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lundi 15 juin 2015

Le siècle (Ken Follet)

5 h 10 du matin, je repose le dernier tome, je viens de le finir d’une traite.



Et ce soir, je viens de le finir, et de conclure la trilogie du siècle.
Cette saga est extraordinaire. J’adorais déjà l’auteur, mais j’ai été subjugué ici par son talent. Un rien transforme l’oeuvre en un chef-d’oeuvre, avec tant de belles choses, de belles histoires, un talent pour nous compter la vie dans l’Histoire, celle qu’on croit connaitre et qui se révèle toujours plus complexe.


1.200 pages, une semaine de lecture étalée, et j’ai décoré les 400 dernières comme un rien.
Il le fallait.
Je lis rarement des séries sur le vif, et souvent j’attends que de nombreux tomes soient sortis pour commencer à lire.
Pas cette fois-ci. Le nom de Ken Follet m’a suffit, et j’ai acheté le premier tome lors de sa sortie, en 2010, sans même me poser de question. Après ma lecture, je me suis rué sur le second tome l’année suivante sans réfléchir plus avant.

Et le troisième tome, sorti en 2014. Mais la situation n’était pas propice, je l’ai gardé pendant près de neuf mois. La gestation humaine, au final.

Je ne saurais que trop vous en dire, et je reconnais beaucoup de défauts à cette oeuvre.

Je peux même en citer immédiatement : des histoires d’amour très -trop- romantique, des hasards parfois trop artificiels, beaucoup de passages à vide, beaucoup de sélections de moments, ….

Mais putain, ce que j’ai aimé. Et cela faisait vraiment un long moment que je n’avais pas eu cette sensation au sortir d’un livre. Cette émotion qui m’a transporté et qui m’a arraché des larmes sans que je le veuille. Car ce livre m’a ému comme rarement.

C’est l’histoire du siècle dernier, de ce fameux XXème siècle, celui de toutes les guerres, et c’est l’histoire de cette trilogie. La première guerre mondiale, la deuxième guerre mondiale, la guerre froide. Mais du point de vue de plusieurs familles, américaines, anglaises, russes, allemandes.

C’est aussi des histoires de familles qui s’entremêlent, des histoire de conflit et de politique, la naissance de nations et d’idéologies, l’apparition de tant de choses que ce ne sera jamais possible de le faire tenir en trois volumes.

Ken Follet a essayé de nous transmettre ce qu’est véritablement ce siècle. Par trois génération successives, trois générations qui bâtissent progressivement le siècle qui m’a vu naitre.

C’est la première fois en lisant un récit de ce genre que je ressens vraiment le déroulement de ce siècle. C’est une histoire tellement proche, et qui parait tellement lointaine pourtant, une histoire qui est celle qui a conduit jusqu’à nous. C’était hier, c’était récent. Dans le dernier tome, les enfants qui naissent sont mes parents. C’était si proche !

Et pourtant, je ressens une telle frustration au sortir de ce troisième tome ! J’aurais tant voulu plus ! Plus sur le Vietnam, sur les années quatre-vingt, sur les années soixante-dix aussi ! J’aurais voulu connaitre la suite, ce qu’il advient ensuite de toutes ces personnes, de leurs vies et de leurs amours, de leurs peurs, de leurs deuils ! Je voudrais ne pas les quitter, moi qui les ai suivi sur plus de 80 ans racontés, 5 ans vécus, plus de 2.000 pages lues ! Et pourtant ce n’est pas assez, j’aurais tant voulu plus.

Mais l’auteur à su s’arrêter. Il a su adapter son rythme, et le temps file, les années prennent de moins en moins de place, le monde devient plus complexe et les gens le traversent sans s’en rendre compte. Lorsque le livre se finit, c’est comme s’arrêter brutalement dans une course qu’on a démarré doucement pour finir sur un sprint. Et là, il faut souffler, s’étirer, et petit à petit revenir à notre présent. C’est douloureux, mais j’ai aimé cette course.

Je m’attendais à quelque chose de grandiose pour le final, j’attendais beaucoup de cette série, et je n’ai pas été déçu. La forme et le fond s’harmonise, les liens se tissent et s’emmêlent, les histoires se font et se défont, tout finit par aboutir au présent, sans trêve ni repos. C’est le genre de livre sans happy end, qui nous demande de prendre tout sans réfléchir. Faites-en ce que vous voulez, tirez-en vos conclusions, l’auteur à dit ce qu’il avait à dire. Et je l’ai entendu.


Une saga dans ce genre, je ne pense pas en lire régulièrement. Si bon, si beau, si puissant, c’est du génie. Ken Follet m’a époustouflé, au point que j’en suis encore sous le choc. Les mots me manqueraient pour vous dire combien j’ai aimé cette saga qui est loin d’être parfaite, qui contient de nombreuses erreurs, des facilités qui arrangent tout le monde, des manque, mais qui m’a pris au tripes et que j’ai suivi avec un intérêt énorme tout au long de ces années. C’est le genre de saga qui me marque, et que j’adore lire. J’en voudrais tellement plus, juste un peu, encore un morceau ….

(Chronique n°283)

mardi 9 juin 2015

Les enfants de Dune (Frank Herbert)

Ce tome fut plus dur à lire que le précédent, mais lors de celle-ci je fus gagné par la certitude que Frank Herbert est véritablement un génie, et je pèse mes mots. Ce livre est ardu à lire, c'est d'une difficulté supérieur à la moyenne, mais pour autant on peut parfaitement suivre si l'on s'accroche un tout petit peu. Et c'est ça qui est fabuleux, car la saga de Dune se poursuit sans trêve ni repos avec ses personnages changeants, ses situations imprévisibles et tout le génie de Frank Herbert planant sur les pages qu'il a rédigé.


Résumé en trois mots : Intrigues, Ecologie et Pouvoir

Ce tome continue le précédent, en se promettant dix ans plus tard, avec les personnages que nous connaissions déjà mais qui ont évolués par rapport aux derniers événement. Et la situation a encore évolué, bien évidemment. Et c'est là que se situe déjà le talent de l'auteur.

Ce tome s'ouvre sur des changements radicaux entre les personnages, qui doivent maintenant faire face aux anciens alliés. Les vainqueurs se déchirent autour de l'empire, de l'épice et de tout ce qu'ils contrôlent. Mais c'est également le pont névralgique habituel, le centre de tout, Arrakis, appelé Dune, unique planète productrice d'épice, qui est en jeu. Car les changements climatiques de cette planète affectent l'épice, et par là-même tout l'empire.

Ce qui est fascinant, c'est la façon dont Frank Herbert nous tisse des liens entre tout ce qui se passe, l'intérieur de chacun tout comme le destin d'un empire, les tensions et les alliances politiques, les bouleversement de chacun, les métamorphoses qui s'opèrent. Frank Herbert se paye en sus le luxe de nous farcir le livre de considération sur la religion, le pouvoir, la politique, la famille, l'avenir et le destin, l'écologie, le commerce, et quelques petites considérations sur l'humanité par dessus tout ça. Le tout sans se perdre dans le roman, en conservant des fils directeurs parfaitement logiques et bien souvent surprenants, mais très dense.

