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lundi 12 novembre 2018

Plateforme (Michel Houellebecq)

J'ai décidé récemment de lire du Houellebecq, surtout suite au débat autour de son dernier livre, Soumission, qui m'intéresse et que je souhaiterai découvrir un jour. Mais en attendant j'ai du me rabattre sur ce livre que j'ai déniché dans les bacs d'occasion. Et je me suis laissé à le lire principalement parce que je le voyais sur le sommet de la pile et que je voulais découvrir cet auteur controversé dont on entend tout et le contraire. Et j'ai effectivement beaucoup de questions qui me restent au final. Parce que je ne suis pas certain de ce qu'il faut tirer de ce livre.


Résumé en trois mots : Tourisme, Sexe et Thaïlande

Ce livre est dérangeant, mais en même temps je le trouve assez long. C'est surtout parce que le personnage principal n'est pas attachant, même s'il en a bien conscience. Et également parce qu'il ne se passe pas grand chose, même si je comprend bien tout l'intérêt du roman. Mais vers le milieu du livre, une période plutôt longue défile durant laquelle il y a uniquement une mise en place du dernier acte. C'est dommage, parce que j'avais la sensation d'une retombée d'effet, après un début plutôt très bon et que je trouvais intéressant.

En dehors de ces considérations, j'ai beaucoup apprécié ma lecture, même si je ne sais que trop en penser. Certes, plusieurs considérations sur l'islam faites au sein du livre m'ont laissés perplexe, mais je n'ai pas vraiment d'avis tranché sur la question d'une islamophobie latente dans l’œuvre. Certaines considérations, bien que peu flatteuse, sont malheureusement le triste reflet de la réalité. Sans compter que dans la façon de l'apporter au livre, Houellebecq ne se démarque jamais clairement pour une position ou pour une autre. Alors qu'en tirer ? Ce qu'on veut, dirais-je, et je ne veux pas chercher la petite bête, je prendrais simplement ce que j'y ai trouvé pour me faire mon propre avis.
D'autre part, le livre fait une belle part au sexe, dans plusieurs cadre : les protagonistes le vivent, en parlent, le font et débattent dessus. Entre tourisme sexuel, libération des mœurs, vie sexuelle de couple et considération sur la sexualité de société, c'est un tableau assez curieux mais complet qui est dressé. Tableau avec lequel je ne me trouve pas en accord, mais qui est une représentation très intéressante, orientée et peu optimiste sur notre société. Je crois que le meilleur moment est lorsque l'un des personnages principaux déclare : "notre société ne marche pas. Et en plus, on l'exporte."

Ce livre est dérangeant dans son ton. C'est très critique envers la société, et en même temps cette critique n'est pas si acide, elle est simplement très réaliste de l'univers dans lequel nous vivons. L'industrie du loisir et du tourisme est foutrement glauque, c'est un fait, mais il est des choses qui doivent parfois être envoyée à nouveau en pleine gueule. Et en même temps, c'est quelque chose que j sais ne pas soutenir, ne pas vouloir. En tant que tel, ça redonne foi dans certaines de mes valeurs, et ça conforte certaines de mes idées. Notamment autour du tourisme sexuel, qui est bien présent dans nos vies, qu'on le veuille ou non.

Un livre étrange mais qui m'a plu, quoique je ne sais quoi en penser au final, mais je sais ce que j'en ai tiré, et c'est le plus important à mes yeux. J'ai apprécié certains points de vues émis dans le livre, je n'étais pas d'accord avec tout. Mais c'est appréciable d'avoir un roman dans ce style qui remue certains points sombre de notre temps. J'ai surtout découvert Houellebecq et ça m'a encouragé à continuer sur ma lancée, je crois que l'auteur a quelque chose de positif à dégager, et je vais tenter de continuer sur ma lancée. Je pense que ça va me plaire, quoiqu'on en pense. C'est toujours un plaisir de découvrir ce genre de choses.

mercredi 27 mai 2015

Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi (Arto Paasilinna)

Curieusement, il y a parfois un stade de trop avec certains auteurs, un stage au-delà duquel on se dit qu'il aurait mieux valu qu'on arrêtasses la lecture. Parce qu'il est temps de changer de gamme, de passer un peu à autre chose. J'ai eu ce trop plein avec Au fruits de la passion de Pennac, avec le Fondation foudroyée et maintenant, je le découvre avec ce livre de l'auteur. Un auteur que j'estime et que j'ai suivi avec intérêt, mais qui m'a au final écoeuré comme un trop plein de chocolat. Bref, je crois que ce livre sonnera pour moi le glas de notre relation, et que Arto Paasilinna ne visitera plus la roulotte aux livres.


Résumé en trois mots : Noel, Femmes et Finlande

Ce livre fut celui de trop. Peut-être pas la bonne période, peut-être pas les bonnes conditions, peut-être trop proches des autres lectures. En tout cas, je n'ai pas apprécié ma lecture comme autrefois, et j'ai fini par être lassé avant la fin du roman, souhaitant qu'il se finisse bien vite.

