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lundi 29 juin 2015

La voie martienne (Isaac Asimov)

J'avais complètement oublié cette chronique que je me devais de faire sur l'auteur que j'ai le plus lu pour l'instant depuis l'ouverture de la roulotte, l'excellent, l'admirable, l'extraordinaire Isaac Asimov, génie reconnu et admirable de la science-fiction. Je répare donc cette erreur, avec ce nouveau tome qui présente encore une fois des nouvelles de ce géant de la littérature.


Résumé en trois mots : Autres mondes, Espace et Enquête

Le recueil est très court, et ne comporte en tout que quatre nouvelles différentes, assez longues. Bien que ce soit plusieurs styles différents, on retrouve totalement le Asimov que nous connaissons bien, avec un côté polar très marqué, une minutie dans ses enquêtes et des précisions scientifiques, mais également avec les préoccupations habituelles, notamment le devenir de l’humanité, la transformation de l’humain au contact de la technologie et d’autres mondes, tout en suivant l’habituel humour dont il sait nous régaler à chaque fois.

La première, qui donne son nom au recueil, est sans doute la plus intéressante, avec une narration qui change un peu de ce que j’avais l’habitude de lire de sa part, tout en proposant une image très forte autour de l’humanité, pas forcément à son avantage d’ailleurs. Par contre, la façon d’envisager la nouvelle laisse songeur sur des possibles développements extra-terrestre. Encore une fois, un avenir qui laisse songeur, et qui m’interpelle sur notre conduite en tant que société humaine. En lisant ce genre de nouvelles, je me dis que si plus de gens acceptaient de lire de la science-fiction de ce style, le monde pourrait être bien plus agréable à vivre.

Dans l’ensemble, les autres nouvelles sont bonnes sans être remarquablement notables. Une enquête, une nouvelle humoristique dont la chute m’a surpris, et pour le reste c’est de la forme tel qu’Asimov nous a déjà présenté. Ni meilleur, ni moins bon. Le désavantage, c’est qu’après tant de lecture de ses nouvelles, ça ne renouvelle pas fondamentalement le genre, et j’ai parfois un peu l’impression de moins me laisser porter que d’habitude. Le renouvellement manque un peu, mais en même temps je rattrape toutes ses nouvelles de jeunesse, et je dois bien dire que c’est dans les écrits plus tardifs que j’ai noté tout le potentiel d’Asimov.


Un recueil de nouvelles très bon, comme d’habitude avec cet auteur, mais qui ne propose pas de renouvellement important de la part de l’auteur. Si vous n’avez pas encore lu de Asimov, c’est peut-être un bon moyen pour découvrir le style et l’auteur, en picorant un peu de ses différents styles, mais si vous êtes un fervent lecteur déjà bien accro à ses nouvelles, le recueil ne semble pas indispensable comme peuvent l’être d’autres. A lire, certes, mais pas un indispensable.

(Chronique n°287)

vendredi 26 juin 2015

Fantômes et farfouilles (Fredric Brown)

J’avais déjà eu l’occasion de lire deux livres de Frédéric Brown, et cet auteur m’avait beaucoup plu par sa patte très subtile dans la science-fiction, usant de codes ultra-classique du genre pour mieux les détourner au profit d’un humour détonnant et rudement efficace. Ce recueil m’intéressait donc, comme tant d’autres livres, mais c’est une amie qui m’a donné envie de le lire en me le conseillant très fortement. Suite à quoi je suis tombé dessus dans les bacs d’occasions (stand maudit, tu auras ma peau !), et l’achat s’est fait juste avant la lecture, qui fut d’une rapidité étonnante.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Humour et Tragique

Cet auteur n’est pas seulement un champion de l’humour et de la 
nouvelle, c’est également un auteur incroyable dans l’art de la micro-nouvelle, genre de nouvelles n’excédant jamais une page et demi, voir deux maximum (format de poche). Un genre de texte qui s’apparente presque à la blague à chute, tant la concision est de mise pour obtenir un effet percutant. Et, curieusement, ça marche du tonnerre !

L’auteur est excellent, car ses micro-nouvelles s’enchainent par dizaines sans qu’on ne lâche un seul instant de ces petites histoires rapides dont la chute et mordante, et bien souvent très drôle. Mais pas que. Là où l’auteur fait encore plus fort (et l’éditeur en les compilant de cette manière), c’est que lorsque vous lisez le texte, les nouvelles humoristiques sont espacés de temps à autre par des nouvelles au ton bien plus tragiques. Cependant, alors que le style ne change pas, on ne se rend pas compte de la différence tant que la nouvelle ne parvient pas à son terme. Et c’est là un art subtil et délicat  qui est exécuté d’une main de maitre. L’auteur nous entraine à chaque fois dans un petit moment de vie, sans qu’on ne se doute d’une fin amusante ou tragique, la chute seulement pouvant nous éclairer. Et c’est sublime, car lorsque l’on tombe dans le piège, on croit avoir compris le truc. Mais rien n’y fait, l’auteur nous surprend à nouveau au détour d’une nouvelle.

J’ai adoré cette forme de nouvelle, très très courte, mais appétissante, comme une petite sucrerie entre deux repas de livres. La lecture fut plaisante et d’une vitesse hallucinante, le style aidant beaucoup. C’est toujours agréable de lire ce genre de choses, de temps en temps, pour se poser gentiment, déguster deux trois pages et repartir sur un livre plus conséquent ensuite. Une pause agréable, dans un univers d’une drôlerie implacable, avec un auteur que je commence à apprécier de plus en plus. Sans aller jusqu’a chercher de nouveaux ouvrages de sa part, je serais ravi de tomber à nouveau sur lui au détour d’un rayon d’occasion !



Excellent livre, excellent style, excellent humour. C’est un recueil parfait, comme j’aimerai pouvoir en lire plus, bourré de talent et d’inventivité, où l’auteur laisse libre cours à son imagination fertile pour nous pondre humour et policier dans un style vif et incisif. Pas un bout de gras jusqu’au final tranchant, et c’est si bon à déguster. Je recommande à tout le monde, car Frederic Brown est un auteur à découvrir, et ce recueil est vraiment excellent.

(Chronique n°286)

lundi 22 juin 2015

Blanche Neige Rouge Sang (Collectif)

J’ai acheté ce livre pour diverses raisons, mais notamment parce que le nom de Terri Windling sur la couverture me faisait des oeillades très franches, elle qui avait su m’émerveiller avec son superbe L’épouse de bois, pour lequel j’ai toujours un gros coup de coeur dans le thème de la fantasy contemporaine. Du coup, je voulais découvrir cet ouvrage qu’elle avait contribué à écrire, bien qu’elle ne soit auteur d’aucune des nouvelles présentées ici. Mais bon, cela n’empêchait pas de le ire. D’autre part, j’apprécie énormément les contes (et les légendes, et les histoires qu’on se raconte autour d’un feu ou d’un verre, le soir, entre personnes de bon gout), et je voulais découvrir ces contes repris pour adultes de nos jours. L’idée me paraissait excellente, et je savais en outre que le sujet intéressait une amie. Donc je me suis laissé aller, et j’ai eu le livre en main bien vite.


Résumé en trois mots : Contes, Adultes et Trash

Il n’y a pas à dire, l’univers des contes, c’est bien violent. De base, la plupart des contes que nous connaissons ont été édulcorés par rapport à leurs versions d’origine, qui est plus rude, violente et impitoyable. Mais les contes contiennent beaucoup de choses, tout, pour ainsi dire, et c’est agréable de lire ici des adultes écrivant leurs propres versions des contes à destination d’autres adultes. Qu’on se le dise une fois pour toute : le conte est fait pour les enfants, le conte est fait pour les adultes. Et chacun y trouve ce qu’il veut. Alors arrêtons avec ces contes roses et sucrés à la Disney.

