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lundi 12 novembre 2018

(Faust) Eric (Terry Pratchett)

Neuvième -et sans doute plus petit- livre des annales du disque-monde ! Ce fut sans conteste la lecture la plus rapide que j'eus des annales, et je l'ai enchainé avec celle de Pyramides (oui, je lis dans le désordre) avant de poursuivre avec les différentes aventures du Guet de la ville d'Ankh-Morpork. Et j'ai enfin lu le roman faisant la clé de passage entre Sourcellerie et Les tribulations d'un mage en Aurient, tout en découvrant une nouvelle version du mythe de Faust, avouez que ce n'est pas rien !


Résumé en trois mots : Démons, Voyage et Magie

Je pense que je ne vais pas me cacher, pour l'instant, le cycle des livres de Rincevent dans les annales est de loin celui que j'aime le moins. Les tomes sont globalement moyens dans la série, et je n'ai pas encore trouvé cette perle rare qui me fera apprécier ce cycle autant que j'aime celui des sorcières ou du Guet. C'est notamment du au fait que Rincevent, tout amusant qu'il soit, n'est pas comparable aux personnages de La Mort, de Mémé Ciredutemps ou de Samuel Videmaire.

Et ce tome ne fait pas exception pour l'instant. Entre autres choses, je trouvais que le tome est très court par rapport aux autres, ce qui ne permet pas de développer une histoire véritablement conséquente, et qu'il ne prenait pas le temps de vraiment développer chaque point. L'idée de base est très amusante, mais je ne trouvais pas que ce soit vraiment viable niveau humour. Certes, on trouve toujours les petites phrases d'humour que Terry Pratchett sait dissimuler partout, la caricature de l'enfer de Dante et de diverses autres choses (notamment la guerre de Troie ou les Aztèques), mais le tout sans grand originalité. C'est comme de lire quelque chose de moins poussé par rapport aux autres  tomes, moins de cette pique fabuleuse que Pratchett savait insuffler dans les différents livres. J'ai bien aimé la façon dont est dénoncé l'administration et l'horreur de ces bureaux, ces déclarations en plusieurs exemplaires, mais le manque de développement est plutôt contre-productif.

Le principal problème du livre, c'est qu'il n'a rien de notable. J'ai souri, peut-être rigolé, mais je n'ai rien tiré de ma lecture, restant au final sur ma faim. Je l'ai lu, mais je n'en conserve que peu de souvenirs et il est rentré dans mes étagères sans que je ne sois sur d'y revenir un jour. C'est un peu le tome qui m'aurait laissé tomber la série de Rincevent, si je n'avais pas déjà lu le tome suivant (Les tribulations d'un mage en Aurient), qui relève bien le niveau.

Je suis sans doute très critique, trop sévère et peu objectif sur ce tome, mais j'avoue que ça m'embête de l'avoir lu dans le cadre des Annales du Disque-Monde, parce que cette saga m'avait tellement plus que je suis déçu quand je lis des tomes de moins bonne qualité comme celui-ci. C'est un peu fade, sans grande conséquence, facilement oubliable. Comme un creux dans l'inspiration de Terry Pratchett, et je suis sorti de ma lecture en n'y pensant déjà plus. Un livre qu'on peut sauter très facilement, donc, et qui ne restera pas dans les annales des annales. Passez rapidement aux autres tomes, bien plus intéressant à mon sens !

mardi 5 mai 2015

Zombies (Bret Easton Ellis)

Premier livre que j'ai lu de cet auteur, mais seulement deuxième posté car j'avais oublié d'en faire la chronique, et que j'ai redécouvert cela en réaménageant un peu le blog, sur lequel j'ai acquis un retard certain. Et voila que je chronique ce livre, mais je vous préviens, ça ne vas pas être tendre. C'est le premier livre que j'ai lu de l'auteur, certes, mais si vous lisez l'autre critique vous comprendrez vite que j'ai eu beaucoup de mal avec lui. Alors qu'en est-il du premier ? Je pense que vous vous en doutez.


Résumé en trois mots : Ennui, Riches et Violence

Encore une fois Bret Easton Ellis nous a pondu quelque chose sur les sujets qu'il maitrise bien. L'ennui profonde de la classe huppée américaine. Et ... Ben, en clair, j'ai pas vraiment compris le livre jusqu'à la fin. Le problème étant que les personnages sont noyés dans une masse d'autres jeunes gens en permanence, et du coup je n'ai pas compris avant les dernières nouvelles que je lisais un recueil de nouvelles ! C'est dire si je passais à côté du livre.

Ellis a un style d'écriture plutôt bon et agréable, sans aller jusqu'à le qualifier de génial. Mais le problème, c'est véritablement le sujet. Un tel ennui, je n'avais jamais lu. Le livre transpire l'ennui et le vide de la vie des protagonistes, et encore une fois, j'ai trouvé ça inintéressant. A part le moment avec les vampires, je n'ai eu que peu d'intérêt et j'avais plus d'une fois des fortes envies de prendre un Kalashnikov pour descendre les protagonistes. Insupportables !

Encore une fois, je ne sais trop qu'en penser. Selon moi, c'est un livre intéressant mais qui ne m'intéresse pas du tout. En tant que tel, l'objectif est atteint, l'ennui dégagé est palpable et c'est là tout le drame. Car l'ennui est dégagée à la lecture également. Alors faut-il lire un livre dont le but est de vous montrer l'ennui ? Je ne sais pas trop, mais ça ne m'intéresse que très peu, pour ma part. J'aimerai plutôt pouvoir me consacrer à des lectures plus enrichissante, un peu l'inverse de celle-ci en somme. Alors je vais encore tenter les deux livres de l'auteur qu'il me reste, mais je ne pense pas avoir la force d'aller plus loin. Deux tentatives qui se soldent par des échecs, je vais bien voir avec son fameux American Psycho, mais pour le reste, je passerai allègrement.

(Chronique n°269)

vendredi 1 mai 2015

Le carcajou (Bernard Clavel)

Un tout petit livre, encore un tout petit, mais qui a glissé entre mes doigts sans aucun problème, après tout, c'est du Bernard Clavel et ça parle des amérindiens, deux excellentes raisons de le lire sans attendre. Et c'est ce qui s'est fait, la lecture fut faite en deux minutes, ou un peu plus, mais sans même sourciller. C'est parfois agréable de lire un livre très court, juste le temps d'une simple histoire, intro-développement-conclusion, et ensuite laisser le tout mariner en bouche, pour sentir le gout qui remonte doucement en bouche et qui nous envahit le palais.


