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lundi 25 mai 2015

La douce empoisonneuse (Arto Paasilinna)

Petite lecture que j'avais omis de chroniques, oubli impardonnable que je me permet de rattraper immédiatement en faisant rejaillir tout ce dont je me souviens de ce livre dont je conserve pour l'instant un très bon souvenir. Car c'est encore de la bonne facture, celles d'un auteur d'humour qui sait toujours trouver des nouvelles façons de raconter une histoire. Même si foncièrement rien n'est changé entre tout les livres.


Résumé en trois mots : Morts, Jeunesse et Hasard

Ce livre est extraordinairement bien fait, nous racontant l'histoire d'une sympathique petite mamie gâteau, bien gentil et proprette, qui se fait voler chaque mois sa pension par son petit fils, voyou de bas étage et incapable de faire quelque chose de ses dix doigts. Désespérée, la vieille se voit contrainte de subir sans cesse, jusqu'au jour où les voyous vont trop loin, et qu'elle décide de se suicider. Sauf que faire du poison est sympathique, mais quand un de ses bourreaux l'avale par erreur, c'est encore plus drôle !

Ce livre est génialement mis en scène, ente le début qui sonne comme un critique sociale de ces vieux démunis faisant face à une jeunesse violente et inactive, qui préfère se sucrer sur la pension des vieux, mais tout tourne rapidement à l'humour sombre et hilarant de Paasilinna, qui reste toujours dans son registre habituel. C'est une sorte de traque mais dans le mauvais sens, où les jeunes ne comprennent pas comment faire pour retrouver cette petite vieille qui tue sans trop s'en rendre compte. Le ton léger et drôle fait mouche à chaque coup, et bien vite on se retrouve à s'attacher à la petite vieille qui tue. C'est également une belle satyre sur la vieillesse de Finlande, et j'ai bien aimé les quelques piques dissimulés de ça de là dans le récit.

Un petit livre toujours sympathique et agréable, comme sait si bien nous le faire Arto Paasilina. C'est le genre frais et léger qu'on déguste tranquillement quand on ne veut plus se faire de livres complexe. Une petite détente agréable entre autres livres, et toujours avec un beau sourire aux lèvres et une petite pensée pour ces injustices sociales caricaturées dans les romans de l'auteur finlandais le plus lu. Recommandé !

(Chronique n°275)

vendredi 10 avril 2015

Petits suicides entre amis (Arto Pasilinna)

Un autre livre de cet auteur, l'avant-dernier de ma PAL, histoire de varier entre toutes les lectures du moment qui sont centrées Sf et Fantasy. Un peu d'humour noir et de contrée glacée, de ces auteurs finlandais, qui écrivent le grand froid des contrées du nord. Et qui se permettent parfois de descendre et de vadrouiller dans toute l'Europe.  Car oui, pour une fois l'auteur sort de sa province natale et se permet de partir à l'aventure, pour enfin se jeter à l'eau !


Résumé en trois mots : Suicidaires, Voyage et Europe

L'idée de départ est excellente, il faut bien l'avouer, lorsque nous découvrons ces deux gentils finlandais qui aimeraient se suicider et qui se croisent par hasard. Commence alors un projet curieux : créer un comité de suicide pour aller se suicider ensemble. Et réunir le plus gros groupe de suicidaires finlandais. Mais le suicide, ce n'est pas aussi simple qu'on le voudrait, surtout quand c'est entre amis.

Ce roman est assez différent de ce que j'avais déjà lu de l'auteur, notamment avec son détachement un peu plus net de la nature, thème récurrent de l'auteur, et qui venait se greffer partout. Ici encore l'auteur nous gratifie d'un début rural mais bascule ensuite en un long voyage à travers tout les pays de l'Europe, et c'est au final peu de la nature qui nous est dévoilé ici. On traverse le tout sans vraiment prendre le temps de s'arrêter.

De plus, le sujet très grave du suicide est tourné ici au maximum de la dérision, dès son début, et bascule progressivement vers quelque chose de plus léger, un road trip tranquille entre amis. Et bien sur, l'humour perpétuel de Paasilina reste présent dans les pages.
J'ai apprécié ce morceau de fantaisie débloquée, de personnages hauts en couleurs qui sillonnent l'Europe pour aller se jeter dans le vide et en finir avec une vie qui ne les satisfait plus. C'est jouissif à lire, et j'ai eu des beaux fous rire encore une fois. L'auteur n'a décidément pas son pareil pour nous croquer des situations surréalistes et hilarantes.

