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dimanche 1 mars 2015

Morwenna (Jo Walton)

Ca faisait plusieurs critiques élogieuses que j'avais lu sur ce roman, et j'avais même vu qu'un challenge en était sorti au final. Avouez qu'il y a de quoi piquer la curiosité de toute personne normalement constituée dans le milieu de la littérature. Je me tarais donc, et le voir en rayon d'occasion m'a fait craquer, je me suis décidé et je l'ai lu dans la foulée de L'océan au bout du chemin, pour un motif parfaitement abstrait : je voulais lire à nouveau un livre en grand format et pas seulement des livres de poches. Bref, il m'est passé très vite dans les mains, et avec les transports en communs il en est sorti bien vite également.


Résumé en trois mots : Science-fiction, Littérature et Enfance

Un drôle de livre, que je pourrais difficilement classer dans la catégorie de ceux que je n'ai pas aimé tout en ayant du mal à dire que je l'ai apprécié. C'est un entre-deux plutôt difficile à décrire que celui où je place ce roman.

L'histoire m'a surpris par son angle d'approche. C'est l'histoire d'une petite fille dont la soeur jumelle est morte et qui part vivre dans un pensionnat où son père l'envoie. Elle voit des fées et lit de la science-fiction, tout en ayant une mère qui lui en veux, qui lui en veux terriblement.
Cette histoire est très originale dans sa façon de mêler les genres. Alors qu'elle est purement de fantasy, elle contient beaucoup de science-fiction. Dans la littérature, puisque la jeune fille est une grande consommatrice de science-fiction, elle lit plus d'un livre par jour (ah, il y a de quoi fantasmer, je l'avoue).

Cette histoire est curieusement très différente de ce à quoi on pourrait s'attendre, puisqu'elle mélange allègrement tout les thèmes en permanence sans jamais s'arrêter sur un seul. A la fois récit d'une fille avec son père, d'une adolescente dans un lycée privé, d'une fervente lectrice, d'une fille voyant des fées et touchant à la magie, d'une jeune fille découvrant l'amour. Un peu tout à la fois, mais sans jamais s'arrêter vraiment sur un sujet. C'est une force qui fait qu'on ne peut pas s'ennuyer sur un sujet, mais à la fois qui frustre un peu puisqu'aucun ne sera véritablement développé au final.

Et c'est là où le bat blesse pour moi : j'ai du attendre la fin pour comprendre quelle histoire l'auteur essayait vraiment de me raconter. Je ne comprenais pas avant cela où il essayait exactement de nous entrainer, et les possibilités étaient nombreuses de développement subsidiaires. Au final l'histoire est complète et bien développé, mais j'ai été frustré de toutes les possibilités qui ne sont pas exploités et du fait que beaucoup est perdu dans le fil de l'histoire pour arriver jusqu'à la fin. Je ne crache pas sur tout le développement que cela apporte à l'héroïne (personnage très intéressant au final) mais qui m'a brouillé l'histoire principale, que j'avoue avoir clairement perdue de vue à un instant.
Pour le reste, le style est bon quoique pas spécialement notable, c'est plaisant à lire mais je ne lui ai pas trouvé un charme indéniable. Peut-être est-ce du à la traduction, mais je ne lui ai pas noté une qualité indéniable.


En bref, c'est un roman qui n'est pas déplaisant et qui ne m'a pas déplu, c'est certain, mais je ne l'ai pas apprécié autant que je l'aurais voulu. Il manque quelque chose pour que ça me plaise complètement, et je n'arrive pas à mettre exactement le doigt dessus. C'est une légère frustration que j'ai ressenti à la fin de ma lecture, mais au final c'est une lecture que je ne juge pas indispensable ni inoubliable. Je l'ai lu et je ne le regrette pas, mais je vais maintenant passer à autre chose sans trop de scrupules. Dommage pour moi.

(Chronique n°238)

lundi 23 février 2015

Mécompte de fée (Terry Pratchett)

Je me suis décidé pour se tome de façon complètement aléatoire et sans la moindre idée d'où il se situait dans la saga, et principalement parce que je trouvais l'idée de couverture sympathique. On a déjà vu pire dans le choix d'un livre, non ? Et puis Pratchett restera Pratchett, le Disque-Monde restera le disque monde, et cela ne changera jamais. Les séries immanquables le resteront, et j'ai découvert ici un nouveau volume de celle que j'explore plus avant maintenant.


Résumé en trois mots : Voyage, Magie et Contes de fée

L'histoire reprend le personnage haut en couleur de Esmeralda Ciredutemps, dites Mémé Ciredutemps, sorcière de son Etat, et sa collègue et néanmoins amie Nounou Ogg. Ainis qu'une troisième comparse, Magrat Goussedail, jeune sorcière qui hérite ici d'une baguette de bonne fée. Oui, une vraie baguette comme dans les contes ! Sauf qu'ici ça transforme tout en simple citrouille. Ah oui, nous retrouvons aussi le chat de Nounou Ogg, Gredin, qui tiendra ici un rôle plutôt inattendu. Mais j'en dis déjà beaucoup.