Résumé en trois mots : Amérindiens, Chasse et Hiver

L'histoire est simple, celles de quatre vieux indiens en chasse et en trappe avant l'hiver, celui rude et glacial des pays du nord, celui qui mord et qui tue. Mais voila que vient le Mal, l'ennemi de ce peuple sur le déclin : le carcajou. L'animal qui dévore tout sans pitié. Et les indiens sont forcés de se mettre en traque.

Ce roman, ce n'est pas vraiment le genre qu'il faut lire pour l'histoire, qui est trop courte pour être développé suffisamment ou pour offrir des nouveautés extraordinaires, mais bien pour l'ambiance et la plume. Clavel m'avait déjà ébloui avec sa saga sur le Royaume du nord, mais il récidive d'une belle manière avec ce volume très court et passionnant sur les derniers amérindiens vieillissant et tentant de renouer avec les pratiques ancestrales. Ce qui n'est pas forcément le plus efficace.
C'est une plongée rapide, le temps d'une centaine de pages a peine, dans un blizzard et un froid mordant. Quelques pages pour poser un décor, peu de paroles et peu d'actions, le temps va s'écouler lentement, c'est surtout de l'appréciation du moment et de l'endroit. Un lieu magnifique et sauvage. Un lieu de vie et de mort. Un lieu de silence.

Un roman court et efficace, une simple plongée dans l'univers de Clavel, ce froid et ce nord puissant qui ronge et dévore tout ceux qui y entrent, et restera toujours le pays de la glace et de l'hiver. Un roman qui pourrait faire une ouverture idéale à l'univers de Clavel et permet de plonger dans son ambiance efficacement, tout en goutant au style inimitable de l'auteur, efficace et direct. Sans un mot de trop. De la qualité jusqu'au bout derniers mots, et ça c'est ce que j'apprécie.

(Chronique n°267)

vendredi 10 avril 2015

Petits suicides entre amis (Arto Pasilinna)

Un autre livre de cet auteur, l'avant-dernier de ma PAL, histoire de varier entre toutes les lectures du moment qui sont centrées Sf et Fantasy. Un peu d'humour noir et de contrée glacée, de ces auteurs finlandais, qui écrivent le grand froid des contrées du nord. Et qui se permettent parfois de descendre et de vadrouiller dans toute l'Europe.  Car oui, pour une fois l'auteur sort de sa province natale et se permet de partir à l'aventure, pour enfin se jeter à l'eau !


Résumé en trois mots : Suicidaires, Voyage et Europe

L'idée de départ est excellente, il faut bien l'avouer, lorsque nous découvrons ces deux gentils finlandais qui aimeraient se suicider et qui se croisent par hasard. Commence alors un projet curieux : créer un comité de suicide pour aller se suicider ensemble. Et réunir le plus gros groupe de suicidaires finlandais. Mais le suicide, ce n'est pas aussi simple qu'on le voudrait, surtout quand c'est entre amis.

Ce roman est assez différent de ce que j'avais déjà lu de l'auteur, notamment avec son détachement un peu plus net de la nature, thème récurrent de l'auteur, et qui venait se greffer partout. Ici encore l'auteur nous gratifie d'un début rural mais bascule ensuite en un long voyage à travers tout les pays de l'Europe, et c'est au final peu de la nature qui nous est dévoilé ici. On traverse le tout sans vraiment prendre le temps de s'arrêter.

De plus, le sujet très grave du suicide est tourné ici au maximum de la dérision, dès son début, et bascule progressivement vers quelque chose de plus léger, un road trip tranquille entre amis. Et bien sur, l'humour perpétuel de Paasilina reste présent dans les pages.
J'ai apprécié ce morceau de fantaisie débloquée, de personnages hauts en couleurs qui sillonnent l'Europe pour aller se jeter dans le vide et en finir avec une vie qui ne les satisfait plus. C'est jouissif à lire, et j'ai eu des beaux fous rire encore une fois. L'auteur n'a décidément pas son pareil pour nous croquer des situations surréalistes et hilarantes.

Encore une fois, l'auteur tape juste en nous sortant un livre déjanté sur un thème aussi grave que le suicide, mais ce n'est pas comme si l'auteur ne nous avait pas habitué au thème. C'est amusant, et innovant dans ses situations qui ne se figent plus dans la lointaine Finlande, mais vont ici jusqu'à chez nous, apportant la morosité de ces suédois jusque dans nos contrées. J'ai aimé et j'ai beaucoup rit, alors je ne peux que vous le recommander, encore une fois. Cet auteur est décidément un excellent auteur comique.

(Chronique n°258)

mercredi 8 avril 2015

Coeurs perdus en Atlantide (Stephen King)

(Lu entre le 7 et le 8 mars)

Ca faisait un long moment que je n'avais pas lu de Stephen King, et voyant ce livre trôner dans le bac des invendus, je me suis laissé tenter en le prenant et en le lisant rapidement, en deux jours, pour me débarrasser de livre. C'est plus qu'un objectif, là, c'est une mission survie, mais je ne désespère pas d'y arriver. Aussi ce livre m'a permis de me replonger dans Stephen King, auteur que j'ai dévoré voila quelques années et que j'avais laissé tomber depuis quelques temps, sans aucune raison. Et ça fait du bien d'en relire un bon, de temps en temps.


Résumé en trois mots : Sixties, Enfance et Amour

Un livre plutôt bon, même s'il est loin d'égaler les grands hits du maitre, mes livres favoris de l'auteur. C'est simplement un très bon livre, que j'ai eu grand plaisir à dévorer en deux jours, tranquillement installé. Et j'ai voyagé loin dans le temps et l'espace, et ça, c'est la grande marque de Stephen King.

Je pense qu'une bonne partie de la notoriété de Stephen King vient de sa capacité à créer un univers complet dans lequel on se sent entrainé lors de la lecture, et sa virtuosité qui nous tient tout au long du récit en haleine. Même si celui-ci n'est pas forcément un récit de suspense. Ici c'est un simple récit d'amour, de jeunesse et d'enfance.
Ce livre reprend encore une fois des thèmes cher à Stephen King, l'enfance et son innocence, le basculement vers l'adolescence, l'adolescence qui bascule vers l'adulte, le dur contact de la réalité avec l'insouciance des jeunes gens, l'amour a travers le temps, et surtout, une période de l'histoire américaine, les sixties. Ces fameuses sixties d'avant Woodstock, celles du début de la guerre au Vietnam. C'est toutes les sixties qui ressortent là, toutes celles fantasmé et rêvées, mais avec leurs bons et leurs mauvais côtés. Tout fut loin d'être rose dans ces années là.