C'est d'autant plus dommage que l'idée est intéressante, notamment sur le personnage principal qui est un odieux connard et que l'auteur se plait à nous présenter sous un jour assez peu reluisant. Le périple qu'il connait dans les deux parties du livre est plutôt rocambolesque, mais il m'a peu intéressé, et je me sentais las des multiples références qui reviennent sans cesse dans sa bibliographie. Après 7 livres lu, je me sentais un peu trop pris dans des références régulières, et je me lassais de l'effet comique redondant.

Clairement, le livre de trop pour moi. J'apprécie toujours autant la plume de l'auteur et son ton volontairement mordant avec les Finlandais de manière générale, mais je trouve que c'est un peu trop d'avoir dévoré autant de ses livres. J'aurais du déguster la chose de manière plus délicate, et je vais maintenant faire une longue pause que j'espère non-définitive avec lui. C'est un bon livre, soyons honnête, mais il est venu au stade du trop. Dommage, les idées étaient intéressantes. C'est moi qui n'était plus en état de le recevoir.

(Chronique n°276)

vendredi 13 mars 2015

Nouvelles sous ectasy (Frederic Beigbeder)

J'ai eu l'occasion, alors je me suis précipité dessus. Je voulais découvrir ce que c'était que d'avoir un écrivain de renom si ce n'est de talent écrire des nouvelles sous cette drogue fabuleuse qu'est l'ecstasy. Déception première : c'est vraiment super court, et c'est bien dommage. Mais ensuite, je me suis lancé tranquillement dans la lecture et voila ce qui en est globalement ressorti :


Résumé en trois mots : Sexe, Drogue et Dépression

Frédéric Beigbeder me semble avoir des thèmes de prédilection qu'il ne peut que exploiter, tournant souvent en rond dans ses livres (j'en ai un que j'ai commencé voila maintenant plus d'un mois et que je ne parviens pas à finir), mais il se trouve qu'ici une touche de fraicheur bienvenue débarque pour ma plus grande joie.

Je crois que ce qui aide grandement à la lecture, c'est le format très court qui semble convenir à merveille à Beigbeder, alors que le format long peut vite devenir lassant avec lui. Ici, les nouvelles sont très courte, percutantes et pleines de ses habitudes. On y retrouve, pèle-mêle, l'humour douteux et bienvenu, la drogue et l'amour, le sexe omniprésent, les relations entre hommes et femmes. Et par dessus le tout, un mal de vivre latent qui semble transpirer dans une nouvelle sur deux. C'est chronique chez cet écrivain.

De façon simple, j'ai beaucoup aimé ce recueil, de par la brièveté de son écriture et la force qui s'en dégage. C'est clair et concis, précis et drôle, comme je les aime. J'aurais presque voulu un peu plus de nouvelles, mais l'auteur s'est vraiment limité pour le coup et c'est tant pis pour nous. Mais je ne boude pas mon plaisir (juste les prix ...), donc bon, ça passe.

Un livre qui semblerait me réconcilier un poil avec cet auteur, puisque j'ai beaucoup aimé et il me semble que l'auteur a bien réussi son coup cette fois. Simple et efficace, l'ensemble des nouvelles sont très bonnes et j'ai vraiment aimé ma lecture. Moins inoubliable que son L'amour dure trois ans, il reste un bon petit livre pour se distraire une bonne demi-heure. Lecture conseillée.

(Chronique n°244)

dimanche 19 octobre 2014

J'irais cracher sur vos tombes (Boris Vian)

Entre deux galères, je trouve toujours le temps de lire un petit livre de derrière les fagots, et je me suis attardé un peu sur ce livre d'un véritable génie que j'adore, dans presque tout ce qu'il a fait et que j'ai eu la chance de découvrir jusqu'ici. Boris Vian, le poète, chanteur, écrivain, scénariste, humoriste, musicien, l'homme complet et complexe, une véritable bête des arts. Un monument à découvrir. Et celui-ci rentrait dans la catégorie des romans qu'on me conseillait fortement de lire.

Résumé en trois mots : Noirs, Sexe et Violence

Je caricature un poil le propos dans ce résumé en trois mots, mais il faut bien avouer que ce sont les trois thèmes centraux de cette histoire curieuse et au relent de vérité qui mettent mal à l'aise. Déjà, et je tiens à la souligner, c'est un livre dans une ligne purement réaliste, soit au antipodes des autres écrits de l'auteur que j'avais déjà lu (L'écume des jours, Les fourmis et L'arrache-coeur). Ici, point de monde déformé, de réalité transfiguré et de critique voilée mais acerbe d'un monde plus fou que ce qu'il en tire.
Ici, tout pue la vérité, du début jusqu'à la fin, dans ce personnage du noir à la peau blanche qui cherche à venger son frère. Rien que du réalisme dans les échanges entre personnes, dans les faits racontés. C'est ce qui rend la lecture parfois malsaine au plus haut point, tout en conférant à l'ensemble un statut d'avertissement plutôt bienvenue.
C'est intéressant de constater que ce livre, issu des années de ségrégation, traitant d'un racisme qui n'existe plus en apparence chez nous, est toujours bien actuel dans certains de ses propos. Autant sur la jeunesse dorée qui se défonce dans tout les sens du terme, que sur la perversité de ceux-ci, les façons d'être et de réagir. Tout le monde est mauvais ou ignoble, et ce n'est pas le personnage principal qui arrangera les choses, même si il s'agit peut-être du seul qui semble agir avec un réel motif, et presque avec raison. Presque.
Le livre est extrêmement cru, il faut bien l'avouer. C'est explicite sur tout, et c'est ce qui en fait sa force. Rien n'est caché, mais finalement rien n'est vraiment important dans ce qui est cru. C'est le reste, ce qui se dévoile petit à petit, ce qui est tendrement camouflé derrière qui importe. Les sentiments, les raisons, le ressenti. Et tout cela ne transparait qu'a demi-mot. C'est plus complexe qu'il n'y parait au premier abord, car tout est dévoilé, masquant l'essentiel.
Mais ce livre est aussi un coup de poing puissant sur la table et dans la gueule. Qu'en tirer, quelle morale et quel message ? Je ne suis pas sur qu'il y en ai vraiment, et s'il y en a, c'est pluriel. Tout peut-être motif à question, et le final en crescendo accentue ce côté là. Décortiquez-le pendant des heures, vous pourrez en tirer ce qui vous semble bon.

