Affichage des articles dont le libellé est magicien. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est magicien. Afficher tous les articles

lundi 12 novembre 2018

(Faust) Eric (Terry Pratchett)

Neuvième -et sans doute plus petit- livre des annales du disque-monde ! Ce fut sans conteste la lecture la plus rapide que j'eus des annales, et je l'ai enchainé avec celle de Pyramides (oui, je lis dans le désordre) avant de poursuivre avec les différentes aventures du Guet de la ville d'Ankh-Morpork. Et j'ai enfin lu le roman faisant la clé de passage entre Sourcellerie et Les tribulations d'un mage en Aurient, tout en découvrant une nouvelle version du mythe de Faust, avouez que ce n'est pas rien !


Résumé en trois mots : Démons, Voyage et Magie

Je pense que je ne vais pas me cacher, pour l'instant, le cycle des livres de Rincevent dans les annales est de loin celui que j'aime le moins. Les tomes sont globalement moyens dans la série, et je n'ai pas encore trouvé cette perle rare qui me fera apprécier ce cycle autant que j'aime celui des sorcières ou du Guet. C'est notamment du au fait que Rincevent, tout amusant qu'il soit, n'est pas comparable aux personnages de La Mort, de Mémé Ciredutemps ou de Samuel Videmaire.

Et ce tome ne fait pas exception pour l'instant. Entre autres choses, je trouvais que le tome est très court par rapport aux autres, ce qui ne permet pas de développer une histoire véritablement conséquente, et qu'il ne prenait pas le temps de vraiment développer chaque point. L'idée de base est très amusante, mais je ne trouvais pas que ce soit vraiment viable niveau humour. Certes, on trouve toujours les petites phrases d'humour que Terry Pratchett sait dissimuler partout, la caricature de l'enfer de Dante et de diverses autres choses (notamment la guerre de Troie ou les Aztèques), mais le tout sans grand originalité. C'est comme de lire quelque chose de moins poussé par rapport aux autres  tomes, moins de cette pique fabuleuse que Pratchett savait insuffler dans les différents livres. J'ai bien aimé la façon dont est dénoncé l'administration et l'horreur de ces bureaux, ces déclarations en plusieurs exemplaires, mais le manque de développement est plutôt contre-productif.

Le principal problème du livre, c'est qu'il n'a rien de notable. J'ai souri, peut-être rigolé, mais je n'ai rien tiré de ma lecture, restant au final sur ma faim. Je l'ai lu, mais je n'en conserve que peu de souvenirs et il est rentré dans mes étagères sans que je ne sois sur d'y revenir un jour. C'est un peu le tome qui m'aurait laissé tomber la série de Rincevent, si je n'avais pas déjà lu le tome suivant (Les tribulations d'un mage en Aurient), qui relève bien le niveau.

Je suis sans doute très critique, trop sévère et peu objectif sur ce tome, mais j'avoue que ça m'embête de l'avoir lu dans le cadre des Annales du Disque-Monde, parce que cette saga m'avait tellement plus que je suis déçu quand je lis des tomes de moins bonne qualité comme celui-ci. C'est un peu fade, sans grande conséquence, facilement oubliable. Comme un creux dans l'inspiration de Terry Pratchett, et je suis sorti de ma lecture en n'y pensant déjà plus. Un livre qu'on peut sauter très facilement, donc, et qui ne restera pas dans les annales des annales. Passez rapidement aux autres tomes, bien plus intéressant à mon sens !

jeudi 23 avril 2015

Ténèbres sur Sethanon (Patrick E. Feist)

Troisième et dernier livre de la saga, j'ai du me motiver pour le lire, mais je me suis poussé en me disant qu'au moins après je pourrais enfin lire le tome Les fils de Krondor et ainsi ranger ce livre qui fait tâche dans l'ensemble des livres des rééditions Bragelonne que j'ai dans l'étagère. Cette motivation ne m'a au début pas suffi, lorsque j'ai décroché en un rien de temps du premier chapitre et que je n'avais pas envie de continuer. Ce qui est généralement de mauvais augure. Mais ensuite, je me suis pris en main, afin de le rendre à l'ami qui me l'avait prêté, et voila le résultat.


Résumé en trois mots : Magie, Autres mondes et Guerre

Bon, enfin fini ce livre et cette trilogie par là-même. Et c'est pas trop tôt, c'est tout ce que j'ai à dire.
Je me suis ennuyé sur ce livre, mais ennuyé comme jamais. C'était d'un chiant comme je n'avais pas lu depuis un long moment. Et c'est vraiment parce que je ne voulais pas rendre un livre que je n'avais pas lu que je me suis forcé à le finir. Mais en soupirant tout le temps, et au final en m'énervant contre l'auteur. C'est vraiment mal parti pour la critique.

Honnêtement, rien n'est bon ici. Ce qui m'avait plu dans le premier livre, à savoir la fameuse plume entrainante et la façon de traiter le sujet, à complètement disparu. Ici, bienvenu dans un monde manichéen ou le méchant est l'obscurité, le néant, l'absolu mal ! Et c'est parti pour le défilé des clichés : histoires d'amour bazardés en deux secondes (l'un en connait même deux, toutes autant ridicules), personnages héroïque au-delà du concept, morts héroïques bien évidemment, survie de personnages qui se prennent dix milles blessures (mais jamais mortelles ou grave ! Vive la chance !), batailles épiques et sans intérêt, duel de magie et de bretteurs (mais il manque à ce point d'imagination ?).
Bon, je suis super critique et super sévère, mais là j'en ai vraiment eu trop. La coupe était pleine, bien remplie par le tome précédent, et là c'est du n'importe quoi. J'ai décroché dès le début et le roman ne m'a pas permis une seule fois de replonger dedans. Rien n'en est sorti, je l'ai fini et je suis soulagé. Soulagé de pouvoir passer à autre chose et de ne plus me trimballer ce livre dans mon sac en permanence.
La série aurait du se finir au premier tome, et j'en aurais été très satisfait. C'était déjà bien assez, et là la surenchère de fantasy classique, de clichés et de bons sentiments m'a insupporté. Non, il n'y a vraiment rien à retenir.

Un tome de trop, largement trop. Rien d'intéressant, surfait et cliché, ce tome n'est rien qu'une suite de situations déjà vu et inintéressante pour finir dans une apothéose inintéressante et qui se conclue en deux coups de cuillère à pot. Et puis, c'est lassant. Pas d'entrain, pas de dynamique, tout est trop artificiel pour qu'on le suive jusqu'au bout. Alors je dirais simplement : si vous lisez cette série, arrêtez-vous au premier tome et vous serez bien content. C'est largement assez bien comme ça.

(Chronique n°263)

mardi 21 avril 2015

Silverthorn (Raymond E. Feist)

Deuxième tome, et la saga continue bien que l'histoire ne suive pas exactement celle du premier volume. C'est la suite, mais c'est une histoire indépendante, ce qui m'a conduit à en séparer les chroniques. En effet, le premier tome suit un arc narratif complet dont ce deuxième tome n'est qu'une suite, avec une séparation bien nette entre les deux. D'ailleurs cela se ressent dans le style d'écriture et dans l'histoire en elle-même. Car plusieurs différences notables apparaissent à la suite de ce premier tome.


