouvoir, la communication surtout, il nous plonge dans différentes réflexions qui peuvent se retrouver à notre simple échelle. Finalement, n'avons nous pas nous aussi ces difficultés de communications entre différents être vivants ? Ici, l'échelle est beaucoup plus vaste, et nous abordons le cœur même du sens des mots. Essayez d'expliquer à une espèce consciente mais ne vivant pas sur le même plan d'existence que nous le sens du mot "manger" lorsqu'elle n'a pas de substance physique. Bref, Frank Herbert balaye en un court passage beaucoup de thématique. Mais il prend aussi en compte le principe de sentiments et semble indiquer qu'il s'agit là de l'unique chose rattachant les co-sentient entre eux. Seul l'expression et le ressentiment de sentiment nous permet de communiquer et de nous comprendre. C'est à la fois beau et très intelligent comme écriture.

Si je devais vous conseiller quelque chose pour ce livre, c'est simplement de vous accrocher et de ne pas vous laisser abattre dès les premières pages. Le livre est vraiment difficile d'accès, il faut rester concentré dessus et ne pas lâcher, mais il révèle un univers dense et une réflexion profonde. Le peu de pages ne se lit pas vite, mais il est sacrément dense, jusqu'au bout d'ailleurs. Je ne peux que vous inviter à le lire, mais soyez préparé. Il vaut mieux commencer par autre chose si vous souhaitez lire de la science-fiction. En tout cas, Frank Herbert commence à m'intéresser maintenant. Je vais commencer, je crois, son cycle de Dune sans trop attendre à présent.

(Chronique n°184)

jeudi 1 mai 2014

Le pistolero (Stephen King)

J'avoue déroger un poil à ma règle en postant cet article, puisqu'il s'agit du premier volume d'une série et que je n'ai pas tout lu pour pouvoir vous en faire le commentaire complet. Enfin, je n'ai pas tout relu, puisque j'ai déjà lu l'ensemble de la saga il y a plusieurs années de cela. La raison de cette chronique, c'est à la fois de vous parler de ce livre, mais aussi de vous introduire à cet univers et vous donner envie de lire la saga, que je m'achèterai quand j'aurais gagné au loto ! (je ne vois plus que ça pour espérer compléter ma bibliothèque). Bref, voici mes impressions sur Le pistolero, quelques années après une première lecture de ce volume initiateur d'une des sagas les plus mémorables de l'auteur américain tellement connu (et que j'aime vraiment beaucoup).


Résumé en trois mots : Western, Cow-boy et Quête

Là, vous avez l'ambiance, le personnage et l'histoire (wouh, ça c'est du résumé !). En effet, ce premier livre est assez court, et se résume facilement, bien qu'il contienne en germe, sans qu'on puisse le deviner, une bonne partie de la suite du cycle de La tour sombre. C'est en effet une introduction à tout le récit, celle où se met en place une bonne partie de ce qui sera plus tard le développement, aussi bien niveau personnages que intrigue et complexité du monde.
L'histoire commence, en somme, celle de Roland et de l'homme en noir, le premier traquant le second, ou le second se laissant poursuivre par le premier. Et ensemble, ils traversent un monde désolé, en perdition, qui s'étiole et se déforme dans tout les sens, et le pistolero reste l'unique centre serein. Même s'il tire vite et bien.

Ce qui est passionnant dans ce livre, c'est l'envoutement progressif qui nait, entre le héros charismatique et un peu sombre (un vrai Clint Eastwood), l'intrigue qui se dessine petit à petit, les relations entre personnages, le passé du héros qui s'esquisse brièvement et qui recèle en lui beaucoup de choses. Bref, tout est déjà installé pour une saga époustouflante (qui l'est, d'ailleurs). Ce premier livre se dévore et nous installe tout pour qu'on ne puisse plus lâcher. Encore une fois Stephen King démontre de son talent à happer le lecteur.

Ce tome, introductif à l'univers de La tour sombre, qui installe toute les pièces qui seront ensuite développés, est un must en la matière d'ouverture. Prenant, intéressant, attisant la curiosité, il nous plonge dans l'entre-deux monde, dans cet espace déformé qui n'est ni de la fantasy, ni du fantastique, ni de la SF. Un univers unique pour l'installation d'une histoire tout aussi unique, qui installe son ambiance et son style. Un premier tome qui donne envie de se ruer sur les suivants, alors profitez-en, vous qui pouvez lire la suite tout de suite.

(Chronique n°175)

mardi 29 avril 2014

La sève et le givre (Léa Silhol)

Une lecture que j'ai faite car elle était vanté comme immanquable en fantasy, même s'il est particulièrement frustrant de savoir que la suite, en deux tomes, n'est plus édité et est considéré comme introuvable. Les joies des éditeurs brouillés avec les auteurs, mais passons. Je me suis penché sur ce livre que je ne connaissais absolument pas et dont l'histoire ne me disait rien du tout non plus. En une bonne journée, la lecture fut finie. Et pourtant, je dois bien avouer, ce ne fut pas une lecture facile.