Un étrange roman, dans l'esprit de Boris Vian, mais à part des autres que j'ai déjà lu de lui. C'est purement ancré dans la réalité, et de fait, le roman à une odeur bien plus désagréable. C'est cru et violent, mais jamais gratuitement. C'est méchant et cynique, mais là encore ce n'est pas par pur volonté de déranger. Et c'est puissant. Boris Vian nous entraine dans son histoire pour ne pas nous lâcher. Sans qu'on ne devine où cela nous entraine, l'histoire se déroule inlassablement, nous dévoilant plus d'horreur qu'on aurait voulu, mais nous assénant en face ces vérités qu'on veut éviter.
Si le propos sur la condition des noirs peut sembler démodé, je ne peux m'empêcher de repenser à certains, qui aujourd'hui, en Franc, parlent de ces "bougnoules" et de sang arabe dans les veines ... Et la critique de cette jeunesse dorée qui se défonce à tout va ne me semble pas plus démodée qu'elle ne l'était à l'époque. Les moyens changent mais pas le fond.
Bref, un roman excellent, à lire, car il me semble aussi actuel que peut l'être un roman sorti l'année dernière, et qui a le mérite de ne pas se voiler derrière des faux-semblant. La vérité est là, et elle nous éclate à la gueule. Le genre de roman puissant qui fâchent, qui impressionnent, qui estomaquent, mais qui ne laisse pas indifférent. Voyez ce qu'il en sera sur vous.

(Chronique n°205)

dimanche 25 mai 2014

Onze minutes (Paulo Coelho)

Dernier livre de Paulo Coelho en ma possession, et sans doute dernier que je lirais avant un bon moment, la bibliographie de l'auteur ne m'intéressais pas plus que ça et là je crois avoir lu les ouvrages essentiels. Pour le reste, je pense que j'attendrais d'avoir bien diminué cette PAL, et je repasserais. Donc, pour l'instant, voyons simplement ces Onze minutes.


Résumé en trois mots : Prostitution, Sexe et Amour

Le livre m'avait paru intéressant car s'intéressant au sujet de la prostitution, mais je me suis dit au fil de ma lecture que ça sentait quelque part l'arnaque. Et effectivement, il me semble qu'il y en a une. En fait l'histoire est apparentée à un conte, avec son début classique d'ailleurs, et un développement qui ne m'a pas semblé crédible. Notamment sur le fait de la prostitution. Après je ne connais pas la réglementation en Suisse, mais ça m'a semblé un poil trop facile comme vie. Bon, nonobstant ces détails, passons sur la suite.
Le style littéraire est pas mal, la lecture est très rapide surtout parce que les chapitres sont très courts, et l'histoire se déroule en chapitres successifs, entre le journal de la fille et son quotidien. C'est du Paulo Coelho, sans qu'on puisse dire que ce soit mauvais mais je ne le considère pas comme bon non plus.
Le reste, c'est l'histoire, et j'ai été très déçu. Ça parle de sexualité féminine (vu que l'auteur est un homme, je me demande la part de réel là-dedans), mais aussi d'autres choses, comme du rapport entre hommes femmes et aussi du rapport au corps. Et .. Ca m'a paru bateau. Les constatations, je me les étaient déjà faites, les conclusions aussi. Rien de neuf sous le soleil quoi. Et c'est le problème du livre, j'ai eu l'impression de lire des choses évidentes sur le sexe, alors même que je cherchais la nouveauté. J'ai eu du mal à le terminer en plein état d'esprit. Je ne suis pas satisfait.

Au final, ce n'est pas du tout ce à quoi je m'attendais et je suis assez déçu. Le sujet ne m'a pas semblé intéressant, et le roman ne m'a pas intéressé outre mesure. C'est dommage, parce qu'il me semblait qu'il y avait matière à faire mieux. Je repasserai pour le coup, et j'avoue qu'après le quatrième livre de l'auteur, j'ai une impression de tourner un poil en rond. Ce n'est pas ma littérature préférée, un peu trop simpliste pour moi.