Ceci étant dit, je n’ai pas été subjugué par ma lecture. Si celle-ci fut très intéressante et ne m’a foncièrement pas déplue, je n’ai pas été autant émerveillé que je m’y attendais. Les reprises de contes proposées sont efficaces, mais sur l’ensemble, aucun ne m’a paru transcendant, et la plupart se contentent de reprendre le conte de manière efficace et adulte, sans ajouter de grain de sel qui fasse toute l’alchimie. J’ai d’ailleurs été étonné de lire le nom de Neil Gaiman sur la couverture, mais la nouvelle présente ici était déjà dans le recueil Miroirs et fumée, ce qui m’a gâché le plaisir de retrouver cet auteur.

Dans l’ensemble, si les contes sont très bien repris (notamment une reprise de Rapunzel et une autre du Petit Chaperon Rouge qui m’ont bien plu), rien n’est foncièrement neuf, et les préfaces me laissaient envisager d’autres contes, des reprises qui proposeraient des contes nouveaux utilisant les archétypes qu’on retrouve dans cette fameuse marmite bouillonnante des contes. C’est dommage, car j’aurai bien aimé lire quelque chose de neuf.

En tant que tel, je crois que j’ai été déçu de ne pas relire des coups de génie comme a su le faire Gaiman dans son recueil Miroirs et fumée, qui proposait une relecture d’un conte où le sens se trouvait inversé, ce que j’appréciais beaucoup plus. Là, j’ai l’impression que les auteurs ont voulu trop bien faire, et le résultat me semble assez lisse au final. C’est propre, presque trop gentil malgré des reprises parfois trash des contes d’origine. Mais rien qui ne secoue véritablement, et c’est dommage.


Un recueil dont j’attendais trop, sans doute, et qui n’a pas su combler toutes mes attentes. Je ne regrette pas ma lecture, et plusieurs contes ont retenus mon attention, mais aucun ne m’a véritablement plu au point que le recueil me marque. C’est dommage, même si cela n’empêche pas le recueil d’être bon. C’est d’ailleurs toujours sympathique de pouvoir lire des nouvelles d’auteur qu’on ne connait pas forcément, mais je reste sur ma faim, et le sentiment final est un peu trop marqué pour que je puisse vraiment le conseiller. Tout au plus ne vous le déconseillerais-je pas, sans aller jusqu’à dire que sa lecture est très fortement conseillée. Bref, à vous de vous faire votre propre avis sur l’intérêt ou non de lire ce genre de livres, mais ne fondez pas trop d’espoir, de peur d’être déçu vous aussi.

(Chronique n°285)

mercredi 17 juin 2015

Angels in America (Tony Kushner)

Avant de commencer sa lecture, ce livre avait déjà un passé pour moi. Ca a commencé quand un professeur m’en a parlé. Puis lorsque je me suis retrouvé à jouer une scène du premier acte. Puis lorsqu’on me parla de la série télé (plusieurs fois). Ensuite lorsque l’une de mes amies l’a acheté pour le lire et rejouer la scène. Enfin lorsque je l’ai moi-même acheté pour le lire. Plusieurs mois avant sa lecture, j’avais déjà quelque chose qui m’attirais vers ce livre, un petit je-ne-sais-quoi. Un truc à découvrir dedans. Et enfin je l’ai lu.



Résumé en trois mots : Gays, Amérique et Amour

Cette pièce est incroyable, et je serais bien en peine de tenter de vous la résumer, de vous la décrire, ou même d’essayer de vous expliquer ce qu’il y aurait à en comprendre. Trop de choses peuvent être dites dessus. J’en ai surement laissé échapper plus de la moitié, et pourtant je vais essayer d’en parler. Mais je sais déjà que je relirais cette pièce pour essayer d’en tirer encore plus.

C’est une pièce sur les amours, de plusieurs personnes qui se connaissent ou se croisent dans New-York, à la fin de l’année 1985 et au début de l’année 1986. Une Amérique qui n’est palus innocente, tout comme les personnages qui y vivent, entre Reagan, juristes sans honneur et SIDA. Avec, par dessus le tout, des Anges. Qui viennent chercher le Prophète, et qui expliquent la vérité  : Dieu a déserté.


Cette pièce pourrait être l’exemple type du genre que je déteste. Avec une flopée de thèmes qui ne me concernent pas ou que je ne suis pas à même de comprendre, et de très nombreuses allusions religieuses que je pourrais trouver inintéressante. Mais c’est exactement le contraire qui est arrivé. Car l’auteur sait jongler entre tout ces thèmes pour qu’on s’attache à ces personnages perdus, à ces souffrances pour tous et à ces questionnements existentiels permanents. Et les croyances vont bon train en tout sens. En dieu, en un parti politique, en l’amour ou en l’autre, tout le monde croit dans quelque chose et tente de s’y accrocher, alors que les illusions se perdent toutes. Comme une Amérique qui arrête de s’abuser.

Cette pièce est émouvante, vraiment belle, et contient en elle beaucoup de réflexions. C’est une peinture acide de l’homme, de la femme et de la société, particulièrement celle des USA, mais ce n’est pas pour autant que l’espoir n’est pas permis. Rien n’es définitif, et tout va évoluer, en bien ou en mal, selon ce qu’on aura préparé avant. Et à  ce niveau là, la pièce se conclue d’une très belle façon.

J’ai vraiment adoré ma lecture, émouvante et prenante (malgré sa taille la pièce se lit très vite), avec de si beaux passages, entre rêve et visions, tout en amenant des réflexions et des questionnements plus qu’intéressant. Le tout enrobé d’un style magnifique (la traduction est d’ailleurs très belle, bravo au traducteur !) qui envoute dès les premières scènes.


Une pièce toute en beauté et qui éclate à la gueule sans qu’on ne voie rien venir. Entre beauté et douleur, c’est un portrait des personnages magnifiques, qu’on aime suivre dans leurs souffrances, leurs vies et leurs morts. Jusqu’au bout, je n’ai pas pu lâcher, et je suis maintenant ravi de cette lecture que j’attendais avec beaucoup d’impatience. De tels morceaux de littérature, ça doit se lire, se dévorer sans attendre. Et je serais ravi de pouvoir découvrir à présent la série qui en a découlée. Pour peu que vous soyez facilement touché par une pièce, lisez-là, elle en vaut la peine.

(Chronique n°284)

mardi 9 juin 2015

Les enfants de Dune (Frank Herbert)

Ce tome fut plus dur à lire que le précédent, mais lors de celle-ci je fus gagné par la certitude que Frank Herbert est véritablement un génie, et je pèse mes mots. Ce livre est ardu à lire, c'est d'une difficulté supérieur à la moyenne, mais pour autant on peut parfaitement suivre si l'on s'accroche un tout petit peu. Et c'est ça qui est fabuleux, car la saga de Dune se poursuit sans trêve ni repos avec ses personnages changeants, ses situations imprévisibles et tout le génie de Frank Herbert planant sur les pages qu'il a rédigé.


Résumé en trois mots : Intrigues, Ecologie et Pouvoir

Ce tome continue le précédent, en se promettant dix ans plus tard, avec les personnages que nous connaissions déjà mais qui ont évolués par rapport aux derniers événement. Et la situation a encore évolué, bien évidemment. Et c'est là que se situe déjà le talent de l'auteur.

Ce tome s'ouvre sur des changements radicaux entre les personnages, qui doivent maintenant faire face aux anciens alliés. Les vainqueurs se déchirent autour de l'empire, de l'épice et de tout ce qu'ils contrôlent. Mais c'est également le pont névralgique habituel, le centre de tout, Arrakis, appelé Dune, unique planète productrice d'épice, qui est en jeu. Car les changements climatiques de cette planète affectent l'épice, et par là-même tout l'empire.

