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mardi 9 juin 2015

Les enfants de Dune (Frank Herbert)

Ce tome fut plus dur à lire que le précédent, mais lors de celle-ci je fus gagné par la certitude que Frank Herbert est véritablement un génie, et je pèse mes mots. Ce livre est ardu à lire, c'est d'une difficulté supérieur à la moyenne, mais pour autant on peut parfaitement suivre si l'on s'accroche un tout petit peu. Et c'est ça qui est fabuleux, car la saga de Dune se poursuit sans trêve ni repos avec ses personnages changeants, ses situations imprévisibles et tout le génie de Frank Herbert planant sur les pages qu'il a rédigé.


Résumé en trois mots : Intrigues, Ecologie et Pouvoir

Ce tome continue le précédent, en se promettant dix ans plus tard, avec les personnages que nous connaissions déjà mais qui ont évolués par rapport aux derniers événement. Et la situation a encore évolué, bien évidemment. Et c'est là que se situe déjà le talent de l'auteur.

Ce tome s'ouvre sur des changements radicaux entre les personnages, qui doivent maintenant faire face aux anciens alliés. Les vainqueurs se déchirent autour de l'empire, de l'épice et de tout ce qu'ils contrôlent. Mais c'est également le pont névralgique habituel, le centre de tout, Arrakis, appelé Dune, unique planète productrice d'épice, qui est en jeu. Car les changements climatiques de cette planète affectent l'épice, et par là-même tout l'empire.

Ce qui est fascinant, c'est la façon dont Frank Herbert nous tisse des liens entre tout ce qui se passe, l'intérieur de chacun tout comme le destin d'un empire, les tensions et les alliances politiques, les bouleversement de chacun, les métamorphoses qui s'opèrent. Frank Herbert se paye en sus le luxe de nous farcir le livre de considération sur la religion, le pouvoir, la politique, la famille, l'avenir et le destin, l'écologie, le commerce, et quelques petites considérations sur l'humanité par dessus tout ça. Le tout sans se perdre dans le roman, en conservant des fils directeurs parfaitement logiques et bien souvent surprenants, mais très dense.

Je conçois la critique la plus fréquemment entendue par rapport à ce roman : la difficulté de lecture. J'en suis au tome 3, je suis maintenant bien habitué au style de l'auteur, au monde et aux concepts, et pourtant j'ai encore un mal fou à comprendre certaines implications dans les conversations entre les différents protagonistes. Comme si l'auteur faisait des dialogues trop intelligents pour moi. Je crois bien que c'est la première fois de ma vie où je lis un livre pour lequel je suis certain que l'auteur soit plus intelligent que moi, sans conteste. Et c'est bien en cela que réside la difficulté de lire cet ouvrage. 

Un livre d'une intelligence rare pour une saga qui ne l'est pas moins, malgré sa difficulté toujours présente dans la lecture. Mais si vous faites l'effort de vous accrocher, si vous prenez le temps de vous plonger dans la saga en intégralité, si vous ne baissez pas les bras devants les mots nouveaux et les discours emplis de sens cachés, alors vous trouverez une pépite merveilleuse qui continue de m'éblouir sans que j'y prenne garde. Un tel livre se mérite, mais quelle puissance en lui. J'en reste émerveillé. Cette saga est en passe de devenir ma favorite, mais son auteur est ajouté dans mon panthéon personnel sans aucune condition à présent.

(Chronique n°281)

samedi 4 avril 2015

Le messie de Dune (Frank Herbert)

J'ai pu profiter d'une semaine de vacances pour retourner chez mes parents et retrouver l'intégralité de ma bibliothèque qui n'a pu, malheureusement, suivre mon déplacement dans la France. Mais heureusement, c'est du coup un plaisir renouvelée que de revenir et se sentir à nouveau étroitement entouré de livres et de BDs, lesquelles vont d'ailleurs revenir dans des chroniques tout exprès, car j'en ai plusieurs qu'il faut que je vous partage.
Mais surtout, j'ai pu retrouver les livres que j'avais laissé stupidement, et notamment toute la suite de Dune qui m'avait laissé tellement pantois voila quelques semaines. J'ai donc pris délicatement le tome 2 et je me suis permis de lire quelques lignes, avant d'entamer le livre proprement dit. Et voila qu'il m'a laissé, encore une fois haletant et groggy. De la littérature de haut vol, et comme j'en avais plus lu depuis un bail. Dieux que ça fait du bien !