Je conçois la critique la plus fréquemment entendue par rapport à ce roman : la difficulté de lecture. J'en suis au tome 3, je suis maintenant bien habitué au style de l'auteur, au monde et aux concepts, et pourtant j'ai encore un mal fou à comprendre certaines implications dans les conversations entre les différents protagonistes. Comme si l'auteur faisait des dialogues trop intelligents pour moi. Je crois bien que c'est la première fois de ma vie où je lis un livre pour lequel je suis certain que l'auteur soit plus intelligent que moi, sans conteste. Et c'est bien en cela que réside la difficulté de lire cet ouvrage. 

Un livre d'une intelligence rare pour une saga qui ne l'est pas moins, malgré sa difficulté toujours présente dans la lecture. Mais si vous faites l'effort de vous accrocher, si vous prenez le temps de vous plonger dans la saga en intégralité, si vous ne baissez pas les bras devants les mots nouveaux et les discours emplis de sens cachés, alors vous trouverez une pépite merveilleuse qui continue de m'éblouir sans que j'y prenne garde. Un tel livre se mérite, mais quelle puissance en lui. J'en reste émerveillé. Cette saga est en passe de devenir ma favorite, mais son auteur est ajouté dans mon panthéon personnel sans aucune condition à présent.

(Chronique n°281)

samedi 25 avril 2015

Neige (Orhan Pamuk)

Un livre sur lequel je suis tombé sans rien savoir ni de son auteur ni de son sujet, et duquel je n'avais aucune information de critique. Mais je me suis décidé à le lire, mais j'ai arrêté au milieu pour le reprendre et finir quelques mois plus tard. Et en fin de compte, je l'ai fini à un petit rythme bien différent de d'habitude. Maintenant, je suis certain d'avoir lu au moins un auteur turque et au moins un auteur prix Nobel !


Résumé en trois mots : Religion, Poésie et Politique

Ce livre aura été un long parcours de lecture, et pourtant, je dois bien avouer que je ne l'ai pas détesté. Principalement parce que la lecture fut longue, mais pas laborieuse. Et que même si je n'ai pas considéré ma lecture comme un chef-d'oeuvre, je pense que c'est un bon livre.

L'histoire n'est pas extraordinaire en soi, un poète retournant dans sa ville natale pour y faire un reportage sur les suicides de filles voilées. Le livre va nous dévoiler tout ce séjour dans sa province natale, entre ses amours retrouvés, sa poésie, les conflits politiques, religieux, sociaux et moraux. Et bien évidemment, la neige qui tombe sur la ville.

En réalité, ce livre est très bon, à la fois intéressant sur le sujet, le développement et les thématiques, instructif et passionnant sur les conflits de la société turque, mais également beau et poétique. C'est une belle histoire, qui a ses bons et ses mauvais côtés, et qui s'écoule doucement, comme le flocon de neige. Mais en soi, je ne l'ai pas trouvé extraordinaire, et je suis surpris, au regard de ses qualités, de ne pas l'apprécier plus. En réalité, je crois que je me lassais un peu de l'histoire, que j'aurais voulu quelque chose d'autre. La longue coupure dans ma lecture n'est pas non plus anodine, c'est plutôt rare que je commence un livre jusqu'à mi parcours avant de l'arrêter pendant plusieurs mois.

Un livre qui a toute les qualités voulu pour être apprécié comme un chef-d'oeuvre, mais je n'ai pas aimé. C'est totalement moi, et je vous recommande la lecture de ce livre, mais je n'y ai pas trouvé mon compte. J'aimerai bien prendre cependant le temps de le relire, un de ces jours, avec peut-être un autre regard qui me permettra alors de l'apprécier à sa juste valeur. Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai pas apprécié autant que je le voudrais. Dommage. 

(Chronique n°264)

samedi 4 avril 2015

Le messie de Dune (Frank Herbert)

J'ai pu profiter d'une semaine de vacances pour retourner chez mes parents et retrouver l'intégralité de ma bibliothèque qui n'a pu, malheureusement, suivre mon déplacement dans la France. Mais heureusement, c'est du coup un plaisir renouvelée que de revenir et se sentir à nouveau étroitement entouré de livres et de BDs, lesquelles vont d'ailleurs revenir dans des chroniques tout exprès, car j'en ai plusieurs qu'il faut que je vous partage.
Mais surtout, j'ai pu retrouver les livres que j'avais laissé stupidement, et notamment toute la suite de Dune qui m'avait laissé tellement pantois voila quelques semaines. J'ai donc pris délicatement le tome 2 et je me suis permis de lire quelques lignes, avant d'entamer le livre proprement dit. Et voila qu'il m'a laissé, encore une fois haletant et groggy. De la littérature de haut vol, et comme j'en avais plus lu depuis un bail. Dieux que ça fait du bien !


Résumé en trois mots : Politique, Religion et Trame du temps

Bon, j'admet, je m'emballe peut-être un poil dans cette lecture, mais je dois bien dire que j'ai l'impression d'avoir trouvé la une grande série de science-fiction, épique et majestueuse. Une série qui a fait souvent parler d'elle, mais que je commence seulement à vraiment entrevoir comme ce qu'elle est : un chef-d'oeuvre de la science-fiction.

Je ne vais presque rien dire de l'histoire, car ce tome est exactement la continuité du premier, et je ne pourrais vous dire quelque chose sans dévoiler l'intrigue du premier tome. Et ce serait bien dommageable pour vous si vous n'avez encore rien lu. Aussi je dirais que, niveau scénario, j'ai été agréablement surpris, car ce que je reprochais au premier tome, à savoir une trame scénaristique bien plus dense et étoffée, l'univers développé par Frank Herbert trouvant enfin de quoi étendre toutes ses ramifications. L'histoire m'a complètement surprise par les détours qu'elle prenait et la vaste implication politique qu'elle englobait. Rien ne se passe comme on s'y attendrait, et la réalité est diablement cruelle. Le roman est bien plus court que son prédécesseur, mais possède une densité d'intrigue magnifique. Je suis comblé par ceci, qui montre bien que le premier tome servait de mise en place d'un univers. Qu'on ne fait encore une fois qu'effleurer ici.