Encore une fois, l'auteur tape juste en nous sortant un livre déjanté sur un thème aussi grave que le suicide, mais ce n'est pas comme si l'auteur ne nous avait pas habitué au thème. C'est amusant, et innovant dans ses situations qui ne se figent plus dans la lointaine Finlande, mais vont ici jusqu'à chez nous, apportant la morosité de ces suédois jusque dans nos contrées. J'ai aimé et j'ai beaucoup rit, alors je ne peux que vous le recommander, encore une fois. Cet auteur est décidément un excellent auteur comique.

(Chronique n°258)

dimanche 27 octobre 2013

La forêt des renards pendus (Arto Paasilinna)

Encore un livre des nordiques ! Eh oui, je me suis décidé à lire encore un Paasilinna, l'auteur extraordinaire et fameux du Le lièvre de Vatanen, Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen, Le Cantique de l'Apocalypse joyeuse, et tant d'autre livres bien connus et toujours aussi mordants. Lorsque je l'ai vu dans les rayons d'occasions, je n'ai pas hésité un instant. Que c'est agréable de lire un petit roman sans grandes prétentions, humoristique, prenant et toujours inventif. Je pense que vous vous doutez donc de ma critique.


Résumé en trois mots : Humour, solitude et amitié

Pour ceux qui ne connaissent pas encore cet auteur remarquable, je ne peux que vous inviter à aller lire très vite quelques bons livres cités plus haut, non seulement pour votre culture personnelle, mais également pour le simple plaisir de la plume superbe de l'auteur. C'est un finlandais (oui, il sort parfois des choses de ce pays), et connu comme "l'inventeur des romans d'humour écolo" (je n'invente rien). Pourquoi donc ?


Ses romans comportent toujours des thématiques sur l'écologie, l'impact de l'homme sur la nature, le retirement dans une nature sauvage mais pas hostile, un contact avec ses comparasses difficiles, et un rapport aux animaux aussi. Le tout sans prise de tête, sans grande leçon assenée violemment (vous voyez ce que je veux dire). Le style de Paasilinna est facilement reconnaissable avec cette Finlande natale également, très présente, une Finlande belle naturellement, et pas forcément reluisante dans ses habitants.


L'histoire qu'il nous présente cette fois-ci est celle d'un truand à la petite semaine qui décide de frapper un grand coup en volant des lingots d'or. Aidé de deux complices, il en vole trois et tandis que les deux autres vont en prison, il reste à mener la belle vie. Mais voila, les complices vont sortir, et notre truand (nommé Rafael Juntunen) se réfugie dans la forêt du nord de la Finlande. Là il va tomber sur deux personnages bien différents, un major qui s'est octroyé une année de repos de l'armée (Gabriel Amadéus Remes) et la plus vielle femme de Finlande, Naska Mosnikoff. Ensemble, les trois compères vont passer l'année dans un chalet, loin de la civilisation, dans la forêt des renards pendus.


Une histoire qui nous permet de voyager un peu mais surtout de vivre un quotidien simple, la vie au jour le jour quand on est riche et retiré dans un chalet dans une région polaire. C'est décrit de façon tellement bien qu'on s'y croirait et qu'on rêverait de venir vivre avec eux, dans la nature et les contacts humains simples. J'ai adoré le groupe qui s'est formé et la façon dont ils s'organisaient. Sans compter sur l'humour habituel de l'auteur et quelques considérations, autour de l'argent, des gens peu recommandable (en dehors de la vieille, ils sont assez peu "héroïque"), et des rapports entre hommes. C'est assez cynique comme vision de l'humain, mais je ne peux pas lui donner entièrement tord. En tout cas, c'est amusant.


Que retenir ? C'est un roman dans la droite ligne de tout ce qu'a écrit l'auteur, le style reste assez proche, les personnages très loin des caricatures qu'on pourrait se faire, des gueules et des idées en tout sens, une nature belle et de l'humour, un peu de réflexion et un style entrainant, des considérations et une lecture fluide. L'auteur a trouvé son style mais il se renouvelle constamment, apportant des nouvelles idées, des scénarios variés et toujours quelque chose qui nous intéressera. Mieux ou moins bien que les autres ? Pareil, à lire comme on déguste un bon auteur, au coin du feu le soir, dans le crépitement du bois qui brule tandis que la neige et le vent jouent dehors.

(Chronique n°85)