Sillonnant les routes de la littérature, la roulotte aux livres vagabonde dans l'imaginaire des livres. Prenez là en route, elle vous emmènera au gré de ses lectures dans des univers fabuleux, à l'envie du conducteur.
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lundi 15 juin 2015
Le siècle (Ken Follet)
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jeudi 3 juillet 2014
L'or de la terrre (Bernard Clavel)
Deuxième tome de la saga, et je retourne avec un plaisir immense dans cette contrée gelée du nord de l'Amérique, dans le Québec froid et dur, celui qui tue l'hiver. C'est aussi le nord encore vierge, qu'on ne connait que très peu et qui recèle bien des choses en son sein. Et puis c'est la plume de Barjavel, celle qui nous donne envie de lire d'un bout à l'autre sans que l'on ne puisse deviner ce qu'il y aura derrière chaque page. Prenez un ticket, embarquez-vous jusqu'à la mine sur l'île, celle qui rend donne, mais qui peut tout aussi bien prendre.
Résumé en trois mots : Or, Mine et Richesse
Comme cela semble parti, je pense que l'ensemble de la saga sera constituée de tragédies. Enfin ... des tragédies à la Clavel, un auteur qui vous enrobe tout ça tellement finement que vous ne vous ne considérez plus ça comme de la tragédie. Comment en parler exactement ....
Clavel a un style d'écriture complètement prenant, qui vous envoute en peu de temps, vous accrochant aux personnages quand bien même ceux-ci ne sont pas du tout héroïque. Et qui ne vous donne pas envie de lâcher, mettant en place tout les pions d'une tragédie qui va se dérouler petit à petit. Mais, en même temps, cette tragédie n'est que le déroulement de la vie, celle qui prend et donne sans pitié et sans regarder. C'est là peut-être que réside le paradoxe de ses livres. Il nous compte les malheurs, mais sans qu'on ne puisse dire que c'est tragique. La phrase "C'est la vie" n'a jamais pris autant de sens qu'ici, où la vie s'écoule, commence, continue, s'arrête au fil des pages.
Clavel nous compte la quête de l'or dans le sol froid du Québec, dans une mine qui va rapporter, et les hommes qui accomplirent cette quête avec acharnement et opiniâtreté jusqu'au bout. Des gens qui vont aussi changer, pris dans la fièvre de l'or, mais pas de la façon dont on s'y attendrait. Et le roman nous entraine toujours en avant, sans s'arrêter un seul instant. Le temps marche, les choses avancent, et Clavel nous conte tout ça.
C'est d'ailleurs sidérant, mais Clavel partage ce trait avec Neil Gaiman, d'avoir une écriture qui semble être celle d'un conteur, comme s'il venait nous sussurrer à l'oreille les mots qu'il a tapé. C'est d'autant plus impressionnant que lorsque je le lis, j'entends vraiment un personnage me parler dans l'oreille et me raconter tout cela.
Un livre tout aussi bon que le premier, qui nous entraine dans ce nord froid et rude, mais aussi généreux, quand on sait rester prudent. Un livre qui se lit parfaitement bien, qu'on dévore presque et qui donne envie de se plonger dans la suite, de redécouvrir le St-Laurent et les berges de l'Harricanna. C'est une saga qui m'entraine déjà, et dont j'ai envie de connaitre la suite. Que de beauté, que de malheur, dans une fresque historique malheureusement très proche de la vie.
(Chronique n°202)
Résumé en trois mots : Or, Mine et Richesse
Comme cela semble parti, je pense que l'ensemble de la saga sera constituée de tragédies. Enfin ... des tragédies à la Clavel, un auteur qui vous enrobe tout ça tellement finement que vous ne vous ne considérez plus ça comme de la tragédie. Comment en parler exactement ....
Clavel a un style d'écriture complètement prenant, qui vous envoute en peu de temps, vous accrochant aux personnages quand bien même ceux-ci ne sont pas du tout héroïque. Et qui ne vous donne pas envie de lâcher, mettant en place tout les pions d'une tragédie qui va se dérouler petit à petit. Mais, en même temps, cette tragédie n'est que le déroulement de la vie, celle qui prend et donne sans pitié et sans regarder. C'est là peut-être que réside le paradoxe de ses livres. Il nous compte les malheurs, mais sans qu'on ne puisse dire que c'est tragique. La phrase "C'est la vie" n'a jamais pris autant de sens qu'ici, où la vie s'écoule, commence, continue, s'arrête au fil des pages.
Clavel nous compte la quête de l'or dans le sol froid du Québec, dans une mine qui va rapporter, et les hommes qui accomplirent cette quête avec acharnement et opiniâtreté jusqu'au bout. Des gens qui vont aussi changer, pris dans la fièvre de l'or, mais pas de la façon dont on s'y attendrait. Et le roman nous entraine toujours en avant, sans s'arrêter un seul instant. Le temps marche, les choses avancent, et Clavel nous conte tout ça.
C'est d'ailleurs sidérant, mais Clavel partage ce trait avec Neil Gaiman, d'avoir une écriture qui semble être celle d'un conteur, comme s'il venait nous sussurrer à l'oreille les mots qu'il a tapé. C'est d'autant plus impressionnant que lorsque je le lis, j'entends vraiment un personnage me parler dans l'oreille et me raconter tout cela.
Un livre tout aussi bon que le premier, qui nous entraine dans ce nord froid et rude, mais aussi généreux, quand on sait rester prudent. Un livre qui se lit parfaitement bien, qu'on dévore presque et qui donne envie de se plonger dans la suite, de redécouvrir le St-Laurent et les berges de l'Harricanna. C'est une saga qui m'entraine déjà, et dont j'ai envie de connaitre la suite. Que de beauté, que de malheur, dans une fresque historique malheureusement très proche de la vie.
(Chronique n°202)
mardi 11 mars 2014
Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus (Eduardo Mendoza)
Encore un livre qu'on m'a prêté et que je me décide à lire rapidement (faut vraiment que je les finisse tous ...) pour avancer dans le tas qui s'accumule encore un peu plus. D'ailleurs j'ai eu un sourire en voyant le nom de l'auteur, également celui du méchant de De capes et de crocs. Bref, je me suis dit "Pourquoi pas ?" et me voila encore une fois embarqué dans des aventures bibliques, nous transportant dans le temps que fut celui de Jésus avant qu'il ne devienne célèbre, lorsque son père Joseph fut accusé de meurtre.
Résumé en trois mots : Humour, Jésus et Enquête
L'histoire est très bien trouvée, mélange entre une enquête à la Agatha Christie et de l'humour très drôle, ajouté à une bonne dose d'histoire biblique (si vous avez des connaissances vous noterez de multiples références dans le roman, souvent bien trouvées et parfois subtiles), plus une part d'histoire réelle, ce qui n'est pas pour déplaire l'historien que je fus. Et en plus de ça, l'auteur écrit bien. C'est la cerise sur le bouquet, non ?
En commençant à lire, le ton est très vite donné. C'est résolument un livre humoristique, mais qui sait aussi explorer d'autres chemins, notamment ceux du policier simple, puisque nous allons suivre une enquête véritable, avec ses indices, ses fausses pistes (dans lesquelles je me suis plongé allègrement) et son dénouement, par ailleurs pas complètement idiot et en accord avec le reste de l'histoire (notamment sur le plan historique). L'auteur nous entraine dans une fiction très crédible, et se paye en sus le luxe de nous offrir un postface expliquant les informations réelles qu'il a usée et celles qu'il a changé pour adapter au livre, souvent minime d'ailleurs. Je trouve cela juste parfait, et surtout intéressant.