Résumé en trois mots : Politique, Religion et Trame du temps

Bon, j'admet, je m'emballe peut-être un poil dans cette lecture, mais je dois bien dire que j'ai l'impression d'avoir trouvé la une grande série de science-fiction, épique et majestueuse. Une série qui a fait souvent parler d'elle, mais que je commence seulement à vraiment entrevoir comme ce qu'elle est : un chef-d'oeuvre de la science-fiction.

Je ne vais presque rien dire de l'histoire, car ce tome est exactement la continuité du premier, et je ne pourrais vous dire quelque chose sans dévoiler l'intrigue du premier tome. Et ce serait bien dommageable pour vous si vous n'avez encore rien lu. Aussi je dirais que, niveau scénario, j'ai été agréablement surpris, car ce que je reprochais au premier tome, à savoir une trame scénaristique bien plus dense et étoffée, l'univers développé par Frank Herbert trouvant enfin de quoi étendre toutes ses ramifications. L'histoire m'a complètement surprise par les détours qu'elle prenait et la vaste implication politique qu'elle englobait. Rien ne se passe comme on s'y attendrait, et la réalité est diablement cruelle. Le roman est bien plus court que son prédécesseur, mais possède une densité d'intrigue magnifique. Je suis comblé par ceci, qui montre bien que le premier tome servait de mise en place d'un univers. Qu'on ne fait encore une fois qu'effleurer ici.

Ce qui est passionnant, c'est de voir comment Frank Herbert arrive à englober tellement de sujet en si peu de temps. Outre des questions sur la politique et la religion qui sont très intéressante et donnent matière à réfléchir, le bougre se paye le luxe de nous ressortir quelques réflexions écologiques, notamment sur la gestion complète d'un éco-système, sur la société, sur les changements profonds d'un régime, sur le poids des choix, sur le temps et la vision de celui-ci, sur le destin et le choix, mais également sur la nature même d'une société et d'un peuple, ou d'une révolution. Tout est maitrisé et entremêlé, avec un final qui m'a presque tiré des larmes, mais qui laisse également la voie ouverte à toutes les suites imaginables. Et justement, des suites, il y en a encore, et j'aimerai à présent m'y plonger allègrement.

Si je devrais donner un défaut à ce livre, c'est qu'il manque une toute petite chose : le désert. Je n'ai pas retrouvé autant le désert que je l'aurais voulu, le livre se déroulant plus dans le palais que dans les dunes. En un sens, j'ai trouvé dommage qu'on explore pas plus ce lieu si saisissant et puissant, un lieu qui forge des hommes et qui reste toujours mystérieux. Mais ne boudons pas notre plaisir, le livre est excellent.

Une suite qui m'a comblé au-delà de mes voeux, puisqu'elle sait conserver toute la force et le potentiel de la première partie tout en comblant les lacunes pour en tirer un roman d'une densité et d'une force sans égal. Je suis encore sous le charme, et j'ai hâte de découvrir la suite à présent, pour plonger plus en avant dans les dunes de sable, au milieu des vers et des Fremens. Une saga qui promet vraiment beaucoup. Vivement la suite !

(Chronique n°255)

dimanche 15 mars 2015

Seul sur Mars (Andy Weir)

J'ai vu une excellente critique de ce livre (mais impossible de retrouver sur quel blog ...*) et je me suis laissé tenter en passant en librairie. Et puis, pour une fois, j'ai vu que je le livre était conseillé par du beau monde, notamment le directeur de la Station Spatiale Internationale (s'il-vous-plait). Plusieurs bonnes raisons, donc, de me précipiter vers cette trouvaille qui me tendait les bras. Et pour une fois, je suis content ... d'avoir lu le livre très peu de temps après son achat (chose qui devient de plus en plus rare). Qui plus est, en un temps très court, mais j'adore ce grand format souple, agréable en main et à l'oeil.


Résumé en trois mots : Mars, Survie et Thriller

C'est du haut niveau que nous avons là ! Un roman qui m'a scotché littéralement dès les premières pages et qui ne m'a lâché que tout à la fin, tout au bout. Et jusqu'au bout j'étais incapable de dire ce qui allait en résulter, même si j'espérais bien.