(Chronique n°186)

lundi 5 mai 2014

Lolita (Vladimir Nabokov)

Depuis le temps que j'en entendais parler, après la semi-déception du film de Kubrick (qui ne fait clairement pas le poids face aux autres chef-d’œuvre du maitre) et après avoir relu une BD dans laquelle le personnage principal lisait ce livre, j'ai craqué, je me suis payé ce livre et je me suis attaqué à ses 500 pages d'écriture caustique et dérangeante. Un roman à scandale, qui fit couler beaucoup d'encre et en fait sans doute encore couler, un roman légendaire et porté deux fois à l'écran, un roman qui a donné naissance à un nouveau terme, ces Lolitas qui sont aujourd'hui dans nos vies, devant les collèges ou les lycées. Bref, un roman qu'il me fallait enfin lire un jour pour voir ce qui se cache derrière tant de mystères. Qu'en est-il au final de ce roman ?


Résumé en trois mots : Sexualité, Fantasme et Jeunesse

L'histoire est tellement connue que j'hésite à vous la noter sans me risquer à vous prendre pour des ignorants. Qui ne connait pas cette histoire d'amour passionnelle que vécue Humbert Humbert pour la jeune Lolita, fille de sa logeuse, une fillette de douze ans au sex-appeal débordant et aux mœurs douteuses ? Qui peut prétendre ne jamais avoir entendu parler du scandale de cette confession d'un authentique pédophile qui s'explique sur sa sexualité et son assouvissement ?
Bref, sans m'étendre outre mesure dessus, je me contenterais de parler du reste, c'est à dire à la fois les personnages, l'ambiance, le style d'écriture, le rythme, le fond et le contenu.
Tout le reste, est génial. En fait, en le lisant, j'ai progressivement compris ce qui a fait tellement scandale,avec une deuxième partie qui devient progressivement plus trash. En soi, c'est pas tellement décrit, mais toutes les implications qu'entrainent ce qui est noté suffisent à dégoutter. Et pourtant, a contrario de ce qui est écrit par le personnage principal, je n'ai pas réussi à le concevoir comme un pervers dérangé et immonde, mais simplement comme un pauvre gars qui a ruiné sa vie et manqué de faire pareil avec celle de Lolita.
En fait, ce qui est le plus dérangeant, c'est le fait de plonger jusqu'au tréfonds de l'âme du personnage avec ce point de vue unique qui nous suit tout au long du roman. Pas un moment d'échappatoire, pas un instant de répit, toujours le même point de vue et les pensées de ce personnage qui nous repousse ou nous fait pitié. Ou les deux. La sensation de malaise est aussi forte, puisque beaucoup de choses sont nettement suggérées mais pas clairement dites, laissant planer un doute malsain. Notamment sur le comportement de Lolita, finalement pas si pure que ça.

Un excellent livre, que j'ai adoré lire bien que je l'ai trouvé dérangeant moi aussi, mais je comprend toute sa portée et sa réputation. Ce n'est pas un livre qu'on lit pour se détendre, mais c'est incontestablement un grand roman, du genre qui fait parler de lui encore longtemps après sa sortie et qui continue d'être dérangeant. J'ai adoré la lecture, longue et parfois difficile (plus par malaise que pour le reste) mais qui m'a vraiment beaucoup intéressé. Si vous aimez vous plongez dans les turpitudes et les tourments de l'âme humaine, n'hésitez pas un instant et allez lire ce livre-ci. Mais ayez connaissance du terrain où vous mettrez les pieds. Toute lecture n'est pas accessible à tout le monde.

(Chronique n°177)

samedi 15 mars 2014

Women (Bukowski)

Je n'ai pas résisté à un nouveau Bukowski, notamment après avoir lu une BD sur lui récemment. C'est donc tout guilleret que je me suis plongé dans un livre autobiographique qui nous narre ses différentes (mes)aventures avec la gente féminine, pour un personnage haut en couleur et à la plume sublime. Un poète écrivant sur le sexe sans tabou, ça vaut largement le détour.


Résumé en trois mots : Femmes, Sexe et Autobiographie

Pour un résumé complet, il faudrait introduire également le facteur alcool, grand liant social et compagnon de Bukowski. Pour faire simple, nous avons là le résumé du livre. En fait, Bukowski nous offre une page de sa vie, uniquement centrée -ou presque- sur les femmes et les relations qu'il eut avec. Pas durant toute sa vie, mais durant un petit moment.

Charles Bukowski a un style d'écriture plutôt frappant. Direct, sans tabou, il nous livre plus que serait un journal intime, et moins à la fois, ne se dévoilant pas et n'indiquant que très peu sa pensée. Il se contente de faire un étalage de ce que fut sa vie, dans un moment donné, et ce qu'il vécue par rapport aux femmes. En lisant entre les lignes, on peut supposer que certaines choses n'ont pas changées, mais ce serait suppositions présomptueuses. Mais qu'est-ce que c'est bien écrit. Le style permet de rentrer rapidement dans l'histoire et permet de nous immerger dans un quotidien assez atypique pour un auteur. C'est curieux comme genre de vie, mais comme style de lecture c'est excellent.