Comme dit, le roman fait la belle part au réalisme historique, teinté de beaucoup d'humour, mais c'est vraiment la Judée telle qu'elle était à cette époque là (environ 6 ap. JC), avec ses principes entre romain et juifs, mais aussi entra habitants, et notamment certaines coutumes. C'est du coup un bon petit moment d'histoire.
Je demanderais bien plus souvent des romans aussi intelligent, dans l'histoire, le cadre et le traitement très humoristique. L'ensemble passe comme une lettre à la poste et j'ai lu le tout sans vraiment m'arrêter, entrainé dans ces aventures déjantées et loufoques qui m'ont bien plu. Le tout est très simple mais efficace, et l'auteur a su tirer le meilleur profit de ce qu'il savait. Je recommande ce petit bijou de lecture, qui m'a vraiment beaucoup plu.
(Chronique n°150)
L'histoire est très bien trouvée, mélange entre une enquête à la Agatha Christie et de l'humour très drôle, ajouté à une bonne dose d'histoire biblique (si vous avez des connaissances vous noterez de multiples références dans le roman, souvent bien trouvées et parfois subtiles), plus une part d'histoire réelle, ce qui n'est pas pour déplaire l'historien que je fus. Et en plus de ça, l'auteur écrit bien. C'est la cerise sur le bouquet, non ?
En commençant à lire, le ton est très vite donné. C'est résolument un livre humoristique, mais qui sait aussi explorer d'autres chemins, notamment ceux du policier simple, puisque nous allons suivre une enquête véritable, avec ses indices, ses fausses pistes (dans lesquelles je me suis plongé allègrement) et son dénouement, par ailleurs pas complètement idiot et en accord avec le reste de l'histoire (notamment sur le plan historique). L'auteur nous entraine dans une fiction très crédible, et se paye en sus le luxe de nous offrir un postface expliquant les informations réelles qu'il a usée et celles qu'il a changé pour adapter au livre, souvent minime d'ailleurs. Je trouve cela juste parfait, et surtout intéressant.
Comme dit, le roman fait la belle part au réalisme historique, teinté de beaucoup d'humour, mais c'est vraiment la Judée telle qu'elle était à cette époque là (environ 6 ap. JC), avec ses principes entre romain et juifs, mais aussi entra habitants, et notamment certaines coutumes. C'est du coup un bon petit moment d'histoire.
Je demanderais bien plus souvent des romans aussi intelligent, dans l'histoire, le cadre et le traitement très humoristique. L'ensemble passe comme une lettre à la poste et j'ai lu le tout sans vraiment m'arrêter, entrainé dans ces aventures déjantées et loufoques qui m'ont bien plu. Le tout est très simple mais efficace, et l'auteur a su tirer le meilleur profit de ce qu'il savait. Je recommande ce petit bijou de lecture, qui m'a vraiment beaucoup plu.
(Chronique n°150)
samedi 1 février 2014
Impératrice (Shan Sa)
(lu entre le 9 et le 16 janvier)
Enfin fini ce livre ! Une semaine, je me surpasse dans ma lenteur, mais j'avoue que j'ai lu pas mal de BD entre, et celles que j'ai lu étaient sacrément consistantes. A tel point qu'une d'entre elle m'a pris une semaine complète et qu'elle me travaille encore. Sans parler de certaines qui sont encore sur ma pile, et qui ne sont pas prêtes d'en décoller car ce sont plus des pavés graphiques et littéraires que des véritables BD. Mais ça c'est un détail. En tout cas ma lecture fut lente ...
Résumé en trois mots : Chine, Impératrice et Biographie
Pas la peine de me faire remarquer que j'ai intégré le titre dans le résumé en trois mots, je le sais ! Mais j'avoue qu'il n'y a pas grand chose d'autre pour résumer véritablement ce roman imposant (pas par la taille, il fait à peine plus de 400 pages), qui nous présente une vie complète.
Si j'ai adoré les autres récits de Shan Sa, je suis plus mitigé sur celui-ci. Il est bon, mais moins que ses deux autres. Dans les autres la légèreté et la poésie de l'auteur convenaient à merveille aux situations et à la narration. Ici, le cadre historique et la contrainte de raconter une vie complète donnent plus de mal, et dans l'ensemble de la lecture j'ai eu parfois le sentiment de lire vraiment un texte historique (ah, souvenirs de la fac d'histoire ...), mais ce n'est pas vraiment un compliment, parce que c'est lourd à lire. Un autre détail, c'est que tout l'aspect contemplatif et descriptif est très bien fait, mais malheureusement il parsème un récit qui n'est pas chargé en action, et j'ai souvent eu l'impression qu'on stagnait sur un passage sans grande importance. Au final, il faut avouer que si la vie de cette impératrice fut intéressante,elle ne fut de loin pas trépidante, et la lecture s'en ressent.
A côté de ça, le style est toujours intéressant et l'histoire a un côté prenant aussi, a la lecture de toute cette vie, très intéressante au demeurant. C'est assez incroyable, mais je me pose des questions quant à la qualité historique de l'ouvrage, clairement romancé, et sur une personnes sujette à de tels controverses. Mais cela n'enlève rien à la démarche, qui tente de donner une autre image à cette Impératrice, la seule de Chine, qui installa sa dynastie pour son règne. Une image controversée, donc, mais intéressante.
Clairement, ce n'est pas le meilleur récit de Shan Sa, mais il est intéressant aussi, et assez prenant même si il n'est pas dans le haut du classement. Intéressant notamment sur sa vision de la Chine ancienne et de cette Impératrice hors-norme, intéressante pour quelques passages, et le style toujours aussi bon, même si je le trouve moins en accord avec le récit. Pas indispensable, mais pas désagréable non plus.
(Chronique n°131)
(Chronique n°131)
vendredi 20 décembre 2013
La jeune fille à la perle (Tracy Chevalier)
Ce roman a été spécial pour moi. En fait quelqu'un m'avait donné le livre à lire il y a un petit moment, environ trois ans maintenant. Suite à des histoires personnelles plutôt mauvaises et qui m'ont conduites à d'autres voies, j'ai rendu le livre sans l'avoir lu. J'ai finalement retrouvé l'ouvrage dans les bacs d'occasions et je me suis décidé à le lire rapidement.
Résumé en trois mots : passion, peinture et religion
Ce livre m'a laissé mitigé. Déjà parce que je n'ai pas l'édition avec le tableau sur la couverture, ce qui fait que je ne peux pas le comparer à ce que je lis dans le livre, provoquant un légère frustration. Mais également, et surtout, l'intérieur m'a moyennement convaincu, et je vais m'expliquer.
Le principal défaut que j'ai trouvé, au niveau du style, c'est un manque d'implication dans l'ouvrage. J'étais détaché de tout ce qui se passait, et l'héroïne était très effacée à mon gout. Plusieurs passages m'intéressaient sur des non-dits, des silences et des suggestions, mais ils n'étaient que peu présent et jamais utiles dans l'intrigue. D'ailleurs le roman est court, et je dirais presque trop court, il ne permet pas de bien développer certains aspects qui font qu'un sentiment d'inachevé m'est resté en bouche à la lecture.
A côté de ça, plusieurs passages sont beau, comme dit, mais c'est assez bien construit au niveau de l'ambiance de ces années là et des relations entre personnes. Je ne sais pas quel est le degré de véracité historique, mais ça semble réel. Crédible en tout cas. De même, il y a des bonnes idées au niveau des non-dits, des suggestions qui sont laissées, mais en règle général c'est pas assez poussé et c'est ce que je regrette.
En fait j'ai été déçu, peut-être parce que j'en attendais trop, mais c'est une histoire qui m'a semblé au final très anecdotique et sans intérêt particulier. J'ai lu, c'était sympathique, mais je ne relirais pas et je n'ai pas de souvenirs impérissable. C'est dommage, je pense qu'il y avait matière à faire mieux.