Ce livre tient vraiment du thriller de science-fiction, un vrai morceau d'anthologie quand on le regarde. Pour un premier livre, l'auteur a tapé plus que juste ! C'est une histoire haletante, maitrisé d'un bout à l'autre, parfaitement menée et qui plus est, scientifiquement très documenté. L'auteur est dit comme passionnée d'astronomie, et je veux bien le croire. Moi, en tout cas, je m'y croyais comme jamais.

C'est l'histoire simple d'un astronaute qui est coincé sur Mars dans une mission qui s'est compliquée. Et le voila à devoir tenter de survivre pendant un long moment. Très long moment.
Ce départ très simple est extrêmement bien développé sur le long terme, avec un personnage principal attachant et a qui il arrive des choses sans cesse pire, bien que ce soit la dure réalité d'un personnage coincé dans l'espace, là où tout est dangereux. C'est une lutte de tout les instants pour la survie, mais également une lutte très longue. Très très longue.

Pour être parfaitement franc, ce livre est un coup de maitre. J'étais happé par le récit comme jamais avec un thriller. C'est le mélange délicieux avec la science-fiction qui ajoute cette couleur extraordinaire. On est suspendu à la lutte de ce pauvre astronaute, tout en ayant de la bonne science-fiction qui est très proche de ce qu'on pourrait attendre avec les connaissances actuelles. Que du réalisme pur et dur, et c'est bien agréable.
D'autre part, la documentation est excellente, tant dans le matériel utilisé (et j'adore la façon dont cela apporte au thriller) que dans la planète Mars elle-même, berceau d'une possible vie, qui se bat ici pour repartir. C'est une évasion complète, tout en gardant toujours cette tension palpable et bienvenue. J'ai adoré la façon dont c'était mené sans temps mort mais avec des périodes de relâchement. L'espace n'est pas un lieu calme et qui permet de vivre en paix, c'est un lieu de tout les dangers. Les nombreuses incursions de science sont agréables et très bien menées pour les néophytes qui comprendront l'essentiel tout en découvrant le travail énorme qu'il peut y avoir à aller dans l'espace.

Ce livre, je l'ai lu comme j'aurais lu un rapport d'une mission martienne. L'ajout de quelques scènes dans la NASA, ou de conférences de presse terrestre renforce l'atmosphère en mettant en lumière tout ce qui peut jouer en défaveur du héros. Et c'est puissant, très puissant.


Sans m'étendre à vous décrire tout le roman, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre si tant est que vous vous intéressez un peu à la science-fiction. A la fois thriller angoissant, science-fiction merveilleuse, roman puissant mais sachant garder des touches d'humour, plongé dans Mars et anticipation, ce roman est fort. Pour un premier roman, l'auteur nous a pondu un vrai chef-d'oeuvre et je vous le recommande fortement. Foncez les yeux fermés, c'est extraordinaire.

*J'ai retrouvé, c'est dans cette vidéo de Florence Porcel : Cliquez ici !
  C'est vers 3:05, voila voila !

(Chronique n°245)

samedi 7 février 2015

Dune (Frank Herbert)

Enfin je lis ce monument de la littérature de science-fiction. Enfin je sais ce que ça veut dire Fremen, distille ou encore Harkonnen. Enfin je peux mettre une histoire sur la fabuleuse bande-originale du groupe Toto, enfin je découvre les noms que j'ai déjà entendu ou évoqué moi-même sans avoir jamais lu. C'est impressionnant comme cette série est devenue culte au fil du temps, investissant différents support (pour ce qui est du cinéma, je vous laisse visionner l'excellente chronique du Fossoyeur de films) et restant dans l'esprit comme une saga imposante qui a proposé un univers unique dans le monde de la science-fiction. Après avoir lu L'étoile et le fouet je percevais un talent assez énorme derrière l'auteur, même si sa littérature me semblait quelque peu inaccessible sur certains points. Je voulais donc m'assurer que Dune était bien ce qu'on me promettait, et que je ne m'étais pas trompé sur l'auteur. C'est maintenant chose faite, j'ai mon propre avis.


Résumé en trois mots : Désert, Politique et Religion

Wouh, je ressors tout juste de ce pavé et je reste soufflé par la tempête de sable qu'elle procure. C'est incroyable comme genre d'oeuvre, à la fois riche et dense, complexe et complète, mais en même temps lisible et prenante. Un véritable chef-d'oeuvre ? Presque, a vraiment peu de choses près.