Ce tome est à la fois hilarant, mais également rempli de clin d'oeil et de parodies, intéressant sur les personnages du Disque-Monde et enfin très complet dans son histoire. Ce qui en fait un des meilleurs de ceux que j'ai lu jusqu'à présent, il faut bien le dire ! L'idée de départ m'a semblé juste agréablement sympathique, mais les développements sont extraordinaires. Outre les personnages extrêmement sympathiques des sorcières du Royaume de Logres (qui sont en fait plus craintes pour le bazar qu'elles créent que pour leur pouvoirs), nous avons le droit en première partie à un road trip des plus hilarants et qui se permet de faites plusieurs clins d'oies bien sentis, notamment à Dracula ou au Seigneur des anneaux. Ce long périple est déjà efficace pour nous décoincer les zygomates (voir les fatiguer) mais s'ouvre ensuite une deuxième partie qui m'a renversé littéralement. Arrivé dans une Louisiane où se pratique le vaudou, mélangé à un conte de fée réel où les gens se doivent d'être heureux et de faire partie d'une belle histoire, avec le caractère en acier trempé des sorcières, mais également le chat, un bal et un nain dragueur, autant vous dire que je me suis retrouvé plié de rire bien plus souvent que je ne l'aurais cru.

Ce roman est excellent, tant par son côté humoristique que par les clins d'oeil de l'auteur qui sont disséminés dans l'ensemble du livre, mais également par le ton qui sait redevenir sérieux vers la fin et trouver une façon de rajouter de la gravité dans l'ensemble de l'oeuvre, comme souvent (mais pas trop non plus, on est pas là pour tirer les mouchoirs) et enfin conclure sur l'humour habituel de Pratchett et sortir de là avec un grand sourire sur la face.

Un excellent roman des Annales, avec ce qu'il faut d'humour et de personnages haut en couleurs, de situations absurdes et rocambolesques, de détournements, de parodies et de clins d'oeil. Sans aller dans ce qu'avait pu produire Pratchett en terme de réflexions avec l'humour, nous avons ici un simple roman humoristique qui est largement suffisant pourvu que c'est ce que l'on recherche. Je vais essayer de plonger rapidement dans les autres romans de ce trio de Sorcière et découvrir ce qu'il leur arrive encore, car j'ai vraiment beaucoup apprécié.

(Chronique n°235)

samedi 15 novembre 2014

La guerre des fleurs (Tad Williams)

Je me suis penché sur ce roman alors qu'il était nommé comme un des meilleurs de fantasy sur le site de Elkabin. Un petit tour en boutique, un achat rapide, et puis le voilà dans les étagères avec tout le reste, mais heureusement, un stage et je l'emmène, histoire d'avoir un pavé à lire (tout de même plus de 800 pages), que ça me tienne un peu plus longtemps. Ah, la belle illusion que voilà ! Comme si un livre ne pouvait pas être lu tellement vite qu'on ne s'en rende pas vraiment compte.


Résumé en trois mots : Autre monde, Guerre et Fées


Une histoire qui m'a surprise sur un point : elle met un temps fou à décoller, à rentrer dans le sujet (en fait, le résumé au dos vous donne environ 300 ou 400 pages du livre), sans que je ne le remarque. C'est à un moment que je me suis rendu compte qu'on arrivait à la moitié du livre et que l'histoire commençait à prendre le virage qu'on sentait dès le début. Le seul hic, à mon avis, c'était qu'il y allait avoir un problème pour la fin. Et je ne me suis pas trompé.
Ce livre est vraiment génial, car il arrive à nous raconter une histoire qui prend tout son temps pour être développée. Elle se met en place lentement, les personnages se développent petit à petit et pourtant tout semble aller à vitesse normale. Et puis, progressivement c'est l'accélération jusqu'au crescendo final. Avec tout le monde qui se retrouve, évidemment.
Le seul hic, c'est que la fin n'est pas à la hauteur du reste, et je trouve ça vraiment dommage. En gros, l'histoire prend le temps de poser des bases très intéressantes, mais se conclut trop vite et trop facilement, bien loin de ce qu'on attendrait d'une saga de cette ampleur. Classique et sans grandes surprises, avec un Happy End un peu trop artificiel, ce qui est dommage au vu du reste. Et, le problème qui me semble le plus important, c'est que la fin vient trop rapidement. L'auteur a un véritable talent pour nous entrainer dans les centaines de pages sans qu'on y prenne garde, je pense qu'il aurait du continuer un peu et nous faire quelques pages en plus.
Mais ne contestons pas ce livre, qui reste excellent, il faut bien le dire. Les différents personnages notamment sont excellents, à commencer par le héros, mais aussi tout ceux qui l'entourent, et surtout Trognon d'Pomme, qui est comme son prénom ! Et il faut bien avouer que l'histoire, quoique sans originalité énorme, est très bien menée d'un bout à l'autre et surprendra quelques fois par des détails simples mais bien trouvés. Alors il est de bon ton de le lire, non ?