Ce qui est fascinant, c'est la façon dont Frank Herbert nous tisse des liens entre tout ce qui se passe, l'intérieur de chacun tout comme le destin d'un empire, les tensions et les alliances politiques, les bouleversement de chacun, les métamorphoses qui s'opèrent. Frank Herbert se paye en sus le luxe de nous farcir le livre de considération sur la religion, le pouvoir, la politique, la famille, l'avenir et le destin, l'écologie, le commerce, et quelques petites considérations sur l'humanité par dessus tout ça. Le tout sans se perdre dans le roman, en conservant des fils directeurs parfaitement logiques et bien souvent surprenants, mais très dense.

Je conçois la critique la plus fréquemment entendue par rapport à ce roman : la difficulté de lecture. J'en suis au tome 3, je suis maintenant bien habitué au style de l'auteur, au monde et aux concepts, et pourtant j'ai encore un mal fou à comprendre certaines implications dans les conversations entre les différents protagonistes. Comme si l'auteur faisait des dialogues trop intelligents pour moi. Je crois bien que c'est la première fois de ma vie où je lis un livre pour lequel je suis certain que l'auteur soit plus intelligent que moi, sans conteste. Et c'est bien en cela que réside la difficulté de lire cet ouvrage. 

Un livre d'une intelligence rare pour une saga qui ne l'est pas moins, malgré sa difficulté toujours présente dans la lecture. Mais si vous faites l'effort de vous accrocher, si vous prenez le temps de vous plonger dans la saga en intégralité, si vous ne baissez pas les bras devants les mots nouveaux et les discours emplis de sens cachés, alors vous trouverez une pépite merveilleuse qui continue de m'éblouir sans que j'y prenne garde. Un tel livre se mérite, mais quelle puissance en lui. J'en reste émerveillé. Cette saga est en passe de devenir ma favorite, mais son auteur est ajouté dans mon panthéon personnel sans aucune condition à présent.

(Chronique n°281)

lundi 1 juin 2015

Un tramway nommé Désir (Tennessee Williams)


J'ai commencé cette pièce parce qu'elle est légendaire, et qu'en six mois j'ai été bassiné pendant des semaines avec ce Tennessee Williams, auteur adulé dans le milieu théâtral, tout comme Shakespeare et Tchekhov, tout deux légendaire dans leurs genres. Alors je me suis jeté à l'eau, j'ai décidé de lire un peu, pour me faire mon propre avis, une pièce de l'auteur. Et quoi de mieux que de commencer par la plus célèbre, la plus jouée et la plus vue ?


Résumé en trois mots : Couple, Amour et Violence

A la lecture de cette pièce, je crois comprendre son succès non démenti depuis des années maintenant. Et je ne sais trop ce qu’il faut en tirer. Car c’est des personnages étranges, des situations dérangeantes, une fin qui dénote et une morale douteuse. Rien n’est simple et évident, tout semble toujours nous échapper. Qui est bon, qui est honnête, qui est vrai dans cette situation qui nous est toujours étrange. Un couple heureux (?) qui voit venir une soeur dérangée (?), ruinée et malheureuse (?), une tension entre les protagonistes (?), des amours contrariés (?), tout est sujet au doute et aux remises en question.

J’ai adoré cette pièce, même si je n’ai fait que la lire, et je rêverais de la voir jouée. Car cette pièce dégage une atmosphère, une ambiance lourde et pesante, chaude et moite comme ces journées d’été dans la Louisiane, là où l’air semble pesant et les moustiques omniprésent. Dans ces quartiers où les hommes travaillent dur et les femmes vivent de peu, dans une ambiance parfois malsaine, où tout peut exploser à chaque instant. C’est une atmosphère de tension, de défi, et rien n’est clair jusqu’au couperet final qui tombera implacablement sur la scène.


Ce trio amoureux est décidément inoubliable. Entre Kowalski, homme brut et brutal, excessif jusqu’à être violent, et sa femme douce et précieuse, fille d’une ancienne lignée noble, et sa soeur, toute en extravagance et en futilités, c’est une drôle de famille qui vit sous le même toit. Car qu’est-ce qui s’est joué au final dans cette tragédie ? De l’amour ? Du désir ? De la haine ? Du ressentiment ? Des choses refoulées ? Je ne sais pas. Je pense que l’interprétation est libre maintenant. Chacun sera juge, lecteur ou metteur en scène. La messe est dite, que chacun garde ce qu’il veut.


Une pièce détonnante, qui m’a fait grande impression. C’est jouissif comme texte, à la fois brut de décoffrage et en même temps parfaitement clair. Mais que de choses derrière ce qui se dit. Une pièce qui en dit bien plus qu’elle ne laisse voir, et je vais la relire, encore une fois, pour trouver ce qu’il faut dedans. Quelque chose en est sorti et m’a heurté. Qu’est-ce que ça m’a plu !


D’autres pièces courtes sont présentes en fin de volumes, mais outre qu’elles n’ont pas le même impact, elles me semblent surtout être des brouillons ou des essais de cette pièce principal, et j’avoue qu’elles sont plus négligeables.


(Chronique n°278)

mercredi 13 mai 2015

Conan le flibustier (Robert E. Howard)

Conan, c'est la figure mythique de la fantasy, un univers unique et novateur qui a crée le genre ! C'est un héros charismatique et puissant, héroïque comme l'on n'en fait plus, toujours au coeur du danger et toujours indemne, faisant tomber toutes les femmes et les tyrans. C'est l'archétype du barbare qu'on aime suivre parce qu'il vit des aventures plus riches que celles que nous ne connaitrons jamais. Et j'adore ça !


Résumé en trois mots : Politique, Guerre et Héros

Ce tome de Conan introduit quelque chose de neuf par rapport à ce que j'avais lu sur le héros : la dimension politique des différents royaumes de l'âge hyborien. C'est amusant de suivre le développement des intrigues entre peuples avec Conan qui vivote entre, toujours détaché d'un parti unique, voyageant en mercenaire, mais rallié aux causes avec le coeur.

Ce tome n'est en soi pas différent du précédent, mais les voyages de Conan sont moins éparpillés, et bien plus centrés sur des conflits entre pays. Et là, apparait un aspect du héros que j'affectionne particulièrement. En effet, Conan est un archétype d'héroïsme, mais il est surtout un héros qui n'est pas foncièrement bon. Ni méchant d'ailleurs. Il suit simplement son code de conduite et sa façon de voir les choses. Et bien souvent, ses ennemis sont des personnes qui se sont retrouvés face à lui, sans être pour autant des méchants au sens classique du terme. Simplement une autre vision du monde qui n'est pas celle de Conan. En soi, c'est assez amusant de lire Conan qui détruit une armée pour la seule raison qu'elle est en face de lui, sans plus se poser de questions sur les motivations ou les intérêts d'un peuple. Howard le place toujours du côté des bons, mais Conan ne se pose jamais la question.

Un recueil de nouvelles tout ce qu'il y a de plus intéressant, et les retrouvailles avec Conan sont à nouveau l'occasion d'aventures épiques et héroïques dans un monde de fantasy original et intense. C'est du pur bonheur condensé, un souffle épique qui traverse les nouvelles entre magie et guerre, avec toujours un héros invincible qui conquiert les territoires et les coeurs. J'en reprendrais bien une part, moi.

(Chronique n°272)

mardi 5 mai 2015

Zombies (Bret Easton Ellis)

Premier livre que j'ai lu de cet auteur, mais seulement deuxième posté car j'avais oublié d'en faire la chronique, et que j'ai redécouvert cela en réaménageant un peu le blog, sur lequel j'ai acquis un retard certain. Et voila que je chronique ce livre, mais je vous préviens, ça ne vas pas être tendre. C'est le premier livre que j'ai lu de l'auteur, certes, mais si vous lisez l'autre critique vous comprendrez vite que j'ai eu beaucoup de mal avec lui. Alors qu'en est-il du premier ? Je pense que vous vous en doutez.


