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jeudi 5 juin 2014

La fille de la nuit (Jack London)

Encore un recueil de nouvelles, histoire d'avoir de quoi lire tranquillement entre deux livres, lorsque je n'avais pas assez faim pour un roman, et je me suis évidemment tourné vers un auteur que j'affectionne, afin d'être sur de vouloir le lire. C'est pourquoi je suis retourné du côté de San Francisco, dans la fameuse ville de London, celle qu'il a tant aimé, voir une petite brochette d'humanité telle qu'il sait si bien le présenter. Et me voila embarqué pour quelques nouvelles.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Humanité et Nature

Soyons honnête, Jack London m'a semblé bien faible dans ce recueil, en comparaison de tout ce que j'ai déjà lu de tellement bien dans sa bibliographie. En même temps, avec tout ce qu'il écrivit en si peu de temps, il y a obligatoirement des moments moins réussis. Et ce livre en compile une petite partie.

En fait, sur l'ensemble du recueil aucune nouvelle n'est spécialement marquante. On y retrouve de nombreux thèmes cher à Jack London, notamment dans le paysage qui est dessinée ou dans le côté social des hommes qui vivent entre eux, la représentation de la femme et le côté sauvage des humains. C'est à nouveau bien tourné, mais j'ai trouvé la plupart des nouvelles anecdotiques, bien écrit certes, mais qui ne sont pas dans une veine inoubliable. Par rapport à d'autres, elles sont moyennes.

Un recueil de nouvelles qui n'est pas dans le haut du panier par rapport à l'auteur. Il a déjà fait largement mieux, c'est certain, mais l'ensemble reste d'un bon niveau, sans que l'on puisse parler de chef-d’œuvre. Pour ma part, c'est une petite déception sur un tel auteur, que j'affectionne tant. Je m'en remettrais en lisant les prochains ouvrages de ma liste, et je pense que c'est pour dans peu de temps.

(Chronique n°190)

vendredi 23 mai 2014

Dagon (H. P. Lovecraft)

Lovecraft, partie 4/4

Ce recueil des nouvelles de Lovecraft a un gros défaut : les nouvelles qu'il contient se retrouvent parfois dans Les contrées du rêve, et c'est un peu frustrant quand on se rend compte qu'on l'a déjà lu. Surtout que c'est le même éditeur, j'aurais pensé qu'ils auraient fait un effort. Mais cela n'empêche pas le livre de contenir tout de même 4/5ème de nouvelles que je ne connaissais pas encore. Et de tout cela, est ressorti bien des choses, et plus encore. Je sonde progressivement l'esprit de Lovecraft, et je rentre dans son univers ....


Résumé en trois mots : Horreurs, Antique et Folie

Le recueil contient des nouvelles d'un peu tout et n'importe quoi, pas que du fantastique-horreur comme nous avons l'habitude avec l'auteur. Des nouvelles oniriques (qui sont pour la plupart reprises dans La contrée du rêve) côtoient une nouvelle de science-fiction (écrite à quatre mains). C'est un peu plus fouillis mais on a de tout, c'est sur.

Ce qui ressort à nouveau, c'est vraiment l'ambiance que pose Lovecraft. Une ambiance particulièrement pesante qui dure tout le recueil, avec ces choses venues d'un autre monde qui envahissent le présent, et tout ce qui s'en suit. Sans parler de toute la folie, la haine d'une époque, la recherche de la beauté, de la connaissance, la curiosité ... Bref, les nouvelles contiennent encore une fois une grande part de tout ce qu'est Lovecraft. Ce qui est intéressant, c'est la grande diversité qui est présentée, avec des nouvelles qui s'étalent sur 30 ans d'écriture, ce qui donne notamment un aperçu de l'évolution. Avec en plus une balade dans différents endroits (Egypte, espace, cavernes souterraines ...). C'est sympathique, et ça nous donne un aperçu général de l’œuvre de Lovecraft, ce que j'apprécie grandement.

Un très bon recueil de nouvelles de Lovecraft, qui ravira tout fan du genre, même s'il faut avouer qu'il n'y a que peu de Grands Anciens là-dedans. La plupart des nouvelles sont justes dans cette atmosphère d'horreur ou onirique. Le tout est très varié, et on a de quoi lire. Je pense que c'est une excellente base pour aborder l'univers de Lovecraft, avec ce qu'il contient ce livre permet d'introduire tout les éléments qu'on retrouvera ensuite dans les œuvres plus connues du maitre. Bref, un livre à lire également.

(Chronique n°186)

mardi 8 avril 2014

Radieuse Aurore (Jack London)

Curieusement, j'ai l'impression que les livres de Jack London peuvent fonctionner par doublon, deux facettes exploitant le même sujet. C'est notamment le cas de Croc Blanc et L'appel de la forêt, qui sont intéressant à mettre en rapport, et au cours de ma lecture de ce livre je me suis dit qu'il s'agissait de l'autre facette du livre Martin Eden, avec une construction miroir pour exploiter le thème autrement. C'est curieux comme sentiment, mais je vais tenter de l'expliquer.