Ce livre est, dans mon jargon, un bon petit livre qui se lit avec plaisir, et qui manque de peu de passer dans la sélection des meilleurs. De la fantasy sympathique et bienvenue, avec des personnages intéressants, mais aussi avec des idées bienvenues et souvent présentes, des situations bien sympathiques et surtout un style d'ensemble qui se dévore sans qu'on n'en laisse passer une miette. Pour un livre de fantasy, c'est rare de laisser passer autant de pages avant de commencer l'histoire. Et ça fait plaisir. C'est le genre de livre qu'on lit par plaisir, qui fait plaisir, et dont on se souvient avec plaisir. A peu de choses près, je lui aurait accordé une place dans le haut du pavé. Presque, mais lecture hautement et chaudement conseillée tout de même !

(Chronique n°211)

mardi 29 avril 2014

La sève et le givre (Léa Silhol)

Une lecture que j'ai faite car elle était vanté comme immanquable en fantasy, même s'il est particulièrement frustrant de savoir que la suite, en deux tomes, n'est plus édité et est considéré comme introuvable. Les joies des éditeurs brouillés avec les auteurs, mais passons. Je me suis penché sur ce livre que je ne connaissais absolument pas et dont l'histoire ne me disait rien du tout non plus. En une bonne journée, la lecture fut finie. Et pourtant, je dois bien avouer, ce ne fut pas une lecture facile.


Résumé en trois mots : Prophétie, Amour et Autre monde

C'est la première fois depuis un long moment que j'ai eu autant de mal à lire un livre. En fait, je ne me rappelle plus la dernière fois que ça m'était arrivé (sans doute un livre que je n'ai pas fini). Et bon dieu, que c'est pénible, un livre au style aussi lourd ... Comprenons-nous bien, je ne rejette pas le style, ni le qualifie de mauvais. C'est juste qu'il est lourd. Horriblement lourd. C'est de la chanson de geste du Moyen-Âge transcrite en compréhensible. Mais avec le style, la poésie et les tournures de phrases. Et malheureusement, ça ne m'intéresse pas outre mesure.
Ce qui est bien, c'est que l'ensemble du récit fait typiquement récit médiévale, que ce soit au niveau de l'ambiance, du style, des personnages ou même de la tournure du récit. Mais clairement, ce n'est que pour cette beauté que l'on peut le lire. Autrement, je trouve que le roman pâtit de son style, qui le plombe inutilement et fatigue au bout d'un moment. Ce qui est dommage, car c'est réellement très bien écrit, avec une superbe poésie et une beauté des termes. Mais au bout d'un moment l'ensemble est trop pesant, et me lecture s'en est ressenti. Outre le fait que j'allais très lentement, je n'arrivais plus à m'immerger dans l'histoire.

Le reste est, comme dit, d'excellente facture. L'atmosphère est celle de la fantasy de style médiévale, avec ses codes et ses personnages, la façon dont l'histoire se déroule, comme suivant une trame inéluctable, tout en mêlant paysage réel et irréel, l'autre monde d'un peuple différent (pas vraiment le petit peuple, mais presque pareil), mêlant magie et normalité. Tout y est, et l'ensemble est parfaitement cohérent.

En définitive, je n'ai pas tellement apprécié que ça ma lecture, car si le cadre et l'histoire sont sympathiques, quoique ne sortant pas tant que ça des sentiers battus, je n'ai pas du tout aimé le style qui est vraiment trop lourd pour moi. Une histoire se doit, selon moi -et je partage cet avis, mais vous avez le droit de ne pas être d'accord- d'être clairement lisible. Hors, ici ce n'est pas le cas, et je le déplore vraiment. C'est une bonne idée d'avoir cette façon d'écrire très spéciale, mais je n'ai pas adhéré pour ma part, et ma lecture s'en est clairement ressenti. Dommage.

(Chronique n°174)

lundi 23 septembre 2013

Stardust, le mystère de l'étoile (Neil Gaiman)


Cette fois-ci, j'attaque Gaiman par les productions moins cotées, celles d'ouvrage moins réputés. J'ai craqué pour celui-ci à cause de la maison d'édition (qui nous donne encore une belle couverture), et j'ai décidé de le lire rapidement dans un weekend, n'ayant pas trop le temps (oui, c'est logique). Je me suis retrouvé tout content à la fin, et maintenant que je peux le retaper, je m'empresse de faire ma chronique.


Résumé en trois mots : Conte, Etoile et Féerie

Donc, encore un Gaiman. Oui, je deviens franchement accro à cet auteur, je crois bien qu'au final je vais avoir tout ses livres. Ah, la régie me signale que c'est déjà fait ? Bon, ben dans peu de temps je les aurai tous lu alors. Enfin, quand j'aurais dégagé suffisamment de temps pour les lire. Me connaissant ça sera la semaine prochaine ....