Résumé en trois mots : Ennui, Riches et Violence

Encore une fois Bret Easton Ellis nous a pondu quelque chose sur les sujets qu'il maitrise bien. L'ennui profonde de la classe huppée américaine. Et ... Ben, en clair, j'ai pas vraiment compris le livre jusqu'à la fin. Le problème étant que les personnages sont noyés dans une masse d'autres jeunes gens en permanence, et du coup je n'ai pas compris avant les dernières nouvelles que je lisais un recueil de nouvelles ! C'est dire si je passais à côté du livre.

Ellis a un style d'écriture plutôt bon et agréable, sans aller jusqu'à le qualifier de génial. Mais le problème, c'est véritablement le sujet. Un tel ennui, je n'avais jamais lu. Le livre transpire l'ennui et le vide de la vie des protagonistes, et encore une fois, j'ai trouvé ça inintéressant. A part le moment avec les vampires, je n'ai eu que peu d'intérêt et j'avais plus d'une fois des fortes envies de prendre un Kalashnikov pour descendre les protagonistes. Insupportables !

Encore une fois, je ne sais trop qu'en penser. Selon moi, c'est un livre intéressant mais qui ne m'intéresse pas du tout. En tant que tel, l'objectif est atteint, l'ennui dégagé est palpable et c'est là tout le drame. Car l'ennui est dégagée à la lecture également. Alors faut-il lire un livre dont le but est de vous montrer l'ennui ? Je ne sais pas trop, mais ça ne m'intéresse que très peu, pour ma part. J'aimerai plutôt pouvoir me consacrer à des lectures plus enrichissante, un peu l'inverse de celle-ci en somme. Alors je vais encore tenter les deux livres de l'auteur qu'il me reste, mais je ne pense pas avoir la force d'aller plus loin. Deux tentatives qui se soldent par des échecs, je vais bien voir avec son fameux American Psycho, mais pour le reste, je passerai allègrement.

(Chronique n°269)

dimanche 3 mai 2015

Le meurtre (John Steinbeck)

J'ai trouvé le recueil sur le comptoir d'une libraire, et avoir l'occasion de lire un prix nobel de littérature pour deux euros, c'est superbe ! Sans compter que ce n'est pas n'importe lequel, l'un des meilleurs auteurs que j'ai jamais lu, ma première claque littéraire datant du collège. Enfin je lisais un auteur d'adulte, un auteur "sérieux", mais dont les livres étaient accessibles et intéressant. Ca changeait de la littérature classique qui me semblait lourde et inintéressante.
Et c'est également un écrivain de cette vallée de la Salinas, en Californie, jouxtant San Fransisco, terre d'un écrivain de non moindre importance : Jack London. Alors une occasion pareil, ça se prend à bras le corps et ça se déguste comme un bon vin, dont on sait d'avance que le gout nous plaira.


Résumé en trois mots : Femmes, Paysans et Fermes

Je serais sans surprise : j'ai encore une fois adorée la façon dont cet auteur sort sa plume pour une virtuosité de texte et d'histoire. C'est toujours ces mêmes vallées de la Californie, toujours des histoires de gens simples et dont la vie ne fait ni envie ni rêver, mais ce sont des histoires réalistes, dures et tristes. C'est la vie dans toute sa rudesse et toute sa froideur qui nous saute à la gueule à chaque coin de nouvelles.

Les nouvelles s'enchainent vite, ce sont des nouvelles simples et souvent sans conclusion en apothéose, simplement la vie de tout les jours pour les gens, qui doivent arracher à la terre de quoi manger. Et dans toutes ces nouvelles, des femmes, des femmes aux portraits assez saisissant. C'est très étrange, et pourtant intéressant. C'est une époque qui n'est pas rieuse pour tous, et Steinbeck ne se prive pas de mettre en avant la dure réalité de ce monde.

Un tout petit livre assez vite lu et toujours autant intéressant, qui m'a re-motivé à lire cet auteur, dont j'aimerai lire le livre La perle. L'idée de regrouper ces quatre nouvelles en un volume est intéressant, et j'ai beaucoup aimé la lecture, alors je ne peux que vous recommander sa lecture si vous tombez dessus. C'est court et en plus, pour une fois, c'est pas cher. 

(Chronique n°268)

mercredi 29 avril 2015

Rendez-vous avec Rama (Arthur C. Clarke)

Le dernier lu de ma fantastique PAL qui grossit plus vite que je ne peux la descendre, malgré mes efforts. Heureusement, je peux compter sur certains auteurs que je connais assez bien a présent pour aller un peu plus vite dans mes lectures. Et c'est le cas de ce Arthur C. Clarke, que j'affectionne tellement et que j'ai eu le plaisir de retrouver pour un livre de hard science-fiction, un nouveau petit livre qui m'a fait planer dans l'espace.


Résumé en trois mots : Espace, Vaisseaux et Exploration

C'est un opus très différent de ce que j'avais déjà lu de Arthur C. Clarke, bien que dans le fond il y ai les mêmes bases que dans l'univers de 2001, l'odyssée de l'espace. Entre autre, les planètes colonisés (sauf Venus), les vaisseaux a puissance plus grande que ce qu'on connait actuellement, ou les différentes spécialisations des humains dans l'univers.

Comme à chaque fois, dans l'univers de Arthur C. Clarke, les informations techniques sont légions et parsèment le livre sans pour autant être envahissantes ou centrales. Ce sont toujours des supports de l'histoire, ce qui est parfait car l'assimilation se fait sans la moindre difficulté. Personnellement je suis toujours autant fan de ces explications scientifiques qui sont générées en permanence, tout en ajoutant de la crédibilité à l'ensemble. D'autre part cela renforce aussi le potentiel d'accroche du livre, entre autre lorsque les ressorts scénaristiques reposent dessus.

Ce livre est prenant, d'un bout à l'autre, même si on peut se sentir au final un peu frustré devant la fin, que j'ai adoré pour son ouverture. Tout est laissé aux interprétations les plus diverses et aux spéculations de la part des lecteurs. C'est d'autant plus ouvert à l'imagination, du coup.
Mais c'est encore une fois une question d'ambiance, que Arthur C. Clarke pose superbement bien. L'espace immense, le vide et le froid, le silence, la chaleur et l'immensité, tout est là pour nous mettre dans cette ambiance proprement époustouflante de la SF, et je reste toujours béat devant ces descriptions de voyage dans le vide sidéral.

Un livre magnifique et superbe, donc, avec une histoire prenante sous forme de grande interrogation à laquelle la réponse n'est pas clairement posée. Un livre qui nous entraine encore dans cet espace immense et vide, avec toutes les questions, tout les problèmes et tout ce qui peut exister dans cet univers. Une lecture plaisante et dépaysante, que je serais ravi de prolonger dans les tomes suivants.

(Chronique n°266)

jeudi 23 avril 2015

Ténèbres sur Sethanon (Patrick E. Feist)

Troisième et dernier livre de la saga, j'ai du me motiver pour le lire, mais je me suis poussé en me disant qu'au moins après je pourrais enfin lire le tome Les fils de Krondor et ainsi ranger ce livre qui fait tâche dans l'ensemble des livres des rééditions Bragelonne que j'ai dans l'étagère. Cette motivation ne m'a au début pas suffi, lorsque j'ai décroché en un rien de temps du premier chapitre et que je n'avais pas envie de continuer. Ce qui est généralement de mauvais augure. Mais ensuite, je me suis pris en main, afin de le rendre à l'ami qui me l'avait prêté, et voila le résultat.