(Chronique n°111)
Ce livre m'a laissé mitigé. Déjà parce que je n'ai pas l'édition avec le tableau sur la couverture, ce qui fait que je ne peux pas le comparer à ce que je lis dans le livre, provoquant un légère frustration. Mais également, et surtout, l'intérieur m'a moyennement convaincu, et je vais m'expliquer.
Le principal défaut que j'ai trouvé, au niveau du style, c'est un manque d'implication dans l'ouvrage. J'étais détaché de tout ce qui se passait, et l'héroïne était très effacée à mon gout. Plusieurs passages m'intéressaient sur des non-dits, des silences et des suggestions, mais ils n'étaient que peu présent et jamais utiles dans l'intrigue. D'ailleurs le roman est court, et je dirais presque trop court, il ne permet pas de bien développer certains aspects qui font qu'un sentiment d'inachevé m'est resté en bouche à la lecture.
A côté de ça, plusieurs passages sont beau, comme dit, mais c'est assez bien construit au niveau de l'ambiance de ces années là et des relations entre personnes. Je ne sais pas quel est le degré de véracité historique, mais ça semble réel. Crédible en tout cas. De même, il y a des bonnes idées au niveau des non-dits, des suggestions qui sont laissées, mais en règle général c'est pas assez poussé et c'est ce que je regrette.
En fait j'ai été déçu, peut-être parce que j'en attendais trop, mais c'est une histoire qui m'a semblé au final très anecdotique et sans intérêt particulier. J'ai lu, c'était sympathique, mais je ne relirais pas et je n'ai pas de souvenirs impérissable. C'est dommage, je pense qu'il y avait matière à faire mieux.
(Chronique n°111)
vendredi 4 octobre 2013
Pourquoi j'ai mangé mon père (Roy Lewis)
Résumé en trois mots : Humour, Primates et Invention
Déjà, ce récit est intéressant pour moi (je suis curieux de tout) car il indiquait qu'il parlait à la fois de façon humoristique mais avec un fond assez sérieux de la préhistoire, période que j'affectionne tout particulièrement, et ensuite parce qu'on me vantait aussi les qualités de métaphores que possédait le livre. Je n'ai pas résisté longtemps à son appel lorsque je l'ai vu dans les bacs d'occasion (encore une fois pour 1.5 €, vive les occasions !).
En fait, nous allons suivre une famille de la période du Pléistocène moyen qui, sous la houlette d'un père inventif, va connaitre des innovations techniques qui les transformeront pour les faire devenir des hommes. Mais tout ne se fait pas sans mal, notamment lorsque l'oncle ne veut pas quitter les arbres et rejette le progrès ou lorsque les inventions dérapent. Car oui, on ne contrôle pas tout.
Donc, en bref, ce roman est drôle. Le décalage vient surtout du fait que tout le monde parle de façon contemporaine et que les protagonistes sont au courant de leur situation et de leurs places dans l'histoire (le père se plaint d'être coincé au Pléistocène et de ne pas évoluer). Le tout avec les conditions de vies que devaient être celles d'un homme de cette époque (bien romancée évidemment) et la façon dont auraient pu se passer les découvertes de toutes les innovations, qui surprennent lorsqu'elles arrivent dans le roman. Après tout, l'homme préhistorique à inventé tellement de choses qu'on ne rend plus compte qu'un jour il a fallu avoir cette idée. C'est ce qui est très intéressant dans ce roman, puisque nous redécouvrons l'homme qui nait, ce qu'il a inventé et ce qu'il a due faire pour survivre.
En sus de tout ça, nous avons des belles métaphores sur le progrès et ses dérives, la peur qui en est liée, et d'autres petits détails (le fait que beaucoup voient dedans une image de la bombe nucléaire notamment). En fait, on ne se rend compte qu'après coup de la richesse d'un tel livre.
Pour faire court, j'ai adoré ce livre, j'ai éclaté de rire plus d'une fois en le lisant, et j'ai également adoré tout ce qu'on y apprend sur les pratiques de vie d'un homme de cette époque, avant la naissance de l'Homo Sapiens. C'est un récit drôle, intéressant, et qui nous enseigne beaucoup de choses, entre les métaphores et les vérités simples sur nos origines (comme le fait d'inventer la danse ou la peinture). C'est humoristique certes, mais pourtant il invite à la réflexion. Un grand roman en somme, que je me réjouis d'avoir lu.
(Chronique n°74)
(Chronique n°74)
| Neuvième participation ! La fin est pour dans la semaine |
mercredi 20 mars 2013
La part de l'autre (Eric-Emmanuel Schmitt)
Là, je dois dire que j'ai été impressionné. Vraiment. Vous avez déjà lu sans doute ce genre d’œuvre, qui vous laisse ensuite rempli de questions, qui vous rempli encore la tête pendant un long moment après ? Et bien là, c'est typiquement ce genre d’œuvre. A la fois belle et prenante, elle est également très philosophique et nous laisse bien en suspens. Une réflexion énorme en découle, et je crois bien qu'il peut également beaucoup choquer. C'est le genre de livre qui me plait énormément, vous l'aurez bien compris.
Ce livre, j'ai eu vraiment de la chance de le lire, c'est une amie qui me l'a passé en me disant qu'il était bien, et effectivement il est très très bien. Même excellent, je dois dire. Ce livre, c'est La part de l'autre de Eric-Emmanuel Schmitt.
Résumé en trois mots : Hitler, Vies et Dystopie
Je ne vais pas en dire beaucoup sur ce livre. Déjà parce que je l'ai adoré et qu'en parler serait difficile. Ensuite parce qu'il est beaucoup plus simple pour vous de l'acheter et de le lire. En fait, il y a tout dans le livre.
Résumé en trois mots : Hitler, Vies et Dystopie
Je ne vais pas en dire beaucoup sur ce livre. Déjà parce que je l'ai adoré et qu'en parler serait difficile. Ensuite parce qu'il est beaucoup plus simple pour vous de l'acheter et de le lire. En fait, il y a tout dans le livre.
Le résumé est simple : EES (l'auteur), part d'un fait simple. Supposons que un certain A. Hitler parvienne à passer le concours des Beaux-Arts à Vienne en 1908. Que devient-il alors ? Nous allons le découvrir en visionnant, dans une mise en scène extraordinaire, les vies parallèles d'Adolphe Hitler. Dans un cas, au fur et à mesure du temps qui passe, un Hitler (malheureusement) bien connu apparait. Dans un autre cas, un certain Adolphe H. continue dans la peinture, s'ouvre à la vie et connait joies et peines bien différentes de son autre vie. Le monde s'en trouve changé.
De ce résumé à moitié uchronie (vous savez, le principe de changer un fait du passé pour construire un présent différent) nous allons explorer la part de l'autre, un nom décidément très bien choisi encore une fois, avec tout les bons et les mauvais côtés des personnes.
Avant de continuer, je dois dire que j'ai adoré le postulat de base et la réflexion qui est faite autour. Hitler n'est pas né Hitler, il l'est devenu. Et pour cela, il a connu bien des choses.
Important ! Avant d'être bombardé de propos du genre "Raciste, néonazis" et tout le tintouin, merci de comprendre ce que je veux dire ! Je n'approuve pas Hitler, je ne le considère pas comme un mec bien, je ne cherche pas à l'excuser. Je cherche à comprendre. Ce n'est pas pareil (les mots ont été empruntés à Eric-Emmanuel Schmitt).