Résumé en trois mots : Antidote, Ténèbres et Conspiration

Nous retrouvons dans ce tome le duc Arutha, qui se marrie, et tout le reste de la famille, Martin l'archer et Laurie, le ménestrel, dans une quête pour sauver une vie. Sans trop en dire, c'est une intrigue plutôt classique qui nous est proposé, avec la quête d'un objet permettant de sauver une personne. En soi, l'histoire n'a rien d'exceptionnelle.

Et c'est un peu ce que je reprocherais à ce tome. C'est que c'est trop classique pour moi. Des méchants parfaitement méchants cette fois-ci, des ténèbres et des ennemies assassins, un prince qui se ballade seul pour chercher un antidote en plein territoire ennemie (c'est bien connu qu'un prince ne risque rien ...), des raccourcis très -trop- simples notamment autour des clichés fantasy (les prêtres qui combattent avec la foi de leur dieux et tapent mieux que des combattants) ... J'ai aussi senti que l'auteur a voulu développer un peu plus l'humour et faire réapparaitre des personnages du premier tome. Alors oui, c'est plutôt sympathique, mais je trouve qu'on y perd beaucoup en ne développant pas un peu mieux. Le tout reste de facture très classique et ne fait que véritablement introduire le troisième tome. C'est pas ennuyeux, mais il n'y a rien de vraiment neuf sous le soleil, et c'est un peu dommage. Les bonnes idées du premier tome sont envolés et ne reste que ce que j'ai déjà lu plusieurs fois. Il manque l'épice, le sel qui rehausse tout le gout.

Un deuxième tome qui est décevant donc, non pas qu'il soit mauvais, mais qui n'apporte rien de vraiment bon. C'est quelque chose que j'ai eu la sensation d'avoir déjà lu quelque part, rien n'est vraiment extraordinaire. Il manque vraiment un truc pour que je me mette à aimer, et j'espère que le troisième tome saura relever le défi. Car là, pour l'instant, ça ne me motive pas plus que ça à lire.

(Chronique n°262)

samedi 18 avril 2015

Magicien (Raymond E. Feist)

Premier tome de la trilogie intitulée La guerre de la faille, prêté par un ami (puisque j'ai les deux tomes qui suivent la série mais que je n'avais pas la série de base) pour me permettre de lire tranquillement, enterré sous mes tonnes de livres habituels. Je l'ai attaqué, mais je dois bien avouer que j'ai mis du temps à vraiment rentrer dans l'histoire et m'intéresser à tout ce qui fait la force de ce premier tome, très épais et bien plus gros que les autres volumes de la saga.


Résumé en trois mots : Guerre, Magie et Autres mondes

L'histoire est franchement sympathique, bien que j'ai eu du mal à m'y laisser prendre, mais une fois parti, c'était bon jusqu'au bout sans aucun problème. En fait, je crois que le début assez convenu m'a peu intéressé et m'a laissé présager des mauvaises choses pour la suite.

Et pourtant .... C'est passé sans problème ! Ce qu'il y a, c'est que le roman évolue beaucoup entre le début et la fin, proposant une mise en bouche très classique qui évolue ensuite vers quelque chose de bien plus construit, intéressant, et réfléchie. Bien que le tout sonne au final comme une histoire avec quelques facilités et des dénouements parfois un peu convenus ou gros (je pense notamment à Tomas, qui aurait mérité un peu plus de traitement à mon gout), mais qui a le mérite de nous poser des choses sympathiques et intéressantes jusqu'au bout. Après, il faut dire qu'on y retrouve la majorité des "clichés" de la fantasy. Mais ce n'est pas dérangeant quand c'est bien utilisé et bien fait. C'est le cas ici.

Ce qui aide, c'est finalement l'aisance de la lecture, la facilité qu'on a à rentrer dans l'histoire et à nous intéresser aux personnages, ce qui est plutôt bon. D'autre part, les personnages connaissent une belle évolution entre le début et la fin, puisque la guerre va les trouver enfants et les laisser adulte, ce qui permet de développer sur plusieurs années, ce que l'auteur à mis à profit, pour notre plus grand bonheur, alors même que le début sonnait un peu trop comme une chronique pour adolescent. D'autre part il y a des originalités qui sont les bienvenues, même si rien n'est spécialement neuf sous le soleil. On reste dans des cadres classiques, mais tout suis. C'est presque dommage que les intrigues de cour et les petites digressions sur le pouvoir n'aient pas été plus développés, mais ce n'est pas vraiment le but de l'auteur. L'auteur ne déborde pas vraiment du cadre et apporte seulement quelques petites touches de nouveautés qui conviennent pour qu'on apprécie le roman sans soucis.

Un livre qui n'est pas dans mon best-of de la fantasy, mais qui est sympathique et apporte des bonnes idées d'un bout à l'autre, lesquelles sont exploitées dans une bonne mesure, les personnages devenant au fur et à mesure plus intéressant, et le tout étant au final bien sympathique et prenant. J'ai pris plaisir à lire les aventures de ce jeune Pug, qui ont été un peu en dehors de ce à quoi je m'attendais. Simple et efficace, un bon roman de fantasy en somme !

(Chronique n°261)

vendredi 20 février 2015

Sourcellerie (Terry Pratchett)

Cinquième tome des Annales du Disque-monde, je progresse maintenant un peu plus dans l'ordre et j'ai bon espoir d'atteindre le tome 20 en lisant progressivement dans l'ordre, et ainsi pouvoir finir un jour la saga. Enfin, vu le prix, c'est pas pour demain la veille. 35 tomes quoi ! Bigre, diantre, fichtre et foutre. Mais bon, faut avouer que c'est si bon ... D'ailleurs, parlons de ce qui nous amène ici, parlons de ce tome, celui qui continue les aventures de Rincevent, mage minable de l'université de l'invisible, et qui possède comme unique preuve de sa magie son chapeau brodé du mot "MAJE". Evidemment, quand ça commence comme ça, on s'attend à quelque chose ensuite.


Résumé en trois mots : Magie, Apocalypse et Voyage

Rincevent est peut-être un mage minable, mais il n'en reste pas moins doué pour se fourrer dans les situations les plus invraisemblable et qui nécessitent son action immédiate sous peine de fin du monde. Rien que ça, messieurs-dames ! Et ici la raison est simple : un sourceleur arrive ! Un sourceleur, c'est un sorcier au carré. Un huitième fils d'un huitième fils d'un huitième fils. Là où le mage ordinaire n'est qu'un huitième fils d'un huitième fils. C'est un condensé de pouvoir, un bloc de magie brute, quelque chose qui est à même de modifier la trame du monde. Et c'est justement ça le problème.

