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mardi 9 juin 2015

Les enfants de Dune (Frank Herbert)

Ce tome fut plus dur à lire que le précédent, mais lors de celle-ci je fus gagné par la certitude que Frank Herbert est véritablement un génie, et je pèse mes mots. Ce livre est ardu à lire, c'est d'une difficulté supérieur à la moyenne, mais pour autant on peut parfaitement suivre si l'on s'accroche un tout petit peu. Et c'est ça qui est fabuleux, car la saga de Dune se poursuit sans trêve ni repos avec ses personnages changeants, ses situations imprévisibles et tout le génie de Frank Herbert planant sur les pages qu'il a rédigé.


Résumé en trois mots : Intrigues, Ecologie et Pouvoir

Ce tome continue le précédent, en se promettant dix ans plus tard, avec les personnages que nous connaissions déjà mais qui ont évolués par rapport aux derniers événement. Et la situation a encore évolué, bien évidemment. Et c'est là que se situe déjà le talent de l'auteur.

Ce tome s'ouvre sur des changements radicaux entre les personnages, qui doivent maintenant faire face aux anciens alliés. Les vainqueurs se déchirent autour de l'empire, de l'épice et de tout ce qu'ils contrôlent. Mais c'est également le pont névralgique habituel, le centre de tout, Arrakis, appelé Dune, unique planète productrice d'épice, qui est en jeu. Car les changements climatiques de cette planète affectent l'épice, et par là-même tout l'empire.

Ce qui est fascinant, c'est la façon dont Frank Herbert nous tisse des liens entre tout ce qui se passe, l'intérieur de chacun tout comme le destin d'un empire, les tensions et les alliances politiques, les bouleversement de chacun, les métamorphoses qui s'opèrent. Frank Herbert se paye en sus le luxe de nous farcir le livre de considération sur la religion, le pouvoir, la politique, la famille, l'avenir et le destin, l'écologie, le commerce, et quelques petites considérations sur l'humanité par dessus tout ça. Le tout sans se perdre dans le roman, en conservant des fils directeurs parfaitement logiques et bien souvent surprenants, mais très dense.

Je conçois la critique la plus fréquemment entendue par rapport à ce roman : la difficulté de lecture. J'en suis au tome 3, je suis maintenant bien habitué au style de l'auteur, au monde et aux concepts, et pourtant j'ai encore un mal fou à comprendre certaines implications dans les conversations entre les différents protagonistes. Comme si l'auteur faisait des dialogues trop intelligents pour moi. Je crois bien que c'est la première fois de ma vie où je lis un livre pour lequel je suis certain que l'auteur soit plus intelligent que moi, sans conteste. Et c'est bien en cela que réside la difficulté de lire cet ouvrage. 

Un livre d'une intelligence rare pour une saga qui ne l'est pas moins, malgré sa difficulté toujours présente dans la lecture. Mais si vous faites l'effort de vous accrocher, si vous prenez le temps de vous plonger dans la saga en intégralité, si vous ne baissez pas les bras devants les mots nouveaux et les discours emplis de sens cachés, alors vous trouverez une pépite merveilleuse qui continue de m'éblouir sans que j'y prenne garde. Un tel livre se mérite, mais quelle puissance en lui. J'en reste émerveillé. Cette saga est en passe de devenir ma favorite, mais son auteur est ajouté dans mon panthéon personnel sans aucune condition à présent.

(Chronique n°281)

samedi 4 avril 2015

Le messie de Dune (Frank Herbert)

J'ai pu profiter d'une semaine de vacances pour retourner chez mes parents et retrouver l'intégralité de ma bibliothèque qui n'a pu, malheureusement, suivre mon déplacement dans la France. Mais heureusement, c'est du coup un plaisir renouvelée que de revenir et se sentir à nouveau étroitement entouré de livres et de BDs, lesquelles vont d'ailleurs revenir dans des chroniques tout exprès, car j'en ai plusieurs qu'il faut que je vous partage.
Mais surtout, j'ai pu retrouver les livres que j'avais laissé stupidement, et notamment toute la suite de Dune qui m'avait laissé tellement pantois voila quelques semaines. J'ai donc pris délicatement le tome 2 et je me suis permis de lire quelques lignes, avant d'entamer le livre proprement dit. Et voila qu'il m'a laissé, encore une fois haletant et groggy. De la littérature de haut vol, et comme j'en avais plus lu depuis un bail. Dieux que ça fait du bien !


