Affichage des articles dont le libellé est ville. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ville. Afficher tous les articles

lundi 29 février 2016

Au guet ! (Terry Pratchett)

L’ami qui m’a prêté les premiers tomes de cette saga me tanne à présent pour que je lise la suite de la saga, et surtout que nous puisions en parler ensemble à longueur de temps. Ce que je serais ravi de faire, adorant déjà cet univers et ces personnages délirants. Je me répète, mais Terry Pratchett est pour moi un génie de la littérature fantasy, et ça c’est quelque chose qui devrait suffire à vous donner envie de lire la saga. Mais si vous hésitez encore, ce tome huit a tout en lui pour vous convaincre de vous plonger encore une fois dans les Annales du Disque-Monde, ne serait-ce que pour avoir une fois dans sa vie l’occasion de lire un livre vraiment hilarant. Et ça, croyez-moi, ça vaut tout l’or du monde.


Résumé en trois mots : Enquête, Dragon et Guet

Ce tome s’ouvre d’une superbe manière, et fait parti de ceux qui m’ont fait le plus rire jusqu’à présent. Sans doute est-ce ce lot de personnages hors du commun qui parsèment le livre, entre la société secrète peuplée d’attardé, le patricien qui reste un personnage haut en couleur et hilarant (mais pourquoi n’aime-t-il pas les mimes ?), ou encore les membres du guet, des gens improbables, réunis par le hasard mais pourtant merveilleusement accordés. Pour nous faire rire, surtout.
Je ne tenterais pas de vous résumer cette histoire, qui tient de l’histoire épique, mais dans laquelle nous ne suivons pas les héros qui triomphent du mal, plutôt les petites gens ordinaires qui vivotent en évitant de mourir le plus souvent possible. Ce qui, à Ankh-Morpork, relève du miracle, il faut l’avouer. Mais en même temps, c’est le guet, chargé de protéger la ville de tout problème, notamment les invocations de dragons intempestives, ou encore les bagarres de nain.

Ce que j’ai apprécié le plus dans ce livre, outre l’hommage magnifique rendu à tout ces seconds rôles qui n’apparaissent à l’écran d’un James Bond ou d’un film d’action que pour mourir dans les secondes qui suivent, c’est l’inventivité sans cesse renouvelée de Pratchett pour ses personnages (et ses histoires aussi d’ailleurs, quand je parle de génie ce n’est pas à la légère). Que ce soit Vidmaire, Carotte ou Chiquard, chacun des personnages de ce livre m’amuse du début à la fin, et j’ai adoré chaque scène, chaque réplique. Tout est tellement hilarant, entre l’humain très grand qui se prend pour un nain, le vieux qui est là depuis dix piges, le gros qui partage son lit avec sa femme (au sens premier, ils dorment dedans à tour de rôle). Et bien évidemment, lorsque tout cela est mis dans une situation gravissime, c’est encore mieux. Je ne parle pas du petit dragon, ni de la bataille finale, ni de la solution qui est apportée, une petite perle d’inventivité et d’humour. Là encore, tout le talent de Pratchett éclate dans ces idées simples mais si bien venues.

Je ne me tarirais pas d’éloge sur ce tome, ni d’arguments pour vous donner envie de le lire. C’est toujours si bon de lire Pratchett, qui est drôle lorsqu’il n’est pas en forme, et hilarant lorsqu’il est au taquet. Ce qui est largement suffisant pour tout personne normalement constituée. Mais encore plus quand on est accro à son style et son humour.


Si vous n’avez pas encore compris qu’il faut vous jeter sur les annales du Disque-monde et dévorer chaque tome en salivant de plaisir et en laissant son rire sortir tout seul, je ne peux pas vous aider plus. Ce tome est un concentré de tout ce que j’aime chez Pratchett, entre le sérieux qu’il arrive toujours à distiller dans chaque oeuvre, tout en ajoutant des personnages sans cesse géniaux et hilarants, c’est du concentré de bonheur. C’est si bon qu’on aimerai pouvoir prolonger son séjour, qui se fera à nouveau dès le prochain tome que j’ai posé bien en vue sur le dessus de la PAL. Car ce genre de saga, c’est à pousser jusqu’au bout tant c’est bon. Que dire de plus. Lisez-là, vous passeriez à côté de quelque chose autrement.