Premièrement, oui, Frank Herbert est véritablement un génie. Sa façon de façon de faire est magnifique, puisque contrairement à beaucoup de livres qui prennent le temps d'installer les choses et de nous présenter le monde, Frank Herbert nous catapulte dedans sans la moindre indication sur l'organisation sociale et politique de l'univers (oui, parce que tant qu'a faire, autant ne pas se limiter à une seule planète, hein ?) mais sais distiller dans son histoire les informations capitales quand il y en a besoin et ne prend pas son lecteur pour un con en le laissant extraire les informations qu'il faut quand il les lit. Tout n'est pas dit explicitement, mais on comprend vite les relations et les liens envers tout le monde pour peu qu'on fasse l'effort de comprendre. Et ça, j'aime particulièrement. L'auteur laisse au lecteur la marge de manoeuvre nécessaire pour qu'il soit obligé de réfléchir sans que cela plombe le roman. C'est un grand plus, que j'affectionne particulièrement.

Deuxièmement, il faut avouer que l'auteur a su nous pondre une écriture intense. Que ce soit par son style, par le rythme, ou par l'usage qu'il fait de l'ellipse temporelle, l'auteur nous prend toujours au bon moment tout en sachant couper exactement là où il faut pour que le lecteur n'ai pas le temps de s'ennuyer. Le roman comporte bien des moments d'ombres qui sont appréciables, puisqu'on progresse dans l'histoire  de moments forts en moments forts. De plus, l'attention ne baisse jamais à la lecture puisque la réflexion est toujours présente à l'esprit du lecteur. Ce n'est pas la lecture calme et reposante de la soirée, c'est une lecture prenante et intense qui plonge le lecteur dans son univers.

Et l'univers, parlons-en. Car Dune, c'est avant tout un univers qui est riche, intense, développé et complet. Rien qu'au niveau de l'organisation politique, il reste des bouquins à écrire (et les appendices fournis le sont aussi, fournies). Et rien que ça, ça fait plaisir. On sent derrière le bouquin tout une structure qui est en place et qui densifie le monde. Bien des choses sont évoquées sans même qu'on ne les développe ou qu'on en saisisse tout le sens. Mais en lisant, j'ai compris ce qu'il fallait savoir d'elles pour l'histoire. Et au final, ça passe largement mieux que trois tartines de textes pour chaque chose. Ici, c'est simple et efficace. Mais jamais gratuit. On sent tout le travail de création d'un univers derrière, et cette complexité rend le texte puissant, car il est nourri de tout un univers qu'on ne fait qu'effleurer.

Le seul problème restant, à mon avis, est celui de l'histoire et un peu des personnages aussi. C'est le seul "défaut" que je relèverais à l'oeuvre. Car si tout est bon, il faut bien le dire, l'histoire reste un rien classique dans son développement et ne confère pas spécialement de retournements impressionnants. D'autre part, les personnages sont un peu effacés devant toute l'immensité du monde crée, et même si j'ai apprécié le développement final de Paul, qui me donne envie de lire la suite, je ne les ai pas trouvé extraordinaire. L'histoire se tient, contient d'excellentes choses, mais n'est pas exceptionnelle en soi. Et ça ... C'est dommage, mais en même temps, peut-on demander une histoire dense et fouillée dans un livre qui est déjà tellement plein de nouveauté ? Peut-être, et là-dessus je rejoins ce que je pensais sur Neverwhere, que le fait d'avoir un univers aussi vaste, tellement de choses à apporter, ne demande pas de développer une histoire au potentiel infini. Ce serait apporter trop de choses d'un coup, et je me serais sans doute fait noyer dans la masse. Alors que là, j'ai pu plonger avec délice dans un monde et dans un style.

Maintenant, j'attends la suite au tournant, et je pense que l'auteur peut se permettre de développer d'autres choses bien plus complexes dans les prochains tomes, maintenant que l'univers est posé, ou au moins esquissé. Et ça, mes amis, j'ai envie de le voir !