Si j'ai beaucoup aimé l'idée de départ et le développement humoristique qui s'en suit, Rincevent restant l'éternel looser qui n'arrivera jamais à rien. C'en est presque triste parfois, tant il est minable, mais la veine humoristique vient en grande partie de lui, et le Bagage, fidèle compagnon plutôt dangereux (et également très humain pour un meuble) continue a l'assister dans ses péripéties sur tout les continents.
Mais je crois que quelque chose m'a un peu plus dérangé dans ce tome. Une impression vague et diffuse. Généralement je suis très réceptif à l'humour de Terry Pratchett, mais je crois que le sérieux est un poil trop présent dans la fin de ce tome pour que je l'apprécie à sa pleine mesure. Je suis fan de la façon dont Pratchett intègre tout à coup du sérieux et de la réflexion dans son oeuvre alors qu'on ne s'y attend pas, mais là j'ai eu un petit bof en refermant le livre, et j'ai plutôt envie de me tourner vers un autre tome pour m'amuser à nouveau pleinement. Un petit quelque chose en moins ou en plus, mais j'ai légèrement moins aimé ce tome que les autres. Le côté trop héroïque de certaines passages aussi.

Cela dit, c'est toujours très bon et l'ensemble de l'histoire contient des perles d'humour et des façons d'envisager les choses extraordinaires, alors je ne peux que vous recommander de lire ce tome, qui s'inscrit de toute façon dans la droite ligne des Annales du Disque-Monde, qui me semble être une série qu'il faut véritablement avoir lu un jour.

Je ne pense pas qu'on tienne là le meilleur tome (mais après Les petits Dieux et Le père porcher, je dois avouer que c'est difficile) mais qui continue d'une façon humoristique les aventures du mage le plus malchanceux de l'histoire de la fantasy. Beaucoup d'humour et des bonnes idées, il reste juste un détail qui m'a fait ne pas l'apprécier, et je ne parviens pas vraiment à mettre le doigt dessus. C'est bête, mais bon, on fera avec ! Et ça reste très bon à lire, alors ne vous privez pas.

(Chronique n°234)

samedi 8 novembre 2014

La saga du sorceleur (Anrzej Sapkowski)

Une bien belle et longue saga, sur laquelle j'aurais lu diverses choses pas forcément flatteuses. Mais il faut bien reconnaitre que ce n'est pas une saga habituelle. Déjà par les couvertures (la réédition en poche m'aurait tuée), mais aussi par le contenu, sans parler du manque de réédition en français. Et le jeu vidéo qui en fut tiré et qui est bien plus connu (et mieux noté, curieux fait). Mais je me suis penchée vers elle après avoir lu les premières nouvelles, et je n'avais plus qu'une envie : plonger à nouveau dans cet univers et arriver à voir la suite des aventures de ces personnages hauts en couleur et incroyablement attachants.


Résumé en trois mots : Magie, Prophétie et Guerre

Je dois bien dire, au final de ma lecture, que j'en ressort avec une sensation de déception. Mais si la déception est là, c'est que j'en attendais beaucoup, et le début pronostiquait tellement mieux pour la fin ...

En essayant d'expliquer les choses de façons précises, je dois d'abord relever un détail qui a toute son importance : Sapkowski écrit très bien, le style est incroyablement plaisant, entre la noirceur du monde et les situations rarement roses, mais avec aussi un humour qui se manifeste de temps en temps par de petites touches, et c'est toujours agréable. Et c'est prenant, c'est ça qui fait plaisir. On veut connaitre la suite, bien que cela nous semble parfois un peu artificiel dans le fond.

Car oui, il faut bien l'avouer, il y a des choses un peu trop artificielle dans le fond de certains livres, et je dirais principalement au-delà du troisième tome. Les deux premiers mettent en place l'ensemble et apportent d'excellents éléments, mais la suite n'est pas à la hauteur et plusieurs fois je me suis désolé de l'avancement.
Ce qui est vraiment dommage, c'est que l'auteur a posé une situation vraiment excellente, notamment politiquement, avec tout ces conflits, intrigues, mélant politique, espions, magiciens, pouvoirs et complots. Mais voila, c'est sympathique, sauf quand on résout tout brutalement à la fin avec des moyens assez peu digne de l'ensemble. Le dernier tome donne l'impression de vouloir tout conclure beaucoup trop rapidement. Et c'est vraiment, vraiment dommage.
En parlant de ces problèmes scénaristiques, je dois bien avouer que c'est aussi problématique autour du reste : la saga du sorceleur, peut-être, mais celui-ci est un personnage assez effacé par rapport à Cixi, qui est la figure vraiment centrale. Et d'ailleurs, pourquoi avoir retiré Yennefer des trois quarts de l'histoire ? C'était un excellent personnage, mais qui ne sert pratiquement à rien dans tout les tomes. En fait elle n'est même pas là plus de la moitié du temps.
Autre souci, niveau scénaristique : l'ajout de certains personnages. Je ne suis pas contre l'introduction de nouvelles têtes, toujours intéressantes par ailleurs. Mais là, la plupart du temps c'est en un bloc et les personnages m'ont semblé un peu trop artificiels dans leur façon d'être, même si ça s'améliore beaucoup par la suite.

Par contre, et pour finir sur une note positive, le reste possède beaucoup de bonnes idées. J'ai adoré, à titre d'exemple, la bande des Rats ou la façon dont la guerre impacte sur la vie générale des gens, bien qu'on ne voit presque jamais des batailles (il y en a, si mes souvenirs sont bons, une seule dans les cinq tomes). C'est des luttes entre petites gens lorsque les grands se tapent dessus. Et c'est aussi un monde très sombre et qui contient tout son lot d'horreur et de noirceur (notamment violence gratuite). Un monde mêlant bien fantasy et moyen-âge, noirceur et pique d'humour, sur fond de guerre et d'interrogations. Une belle histoire, mais qui se déroule avec trop d'accroc pour qu'on puisse l'apprécier à sa pleine valeur.

Au final, je suis très mitigé et j'hésite à conseiller la lecture de cette série. Déjà, parce que si vous voulez vous la procurer vous aller payer très cher ou avoir des couvertures dégueulasse. Mais en plus, l'histoire est très inégale, à la fois plaisante sur le monde et décevante sur le fond. C'est une saga qui aurait mérité une histoire plus travaillée, et je n'ai pas retrouvé tout le plaisir que j'avais eu en lisant le premier tome. C'est vraiment dommage, parce que le monde est intéressant et que j'aimais beaucoup de choses dedans. Alors, dois-je la déconseiller pour autant ? Non, évidemment, je ne peux pas. C'est une saga qui à de quoi plaire, et qui présente du potentiel. Si vous êtes intéressé par ce genre de choses, n'hésitez pas à la lire quand elle vous tombe sous la main. Mais dans l'optique d'une superbe saga de fantasy, il faudra repasser.

(Chronique n°208)

jeudi 26 juin 2014

La huitième fille (Terry Pratchett)

Suite au précédent tome, nous voila à présent plus au fait de la façon dont se déroule la vie quand on se trouve au-dessus d'un disque juché sur quatre éléphants debout sur une tortue géante parcourant l'espace. Car oui, messires, le disque-monde n'a pas un tel nom par hasard. Mais si la vie nous semble un peu plus compréhensible, elle n'en est pas moins sujette à des problèmes, comme partout ailleurs. Particulièrement quand il est possible de faire de la magie. Et c'est là qu'intervient ce livre, puisqu'il commence (encore une fois) par des problèmes.