Ce qui est passionnant, c'est de voir comment Frank Herbert arrive à englober tellement de sujet en si peu de temps. Outre des questions sur la politique et la religion qui sont très intéressante et donnent matière à réfléchir, le bougre se paye le luxe de nous ressortir quelques réflexions écologiques, notamment sur la gestion complète d'un éco-système, sur la société, sur les changements profonds d'un régime, sur le poids des choix, sur le temps et la vision de celui-ci, sur le destin et le choix, mais également sur la nature même d'une société et d'un peuple, ou d'une révolution. Tout est maitrisé et entremêlé, avec un final qui m'a presque tiré des larmes, mais qui laisse également la voie ouverte à toutes les suites imaginables. Et justement, des suites, il y en a encore, et j'aimerai à présent m'y plonger allègrement.

Si je devrais donner un défaut à ce livre, c'est qu'il manque une toute petite chose : le désert. Je n'ai pas retrouvé autant le désert que je l'aurais voulu, le livre se déroulant plus dans le palais que dans les dunes. En un sens, j'ai trouvé dommage qu'on explore pas plus ce lieu si saisissant et puissant, un lieu qui forge des hommes et qui reste toujours mystérieux. Mais ne boudons pas notre plaisir, le livre est excellent.

Une suite qui m'a comblé au-delà de mes voeux, puisqu'elle sait conserver toute la force et le potentiel de la première partie tout en comblant les lacunes pour en tirer un roman d'une densité et d'une force sans égal. Je suis encore sous le charme, et j'ai hâte de découvrir la suite à présent, pour plonger plus en avant dans les dunes de sable, au milieu des vers et des Fremens. Une saga qui promet vraiment beaucoup. Vivement la suite !

(Chronique n°255)

samedi 7 février 2015

Dune (Frank Herbert)

Enfin je lis ce monument de la littérature de science-fiction. Enfin je sais ce que ça veut dire Fremen, distille ou encore Harkonnen. Enfin je peux mettre une histoire sur la fabuleuse bande-originale du groupe Toto, enfin je découvre les noms que j'ai déjà entendu ou évoqué moi-même sans avoir jamais lu. C'est impressionnant comme cette série est devenue culte au fil du temps, investissant différents support (pour ce qui est du cinéma, je vous laisse visionner l'excellente chronique du Fossoyeur de films) et restant dans l'esprit comme une saga imposante qui a proposé un univers unique dans le monde de la science-fiction. Après avoir lu L'étoile et le fouet je percevais un talent assez énorme derrière l'auteur, même si sa littérature me semblait quelque peu inaccessible sur certains points. Je voulais donc m'assurer que Dune était bien ce qu'on me promettait, et que je ne m'étais pas trompé sur l'auteur. C'est maintenant chose faite, j'ai mon propre avis.


Résumé en trois mots : Désert, Politique et Religion

Wouh, je ressors tout juste de ce pavé et je reste soufflé par la tempête de sable qu'elle procure. C'est incroyable comme genre d'oeuvre, à la fois riche et dense, complexe et complète, mais en même temps lisible et prenante. Un véritable chef-d'oeuvre ? Presque, a vraiment peu de choses près.

Premièrement, oui, Frank Herbert est véritablement un génie. Sa façon de façon de faire est magnifique, puisque contrairement à beaucoup de livres qui prennent le temps d'installer les choses et de nous présenter le monde, Frank Herbert nous catapulte dedans sans la moindre indication sur l'organisation sociale et politique de l'univers (oui, parce que tant qu'a faire, autant ne pas se limiter à une seule planète, hein ?) mais sais distiller dans son histoire les informations capitales quand il y en a besoin et ne prend pas son lecteur pour un con en le laissant extraire les informations qu'il faut quand il les lit. Tout n'est pas dit explicitement, mais on comprend vite les relations et les liens envers tout le monde pour peu qu'on fasse l'effort de comprendre. Et ça, j'aime particulièrement. L'auteur laisse au lecteur la marge de manoeuvre nécessaire pour qu'il soit obligé de réfléchir sans que cela plombe le roman. C'est un grand plus, que j'affectionne particulièrement.

Deuxièmement, il faut avouer que l'auteur a su nous pondre une écriture intense. Que ce soit par son style, par le rythme, ou par l'usage qu'il fait de l'ellipse temporelle, l'auteur nous prend toujours au bon moment tout en sachant couper exactement là où il faut pour que le lecteur n'ai pas le temps de s'ennuyer. Le roman comporte bien des moments d'ombres qui sont appréciables, puisqu'on progresse dans l'histoire  de moments forts en moments forts. De plus, l'attention ne baisse jamais à la lecture puisque la réflexion est toujours présente à l'esprit du lecteur. Ce n'est pas la lecture calme et reposante de la soirée, c'est une lecture prenante et intense qui plonge le lecteur dans son univers.

Et l'univers, parlons-en. Car Dune, c'est avant tout un univers qui est riche, intense, développé et complet. Rien qu'au niveau de l'organisation politique, il reste des bouquins à écrire (et les appendices fournis le sont aussi, fournies). Et rien que ça, ça fait plaisir. On sent derrière le bouquin tout une structure qui est en place et qui densifie le monde. Bien des choses sont évoquées sans même qu'on ne les développe ou qu'on en saisisse tout le sens. Mais en lisant, j'ai compris ce qu'il fallait savoir d'elles pour l'histoire. Et au final, ça passe largement mieux que trois tartines de textes pour chaque chose. Ici, c'est simple et efficace. Mais jamais gratuit. On sent tout le travail de création d'un univers derrière, et cette complexité rend le texte puissant, car il est nourri de tout un univers qu'on ne fait qu'effleurer.

Le seul problème restant, à mon avis, est celui de l'histoire et un peu des personnages aussi. C'est le seul "défaut" que je relèverais à l'oeuvre. Car si tout est bon, il faut bien le dire, l'histoire reste un rien classique dans son développement et ne confère pas spécialement de retournements impressionnants. D'autre part, les personnages sont un peu effacés devant toute l'immensité du monde crée, et même si j'ai apprécié le développement final de Paul, qui me donne envie de lire la suite, je ne les ai pas trouvé extraordinaire. L'histoire se tient, contient d'excellentes choses, mais n'est pas exceptionnelle en soi. Et ça ... C'est dommage, mais en même temps, peut-on demander une histoire dense et fouillée dans un livre qui est déjà tellement plein de nouveauté ? Peut-être, et là-dessus je rejoins ce que je pensais sur Neverwhere, que le fait d'avoir un univers aussi vaste, tellement de choses à apporter, ne demande pas de développer une histoire au potentiel infini. Ce serait apporter trop de choses d'un coup, et je me serais sans doute fait noyer dans la masse. Alors que là, j'ai pu plonger avec délice dans un monde et dans un style.

Maintenant, j'attends la suite au tournant, et je pense que l'auteur peut se permettre de développer d'autres choses bien plus complexes dans les prochains tomes, maintenant que l'univers est posé, ou au moins esquissé. Et ça, mes amis, j'ai envie de le voir !