(Chronique n°290)

jeudi 8 janvier 2015

Wastburg (Cedric Ferrand)

Petite lecture que je me suis offerte pour aller avec le jeu de rôle que je me suis procuré et qui attend son tour avec impatience lui aussi. Un petit roman qui est aussi assez peu connu du grand public et dont je n'avais pas du tout entendu parler auparavant. Une occasion comme une autre de se plonger dans des arcanes méconnues de la fantasy, car après tout, c'est bien de la dark fantasy que nous avons là. Et, pour un temps, je me suis perdu dans les ruelles sombres et puantes de Wastburg, moi aussi, au côté de la garde.

Résumé en trois mots : GardesViolence et Ville

Un drôle de petit roman, qui combine à la fois qualité et quelques défauts, mais qui dans l'ensemble garde une cohérence énorme et une ambiance détonante. Avec jeu de mot.
Le propos du livre n'est pas vraiment centré sur les personnages, quoique certains reviennent à intervalles réguliers dans les différents chapitres, mais ne se concentrant jamais sur un, se contentant de laisser les récits détailler la ville et sa vie, tout en nouant une légère intrigue qui se dénouera progressivement, mais sans que ce soit vraiment très marqué. 
Ce qui m'a marqué, c'est qu'outre le côté gentiment humoristique de certaines passages, dû notamment à la stupidité monumentale des protagonistes, le livre nous pond des passages bien gores et plutôt violent, tout en gardant le côté très léger et insouciant qu'il avait de base. Un mélange très curieux et presque dérangeant par certains moments.
D'autre part, les chapitres s'enchainent sans réel lien en-dehors du lieu, toujours la même ville de Wastburg, et des personnages qui se mêlent dans tout les sens avec toujours un lien avec la garde (soit en en faisant partie soit en étant en contact avec elle). C'est dans le même ordre d'idée que Un milliard de tapis de cheveux, mais sans cette question qui se pose du début à la fin. Là, on suit gentiment la vie de tout les jours dans la garde et dans la rue. Vie trépidante et toujours bien remplie. Sans parler des fêtes, des coutumes ou des idées qui naissent dans ce lieu. Car Wastburg est un lieu vraiment à part.

Bien que sans réel lien entre elle, les nouvelles forment bien un roman au final, un peu décousu certes, mais un roman tout de même, et ce roman est globalement bon. Sans être le roman du siècle, il pose un univers de dark fantasy plutôt sympathique, tout en nous montrant un monde où la magie vient de partir et qui se débrouille sans. C'est aussi des sympathiques touches d'humour, beaucoup de noirceur et une humanité à la limite de la fange, dans une ville à la moralité et à la propreté douteuses. Une incursion dans un univers amusant, et qui m'a bien plu.

Dans le genre roman sympathique et qui apporte un dépaysement, Wastburg se pose bien et nous propose une belle petite virée en ville, entre la garde dépassée et les mages disparus, dans une ambiance noire de complots en tout sens, de trafic et de voleurs, bien coincé entre deux états, oubliés des deux. C'est une incursion dans une ville médiévale sale et puante, qui est tout sauf attrayante et qui possède une histoire bien à elle. Avec un final haut en couleur. Bref, une bonne petite trouvaille, qui donne envie de lire encore un peu de fantasy, de retourner dans d'autres mondes.

(Chronique n°215)

vendredi 23 mai 2014

Dagon (H. P. Lovecraft)

Lovecraft, partie 4/4

Ce recueil des nouvelles de Lovecraft a un gros défaut : les nouvelles qu'il contient se retrouvent parfois dans Les contrées du rêve, et c'est un peu frustrant quand on se rend compte qu'on l'a déjà lu. Surtout que c'est le même éditeur, j'aurais pensé qu'ils auraient fait un effort. Mais cela n'empêche pas le livre de contenir tout de même 4/5ème de nouvelles que je ne connaissais pas encore. Et de tout cela, est ressorti bien des choses, et plus encore. Je sonde progressivement l'esprit de Lovecraft, et je rentre dans son univers ....


