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dimanche 7 juin 2015

Lorenzaccio, On ne badine pas avec l'amour et autre pièces (Alfred de Musset)

J'ai remarqué récemment que je n'avais pas lu ce petit pavé qui faisait de l'oeil dans ma PAL, et pour me dire que je lis du théâtre (enfin !) tout en ajoutant un auteur dit "classique" à mon répertoire, ce qui n'est pas non plus pour me déplaire. Et puis, j'avais envie de découvrir Musset, que je ne connaissais véritablement que de nom, alors même que j'avais souvent entendu parler de son style littéraire et de cet auteur complet. C'est donc joyeusement que j'ai découvert un des plus grands auteurs français romantique du XIXème siècle.


Résumé en trois mots : Amour, Passions et Tragédies

Ce recueil contient : On ne badine pas avec l'amour, Lorenzaccio, Les caprices de Marianne, Le chandelier et Il ne faut jurer de rien. Curieusement, alors que l'estampille de comédie est présente sur quasiment toutes les pièces, seules les deux dernières sont réellement des comédies, les trois autres ayant plus l'aspect d'un drame. Et d'un drame bien cruel.

Pour mon premier contact avec Musset, je ressors avec des étoiles plein les yeux ! Et pour une première raison qui est suffisante à elle seule : le style. Quelle beauté dans la langue, la verve est magnifique et le texte résonne bien souvent comme une poésie. Un texte comme celui-ci vaut plus qu'on ne pourrait l'imaginer pour comprendre la beauté de la langue française, et c'est tout l'intérêt.

En dehors du simple aspect littéraire, ces textes tournent tous autour d'un même thème repris en tout sens : l'amour, ou la passion. Mais de façon subtile parfois, notamment dans Lorenzaccio, qui traite presque plus de politique que du reste, tout en contenant quelques petites perles de réflexion.
Ce qui est saisissant, c'est que Musset croque des portraits d'amours dans tout les sens : heureux, contrariés, violent, tendre, c'est toutes les formes qui sont présentés, et se finissant bien souvent de manière tragique pour l'un ou l'autre des protagonistes, parfois pour tous.

De manière globale, j'ai adoré ces pièces, qui contiennent des réflexions excellentes, et des pitchs bien différents mais tous étonnants dans leurs tournures, jusqu'au dénouement final qui est souvent marquant, notamment On ne badine pas avec l'amour, qui m'a rappelé La mouette dans sa dernière réplique. D'ailleurs, cet aspect est aussi bien présent, la cruauté dans les actions. Le jeu de l'amour est d'une cruauté sans pareil ici. Et quels personnages ! C'est presque indécent parfois.

Pour un premier contact avec l'auteur, j'ai largement été bluffé, il faut l'admettre. Sur les cinq pièces présentes dans le recueil, trois m'ont éblouies, et les deux autres m'ont émerveillés. Et surtout, la surprise fut au rendez-vous à chaque fois, mais également la beauté du langage et la poésie des tirades. Pour du théâtre, c'est en outre extrêmement bien lisible, et j'ai fini par me laisser bercer par le style sans même y prendre garde. Pour un peu, je dirais que je prend gout à lire du théâtre. Alors si vous avez l'occasion, tentez le coup, ça vaut la peine de faire l'effort. Et puis, quelle fierté ensuite d'avoir lu du Musset ! Un classique, mesdames et messieurs.

(Chronique n°280)

dimanche 6 avril 2014

Vendredi soir (Emmanuèle Berheim)

Un livre très court, très petit, simple et direct. Je suis tombé dessus encore une fois par hasard, en lisant des critiques plutôt enthousiastes et positives sur divers autres blog de la toile. Alors je me suis laissé tenté, j'ai lu. Et en fait, je l'ai lu en même pas une heure. Très court, je vous l'ai bien dit.


Résumé en trois mots : Soir, Passion et Doutes

Bon, il faut l'avouer, ça fleure bon le romantisme, et si ça le frôle, ça n'y rentre jamais clairement. Le roman est vite lu, de par le peu de pages, mais aussi le style, tout en phrase courtes, et la mise en page. C'est très léger, très aérien, et ça rentre en droite ligne du ton du récit.

C'est une histoire simple aussi, mais assez rafraichissante. C'est tout dans la tête, le doute et les appréhensions juste avant le grand changement, la magie d'un moment unique, l'inconnu, l'attirance simple, se laisser aller à la passion. Et nous aussi, nous nous laissons entrainer au fil d'une soirée simple et peu ordinaire, mais une belle soirée, qui se laisse couler au fil des pages.

Ce roman, avouons-le, ce n'est pas le roman du siècle. Pas même de la décennie. Mais c'est un excellent roman, simple et efficace, qui offre une superbe parenthèse dans d'autres lectures, et c'est exactement ce qu'il m'a donné. Une parenthèse simple et efficace, qui m'a détendu et m'a fait cheminer en charmante compagnie durant cent pages.

Simple, efficace, rapidement lu, ce roman n'est pas le genre à marquer durablement, mais à se lire agréablement, tranquillement, dans un moment de pause entre deux autres lectures. Recommandé, parce que ça fait du bien des lectures aussi fluide de temps en temps. Prenez le temps, un soir, de lire Vendredi soir.

(Chronique n°163)