Je ne parle que très peu de toute la partie réflexion qui est accordé au pouvoir, à la religion, à la condition humaine, et à diverses autres choses tels que le climat, l'écologie, la biologie ou encore les relations humaines. C'est déjà assez vaste à traiter, et cet article est bien assez long. Sans même parler de l'ambiance bien particulière qui combine le désert de sable et la science-fiction, mêle les cultures et les époques. On retrouve un peu de tout, c'en est bluffant.

Pour résumer tout ce pavé, je dirais simplement que Dune est un excellent livre, à qui il manque encore un petit poil pour atteindre le summum de l'art littéraire. Mais le livre seul n'est que le prémisse d'une saga. Et c'est peut-être en elle que se trouve tout la force qui "manque" dans ce tome. Mais ce tome à lui tout seul vous invite dans un univers riche et dense, avec une histoire simple mais efficace, dans un style beau et prenant. Un tel livre ne vous lâchera pas du moment que vous faites l'effort de le lire, et ça c'est la marque de fabrique des grands auteurs. Une saga qui démarre du meilleur pied et que je vais essayer de poursuivre aussitôt que possible. Lisez-là, c'est un livre qui mérite qu'on s'y attarde.

(Chronique n°228)

mercredi 14 janvier 2015

Maudits sauvages (Bernard Clavel)




Sixième et dernier tome de cette saga, mais première lecture pour ma part, ce fut le deuxième livre de l'auteur que je lu (après Malataverne) et ce fut lui qui m'encouragea à lire ensuite cette fresque extraordinaire sur le royaume du nord, sur ce pays froid et hostile, si beau pourtant, et dont l'histoire semble tragique à chaque instant. Et cette conclusion n'échappera pas à la règle générale, et c'est une porte qui se fermera définitivement. Nous quitterons alors définitivement ce grand nord, ce royaume offert aux nouveaux hommes, à ceux qui débarquaient, aux colons bienvenus. Mais il continuera à vivre ...


Résumé en trois mots : AmérindiensBarrage et Fin

Le livre est très différent des autres tomes de la saga, en ce sens qu'il apparait moins comme une suite de l'histoire qui à commencé cinq volumes plus tôt, mais tout en restant dans la lignée des autres, aussi bien temporellement, puisqu'il se situe après tout les autres, mais aussi dans le lieu, qui reste cette vallée du St-Laurent, autour de la rivière Harricana. Et qu'il en garde toute la force aussi.

Ce livre est également différent, puisque l'histoire ne semble pas tellement être inventée, on pourrait, encore plus que les autres, croire qu'il s'agit là d'une histoire réelle. C'est sans doute ce qui lui confère cette aura dramatique accrue.
L'histoire ne reprend pas les personnages vus précédemment, mais ouvre la vision avec les grands absents des autres histoires, en dehors de quelques apparitions sporadiques : les amérindiens. Ces peuples premiers vivant encore sur les terres de leurs ancêtres sont ici le centre de l'ouvrage, dans leur vie de tout les jours, dans leurs pensées, dans leur cadre naturel, toujours là malgré le temps qui ronge tout.
Ce qui est prenant, c'est que le livre nous présente le grand chef indien, le plus vieux de la tribu des Wabamahigans, le chef Mestakoshi, qui voit son peuple faire face aux blancs, encore et toujours, non plus par les armes, mais par le droit, par la politique. Dans cette terre gelée du nord, les indiens sont repoussés sans cesse dans leurs retranchements, et leur dieu, le fleuve, se meurt.
Ce roman sonne le glas déjà annoncé dans le précédent, la fin du royaume du nord. Nous n'avons ici plus aucune échappatoire, la saga se clôt sur ce tome qui voit marquer la fin des illusions et des espoirs. La mort est là, patiente, et elle marque la fin d'un monde, le dernier sursaut avant l'entrée dans le monde moderne. Il y a une complainte de l'ancien monde qui se meurt dans ses pages, de la souffrance d'un peuple qui va s'oublier lui-même et disparaitre dans la masse des villes.
Ce roman est aussi le dernier trait que Clavel envoie à cet nature, le dernier morceau de poésie qu'il peut lancer avant de devoir la quitter définitivement. C'est le moment de repartir et de dire adieu à ce monde qu'on a exploré durant six volumes, qu'on a découvert et aimé, de ce monde froid, dur, encore sauvage et hostile. Un monde fascinant et beau, que je rêve d'explorer maintenant.



Dernier volume, et en un sens, premier aussi. Ce livre est sans doute le plus indépendant de la saga, son histoire étant à la fois en dehors de celle de la saga et en même temps liée par l'espace commun. C'est un livre extraordinaire sur les amérindiens du nord et leurs basculement dans un monde nouveau, lorsque la lutte a cessée. C'est le moment fatidique, celui de la bascule, et l'auteur nous conte toute cette perte d'une identité, d'un lieu, d'une mémoire aussi. Mais c'est aussi la découverte de leur vie, de leur pensée, la façon dont ils tentaient de continuer à vivre dans leur paysage superbe. Un roman qui fait prendre conscience de ce qu'il ont perdus, mais également qui m'a donné envie de découvrir ce lieu, ces peuplades. Je voudrais pouvoir explorer maintenant le grand nord, et je le dois beaucoup à Bernard Clavel.


(Chronique n°218)

samedi 15 novembre 2014

La guerre des fleurs (Tad Williams)

Je me suis penché sur ce roman alors qu'il était nommé comme un des meilleurs de fantasy sur le site de Elkabin. Un petit tour en boutique, un achat rapide, et puis le voilà dans les étagères avec tout le reste, mais heureusement, un stage et je l'emmène, histoire d'avoir un pavé à lire (tout de même plus de 800 pages), que ça me tienne un peu plus longtemps. Ah, la belle illusion que voilà ! Comme si un livre ne pouvait pas être lu tellement vite qu'on ne s'en rende pas vraiment compte.


Résumé en trois mots : Autre monde, Guerre et Fées


Une histoire qui m'a surprise sur un point : elle met un temps fou à décoller, à rentrer dans le sujet (en fait, le résumé au dos vous donne environ 300 ou 400 pages du livre), sans que je ne le remarque. C'est à un moment que je me suis rendu compte qu'on arrivait à la moitié du livre et que l'histoire commençait à prendre le virage qu'on sentait dès le début. Le seul hic, à mon avis, c'était qu'il y allait avoir un problème pour la fin. Et je ne me suis pas trompé.
Ce livre est vraiment génial, car il arrive à nous raconter une histoire qui prend tout son temps pour être développée. Elle se met en place lentement, les personnages se développent petit à petit et pourtant tout semble aller à vitesse normale. Et puis, progressivement c'est l'accélération jusqu'au crescendo final. Avec tout le monde qui se retrouve, évidemment.
Le seul hic, c'est que la fin n'est pas à la hauteur du reste, et je trouve ça vraiment dommage. En gros, l'histoire prend le temps de poser des bases très intéressantes, mais se conclut trop vite et trop facilement, bien loin de ce qu'on attendrait d'une saga de cette ampleur. Classique et sans grandes surprises, avec un Happy End un peu trop artificiel, ce qui est dommage au vu du reste. Et, le problème qui me semble le plus important, c'est que la fin vient trop rapidement. L'auteur a un véritable talent pour nous entrainer dans les centaines de pages sans qu'on y prenne garde, je pense qu'il aurait du continuer un peu et nous faire quelques pages en plus.
Mais ne contestons pas ce livre, qui reste excellent, il faut bien le dire. Les différents personnages notamment sont excellents, à commencer par le héros, mais aussi tout ceux qui l'entourent, et surtout Trognon d'Pomme, qui est comme son prénom ! Et il faut bien avouer que l'histoire, quoique sans originalité énorme, est très bien menée d'un bout à l'autre et surprendra quelques fois par des détails simples mais bien trouvés. Alors il est de bon ton de le lire, non ?