Mais peu importe ce qu'on en pense, l'important ici, c'est ce que Stephen King en pense. Et Stephen King aime ces sixties, il les aime profondément, et ça c'est magnifique. Son amour pour cette période transpire à travers les pages, et c'est touchant. On est transporté dans cette période, dans ces Amériques qui commencent à tourner dans le mauvais sens, où les enfants sont mis face à une guerre absurde et face à la violence. C'est puissamment transmis, cette folie qui traverse les Etats-Unis, mais c'est beau.
Heureusement, il reste l'amour, l'amour qui traverse les époques et les protagonistes, l'amour de cette fille, appelée Carole, qui reste là dans chaque époque, intemporelle, celle pour qui tous eurent le béguin mais qui ne peut rester en place. C'est fort comme image, et j'ai adoré.

Ce livre est très agréable à lire, c'est du bon Stephen  King, avec tout les éléments de ce que j'aime chez lui : son talent d'écriture, sa puissance narrative, sa façon de retranscrire une atmosphère, ses histoires qui ne sont jamais exceptionnelles de retournements mais toujours prenantes et intéressantes, son amour des sixties, et puis tout le reste. C'est le genre de roman que j'affectionne pour son statut : ce n'est pas le meilleur livre que j'ai lu, ce n'est pas un livre inoubliable, mais il est bon, et j'ai pris plaisir à le lire. Un plaisir simple et pourtant bon. J'ai aimé ça, et j'en redemande.

(Chronique n°257)

jeudi 19 mars 2015

Les amants de Spoutnik (Haruka Murakami)

Le contexte de lecture joue parfois beaucoup plus qu'on ne le pense sur nos lectures, et je pense souvent à certains livres que je relirais un jour, pour leur laisser une deuxième chance, ou pour confirmer un soupçon. Lire le mauvais texte dans la mauvaise période, c'est parfois fatal a un livre qu'on aurait énormément apprécié autrement. Cela dit, parfois, le texte arrive même à nous faire oublier le contexte dans lequel nous le lisons, et ça, c'est puissant. C'est le genre de littérature qui mérite toute notre attention, et tout nos éloges. Ce livre est rangé dans cette catégorie pour moi. Lorsque je l'avais dans les mains, j'étais opprimé par une contrainte de temps et dans une crise qui prenait tout le monde autour de moi. Le moment le moins idéal pour lire, je pense. Et pourtant, j'ai gobé ses 300 petites pages en moins de deux jours, en grappillant du temps à chaque instant disponible. Rien ne m'aurait arrêté, une fois lancé.


Résumé en trois mots : Amour, Îles et Perte

Ce livre est mon premier contact avec cet auteur tant vanté et qui le mérite d'ailleurs amplement, Haruki Murakami. Et je crois bien que c'est ma première rencontre avec un auteur japonais. Une véritable première en somme.
L'histoire est celle d'un jeune homme épris d'une jeune femme, elle-même éprise d'une femme un peu plus âgée. Et les changements que chacun fait pour les autres, pour s'intégrer dans la société. Le jeune homme sait son amour impossible, puisqu'elle en aime un autre. La jeune femme sait son amour impossible, puisque l'objet de son amour est mariée et de dix-sept ans plus âgée. Tout le monde, ici, est seul, et triste. Mais une journée, la jeune fille, en voyage en Grèce avec la femme, qui l'a engagée comme secrétaire, disparait. Et là, commence l'histoire.

Ce livre m'a dérouté. Déjà par son narrateur, personnage important mais pas central, et qui cherche ... je ne sais pas quoi exactement, mais entre autre à retrouver son amie. Et qui est très évanescent mais en même temps omniprésent. Le personnage central, c'est cette jeune fille, Sumire, au centre de tout. Et tout gravite autour d'elle et de son amour, comme un satellite tourne autour d'une planète. Le roman bascule même dans le fantastique à un moment sans que cela ne change l'impression générale dégagée par l'auteur. C'est toujours d'un même tenant, d'un bout à l'autre.

Ce genre de roman, j'y repense encore après et même maintenant, plus de six mois après la lecture, je me rend compte que beaucoup m'avait échappé sur le moment et que je comprends des choses a présent. J'aimerai beaucoup le relire, car je sens qu'il y a quelque chose dedans que je devrais pouvoir retrouver.

Un très bon roman, comme je les aime. Pour une première impression de l'auteur, c'est parfaitement réussi et ça dépasse même mes attentes. J'ai englouti le pavé a vitesse maximale mais j'en ressort ravi. C'est beau et poétique, beaucoup de choses ne sont pas dites, et je me sens capable de plonger encore une fois dans le genre de l'auteur, qui m'intéresse beaucoup a présent. C'est avec grand plaisir que je lirais d'autres ouvrages de lui. Une réussite indéniable.

(Chronique n°247)

mardi 17 mars 2015

Le scaphandre et le papillon (Jean-Dominique Bauby)

Hum, voila une lecture plutôt anecdotique qui aura eu comme seul mérite de m'occuper le temps d'un voyage en train. Oui, je suis en train de remettre en cause le livre très connu d'une personne souffrant d'un LIS, écrit dans des conditions difficiles et plutôt dingue. Mais sans remettre en cause le fond de ce livre, je dois bien avouer que je n'ai pas été particulièrement attentif à ce qu'il proposait. Je vais essayer de vous expliquer le fond du problème.

Résumé en trois mots : LISregard et autobiographie

Le livre est bien sur la vie de cet homme, frappé un jour d'une attaque cérébrale, et qui se retrouve prisonnier de son propre corps, n'ayant plus que son œil droit pour communiquer. Commence pour lui la vie difficile, à devoir communiquer comme il peut, à découvrir ses proches qui s'éloignent, et à passer le temps en revenant sur sa vie antérieur, ainsi que sur certaines digressions philosophique.

Soyons parfaitement franc, ce livre ne m'a pas intéressé. Je ne sais pas pourquoi, mais même si je compatis à la douleur de ce pauvre homme, je n'ai pas eu une seule seconde une identification ou une compassion suffisamment poussé pour me faire rentrer dans ce livre. Sans compter que les différentes explorations philosophiques ne m'ont pas passionnées outre mesure et je me suis rapidement retrouvé à m'ennuyer ferme. Lorsque j'ai refermé ce livre, c'était avec la certitude que je ne l'ouvrirai pas à nouveau pour y chercher quelque chose. Je pense être passé complètement à côté de lui.

Pour faire bien bref, je n'ai rien trouvé de particulièrement intéressant dans le livre. C'est plus la façon dont il a été écrit que je trouve passionnant, mais la lecture ne m'a vraiment pas intéressé, et c'est dommage. Ce n'est pas le genre de livre que je conseillerais, je n'ai vraiment pas aimé.