En dehors de ça, il faut avouer qu'il semble parfois y avoir des longueurs, étant donné que la vie de Bukowski connait bon nombre de situations identiques, mais sinon c'est hyper-intéressant. D'ailleurs le personnage en lui-même apparait bien vite comme complexe, bien qu'apparaissant comme très simple, et devient aussi très attachant. Plusieurs passages sont très très beau, notamment quand il parle sur lui-même, ce qui n'arrive presque pas dans le livre. Bukowski est quelqu'un qui fuit en permanence, dans la boisson et dans le reste, fuyant ce qu'il est. Par contre, quand il raconte ses séances de lectures, je me dis que ça devait être quelque chose à voir.

En résumé un très bon livre autobiographique, au style littéraire assez incomparable, qui nous entraine dans la vie d'un écrivain de manière directe, sans rien nous cacher. La lecture est assez curieuse, entre humour et sérieux, poésie et sexe cru. C'est un ouvrage intéressant pour comprendre la vie de l'auteur, mais aussi simplement prenant et passionnant quand on se plonge dans la vie atypique de cet homme. J'ai eu l'impression de moments de faiblesse mais le tout est savamment dosé pour qu'on lise jusqu'au bout, avec une fin implacable et magistrale.

(Chronique n°152) 

mardi 28 janvier 2014

L'amour dure trois ans (Frédéric Beigbeder)

(lu entre le 1 et le 2 janvier)

Le nouveau Frédéric Beigbeder ! Je me suis lancé dedans, il se lit aussi vite que l'autre. D'ailleurs j'ai bien envie de creuser la bibliographie de l'auteur, il a un style auquel j'accroche pas mal. Pour ce deuxième livre, très court, j'ai eu à nouveau une lecture prenante et qui m'a plu.


Résumé en trois mots : Amour, Couple et Sexe

Le livre est assez curieux, écrit par Beigbeider en même temps que les événements (ou presque), en tout cas il veut le faire croire. Ca donne un genre tout particulier à l'écriture, qui alterne du coup des passages plus virulents, "sur le vif", et d'autres plus calmes et plus posés. Le mélange des deux est détonant. Car l'ensemble parle d'un sujet ô combien sensible, l'amour !

L'histoire est amusante à lire, entre l'auteur qui alterne déprime, ennui et colère (ou qui fait semblant de l'alterner); et tout un développement sur l'amour (considérablement obscurci par un propos aigri) avec tout ce que cela peut comporter comme bassesse du comportement humain. Selon sa vision, l'amour est quelque chose de monstrueux et de négatif. Ah, ces aigris qui écrivent dessus ... Cela dit, le propos n'est pas dénudé de fond, et même si je rigolais beaucoup, je dois avouer qu'il m'a fait réfléchir aussi sur la considération de l'amour. Ce n'est pas la réflexion du siècle, mais c'est intéressant comme façon de voir.

Un sympathique petit livre qui se lit vite, qui contient pas mal d'humour et une petite dose de réflexion. S'il n'atteint pas la beauté de 99 F, il reste néanmoins un très bon livre qui se lit facilement et qui nous invite à une toute petite touche de réflexion dans notre conception de l'amour. Je ne peux que vous en recommander la lecture, il a son charme.

(Chronique n°129)

samedi 14 décembre 2013

Contes de la folie ordinaire (Charles Bukowski)

Un livre que j'ai lu sur les conseils critiques de je-ne-sais-plus-qui (un autre bloggeur/chroniqueur de livres). Bref, son avis m'avait laissé assez dubitatif et je me suis laissé tenter à vérifier par moi-même ce qu'il y avait derrière ce titre énigmatique. J'ai acheté le livre pour un prix ridicule et je me suis laissé tenté à le lire, ce qui s'est fait très vite.


Résumé en trois mots : Trash, Violent et Cynique

Je pense que je pourrais difficilement donner une autre réponse à ce résumé de trois mots. Parce que c'est vraiment le résumé de tout ce qu'on y lit, si j'en tire uniquement le jus pur. En revanche, en attaquant sur le fond, c'est plus complexe.
Bukowski écrit d'une manière assez incroyable, mélange entre du récit réaliste trash et des médiations sur la connerie humaine dont il se revendique un membre à part entière. Un membre pas particulièrement glorieux d'ailleurs.

Ce livre a aussi un style d'histoire qui semblent sans queue ni tête, s'arrêtant et repartant à chaque fois ailleurs. C'est déroutant, car on ne sait pas à quoi s'attendre et quel morale il faut en tirer (si morale il y a, ce dont je doute pour certains récits). C'est assez dérangeant, mais plaisant à lire. Et je pense qu'un message passe en filigrane de tout ça quand même. Mais je n'en suis pas certain.

C'est sur, ce livre n'est pas pour tout âge, mais il est une sorte d'OVNI dans mes lectures récentes. Ne ressemblant à aucun autre, les Contes de la folie ordinaire sont comme indiqués dans le titre, des contes d'une folie ordinaire. La vie, mais sous un autre angle et d'une autre manière. C'est pas celle que j'aurais pensée mais elle existe aussi. Et j'ai bien aimé, c'est l'essentiel.