Je ne parle que très peu de toute la partie réflexion qui est accordé au pouvoir, à la religion, à la condition humaine, et à diverses autres choses tels que le climat, l'écologie, la biologie ou encore les relations humaines. C'est déjà assez vaste à traiter, et cet article est bien assez long. Sans même parler de l'ambiance bien particulière qui combine le désert de sable et la science-fiction, mêle les cultures et les époques. On retrouve un peu de tout, c'en est bluffant.

Pour résumer tout ce pavé, je dirais simplement que Dune est un excellent livre, à qui il manque encore un petit poil pour atteindre le summum de l'art littéraire. Mais le livre seul n'est que le prémisse d'une saga. Et c'est peut-être en elle que se trouve tout la force qui "manque" dans ce tome. Mais ce tome à lui tout seul vous invite dans un univers riche et dense, avec une histoire simple mais efficace, dans un style beau et prenant. Un tel livre ne vous lâchera pas du moment que vous faites l'effort de le lire, et ça c'est la marque de fabrique des grands auteurs. Une saga qui démarre du meilleur pied et que je vais essayer de poursuivre aussitôt que possible. Lisez-là, c'est un livre qui mérite qu'on s'y attarde.

(Chronique n°228)

mardi 10 juin 2014

Les robots (Isaac Asimov)

Les robots, volume 1


Premier tome de la série de Asimov consacrée aux robots, je me suis laissé entrainer alors que les autres livres en cours m'intéressaient peu (une semaine que je les traine, je crois qu'il faut faire quelque chose). En fait de livre, c'est surtout, encore, un recueil de nouvelles avec des protagonistes identiques et tournant autour de l'histoire de ces robots. Premier tome d'une série donc, et je me suis permis de les lire tous pour pouvoir chroniquer la série dans l'ordre. Allons-y pour six chroniques d'affilées !


Résumé en trois mots : Robots, Espace et Conscience

Encore une fois, les nouvelles vont explorer toutes les possibilités des robots dans un monde futuriste mais pas forcément plus ouvert, qui connait notamment des difficultés à aborder le robot humain, qui est finalement réservé à l'espace et aux territoires extra-terrestre. Nous retrouvons aussi toutes les questions métaphysiques des robots, les prises de conscience et ce que l'on pourrait appeler "l'âme robotique". Sans parler des trois lois et de toutes ces possibilités de contournement. Et bien sur, de la différence qui s'amenuise entre humains et robots.
Le propos d'Asimov est toujours bien documenté et très scientifique, quoique certaines choses ont bien du changer avec le temps passé depuis l'écriture, mais c'est tout le reste l'intéressant. L'émotion qui peut passer dans la première nouvelle, l'humour qu'il distille régulièrement (notamment lorsqu'un robot développe son point de vue sur Dieu) ou encore la façon dont il installe une enquête pour pouvoir ensuite nous livrer une solution parfois simplement humoristique, parfois plus réfléchie. Des questions soulevés révèlent un intérêt énorme notamment sur la dépendance que peuvent entrainer les robots et les machines, mais aussi sur l'interprétation des trois lois ou simplement la façon de les appréhender.

Un recueil de nouvelles sur les robots efficace donc, qui ne dénature pas dans tout ce qu'a fait Asimov, sans que je puisse aller à considérer que ce soit le meilleur de lui. Il contient des excellentes nouvelles, et la façon de les mettre en scène avec le même protagoniste narrateur m'a intéressé. Même si le personnage de Susan Calvin est quelque peu déroutant, une humaine plus robot que ceux qu'elle étudie. Et les huit nouvelles s'enchainent sans temps mort. Une lecture très intéressante et qui m'a encore une fois invité à réfléchir, ou fourni des pistes de réflexions que je pourrais exploiter en d'autres occasions. Un bon livre introductif aussi à la saga des robots, à laquelle je vais maintenant m'atteler.

(Chronique n°192)

vendredi 23 mai 2014

Dagon (H. P. Lovecraft)

Lovecraft, partie 4/4

Ce recueil des nouvelles de Lovecraft a un gros défaut : les nouvelles qu'il contient se retrouvent parfois dans Les contrées du rêve, et c'est un peu frustrant quand on se rend compte qu'on l'a déjà lu. Surtout que c'est le même éditeur, j'aurais pensé qu'ils auraient fait un effort. Mais cela n'empêche pas le livre de contenir tout de même 4/5ème de nouvelles que je ne connaissais pas encore. Et de tout cela, est ressorti bien des choses, et plus encore. Je sonde progressivement l'esprit de Lovecraft, et je rentre dans son univers ....