(Chronique n°246)

vendredi 13 mars 2015

Nouvelles sous ectasy (Frederic Beigbeder)

J'ai eu l'occasion, alors je me suis précipité dessus. Je voulais découvrir ce que c'était que d'avoir un écrivain de renom si ce n'est de talent écrire des nouvelles sous cette drogue fabuleuse qu'est l'ecstasy. Déception première : c'est vraiment super court, et c'est bien dommage. Mais ensuite, je me suis lancé tranquillement dans la lecture et voila ce qui en est globalement ressorti :


Résumé en trois mots : Sexe, Drogue et Dépression

Frédéric Beigbeder me semble avoir des thèmes de prédilection qu'il ne peut que exploiter, tournant souvent en rond dans ses livres (j'en ai un que j'ai commencé voila maintenant plus d'un mois et que je ne parviens pas à finir), mais il se trouve qu'ici une touche de fraicheur bienvenue débarque pour ma plus grande joie.

Je crois que ce qui aide grandement à la lecture, c'est le format très court qui semble convenir à merveille à Beigbeder, alors que le format long peut vite devenir lassant avec lui. Ici, les nouvelles sont très courte, percutantes et pleines de ses habitudes. On y retrouve, pèle-mêle, l'humour douteux et bienvenu, la drogue et l'amour, le sexe omniprésent, les relations entre hommes et femmes. Et par dessus le tout, un mal de vivre latent qui semble transpirer dans une nouvelle sur deux. C'est chronique chez cet écrivain.

De façon simple, j'ai beaucoup aimé ce recueil, de par la brièveté de son écriture et la force qui s'en dégage. C'est clair et concis, précis et drôle, comme je les aime. J'aurais presque voulu un peu plus de nouvelles, mais l'auteur s'est vraiment limité pour le coup et c'est tant pis pour nous. Mais je ne boude pas mon plaisir (juste les prix ...), donc bon, ça passe.

Un livre qui semblerait me réconcilier un poil avec cet auteur, puisque j'ai beaucoup aimé et il me semble que l'auteur a bien réussi son coup cette fois. Simple et efficace, l'ensemble des nouvelles sont très bonnes et j'ai vraiment aimé ma lecture. Moins inoubliable que son L'amour dure trois ans, il reste un bon petit livre pour se distraire une bonne demi-heure. Lecture conseillée.

(Chronique n°244)

lundi 9 mars 2015

Neige (Maxence Fermine)

C'est un très petit livre, que j'ai surtout lu parce qu'il était ajouté dans les listes des livres acheté sur Amazon. En gros, quand on voit un livre sur Amazon (ouh, pas bien ce site, allez en librairie !) (nan, je déconne, c'est idéal pour pouvoir trouver des BD en occasions vraiment pas chères), le site propose des livres également acheté par les usagers qui ont regardé ce livre. Et en cherchant Neige (de Orhan Pamuk) je suis tombé sur celui-ci, qui semblait plus connu et plus lu. Je me suis laissé tenter vu le prix, et au final le livre est vraiment minuscule, moins d'une centaine de pages et des chapitres vraiment très court. Vraiment très très court. Bon, l'énorme avantage, c'est que c'est très vite lu, et ça, c'est agréable quand la PAL menace de nous engloutir sous elle chaque soir (je place la pile à côté du lit pour me motiver). 100 gr d'envolé donc !


Résumé en trois mots : Neige, Amour et Contemplation

Un livre très court, donc, qui m'a rappelé d'ailleurs Soie par certains côté, même si je dois avouer que ce livre est un cran en dessous, et nettement d'ailleurs. Ce qui ne m'a pas empêché de l'apprécier d'ailleurs.

C'est un livre très court, très rapidement lu, mais qui se paye en plus le luxe de prendre son temps. C'est assez lent, contemplatif, introspectif. Une lecture qui prend le temps de voir la neige tomber, de penser à la vie et à l'amour, à la mort et à la beauté. C'est une histoire très linéaire, très simple et un peu facile, mais qui se lit sereinement et avec grand plaisir.
En fait, je crois que la grande force de ce roman vient de son style d'écriture, volontairement très proche de la poésie et du fameux haïku qui traverse les pages, tout comme le héros, cherchant sa forme définitive et contemplant la neige.

Ce n'est de loin pas un mauvais roman, soyons clair, mais je crois que ce roman est un peu trop juste. L'histoire est très bien, mais trop courte, un peu trop facile, un peu trop prétexte a des digressions poétiques. C'est dommage d'avoir autant de poésie et pas plus de fond, ce qui l'aurait rendu largement plus intéressante. Et l'idée n'est pas mauvaise en soi, mais là encore j'ai trouvé que c'était dommage de laisser une telle idée aussi peu creusé. Le style me semble très beau, mais creux. Et ça, c'est dommage.

Ne nous trompons pas, je suis loin de vous déconseiller ce livre, mais je lui ai trouvé quelques défauts qui n'ont rien gâché à ma lecture mais qui ont terni la pensée que je me suis faite ensuite autour de celui-ci. Et ça, c'est dommage. Car le livre est beau, poétique, mais au final je me suis rendu compte que j'y avais trouvé peu d'intérêt, et c'est dommage. Je vous conseille tout de même de lire un coup, en passant, c'est très rapide et très beau, alors je ne peux pas vous priver de ce plaisir.

(Chronique n°242)

mardi 3 mars 2015

Les quatre vies du saule (Shan Sa)

Je l'ai vu, j'ai craqué et je n'ai pas pu résister non plus à sa lecture rapide (presque immédiate d'ailleurs). Un Shan Sa. C'est comme une mignardise, une douceur, une sucrerie après un repas trop lourd. C'est une bouffée d'air frais, une oxygénation de tout le cerveau par son style et sa fraicheur. Je me suis laissé tenter à rentrer dans l'orient encore une fois, et je crois que j'ai bien fait au final. Et encore une fois, c'est tellement vite lu ...


Résumé en trois mots : Histoire, Amour et Chine

Shan Sa est décidément une conteuse de la Chine. Chacune de ses histoires nous raconte la Chine, celle historique et antique, celle rêvée et réelle, celle vécue et celle fantasmé. C'est également une vraie conteuse de l'écrit car j'ai rarement vu quelqu'un qui avait, autant qu'elle, une voix de conte dans son écriture.
Lire du Shan Sa, c'est clairement dépaysant. C'est l'orient qu'elle nous raconte, encore une fois, la Chine éternelle mais aussi celle de Mao et de la révolution culturelle. Une Chine en plusieurs teintes.

