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samedi 29 mars 2014

Les montagnes hallucinées (H. P. Lovecraft)

Lovecraft, partie 3/4


J'ai commencé à jouer aux jeux de rôle et je participe notamment à une campagne de Cthulu. Pour me renseigner encore un peu plus sur Lovecraft et son univers unique, je me suis laissé tenté à lire celui-ci (bien que celui que l'on me recommande inlassablement soit L'affaire Charles Dexter Ward). Cette fois-ci, deux longues nouvelles bien connues, traitant des Anciens et de la Grande-Race. Et bien sur, deux incursions de plus dans l'horreur d'un écrivain malade.


Résume en trois mots : Horreurs, Anciens et Folie

Curieusement, j'ai encore plus appréciés ces nouvelles que les autres. Peut-être parce que l'auteur prenait le temps de décrire tout ce qui est exploré. Les descriptions sont longues et nombreuses, mais très intéressantes, et permettent de camper une ambiance extraordinairement noir et prenante, qui nous entraine ensuite. Comme souvent avec Lovecraft, la montée est progressive, avec d'abord des indices que l'on comprend rapidement, puis une période de calme relatif, et ensuite une période de tension qui grimpe, dans ce que l'on sait être le crescendo final, puis un accord concluant le tout. Parfois, la dernière phrase, parfois vers la fin seulement.

Lovecraft a un style unique, c'est sur, et sa façon de mettre en place est tout bonnement superbe, puisqu'il nous invite à nous plonger petit à petit dans son univers au lieu de nous balancer tout d'un bloc. Et l'univers de Lovecraft est à sa façon introductif. Il faut y aller progressivement, monter en tension pour laisser tout éclater à la fin. C'est pourquoi je trouve que le format long de la nouvelle lui convient très bien, puisqu'on se met progressivement dans cet état, avec une montée vraiment lente. Sans doute la meilleure que j'ai lu de lui au final.

Lovecraft et son univers, c'est quelque chose qu'il ne faut même plus présenter. Considéré comme le meilleur écrivain fantastique du XXème siècle (et je dirais à raison), il a un style d'écriture qui invite à lire encore plus de lui, puisque tout est prenant et lorsque les nouvelles sont aussi longues, elles mettent clairement dans une ambiance. C'est une nouvelle prenante et parfaitement bien orchestré, sans doute une des meilleures que j'ai lu de lui pour l'instant. Foncez dessus, les deux sont à la hauteur de la réputation de Lovecraft.

(Chronique n°159)

 

lundi 30 septembre 2013

La nuit des temps (René Barjavel)


Depuis le temps que j'en parlais, il fallait bien le faire sortir à un moment ou a un autre. Et puisque j'avais fini Le Grand secret dernièrement et qu'il m'avait fortement rappelé ce livre-ci, je me suis décidé à me reprendre une édition et le relire enfin (je l'avais emprunté à la bibliothèque la première fois). Un roman qui ne quittera plus ma table de nuit, j'en suis certain. C'est le genre de livre que j'aime tellement que je me rappelais des passages entiers avant la relecture, des phrases et des expressions, le final, beaucoup de choses en fait.
Ce livre-là, c'est une des fin les plus atroces que j'ai jamais lu. Et puis c'est aussi un de mes premiers contact avec une beauté sauvage et puissante. Et un des plus beau livre d'amour. Et aussi un excellent livre de science-fiction. Et puis .... Et puis voila la chronique de ce chef-d’œuvre que j'admire et apprécie encore autant jour après jour. Voici, Mesdames et Messieurs, le fameux, le grand, l'immense, le fabuleux ouvrage de Barjavel, La nuit des temps !


Résumé en trois mots : Amour, Science et Tragédie

Il y a des livres dont on a du mal à se défaire, malgré le temps qui a passé depuis la première lecture. Elle m'avait fortement marquée à l'époque, elle m'a encore marquée aujourd'hui lorsque je l'ai relu en une journée seulement, lisant du matin jusqu'au soir, jusqu'à plus soif ce livre que j'aime tant.
J'ai surtout relu ce livre parce que j'avais lu Le Grand secret du même auteur et que j'ai éprouvé une bouffée de nostalgie qui m'a conduite à retrouver ce livre en occasion et me le prendre fissa. Je me suis installé tranquillement et j'ai replongé dans ce récit aussi poignant que lorsque j'étais plus jeune. La lecture fut encore une fois très émouvante.


Contenant des thématiques bien ancrées dans sa période d'écriture (il fut publié en 1968 mais sans que l'auteur n'ai pris part au événement dans la rédaction), et plusieurs thématiques autour de la jeunesse sont marquées par les années soixante. Cependant, le propos du récit se concentre aussi sur la frappe nucléaire, peur de tout un monde durant des années, ainsi que sur la science et surtout sur l'amour. C'est un thème récurant de Barjavel, mais il est ici poussé au plus haut point, entre deux personnes s'aimant de façon incroyablement forte (Eléa et Païkan), ajouté à des amours naissants entre scientifiques de l'expédition, mais également des amours contrariés ou à sens unique (Eléa-Simon), mais surtout un amour de la vie et une haine profonde de la bêtise crasse. D'ailleurs le livre possède une fin qui retrace parfaitement cette idée à mon avis, mais je vous laisse admirer.

Ce qui est surtout beau dans ce livre, au-delà des petites réflexions et de l'inventivité au niveau de l'Atlantide, c'est que Barjavel parle encore une fois d'amour, mais de celui si puissant qu'il vous tire une larme lorsqu'on referme le livre (sauf si vous y êtes totalement imperméable), et qui est superbe. Barjavel à cette thématique d'un amour puissant mais souvent contrarié par quelque chose (le propos est semblable dans Le Grand Secret), associé à de la science-fiction. Ici le mariage est subtil et parfaitement en adéquation. La plume est toujours et encore belle, le récit se dévore en un rien de temps, et il n'y a pas un seul temps mort dans le déroulement de tout cela. On y trouve aussi des belles métaphores (notamment avec une métaphore la tour de Babel) qui apportent du charme à la relecture lorsqu'on redécouvre ces détails. En fait, le récit est parfait.

Ce livre, c'est un des premiers qui m'aura vraiment fait pleurer, et je dois avouer que je fus à deux doigts de recommencer à la relecture. Le récit n'a rien perdu de sa force et de son charme, malgré le poids conséquent des ans maintenant, et le propos est toujours aussi bon, que ce soit celui scientifique, celui sur l'Atlantide ou bien celui sur l'amour et la révolte étudiante. Tout est bon, du début à la fin, et celle-ci, cruelle mais belle vous laissera avec une histoire de Roméo et Juliette revisitée qui n'a rien à envier à l'original. Quand on l'a fini, ce livre se range rapidement dans la bibliothèque qu'il en faut pas perdre.
Si je ne peux que vous donner un conseil sur ce livre, lisez-le. Si je peux vous en donner deux, lisez-le et prêtez-le à ceux que vous aimer. 

(Chronique n°72)