(Chronique n°108)

Treizième lecture. Le challenge continue.

samedi 16 mars 2013

Le meilleur des mondes (Aldous Huxley)

Je pense que vous aussi connaissez un sentiment d'angoisse à la vue de ces lectures dont tout le monde vous parle. Vous savez, comme pour les films, où tout le monde vous en parle, vous conseille de le voir, vous dit que c'est le top du mieux et qu'il faut foncer sans excuses. Vous connaissez ce sentiment, non ? Et souvent, nait du coup une appréhension de ce rabâchage constant. La peur d'être déçu et une sorte de résistance au mouvement de masses. C'est souvent visible pour les films, et ça existe totalement pour les livres. J'ai vécu ça plus d'une fois, et ce livre-ci est également à ranger dans cette catégorie, puisque j'entendais parler du Meilleur des mondes comme d'un chef-d’œuvre de la science-fiction, un roman culte et inégalé dénonçant tout le système et l'endormissement de la société.
Et bien là,  ..... je vais en faire la chronique, vous verrez par vous même le résultat.


 Résumé en trois mots : futur, science et castes
Donc, pour faire court, Aldous Huxley est né en Angleterre en 1894 et à écrit ce roman en 1931. C'est assez remarquable et très novateur pour l'époque, un roman d'une maturité assez grande mine de rien par rapport à l'époque.
Sinon j'ai adoré le fait que le titre soit emprunté à Voltaire dans Candide, alors que dans la version originale c'est tiré de Shakespeare. Une façon de transposer très fine. D'ailleurs le pauvre traducteur, avec du Shakespeare cité à tout bout de champ, obligeant à une traduction et à des compromis lorsque les phrases reprises sont intraduisibles. Mais j'ai bien apprécié la traduction.

Bon, cela dit, passons directement aux critiques, et je pense que vous avez compris, ça va saigner. En effet, j'ai eu du mal à lire ce livre. Non pas qu'il soit dur à lire, mais je ne l'ai vraiment pas trouvé extraordinaire. Même très plat. Il ne se passe pas grand chose, aucun personnage ne m'a paru spécialement charismatique d'un bout à l'autre, la dénonciation pas assez poussé à mon gout, la forme barbante .... Je suis assez critique, bien que je lui reconnaisse des qualités, mais j'ai grandement été déçu par ce livre, je dois le dire clairement comme c'est.

Déjà; attardons-nous sur la forme un instant. Je ne remet pas en cause les effets de traduction, qui sont très bon comme je l'ai dit plus haut, mais sur le style. C'est vieillot, et contrairement à d'autres romans plus vieux, j'ai trouvé qu'il a bien mal vieilli. C'est peu prenant à lire, on décroche assez vite, le narrateur nous ballade un peu partout en suivant divers personnages sans jamais suivre exactement un. La forme pourrait être excellente, mais j'ai vraiment eu du mal. Surtout que les personnages m'ont paru chiant. Peu intéressant, avec des attitudes énervantes (mais volontairement énervante) et des actions au compte-goutte. Lorsque enfin les réflexions arrivent, c'est quasiment la fin du roman et celles-ci ne se feront que dans le cadre d'une seule et unique discussion. J'ai trouvé l'ensemble un peu mou du genou. Les dialogue avec Bernard et Helmholtz m'auraient beaucoup intéressé, mais on n'en a presque jamais.
Ensuite, la dénonciation est peu efficace je trouve. On frissonne dans les premières pages à l'idée du conditionnement, mais contrairement à George Orwell dans 1984, le monde ne parait pas si horrible que ça à la fin. Il est désagréable et je n'aimerais pas y vivre, mais il n'est pas foncièrement mauvais. Et du coup je n'ai pas vraiment vu une dénonciation. Tout au plus une critique d'un système mais sans le rendre obsolète. C'est un grand tort du livre à mon avis que de ne pas arriver à nous dégouter complètement de ce système.
Un des aspects qui nous échappe également plus concerne la sexualité, où j'ai l'impression que le contexte d'écriture est sacrément présent. Aujourd'hui avec la libéralisation des mœurs, certaines attitudes semblent moins choquantes (ne me faite pas dire n'importe quoi, je ne dis pas que nous en sommes au stade du roman, mais à mon avis les lecteurs de 1931 étaient largement plus scandalisés que nous).

Ensuite, j'ai eu du mal à trouver un fil conducteur. On se balade un peu partout, avec tout les personnages. L'univers est très riche, et il y aurait eu matière à beaucoup plus d'exploitation (notamment un point de vue des classes inférieurs aurait ajouté du piment je pense), et l'auteur passe finalement beaucoup de temps à décrire un monde que l'on n'explore pas tellement. Les actions sont vraiment peu nombreuses, et la réflexion non plus. Plus d'une morale sont simplistes. Ce n'est pas ennuyeux, mais en refermant le livre j'ai eu une sorte de questionnement du style : "Déjà fini ? Mais .... Et le reste ?"