Résumé en trois mots : Horreurs, Antique et Folie

Le recueil contient des nouvelles d'un peu tout et n'importe quoi, pas que du fantastique-horreur comme nous avons l'habitude avec l'auteur. Des nouvelles oniriques (qui sont pour la plupart reprises dans La contrée du rêve) côtoient une nouvelle de science-fiction (écrite à quatre mains). C'est un peu plus fouillis mais on a de tout, c'est sur.

Ce qui ressort à nouveau, c'est vraiment l'ambiance que pose Lovecraft. Une ambiance particulièrement pesante qui dure tout le recueil, avec ces choses venues d'un autre monde qui envahissent le présent, et tout ce qui s'en suit. Sans parler de toute la folie, la haine d'une époque, la recherche de la beauté, de la connaissance, la curiosité ... Bref, les nouvelles contiennent encore une fois une grande part de tout ce qu'est Lovecraft. Ce qui est intéressant, c'est la grande diversité qui est présentée, avec des nouvelles qui s'étalent sur 30 ans d'écriture, ce qui donne notamment un aperçu de l'évolution. Avec en plus une balade dans différents endroits (Egypte, espace, cavernes souterraines ...). C'est sympathique, et ça nous donne un aperçu général de l’œuvre de Lovecraft, ce que j'apprécie grandement.

Un très bon recueil de nouvelles de Lovecraft, qui ravira tout fan du genre, même s'il faut avouer qu'il n'y a que peu de Grands Anciens là-dedans. La plupart des nouvelles sont justes dans cette atmosphère d'horreur ou onirique. Le tout est très varié, et on a de quoi lire. Je pense que c'est une excellente base pour aborder l'univers de Lovecraft, avec ce qu'il contient ce livre permet d'introduire tout les éléments qu'on retrouvera ensuite dans les œuvres plus connues du maitre. Bref, un livre à lire également.

(Chronique n°186)

jeudi 15 mai 2014

Château de la colère (Alessandro Baricco)

Enfin parvenu au bout de ce livre ! Ça faisait tellement longtemps qu'un livre ne m'avait pas intéressé, que j'ai eu un mal fou à me forcer de le finir. Que c'était long ! Et pourtant, il faut bien l'avouer, ce livre est loin d'être mauvais. En fait, je pense qu'il est dans la zone intermédiaire entre "bon" et "passable". C'est un peu la zone "se laisse lire", celle où l'on classe les romans sans trop de défauts et sans réel qualités. C'est vraiment ça.


Résumé en trois mots : Ville, Farfelue et Personnalités

En fait c'est un roman assez déjanté, avec plein de personnages et une drôle de façon d'écrire aussi. Baricco a un style très poétique, usant de façon d'écrire peu conventionnelle. Si le style est innovant, je trouvais qu'il était parfois un peu trop embrouillé. Mais en tant que tel, ça va, c'est loin d'être le pire.

En revanche, l'histoire n'a pas du tout réussi à m'accrocher. Cette petite ville que nous suivons au rythme de la folie douce de ses habitants et de leurs vies si particulière ne m'a ni touchée ni convaincue. A aucun moment je n'ai trouvé les personnages attachants, et leurs délires m'ont laissés de marbre. Au bout d'un moment je trouvais même la chose lassante. Surtout qu'il me semblait qu'il y avait trop de longueur dans la partie centrale. Certains détails étaient de trop, j'avais envie de sauter des pages. Je l'ai fini à reculons, en étalant la lecture sur trois jours et en zieutant régulièrement le numéro des pages. C'est dommage, je pense qu'il y avait du potentiel. Mais le style et l'écriture sont bien loin de Soie et l'histoire ne m'a pas convaincue.

En fait, le livre n'est pas mauvais, mais c'est typiquement le genre que je range dans "Pas aimé". L'histoire ne m'a pas intéressé du tout, le style est bon mais pas suffisant pour que je ne décroche pas, le rythme est lent ... La lecture fut assez pénible; et en fin de compte, je n'ai pas l'impression d'avoir retiré quelque chose du livre. "Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d’un coup de poing sur le crâne, à quoi bon lire" écrivait Kafka. Je pense que c'est exactement ce que je me suis dit en sortant de cette histoire. Pour moi, pas mauvaise mais pas bonne non plus, dans l'entre-deux des livres.