Résumé en trois mots : Magie, Parité et Humour

Cette fois-ci, le sujet ne concerna pas seulement la parodie amusante et déjantée de la fantasy, mais également celle de l'égalité homme-femme. Et pour cela, l'histoire utilise un vecteur très sympathique, à savoir la magie ! Eh oui, sur le disque-monde, soit on nait fille et alors il nous reste seulement à faire sorcière, soit on nait garçon et la voie des mages est ouverte. Mais voila qu'est née une petite fille qui a héritée de pouvoirs de mage. Peux-elle espérer aller étudier dans la prestigieuse université magique et maitriser les arcanes de magies réservées aux hommes ?

Il faut avouer que Terry Pratchett a un don incroyable pour intégrer dans ses histoires des petites réflexions pas dénuées d'intérêts, avec toujours une idée de base sympathique et qui évolue ensuite au fur et à mesure, au gré de l'humour et de la vie du disque-monde. Dans le premier tome, ces petites réflexions étaient plus discrètes et plutôt par touches, mais là c'est vraiment génial. Toute l'opposition qu'on pourrait retrouver chez nous entre un homme et une femme pour des raisons idéologiques ressort d'une autre façon.

Ce qui m'a en outre énormément plu, c'est que si la jeune fille est le centre de l'attention du livre, c'est bel et bien Mémé Ciredutemps qui est l'héroïne de ce livre, vieille femme un peu ignorante et ayant consacrée sa vie à son apparence de sorcière, mais qui est aussi une femme énergique, à poigne, pleine de ressources et au final très sympathique. Encore une fois, les personnages de Pratchett m'ont intéressé, des vraies gueules sympathiques.

Un deuxième tome dans la même veine que le premier, et que je ne peux que vous conseiller de lire dans la foulée, on y retrouve tout les éléments qui ont fait la force du premier livre (ou des deux premiers) dans un autre domaine, et moi ça me plait ! Si vous hésitez encore à vous plonger dans cette volumineuse saga du Disque-monde, n'attendez plus et jetez vous à l'eau. C'est une pure merveille d'humour et d'inventivité qui vous attends, alors n'attendez plus. 

(Chronique n°199)

samedi 12 avril 2014

Fendragon (Barbara Hambly)

Encore un livre de fantasy qui m'est arrivé dans les mains par un pur hasard (en l’occurrence il s'agit de la lecture d'une critique sur l'excellent blog de Nevertwhere) et je me suis laissé tenter. Surtout pour pouvoir prêter ensuite le livre à une amie fan de fantasy (j'aime pas quand je n'ai pas de livres à prêter, avec tout ce que je lis je trouve ça dingue). Du coup, le livre est arrivé. Et je me suis laissé tenter à le lire juste après Un remède à la mélancolie. Et du coup, je me suis couché à 3 h du matin au lieu d'aller tôt au lit comme je l'avais prévu initialement. C'est con, mais ça m'a plu.


Résumé en trois mots : Dragon, Magicienne et Couple

La lecture m'a beaucoup surpris, parce que le style est un curieux mélange entre de l'humour et du sérieux. En fait l'histoire est clairement sérieuse, mais rehaussé régulièrement de piques d'humour venues d'un décalage entre la situation et ce qu'on pourrait en attendre.
Déjà, pour commencer, je dois dire que je suis admiratif au coup d'écriture de l'auteur, qui m'a beaucoup plu, restant toujours assez sérieux, mais devenant humoristique sans l'annoncer avec des gros sabots. De plus, l'auteure nous a choisi pour narrateur une femme, dans la trentaine entamée, magicienne avec peu de pouvoirs. Avons que ce n'est pas le plus courant en fantasy.

En fait, je crois bien que la grande force de ce récit c'est toute l'originalité que l'auteure insuffle dans ce conte déjà bien ancien du chevalier allant tuer un dragon. Ici, ce n'est pas seulement le dragon le problème. Mais c'est aussi un autre style que de la fantasy classique.
Déjà, les héros. Ils ont des enfants, sont mariés et installés, lui châtelain d'un village un peu sale, pas vraiment instruit, pas vraiment guerrier, surtout curieux. Elle, magicienne avec peu de pouvoirs, pas belle et consciente de ses limites. Bref, un couple pas très cliché, et j'ai beaucoup aimé. Pas d'adolescent dans une crise de romantisme, pas d'apprentissage long, d'histoire de vengeance ou de famille. Juste un couple qui aurait aimé avoir la paix et qui ne l'a pas.
Et puis, il y a le dragon, qui est arrivé et qu'il faut tuer. Mais l'amusant, c'est que le héros à déjà tué un dragon, plus de dix ans auparavant. D'ailleurs, pas trop comme on pourrait s'y attendre. Mais je vous laisse découvrir au fur et à mesure de la lecture. C'est vraiment excellent.

Bien sur, j'aurais quelques reproches à faire, et cela concerne des points mineurs du récits. Je soulignerai l'incroyable résistance des héros à la fatigue (enfin, de l'héroïne, pas du héros), cliché souvent revu dans un livre de fantasy (deux jours sans dormir, un trajet de deux kilomètres, un combat d'esprit, et vas-y que je ne dors de nouveau pas de la nuit. Mais bien sur ..). Cela dit, tout le monde le fait et ce n'est pas plus choquant qu'autre chose. Ensuite, il y a le méchant, enfin, la méchante, qui m'a paru un peu cliché. Mais il est vrai qu'en si peu de pages, il aurait été difficile de se concentrer en plus sur la psychologie des ennemis.

Par contre, tout le reste est franchement inventif. Les héros en soi, le déroulement des opérations, la psychologie de l'héroïne, les tours du récits, tout est bien mis pour qu'on ne tombe pas dans le cliché. Et je soulignerais aussi le point que j'adore le plus : la longueur. Ce récit est concentré en 360 pages. Seulement ! Alors qu'on aurait sans problème pu étaler ça sur plusieurs centaines de pages en plus -et plusieurs le font d'ailleurs-, mais ici c'est court, net, précis. En 360 pages, bouclé et bien fini. Une excellente chose, car j'ai souvent l'impression qu'en fantasy les auteurs prennent du plaisir à étirer certaines choses. Ici, on a que l'essentiel, et je suis content de ça.
Dernier détail : l'auteur à mis une carte (je viens de le remarquer à l'instant en cherchant la date d'édition), mais je n'en ai pas eu besoin de tout le livre. Vous ne pouvez pas savoir à quel point c'est agréable de ne pas fouiller toutes les cinq pages.

Bref, pour faire court, lisez ce livre. Mon dernier coup de cœur en fantasy, et pourtant ce n'est pas un genre pour lequel je trouve régulièrement mon compte (contrairement à la SF). Et ça fait plaisir, car j'aime beaucoup ce genre. Ici, nous avons beaucoup d'originalité dans bien des domaines, mais l'auteur sait aussi jouer des cartes classiques pour ne pas trop nous déstabiliser. Et le mélange est juste savoureux. Le livre est assez court au final, se lisant rapidement et très bien, mais c'est une lecture que j'ai apprécié. Question originalité et surprise, c'est un très bon cru. La fantasy vous semble trop souvent classique et codifié ? Lisez celui-ci, ça égaillera vos lectures.