Par contre, je reconnais beaucoup de qualités. Les descriptions scientifiques au début ont de quoi glacer jusqu'au sang, des choses dérangent particulièrement, et plusieurs passages sont vraiment prenants (notamment le dialogue philosophique entre John et l'Administrateur, très bien tourné). Le souci c'est qu'ils sont bien noyés dans la masse. Une impression de beaucoup de bruits pour pas grand chose m'est resté à la fin. C'est vraiment dommage, il y aurait eu matière à faire beaucoup plus je pense.

Du coup, je dois bien dire que je trouve ce livre décevant par rapport aux qualités tant vantés. Le monde décrit n'est pas enviable, mais il n'a rien de la majesté d'un Farenheit 451 ou d'un 1984, bien plus riches au niveau du contenu et de la critique. Les héros manquent cruellement de charisme, ce qui est un peu obligatoire dans le contexte, mais qui me dérange pas mal à la lecture. Et puis le récit est franchement trop court. On a à peine le temps de s'habituer au monde que voila déjà que le livre se clôt. D'une fin que je sentais d'ailleurs arriver à plusieurs kilomètres, du coup j'ai été vraiment déçu. Pas de belle surprise finale qui donne à réfléchir. John perd en charisme à la fin, et finalement rien n'a avancé dans le meilleur des mondes. C'est un peu trop plat je pense.
Du coup, c'est un livre intéressant sur la science-fiction, un vieux classique, mais qui se fait à mon avis bien dépasser par ce qu'on peut trouver actuellement. A lire pour l'avoir lu, mais il est vraiment dispensable à mon avis. 

(Chronique n°25)

Deuxième participation !
Deux challenges d'un coup ! C'est beau, hein ?

mercredi 6 février 2013

Péchés mignons (Arthur de Pins)

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Amis de la poésie, de la délicatesse et du bon gout, bonjour ! Aujourd'hui je vous propose d'aborder un thème qui m'est très cher : l'humour. Nous allons disserter en même temps d'un autre sujet bien connu de la bande-dessinée : le sexe ! Comme annoncé au début, il y aura de tout sur le blog, du beau, du moche, du soft et du hard. D'ailleurs en terme de hard je mijote quelque chose de vraiment beau. Mais pour l'instant, voyons plutôt ce que nous avons dans la main. Je précise également avec ce post que j'inaugure à présent les séries en BD sur ce blog, et donc vous pouvez trouver de nouveaux libellés pour ça, avec une division en nombre de tomes. D'autre part j'ai rajouté l'éditeur à chaque fois. On verra bien ce que je commente le plus.


Résumé en trois mots : Sexe, Humour et Couples

En 2006 donc, un petit homme normal nommé Arthur de Pins eut une idée géniale qu'il commença à publier dans Fluide Glaciale avant de le faire paraitre en album chez Fluide Glamour (la section spéciale osée de Fluide Glaciale). La série est découpé en gags en planche (en clair, une planche = un gag) et va se concentrer sur un jeune homme quelconque, appelons-le Arthur tiens. Comme l'auteur d'ailleurs. Oui, car en partie des situations dans la BD sont autobiographique (exagérée bien évidemment et souvent un peu modifiée, mais la base reste vraie). Et ce petit bonhomme va donc osciller dans sa vie, entre sexe d'un soir, copine longue durée, relation de merde, problèmes de couple et drague minables. Le tout avec son boulot et ses ex. Dit de cette façon, la BD semble bien clichée, mais je vous rassure, elle l'est vraiment. Et c'est drôle. Je vais tranquillement vous expliquer ça.

Donc voici le personnage principal : Arthur. Dans la vingtaine et quelques durant les premiers albums (surtout le premier) il évolue progressivement vers la figure du trentenaire qui commence à voir plus loin que les coups d'un soir.
D'ailleurs j'en profite pour expliquer tout de suite l'organisation des tomes. Le premier va présenter le personnage et plusieurs gags sur un peu tout les thèmes. C'est plus un recensement de tout ce qu'on peut trouver en gags autour du sexe en restant sympathique. Le deuxième tome va aller plus loin en proposant des histoires successives qui vont former une trame narrative vers le milieu du tome, autour de la relation d'Arthur avec une même fille nommée Clara (c'est la rousse à droite). Progressivement, le récit s'étoffe avec des figures qui reviennent. Ensuite, le tome trois s'éloigne de Arthur pour rester concentré sur le personnage de Clara et dévoiler cet univers d'un point de vue féminin. C'est très bien fait, d'autant que Arthur (l'auteur, pas celui de la BD) a su s'entourer d'une excellente équipe féminine pour la conception des gags. Oui, je le note également, mais comme pour beaucoup d'auteurs, il faut souligner que De Pins n'a pas écrit tout ses gags, et de nombreux ont été proposé par des tierces personnes. Je pense que vous ne serez pas vexés que je ne les note pas tous.
Enfin, pour finir sur les livres, le tome 4 qui date de 2010 est concentré autour du mariage à un ami commun aux deux précédents protagonistes (Arthur et Clara), donnant lieu à toute les situations possibles et imaginables autour. Voir même très improbable. Mais je vous laisse découvrir.