Bref, j'ai lu rapidement ce petit conte de Neil Gaiman, qui nous régale encore une fois avec un superbe ouvrage, que j'ai vraiment dévoré en peu de temps. Gaiman reste un conteur de génie, sachant écrire suffisamment bien pour vous donner envie de lire jusqu'au bout chacun de ses livres. Ne serait-ce que pour l'ingéniosité qui s'en dégage, les multiples bonnes idées qui le parsèment ou simplement l'intrigue qui peut très bien nous réserver une petite surprise finale.

Ici, l'histoire s'inscrit résolument dans celle des contes, avec un personnages jeune qui veut aller chercher une étoile tombée du ciel, pour les beaux yeux de sa belle. Cependant, il y a plusieurs problèmes. Des sorcières, qui s'intéressent à l'étoile, des frères, qui veulent la retrouver également, mais pas pour les mêmes raisons, et surtout une foule de personnages tous plus étrange les uns et les autres qui peuplent la contrée. Car oui, cette contrée est étrange. Elle est située au-delà du mur du village, celui qui est toujours gardé, celui qu'on ne franchis qu'une fois tout les neuf ans pour la foire, celui qui marque la frontière avec le monde des fées. Et l'enfant va connaitre bien des aventures.

Ce conte résolument moderne semble décalé à bien des instants, mais possède un fil directeur classique d'un conte (une quête quelconque), mais un esprit résolument Gaiman. Plein de personnages vont intervenir, l'humour est très présent sous toutes ses formes, mais aussi des moments plus tendre et parfois un peu violent également. Le tout conduit par une main de maitre et un rythme qu'on ne relâche pas un instant. C'est aussi plaisant à lire que ses autres livres, et en le lisant, j'ai eu l'idée que ce roman doit sans doute passer encore mieux lorsqu'on le lit aux enfants, à voix haute.


Un excellent conte signé Gaiman. Si l'histoire respecte les codes du conte et reste par bien des côtés conventionnelle, elle n'en est pas moins intéressante, autant pour l'humour que pour le récit qui va nous faire voyager d'une belle façon dans ce monde féerique. Une bien belle balade, que j'ai fait sans trop réfléchir, charmé par l'ensemble du récit. Je ne peux que en conseiller la lecture, qui est à mon avis recommandé aux enfants. C'est un très bon auteur que celui-ci, et il le confirme encore une fois.

(Chronique n°69)

jeudi 19 septembre 2013

La clé des vents (Stephen King)

Stephen King, c'est un grand, un puissant, un auteur que j'adule. Alors quand je vois qu'il a sorti un livre complémentaire de sa fameuse série La tour sombre que j'ai simplement adoré (et dévoré), je me suis promis de l'acheter rapidement (j'ai mis du temps à cause du prix surtout). Le livre était court, et pris par le propos et le retour dans l'entre-deux monde, je l'ai dévoré dans la journée. Alors qu'en ressort-t-il au final ? Je vais vous dire ce que j'en ai pensé :


Résumé en trois mots : Fantastique, Fantasy et Conte

La lecture de ce livre est indissociable pour moi de la lecture de la saga La tour sombre du même auteur, mais il est bien précisé en introduction que le livre peut se lire sans connaitre cette série. Je pense que c'est faisable, mais le lecteur néophyte de l'univers de S. King perdra beaucoup de références et de nombreuses petites allusions que l'on retrouve dans ses autres livres. Je pense donc que la lecture est à faire plutôt lorsqu'on connait La tour sombre, et j'ajouterais même qu'a mon avis cette lecture devrait se faire lorsqu'on à déjà fini la série.

Chronologiquement, ce tome s'intercale entre les tomes quatre et cinq de la série, une sorte de parenthèse dans le récit, et présente un beau conte à tiroir. En fait vous suivrez le Ka-tet de Roland (en fait, un groupe de quatre personnes et un animal proche du chien), lorsqu'il doit s'arrêter pour un moment, car un coup de givre arrive (grosso modo, un refroidissement brutal et meurtrier de l'atmosphère, accompagné de vent). Le groupe est dans une maison au cœur d'une ville en ruine, et Roland leur raconte une histoire de sa jeunesse, une quête qu'il avait fait étant tout jeune pistolero. Dans cette quête, il en vint un moment à raconter une histoire à un jeune garçon. L'histoire que lui lisait sa mère étant plus jeune, celle de La clé des vents. Nous avons donc un conte dans un récit dans une histoire. Certains qualifient d'ailleurs ce livre de recueil de nouvelles, puisqu'il y en a trois imbriquées, mais je trouve qu'elles se répondent bien entre elles.