(Chronique n°182)

vendredi 4 avril 2014

Le peuple d'en bas (Jack London)

Encore un Jack London, certes (et j'en ai encore en réserve), mais qui va explorer une autre facette du personnage. En effet, je vous parlerais cette fois-ci de l'auteur socialement engagé et qui nous a pondu un petit chef-d’œuvre de sociologie et d'Histoire (eh ou, à présent cette aspect là de la vie appartiens à l'histoire ... Tant mieux pour eux d'ailleurs). Je précise d'ailleurs au passage que ce livre est aussi appelé, selon le traducteur, Le peuple de l'abime. Dans les deux cas, le sujet est le même, et ce n'est pas beau à lire.


Résumé en trois mots : Pauvreté, Social et Londres

Livre engagé socialement, mais surtout chronique de la vie de pauvres gens, cet ouvrage de London est résolument ancré dans sa vie d'observateur du monde. Ici, les bas-fonds d'un Londres en pleine période "dorée", dans une Angleterre maitresse d'un empire énorme, au innombrables richesses et à l'activité industrielle florissante quoique ayant connu déjà un choc économique. Et dans cette Angleterre là, sortant juste de l'époque victorienne pour rentrer dans celle edouardienne, Jack London va se travestir pour explorer par lui-même ce qu'il appelle "L'Abime", l'endroit où échouent les pauvres, les déshérités, les indigents de la société anglaise. Et c'est glaçant.
A la fois portrait de la vie londonienne pour ces pauvres gens, constatations sur la misère (ce qu'il dit sur la survie au jour le jour de ces gens est valable dans nos pays aujourd'hui aussi), critique d'un système (et d'une société), critique d'un comportement, tout y est. C'est aussi le journal d'une plongée dans ce monde, un monde que London n'arrive pas à concevoir jusqu'au bout. Plus d'une fois il nous explique que cela va trop loin pour lui en montrant ce qu'il a fait au final (comme se laver après avoir du se "laver" dans un centre). C'est une triple lecture, à la fois chronique de l'auteur, chronique sociale et chronique historique. Une superbe densité qui marque.

Tout l'intérêt que l'on peut avoir, outre l'aspect historique, c'est le fameux intérêt de comprendre la pauvreté, ses mécanismes et ses tenants-aboutissants. Et de comparer avec aujourd'hui. Ce qui fait la force de ce livre traitant de la pauvreté, c'est qu'il traite de sujets toujours d'actualité. Je ne vous conseillerai que d'ouvrir les yeux en ville. L'abime n'est pas si loin de nous qu'on le pense.

Un excellent roman, tableau d'une triste réalité du début de XXème siècle, c'est également une peinture saisissante de la pauvreté en général, de ses mécanismes et de ses composants. Chronique d'un auteur s'engageant dans le processus pour essayer d'en parler (journalisme gonzo avant l'heure ...) et nous laissant face à l'horreur de ce qui est vécue. Plus d'une fois j'ai pensé qu'un sadique n'aurait pas put inventer quelque chose comme cela. Et, cerise sur le gâteau, London nous parle au final de socialisme. Et ça, croyez-moi, ça s'entend de loin quand il l'exprime à sa façon. A lire, ne serait-ce que pour être amené à réfléchir sur les situations actuelles.

(Chronique n°162)

Petit extrait pour réfléchir :

"La civilisation a rendu possible toutes les formes du confort matériel, et beaucoup de joies intellectuelles. Mais l'Anglais moyen est exclu de ces joies. S'il doit éternellement en être privé, je dis que la civilisation a failli à sa mission."

"Cela nous amène à poser une troisième et inévitable question : "Si la civilisation a augmenté le pouvoir de production de l'individu moyen, pourquoi n'a-t-elle pas amélioré le sort de l'individu ?" A cette question, une seule réponse est possible : à cause d'une mauvaise gestion."