Donc, nous allons voir de quelle manière un Autrichien qui erre dans les rues d'une ville peut osciller entre le connard de l'histoire ou le peintre surréaliste au succès modeste. Et comment finalement un être ne peut pas être réduit à son plus simple appareil. C'est ce que j'aime dans ce livre. Il remet en cause cette idée stupide d'un Hitler démon de l'enfer, d'un personnage qui ne serait que le mal incarné. C'est faux. C'était un être humain, tout ce qu'il y a de plus haïssable, mais un être humain. C'était une part d'humanité, une part que nous avons tous en chacun de nous. Et là encore, j'ai adoré le fait qu'il ne fasse pas peser une culpabilité. Personne n'a a se reprocher sa mauvaise part, nous l'avons tous, mais il faut y faire attention.
Tout l'intérêt du livre va être donné lorsque nous pouvons nous identifier à Hitler. A ce Adolf H., jeune homme qui est, sous bien des atours, charmant. Un homme qui apprend à connaitre les femmes, qui doit apprendre également à composer avec son œuvre, qui se découvre, et surtout qui nous aide à comprendre. A comprendre ce que nous sommes tous, ce que nous pouvons devenir.
L'ouvrage est en plus complété d'une superbe façon : un cahier présentant le "Journal de La part de l'autre", une façon superbe de conclure le récit, et qui à mon avis donne toute les clés de compréhension du récit.
Ce récit, c'est avant tout de la philosophie. Illustrer la théorie du chaos, c'est une excellente chose. Mais là, c'est du génie ! La façon de faire est admirable, le rendu est parfait ! Tout est savamment orchestré, les personnages sont attachants au possible (Adolf H. est attachant, et surtout Onze-heures-trente dont on tomberait amoureux). Et puis lorsqu'on le repose, l'esprit est en ébullition. Autant que pour un Farenheit 451. J'ai été pensif un long moment encore après ça. C'est le signe évident que ça m'a plu. Il ne faut pas grand chose.
En conclusion, pour ne pas étaler des éloges durant dix pages, je dirais que ce livre est superbe. Sublime, merveilleux. Une histoire magistrale, un principe de base superbement bien exploité et mis en scène de façon très réaliste. Des personnages attachants aux possible (oui, je le répète, avec Adolf Hitler il a crée des personnages attachants), des situations qui donnent à réfléchir. Une mise en parallèle excellente. Une postface idéale pour comprendre encore mieux l'ouvrage et l'écriture. Tout est bon là-dedans. C'est de la philosophie, mais de la haute philosophie. Une belle œuvre, pour laquelle je ne remercierais jamais assez Laura. Merci encore de me l'avoir fait découvrir ! Et vous, foncez l'acheter. Tout de suite !
(Chronique n°27)
dimanche 10 mars 2013
Castro (Reinhard Kleist)
Résumé en trois mots : Cuba, Castro et Révolution
Donc, commençons par les choses simples : connaissez-vous l'histoire cubaine et la façon dont le pays à évolué durant le vingtième siècle ? Non ? Alors il est temps de vous renseigner sur ce pays, très proche de l'Amérique (ce qui d'ailleurs entraina de nombreux soucis ...) et qui connait encore actuellement un blocus complet qui l'asphyxie littéralement. Et qui pourtant continue à vivre après toutes ces années. C'est quelque peu sidérant la force qu'il possède.
Pour faire simple, l'auteur est un allemand, ce qui en soit est assez peu courant dans le monde de la BD (la tradition de la bande-dessinée n'est pas du tout forte dans ce pays, bien qu'il ponde régulièrement des chefs-d’œuvre). C'est pourquoi nous avons eu l'édition en 2012 alors que le livre date de 2010. Mais ne nous plaignons pas, l'édition française à le droit à une très belle couverture en plus, ce qui est déjà pas mal. Et Casterman fait souvent du bon boulot sur ses ouvrages, la collection Ecritures ne faisant pas défaut. Je le souligne surtout parce que d'autres font du boulot de merde (j'ai relu les Rubriques-à-brac et je dois dire que les pages qui se décollent c'est chiant). D'ailleurs en parlant de l'édition, je précise que l'album contient un carnet de croquis en fin d'ouvrage, réalisé par Reinhard Kleist durant son séjour.
Pour des petites précisions, l'auteur n'est pas spécialement connu, ayant surtout fait des ouvrages biographiques (la vie de Johnny Cash notamment) et un livre intitulé Le boxeur qu'il me reste à lire. Cet allemand va, en 2008, partir pour quatre semaines à Cuba après des envies liées notamment aux discussions qu'il avait eu avec les personnes ayant été à Cuba. Il se fait donc un plaisir d'aller vérifier par lui même les dires.
C'est donc à la suite du voyage qu'il s'est décidé à faire cet ouvrage, à mi-chemin entre la biographie et le roman historique. Je vais vous expliquer pourquoi tout de suite.
En fait, l'ouvrage part sur la vie d'un homme n'ayant pas existé, Karl Mertsen, journaliste-photographe allemand (et double fictif de l'auteur dirait-on ...), qui raconte sa vie à Cuba, depuis son arrivée en 1958. En fait il ne quittera plus jamais le sol cubain, fixé pour toujours à cette nouvelle patrie qu'il a appris à découvrir.
Le récit se présente donc comme le point de vue de cet allemand sur toute la révolution cubaine et ses suites. C'est assez amusant, car en fait la Révolution, grande héroïne du récit, est tout simplement incarnée par un seul et unique homme : Castro. C'est assez amusant, mais il est a lui seul le pilier, le soutien de tout l'ouvrage. Une gueule du siècle, parfaitement !
Le récit est découpé en trois grandes parties, chacune faisant état d'un moment particulier de la révolution cubaine : le premier explique son départ et son combat, le second présente la victoire et l'installation, la troisième les déceptions et les résultats de la révolution. Et en prime nous avons le droit à une magnifique postface qui est constituée par une "interview" de Castro à l'heure actuelle, malade et fatigué, mettant un point d'orgue à tout le récit.
En fait, je l'ai déjà dit, mais le récit présente surtout l'histoire de la Révolution cubaine et plus généralement de Cuba. Mais cette histoire est totalement indissociable de Castro, figure qui incarne les 50 dernières années de la vie cubaine. Un homme au charisme terrible, il faut bien l'avouer. Le livre présente d'ailleurs sa vie depuis le début -c'est-à-dire son enfance dans une plantation- mais durant plusieurs périodes se concentre uniquement sur la vie des petits habitants de Cuba. Et c'est là une des grande force du récit, alternant les points de vues des diverses personnes, aussi bien les grands que les petites gens. Ce qui d'ailleurs permet de se rendre compte de la complexité du système cubain : ce n'est pas un modèle de démocratie, mais personne n'y meurt plus de faim (tout le monde ayant peu a manger, mais chaque jour). Doit-on blâmer cette politique ? Certains disent oui, d'autres non ...
Et puis Castro. Un homme qui fascine, c'est certain. Éduqué, brillant, éloquent, cultivé, amoureux, passionnée, dévoué à sa cause (la Révolution) et à son pays jusqu'au bout, c'est un homme très complexe sur lequel on ne sait trop que penser. Je le trouve très fascinant. Sa vie est mouvementé dans tout les sens, et pourtant je l'admire pour tenir encore sa ligne directrice, quoi qu'il advienne. Acharné ou obstiné, selon les points de vue, il reste dans son optique au but noble : combattre la pauvreté, ne plus voir des gens délaissé, aider les déshérités. Mais ce système parfait ne convient pas à tout le monde, et Castro connait des déconfitures ...
Bien évidemment, nous verrons également le Che dans l'ouvrage, mais aussi Raoul Castro (le frère de Fidel) qui est d'une importance que je n'aurais pas du tout soupçonné au premier abord. Un autre héros qui est resté dans l'ombre de Fidel et du Che. D'ailleurs nous aurons droit à plusieurs autres gueules dans le récits, toutes aussi intéressantes.