Résumé en trois mots : Politique, Religion et Trame du temps

Bon, j'admet, je m'emballe peut-être un poil dans cette lecture, mais je dois bien dire que j'ai l'impression d'avoir trouvé la une grande série de science-fiction, épique et majestueuse. Une série qui a fait souvent parler d'elle, mais que je commence seulement à vraiment entrevoir comme ce qu'elle est : un chef-d'oeuvre de la science-fiction.

Je ne vais presque rien dire de l'histoire, car ce tome est exactement la continuité du premier, et je ne pourrais vous dire quelque chose sans dévoiler l'intrigue du premier tome. Et ce serait bien dommageable pour vous si vous n'avez encore rien lu. Aussi je dirais que, niveau scénario, j'ai été agréablement surpris, car ce que je reprochais au premier tome, à savoir une trame scénaristique bien plus dense et étoffée, l'univers développé par Frank Herbert trouvant enfin de quoi étendre toutes ses ramifications. L'histoire m'a complètement surprise par les détours qu'elle prenait et la vaste implication politique qu'elle englobait. Rien ne se passe comme on s'y attendrait, et la réalité est diablement cruelle. Le roman est bien plus court que son prédécesseur, mais possède une densité d'intrigue magnifique. Je suis comblé par ceci, qui montre bien que le premier tome servait de mise en place d'un univers. Qu'on ne fait encore une fois qu'effleurer ici.

Ce qui est passionnant, c'est de voir comment Frank Herbert arrive à englober tellement de sujet en si peu de temps. Outre des questions sur la politique et la religion qui sont très intéressante et donnent matière à réfléchir, le bougre se paye le luxe de nous ressortir quelques réflexions écologiques, notamment sur la gestion complète d'un éco-système, sur la société, sur les changements profonds d'un régime, sur le poids des choix, sur le temps et la vision de celui-ci, sur le destin et le choix, mais également sur la nature même d'une société et d'un peuple, ou d'une révolution. Tout est maitrisé et entremêlé, avec un final qui m'a presque tiré des larmes, mais qui laisse également la voie ouverte à toutes les suites imaginables. Et justement, des suites, il y en a encore, et j'aimerai à présent m'y plonger allègrement.

Si je devrais donner un défaut à ce livre, c'est qu'il manque une toute petite chose : le désert. Je n'ai pas retrouvé autant le désert que je l'aurais voulu, le livre se déroulant plus dans le palais que dans les dunes. En un sens, j'ai trouvé dommage qu'on explore pas plus ce lieu si saisissant et puissant, un lieu qui forge des hommes et qui reste toujours mystérieux. Mais ne boudons pas notre plaisir, le livre est excellent.

Une suite qui m'a comblé au-delà de mes voeux, puisqu'elle sait conserver toute la force et le potentiel de la première partie tout en comblant les lacunes pour en tirer un roman d'une densité et d'une force sans égal. Je suis encore sous le charme, et j'ai hâte de découvrir la suite à présent, pour plonger plus en avant dans les dunes de sable, au milieu des vers et des Fremens. Une saga qui promet vraiment beaucoup. Vivement la suite !

(Chronique n°255)

dimanche 9 février 2014

Sortie de secours (Yves Paccalet)

Ce petit livre est en fait un essai qui répond à un autre livre du même auteur appelé L'humanité disparaitra, bon débarras ! que vous pouvez trouver dans la même collection pour environ 4 € (de mémoire). C'est un essai qui tente d'expliquer des principes environnementaux et à quel point nous saccageons notre planète. C'est le genre d'essai qui empêche parfois de dormir, et qui nous donne envie de nous frapper la tête violemment contre un mur.