(Chronique n°166)

 

vendredi 24 mai 2013

Lœvenbruck, partie 2 : La Moïra (Henri Lœvenbruck)

Lœvenbruck, partie 1/2

Nous allons encore aborder un roman de Bragelonne, qui fait toujours d'aussi bonne réedition, et un roman qui fut assez populaire à sa sortie. C'est également un livre que vous pouvez trouver en intégrale, pratique pour éviter de patienter entre les tomes, et qui comporte seulement 780 pages (environ). J'aime beaucoup cette réedition, ça fait assez classe dans la bibliothèque (oui, j'aime bien quand c'est classe dans la bibliothèque). Encore une fois, cette collection et réedition à l'avantage indéniable d'être agréable à lire, avec un texte écrit assez gros. Et puis la couverture douce, le papier de bonne qualité .... Sans rire, Bragelonne fait vraiment de l'excellent boulot dans leurs éditions, c'est tout sauf du foutage de gueule. Pour 10 €, on ne peut pas rêver mieux dans le genre.
En fait, si je dis ça, c'est que absolument tout les romans qu'ils rééditent sont un plaisir total à lire. C'est vraiment génial d'avoir une bonne qualité de livre en main, c'est toujours un plaisir à lire, même lorsque le roman n'est pas de bonne qualité ! On le finit, on le garde parce qu'il est superbe dans notre bibliothèque (en plus les réeditions sont monochromes et de couleur varié, ça fait chouette). Du coup j'avoue que je vais sans doute me pencher sur les prochains et prendre les 10 tomes sortis, quitte à avoir des moins bons (enfin ... Moins bons ....).
Bref, j'aborde donc encore un roman Bragelonne, Messieurs, Mesdames et autres sexes, voici pour vous La Moïra de Henri Loevenbruck !


Résumé en trois mots : Loups, Magie et Jeune fille

Donc voici une belle petite trilogie qui fut publié chez Bragelonne entre 2001 et 2002, ce qui en fait une trilogie vraiment récente, mais qui n'est pas pour autant mauvaise. Pour la petite aparté entre nous, je dois dire que j'avais eu le plaisir de lire les deux premiers tomes étant plus jeune, et je n'ai pas trouvé la suite, ce qui fait que je suis resté pendant plus de huit ans (oui, ça datait vraiment) sans savoir comment se finissait la série ! De quoi rendre énervé toute personne normalement constituée (je ne le suis pas, fort heureusement pour mon entourage). Lorsque j'ai eu en main la réedition, j'ai été surpris en lisant de constater que c'était ce livre que j'avais tenu dans mes mains voila bien des années. Et en fait, je me suis fait un peu chier étant donné que j'ai une mémoire juste prodigieuse, et j'avais tout le déroulement en tête ce qui fait que finalement j'ai dû attendre la fin du roman pour être vraiment surpris. Comme quoi, la mémoire c'est formidable. Bon, j'exagère un peu, mais j'ai eu un plaisir à relire le roman et me remettre en tête les situations que je ne me rappelais plus (mais dans les grandes lignes je le savais encore).
Par contre j'ai une autre série pour laquelle je n'ai lu que le tome un et deux et que j'attends toujours pour lire le tome 3. C'est Le vent de feu de William Nicholson (pas Stan Nicholls, pas lui !), et si quelqu'un aurais la gentillesse de me prêter la série, je serais comblé. Surtout parce que je me rappelle extrêmement bien les premiers tomes (mais vraiment !) alors que je l'ai lu une seule et unique fois (merde quoi, alors que pour les cours c'est Tintin !). Plus de huit ans que je retiens ce truc sans savoir la fin ! J'aimerai bien le finir (pour enfin le chroniquer aussi).

Bon, avant que j'étale ma vie dans tout les coins, continuons sur l'auteur. Donc Henri Loevenbruck est un  auteur français (Cocorico ! Comme beaucoup d'auteur de Bragelonne en fait). Il est né en France (à Paris) en 79, connait Renaud apparemment et l'apprécie bien (au point de chanter sur un de ses albums), et a publié son album en 2001 donc, seulement trois ans après son premier roman (1998). Si je dis ça, c'est que justement le récit est donc d'un auteur qui n'a pas encore beaucoup écrit, mais il a ensuite écrit des thrillers. Vu ce qu'il a déjà fait, je pense que ça devrait être plutôt pas mal (dès qu'ils le rééditent, j'y fonce).


Bon, voila le récit : une jeune fille, Aléa (le nom est sympathique et facile à retenir) trouve dans le désert dehors de sa ville un cadavre. Celui-ci est desséché, mais porte une bague. Alors qu'elle tente de lui enlever, le cadavre lui saisit la main. Elle prend peur et s'enfuit. Et un druide arrive en ville, voulant voir Aléa. Enfin, nous avons le grand mage noir qui recommence à agir. Précisons que Aléa est une orpheline mendiante dans sa ville, spécialisé dans l'arnaque et dans les petits larcins.

Le point de départ de tout cela va donner lieu à tout un périple qui va se poursuivre sur un long trajet et dans tout les coins de la carte. Le personnage d'Aléa va progressivement rencontrer des personnes qui vont l'accompagner, d'autres qui vont se mettre en travers de sa route. Et puis tant d'autre. Elle va passer dans plusieurs lieux, elle va s'enticher d'un cornemuseur, un nain, d'une barde, etc ... Et elle rêve également de loup. Et elle ne sait pas trop pourquoi, mais elle se sent progressivement différente.

En fait la trilogie va évoluer selon une seule trame (ou presque) en suivant la fille et de temps à autre une louve qui va avoir sa propre histoire indépendante (ou presque). Le tout suivant un fil rouge qui se développe petit à petit, avec quelques petits rebondissements et des petites nouveautés qui vont progressivement faire avancer l'intrigue et nous faire comprendre le fond de l'histoire. L'intrigue se fait de manière progressive, mais pas trop non plus.
Dit comme ça, le roman parait plus surprenant qu'il en à l'air. En fait il est assez linéaire dans la construction et très peu de véritables surprises interviennent dedans. C'est le gros défaut que je relève dans le récit : on a très peu de surprises dans l'ensemble du livre. C'est pas folichon au niveau de l'intrigue, et j'avoue que le manichéen n'améliore pas le tout. Les personnages sont très caricaturaux et sans grandes surprises, avec des têtes qui ne vont pas surprendre (le vieux sage, la jeune rebelle, le nain grand cœur et humoristique, la barde qui en sait beaucoup, le guerrier invincible ....) et une situation qui est très simple également : magicien méchant, roi pas gentil, druides gentils mais vieillissants, grand maitre, prophétie du changeur de monde .... On à même le droit à un remake des Amérindiens qui se sont fait expulser de leurs terres. Le problème, c'est que c'est simple comme situation, et ce jusqu'au bout. Il faut avouer que l'introduction des loups dans le monde et le fait de les mêler à la vie humaine (Loevenbruck aime les loups) apporte un bon côté, mais pour le reste c'est vraiment du cliché de fantasy vu et revu. C'est dommage, vu que le récit est prenant et qu'il y avait plusieurs bonnes pistes qu'on aurait pu exploiter plus à fond.