Ce livre est, dans mon jargon, un bon petit livre qui se lit avec plaisir, et qui manque de peu de passer dans la sélection des meilleurs. De la fantasy sympathique et bienvenue, avec des personnages intéressants, mais aussi avec des idées bienvenues et souvent présentes, des situations bien sympathiques et surtout un style d'ensemble qui se dévore sans qu'on n'en laisse passer une miette. Pour un livre de fantasy, c'est rare de laisser passer autant de pages avant de commencer l'histoire. Et ça fait plaisir. C'est le genre de livre qu'on lit par plaisir, qui fait plaisir, et dont on se souvient avec plaisir. A peu de choses près, je lui aurait accordé une place dans le haut du pavé. Presque, mais lecture hautement et chaudement conseillée tout de même !

(Chronique n°211)

vendredi 20 juin 2014

Les robots et l'empire (Isaac Asimov)

Les robots, volume 6

Sixième et dernier tome des Robots, la série se clôt ici pour continuer dans la saga des Fondations ! (que je lirais tranquillement ... Plus tard). Nous voila à la fin de cette volumineuse saga dont l'écriture est étalée sur plus de trente ans, et dont les ficelles et les intrigues se mélangent progressivement pour atteindre cette sorte d'apogée d'un univers et d'un monde. La saga continue avec l'empire, mais le cycle des Robots est définitivement clos ici, et j'avoue que c'est avec un petit pincement au cœur que j'ai fermé ce livre. Maintenant, l'empire, puis fondation peuvent prendre place dans le monde.


Résumé en trois mots : Humanité, Robots et Guerre

La situation empire par rapport au dernier tome et la situation politique entre les mondes devient tendues. Mais, enfin, le temps est venu aux robots que nous connaissons de se dévoiler et de commencer à agir pour l'humanité.

Ce tome change beaucoup par rapports au derniers, et sur plusieurs points. L'enquête en soi n'est plus importante, bien que l'on suit une progression de l'intrigue qui se dénoue à la fin, mais celle-ci est secondaire au regard d'autres détails bien plus important. Il est l'heure de la réconciliation entre les mondes spatiens et coloniens, entre la Terre et les autres. C'est pour cela que Gladia prendra ici un rôle prépondérant, même si les héros sont bel et bien les deux robots, Giskard et Daneel. En cela, le roman se démarque complètement des autres puisqu'il propose de suivre l'évolution des pensées et de la réflexion entre les deux robots, chose que j'attendais depuis un long moment et que j'ai adoré. Mais c'est également le temps de conclure tout ce qui a été ouvert dans les autres livres, et donc de proposer ce qu'il faut pour que le roman puisse ensuite continuer tout seul. Et c'est exactement ce qui s'est passé.

Si le roman nous propose une histoire, il fait aussi parfaitement office de conclusion à l'ensemble de la saga, recollant les différents morceaux et joignant tout ce qui a été proposé dans un prolongement direct. Mais en sus, le roman nous ouvre clairement une voie royale vers d'autres possibilités, même si ce roman amorce une fin définitive de l'univers des robots. Ce ne seront plus eux le centre des histoires qui suivront et il faut s'y faire. Mais l'histoire contient encore de la réflexion et pousse plus loin le raisonnement, à la fois sur le racisme, sur l'humanité, sur la notion d'un robot devenu dieu protecteur des humains, d'une humanité scindé, du développement dans l'espace ... Les pistes de réflexions abondent et se multiplient au fur et à mesure des pages.
Si je devais néanmoins sortir une critique, je dirais que la fin m'a laissé très largement sur ma faim. Le cycle se clôt sur les robots mais laisse les humains un peu trop en dehors, notamment Gladia, qui s'efface au fur et à mesure de la lecture, ce que je trouve dommage, car elle disposait d'un sacré potentiel. Mais le livre était déjà assez gros en soi, et les robots devaient conclure cette saga.

Un final en beauté, qui arrive à conjuguer la conclusion des six tomes avec une ouverture vers d'autres horizons que seront les cycles de l'empire puis de Fondation. Asimov continue ses problématiques, toujours plus loin, mélangeant science et philosophie, réflexion et représentation. Un cycle qui incite très fortement a réfléchir à l'être humain, ses potentialités futures mais également tout ce qui fait qu'il est lui-même. Un cycle majestueux et grandiose, qui m'a captivé d'un bout à l'autre tout en me faisant m'interroger sur différentes problématiques, et qui me reste bien en tête au final, faisant de lui un cycle majeur de mes lectures. Voila ce que j'appelle de la grande littérature, et je voudrais en lire encore et encore. A quand la suite ?

(Chronique n°197)

samedi 17 mai 2014

Bel-Ami (Maupassant)

(Rah, j'ai effacé ma première version de la chronique par inadvertance ! J'ai horreur de ça ! Tout à recommencer ...)
Je dois reconnaitre que si j'aime beaucoup Maupassant et que je trouve son style est sa plume intéressant, notamment dans le caractère fantastique, je n'avais encore jamais lu de livres de lui. En fait j'ai un gros apriori avec les romans du XIXème, principalement parce que j’exècre cette période de l'Histoire. Rien de bien n'est sorti de ce siècle, si ce n'est des artistes (certains diront que c'est suffisant, je ne fais pas partie de ceux-là). Bref, les romans sur la société du XIXème m'intéressent peu par avance, étant donné ma non-réceptivité à la chose (classez dans cette catégorie la seconde guerre mondiale et la ségrégation nord-américaine). Mais bon, Maupassant forçait la main et je me suis lancé.


Résumé en trois mots : Journalisme, Femmes et Ascension sociale

Voila un roman initiatique comme je les aime ! Pour une raison déjà évidente mais que je trouve souvent manquante : le charisme du héros ! Un héros parfaitement humain, qui se forme petit à petit et dont on ne sait pas trop la nature, ni au début ni à la fin. Arriviste, c'est certain, sans scrupules, c'est moins sur, calculateur, un peu, décidé, pas tellement, enfin, pas tout le temps ... Bref, notre Bel-Ami est quelqu'un de très complexe et que le roman restitue à merveille. Du début à la fin on le soutient, sans même pouvoir blâmer tout ses actes, pourtant parfois lourds de conséquences.