Cette histoire donc, est servi par un dessin très peu courant -et que vous constatez dans les images que j'ai mise- puisqu'il s'agit d'un traitement intégralement informatique. Alors si dans certains cas il est très dur de trouver ça beau, je dois avouer que le traitement est vraiment bien fait. Les couleurs sont toujours très bien faite, le dessin rond et "kawai" est très mignon, sauf que le sujet n'est pas en rapport (un peu comme Happy Tree Friends, mais je m'égare). C'est d'ailleurs très amusant avec les têtes rondes et les yeux démesurés. Et la maitrise est d'autant plus grande au fur et à mesure des tomes. Une bonne partie des gags reposent en partie sur un humour avant tout visuel, et l'effet est parfaitement correct. C'est bien maitrisé. Après le tout peut sembler très froid, un peu plat, et ne vaut pas forcément le coup d'acheter une planche originale. C'est bien fait, mais c'est loin d'être beau, c'est certain. Par contre, il est efficace.

Ensuite, je dois bien évidemment parler de l'humour. Et là je dois dire qu'il est sublime ! Pour ceux qui connaissent, il est largement au-dessus de celui de Dany dans ses ouvrages coquin. Là l'humour est orienté sexe, et c'est assumé. Je vous en donne quelques exemples dans les images, n'hésitez pas à cliquer pour mieux lire. Ce qui est génial, c'est que De Pins mélange l'humour bas de gamme sur la sexualité avec plusieurs clichés et des constats sur la société moderne, notamment dans sa façon d'appréhender le sexe dans la vie de tout les jours. A ce titre notamment je trouve que le premier est pas mal avec la façon d'aborder le problème de façon général. Ensuite les autres tomes sont géniaux en pointant certains comportements. Plus d'un gags sont tout bonnement hilarant (mais vraiment le truc qui fait rire, pas juste sourire) et des idées très intéressante sont parfois développé en propos sous-jacent. J'ai retenu entre autres la façon de percevoir la première fois entre un homme et une femme, les nouvelles politesses lors de l'addition au restaurant, le féminisme libéré, les sex-toys et le complexe que peuvent développer les types. Bref, plusieurs interrogations de l'homme moderne sont mises en images. Mais surtout, ce qui est intéressant, c'est que le personnage d'Arthur philosophe presque (n'abusons pas, j'ai dit "presque") sur la place de l'homme dans la société, par rapport aux femmes. C'est vraiment intéressant, mais avant tout drôle.

Et enfin, je soulignerais que la collaboration est pas mal du tout, avec pas mal de gags qui sont fait à la fois avec un point de vue masculin et un féminin. C'est d'ailleurs amusant quand on lit des interviews de Arthur de Pins, puisqu'il précise que lorsqu'il demandait à des amies d'écrire des histoires, elles mettaient beaucoup moins de tabous que lorsqu'il demandait aux hommes, ce qui l'a sidéré au début. Et sinon, Arthur (l'auteur) explique que pour lui la grande question qui le tracassait durant ces albums était : finalement, aujourd'hui, c'est quoi être un homme ? Donc pour cela, il explore. Mais de même, être une femme, qu'est-ce que c'est exactement ? (voir l'interview ici : clic-clic)
Ah oui, avant que des petits libidineux ne cherchent la BD sur un site quelconque, je vous préviens tout de suite : la nudité est sacrément présente dans les pages, les scènes de sexe aussi, mais ce n'est pas le genre de BD où les pages seront collées lorsqu'un mec l'a lu en solitaire dans la chambre (si vous voyez ce que je veux dire). Le dessin rond et gentillet n'est pas propre à ça (prenez plutôt du Manara de toute façon) et le sexe n'est pas compatible avec l'humour (selon les scientifiques, il est impossible de rire en même temps qu'on a un orgasme. Je dis, ça se tente !). Bref, ce n'est pas de la BD-cul, loin de là.


En conclusion, nous avons une BD qui s'exprime sans tabou sur le sexe, et en fait un point central d'un humour décapant et déjanté, prenant prétexte à toute situation bonne à faire pour partir en gags. Cependant, si la plupart des gags sont bons, une partie m'a laissé de marbre et sont à mon humble avis pas très drôle. L'humour ne plairait pas forcément à tout le monde, et le tome 3 est un cran en-dessous des autres, avec des gags plus tourné Sex & the city qu'avant, ce qui est dommage je trouve. Mais le niveau remonte sacrément au quatrième tome, lequel se conclue d'une façon superbe, et termine la série d'une belle façon je trouve (il semble qu'aucun autre tome ne soit en préparation pour l'instant). De même, le dessin peut rebuter au début, mais on s'y habitue et il est vraiment adapté à la situation. Un dessin plus précis et réaliste, c'est du Manara, plus branché style franco-belge, c'est du Dany. Et l'adéquation avec le propos est parfaite.
Une série très sympathique, qui se lit bien, et garnit très facilement vos toilettes pour vos invités, afin qu'ils passent un bon moment. Si vous tenez absolument à les garder intact, vous pouvez trouver un coffret avec tout les tomes et un zouli poster (je pourrais faire une photo pour vous monter mais la flemme). En tout cas, c'est du très bon, j'en rigole encore maintenant quand je le relis.

(Chronique n°8)

Allez, parce que je suis gentil, j'en met encore quelques planches :