Résumé en trois mots : Horreurs, Antique et Folie

Le recueil contient des nouvelles d'un peu tout et n'importe quoi, pas que du fantastique-horreur comme nous avons l'habitude avec l'auteur. Des nouvelles oniriques (qui sont pour la plupart reprises dans La contrée du rêve) côtoient une nouvelle de science-fiction (écrite à quatre mains). C'est un peu plus fouillis mais on a de tout, c'est sur.

Ce qui ressort à nouveau, c'est vraiment l'ambiance que pose Lovecraft. Une ambiance particulièrement pesante qui dure tout le recueil, avec ces choses venues d'un autre monde qui envahissent le présent, et tout ce qui s'en suit. Sans parler de toute la folie, la haine d'une époque, la recherche de la beauté, de la connaissance, la curiosité ... Bref, les nouvelles contiennent encore une fois une grande part de tout ce qu'est Lovecraft. Ce qui est intéressant, c'est la grande diversité qui est présentée, avec des nouvelles qui s'étalent sur 30 ans d'écriture, ce qui donne notamment un aperçu de l'évolution. Avec en plus une balade dans différents endroits (Egypte, espace, cavernes souterraines ...). C'est sympathique, et ça nous donne un aperçu général de l’œuvre de Lovecraft, ce que j'apprécie grandement.

Un très bon recueil de nouvelles de Lovecraft, qui ravira tout fan du genre, même s'il faut avouer qu'il n'y a que peu de Grands Anciens là-dedans. La plupart des nouvelles sont justes dans cette atmosphère d'horreur ou onirique. Le tout est très varié, et on a de quoi lire. Je pense que c'est une excellente base pour aborder l'univers de Lovecraft, avec ce qu'il contient ce livre permet d'introduire tout les éléments qu'on retrouvera ensuite dans les œuvres plus connues du maitre. Bref, un livre à lire également.

(Chronique n°186)

lundi 14 avril 2014

2061, odyssée trois (Arthur C. Clarke)

Troisième livre de cette quadrilogie, également très court, que je me suis laissé aller à lire pour diminuer cette PAL qui ne me semble jamais vouloir se finir (en même temps je l'alimente trop). Nous retournons donc dans l'espace, dérivant vers les alentours de Jupiter et de son système, mais d'une façon très différente que ce que nous avions auparavant. De l'eau à coulé sous les pont, 51 ans sont passés depuis la dernière fois.


Résumé en trois mots : Jupiter, Espace et Extra-terrestre

Disons le tout de suite, j'ai été largement moins séduit par ce livre que par les autres volumes de la même série. L'histoire de ce volume est largement plus éparpillée et au final ne se centre pas sur grand chose. Je sentais au milieu du livre qu'on aurait le droit à quelque chose de trop rapide, et ce fut le cas. Beaucoup de questions, peu de réponses, peu de nouveautés par rapport au dernier tome ... C'est comme un redémarrage, mais je crois en mon for intérieur qu'il aurait mieux valu que je m'arrête au tome deux. Celui-ci n'apporte rien de plus, fondamentalement, et il ne s'y passe pas grand chose.

Le style de l'auteur est toujours plaisant à lire, et j'ai bien aimé apprendre certaines choses à propos de la comète de Halley, mais le livre en lui-même ne se justifie pas. Il manque quelque chose, comme si tout cela préparait la suite, et c'est l'impression que j'ai eu avec la dernière page. C'est une sorte d'introduction au dernier livre de la série (que j'hésite à lire maintenant). La découverte des premiers tomes s'est dissipée et je trouve dommage qu'on ai pas une histoire qui se centre plus sur quelqu'un ou quelque chose. Là, la dispersion est importante, et les pages peu nombreuses. A mon avis, c'est un coup d'épée dans l'eau pour un volume bien inférieur aux autre de la série.

Lecture pas déplaisante, mais qui m'a déçue, j'en attendais plus de la part d'un tel auteur. Cela n'enlève rien au style et aux connaissances qu'on y trouve, mais je pense que Clarke n'avais pas assez de matière pour sortir un livre complet. C'est plus de l'anecdotique qu'autre chose au sein de la série. Bref, je ne peux que vous conseiller d'éviter ce tome et d'en rester aux deux premiers de la série, bien au-dessus.