Résumé en trois mots : Prophétie, Amour et Autre monde

C'est la première fois depuis un long moment que j'ai eu autant de mal à lire un livre. En fait, je ne me rappelle plus la dernière fois que ça m'était arrivé (sans doute un livre que je n'ai pas fini). Et bon dieu, que c'est pénible, un livre au style aussi lourd ... Comprenons-nous bien, je ne rejette pas le style, ni le qualifie de mauvais. C'est juste qu'il est lourd. Horriblement lourd. C'est de la chanson de geste du Moyen-Âge transcrite en compréhensible. Mais avec le style, la poésie et les tournures de phrases. Et malheureusement, ça ne m'intéresse pas outre mesure.
Ce qui est bien, c'est que l'ensemble du récit fait typiquement récit médiévale, que ce soit au niveau de l'ambiance, du style, des personnages ou même de la tournure du récit. Mais clairement, ce n'est que pour cette beauté que l'on peut le lire. Autrement, je trouve que le roman pâtit de son style, qui le plombe inutilement et fatigue au bout d'un moment. Ce qui est dommage, car c'est réellement très bien écrit, avec une superbe poésie et une beauté des termes. Mais au bout d'un moment l'ensemble est trop pesant, et me lecture s'en est ressenti. Outre le fait que j'allais très lentement, je n'arrivais plus à m'immerger dans l'histoire.

Le reste est, comme dit, d'excellente facture. L'atmosphère est celle de la fantasy de style médiévale, avec ses codes et ses personnages, la façon dont l'histoire se déroule, comme suivant une trame inéluctable, tout en mêlant paysage réel et irréel, l'autre monde d'un peuple différent (pas vraiment le petit peuple, mais presque pareil), mêlant magie et normalité. Tout y est, et l'ensemble est parfaitement cohérent.

En définitive, je n'ai pas tellement apprécié que ça ma lecture, car si le cadre et l'histoire sont sympathiques, quoique ne sortant pas tant que ça des sentiers battus, je n'ai pas du tout aimé le style qui est vraiment trop lourd pour moi. Une histoire se doit, selon moi -et je partage cet avis, mais vous avez le droit de ne pas être d'accord- d'être clairement lisible. Hors, ici ce n'est pas le cas, et je le déplore vraiment. C'est une bonne idée d'avoir cette façon d'écrire très spéciale, mais je n'ai pas adhéré pour ma part, et ma lecture s'en est clairement ressenti. Dommage.

(Chronique n°174)

vendredi 25 avril 2014

Le père porcher (Terry Pratchett)

Premier livre de la fantastique saga Les annales du Disque-monde que je lis, sur les conseils insistants d'un ami qui me l'a humblement soumis à me lecture, laquelle fut, il faut l'avouer, d'une rapidité assez grande. Et j'ai été très agréablement surpris du ton qui reste à la fois humoristique et en même temps sérieux, dans la grande lignée des bons romans d'humour et de fantasy (je ne sais pas si il y a une lignée, mais la formulation me plait).


Résumé en trois mots : Croyance, Noël et Humour

J'aime, j'affectionne, j'adore, je suis conquis dès qu'un livre sait allier l'humour de bonne facture à des questions plus sérieuses et qui interviennent régulièrement dans le livre. Ici, le propos a été clairement orienté autour de la croyance, bien que tout le livre soit avant tout humoristique, avec la patte de l'auteur que j'ai reconnu (cf De bons présages) et autant apprécié, sinon plus.
Il est vrai, l'humour de Pratchett est un peu spécial mais délicieux, mélange d'absurde, de réflexions tombant à pic et de pince-sans-rire. C'est agréable d'un bout à l'autre que de pouvoir en rire, sans que cela ne faiblisse ou ne disparaisse. Et les situation drôles s'enchainent sans interruption, jusqu'à des apothéoses extraordinaire (notamment la scène du magasin). J'ai souvent souris, et aussi ri tout simplement. C'est agréable, d'autant que les passages drôles ne sont pas visibles de loin.

Après, se greffe par dessus une histoire, et j'avoue qu'elle est tout simplement géniale. L'idée de traiter la fête de Noël en en changeant quelques petits détails (des sangliers plutôt que des rennes, moi je trouve ça plutôt cool !) pour en exploiter toute l'idée de la croyance, c'est juste parfait. Le thème est superbement bien traité, sous plusieurs aspects, et j'aime beaucoup la façon dont la Mort envisage les choses. C'en est presque humoristique, là aussi. Mais je trouve que la réflexion de fond est bien mené, bien amené, et bien conduite également. Et je ne parle pas des incursions d'éléments en opposition complète avec la fantasy mais intercalés si subtilement qu'il n'en parait rien (comme les ordinateurs ..).

Pour une première lecture des Annales du Disque-Monde, j'ai eu mon contentement, et je serais ravi de pouvoir y retourner (lorsque j'aurais fini ma PAL ....). Le sujet est génial, l'humour bien présent et bien trouvé, la réflexion amenée ne m'a pas déplu, il n'y a rien que je déplore. Le style est très bon aussi, on sent la maitrise de l'auteur, et ce fut une lecture rapide et agréable d'un bout à l'autre. Je ne peux que vous conseiller vivement cet ouvrage, que je classe dans ma tête comme livre à acheter pour ma bibliothèque idéale. En attendant la suite, je pense que je vais rester un peu dans la fantasy. Ça ne me déplait pas ... 

(Chronique n°172)