Dans tout ça, la narration est superbement bien faite. On ne se perd jamais malgré les voyages dans le temps et l'espace, les personnages sont charismatiques, on est captivé par la mise en forme du récit. Et plus que tout, on est impatient de voir comment tout se finira. C'est d'ailleurs assez triste comme fin, et l'auteur laisse bien voir qu'il est peiné de voir cette révolution échouer comme tant d'autres. C'est une façon subtile de mettre en scène, mais on est pris avec. J'ai trouvé le tout superbe, et c'est avec un intérêt certain que j'ai suivi toute la lecture. Je ne pensais pas au début, mais il est vraiment beau.
En conclusion, que penser de l'ouvrage ? C'est une belle chronique de l'histoire de Cuba et de son leader Fidel Castro. Certes, l'ouvrage est clairement orienté vers un point de vue, mais je dirais que personne n'est vraiment neutre en parlant de Cuba. Aujourd'hui encore, les débats font rage, et cet ouvrage essaye de ne pas se poser clairement dans un camp ou dans l'autre. La révolte Cubaine à eu ses bons et ses mauvais côtés, mais elle n'est pas simple à appréhender, et Cuba actuel est encore complexe, comme tout pays. Le manichéen, ça n'existe pas dans le monde, et l'ouvrage nous le rappelle d'une belle façon. S'instruire et se distraire, c'est toujours passionnant, et l'ouvrage ici nous le fait sentir d'une belle façon. A lire, je le recommande très fortement.
(Chronique n°22)
Pour faire simple, l'auteur est un allemand, ce qui en soit est assez peu courant dans le monde de la BD (la tradition de la bande-dessinée n'est pas du tout forte dans ce pays, bien qu'il ponde régulièrement des chefs-d’œuvre). C'est pourquoi nous avons eu l'édition en 2012 alors que le livre date de 2010. Mais ne nous plaignons pas, l'édition française à le droit à une très belle couverture en plus, ce qui est déjà pas mal. Et Casterman fait souvent du bon boulot sur ses ouvrages, la collection Ecritures ne faisant pas défaut. Je le souligne surtout parce que d'autres font du boulot de merde (j'ai relu les Rubriques-à-brac et je dois dire que les pages qui se décollent c'est chiant). D'ailleurs en parlant de l'édition, je précise que l'album contient un carnet de croquis en fin d'ouvrage, réalisé par Reinhard Kleist durant son séjour.
Pour des petites précisions, l'auteur n'est pas spécialement connu, ayant surtout fait des ouvrages biographiques (la vie de Johnny Cash notamment) et un livre intitulé Le boxeur qu'il me reste à lire. Cet allemand va, en 2008, partir pour quatre semaines à Cuba après des envies liées notamment aux discussions qu'il avait eu avec les personnes ayant été à Cuba. Il se fait donc un plaisir d'aller vérifier par lui même les dires.
C'est donc à la suite du voyage qu'il s'est décidé à faire cet ouvrage, à mi-chemin entre la biographie et le roman historique. Je vais vous expliquer pourquoi tout de suite.
En fait, l'ouvrage part sur la vie d'un homme n'ayant pas existé, Karl Mertsen, journaliste-photographe allemand (et double fictif de l'auteur dirait-on ...), qui raconte sa vie à Cuba, depuis son arrivée en 1958. En fait il ne quittera plus jamais le sol cubain, fixé pour toujours à cette nouvelle patrie qu'il a appris à découvrir.
Le récit se présente donc comme le point de vue de cet allemand sur toute la révolution cubaine et ses suites. C'est assez amusant, car en fait la Révolution, grande héroïne du récit, est tout simplement incarnée par un seul et unique homme : Castro. C'est assez amusant, mais il est a lui seul le pilier, le soutien de tout l'ouvrage. Une gueule du siècle, parfaitement !
Le récit est découpé en trois grandes parties, chacune faisant état d'un moment particulier de la révolution cubaine : le premier explique son départ et son combat, le second présente la victoire et l'installation, la troisième les déceptions et les résultats de la révolution. Et en prime nous avons le droit à une magnifique postface qui est constituée par une "interview" de Castro à l'heure actuelle, malade et fatigué, mettant un point d'orgue à tout le récit.
En fait, je l'ai déjà dit, mais le récit présente surtout l'histoire de la Révolution cubaine et plus généralement de Cuba. Mais cette histoire est totalement indissociable de Castro, figure qui incarne les 50 dernières années de la vie cubaine. Un homme au charisme terrible, il faut bien l'avouer. Le livre présente d'ailleurs sa vie depuis le début -c'est-à-dire son enfance dans une plantation- mais durant plusieurs périodes se concentre uniquement sur la vie des petits habitants de Cuba. Et c'est là une des grande force du récit, alternant les points de vues des diverses personnes, aussi bien les grands que les petites gens. Ce qui d'ailleurs permet de se rendre compte de la complexité du système cubain : ce n'est pas un modèle de démocratie, mais personne n'y meurt plus de faim (tout le monde ayant peu a manger, mais chaque jour). Doit-on blâmer cette politique ? Certains disent oui, d'autres non ...
Et puis Castro. Un homme qui fascine, c'est certain. Éduqué, brillant, éloquent, cultivé, amoureux, passionnée, dévoué à sa cause (la Révolution) et à son pays jusqu'au bout, c'est un homme très complexe sur lequel on ne sait trop que penser. Je le trouve très fascinant. Sa vie est mouvementé dans tout les sens, et pourtant je l'admire pour tenir encore sa ligne directrice, quoi qu'il advienne. Acharné ou obstiné, selon les points de vue, il reste dans son optique au but noble : combattre la pauvreté, ne plus voir des gens délaissé, aider les déshérités. Mais ce système parfait ne convient pas à tout le monde, et Castro connait des déconfitures ...
Bien évidemment, nous verrons également le Che dans l'ouvrage, mais aussi Raoul Castro (le frère de Fidel) qui est d'une importance que je n'aurais pas du tout soupçonné au premier abord. Un autre héros qui est resté dans l'ombre de Fidel et du Che. D'ailleurs nous aurons droit à plusieurs autres gueules dans le récits, toutes aussi intéressantes.
Dans tout ça, la narration est superbement bien faite. On ne se perd jamais malgré les voyages dans le temps et l'espace, les personnages sont charismatiques, on est captivé par la mise en forme du récit. Et plus que tout, on est impatient de voir comment tout se finira. C'est d'ailleurs assez triste comme fin, et l'auteur laisse bien voir qu'il est peiné de voir cette révolution échouer comme tant d'autres. C'est une façon subtile de mettre en scène, mais on est pris avec. J'ai trouvé le tout superbe, et c'est avec un intérêt certain que j'ai suivi toute la lecture. Je ne pensais pas au début, mais il est vraiment beau.
En conclusion, que penser de l'ouvrage ? C'est une belle chronique de l'histoire de Cuba et de son leader Fidel Castro. Certes, l'ouvrage est clairement orienté vers un point de vue, mais je dirais que personne n'est vraiment neutre en parlant de Cuba. Aujourd'hui encore, les débats font rage, et cet ouvrage essaye de ne pas se poser clairement dans un camp ou dans l'autre. La révolte Cubaine à eu ses bons et ses mauvais côtés, mais elle n'est pas simple à appréhender, et Cuba actuel est encore complexe, comme tout pays. Le manichéen, ça n'existe pas dans le monde, et l'ouvrage nous le rappelle d'une belle façon. S'instruire et se distraire, c'est toujours passionnant, et l'ouvrage ici nous le fait sentir d'une belle façon. A lire, je le recommande très fortement.