Ce livre est vraiment déroutant et je ne sais pas comment le prendre. L'histoire est découpée en quatre grande partie et je trouvais ça curieux, car j'ai eu du mal à saisir l'articulation entre les différentes parties. Même si je comprenais (enfin, je pense) la façon dont se retrouve les personnages principaux, je ne suis pas certain d'avoir compris toutes les tournures d'histoire et les liens qui les unissent au travers des différentes époques.
Cette histoire est celle d'un homme et d'une femme au travers de plusieurs époques, d'un couple qui se cherche sans qu'on ne sache très bien pourquoi et comment, ni quels sont leurs liens et leurs volontés. C'est très ambiguë et très sombre.
Mais ce que j'ai adoré, c'est la façon dont les personnages traversent les époques et marquent le contraste entre la Chine médiévale et celle de Mao ou de la révolution culturelle, la façon dont tout cela change le pays. Je m'intéresse de plus en plus à l'histoire chinoise, et je dois bien dire que c'est prenant comme roman à ce niveau là.

Je confesse que si le style est toujours aussi bon et souvent très poétique ou évocateur (le premier chapitre est un régal de concision et de clarté) j'ai ressenti une légère faiblesse dans les chapitres, souvent au début. Un léger coup de mou avant de repartir d'attaque et de m'entrainer pour ne plus me lâcher jusqu'au final. Qui dénote sur l'ensemble et conclue d'une façon très ouverte.

Un drôle de roman, que je ne conseillerai pas spécialement à la lecture si vous n'avez pas lu de Shan Sa auparavant, où si vous ne vous intéressez que très peu à la Chine. C'est un roman qui entraine et qui demande de se laisser porter par son style très étonnant. Une histoire déroutante et que je ne suis pas sur d'avoir tout à fait compris, mais qu'importe. C'est pour la beauté du texte et l'envoutement qui s'en dégage que je l'ai lu, et j'y ai trouvé mon compte. La poésie et la cruauté se partagent le terrain, mais c'est toujours magnifique. Bref, j'ai bien aimé.

(Chronique n°239)

mercredi 25 février 2015

Les tribulations d'un mage en Aurient (Terry Pratchett)

J'avais envie de le lire quand j'ai appris qu'on y renouait avec le personnage de Deuxfleurs, le touriste naïf et curieux du premier tome des Annales du Disque-Monde. J'avais tellement apprécié le personnage que je me suis décidé à court-circuiter le cycle complet de la saga et aller directement au tome 17, qui retrouve encore Rincevent en mauvaise posture (pléonasme). Et bien d'autre encore. Car le monde est petit, encore plus lorsque c'est un disque, alors c'est parfaitement normal de retrouver tout ceux que l'on connait ensemble. Pour notre plus grand plaisir.


Résumé en trois mots : Orient, Révolution et Guerre

Rincevent atterrit ici dans le continent Contrepoids, le grand continent richissime et clôt d'où est venu Deuxfleurs jadis, dans un passé bien lointain. Mais tout n'est pas rose en cette rieuse contrée de l'Aurient, puisqu'un livre court. Un livre d'un certain touriste : "Ce que j'ai fait durant mes vacances", d'un certain Deuxfleurs. Et dans ce livre est évoqué un certain "Grand Maje" qui leur est envoyé. Et Rincevent se retrouve encore une fois dans le pétrin.

Ce roman est agréable à lire, car le cadre dépayse complètement, dans cette parodie plutôt évocatrice de l'Orient que nous connaissons bien. Mais il rapporte à nouveau le personnage de Cohen Le barbare et sa Horde d'argent, prêt à réaliser le casse du siècle. Et effectivement, pour un sacré casse, c'est un sacré casse. Du genre que je n'avais clairement pas vu venir. Et puis nous retrouvons avec plaisir Rincevent qui ne parviendra toujours pas à faire quelque chose de concret de ses dix doigts. Un mage raté, certes, mais raté en tout. Et toujours le pion de la chance, qui joue contre le destin.

J'ai beaucoup aimé cette histoire, à la fois pour tout le comique qui s'en dégage (le simple dialogue des mages face à un canon par exemple) et qui m'a fait pleurer de rire à certains moments, en grande partie avec le charisme de Cohen le Barbare, mais également avec les références à la Chine ancienne, tout en ajoutant le communisme du petit livre rouge qui se greffe par dessus. Un vrai pot-pourri donc, mais qui m'a entrainé jusqu'au bout.

Un roman dépaysant et humoristique, pour une histoire tout à fait sympathique et qui nous fait renouer avec des héros bien connus, pour nous entrainer dans un Orient parodié qui m'a parfaitement convenu. Encore une réussite pour ces annales du Disque-Monde, et j'en suis à ne plus trop savoir comment le conseiller sans redire ce que j'ai déjà dit. Alors lancez-vous si vous n'avez pas encore essayé. Jusqu'à là, toujours bon !

(Chronique n°236)

lundi 23 février 2015

Mécompte de fée (Terry Pratchett)

Je me suis décidé pour se tome de façon complètement aléatoire et sans la moindre idée d'où il se situait dans la saga, et principalement parce que je trouvais l'idée de couverture sympathique. On a déjà vu pire dans le choix d'un livre, non ? Et puis Pratchett restera Pratchett, le Disque-Monde restera le disque monde, et cela ne changera jamais. Les séries immanquables le resteront, et j'ai découvert ici un nouveau volume de celle que j'explore plus avant maintenant.


Résumé en trois mots : Voyage, Magie et Contes de fée

L'histoire reprend le personnage haut en couleur de Esmeralda Ciredutemps, dites Mémé Ciredutemps, sorcière de son Etat, et sa collègue et néanmoins amie Nounou Ogg. Ainis qu'une troisième comparse, Magrat Goussedail, jeune sorcière qui hérite ici d'une baguette de bonne fée. Oui, une vraie baguette comme dans les contes ! Sauf qu'ici ça transforme tout en simple citrouille. Ah oui, nous retrouvons aussi le chat de Nounou Ogg, Gredin, qui tiendra ici un rôle plutôt inattendu. Mais j'en dis déjà beaucoup.

Ce tome est à la fois hilarant, mais également rempli de clin d'oeil et de parodies, intéressant sur les personnages du Disque-Monde et enfin très complet dans son histoire. Ce qui en fait un des meilleurs de ceux que j'ai lu jusqu'à présent, il faut bien le dire ! L'idée de départ m'a semblé juste agréablement sympathique, mais les développements sont extraordinaires. Outre les personnages extrêmement sympathiques des sorcières du Royaume de Logres (qui sont en fait plus craintes pour le bazar qu'elles créent que pour leur pouvoirs), nous avons le droit en première partie à un road trip des plus hilarants et qui se permet de faites plusieurs clins d'oies bien sentis, notamment à Dracula ou au Seigneur des anneaux. Ce long périple est déjà efficace pour nous décoincer les zygomates (voir les fatiguer) mais s'ouvre ensuite une deuxième partie qui m'a renversé littéralement. Arrivé dans une Louisiane où se pratique le vaudou, mélangé à un conte de fée réel où les gens se doivent d'être heureux et de faire partie d'une belle histoire, avec le caractère en acier trempé des sorcières, mais également le chat, un bal et un nain dragueur, autant vous dire que je me suis retrouvé plié de rire bien plus souvent que je ne l'aurais cru.