La lecture de ce récit est des plus plaisant si vous connaissez La tour sombre, puisqu'on y retrouve avec un grand plaisir les personnages de la série mère, dans une atmosphère identique. C'est comme un bon souvenir qui se rappelle à nous et nous dévoile un nouveau morceau de lui que l'on avait oublié. Je l'ai lu dans la journée, preuve encore de la qualité de la plume de S. King, qui nous entraine très facilement dans ses histoires et ne nous lâche plus.

Mais .... Mais si la plume de S. King est toujours sublime, je dois avouer que j'ai eu du mal avec certaines choses. Déjà, je dois dire que le récit de Roland est assez terne, et sans grand intérêt. Pas de rebondissement, une enquête rapide et peu intéressante. C'est très curieux comme impression, mais je dirais qu'elle ne sert qu'à préparer le conte de La clé des vents, car l'histoire manque de développement. Je ne sais pas si c'est le choix de l'auteur de base, ou s'il a décidé de raccourcir le récit, mais il manque quelque chose pour moi. Cela dit, la première partie est assez bien faite; c'est le dénouement qui est plat.
En revanche, le conte de La clé des vents est superbe. Je l'ai adoré, dans l'ambiance de cet entre-deux monde, les personnages charismatique, l'enfant extraordinaire, l'homme en noir qui revient encore une fois, les problèmes d'alcoolismes (réguliers chez S. King), une situation digne de n'importe quel conte, une certaine noirceur tout de même, ... Le récit est vraiment très bon, et les quelques morales qu'on y trouve ne sont pas niaises, loin de là. Je regrette juste un poil que les méchants soit un peu caricaturales, des grosses brutes avinés (qui, avec les imbéciles apeurés et obèses constituent les boucs émissaires de l'auteur) et un homme en noir qui ne dépareillerait pas à côté de Randall Flagg. Et le récit nous dépayse beaucoup, ce qui n'est pas pour me déplaire, évidemment.

La lecture de ce récit m'a replongé dans une ambiance que j'avais adoré et que je ne pensais plus retrouver un jour avec un œil encore vierge, et ce fut pourtant le cas. J'ai adoré la lecture de ce livre, bien qu'il soit selon moi un cran en-dessous du cycle de base, et pas l'un des meilleurs de Stephen King. Mais il reste très bon, un agréable moment de lecture assez long, pouvant nous émouvoir et nous émerveiller. Le livre est très bon dans son ensemble, sa lecture est fluide et les retrouvailles avec les personnages sont émouvantes. Je ne peux que le recommander à la lecture, car il est selon moi totalement dans l'univers de Stephen King, dans une parfaite adéquation avec les autres livres et ses thèmes favoris. Une lecture très recommandée donc.

(Chronique n°68)

 
Troisième ! Ca avance !

mardi 26 mars 2013

Le cycle de Lyonesse (Jack Vance)



Il y a quelque chose que j'aime bien dans les livres, c'est l'ingéniosité dont on sait faire preuve pour donner des noms à un genre particulier. C'est déjà compliqué dans les simplifications générales, alors quand on aborde les sous-genre, c'est encore pire. Là, cette série est qualifiée de "Light fantasy". Je suppose que c'est fait par opposition à la "Dark fantasy", mais quand même, c'est un truc de dingue comme sous-genre. Surtout qu'en fin de compte le genre ne veux pas dire grand chose.
Sinon je dirais également que cette série que je vais me faire un plaisir de chroniquer, je viens de la finir, c'est donc un avis à chaud que je ferais, mais que je suis particulièrement remonté contre l'auteur. Surtout pour la fin. Je veux dire par là la toute fin, genre les cinq dernières pages du dernier livre de la trilogie quoi. C'est particulièrement énervant quand une saga se finit comme ça. Mais je détaillerais.
En attendant je vous propose d'aller explorer une série qui fleure bon la vieille fantasy à papa, bien loin d'une série tel Ayesha de Ange, ou encore Le trône de fer de G. R. R. Martin. C'est encore la bonne vieille fantasy à la papa, mais c'est toujours aussi bon. Donc voici, messieurs et mesdames, le Cycle de Lyonesse qui vous est présenté !


Résumé en trois mots : Fantasy, Princesses et Magie

Ici, c'est typiquement le genre de fantasy que je qualifierais de "fantasy à papa". Comprenez par là que c'est le genre de fantasy qui est un peu ancien, dans un style vieillot, que le poids des ans se fait sentir (la série à été écrite entre 1983 et 1989, mais trente ans en fantasy c'est long), mais qu'on le lit toujours avec autant de plaisir. Comme dit, elle n'est pas si vieille que ça, mais le style sent résolument le vieux et l'ancien, sans que ce ne soit une tare. Mais c'est amusant quand on le lit.