Résumé en trois mots : Magie, Autres mondes et Guerre

Bon, enfin fini ce livre et cette trilogie par là-même. Et c'est pas trop tôt, c'est tout ce que j'ai à dire.
Je me suis ennuyé sur ce livre, mais ennuyé comme jamais. C'était d'un chiant comme je n'avais pas lu depuis un long moment. Et c'est vraiment parce que je ne voulais pas rendre un livre que je n'avais pas lu que je me suis forcé à le finir. Mais en soupirant tout le temps, et au final en m'énervant contre l'auteur. C'est vraiment mal parti pour la critique.

Honnêtement, rien n'est bon ici. Ce qui m'avait plu dans le premier livre, à savoir la fameuse plume entrainante et la façon de traiter le sujet, à complètement disparu. Ici, bienvenu dans un monde manichéen ou le méchant est l'obscurité, le néant, l'absolu mal ! Et c'est parti pour le défilé des clichés : histoires d'amour bazardés en deux secondes (l'un en connait même deux, toutes autant ridicules), personnages héroïque au-delà du concept, morts héroïques bien évidemment, survie de personnages qui se prennent dix milles blessures (mais jamais mortelles ou grave ! Vive la chance !), batailles épiques et sans intérêt, duel de magie et de bretteurs (mais il manque à ce point d'imagination ?).
Bon, je suis super critique et super sévère, mais là j'en ai vraiment eu trop. La coupe était pleine, bien remplie par le tome précédent, et là c'est du n'importe quoi. J'ai décroché dès le début et le roman ne m'a pas permis une seule fois de replonger dedans. Rien n'en est sorti, je l'ai fini et je suis soulagé. Soulagé de pouvoir passer à autre chose et de ne plus me trimballer ce livre dans mon sac en permanence.
La série aurait du se finir au premier tome, et j'en aurais été très satisfait. C'était déjà bien assez, et là la surenchère de fantasy classique, de clichés et de bons sentiments m'a insupporté. Non, il n'y a vraiment rien à retenir.

Un tome de trop, largement trop. Rien d'intéressant, surfait et cliché, ce tome n'est rien qu'une suite de situations déjà vu et inintéressante pour finir dans une apothéose inintéressante et qui se conclue en deux coups de cuillère à pot. Et puis, c'est lassant. Pas d'entrain, pas de dynamique, tout est trop artificiel pour qu'on le suive jusqu'au bout. Alors je dirais simplement : si vous lisez cette série, arrêtez-vous au premier tome et vous serez bien content. C'est largement assez bien comme ça.

(Chronique n°263)

mardi 21 avril 2015

Silverthorn (Raymond E. Feist)

Deuxième tome, et la saga continue bien que l'histoire ne suive pas exactement celle du premier volume. C'est la suite, mais c'est une histoire indépendante, ce qui m'a conduit à en séparer les chroniques. En effet, le premier tome suit un arc narratif complet dont ce deuxième tome n'est qu'une suite, avec une séparation bien nette entre les deux. D'ailleurs cela se ressent dans le style d'écriture et dans l'histoire en elle-même. Car plusieurs différences notables apparaissent à la suite de ce premier tome.


Résumé en trois mots : Antidote, Ténèbres et Conspiration

Nous retrouvons dans ce tome le duc Arutha, qui se marrie, et tout le reste de la famille, Martin l'archer et Laurie, le ménestrel, dans une quête pour sauver une vie. Sans trop en dire, c'est une intrigue plutôt classique qui nous est proposé, avec la quête d'un objet permettant de sauver une personne. En soi, l'histoire n'a rien d'exceptionnelle.

Et c'est un peu ce que je reprocherais à ce tome. C'est que c'est trop classique pour moi. Des méchants parfaitement méchants cette fois-ci, des ténèbres et des ennemies assassins, un prince qui se ballade seul pour chercher un antidote en plein territoire ennemie (c'est bien connu qu'un prince ne risque rien ...), des raccourcis très -trop- simples notamment autour des clichés fantasy (les prêtres qui combattent avec la foi de leur dieux et tapent mieux que des combattants) ... J'ai aussi senti que l'auteur a voulu développer un peu plus l'humour et faire réapparaitre des personnages du premier tome. Alors oui, c'est plutôt sympathique, mais je trouve qu'on y perd beaucoup en ne développant pas un peu mieux. Le tout reste de facture très classique et ne fait que véritablement introduire le troisième tome. C'est pas ennuyeux, mais il n'y a rien de vraiment neuf sous le soleil, et c'est un peu dommage. Les bonnes idées du premier tome sont envolés et ne reste que ce que j'ai déjà lu plusieurs fois. Il manque l'épice, le sel qui rehausse tout le gout.

Un deuxième tome qui est décevant donc, non pas qu'il soit mauvais, mais qui n'apporte rien de vraiment bon. C'est quelque chose que j'ai eu la sensation d'avoir déjà lu quelque part, rien n'est vraiment extraordinaire. Il manque vraiment un truc pour que je me mette à aimer, et j'espère que le troisième tome saura relever le défi. Car là, pour l'instant, ça ne me motive pas plus que ça à lire.

(Chronique n°262)

samedi 18 avril 2015

Magicien (Raymond E. Feist)

Premier tome de la trilogie intitulée La guerre de la faille, prêté par un ami (puisque j'ai les deux tomes qui suivent la série mais que je n'avais pas la série de base) pour me permettre de lire tranquillement, enterré sous mes tonnes de livres habituels. Je l'ai attaqué, mais je dois bien avouer que j'ai mis du temps à vraiment rentrer dans l'histoire et m'intéresser à tout ce qui fait la force de ce premier tome, très épais et bien plus gros que les autres volumes de la saga.


Résumé en trois mots : Guerre, Magie et Autres mondes

L'histoire est franchement sympathique, bien que j'ai eu du mal à m'y laisser prendre, mais une fois parti, c'était bon jusqu'au bout sans aucun problème. En fait, je crois que le début assez convenu m'a peu intéressé et m'a laissé présager des mauvaises choses pour la suite.

Et pourtant .... C'est passé sans problème ! Ce qu'il y a, c'est que le roman évolue beaucoup entre le début et la fin, proposant une mise en bouche très classique qui évolue ensuite vers quelque chose de bien plus construit, intéressant, et réfléchie. Bien que le tout sonne au final comme une histoire avec quelques facilités et des dénouements parfois un peu convenus ou gros (je pense notamment à Tomas, qui aurait mérité un peu plus de traitement à mon gout), mais qui a le mérite de nous poser des choses sympathiques et intéressantes jusqu'au bout. Après, il faut dire qu'on y retrouve la majorité des "clichés" de la fantasy. Mais ce n'est pas dérangeant quand c'est bien utilisé et bien fait. C'est le cas ici.

Ce qui aide, c'est finalement l'aisance de la lecture, la facilité qu'on a à rentrer dans l'histoire et à nous intéresser aux personnages, ce qui est plutôt bon. D'autre part, les personnages connaissent une belle évolution entre le début et la fin, puisque la guerre va les trouver enfants et les laisser adulte, ce qui permet de développer sur plusieurs années, ce que l'auteur à mis à profit, pour notre plus grand bonheur, alors même que le début sonnait un peu trop comme une chronique pour adolescent. D'autre part il y a des originalités qui sont les bienvenues, même si rien n'est spécialement neuf sous le soleil. On reste dans des cadres classiques, mais tout suis. C'est presque dommage que les intrigues de cour et les petites digressions sur le pouvoir n'aient pas été plus développés, mais ce n'est pas vraiment le but de l'auteur. L'auteur ne déborde pas vraiment du cadre et apporte seulement quelques petites touches de nouveautés qui conviennent pour qu'on apprécie le roman sans soucis.

Un livre qui n'est pas dans mon best-of de la fantasy, mais qui est sympathique et apporte des bonnes idées d'un bout à l'autre, lesquelles sont exploitées dans une bonne mesure, les personnages devenant au fur et à mesure plus intéressant, et le tout étant au final bien sympathique et prenant. J'ai pris plaisir à lire les aventures de ce jeune Pug, qui ont été un peu en dehors de ce à quoi je m'attendais. Simple et efficace, un bon roman de fantasy en somme !