Ce roman est excellent, tant par son côté humoristique que par les clins d'oeil de l'auteur qui sont disséminés dans l'ensemble du livre, mais également par le ton qui sait redevenir sérieux vers la fin et trouver une façon de rajouter de la gravité dans l'ensemble de l'oeuvre, comme souvent (mais pas trop non plus, on est pas là pour tirer les mouchoirs) et enfin conclure sur l'humour habituel de Pratchett et sortir de là avec un grand sourire sur la face.

Un excellent roman des Annales, avec ce qu'il faut d'humour et de personnages haut en couleurs, de situations absurdes et rocambolesques, de détournements, de parodies et de clins d'oeil. Sans aller dans ce qu'avait pu produire Pratchett en terme de réflexions avec l'humour, nous avons ici un simple roman humoristique qui est largement suffisant pourvu que c'est ce que l'on recherche. Je vais essayer de plonger rapidement dans les autres romans de ce trio de Sorcière et découvrir ce qu'il leur arrive encore, car j'ai vraiment beaucoup apprécié.

(Chronique n°235)

lundi 2 février 2015

Au fruits de la passion (Daniel Pennac)

Dernier roman sorti de la saga Malaussène, voici les Fruits de la passion qui clôturent l'ensemble de la série. Sixième et dernier tome, j'aurais mis plus de temps à le lire principalement parce que je ne l'avais pas trouvé avant. Lorsque je l'ai eu en main, il est passé immédiatement par la case achat et je l'ai lu en moins de deux jours ensuite, en l'intercalant dans tout les moments possible de ma journée. Cet auteur m'enchante vraiment, et je suis toujours aussi fan de cette saga. Alors, qu'en est-il de cette conclusion ?

Résumé en trois mots : Mariage, Amour et Enfants

Comme d'habitude, nous avons le même cadre et les mêmes protagonistes (sauf ceux qui meurent dans chaque autre livres), et c'est reparti pour une intrigue d'embrouilles où  notre pauvre Benjamin Malaussène se retrouve au centre sans l'avoir demandé, comme d'habitude ... Enfin, presque, puisque cette fois-ci quelques changements interviennent, et pour une fois ce n'est pas Benjamin qui est le plus visé. En même temps, pour une fois qu'il y a un mariage, et ce n'est même pas le sien !

Pour une fois, j'ai trouvé l'histoire plutôt simple et presque expédiée. Je m'attendais à un peu plus, mais le temps de vraiment voir toutes les personnes auxquelles on était habituée et le temps que les diverses actions se mettent en place, il ne reste plus grand chose du roman. C'est dommage, je pensais que la fin serait un peu plus à la hauteur du reste de la saga. On y trouve encore l'humour de la saga, la fameuse famille qui me plait toujours autant et m'amuse encore énormément, et plusieurs petits détails intéressants, mais dans l'ensemble j'ai eu moins de plaisir à lire ce livre-ci que les autres tomes de la saga. Trop court et un peu trop simple, ce dernier tome est le tome qui me laisse sur ma faim. Dommage.

Sans le déconseiller, je ne juge pas ce tome indispensable à la saga et je ne vous conseille pas ce tome, sauf inconditionnel jusqu'au bout de la saga Malaussène. Un opus qui n'est pas de trop, qui conserve beaucoup de charme, mais qui ne m'a pas retenu plus que ça. Je vais passer facilement à autre chose.

(Chronique n°226)

lundi 26 janvier 2015

Days (James Lovegrove)

Encore un achat de cette collection de Bragelonne, qui est en passe de devenir la plus grande de ma collection. Et encore une fois, une découverte d'un auteur et d'un style que je ne connaissais pas, d'une histoire sur laquelle je ne sais rien et dont le seul résumé m'a attiré, ce qui est déjà un gage de ma volonté. Et cette lecture, qui remonte maintenant à loin déjà, et tout ce qu'il se fait de plus acceptable, voir même plus !


Résumé en trois mots : Magasin, Consommation et Humains

L'histoire est celle d'un magasin, un énorme et gigantesque magasin, qui contient sur six étages tout ce qu'il faut pour qu'on puisse consommer sans se préoccuper de ce qu'on achète. Tout, des femmes aux cravates, des livres à la nourriture. Et bien évidemment, tout cela à un prix. Days est le magasin dans lequel on ne rentre qu'avec une carte. Et cette carte indique votre niveau de richesse.
Dans ce temple de la consommation moderne, quatre destins se croisent. L'un est celui d'un simple employé, un fantôme. Un homme qui traque les voleurs en les repérant dans ce qui est le plus grand lieu de vol possible du monde. Une autre est cette dame qui tient le rayon de la littérature dans le magasin, et qui voit, jour après jour, son espace disponible diminuer au profit de celui de l'informatique. C'est également le destin d'un couple, qui vient inaugurer en cette brillante journée sa carte du magasin. Le premier jour pour eux dans le monde de la sur-consommation. Et enfin, c'est le destin de la famille dirigeante, des sept frères Days qui tiennent ce magasin.

J'ai beaucoup aimé ce roman, qui ne s'étale que sur une seule journée tout en nous présentant quatre points de vue différents dans un même magasin, plus grand que n'importe quel autre dans le monde. Sans même évoquer la surconsommation ou la déviance des hyper-marchés, ce livre nous offre également une belle fable sur l'homme et les dérives qu'il peut connaitre dans sa vie, entre les couples qui ne peuvent pas s'accorder ou encore les frères Days, entrepreneur du magasin, qui doivent à la fois tenir quelque chose de trop gros, s'accorder entre eux et en même temps sont prisonniers d'un joug parental. D'autant plus oppressant que le père n'est plus là.

Ce roman est assez brillant dans son genre, et j'ai énormément apprécié de le lire, avec le foisonnement de ce qui est présenté, tout en ne s'enlisant pas dans une critique massive. Le livre sait retrouver l'histoire quand il le faut, et retombe sur ses pieds d'une belle façon, en concluant de façon assez magistrale, puisque chaque arc narratif aura sa propre fin, ce qui fait qu'on ne peut y voir une fin heureuse ou malheureuse.