Le roman en lui-même est intéressant, alternant des passages bien rythmés a des portraits plus intimistes, des discours curieusement noir, des descriptions de paysages, de lieux de vies et même de ville. Le tout enrobé par le style de Maupassant, c'est un régal. Et le fond ne manque pas, entre la politique et les médias, les hommes et les femmes, les mœurs et la dénonciation de l'éthique, de la bourgeoisie mais aussi d'un système qui se gangrène tout seul selon des moyens toujours d'actualité. Bref, Maupassant profite de faire l'ascension de son héros une lecture d'un système politique propre à la France et qui ne semble pas tellement avoir changé, bien qu'on pourrait le croire .... J'ai ri, lu avec attention, et surtout beaucoup aimé jusqu'au bout le roman d'une vie qui commence pour Bel-Ami.

Le verdict est clair, Maupassant est excellent auteur, que ce soit en nouvelle ou en roman. Le style est toujours aussi bon, le propos intéressant et la lecture fluide jusqu'au bout. Les péripéties s'enchainent et l'on suit progressivement avec un intérêt croissant cet arriviste qui va tenter de gravir les échelons de la société. Le tout enrobé par des critiques et dénonciations pas mal trouvées, conférant au final à l’œuvre un certain a-propos politique qui n'est pas pour me déplaire. Je ne peux que vous inviter à le lire, si ce n'est déjà fait ! Maupassant est vraiment un grand auteur.

(Chronique n°183)

mardi 14 janvier 2014

Tous aux abris ! (Michael Moore)

Dans la lignée directe de l'ouvrage précédent, voici la suite qui sortie en 2003 aux USA et l'année suivante en France, c'est à dire Tous aux abris ! de Michael Moore, toujours sur Bush et sa façon de faire la politique. Mais de façon légèrement différente cette fois-ci. Car oui, cette fois-ci il a bien pris en compte les critiques qu'on lui faisait et il les a corrigées.


Résumé en trois mots : Bush, Politique et USA

La première chose que j'ai noté, c'est que cette fois-ci Michael Moore s'est octroyé le luxe de 40 pages de citations et de sources à la fin de son ouvrage. Par rapport à l'autre où les sources se comptaient sur les doigts d'une main, le progrès est énorme. De plus, ce roman s'attaque à la grande lacune du premier : l'Amérique de Bush APRES le 11 septembre. Là, on ne rigole plus, ce n'est plus dans la cour des petits. D'ailleurs je ne peut que saluer la préface à l'édition française, une merveille.

Le propos est très scindé dans ce livre. Les premiers chapitres font un bilan du 11 septembre à la manière de Michael Moore, avec des précisions très intéressantes sur la famille de Ben Laden ou encore sur les Émirats arabes. Il en tire des conclusions étonnantes mais qui, parce qu'elles sont bien étayés, ne manquent pas d'être crédible. C'est assez saisissant.
La seconde partie parle plus d'un anti-bush, et notamment des façons de s'en débarrasser, certains chapitres reprenant des idées déjà développées dans Mike contre-attaque, et j'ai eu donc du mal à m'y intéresser, ayant une légère sensation de redondance sur le deuxième tome.
Par contre, il est allé largement plus doucement sur les critiques cette fois-ci et n'attaque plus que de façon ciblée et sur des sujets importants. Il s'agit d'un véritable manifeste contre Bush, ciblant cette fois-ci précis et tentant de réveiller une population endormie, mais qui ne demande qu'a être réveillée (ah, le chapitre intitulé Oui, l'Amérique est de gauche). C'est une sonnette d'alarme pour les élections de 2004 (pour ceux vraiment nul en histoire, Bush fut réélu), mais qui tente de viser plus haut que ne le faisait son premier roman. Une excellente initiative que je ne peux que saluer. Ah quand le tome sur Obama ?

Ce deuxième tome de Michael Moore à gagné en maturité par rapport au premier, il vise plus juste et plus précis, c'est un véritable ouvrage politique, et un outil au service de tout le monde, pas simplement un ouvrage intéressant et qui permettait une base de réflexion. Là, les réflexions sont plus abouties et les informations, notamment les sources, permettent à tout le monde de pousser encore plus avant les recherches. J'aime beaucoup cette idée, et j'espère que ce genre de livre permet aux gens de réveiller en eux la conscience politique et de se rendre compte des bons choix ...

(Chronique n°122)

dimanche 12 janvier 2014

Mike contre-attaque ! (Michael Moore)

Ce livre, je l'ai déniché je ne sais plus comment il y a près de cinq ans, voir plus, et je l'ai prêté, racheté, re-prêté (chaque fois le grand format) et dernièrement j'ai trouvé le format de poche. Lui, je l'ai gardé ! Ca commençait à m'agacer de devoir le racheter tout le temps. Maintenant il est à moi, mon précieux ....

Résumé en trois mots : politique, humour et critique

Ce livre, drôle et polémique, est en fait un extraordinaire manifeste anti-bush, sans doute le plus excellent que j'ai lu jusqu'à maintenant. Et ça se comprend, quand on voit l'auteur, caméraman polémiste qui a tourné des films controversés (et là aussi ça se comprend) mais faisant figure de contestataire. Alors, qu'en est-il sur papier ?

A la vérité, c'est un très bon auteur, sachant insuffler l'humour nécessaire dans ses écrits, tout en véhiculant un message politique assez fort (en gros ici, c'est BUSH MECHANT, PAS BEAU, GROS CON, VIREZ-LE). Mais ... Parfois, il endosse aussi des souliers très gros et c'est un peu problématique, car si on sourit et rit à ce qu'il marque, il faut avouer que l'auteur fait du rentre dedans costaud. C'est parfois plus de l'attaque violente que de la critique, et je le reproche un peu.

Par contre, le fond est intéressant, autour d'élections truquées, de politiciens foireux, de maison blanche envahie, de système carcéral ... C'est vraiment éclectique dans les sujets, et à chaque fois c'est des attaques bien ciblées. L'avantage c'est qu'on ne s'enlise pas dans une seule critique et qu'on explore certaines facettes du continent américain, que Michael Moore se fait un plaisir de nous dénoncer. Même si parfois il n'est pas forcément objectif (ce n'est d'ailleurs pas son but), et surtout qu'on peut s'interroger sur ses sources. Ca c'est le seul inconvénient, il ne donne presque pas de sources, charge à nous de les chercher ou de le croire -ou non- sur parole. C'est un des désavantages principaux de l'auteur en général. La dernière faiblesse du livre est son contexte d'écriture, entre 2000 et 2001. Oui, avant les attentats du 11 septembre. Et même si le dernier chapitre en traite un peu, il faudra attendre le livre suivant pour avoir un point de vue sur l'amérique post-11/09.