(Chronique n°261)

mercredi 8 avril 2015

Coeurs perdus en Atlantide (Stephen King)

(Lu entre le 7 et le 8 mars)

Ca faisait un long moment que je n'avais pas lu de Stephen King, et voyant ce livre trôner dans le bac des invendus, je me suis laissé tenter en le prenant et en le lisant rapidement, en deux jours, pour me débarrasser de livre. C'est plus qu'un objectif, là, c'est une mission survie, mais je ne désespère pas d'y arriver. Aussi ce livre m'a permis de me replonger dans Stephen King, auteur que j'ai dévoré voila quelques années et que j'avais laissé tomber depuis quelques temps, sans aucune raison. Et ça fait du bien d'en relire un bon, de temps en temps.


Résumé en trois mots : Sixties, Enfance et Amour

Un livre plutôt bon, même s'il est loin d'égaler les grands hits du maitre, mes livres favoris de l'auteur. C'est simplement un très bon livre, que j'ai eu grand plaisir à dévorer en deux jours, tranquillement installé. Et j'ai voyagé loin dans le temps et l'espace, et ça, c'est la grande marque de Stephen King.

Je pense qu'une bonne partie de la notoriété de Stephen King vient de sa capacité à créer un univers complet dans lequel on se sent entrainé lors de la lecture, et sa virtuosité qui nous tient tout au long du récit en haleine. Même si celui-ci n'est pas forcément un récit de suspense. Ici c'est un simple récit d'amour, de jeunesse et d'enfance.
Ce livre reprend encore une fois des thèmes cher à Stephen King, l'enfance et son innocence, le basculement vers l'adolescence, l'adolescence qui bascule vers l'adulte, le dur contact de la réalité avec l'insouciance des jeunes gens, l'amour a travers le temps, et surtout, une période de l'histoire américaine, les sixties. Ces fameuses sixties d'avant Woodstock, celles du début de la guerre au Vietnam. C'est toutes les sixties qui ressortent là, toutes celles fantasmé et rêvées, mais avec leurs bons et leurs mauvais côtés. Tout fut loin d'être rose dans ces années là.

Mais peu importe ce qu'on en pense, l'important ici, c'est ce que Stephen King en pense. Et Stephen King aime ces sixties, il les aime profondément, et ça c'est magnifique. Son amour pour cette période transpire à travers les pages, et c'est touchant. On est transporté dans cette période, dans ces Amériques qui commencent à tourner dans le mauvais sens, où les enfants sont mis face à une guerre absurde et face à la violence. C'est puissamment transmis, cette folie qui traverse les Etats-Unis, mais c'est beau.
Heureusement, il reste l'amour, l'amour qui traverse les époques et les protagonistes, l'amour de cette fille, appelée Carole, qui reste là dans chaque époque, intemporelle, celle pour qui tous eurent le béguin mais qui ne peut rester en place. C'est fort comme image, et j'ai adoré.

Ce livre est très agréable à lire, c'est du bon Stephen  King, avec tout les éléments de ce que j'aime chez lui : son talent d'écriture, sa puissance narrative, sa façon de retranscrire une atmosphère, ses histoires qui ne sont jamais exceptionnelles de retournements mais toujours prenantes et intéressantes, son amour des sixties, et puis tout le reste. C'est le genre de roman que j'affectionne pour son statut : ce n'est pas le meilleur livre que j'ai lu, ce n'est pas un livre inoubliable, mais il est bon, et j'ai pris plaisir à le lire. Un plaisir simple et pourtant bon. J'ai aimé ça, et j'en redemande.

(Chronique n°257)

lundi 6 avril 2015

L'abomination de Dunwich (H. P. Lovecraft)

Dernier recueil de nouvelles de Lovecraft en ma possession, et je crois bien que j'ai lu tout ce qu'il fallait lire de cet auteur à présent. Enfin, il me semble bien. C'est maintenant un devoir accompli en ce qui le concerne, je peux me tourner vers le reste de la littérature d'horreur, d'épouvante et du fantastique (ça tombe bien, je viens de commencer Stephen King). Bref, ce dernier recueil est-il du même acabit que les précédents ? C'est ce que nous allons voir.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Epouvante et Abomination

En tant que tel, Lovecraft restera toujours Lovecraft, et son style d'écriture si particulier (un peu lourd, dirons nous) est toujours identique à lui-même. C'est une façon d'écrire vieillotte, démodée, mais qui a son petit effet et ajoute du cachet, notamment lorsque les personnages parlent à la première personne et qu'ils vivent dans une époque plus ancienne. De fait, le propos est en adéquation avec le contenu.

Ce recueil contient neuf nouvelles de l'auteur, et dans l'ensemble c'est un excellent recueil que je vous recommande de lire. La nouvelle éponyme est une excellente apparition du mythe de Cthulhu, avec cette fois-ci Yog-Sothott, dans une nouvelle d'épouvante un peu classique mais toujours efficace.
En revanche, dans le reste des nouvelles, nous avons des excellentes petites perles, notamment "Je suis d'ailleurs", ou encore "La maison hantée", "Les rats dans les murs" ... Des nouvelles bien faites, avec des mises en place efficace et des fins surprenantes, que j'ai beaucoup aimé personnellement. Certaines étaient inattendus et m'ont prises au dépourvu.

Un recueil très bon, que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et dont mes souvenirs sont encore bons. C'est un recueil intéressant dans l'ensemble des oeuvres de Lovecraft, avec des idées qui surprennent et des fins inattendus. Un bon livre, que je vous recommande. Lovecraft restera un maitre de l'horreur moderne.

(Chronique n°256)

samedi 4 avril 2015

Le messie de Dune (Frank Herbert)

J'ai pu profiter d'une semaine de vacances pour retourner chez mes parents et retrouver l'intégralité de ma bibliothèque qui n'a pu, malheureusement, suivre mon déplacement dans la France. Mais heureusement, c'est du coup un plaisir renouvelée que de revenir et se sentir à nouveau étroitement entouré de livres et de BDs, lesquelles vont d'ailleurs revenir dans des chroniques tout exprès, car j'en ai plusieurs qu'il faut que je vous partage.
Mais surtout, j'ai pu retrouver les livres que j'avais laissé stupidement, et notamment toute la suite de Dune qui m'avait laissé tellement pantois voila quelques semaines. J'ai donc pris délicatement le tome 2 et je me suis permis de lire quelques lignes, avant d'entamer le livre proprement dit. Et voila qu'il m'a laissé, encore une fois haletant et groggy. De la littérature de haut vol, et comme j'en avais plus lu depuis un bail. Dieux que ça fait du bien !


Résumé en trois mots : Politique, Religion et Trame du temps

Bon, j'admet, je m'emballe peut-être un poil dans cette lecture, mais je dois bien dire que j'ai l'impression d'avoir trouvé la une grande série de science-fiction, épique et majestueuse. Une série qui a fait souvent parler d'elle, mais que je commence seulement à vraiment entrevoir comme ce qu'elle est : un chef-d'oeuvre de la science-fiction.

Je ne vais presque rien dire de l'histoire, car ce tome est exactement la continuité du premier, et je ne pourrais vous dire quelque chose sans dévoiler l'intrigue du premier tome. Et ce serait bien dommageable pour vous si vous n'avez encore rien lu. Aussi je dirais que, niveau scénario, j'ai été agréablement surpris, car ce que je reprochais au premier tome, à savoir une trame scénaristique bien plus dense et étoffée, l'univers développé par Frank Herbert trouvant enfin de quoi étendre toutes ses ramifications. L'histoire m'a complètement surprise par les détours qu'elle prenait et la vaste implication politique qu'elle englobait. Rien ne se passe comme on s'y attendrait, et la réalité est diablement cruelle. Le roman est bien plus court que son prédécesseur, mais possède une densité d'intrigue magnifique. Je suis comblé par ceci, qui montre bien que le premier tome servait de mise en place d'un univers. Qu'on ne fait encore une fois qu'effleurer ici.