Un beau livre, qui est assez unique dans ce que j'ai pu lire pour l'instant, mais qui est bien typique de ces fantaisies urbaines qui dépeignent notre société sous un jour peu glorieux. Les différents personnages sont à la fois touchants et glaçants d'effroi par leur apathie face à la vie, mais ce roman sonne bien réaliste, et c'est là tout l'intérêt. Et je ne parle pas de la façon dont les histoires se croisent pour finir par avoir chacun sa propre identité, finissant dans plusieurs nuances de tons. Un bon roman, qui se lit agréablement et qui invite à réfléchir. Une belle découverte qui m'a bien fait plaisir.

(Chronique n°223)

samedi 8 novembre 2014

La saga du sorceleur (Anrzej Sapkowski)

Une bien belle et longue saga, sur laquelle j'aurais lu diverses choses pas forcément flatteuses. Mais il faut bien reconnaitre que ce n'est pas une saga habituelle. Déjà par les couvertures (la réédition en poche m'aurait tuée), mais aussi par le contenu, sans parler du manque de réédition en français. Et le jeu vidéo qui en fut tiré et qui est bien plus connu (et mieux noté, curieux fait). Mais je me suis penchée vers elle après avoir lu les premières nouvelles, et je n'avais plus qu'une envie : plonger à nouveau dans cet univers et arriver à voir la suite des aventures de ces personnages hauts en couleur et incroyablement attachants.


Résumé en trois mots : Magie, Prophétie et Guerre

Je dois bien dire, au final de ma lecture, que j'en ressort avec une sensation de déception. Mais si la déception est là, c'est que j'en attendais beaucoup, et le début pronostiquait tellement mieux pour la fin ...

En essayant d'expliquer les choses de façons précises, je dois d'abord relever un détail qui a toute son importance : Sapkowski écrit très bien, le style est incroyablement plaisant, entre la noirceur du monde et les situations rarement roses, mais avec aussi un humour qui se manifeste de temps en temps par de petites touches, et c'est toujours agréable. Et c'est prenant, c'est ça qui fait plaisir. On veut connaitre la suite, bien que cela nous semble parfois un peu artificiel dans le fond.

Car oui, il faut bien l'avouer, il y a des choses un peu trop artificielle dans le fond de certains livres, et je dirais principalement au-delà du troisième tome. Les deux premiers mettent en place l'ensemble et apportent d'excellents éléments, mais la suite n'est pas à la hauteur et plusieurs fois je me suis désolé de l'avancement.
Ce qui est vraiment dommage, c'est que l'auteur a posé une situation vraiment excellente, notamment politiquement, avec tout ces conflits, intrigues, mélant politique, espions, magiciens, pouvoirs et complots. Mais voila, c'est sympathique, sauf quand on résout tout brutalement à la fin avec des moyens assez peu digne de l'ensemble. Le dernier tome donne l'impression de vouloir tout conclure beaucoup trop rapidement. Et c'est vraiment, vraiment dommage.
En parlant de ces problèmes scénaristiques, je dois bien avouer que c'est aussi problématique autour du reste : la saga du sorceleur, peut-être, mais celui-ci est un personnage assez effacé par rapport à Cixi, qui est la figure vraiment centrale. Et d'ailleurs, pourquoi avoir retiré Yennefer des trois quarts de l'histoire ? C'était un excellent personnage, mais qui ne sert pratiquement à rien dans tout les tomes. En fait elle n'est même pas là plus de la moitié du temps.
Autre souci, niveau scénaristique : l'ajout de certains personnages. Je ne suis pas contre l'introduction de nouvelles têtes, toujours intéressantes par ailleurs. Mais là, la plupart du temps c'est en un bloc et les personnages m'ont semblé un peu trop artificiels dans leur façon d'être, même si ça s'améliore beaucoup par la suite.

Par contre, et pour finir sur une note positive, le reste possède beaucoup de bonnes idées. J'ai adoré, à titre d'exemple, la bande des Rats ou la façon dont la guerre impacte sur la vie générale des gens, bien qu'on ne voit presque jamais des batailles (il y en a, si mes souvenirs sont bons, une seule dans les cinq tomes). C'est des luttes entre petites gens lorsque les grands se tapent dessus. Et c'est aussi un monde très sombre et qui contient tout son lot d'horreur et de noirceur (notamment violence gratuite). Un monde mêlant bien fantasy et moyen-âge, noirceur et pique d'humour, sur fond de guerre et d'interrogations. Une belle histoire, mais qui se déroule avec trop d'accroc pour qu'on puisse l'apprécier à sa pleine valeur.

Au final, je suis très mitigé et j'hésite à conseiller la lecture de cette série. Déjà, parce que si vous voulez vous la procurer vous aller payer très cher ou avoir des couvertures dégueulasse. Mais en plus, l'histoire est très inégale, à la fois plaisante sur le monde et décevante sur le fond. C'est une saga qui aurait mérité une histoire plus travaillée, et je n'ai pas retrouvé tout le plaisir que j'avais eu en lisant le premier tome. C'est vraiment dommage, parce que le monde est intéressant et que j'aimais beaucoup de choses dedans. Alors, dois-je la déconseiller pour autant ? Non, évidemment, je ne peux pas. C'est une saga qui à de quoi plaire, et qui présente du potentiel. Si vous êtes intéressé par ce genre de choses, n'hésitez pas à la lire quand elle vous tombe sous la main. Mais dans l'optique d'une superbe saga de fantasy, il faudra repasser.

(Chronique n°208)

samedi 28 juin 2014

Les petits dieux (Terry Pratchett)

Encore du Terry Pratchett, encore du disque-monde ! Je n'en ai pas fini avec cet auteur, qu'un ami me passe régulièrement. Celui-ci, m'a-t-il assuré, était très bon. Il rentrait aussi dans le cadre de différentes lectures que nous avons eu en commun sur le sujet de la religion. Et il me semble que cette lecture s'inscrit totalement dans le cadre de cette réflexion, très intéressante d'ailleurs, de la religion au travers du regard de la fantasy. Ce qui nous donne d'ailleurs un excellent vecteur de réflexion pour le monde réel, tout autant sur la religion que la foi, le divin et surtout les prophètes. Et quoi de mieux pour le faire que d'utiliser une histoire inventée de toute pièce pour faire passer le tout ? Ainsi, c'est exactement ce que nous aurons ici !