Résumé en trois mots : Argent, Amour et Homme

Jack London nous développe ici une sorte de frère jumeau de Martin Eden, en le faisant vivre une histoire presque inverse. Ici tout commence par l'acquisition de richesse dans le grand nord. Puis le jeu de la finance à San Francisco. Et enfin, la découverte de l'amour. Le portrait du personnage principal est quasiment celui de Martien Eden, grand, costaud, enjoué et dynamique, mais pour autant Radieuse Aurore (car c'est son nom) n'est pas du tout attiré par la littérature, et il se préoccupe uniquement du jeu. Puis de l'amour.
La construction de l'histoire est un miroir de Martin Eden, mais tout le propos du livre est tout l'inverse. Ici, Radieuse Aurore va connaitre la rédemption et s'assagir. Et il y aurait tant de choses à dire.

Cela dit, j'ai trouvé le livre un poil en dessous de Martin Eden, qui m'avait bien plus plu par la critique envolée d'un monde littéraire. Ici la dénonciation des magnats de l'argent et des magouilles capitalistes, malheureusement, c'est un sujet connu. Du coup, il m'a semblé que c'était un peu moins original.
Cela dit, tout reste excellent. Le style, parfait dans la première partie du grand nord, avec toujours cette nature sauvage et ces hommes âpres, puis la deuxième partie, dans le San Francisco de Jack London, dans sa ville, et ses capitalistes, les magouilles de la finance et les déboires d'un jeune riche. Mais aussi dans les collines qui l'entourent, dans la beauté des paysages environnants, dans le contact de la nature belle et apaisante. Et sur tout ça se lève une Radieuse Aurore.

Excellent livre, encore une fois, d'un auteur qui n'est largement plus à prouver. Un grand nom et une belle plume pour ce récit encore une fois réussi. Jack London nous prouve sans cesse la réussite de ses écrits, leurs forces morales et sociales. Les dénonciations ne manquent pas, mais tout le reste est aussi présent, à la fois différent et identique à ce qu'on trouve dans d'autres livres. Un style d'écriture dont je ne peux plus me passer et qui est diablement intéressant. A lire, comme un bon écrit de Jack London.

(Chronique n°164)

vendredi 7 février 2014

Fils du soleil (Jack London)

Lecture Jack London, partie 5/5


Encore un recueil de nouvelles de Jack London, que j'ai lu en une journée. Ce type sait être prenant, il n'y a aucun doute là dessus. Cette fois-ci, nous quittons le grand nord canadien (dommage ...) pour aller dans une partie de la vie de Jack London qui n'est pas non plus sans intérêt : le Pacifique et les îles du sud !

Résumé en trois mots : Océan, Navires et Hommes

En fait le livre est un recueil de nouvelles qui tournent autour du même héros, celui affiché en couverture, qui est appelé Fils-du-soleil mais qui est en fait nommé Grief. Ce héros, riche, parcourt les mers sur ses bateaux, et au gré des étapes des aventures surviennent. Notamment dans les îles, avec la rencontre des indigènes, mais surtout des blancs, fléau constant dans les nouvelles, et source de tout les maux.

Le style d'écriture est toujours pareil, prenant, dynamique, rythmé. Il est, cette fois-ci, enrichi de vocabulaire nautique, et plusieurs termes restent flou pour moi, je pense en particulier à la dernière histoire qui contient des éléments trop pointu, ce qui fait que je ne comprenais pas tout ce qui se passait dedans. Mais sinon, je dois dire que le reste est parfaitement clair.

Les histoires varient de thèmes, mais à chaque fois on sent que London oppose son héros, vertueux et droit, à d'autres modèles d'humains, blancs ou indigènes, qui ne sont que de la mauvaise graine. C'est une opposition très marquée, et chaque fois selon le style de l'histoire. J'avoue que je n'ai pas eu de préférence marquée pour l'une ou l'autre, mais elles sont toutes intéressantes. Notamment sur le monde qu'était le Pacifique en cette fin XIXème, début XXème. Les îles du Pacifique regorgent d'histoires.

Si ce n'est pas le meilleur recueil de Jack London, je trouve qu'on a le droit à de très belles histoires, encore une fois, qui nous dépaysent totalement et nous transportent dans un Pacifique que je ne connaissais pas, où les navires sont encore à voile et où les moteurs arrivent. Un Pacifique qui connait les blancs et les noirs, les autochtones et les migrants. Les hommes sont comme dans le grand nord de Jack London : sauvages et brutaux, ou au contraire droit et moraux. C'est deux humanités que London oppose encore une fois, et à nouveau la nature est là, brutale, violente, sauvage, mais belle. C'est un monde qui nous est présenté, le monde de London, dans lequel je me suis à nouveau plongé.

(Chronique n°134)