Ce qui est passionnant, c'est de voir comment Frank Herbert arrive à englober tellement de sujet en si peu de temps. Outre des questions sur la politique et la religion qui sont très intéressante et donnent matière à réfléchir, le bougre se paye le luxe de nous ressortir quelques réflexions écologiques, notamment sur la gestion complète d'un éco-système, sur la société, sur les changements profonds d'un régime, sur le poids des choix, sur le temps et la vision de celui-ci, sur le destin et le choix, mais également sur la nature même d'une société et d'un peuple, ou d'une révolution. Tout est maitrisé et entremêlé, avec un final qui m'a presque tiré des larmes, mais qui laisse également la voie ouverte à toutes les suites imaginables. Et justement, des suites, il y en a encore, et j'aimerai à présent m'y plonger allègrement.

Si je devrais donner un défaut à ce livre, c'est qu'il manque une toute petite chose : le désert. Je n'ai pas retrouvé autant le désert que je l'aurais voulu, le livre se déroulant plus dans le palais que dans les dunes. En un sens, j'ai trouvé dommage qu'on explore pas plus ce lieu si saisissant et puissant, un lieu qui forge des hommes et qui reste toujours mystérieux. Mais ne boudons pas notre plaisir, le livre est excellent.

Une suite qui m'a comblé au-delà de mes voeux, puisqu'elle sait conserver toute la force et le potentiel de la première partie tout en comblant les lacunes pour en tirer un roman d'une densité et d'une force sans égal. Je suis encore sous le charme, et j'ai hâte de découvrir la suite à présent, pour plonger plus en avant dans les dunes de sable, au milieu des vers et des Fremens. Une saga qui promet vraiment beaucoup. Vivement la suite !

(Chronique n°255)

dimanche 29 mars 2015

Les enfants du froid (Jack London)

Qui dit fin du mois dit salaire, qui dit salaire en été dit solde, qui dit soldes et livres dit : gros achats (c'est la bonne période même si ce n'est pas soldé. Pour les livres, c'est toujours la bonne période) et c'est ainsi que je me suis retrouvé à acheter quelques Jack London supplémentaire, mais je commence à voir la fin du tunnel et les principaux livres sont bientôt en ma possession. Ne manque plus que les secondaires et j'attaque le rebut. Bref, je me suis laissé aller à lire quelques nouvelles, puis finalement à dévorer tout le livre. C'est du London, alors pourquoi laisser trainer ?


Résumé en trois mots : Indiens, Ruée vers l'or et Homme blanc

Cette fois-ci, toutes les nouvelles auront le même point de vue, ou presque. En effet, Jack London à écrit un recueil du point de vue (ou presque) des indiens d'Amérique du Nord, mais vraiment du Nord. Ceux d'Alaska ou du Canada.

Ce recueil est peut-être un des moins bons de ceux que j'ai lu de Jack London (j'en ai mal d'écrire cette phrase ...), quand bien même certaines nouvelles sont très biens. Mais aucune n'est véritablement excellente, et je n'en ai pas tiré grand chose au final, au point que j'ai du relire le livre pour pouvoir faire cette chronique. Ce sont des histoires parfois sympathiques, souvent peu intéressantes, et j'ai bien l'impression que l'homme blanc y est toujours présenté en supérieur de l'indien, quoique celui-ci est souvent diminué par son quotidien et son environnement. Mais tout de même, on sent parfois un certain propos qui les discrimine (a raison peut-être, je ne sais pas). En tout cas j'ai trouvé ça dérangeant.

Le reste est toujours comme du London, un bon style, une écriture fluide et prenante, des surprises dans la narration. Mais le reste ne suit pas tellement, et c'est dommage. J'aurais aimé trouver quelque chose de plus consistant, on ne m'a servi que des amuses-bouches.

Un livre que je ne recommanderai pas forcément. Avec tout ce que Jack London a écrit, je comprend que tout ne peut pas être bon, mais j'ai été déçu de la tournure que cela prenait. Je n'ai pas eu de vrai coup de coeur pour une nouvelle, et je ne m'en rappelle plus de beaucoup. Un recueil qui m'est passé un peu par-dessus la tête. J'ai trop lu de bons livres de l'auteur pour me contenter maintenant de ça. Dommage.

(Chronique n°252)

vendredi 27 mars 2015

Coulez mes larmes, dit le policier (Philip K. Dick)

Je viens de finir ce livre que j'ai déniché en occasion et que je me suis attaché à lire pour me changer les idées de mauvaises nouvelles qui venaient de tomber. C'était l'avant-dernier livre de l'auteur en ma possession, et j'avais entendu parler de lui de différentes façons, chacune s'accordant sur un côté très important de cette oeuvre au sein de la bibliographie de Philip K. Dick. Cela a bien sur titillé ma curiosité, et je ne me suis pas fait prier pour le lire, ce qui fut fait rapidement avec ces larges périodes horaires dont je dispose actuellement.


Résumé en trois mots : Réalité, Drogue et Célébrité

Un drôle de livre, très dérangeant et assez atypique. Dans l'univers de Philip K. Dick, la réalité est toujours autre, trouble et distordue, mais ici, l'histoire est clair et limpide au final. Tout est expliqué et tout est compréhensible. Pour un lecteur habitué à l'auteur, c'est curieux. Il contient même un postface qui donne la trame que poursuivent les personnages après le roman. J'ai cependant été bien plus surpris par la tournure que prenait ce livre.

L'histoire est celle d'un présentateur télé qui se réveille un jour en étant inconnu du monde entier. Personne ne sait qui il est, nul ne se souvient de lui et même la police ne dispose plus d'un seul fichier le concernant. Alors que le monde est un gigantesque état policier bureaucratique. Donc dangereux pour quiconque se retrouve démuni d'identité du jour au lendemain.
Ce roman est très curieux, en deux parties qui se joignent vers le milieu du livre, mais c'est également un roman où le héros n'est pas clairement identifié. Alors que l'appareil bureaucratique et la pression de la police désigne l'Etat et l'autorité comme "méchant" de l'histoire, je dois avouer que le héros est loin d'être tout blanc et me semble souvent être un fieffé connard. De même, cette police omniprésente dans l'esprit est bien plus relâché et normale qu'on pourrait le penser. Pas de toute puissance qui intervient n'importe comment, seulement des hommes normaux qui font leurs boulots et s'y tiennent.

Ce roman est curieux, enchainement de tableaux et de situations variées, parfois superbes, notamment une scène finale dans une station-service, mais également très sombres, au personnages torturés, psychotiques et parfois aux frontières de la folie. Certains sont totalement normaux et sont rapidement submergés par ce qui leur arrive, mais les autres sont pris dans des filets qui les entrainent toujours plus loin.
Je parle des personnages car c'est eux qui sont centraux, avec leurs interrogations, leurs motivations, leurs vision du monde. Tout est autour d'eux et de leurs rapports, les rapports humains. Entre des humains génétiquement supérieur, des humains déshumanisés. Tout est dérangeant dans ce livre, et la frontière brouillé de la réalité est une fois de plus un élément central.
Mais cette fois-ci, moins d'interrogation sur la "vraie" réalité. Plutôt une conception de l'homme quelque soit la réalité. Qu'importe ce qui est vrai, comment agissons-nous en humain dedans ?


Ce roman comporte bon nombre d'interrogation, et je ne pourrais en tirer l'ensemble. Il me faudra le relire, essayer d'en extraire tout le contenu, et la tâche ne sera pas facile. Rien n'est limpide, rien n'est offert gratuitement. Il faut fouiller pour extraire chaque idée. Mais quelles idées ... C'est confus encore dans ma tête, et j'aime ça.