(Chronique n°22)
dimanche 3 mars 2013
Les piliers de la terre (Ken Follet)
Vous connaissez sans doute Ken Follet, avec ses livres qui sont vendus à un nombre d'exemplaire juste extraordinairement élevé. Pour info, cette série dont je vais vous parler serait la plus lue dans le monde. Dingue, non ? Bon, cela dit les chiffres ne sont jamais connus expressément, mais en tout cas ça veut bien dire qu'elle est connue. Je suis sur d'ailleurs que vous en avez entendu parler -ou de l'adaptation en série qui en est dérivée. Et puis l'auteur est une véritable légende ! D'ailleurs sa dernière série est pas mal, c'est juste embêtant d'attendre la sortie d'un autre tome tout les ans. Mais comme dit, la patience est une vertue, surtout lorsqu'on en a besoin. Mais en tout cas je vais recommander pas mal de livres de l'auteur, bien qu'il puisse y avoir des points critiquables.
En effet, ce livre est une fiction historique ! En clair, il s'inspire d'une période de l'histoire et place des personnages inventés dans un cadre particulier. Le choix est arbitraire, mais la documentation est essentielle à ce genre d'exercice et dans notre cas, Ken Follet s'est particulièrement appliqué ! Dans le genre, c'est assez souvent casse-gueule, sans compter ceux qui ne se soucient absolument pas de réalisme (exemple très connu : Les trois mousquetaires d'Alexandre Dumas). Bref, il s'agit d'un sujet qui me concerne particulièrement, et je vais m'atteler à la tache difficile de le chroniquer.
Pour cela, je vais essayer de ne pas trop vous spoiler, mais je pense que ce sera tout de même assez dur. En attendant, place à ce fameux livre qu'est Les piliers de la terre !
Petite précision tout d'abord : j'ai libellés comme "one shot" et diptyque", parce qu'en effet vous pouvez le trouver sous deux formes. En grand format c'est deux livres (Ellen et Aliena) qui ont été rassemblés dans un seul volume en livre de poche, l'édition que j'ai personnellement. Du coup, tout dépend de la façon dont vous voulez le lire.
Donc, nous avons le fameux livre du fameux Ken Follet. Ken qui ? Non, aucun lien avec Barbie, je vous rassure. Ici c'est un poil au-dessus comme niveau tout de même. Et un poil antérieur également. Enfin, le récit est antérieur à Barbie. C'est un livre datant de 1989 exactement.
En fait, cet ouvrage se déroule au Moyen-Âge, mais plus exactement durant la période du XIII ème siècle. Durant cette période, nous allons assister à la construction d'une cathédrale. En fait le titre indique le nom donnée au cathédrale (si je me rappelle bien), et c'est bel et bien la cathédrale qui sera le centre de tout le livre. Enfin, des deux livres. Les personnages vont graviter tous autour, avec Tom le batisseur, Ellen, sa deuxième femme, Alfred le fils de Tom, Jack le fils d'Ellen, Philip le prieur de Kingsbridge (la ville où se bâtit la cathédrale) et toute une cohorte de personnages en plus (Aliéna, Richard, Martha, ...) qui s'opposeront à une coalition de personnages méchants, machiavéliques et retord, avec l'évêque Valeran, William et son valet Walter, ses parents les Hamleigh, et bien d'autres qui vont essayer par tout les moyens d'entraver les actions des premiers (Regimus, le roi Stephen ....).
Dans le récit, les personnages vont en fait évoluer autour de Kingsbridge et des alentours (notamment la ville de Shiring) et vivre durant une longue période, plus de vingt ans se déroulant entre le début et la fin du récit si mes souvenirs sont bons. C'est une période où l'Angleterre connait une guerre civile entre l'impératrice Maud et le roi Stephen, c'est également une période où les barons prennent du pouvoir, l'Eglise de la puissance etc ... Il y aurait une belle analyse historique à faire dessus d'ailleurs (je crois que ça à déjà été fait). Du coup nous avons le droit en plus à une petite vision de la société médiévale et de tout ce qui était impliqué dans la vie de tout les jours. C'est très intéressant à observer, et je trouve que c'est passionnant à lire. Complètement dépaysant.
L'auteur, Ken Follet, est agrégée en philosophie et non en histoire, mais la trame historique est cependant très fidèle à la réalité, et la construction de la cathédrale relève d'une très grande exactitude dans les techniques employées tout comme dans les plans et la façon de procéder. Là dessus, il faut admirer le travail de recherche en amont. Par contre je ne sais pas si on peut dire qu'il respecte les choses autour de la façon de penser des personnes. Elle est peut-être trop moderne et ne colle pas au cadre. Cependant, je ne le reproche pas étant donné que l'ensemble est très lisible du coup.
Et puis, quelle histoire ! Le roman a beau être très gros (1050 pages environ en format poche) et se dérouler sur un temps super long, il est extrêmement prenant et très lisible. Les coups de théâtre sont nombreux, et les rebondissement prenant, on se laisse porter par l'intrigue avec en sous-jacent cette fameuse question : "Les gentils gagneront-ils ?". Bien évidemment, nous sommes dans du Ken Follet et non du Stephen King, la fin sera heureuse pour la plupart et non pas horrible. Mais il faut un long chemin pour y arriver. Et c'est ce chemin qui est intéressant.
Je dois dire que pour les critiques, c'est très difficile à faire. Bien évidemment, le style de la fiction historique ne plait pas toujours à tout le monde (je pense à un de mes professeurs de fac notamment) et les happy end de Follet peuvent déranger. On peut souligner également un manichéen primaire, très peu de personnages sont vraiment complexe, même si personne n'est juste un grand méchant parce qu'il est méchant. Il y a toujours un fond d'intention, de volonté ... Mais je vous avoue que William on l'étranglerai volontiers du début à la fin !
En conclusion, ce livre est un monument de littérature, prenant d'un bout à l'autre et d'une bonne richesse historique. Les personnages sont attachants, et l'intrigue se dévore avec plaisir. Les rebondissements viendront jusqu'au bout, toujours de façon crédible (pour notre plus grand plaisir) et d'une façon inattendu, créant une atmosphère de suspense et en même temps de chronique d'un temps. Tout est bien orchestré, et la lecture est passionnante.
Sans trop sortir des sentiers battus en terme d'histoire, Les piliers de la Terre reste une belle œuvre, pour tout public, qui n'est pas un des romans les plus vendus du monde pour rien. C'est encore et toujours un ouvrage qui peut et devrais être lu. Et puis, un gros pavé de temps en temps,c 'est tellement bon ... A consommer sans modération !
(Chronique n°19)
Donc, nous avons le fameux livre du fameux Ken Follet. Ken qui ? Non, aucun lien avec Barbie, je vous rassure. Ici c'est un poil au-dessus comme niveau tout de même. Et un poil antérieur également. Enfin, le récit est antérieur à Barbie. C'est un livre datant de 1989 exactement.
En fait, cet ouvrage se déroule au Moyen-Âge, mais plus exactement durant la période du XIII ème siècle. Durant cette période, nous allons assister à la construction d'une cathédrale. En fait le titre indique le nom donnée au cathédrale (si je me rappelle bien), et c'est bel et bien la cathédrale qui sera le centre de tout le livre. Enfin, des deux livres. Les personnages vont graviter tous autour, avec Tom le batisseur, Ellen, sa deuxième femme, Alfred le fils de Tom, Jack le fils d'Ellen, Philip le prieur de Kingsbridge (la ville où se bâtit la cathédrale) et toute une cohorte de personnages en plus (Aliéna, Richard, Martha, ...) qui s'opposeront à une coalition de personnages méchants, machiavéliques et retord, avec l'évêque Valeran, William et son valet Walter, ses parents les Hamleigh, et bien d'autres qui vont essayer par tout les moyens d'entraver les actions des premiers (Regimus, le roi Stephen ....).