(Chronique n°167)

jeudi 13 mars 2014

2010 Odysée deux (Arthur C. Clarke)

Roh, ces maitres de la science-fiction ... Quand on y pense, ce livre date de 1968. 1968 ! Plus de quarante ans aujourd'hui, vous rendez-vous compte ? Et pourtant, il n'est toujours pas passé de mode ! Incroyable, quand on y songe. Une suite à 2001 l'odyssée de l'espace, il fallait oser le faire. Le livre/film avait déjà donné beaucoup, la seconde partie allait-elle être à la hauteur de l'attente ? C'est ce genre de question que je me suis posé en commençant le livre. Les questions que j'avais en le finissant étaient plutôt d'ordre astrophysique. D'ailleurs, problème : comment obtenir les réponses maintenant ?

Résumé en trois mots : Espace, Jupiter et Extraterrestre

Le livre est sensiblement plus gros que 2001 et s'ouvre neuf ans exactement après la fameuse expédition de HAL et Dave dans la navette Discovery. Cette fois-ci, nous trouvons une autre brochette de personnages qui retournent ensemble vers Jupiter, dans l'optique double de comprendre les événements survenus neuf ans auparavant, ainsi que récupérer les informations de la navette Discovery, toujours en orbite autour d'Io. Et peut-être aussi retrouver HAL ...

Ce que j'ai adoré, encore une fois, c'est tout le côté scientifique de l’œuvre. Clarke nous balade dans l'immensité de l'espace et nous plonge dans les arcanes de Jupiter, planète gazeuse à la vie palpitante, ainsi que dans ses satellites, lieux de tant de mystères et également d'activité. Du coup, le livre explore une bonne partie de cet endroit de notre système solaire. C'est palpitant, et j'ai été émerveillé d'apprendre tant de choses, de voir tout ce qui est possible. L'univers est tellement riche de choses, tellement rempli de secrets ... Cela dit, le livre date de 1968, quid de l'actualité récente ? J'aimerai bien savoir ...

L'histoire se développe lentement, partant tranquillement de la Terre, prenant le temps de voyager jusqu'à Jupiter pour ensuite se pencher sur bien des choses. Nous nous baladerons aux clair d'Io, patinerons sur les glaces de Ganymède. Le tout assaisonné de petits moments entre membres d'équipages, de moments privés. Un excellent mélange qui nous permet de ne jamais nous ennuyer entre toutes les informations diffusés.

En bref, un excellent mélange pour le second livre de cette saga. Clarke m'a enchanté entre ses passages dans l'espace, toutes les informations et l'histoire simple mais efficace qui bascule progressivement. Les questions sans réponses dans 2001 l'odyssée de l'espace reçoivent une réponse ici, mais bien d'autres choses arrivent, et laissent au final la place pour une suite que j'ai envie de lire. Sans parler de tout ce qui rend le livre génial, notamment le style d'écriture qui reste une merveille. Un auteur de génie, c'est sur ! Et un livre que je recommande.

(Chronique n°151)

dimanche 9 mars 2014

L'homme bicentenaire (Isaac Asimov)

Je voulais me prendre un Asimov et savourer une nouvelle chaque soir, un peu dans l'optique "Petite histoire avant d'aller se coucher", mais voila ... On prend un Asimov, on ne le repose plus. J'ai englouti la première partie dans la soirée, j'ai tout fini le lendemain matin. Même pas le temps d'avoir fini de manger, j'ai pris le café avec les dernières pages. Nom de dieu, ce type est un écrivain de génie.


Résumé en trois mots : Robots, Espace et Humanité

Asimov est vraiment un des maitres de la science-fiction. Cette phrase semble banale, c'est un classique au même titre que Arthur C. Clarke, Philip K. Dick ou encore Franck Herbert, mais c'est vraiment dans son cas un maitre. Pas juste un bon écrivain, un maitre. Véritablement.