Un roman qui tranche assez avec ce que j'ai déjà lu de Philip K. Dick. Moins de spontanéité, moins de folie, plus d'introspection. C'est très rentré, les personnages sont au centre d'une oeuvre qui pose de nombreuses questions et dont les réponses ne sont pas clair. C'est a la fois très intense à lire, et curieusement dérangeant. Quelque chose s'en dégage, quelque chose que j'ai du mal à cerner mais qui me fait encore m'interroger sur cette oeuvre décalée. Si je vous la conseille, je peux aussi vous dire que c'est quelque chose de neuf. A lire, pour essayer de comprendre.

(Chronique n°251)

dimanche 15 mars 2015

Seul sur Mars (Andy Weir)

J'ai vu une excellente critique de ce livre (mais impossible de retrouver sur quel blog ...*) et je me suis laissé tenter en passant en librairie. Et puis, pour une fois, j'ai vu que je le livre était conseillé par du beau monde, notamment le directeur de la Station Spatiale Internationale (s'il-vous-plait). Plusieurs bonnes raisons, donc, de me précipiter vers cette trouvaille qui me tendait les bras. Et pour une fois, je suis content ... d'avoir lu le livre très peu de temps après son achat (chose qui devient de plus en plus rare). Qui plus est, en un temps très court, mais j'adore ce grand format souple, agréable en main et à l'oeil.


Résumé en trois mots : Mars, Survie et Thriller

C'est du haut niveau que nous avons là ! Un roman qui m'a scotché littéralement dès les premières pages et qui ne m'a lâché que tout à la fin, tout au bout. Et jusqu'au bout j'étais incapable de dire ce qui allait en résulter, même si j'espérais bien.

Ce livre tient vraiment du thriller de science-fiction, un vrai morceau d'anthologie quand on le regarde. Pour un premier livre, l'auteur a tapé plus que juste ! C'est une histoire haletante, maitrisé d'un bout à l'autre, parfaitement menée et qui plus est, scientifiquement très documenté. L'auteur est dit comme passionnée d'astronomie, et je veux bien le croire. Moi, en tout cas, je m'y croyais comme jamais.

C'est l'histoire simple d'un astronaute qui est coincé sur Mars dans une mission qui s'est compliquée. Et le voila à devoir tenter de survivre pendant un long moment. Très long moment.
Ce départ très simple est extrêmement bien développé sur le long terme, avec un personnage principal attachant et a qui il arrive des choses sans cesse pire, bien que ce soit la dure réalité d'un personnage coincé dans l'espace, là où tout est dangereux. C'est une lutte de tout les instants pour la survie, mais également une lutte très longue. Très très longue.

Pour être parfaitement franc, ce livre est un coup de maitre. J'étais happé par le récit comme jamais avec un thriller. C'est le mélange délicieux avec la science-fiction qui ajoute cette couleur extraordinaire. On est suspendu à la lutte de ce pauvre astronaute, tout en ayant de la bonne science-fiction qui est très proche de ce qu'on pourrait attendre avec les connaissances actuelles. Que du réalisme pur et dur, et c'est bien agréable.
D'autre part, la documentation est excellente, tant dans le matériel utilisé (et j'adore la façon dont cela apporte au thriller) que dans la planète Mars elle-même, berceau d'une possible vie, qui se bat ici pour repartir. C'est une évasion complète, tout en gardant toujours cette tension palpable et bienvenue. J'ai adoré la façon dont c'était mené sans temps mort mais avec des périodes de relâchement. L'espace n'est pas un lieu calme et qui permet de vivre en paix, c'est un lieu de tout les dangers. Les nombreuses incursions de science sont agréables et très bien menées pour les néophytes qui comprendront l'essentiel tout en découvrant le travail énorme qu'il peut y avoir à aller dans l'espace.

Ce livre, je l'ai lu comme j'aurais lu un rapport d'une mission martienne. L'ajout de quelques scènes dans la NASA, ou de conférences de presse terrestre renforce l'atmosphère en mettant en lumière tout ce qui peut jouer en défaveur du héros. Et c'est puissant, très puissant.


Sans m'étendre à vous décrire tout le roman, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre si tant est que vous vous intéressez un peu à la science-fiction. A la fois thriller angoissant, science-fiction merveilleuse, roman puissant mais sachant garder des touches d'humour, plongé dans Mars et anticipation, ce roman est fort. Pour un premier roman, l'auteur nous a pondu un vrai chef-d'oeuvre et je vous le recommande fortement. Foncez les yeux fermés, c'est extraordinaire.

*J'ai retrouvé, c'est dans cette vidéo de Florence Porcel : Cliquez ici !
  C'est vers 3:05, voila voila !

(Chronique n°245)

mercredi 11 mars 2015

Parole d'homme (Jack London)

Autre livre qui se retrouva dans ma main sans que je ne le remarque vraiment. Et puis, un Jack London de plus ne peut jamais faire de mal, non ? Surtout qu'il ne m'en reste plus que deux autres à lire, alors autant en prendre un nouveau. Sauf que je l'ai finalement lu en très peu de temps, sans vraiment prendre le temps de savourer les six ou septs nouvelles du recueil, mais en même temps c'est tellement bon qu'on en reprendrait bien encore un petit morceau.


Résumé en trois mots : Froid, Yukon et Indiens

Encore une fois, London prend pour cadre ce grand nord qu'il n'aura visité qu'une seule année dans sa vie, mais qui l'aura inspiré pour plusieurs dizaines de livres. Ici encore les nouvelles vont nous présenter toutes ces gueules du grand nord, entre indiens éloignés de la civilisations, hommes rudes et durs, tricheurs et voleurs, mais aussi des hommes au bon cœur, ou simplement malchanceux. Tout ce monde qui se croise et s'entrecroise sur les terres gelées du grand nord ...

Voila un très bon recueil de nouvelles ! Celles-ci ont ce fameux suspense qui se dénoue dans le dernier paragraphe, laissant à chaque fois la nouvelle se conclure de façon plus ou moins tragique, sans que le bonheur ne soit jamais vraiment présent. Entre celle qui donne son nom au recueil (une merveille de tragédie simple), celle qui s'intitule Mille douzaine d'oeufs (une pure merveille d'acharnement), l'histoire d'un chien horrible et de son maitre qui ne l'est pas moins ...
Le talent de Jack London se manifeste encore une fois dans sa capacité phénoménale à se réinventer. Les histoires ne ressemblent à rien de ce que j'avais déjà lu, et j'ai encore une fois été émerveillé, à la fois par son talent de narrateur, d'inventeur, mais également son talent à croquer les hommes sous toutes leurs formes. Et toujours à me propulser dans le grand nord en quelques lignes, là où le froid règne en maitre absolu.

Je retiendrais seulement une critique, que je ne sais toujours pas formuler exactement : la façon dont Jack London décrit les femmes et les indiens. Après de nombreuses lectures, je dirais que le point de vue dessus est franchement ambiguë. Je ne sais trop comment le prendre, et ça me déroute un peu. Du coup, je laisse passer pour me concentrer sur le reste.

Un excellent recueil de nouvelles, encore une fois, et si toutes ne sont pas égales, sur les sept du recueil, au moins quatre sont vraiment excellentes, ce qui m'incite fortement à vous le conseiller, car c'est d'un niveau toujours élevé et l'auteur ne cesse de m'émerveiller. Jack London est sans conteste un des plus grands auteurs américains d'aventure, mais je pense même qu'il se classe dans la catégorie des meilleurs auteurs tout court, et sa littérature prolifique n'a pas fini de me dévoiler tout ses charmes. Lisez-en, c'est si bon mais comment résister ?

(Chronique n°243)