L'auteur est un américain, Jack Vance, qui est spécialisé dans les romans de fantasy, et je vais prendre un grand plaisir à suivre cet auteur qui semble avoir plusieurs autres productions dans le même acabit et que j'ai vu recommandé par des lecteurs. La liste des lectures prochaine s'allonge de plusieurs pieds .... (à croire que je ne pourrais jamais tout lire .... Je me refuse à cette idée).
L'histoire va se projeter dans les Isles Anciennes, une sorte d'Atlantide médiévale. La façon dont le propos est traité est remarquablement ingénieux, puisqu'il ne fait pas vraiment de la fantasy médiévale, mais qu'en même temps il ne se plante pas farouchement dans un monde totalement imaginaire. C'est un peu entre les deux, dans la réalité historique (arrangée pour l'occasion) mais en même temps en marge de celle que nous connaissons. J'ai trouvé l'astuce particulièrement bien trouvée, et qui permet de largement se lâcher niveau inventivité tout en restant ancrée dans le réel. Elle permet de donner des bonnes bases, même si vous n'aurez une carte des îles que dans le volume 3. Oui, dans le dernier seulement. Merci l'édition !





Chacun des tomes nous fera donc voyager, avec ce qu'il faut comme péripéties sur les routes, sur la mer, dans les palais avec quelques petits soucis (mais pas vraiment d'intrigue comme on peut en trouver dans Ayesha) . Et bien évidemment, nous aurons aussi des batailles, des montagnes à franchir, des créatures féeriques (telles des ogres, des fées, des lutins, des trolls et toute cette agréable compagnie). Le tout assaisonné de magiciens qui se querellent, qui s'affrontent dans des duels camouflés (ils ne peuvent pas se permettre de se faire ouvertement face à face). L'ensemble étant savamment dosé pour ne pas paraitre ennuyeux et nous faisant voyager entre les différentes parties du continent.

Pourquoi dis-je donc que c'est une série de fantasy "à la papa" ? Et bien, de nombreux exemples viennent étayer cela. Comprenez bien que ce n'est pas un genre particulier dans lequel je range ce livre, c'est juste une impression dégagée par l'ensemble. Déjà, c'est manichéen. Le gentil se voit à des kilomètres, le méchant de même, on voit tout de suite qui va s'en sortir et qui ne vas pas y arriver, les fins heureuses seront de mises, on est dans des caricatures un peu. Ensuite, tout se fait dans les hautes sphères ou presque. Ce sont des princes, des princesses, des rois, des héritiers, des nantis ou des magiciens qui composent la trame. En clair, que des personnages qui sont issus de la haute, les autres n'ayant que très peu de voix au chapitre et apparaissant de manière beaucoup plus ponctuelle. Dans l'ensemble ils ne sont que des seconds rôles souvent très effacés dans la trame complète de l'histoire.
Mais ça marche ! Bien que ce soit assez prévisible pour plusieurs cas, que les personnages soit simples et que l'ensemble ne soit pas un summum de réflexion sur les personnages, ça marche ! Et très bien d'ailleurs. On s'attache aux personnages, on les suit avec un intérêt croissant, ils ne faiblissent jamais et ça nous plait. Au final, on peut se dire que c'était prévisible, mais on voulait quand même le suivre.

Ensuite, j'ai trouvé que les idées sont très bonnes, notamment autour des créatures féeriques et de leur rencontres avec les humains. J'aime beaucoup les forts de fées et toutes les règles et coutumes à respecter avec elles. Les autres, trolls et ogres notamment, sont intéressant aussi, et l'ensemble fait penser à ces vieux contes de Grimm ou de Perrault. C'est toujours un plaisir à lire et retomber dans cette imaginaire enfantin. Par exemple les fées qui offrent tout ce qu'il faut pour passer les épreuves, c'est classique et c'est très facile pour faire avancer les héros, mais ça marche ! On est avec, on se réjouie de ces bons coups et on continue à lire. Dans le genre, je crois que c'est une réussite dans toute sa splendeur.

Par contre, j'ai trouvé des défauts. Je dois bien le dire, il y en a plusieurs. D'abord, parfois certains termes choquent. Notamment dans le premier tome, lorsqu'il parle de serviette en coton. Je ne sais pas si c'est une erreur de traduction, mais ça m'a bloqué à la lecture, puisque le coton n'était pas encore arrivé à cette époque. Et franchement, j'ai eu un gros blocage. Heureusement que la suite ne m'a pas choqué comme ça, mais je vous garantis que sur le coup ça marque. Surtout que pour le reste, c'est très bon, c'est d'autant plus un point noir.
Ensuite, une autre chose qui m'a clairement déplu, c'est l'absence de repère spatiaux tant qu'on n'a pas clairement la carte. On est dans le flou complet au niveau des endroits, des routes, des forêts et tout le patacaisse. J'ai mis un temps fou à comprendre que le Troicinet est une île au sud du Lyonesse. En fait, j'avais absolument rien compris à la géographie de base et je croyais qu'il parlait de la France et du Royaume-Uni en utilisant d'autres noms. En clair, c'est pas sympa de ne pas avoir mis de carte avant le troisième volume (c'est le genre de détails qui tue quand même).
Et enfin, le dernier gros point noir, c'est l'échelle temporelle. Je n'ai rien compris. Mais alors rien du tout. J'ai suivi, mais les personnages, je n'ai pas capté du tout leur vieillissement. Le temps s'étire entre les tomes (je crois qu'il se passe 3 ans entre les deux premiers et 7 ans entre les deux autres), mais les personnages semblent subir un vieillissement aléatoire. L'un est plus vieux après un séjour chez les fées, mais il semble au final du même âge que l'autre qui est restée dans le temps normal (alors qu'ils doivent avoir 8/9 ans de différences). Le personnages d'Aillas semble être également un peu jeune tout le temps, Casmir pareil, et surtout je me demande s'il n'y a pas de la pédophilie quand Aillas fait un enfant à sa nouvelle compagne qui était une enfant dans le tome 2. En clair, j'ai eu du mal à comprendre l'âge respectif des personnages. C'est très confus. Mais si on passe allègrement outre et qu'on s'invente l'âge qu'on veut, ça passe quand même.