De même, il faut dire que le roman se finit de manière un peu rapide et sans donner trop d'éclaircissement sur les devenir du reste de l'île. C'est regrettable, et je trouve qu'on aurait pu ajouter au moins un petit chapitre sur la façon dont le tout se passe ensuite. Mais l'auteur à voulu s'en tenir là, et c'est son choix. Je le respecte.
Cependant, l'auteur n'en est pas resté là : il a continué l'histoire dans une seconde trilogie, intitulée Gallica (oui, c'est une représentation fantasy de la France) et qui va donner des précisions sur ce qu'il s'est passé exactement dans la suite de La Moïra. C'est également édité chez Bragelonne, alors je vais vous laisser découvrir la prochaine chronique sur le même sujet et ce roman, dès demain !

En clair, cette trilogie n'est absolument pas mauvaise, mais elle est très (trop) classique dans sa forme et dans son fond. Les personnages semblent déjà vu, les situations également et le tout n'offre au final aucune surprise supplémentaire par rapport à ce qui à déjà été proposé. Cependant, le tout se laisse lire par le style d'écriture et par une volonté de connaitre le final, même si il n'est pas vraiment des plus surprenant. Il conclue le récit avec un ton égal au reste, sans plus ni moins. Par contre, certaines petites idées au cœur du roman font mouche, et je dois avouer que l'idée des loups est bien vu, même si il n'est pas exploité d'une bonne façon (ce qui est dû sans doute plus au reste qu'aux passages spécifiquement sur les loups). L'auteur a mis du coeur à l'ouvrage, et on le sent. Dommage cependant qu'il n'ai pas plus exploité toute les pistes et que la fin laisse beaucoup en suspense. Pour commencer la fantasy ou pour les adolescents, il est très bon sans aucun doute. Pour les autres ... C'est un peu dépassé !
Et pour la fin en suspense ... il faut, pour mieux comprendre, lire la suite : Gallica. 

(Chronique n°46)

mardi 26 mars 2013

Le cycle de Lyonesse (Jack Vance)



Il y a quelque chose que j'aime bien dans les livres, c'est l'ingéniosité dont on sait faire preuve pour donner des noms à un genre particulier. C'est déjà compliqué dans les simplifications générales, alors quand on aborde les sous-genre, c'est encore pire. Là, cette série est qualifiée de "Light fantasy". Je suppose que c'est fait par opposition à la "Dark fantasy", mais quand même, c'est un truc de dingue comme sous-genre. Surtout qu'en fin de compte le genre ne veux pas dire grand chose.
Sinon je dirais également que cette série que je vais me faire un plaisir de chroniquer, je viens de la finir, c'est donc un avis à chaud que je ferais, mais que je suis particulièrement remonté contre l'auteur. Surtout pour la fin. Je veux dire par là la toute fin, genre les cinq dernières pages du dernier livre de la trilogie quoi. C'est particulièrement énervant quand une saga se finit comme ça. Mais je détaillerais.
En attendant je vous propose d'aller explorer une série qui fleure bon la vieille fantasy à papa, bien loin d'une série tel Ayesha de Ange, ou encore Le trône de fer de G. R. R. Martin. C'est encore la bonne vieille fantasy à la papa, mais c'est toujours aussi bon. Donc voici, messieurs et mesdames, le Cycle de Lyonesse qui vous est présenté !


Résumé en trois mots : Fantasy, Princesses et Magie

Ici, c'est typiquement le genre de fantasy que je qualifierais de "fantasy à papa". Comprenez par là que c'est le genre de fantasy qui est un peu ancien, dans un style vieillot, que le poids des ans se fait sentir (la série à été écrite entre 1983 et 1989, mais trente ans en fantasy c'est long), mais qu'on le lit toujours avec autant de plaisir. Comme dit, elle n'est pas si vieille que ça, mais le style sent résolument le vieux et l'ancien, sans que ce ne soit une tare. Mais c'est amusant quand on le lit.

L'auteur est un américain, Jack Vance, qui est spécialisé dans les romans de fantasy, et je vais prendre un grand plaisir à suivre cet auteur qui semble avoir plusieurs autres productions dans le même acabit et que j'ai vu recommandé par des lecteurs. La liste des lectures prochaine s'allonge de plusieurs pieds .... (à croire que je ne pourrais jamais tout lire .... Je me refuse à cette idée).
L'histoire va se projeter dans les Isles Anciennes, une sorte d'Atlantide médiévale. La façon dont le propos est traité est remarquablement ingénieux, puisqu'il ne fait pas vraiment de la fantasy médiévale, mais qu'en même temps il ne se plante pas farouchement dans un monde totalement imaginaire. C'est un peu entre les deux, dans la réalité historique (arrangée pour l'occasion) mais en même temps en marge de celle que nous connaissons. J'ai trouvé l'astuce particulièrement bien trouvée, et qui permet de largement se lâcher niveau inventivité tout en restant ancrée dans le réel. Elle permet de donner des bonnes bases, même si vous n'aurez une carte des îles que dans le volume 3. Oui, dans le dernier seulement. Merci l'édition !





Chacun des tomes nous fera donc voyager, avec ce qu'il faut comme péripéties sur les routes, sur la mer, dans les palais avec quelques petits soucis (mais pas vraiment d'intrigue comme on peut en trouver dans Ayesha) . Et bien évidemment, nous aurons aussi des batailles, des montagnes à franchir, des créatures féeriques (telles des ogres, des fées, des lutins, des trolls et toute cette agréable compagnie). Le tout assaisonné de magiciens qui se querellent, qui s'affrontent dans des duels camouflés (ils ne peuvent pas se permettre de se faire ouvertement face à face). L'ensemble étant savamment dosé pour ne pas paraitre ennuyeux et nous faisant voyager entre les différentes parties du continent.

Pourquoi dis-je donc que c'est une série de fantasy "à la papa" ? Et bien, de nombreux exemples viennent étayer cela. Comprenez bien que ce n'est pas un genre particulier dans lequel je range ce livre, c'est juste une impression dégagée par l'ensemble. Déjà, c'est manichéen. Le gentil se voit à des kilomètres, le méchant de même, on voit tout de suite qui va s'en sortir et qui ne vas pas y arriver, les fins heureuses seront de mises, on est dans des caricatures un peu. Ensuite, tout se fait dans les hautes sphères ou presque. Ce sont des princes, des princesses, des rois, des héritiers, des nantis ou des magiciens qui composent la trame. En clair, que des personnages qui sont issus de la haute, les autres n'ayant que très peu de voix au chapitre et apparaissant de manière beaucoup plus ponctuelle. Dans l'ensemble ils ne sont que des seconds rôles souvent très effacés dans la trame complète de l'histoire.
Mais ça marche ! Bien que ce soit assez prévisible pour plusieurs cas, que les personnages soit simples et que l'ensemble ne soit pas un summum de réflexion sur les personnages, ça marche ! Et très bien d'ailleurs. On s'attache aux personnages, on les suit avec un intérêt croissant, ils ne faiblissent jamais et ça nous plait. Au final, on peut se dire que c'était prévisible, mais on voulait quand même le suivre.