Dans le récit, les personnages vont en fait évoluer autour de Kingsbridge et des alentours (notamment la ville de Shiring) et vivre durant une longue période, plus de vingt ans se déroulant entre le début et la fin du récit si mes souvenirs sont bons. C'est une période où l'Angleterre connait une guerre civile entre l'impératrice Maud et le roi Stephen, c'est également une période où les barons prennent du pouvoir, l'Eglise de la puissance etc ... Il y aurait une belle analyse historique à faire dessus d'ailleurs (je crois que ça à déjà été fait). Du coup nous avons le droit en plus à une petite vision de la société médiévale et de tout ce qui était impliqué dans la vie de tout les jours. C'est très intéressant à observer, et je trouve que c'est passionnant à lire. Complètement dépaysant.
L'auteur, Ken Follet, est agrégée en philosophie et non en histoire, mais la trame historique est cependant très fidèle à la réalité, et la construction de la cathédrale relève d'une très grande exactitude dans les techniques employées tout comme dans les plans et la façon de procéder. Là dessus, il faut admirer le travail de recherche en amont. Par contre je ne sais pas si on peut dire qu'il respecte les choses autour de la façon de penser des personnes. Elle est peut-être trop moderne et ne colle pas au cadre. Cependant, je ne le reproche pas étant donné que l'ensemble est très lisible du coup.
Et puis, quelle histoire ! Le roman a beau être très gros (1050 pages environ en format poche) et se dérouler sur un temps super long, il est extrêmement prenant et très lisible. Les coups de théâtre sont nombreux, et les rebondissement prenant, on se laisse porter par l'intrigue avec en sous-jacent cette fameuse question : "Les gentils gagneront-ils ?". Bien évidemment, nous sommes dans du Ken Follet et non du Stephen King, la fin sera heureuse pour la plupart et non pas horrible. Mais il faut un long chemin pour y arriver. Et c'est ce chemin qui est intéressant.
Je dois dire que pour les critiques, c'est très difficile à faire. Bien évidemment, le style de la fiction historique ne plait pas toujours à tout le monde (je pense à un de mes professeurs de fac notamment) et les happy end de Follet peuvent déranger. On peut souligner également un manichéen primaire, très peu de personnages sont vraiment complexe, même si personne n'est juste un grand méchant parce qu'il est méchant. Il y a toujours un fond d'intention, de volonté ... Mais je vous avoue que William on l'étranglerai volontiers du début à la fin !
En conclusion, ce livre est un monument de littérature, prenant d'un bout à l'autre et d'une bonne richesse historique. Les personnages sont attachants, et l'intrigue se dévore avec plaisir. Les rebondissements viendront jusqu'au bout, toujours de façon crédible (pour notre plus grand plaisir) et d'une façon inattendu, créant une atmosphère de suspense et en même temps de chronique d'un temps. Tout est bien orchestré, et la lecture est passionnante.
Sans trop sortir des sentiers battus en terme d'histoire, Les piliers de la Terre reste une belle œuvre, pour tout public, qui n'est pas un des romans les plus vendus du monde pour rien. C'est encore et toujours un ouvrage qui peut et devrais être lu. Et puis, un gros pavé de temps en temps,c 'est tellement bon ... A consommer sans modération !
(Chronique n°19)
vendredi 1 février 2013
La grande épopée de Picsou (Keno Don Rosa)
Petite précision, importante par rapport au sujet :
la jeunesse de Picsou a été publié de deux façons différentes. Vous avez tout
d'abord la version française qui a été produite dans les magazines
"Picsou magazine" et ensuite compilées en albums, avec des
traductions très hasardeuses et une colorisation qui n'est
absolument pas fidèle à l'originale. Elle faisait deux volumes, et suivirent plusieurs volumes d'histoire de Don Rosa compilées.
Puis nous avons enfin eu
dernièrement la superbe version proposée par Glénat qui a eu là
une idée extraordinaire, si on excepte le prix, qui est de ... 29.5
euros par albums. Il y en a deux. Je vous laisse faire le calcul de
l'ensemble de la collection. Mais enfin la version possède une
colorisation fidèle à l'originale, et surtout une nouvelle
traduction qui est largement plus précise et respectueuse de
l'originale en anglais. C'est une grande avancé pour un des deux
plus fameux canards du monde.
Cela dit, maintenant que j'ai abordé le sujet de la
version (je possède l'ancienne, j'attends de pouvoir me prendre la
nouvelle), voyons le livre à proprement parler :
Lorsque nous parlons de Picsou, ou de Donald, deux
noms doivent être inscrit en lettre de feu de plus de dix mètres de
haut dans votre esprit. Carl Barks et Keno Don Rosa. Ce sont les deux
dieux de Donald. Les seuls, les vrais, les uniques, les plus grands.
Le maitre, Carl Barks, en train de peindre. A la
fin de sa vie, il ne
fit que peindre les scènes
des aventures
qu'il avait inventé pour Donald.
|
| Son disciple des écritures, Keno Don Rosa |
Alors avant de commencer, je m'excuse, mais ça sera un peu long. Donc commençons par l'auteur, puis par Picsou, et enfin par le livre. Il y a beaucoup à dire avant de pouvoir véritablement commencer la critique.
Donc Keno Don Rosa. C'est un américain, né en 1951 (c'est à dire qu'il n'est plus de première jeunesse non plus) et qui a voué sa vie et son œuvre à la poursuite de son maitre et mentor : Carl Barks. Celui-ci n'est mort qu'en 2000, mais a pris sa retraite de dessinateur de bande-dessinée pour Disney en 1966 (lui il en a profité de sa retraite ... Mais passons). C'est donc durant 34 ans qu'il peignit les fameuses toiles à l'huile représentant Picsou et sa famille dans les histoires célèbres (il avait pour cela une autorisation express de Disney). Je ne ferais pas la biographie de Carl Barks et son histoire de Donald (j'y reviendrais dans l'article qui lui sera consacré), mais sachez que l’œuvre est incroyablement riche et fouillée, intéressante et prenante. Je pourrais disserter des heures sur le canard et son dessinateur.
Keno Don Rosa, donc, se pose clairement et officiellement en continuateur de l’œuvre de Carl Barks, bien que ce dernier ne l'ai jamais approuvé publiquement. De fait, Don Rosa a posé intégralement son œuvre dans le prolongement des histoires de Carl Barks, et a fait grandir et grossir l’œuvre du maitre. Il n'a commencé à dessiner les histoires qu'en 1987, avec Le fils du soleil, que vous pouvez retrouver dans le hors-série n° 3 de Picsou magazine (je les recommande, c'est pratique pour tout avoir le temps qu'un éditeur se décide à en faire un beau format). Il a décidé d'arrêter sa carrière en 2008, mais n'avait plus dessinée depuis plusieurs années déjà. C'est donc une carrière finie que nous aborderons par l’œuvre la plus ambitieuse, la plus grande, et sans doute la plus belle.
Don Rosa donc, propose de continuer Donald. Cependant, ce n'est pas Carl Barks qui est créateur de Donald, mais Walt Disney dans un dessin animé nommé La petite poule avisée (juin 1934), qui faisait apparaitre un canard en béret et costume de marin. Bien vite il devient un héros de dessin animé célèbre et à la droit à sa propre BD, dessinée principalement par Carl Barks. C'est lui qui inventera quasiment tout : les neveux Riri, Fifi et Loulou, Donaldville, le coffre-fort, Lagrogne, les Rapetou, Géo trouvetou, Grand mère donald, Gus Glouton, Bolivar, le général Duflair, les Castors Juniors, Gontran Bonheur, participe à la création de Daisy, et finalement de toute la richesse de l'univers de Donald. Je pourrais m'étendre des heures sur celle-ci, mais revenons à nos moutons.