Michael Moore réussi très bien son pari de faire un ouvrage à la fois politique et humoristique, même si l'on peut l'attaquer sur le manque de pertinence et d'objectivité comme sur ses sources, et d'ailleurs cela se fait. C'est la patte de l'auteur, dirais-je, et je trouve qu'il faut s'intéresser plutôt au propos comme base de réflexion, qu'il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre et mener ses propres investigations. Là, ce livre prend tout son sens. Il propose une base pour ensuite qu'on se développe comme on le souhaite, dans son sens ou contre lui, mais en ayant un peu réfléchi. Alors là, je pense que ce livre atteint son objectif.

(Chronique n°121) 

mercredi 2 octobre 2013

Les épées de Haven (Simon R. Green)

Encore une réedition de Bragelonne (j'ai encore moins résisté cette année que par le passé ...), qui m'a permis de compléter mes lectures en Fantasy, domaine où je suis tout de même peu au courant des grands classiques et des grandes thématiques. Je me suis donc offert quelques livres, et je les lis doucement, dans l'année, comme chaque fois. Outre un Gemmell, que je vais poster bientôt, j'ai trouvé celui-ci, qui m'avait attiré vaguement l'oeil et que j'ai lu rapidement avec un grand plaisir. Ce sont Les épées de Haven, de Simon R. Green.


Résumé en trois mots : Politique, Duo et Fantastique

Le livre est en fait une compilation de trois histoires, chacune mettant en scène notre couple de héros, Hawk et Fisher, mariées et membres de la Garde, incorruptible (ils auraient plu à Eliot Ness), qui font régner l'ordre (ou au moins essayent) dans la ville de Haven, rongée par le vice, dangereuse et peuplé de tout ce qui peut se faire de pire dans une ville d'un monde de fantasy.

Alors, déjà je dois dire que le style d'écriture est vraiment pas mal, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire, même si certains choses m'ont paru un peu facile dans l'écriture (je pense au scènes de batailles, mais dans les romans de fantasy j'en ai rarement lu des réalistes); et le tout se lit à grande vitesse. J'ai notamment apprécié le fait que l'on ne suive pas sans cesse le même point de vue mais qu'il y ai des alternances.

Les trois récits sont très différents. Le premier est digne d'un huis-clos, avec plusieurs personnes enfermées dans une maison et un crime, pour lequel il faudra se creuser les méninges. Alors, j'ai bien aimé le fait que le coupable semble assez vite évident, alors qu'en fait il y a des grosses surprises. Nous avons le droit à un beau huis-clos, pas forcément du niveau d'un Agatha Christie, il faut bien l'avouer, mais qui se laisse très bien lire et qui apportera son cortège de morts et de petites surprises bienvenue. Le tout en une seule nuit, avec une dizaine de personnages seulement. C'est très bien fait, et à défaut d'être d'un suspense insoutenable, c'est efficace.
Le deuxième récit est plus différent, puisque nos héros sont cette fois-ci chargés de protéger une personnalité politique à la veille des élections (qui sont vraiment dingues dans la ville de Haven), ce qui nous plonge dans une intrigue avec un champ plus large, mais surtout une caricature politique assez grossière, mais là encore avec des bonnes idées ou piste dans le récit. Je n'en révèle pas plus, mais il y a des bons moments, et plusieurs piques assez méchante pour le monde de la politique.
Le troisième est un mélange des deux premiers, avec cette fois-ci quelques piques en direction de la religion (avec une rue remplie de Dieux), qui fait à la fois enquête et quête-bagarre. On peut noter aussi une attaque envers la bonne société, quoiqu'un peu classique dans la forme.


En fait, le récit est ce que j'appellerai de la Fantasy moyenne : c'est bien écrit, il y a des bonnes idées, mais dans l'ensemble rien n'est franchement transcendant. C'est un bon livre, qu'on lit avec plaisir, qui contient des petites touches d'humour bienvenue, de l'action et ses doses de bagarre, mais l'ensemble manque un peu de fond. C'est sur, il y a quelques attaques envers la corruption, la bonne société, les moeurs ou la religion, mais le tout m'a semblé manquer de fond, de corps. C'est de la critique basique, sans trop de développement. Mais c'est présent, ce qui donne tout de même un peu de corps au récit. En bref, c'est très sympathique à lire, mais je ne pense pas que ça restera dans les annales pour son originalité ou son fond. Cela dit, au prix de la réedition, il vaut largement le coup.

(Chronique n°73)

jeudi 12 septembre 2013

Des milliards de tapis de cheveux (Andreas Eschbach)

Ce livre a atterrit dans mes mains par pur hasard. J'ai surtout remarqué l'édition (les J'ai Lu, qui font des sublimes ouvrages il faut l'avouer), et un autre détail m'a tiqué sur la couverture. L'auteur était allemand, et il semblait que ce soit de la science-fiction. Je me suis alors décidé à le prendre, ne connaissant pas du tout la science-fiction à l'allemande. Je me suis décidé à le lire après le dernier Gemmell, et là .... Je vous explique :


Résumé en trois mots : Tapis, Empire et Univers

Ce livre, je l'ai dévoré en deux soirs, avalant les pages comme des petits gâteaux, et le finissant sur un énorme sourire au lèvres. Je dois dire que j'ai rarement eu ce sentiment en fermant un livre de science-fiction, celui d'avoir lu quelque chose de génial, de vraiment neuf. Un coup d'oeil sur l'histoire vous permettra de comprendre un peu.
Le livre est divisé en chapitres, et en fait il pourrait presque s'agir d'un recueil de nouvelles centrées sur des thèmes communs, un peu dans le genre de Demain les chiens, mais de façon beaucoup plus maitrisé

Chaque chapitre aborde un autre point de vue. En tant que tel, il n'y a pas de héros, puisque vous allez changer de point de vue à chaque fois, oscillant entre les tisserands, le peuple qui les entoure, les vaisseaux qui arrivent, les personnes dans l'espace. Et le tout, comme la trame serré des tapis de cheveux, se mêle sans qu'on s'en rende compte. En fait, même, je dirais qu'on ne repère le motif du tapis que véritablement à la fin. A la toute fin ! Et d'une manière plutôt inattendue.

Le récit est très disparate, et il vous perdra plus d'une fois. La ballade entre les chapitres et les personnes est quelque peu déroutante, puisque vous allez perdre plusieurs fois le fil d'une histoire pour vous tourner vers une autre qui se situe bien ailleurs. En fait l'auteur va vous promener en permanence sans que vous ne sachiez la destinée finale. Du coup, certains chapitres sont vraiment pénibles à lire, puisque vous n'avez aucune idée de son intérêt et de sa cohérence avec le reste du récit. Lorsque vous avez enfin fini le dernier chapitre seulement, tout se met en place de façon cohérente. C'est à ce moment là qu'on se rend compte que l'auteur nous avait entrainé sans que l'on s'en rende compte, dans une histoire très nuancée.