Ensuite, j'ai trouvé que les idées sont très bonnes, notamment autour des créatures féeriques et de leur rencontres avec les humains. J'aime beaucoup les forts de fées et toutes les règles et coutumes à respecter avec elles. Les autres, trolls et ogres notamment, sont intéressant aussi, et l'ensemble fait penser à ces vieux contes de Grimm ou de Perrault. C'est toujours un plaisir à lire et retomber dans cette imaginaire enfantin. Par exemple les fées qui offrent tout ce qu'il faut pour passer les épreuves, c'est classique et c'est très facile pour faire avancer les héros, mais ça marche ! On est avec, on se réjouie de ces bons coups et on continue à lire. Dans le genre, je crois que c'est une réussite dans toute sa splendeur.

Par contre, j'ai trouvé des défauts. Je dois bien le dire, il y en a plusieurs. D'abord, parfois certains termes choquent. Notamment dans le premier tome, lorsqu'il parle de serviette en coton. Je ne sais pas si c'est une erreur de traduction, mais ça m'a bloqué à la lecture, puisque le coton n'était pas encore arrivé à cette époque. Et franchement, j'ai eu un gros blocage. Heureusement que la suite ne m'a pas choqué comme ça, mais je vous garantis que sur le coup ça marque. Surtout que pour le reste, c'est très bon, c'est d'autant plus un point noir.
Ensuite, une autre chose qui m'a clairement déplu, c'est l'absence de repère spatiaux tant qu'on n'a pas clairement la carte. On est dans le flou complet au niveau des endroits, des routes, des forêts et tout le patacaisse. J'ai mis un temps fou à comprendre que le Troicinet est une île au sud du Lyonesse. En fait, j'avais absolument rien compris à la géographie de base et je croyais qu'il parlait de la France et du Royaume-Uni en utilisant d'autres noms. En clair, c'est pas sympa de ne pas avoir mis de carte avant le troisième volume (c'est le genre de détails qui tue quand même).
Et enfin, le dernier gros point noir, c'est l'échelle temporelle. Je n'ai rien compris. Mais alors rien du tout. J'ai suivi, mais les personnages, je n'ai pas capté du tout leur vieillissement. Le temps s'étire entre les tomes (je crois qu'il se passe 3 ans entre les deux premiers et 7 ans entre les deux autres), mais les personnages semblent subir un vieillissement aléatoire. L'un est plus vieux après un séjour chez les fées, mais il semble au final du même âge que l'autre qui est restée dans le temps normal (alors qu'ils doivent avoir 8/9 ans de différences). Le personnages d'Aillas semble être également un peu jeune tout le temps, Casmir pareil, et surtout je me demande s'il n'y a pas de la pédophilie quand Aillas fait un enfant à sa nouvelle compagne qui était une enfant dans le tome 2. En clair, j'ai eu du mal à comprendre l'âge respectif des personnages. C'est très confus. Mais si on passe allègrement outre et qu'on s'invente l'âge qu'on veut, ça passe quand même.

En fait, le livre est très classique dans sa trame et dans ses personnages, pas originaux pour deux sous, mais qui est tout de même prenant, regorge d'inventivité pour les créatures féeriques et dans l'ensemble très bon quand même. C'est du classique, je pense que c'est le terme le plus approprié, mais du bon classique, qui vieillit bien et qu'on peut encore lire de nos jours sans problème. Le roman souffre d'une échelle temporelle très confuse (encore qu'il faudra que je le relise) et d'une narration linéaire, mais c'est tout le temps prenant et la suite se fait désirer. Lorsqu'on a fini un livre, le suivant nous attend en faisant de l’œil et on se jette dessus sans trop attendre. La marque s'il le faut d'un livre qui mérite d'être lu. Je pense franchement que c'est un bon cru de fantasy, qui permet de passer le week-end tranquillement sans se prendre la tête, et qui est au final simple et efficace. Un cru dont j'en redemanderais volontiers, et je vais bien consulter la suite des œuvres de l'auteur.

(Chronique n°32)

Deuxième billet pour ce challenge !

mardi 29 janvier 2013

Les yeux du dragon Stephen King

Si je vous cite Stephen King, il est plus que probable que vous ayez des images assez morbides dans les yeux, ce qui n'est pas ma volonté première (ne suis-je pas la gentillesse et la douceur incarnée ?). C'est pourquoi je vais remettre à plus tard la critique de l'intégralité des ouvrages de l'auteur américain adulé pour ses récits de terreur et de fantastique angoissant. Cependant, je dois dire que l'auteur est très bon -voir meilleur- dans les autres genres de livres qu'il produit. A mon humble avis, Dead Zone (plus fantastique), Running Man (anticipation) et autres Différentes saisons (quatre nouvelles) sont parmi les meilleurs qu'il écrivit. Je promets que je ferais la critique de tout les Stephen King (je crois que je les ai quasiment tous lu, sauf une poignée), mais pour l'instant, abordons un de ses meilleurs livres, et quasiment unique en son genre.

Je vous propose un conte du maitre de l'horreur : applaudissez bien fort Les yeux du dragon !

Résumé en trois mots : Conte, Magicien et Prison

Stephen King, c'est le genre d'auteur qu'il faut introduire. Et je pourrais en écrire des tonnes sur lui, car c'est un auteur assez remarquable, quant aux introductions ou précision qu'il fait dans ses livres. Mais je m'attarderais au fil des articles, il y a assez de roman pour cela.

Ah oui, et ceux qui attendent le dragon, il a été tué déjà au début du roman et sa tête est un trophée qui orne un mur du palais. Donc ne le cherchez pas dans le texte. Et en plus il s'appelait Nini. Franchement, pour un dragon c'est clairement ridicule. Enfin quoi, un dragon, mince ! Mais bon, revenons à nos moutons, comme dit si bien Bobby Lapointe.