En fait, le livre est très classique dans sa trame et dans ses personnages, pas originaux pour deux sous, mais qui est tout de même prenant, regorge d'inventivité pour les créatures féeriques et dans l'ensemble très bon quand même. C'est du classique, je pense que c'est le terme le plus approprié, mais du bon classique, qui vieillit bien et qu'on peut encore lire de nos jours sans problème. Le roman souffre d'une échelle temporelle très confuse (encore qu'il faudra que je le relise) et d'une narration linéaire, mais c'est tout le temps prenant et la suite se fait désirer. Lorsqu'on a fini un livre, le suivant nous attend en faisant de l’œil et on se jette dessus sans trop attendre. La marque s'il le faut d'un livre qui mérite d'être lu. Je pense franchement que c'est un bon cru de fantasy, qui permet de passer le week-end tranquillement sans se prendre la tête, et qui est au final simple et efficace. Un cru dont j'en redemanderais volontiers, et je vais bien consulter la suite des œuvres de l'auteur.

(Chronique n°32)

Deuxième billet pour ce challenge !

mercredi 13 février 2013

Les rameaux de Salicorne (Pierre-Yves Gabrion)


Là, je pense sincèrement que je vous ai tous perdu avec cette BD. Je n'ai pas tort ? Eh ! J'en veux pour preuve que le gros site de bande-dessinée du net, manga-sanctuary (si, vous savez, celui où vous allez consulter la prochaine sortie du Naruto qui sera de toute façon en vitrine le jour même) ne connaissait pas la BD avant cette année ! (j'en sais quelque chose, c'est moi qui lui ai dit de le rajouter). Le site Bédéthèque n'a qu'une seule critique dessus ! Et pourtant .... Je vais vous en parler, vous comprendre. Ah oui, je précise que j'ai eu huit heures se sommeil sur trois jours. Il se peut que des coquilles se glissent dans la chronique. Je vous rassure, je ferais une relecture lorsque j'aurais hiberné les seize heures de rattrapages nécessaire.


Résumé en trois mots : Légendes, Enfance et Fées

Donc, la BD est très peu connue, c'est parfaitement certain, et a été écrite en 1998 par Pierre-Yves Gabriel. Ce type peut sembler très louche : il n'a pas de page Wikipédia. Par contre il a un Facebook ! Nous voila sauvé !
Ceci dit, je vous dirais juste que c'est un homme, dessinateur de bande-dessinée, qui n'est est pas là à sa première BD. C'est plus exactement sa troisième. Mais de quelle BD parlons-nous donc ? Je vais vous l'expliquer immédiatement (je sais, c'est de la transition de dingue. Mon cerveau crie grâce).

Donc nous avons là une BD qui va traiter de ... De quoi au fait ? De la Bretagne. Un petit village perdu, éloigné de tout. Dans ce village, nous sommes au début du XXème, ou fin XIXème. La différence importe peu. C'était le temps où tout était encore sans machine, sans rien. Mais ce n'est pas un beau monde, un monde pur. Cela, nous le découvrirons progressivement.
Dans ce village, vit un petit être nommée La Mouche. Son père a disparu à sa naissance, sans qu'il ne l'ai jamais connu, et sa mère est une truie acariâtre qui traine dans la maison, malade et aigrie. Il est aimé et aime la petite Julie. Elle est belle et douce, de son âge également. Et il est rejeté par tout le village, sans trop savoir pourquoi. Il aimerait que son père revienne.
Dans ce village également, une cérémonie bien particulière existe encore. La cérémonie des cadets. Durant la nuit des Rameaux, tout les hommes du village de plus de quatorze ans partent à travers la lande et durant toute la nuit cherchent la fée. Celle-ci, dit-on, à le pouvoir d'exaucer le vœu de l'homme au cœur le plus pur qui traversera la lande. Celui qui la voit devient un héros. Cependant, il n'y a pas eu de héros dans le village depuis quatorze ans. Depuis la disparition du père de La Mouche ...
Et cette année, La Mouche à quatorze ans. Il est prêt à aller avec les hommes à la recherche de la fée, son béret près de lui. Car il est sur d'une chose : la fée, il la verra. C'est lui le seul homme au cœur pur du village, ce ne peut pas être ces personnes qui le rejettent continuellement. Et avec Julie, ils ont déjà tout préparés. La nuit va arriver.
Mais la nuit des Rameaux est remplie de mystères. Le village est mystérieux, très mystérieux. Et beaucoup de choses ne sont pas dites. Rien ne sort de la nuit des Rameaux, et les secrets sont peut-être très cruels ...