Dans ce recueil, nous retrouvons un Asimov au sommet de son talent. Les nouvelles se multiplient, et je n'irais pas jusqu'à dire que toutes sont parfaites, mais la plupart d'entre elles méritent amplement leurs statuts d’œuvres exceptionnels. C'est du grand art à la fois dans la narration, tellement prenante qu'on ne s'ennuie pas une minute, mais aussi dans le fond, à la fois scientifique et psychologique, qui pose des réelles questions de fond, de société, dans un monde qui prend progressivement un virage dans l'informatique et la robotique. Là où Asimov est extraordinaire, c'est qu'il nous décrit tout cela dans les années 75, et ce sont des sujets plus que jamais d'actualité ! C'est presque effrayant de voir parfois qu'il a tapé très proche du mille. Quand il parle d'informatique, de nouveaux problèmes (il aborde notamment plusieurs fois l'idée d'un homme polluant trop fortement son environnement ...), ou tout simplement de robotique. Il y a là des dizaines d'idées qui sont plus qu'intéressantes à exploiter. Il y a tellement à tirer de cette vieille science-fiction qui se pose des questions.

En fait ma lecture m'a presque plus laissé une impression philosophique que véritablement distrayante. C'est une lecture qui se fait à double niveau, et c'est exactement ce que j'attends d'une lecture de fiction. C'est aussi ce qui fait tout le charme des romans et des nouvelles d'Asimov, où le lecteur n'a pas la sensation d'être pris pour un con. C'est notamment le cas de certaines nouvelles aux fins ambiguë, qui laissent tout loisir à l'imagination ou la réflexion. Et je peux vous dire qu'on gamberge vite.

Bref, encore une fois Asimov tape juste, bien et fort. C'est une lecture -ô combien !- plaisante, mais qui nous permet surtout de nous poser plein de questions, et de ne pas être en reste. Et ça, croyez-moi, ça vaut tout l'or du monde. Quant au reste, c'est excellent. Bourré d'informations en tout genre, transporté dans tout les lieux imaginables en fiction, intrigué par des trames narratives changeantes, des nouvelles surprenantes et d'autres plus classiques ... Non, vraiment, tout est bon là dedans. Tout. Alors, qu'attendez-vous pour le lire ? Voila le véritable art de la science-fiction, bien loin d'un Star Wars (allez-y, fans, tapez !) ou d'un Avatar. De la vraie science-fiction. De la bonne science-fiction. Les lettres de noblesses de cet art. N'attendez plus.

(Chronique n°149)

lundi 20 janvier 2014

Cher Jupiter (Isaac Asimov)

J'ai acheté ce livre voila un long moment, sur un coup de tête, et je l'avais lu pour le finir assez enthousiaste. Mais, dans ma rapidité de prêt, je l'ai prêté sans avoir eu le temps d'en pondre une chronique, alors je m'y attelle maintenant que je l'ai retrouvé et que j'ai pu le relire à mon aise.


Résumé en trois mots : Science-fiction, Science et Humour

C'est un corpus de nouvelles, toutes très courtes (la plus longue fait une dizaines de pages seulement) sur des thèmes variés et de style encore plus variés. D'ailleurs Asimov utilise beaucoup l'humour dans ces différentes nouvelles. Le maitre du genre à fait ici plusieurs sortes de récits, mais toujours avec son même talent, c'est-à-dire de combiner l'écriture d'une nouvelle prenante avec des véritables informations scientifique et de la véritable science-fiction, qui se veut réaliste et qui cherche à savoir comment c'est possible, comment faire. Bref, c'est une combinaison de savoir réel et d'inventions d'avenir. Un duo qui marche à merveille quand c'est bien maitrisé.

Et ici, c'est parfaitement bien maitrisé ! J'admire la façon dont Asimov arrive à nous captiver dans des histoires en apparence simple, avec bien souvent des chutes surprenantes, et le tout enrobé par des informations scientifiques assez intéressantes et toujours bien documentées. Toutes les nouvelles ne se passent pas dans l'espace, mais chacune à sa façon explore tout cet univers qui nous entoure. Je ne peux que vous recommander la lecture de cet ouvrage.

Si vous souhaitez commencer un Asimov et que vous hésitez à vous plonger dans un gros pavé, je pense que ceci est fait pour vous. Une excellente lecture, simple et prenante, qui marrie différent style de nouvelle et qui vous donne envie de vous plonger plus avant dans la bibliographie de l'auteur. Je ne peux pas vous le déconseillez, si vous aimez un tant soit peu la science-fiction ou que vous souhaitez vous y plongez, je pense que vous avez là un bon moyen de démarrer doucement.

(Chronique n°125)