Donc, Stephen King, charmant petit garçon de 40 ans, se rendit compte dans les années 80 que sa fille Naomi (à qui est dédicacé le livre) avait treize ans mais n'était toujours pas intéressée par ses livres, car trop sombre, avec des monstres, bref, tout ce qui ne l'intéressait pas. Du coup, il eut l'idée très remarquable d'utiliser la forme du conte pour écrire une histoire à destination de sa fille. Une idée que j'applaudirais à deux mains si ce n'était pas lui qui l'avait écrit.
« C'est l'heure du conte les enfants ! »
Rien qu'à imaginer ce psychopathe lire
une histoire à des mômes, je n'en dors plus
Car Stephen King est passé maitre dans l'art de tenir un lecteur en haleine, avec une histoire aussi bateau que celle d'un roi, d'un magicien, de deux fils et d'un royaume. Mais finissons le propos, voulez-vous ?
Précisons donc que je lis toujours en version française (je sais que c'est un tort, mais mon niveau de langue étrangère ne me laisse pas d'autre choix). C'est donc  une traduction par des gentils messieurs bilingues, mais je dois dire qu'elle est remarquablement bien faite (comme souvent avec lui d'ailleurs), on garde l'esprit et le rythme de la version originale (je reprends ici les propos de lecteurs bilingues). Bref, la version française vaut le coup. En outre, optez pour le grand format à couverture rigide. C'est plus contraignant à caser dans la bibliothèque, mais vous aurez de superbes images en sus, et celles-ci valent vraiment le coup si vous comptez le lire à des enfants. Enfin, c'est ce que je choisirais si je faisais ce genre de choses. Sinon prenez un Claude Ponti, ça passe largement mieux.

Donc nous avons un conte "pour enfant" (mais franchement, étant adulte c'est super lisible également) qui s'inscrit en droite ligne de l'héroic fantasy. Comprenez qu'il y a des magiciens, des effets spéciaux trucs magiques, et des créatures bizarres (comme des dragons). L'histoire qui s'installe est également très classique : un roi à deux fils. Peter, l'ainé. Il est grand, il est beau, il sent bon le chèvre chaud. Courageux, intelligent, il excelle dans tout les domaines, et de plus il est l'héritier légitime. Bref, tout lui sourit. A l'inverse, son petit frère, Thomas, est laid, lent, maladroit, un peu benêt, toujours dans l'ombre de son grand frère qu'il jalouse tout de même un peu. Bien évidemment, on s'attend à un conflit entre frères, mais je vous rassure tout de suite, il n'en sera rien.
Ajoutons à cette heureuse famille le magicien du roi Randall Flagg, un être malfaisant et vil, l'incarnation du vilain pas beau qui essaye de corrompre tout le monde. C'est d'ailleurs un personnage que Stephen King réutilise régulièrement dans ses romans (Relisez Le Fléau et surtout La tour sombre). Ce personnage est un méchant pas beau qui veut causer la pagaille au royaume. Pour quelles raisons ? Et bien ... Il est méchant. Et le chaos c'est son truc. Pour plus d'infos sur lui, voyez plutôt le cycle de La tour sombre, c'est plus parlant. Retenons qu'il est méchant. Point.
Donc cette heureuse famille royale vit tranquillement, les jours succédant aux jours, mais on s’aperçoit vite que Flagg veut faire son petit ménage dans le royaume, et pour cela, il va agir. Je ne vous dis pas ce qui va se passer, je vous laisse le lire, mais c'est vraiment bien fichu. Le propos est assez inattendu au début, et très vite le roman s'embarque dans une aventure dont la fin est celle qui convient à un conte. Heureuse ou malheureuse, c'est à vous seul de juger, mais en tout cas Stephen King n'a pas son pareil pour faire des fins ambiguë.

Puisqu'on en est là, parlons justement des protagonistes. Car la famille royale présentée n'est pas la seule à évoluer, il y a de nombreuses personnes autour : des servants, des amis, des juges, et d'autres personnes de ce style. Tout ce petit monde va se croiser et s'entrecroiser autour d'une histoire de serviettes, de maison de poupée (dit comme ça c'est très flou, mais je vous garantis que bien expliqué, ça semble très cohérent). On est également dans des questions autour de Thomas, personnage très attachant au final, dans l'ombre de son frère ainé, très attaché à son père, mais n'osant pas pleinement le monter, craintif, manipulable et manipulé. Rongé de remords aussi, complexé par sa situation, il est à la fois comme un enfant apeuré, mais également comme un adulte irresponsable. C'est l'exemple type du personnage faible. Et pourtant ... Parfois des trésors de ressources peuvent se cacherdans des endroits inattendus. Mais là encore, je vous laisse le lire.

Le traitement de l'histoire est classiquement celui d'un conte : les gentils sont gentils, le méchant est parfaitement bien méchant, les intrigues sont celles d'un conte, ce n'est pas du tout complexe (et ce n'est pas ce qu'on recherche), mais très prenant (et assez angoissant pour un gamin je pense). En terme de recherche scénaristique, il y a de l'originalité, de l'inventivité, mais là encore, il ne faut pas forcément s'attendre à des sommets. La résolution sera très classique dans le genre, mais en même temps c'est efficace. Peut-on lui reprocher ? Dans la ligne directe, la morale est simple, mais à nouveau efficace, autour de valeurs universelles telle que l'amitié, le courage, l'honnêteté et toute ces sortes de choses qui font de nos enfants des hommes accomplis et aptes à vivre en société. Là encore, c'est classique, mais dans le genre c'est efficace. Pourquoi s'en priver ?

J'ajouterais que Stephen King apporte des idées très intéressante autour de la magie et du pouvoir qu'il confère à Randall Flagg, unique magicien mais largement pas omnipotent et puissant. Ainsi il va proposer sa vision de la boule de cristal, de l'invisibilité, ou simplement des visions. C'est très intéressant et l'impact de l'idée "Oui, mais ça ne peux pas marcher parce que ..." est amoindrie. Là encore, Stephen King sait faire preuve d'une belle ingéniosité dans son récit (c'est tout à son honneur), mais prouve également que ses recettes fonctionnent toujours : Flagg est terrifiant, et plus d'un passage est vraiment angoissant, oppressant, conduisant le lecteur à tourner les pages très vites. C'est un gros désagrément de Stephen King : on lit la plupart du temps en un seul morceau ses œuvres. C'est très très dur de décrocher. Mais bon, encore une fois, est-ce un tort ? (personnellement je pense qu'un livre est toujours plus sympathique quand on le lit en un seul morceau continu de temps, sans pauses. C'est l'occasion d'être vraiment à fond dedans, de se créer mentalement un monde et d'y rester le temps d'une lecture, mais ce n'est que mon avis). Enfin, le découpage des chapitres est bien fait, avec un double effet : la lecture est plus prenante, s'arrêtant au milieu de passages clés, mais en même temps si on lit avec son enfant le soir, il est plus facile de faire des pauses. Encore un atout.


En conclusion, Stephen King fait ici une adaptation de conte qui est à la fois très classique dans le traitement et dans la morale, mais qui, en même temps, propose quelques innovations par rapport à la moyenne d'âge visée et contient beaucoup de bonnes idées. On peut regretter un manichéisme très primaire, un méchant tellement méchant -notamment autour de son but, très flou- qu'il perd quelque crédibilité, et quelques passages un peu angoissant si on le lit à un enfant en bas âge. Attendez plutôt qu'il ait dans les douze ou treize ans pour lui lire. Mais pour un adulte, ça reste un excellent roman, simple et efficace, qui touche son but. Et pour une fois, il n'empêche pas de dormir (pour un Stephen King, c'est assez rare). Comme dit, la version en grand format illustrée est un bel ouvrage et une petite merveille pour les yeux. Ne vous en privez pas.

(Chronique n°3)