Après la lecture de ce résumé, je suis sur que vous voyez le déroulement de l'histoire. Hein ? Ne niez pas, vous aussi vous vous attendez à une histoire classique de fantastique, de quelques secrets et de méchants manichéens, n'est-ce-pas ? Et pourtant, je dois dire que cette BD fait très fort. Elle est très courte, faisant au total à peine 64 pages. Et dans ces pages là, l'histoire va vous sidérer. En fait, contrairement à ce qu'on peut penser, il y a une réflexion et une surprise de taille qui nous attends, et le sujet de la BD au final est très différent de ce à quoi je m'attendais au départ.
En fait, la BD est très déroutante, car la trame qui commence tellement classique dévie progressivement, jusqu'à atteindre la planche qui vous cloue sur place, sans que vous compreniez vraiment. Et là, c'est le temps des explications. De quoi ouvrir des grands yeux tellement c'est bien fait. Et puis, une conclusion. Très brève. Deux ou trois pages. Plus une fin qui vous laisse rempli de questions.
En fait, lorsque j'ai lu la BD la première fois, j'avais une interprétation. Puis en la relisant, j'en ai trouvé une autre qui changeait complètement l'idée. Tout à coup la fin était heureuse. Et puis je l'ai fait lire à mon petit frère. Il a aussi pensé à une fin triste en premier. Mais lui pense que c'est la vraie. Moi j'avoue ne pas savoir. La fin est suffisamment ambiguë pour nous laisser à loisir de quoi méditer. Je ne vous dévoilerais bien évidemment rien (si vous voulez le savoir, demandez là moi et je vous la prête), mais c'est un sujet de controverse.

Ensuite, que rajouter à la BD ? Un très bon dessin. Il est direct, clair, efficace. La colorisation par-dessus est très belle également, et l'auteur nous a d'ailleurs pondu des "gueules", une belle palette de bretons début du siècle. C'est assez amusant de voir ces gens qui sont pour la plupart assez moche, mais en même temps ils sont très réalistes.
Et puis le découpage est fluide, la narration également. Très peu de texte, tout est dans les attitudes, les mots. Beaucoup de non dit également. Et l'auteur à glissé une très belle typographie de lettres pour le texte-off. Je sais, c'est franchement un détail, mais j'ai vraiment beaucoup aimé. Le coup des cartes de tarot au début rajoute un petit charme mais je n'ai pas trouvé le coup extraordinaire. Ca reste toutefois une belle idée.
Ensuite, je dois dire que la BD arrive à éviter très brillamment le piège du manichéisme primaire, en faisant des personnages de A à Z qui ne sont pas très beau intérieurement. Les secrets de la nuit des Rameaux ne sont pas beau. En fait, le seul personnage candide reste jusqu'à la fin Julie, qui à d'ailleurs une belle valeur symbolique. Mais là encore, je ne vous en dis pas plus.

En terme de critique, j'avoue que je ne trouve pas grand chose. L'un des reproche récurrents est l'impression que l'auteur aurait pu allonger le récit facilement de dix pages. La contrainte des 64 pages n'altère pas la qualité de l’œuvre (ce qui est très bien également), mais j'ai eu l'impression parfois qu'il y aurait eu manière à étaler un peu plus. Bon, quand la viande est sans graisse, on ne va pas le reprocher, pas vrai ? Là nous avons du dégraissé complet, pas une case de trop, tout est juste au bon endroit au bon moment. Après le dessin n'est pas d'égal qualité pour toute les cases, mais il faut s'attarder dessus pour le remarquer, et on ne s'attarde pas vraiment. Ce n'est pas du Patrick Prugne. Même s'il reste bien fait.

En conclusion, nous avons une œuvre qui se classe difficilement, laissant le choix au lecteur d’interpréter le tout et avec une idée qui est franchement géniale. La surprise sera au rendez-vous, mais de façon intelligente, avec des passages très émouvants en même temps. On croirait de la BD commerciale classique, et on se retrouve hors des sentiers battus. C'est un vrai plaisir à lire, et en plus c'est un tome unique qui nous est proposé, avec une belle conclusion. Tout les ingrédients pour un excellent moment de BD. Le seul gros inconvénient est que l’œuvre n'est que très peu disponible (occasion et Internet) mais elle mérite d'être lue. Et en soirée BD, ça fait son petit effet de sortir qu'on l'a lu.

(Chronique n°12)