Résumé en trois mots : Écologie, Cynisme et Désespoir

Ce livre est très court. En même temps, pour un essai, il se doit de ne pas en tartiner trop. C'est le genre de livre que ma sœur adore lire (je vous conseille aussi Faut-il manger de la viande ?, Comment les riches détruisent la planète, etc ...) et que je déteste, parce qu'après je me sens mal. En fait, il n'est que trop vrai, et le cynisme qui en ressort est malheureusement justifié. Le désespoir, c'est ce qui ressort quand on a fini de le lire. Comme lire une condamnation à mort. Enfin, une mort pas rapide, et pas très glorieuse non plus.

Paccalet nous livre cette fois-ci quelque chose de plus optimiste que son précédent essai. En soi, c'est passer de "On va tous crever !!" à "On va tous crever !" (pour ceux qui ne remarquent pas, on enlève un point d'exclamation). Si l'auteur tente d'être moins négatif que dans son précédent livre, il n'en reste pas moins très peu joyeux. Cependant, le propos n'est pas de nous redonner le sourire. C'est écrit en toutes lettres sur la couverture : "des solutions pour sauver l'humanité". Il n'est jamais dit qu'elles seraient applicables ou qu'elles seraient facile. Et c'est bien ça le problème.

L'auteur est un philosophe, grand écrivain (ça se sent dans la plume, les phrases sont efficaces, les mots bien ciblés) et qui est féru d'écologie. Sauf que ce n'est pas le genre à vous bassiner pour que vous triiez vos déchet. Non, lui il en est au stade : "Mangez vos enfants, ça fera moins de personnes sur Terre !". Bref, il n'est pas très optimiste quant au devenir de l'humanité. Son essai est sombre, mais il a le mérite de mettre les points sur les I. Au moins nous ne pouvons pas nous défiler sous prétexte de ne pas avoir vu venir les choses.

Son essai va se centrer sur différents points, entre alternative mondiale, nouvel conception des rapports humains, et aussi écologie. Sauf qu'il vise le haut niveau, et qu'il ne compte pas vous demander de fermer le robinet, ce qui n'est que poudre aux yeux. L'intérêt, c'est qu'en un livre court, il résume pas mal de choses. L'auteur s'implique dans son récit, et c'est tout à son honneur. L'avantage de la petite taille, c'est qu'il est en plus vite lu. Si la lecture à enthousiasmé, la porte est grande ouverte à d'autres livres, que je ne peux que vous recommander d'aller lire. En ce sens, cet essai est une excellente introduction à la matière.

Si vous vous intéressez un peu à l'écologie et à tout ce qui se fait en terme de nouvelles conceptions, alternative économiques et nouveaux modèles de monde, cet essai est fait pour vous. Peut-être y trouverez vous quelques réponses aux questions que vous vous posez, et trouverez vous une aide. Si vous ne vous intéressez pas à ça, essayez de le lire, c'est suffisamment court pour que vous puissiez vous pencher dessus sans perdre trop de temps. Et il donne matière à réfléchir, je ne peux pas vous le déconseiller.

(Chronique n°135)

dimanche 27 octobre 2013

La forêt des renards pendus (Arto Paasilinna)

Encore un livre des nordiques ! Eh oui, je me suis décidé à lire encore un Paasilinna, l'auteur extraordinaire et fameux du Le lièvre de Vatanen, Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen, Le Cantique de l'Apocalypse joyeuse, et tant d'autre livres bien connus et toujours aussi mordants. Lorsque je l'ai vu dans les rayons d'occasions, je n'ai pas hésité un instant. Que c'est agréable de lire un petit roman sans grandes prétentions, humoristique, prenant et toujours inventif. Je pense que vous vous doutez donc de ma critique.