Le propos du récit est très centré autour de la figure de l'empereur, d'un personnage mythique, d'une figure autoritaire absolue, et de tout ce qui peut se greffer autour (notamment le culte de la personnalité), sans compter quelques piques sur la politique et la sociologie. Tout le livre est fait de personnages en demi ton, et de nuances très différentes, lorsque l'on voit les choses d'un côté ou de l'autre. Aucun personnage n'est suffisamment présent pour que l'on puisse parler de héros, et les morts sont nombreuses. Sans compter que la réalité qui nous est présentée sera très changeante .... Je vous laisse découvrir tout cela dans ce livre qui vaut à mon avis le détour.

Un récit assez atypique mais que j'ai trouvé très bon pour ma part, avec plusieurs histoires entremêlés que l'on finit par comprendre, des thématiques abordées d'une très bonne façon, assez peu classique, et qui m'ont beaucoup étonnées notamment sur la fin. Avec en plus une lecture très fluide et des passages très beaux qui flirtent un peu avec la poésie. Et une fin qui surprendra à mon avis plus d'une personne par sa nature, très spéciale. Je ne peux que vous recommander de le lire pour vous faire votre propre avis, mais je trouve que la science-fiction à l'allemande s'en sort bien pour un premier roman exporté.

(Chronique n°64)

Cinquième ! J'avance doucement
 

lundi 18 mars 2013

Quai d'Orsay (Christopher Blain & Abel Lanzac)


Je profite de cette chronique pour préciser que je vais sans doute abandonner sous peu le principe de l'alternance entre BD et livres, afin de conserver un meilleur rythme d'écriture. Les commentaires sur les BD sont plus dur à faire dans une période où je ne lis quasiment plus de nouvelles BD (c'est une passion qui revient vite chère quand on prend le temps de lire et d'acheter).
Ensuite, je dois avouer que écrire des chroniques plutôt longue c'est plaisant, mais je vais vraiment essayer de faire plus court. En ce moment j'arrive à me maitriser, du coup je vais tenter de continuer dans cette voie là. Il ne fait pas tellement en dire quand on aime bien et quand on aime pas, pourquoi en dire trop de mal ? Donc pour bien faire, je vais raccourcir un brin mes textes. J'espère que je gagnerais en lisibilité comme ceci, j'ai l'impression que mes textes sont souvent trop long.
Sans plus attendre, voici la BD du jour : Quai d'Orsay de Blain et Lanzac !


Résumé en trois mots : Politique, Absurde et Humour

Connaissez-vous un de nos anciens dirigeants politique qui connu quelques déboires avec quelque chose nommé le CPE ? Non, pas le Conseiller Principal d'Education, je ne suis pas sur qu'ils aient jamais connu un lycée normal avec des vrais CPE (oui, je vais sans doute faire des blagues sur les politiciens), je parlais du CPE, Contrat Première Embauche, qui déboucha sur des manifestations dans toute la France (ah, la belle époque des grèves au lycée ...).

Enfin bref, nous avons donc ici une BD qui est semi-autobiographique (voir  totalement) sur un personnage, qui est le représentant de l'auteur, Lanzac, lequel utilise un pseudonyme (on peut le comprendre). Il est embauché par le ministre des affaires étrangères, Alexandre Taillard de Vorms, une représentation  très réaliste de Dominique de Villepin (oui, celui de Clearstream), en tant que chargé de communication (en clair il écrit les discours). Et avec tout cela, il va nous présenter de façon très claire ce qui se passe dans le monde de la politique française. Et c'est loin d'être morne.

Cette BD, c'est avant tout de l'humour. Je dis bien de l'humour, même si on pouvait penser à de la politique et un roman graphique. Ici, c'est une BD qui va vous faire rire et sourire de toute les façons, avec des gueules du siècle. Si le narrateur ici est bien le conseiller technique, Mr Arthur Vlaminck, le vrai héros de cette histoire est avant tout Alexandre Taillard de Vorms, personnage hautain, ambitieux, avec une tête enflée et des chevilles qui gonflent de même, une personne qui est certes cultivée mais qui en même temps est beaucoup trop sûr de celle qu'il possède. Et qui en plus possède un égo démesuré. C'est, selon lui, le capitaine qui sauvera la planète et la laissera dans la paix. La façon dont il se voit est d'autant hilarant.

Mais en plus, le personnage est cerné par des cons des personnages ambitieux qui évoluent autour de lui de manière diplomatique, se faisant des coups de putes les uns aux autres et essayant par tout les moyens de s'attirer des bonnes faveurs. C'est très rigolo, d'autant plus que les personnages vont évoluer.
Le contexte est celui d'une crise au Lousdem, une caricature des débuts de la guerre en Irak, avec les pays à l'ONU qui font des interventions et débats en tout sens. On aura également l'aperçu de personnages américains, et d'autres acteurs, tels des philosophes, poètes et tout ce genre de choses. Et bien évidemment, tous avec un égo surdimensionné.
En sus, nous aurons également le principe autour de la vie privée du narrateur, et la façon dont son job influe dessus de manière catastrophique. Notamment lorsqu'on le mobilise de façon soudaine et brusque alors qu'il se trouve en voyage avec sa copine. Et qu'il doit rentrer urgemment.

En plus de toute les qualités autour de l'histoire et de l'humour extraordinaire, j'ai apprécié qu'on ai un aperçu très cynique de la façon dont le pays gère ses affaires extérieures. C'est une politique de malade, avec des rond de jambes et des fausses modesties, des flatteries et des discussions sur l'utilisation d'un terme ou d'un autre dans un discours (véridique, plus de dix pages de débats sur un terme).

Ajouté à cela, nous avons le droit à un dessin très efficace, une belle mise en scène, au trait dynamique et la colorisation est très bonne également. Le dessinateur fait des excellentes choses (dixit mon professeur de géo) et il vaut le coup d'être suivi. En plus, les gueules qu'il fait sont juste énorme, surtout pour Alexandre. Au final, le rendu est superbe, dans toute la BD, et promet des grands éclats de rire jusqu'à la fin de chaque tome.

En définitive, c'est une excellente histoire, avec un scénario intéressant sur plus d'un aspect mais également terriblement drôle. Le dessin est superbe, simple mais terriblement efficace, l'humour est pour tout les gouts jusqu'au bout, et l'ensemble est excellent. La série est finie en deux tomes pour l'instant, avec plusieurs pistes qui peuvent encore être exploitée mais l'auteur ne semble pas vouloir continuer. Enfin, pour l'instant. Dans tout les cas, ruez-vous dessus sans hésiter. C'est le genre de BD qu'on peut également offrir, ça plaira à tout le monde (ou presque).

(Chronique n°26)