![]() |
| La réédition de Glénat. Les couleurs changent par rapport à l'ancienne mais sont plus fidèle à la version originale |
Donc Picsou est un milliardaire bien connu, avec une fortune considérable, bien qu'il ait commencé en ayant des parents ouvriers et pauvres, dans une Écosse lointaine, tandis que le manoir familiale est en ruine suite à un chien géant qui traque les McPicsou (Le chien des Biskervilles, autre histoire amusante et tiré d'un roman de Sherlock Holmes d'ailleurs). Celui-ci est pourtant devenu très riche avec la ruée vers l'or du Klondike, en 1896. D'ailleurs Carl Barks se renseignait toujours énormément en faisant ses histoires afin d'avoir une véracité historique. Et lorsque Picsou partait dans ses aventures, il lui faisait souvent dire des petites bribes de son passé chargées de ces renseignements. En les réunissant toutes et en les liant, Don Rosa retraça ainsi la vie de Picsou avant qu'il ne devienne riche et en fit douze épisodes de BD, de tailles variables, pour ainsi créer la fameuse Jeunesse de Picsou entre 1991 et 1993. Cette série de douze épisodes est enrichi de nombreux autres, des épisodes bis (le 0, le 10 bis qui est un monument d'humour, etc ...) ainsi que de nombreuses histoires faisant beaucoup référence à son passé ou ayant des liens très forts avec (notamment une où les Rapetou rentrent dans le rêve de Picsou et voyagent dans ses souvenirs).
Ces douze épisodes forment la trame d'une histoire complète, allant ainsi de 1877 à 1947. Pour info, Picsou est "né" dans ses récits en 1867 et Don Rosa l'a fait mourir en 1967, ce qui fait qu'il vécu 20 ans de vie et d'aventures avec son neveu Donald. En clair, toutes les BD avec Donald et Picsou se passent durant vingt ans entre 1947 et 1967. Incroyable, n'est-ce pas ? D'ailleurs pour l'anecdote, Donald à plus d'une cinquantaine de dessinateurs, disséminés dans tout les pays (les Italiens sont très réputés, mais également les brésiliens, le canadien William Van Horn, des allemands, des danois, des anglais, venus des pays du nord, et très peu venant de France). Une saga qui continue d'ailleurs à l'heure actuelle. Mais venons en enfin à la critique de la BD en elle même : voici la jeunesse de Picsou !
Donc la jeunesse de Picsou, c'est toutes ces histoires qui lui sont arrivées entre 1877 (date à laquelle il quitte son Écosse pour l'Amérique) et 1847, lorsque Picsou croise son neveu Donald pour la seconde fois et l'intègre dans sa vie. C'est une fresque du temps, qui s'assoit d'ailleurs sur une bonne partie du globe. Car Carl Barks s'était amusé à faire faire à son personnage le tour du monde dans les deux sens, explorant tout les recoins de la planète à des moments très proches. C'est donc tout naturellement que Don Rosa va le faire vadrouiller également. Ainsi nous auront droit à l'Afrique du sud, l'Australie, le Klondike, le pôle nord, les Bahamas, la Russie et plein d'autres choses encore. D'ailleurs avoir de la culture générale en histoire avant de lire le récit est hautement recommandé, puisque vous n'aurez pas toute les explications et que certaines pointes d'humour peuvent vous passer par dessus la tête.
En premier lieu, il faut parler du dessin. Celui-ci est très précis, fourmillant de détails qui, bien souvent, sont également autant d'occasions de rigoler. Car Don Rosa n'a pas son pareil pour glisser des détails amusants, des petits clins d’œil (par exemple des oiseaux ou des souris qu'on peut suivre durant plusieurs cases). Il faut ajouter que les compositions sont toujours un régal pour les yeux, les couleurs (lorsqu'elles ne sont pas saccagés par les rééditions françaises) sont une symphonie, bref c'est une orgie pour les yeux. Il faut noter également que le trait est précis, clair, net, et surtout, qu'il est incroyablement bien foutu. Le rendu est non seulement fluide, mais toujours dynamique (dans la plus pure tradition des bons Donald). C'est tout simplement parfait. Rien à redire là dessus.
Ensuite, je l'ai déjà un peu dit, mais Don Rosa glisse énormément d'humour dans le récit, sous toute ses formes : un peu d'humour en arrière-plan, du comique de situation, des têtes hilarantes, des dialogues extraordinaires, et bien évidemment beaucoup découle des caractères (Picsou est buté et borné notamment). Bref on rigole tout le temps, même dans une situation qui peut sembler tragique. D'ailleurs, parlons en ! La tragédie. A titre personnel, c'est en lisant la neuvième histoire que j'ai versé mes premières larmes pour une BD (et pas mes dernières d'ailleurs). Bon, c'était il y a longtemps, quand j'étais petit, mais quand même, c'est signe évident d'une réussite. Et en fait, je crois bien que Don Rosa a réussi pour la première fois à dramatiser l'univers des canards. C'est assez remarquable, car c'est toujours bien fait (et dans d'autres histoires, il fera encore mieux, mais c'est un autre sujet). D'ailleurs beaucoup de détracteurs reprochent à Don Rosa de faire de l'univers des canards un sujet plus grave qu'il ne devrait être. De fait, Don Rosa l'a rendu beaucoup plus mature, parfois plus sombre, et à accentué beaucoup de côtés de ses personnages. Picsou par exemple gagne une sacré profondeur, car finalement l'avarice et la pingrerie qui le caractérisent sont des marques de ce qu'il a vécu, et je crois bien qu'on ne peut pas trop lui en tenir rigueur. A titre personnel je trouve que cette avancée dans le monde est très bien faite, surtout que Donald est plus lu par des adultes que par des enfants (oui, c'est authentique). Le fait des caractères très humain de ces personnages l'a destiné au final à un public plus adulte que ce qui est attendu. Drôle de retournement de situation.
En terme d'histoire, elle est également très belle. Picsou qui veut absolument s'en sortir, devenir riche, se fait progressivement beaucoup d'ennemis, mais également des rencontre formidables, et vit des aventures incroyables. Nous verrons également qu'un empire ne se bâtit pas comme ça, et que des choses graves peuvent se passer dans sa création. L'histoire avec sa famille est également bien développée, tout comme l'évolution progressive du caractère de Picsou et son avarice qui va croitre tout au long de son aventure.
Bref, c'est une histoire complète, en continue mais néanmoins divisée en épisodes parfaitement découpés, et totalement maitrisée d'un bout à l'autre.
Bref, c'est une histoire complète, en continue mais néanmoins divisée en épisodes parfaitement découpés, et totalement maitrisée d'un bout à l'autre.
Du coup, pour la conclusion, je pense que je vais devoir préciser que je n'arrive pas à être objectif sur le monde des canards. Mais franchement, celui-ci est incroyablement riche, dense et humain (oui, les canards de Disney sont à mon avis plus humain que beaucoup d'autres hommes de BD). Don Rosa nous crée une histoire extraordinaire, parfaitement maitrisée, au dessin sublime, fouillé et détaillé. C'est un régal pour les yeux et pour le cerveau, c'est amusant et émouvant à la fois. C'est une œuvre qui à mon sens mérite parfaitement tout les éloges qu'on lui fait. La réédition de Glenat est juste parfaite, regroupant enfin toutes les histoires en deux volumes de qualité, c'est une excellente occasion de découvrir ce monde. Il plait autant aux adultes qu'aux enfants, et je pense franchement qu'il est à découvrir. C'est quelque chose d'unique et d'incroyable au sein de la BD que cet univers. En voici, sans doute, la meilleure partie. Pourquoi s'en priver ?
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