Résumé en trois mots : Humour, solitude et amitié

Pour ceux qui ne connaissent pas encore cet auteur remarquable, je ne peux que vous inviter à aller lire très vite quelques bons livres cités plus haut, non seulement pour votre culture personnelle, mais également pour le simple plaisir de la plume superbe de l'auteur. C'est un finlandais (oui, il sort parfois des choses de ce pays), et connu comme "l'inventeur des romans d'humour écolo" (je n'invente rien). Pourquoi donc ?


Ses romans comportent toujours des thématiques sur l'écologie, l'impact de l'homme sur la nature, le retirement dans une nature sauvage mais pas hostile, un contact avec ses comparasses difficiles, et un rapport aux animaux aussi. Le tout sans prise de tête, sans grande leçon assenée violemment (vous voyez ce que je veux dire). Le style de Paasilinna est facilement reconnaissable avec cette Finlande natale également, très présente, une Finlande belle naturellement, et pas forcément reluisante dans ses habitants.


L'histoire qu'il nous présente cette fois-ci est celle d'un truand à la petite semaine qui décide de frapper un grand coup en volant des lingots d'or. Aidé de deux complices, il en vole trois et tandis que les deux autres vont en prison, il reste à mener la belle vie. Mais voila, les complices vont sortir, et notre truand (nommé Rafael Juntunen) se réfugie dans la forêt du nord de la Finlande. Là il va tomber sur deux personnages bien différents, un major qui s'est octroyé une année de repos de l'armée (Gabriel Amadéus Remes) et la plus vielle femme de Finlande, Naska Mosnikoff. Ensemble, les trois compères vont passer l'année dans un chalet, loin de la civilisation, dans la forêt des renards pendus.


Une histoire qui nous permet de voyager un peu mais surtout de vivre un quotidien simple, la vie au jour le jour quand on est riche et retiré dans un chalet dans une région polaire. C'est décrit de façon tellement bien qu'on s'y croirait et qu'on rêverait de venir vivre avec eux, dans la nature et les contacts humains simples. J'ai adoré le groupe qui s'est formé et la façon dont ils s'organisaient. Sans compter sur l'humour habituel de l'auteur et quelques considérations, autour de l'argent, des gens peu recommandable (en dehors de la vieille, ils sont assez peu "héroïque"), et des rapports entre hommes. C'est assez cynique comme vision de l'humain, mais je ne peux pas lui donner entièrement tord. En tout cas, c'est amusant.


Que retenir ? C'est un roman dans la droite ligne de tout ce qu'a écrit l'auteur, le style reste assez proche, les personnages très loin des caricatures qu'on pourrait se faire, des gueules et des idées en tout sens, une nature belle et de l'humour, un peu de réflexion et un style entrainant, des considérations et une lecture fluide. L'auteur a trouvé son style mais il se renouvelle constamment, apportant des nouvelles idées, des scénarios variés et toujours quelque chose qui nous intéressera. Mieux ou moins bien que les autres ? Pareil, à lire comme on déguste un bon auteur, au coin du feu le soir, dans le crépitement du bois qui brule tandis que la neige et le vent jouent dehors.

(Chronique n°85)

dimanche 10 février 2013

Annonce n° 2 : l'écolo !

Annonce de la roulotte


Comme vous le savez peut-être, la roulotte est prévue pour être écologique. C'est pour cela qu'elle est tiré manuellement et non avec une machine à vapeur ou à charbon. Cependant, elle est aussi sur le net, et malheureusement, ceci consomme de l'énergie et pollue. Pourtant, il est possible d'y remédier. Pour ce faire, je me suis dévoué à souscrire la roulotte au label qui permet d'avoir un blog neutre en carbone. C'est une opération vraiment belle et qui est entièrement consultable ici : clic-clic.

Désormais donc, la roulotte aux livres s'ornera de ce petit macaron très sympathique dans la colonne de gauche : vous pouvez à tout moment constater que la roulotte sait faire des petits gestes pour préserver une nature déjà bien saccagée avec tout les arbres abattus pour les livres, sans compter les polluants et les encres. Si vous possédez un blog, faites vous aussi ce petit geste !