Résumé en deux mots : Religion, Foi et Humour

L'histoire va tourner autour de Frangin, novice dans un temple dédié au grand dieu Om. Le plus grand temple dans la ville principale du royaume contrôlé par les croyants dans le dieu Om. Mais une hérésie est là, présente et installée. Une hérésie disant que le monde n'est pas rond mais plat, posé sur le dos de quatre éléphants juchés sur une tortue. Et le brave mais benêt frangin ne vas pas voir sa vie s'arranger lorsqu'il découvrira le dieu Om prisonnier dans le corps d'une ... tortue.

Disons le tout net, ce livre est pour l'instant, selon moi, le meilleur des Annales du Disque-monde que j'ai lu. Une virtuosité sans pareil le parsème ! Je ne reviendrais pas sur l'extraordinaire humour que contient cette pépite littéraire, mais je dois bien rendre hommage au talent monstrueux de l'auteur pour transformer son livre à la fois en satyre piquante de différentes choses (notamment ici de la Grèce Antique et de ses penseurs, mais aussi de la religion, du fanatisme et de la foi) mais aussi en véritable réflexion sur ces points, donnant à la fois son avis éloquent et un angle de vue toujours intéressant.
Concrètement, les développements et digressions autour de la foi sont tout simplement excellent, avec cette leçon si bien inscrite : à trop vouloir faire croire les hommes dans un dieu, ils croiront plus dans la religion qu'en lui. C'est tellement bien mis en scène que je ne peux qu'applaudir devant l'ingéniosité. Et je ne parle pas de toutes les symboliques énormes qui sont placées et détournées (notamment la fameuse traversée du désert).

Si je peux me permettre le jeu de mot, ce livre restera dans les annales. Blague à part, il s'agit d'un excellent livre que j'ai adoré lire, tout autant pour son histoire et son humour habituel, que j'ai trouvé excellent comme toujours, que pour son côté plus philosophique et réfléchit sur la religion et tout ce qui en découlait. Tout est traité, bien traité, et intelligent. C'est rare les livres de ce genre qui vous font rire et vous font réfléchir, mais c'est exactement le style qui me plait et je suis totalement partisan de cette façon de faire. Vivement d'autres dans le même genre !

(Chronique n°200)

jeudi 15 mai 2014

Château de la colère (Alessandro Baricco)

Enfin parvenu au bout de ce livre ! Ça faisait tellement longtemps qu'un livre ne m'avait pas intéressé, que j'ai eu un mal fou à me forcer de le finir. Que c'était long ! Et pourtant, il faut bien l'avouer, ce livre est loin d'être mauvais. En fait, je pense qu'il est dans la zone intermédiaire entre "bon" et "passable". C'est un peu la zone "se laisse lire", celle où l'on classe les romans sans trop de défauts et sans réel qualités. C'est vraiment ça.


Résumé en trois mots : Ville, Farfelue et Personnalités

En fait c'est un roman assez déjanté, avec plein de personnages et une drôle de façon d'écrire aussi. Baricco a un style très poétique, usant de façon d'écrire peu conventionnelle. Si le style est innovant, je trouvais qu'il était parfois un peu trop embrouillé. Mais en tant que tel, ça va, c'est loin d'être le pire.

En revanche, l'histoire n'a pas du tout réussi à m'accrocher. Cette petite ville que nous suivons au rythme de la folie douce de ses habitants et de leurs vies si particulière ne m'a ni touchée ni convaincue. A aucun moment je n'ai trouvé les personnages attachants, et leurs délires m'ont laissés de marbre. Au bout d'un moment je trouvais même la chose lassante. Surtout qu'il me semblait qu'il y avait trop de longueur dans la partie centrale. Certains détails étaient de trop, j'avais envie de sauter des pages. Je l'ai fini à reculons, en étalant la lecture sur trois jours et en zieutant régulièrement le numéro des pages. C'est dommage, je pense qu'il y avait du potentiel. Mais le style et l'écriture sont bien loin de Soie et l'histoire ne m'a pas convaincue.

En fait, le livre n'est pas mauvais, mais c'est typiquement le genre que je range dans "Pas aimé". L'histoire ne m'a pas intéressé du tout, le style est bon mais pas suffisant pour que je ne décroche pas, le rythme est lent ... La lecture fut assez pénible; et en fin de compte, je n'ai pas l'impression d'avoir retiré quelque chose du livre. "Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d’un coup de poing sur le crâne, à quoi bon lire" écrivait Kafka. Je pense que c'est exactement ce que je me suis dit en sortant de cette histoire. Pour moi, pas mauvaise mais pas bonne non plus, dans l'entre-deux des livres.

(Chronique n°182)

vendredi 25 avril 2014

Le père porcher (Terry Pratchett)

Premier livre de la fantastique saga Les annales du Disque-monde que je lis, sur les conseils insistants d'un ami qui me l'a humblement soumis à me lecture, laquelle fut, il faut l'avouer, d'une rapidité assez grande. Et j'ai été très agréablement surpris du ton qui reste à la fois humoristique et en même temps sérieux, dans la grande lignée des bons romans d'humour et de fantasy (je ne sais pas si il y a une lignée, mais la formulation me plait).


Résumé en trois mots : Croyance, Noël et Humour

J'aime, j'affectionne, j'adore, je suis conquis dès qu'un livre sait allier l'humour de bonne facture à des questions plus sérieuses et qui interviennent régulièrement dans le livre. Ici, le propos a été clairement orienté autour de la croyance, bien que tout le livre soit avant tout humoristique, avec la patte de l'auteur que j'ai reconnu (cf De bons présages) et autant apprécié, sinon plus.
Il est vrai, l'humour de Pratchett est un peu spécial mais délicieux, mélange d'absurde, de réflexions tombant à pic et de pince-sans-rire. C'est agréable d'un bout à l'autre que de pouvoir en rire, sans que cela ne faiblisse ou ne disparaisse. Et les situation drôles s'enchainent sans interruption, jusqu'à des apothéoses extraordinaire (notamment la scène du magasin). J'ai souvent souris, et aussi ri tout simplement. C'est agréable, d'autant que les passages drôles ne sont pas visibles de loin.

Après, se greffe par dessus une histoire, et j'avoue qu'elle est tout simplement géniale. L'idée de traiter la fête de Noël en en changeant quelques petits détails (des sangliers plutôt que des rennes, moi je trouve ça plutôt cool !) pour en exploiter toute l'idée de la croyance, c'est juste parfait. Le thème est superbement bien traité, sous plusieurs aspects, et j'aime beaucoup la façon dont la Mort envisage les choses. C'en est presque humoristique, là aussi. Mais je trouve que la réflexion de fond est bien mené, bien amené, et bien conduite également. Et je ne parle pas des incursions d'éléments en opposition complète avec la fantasy mais intercalés si subtilement qu'il n'en parait rien (comme les ordinateurs ..).

Pour une première lecture des Annales du Disque-Monde, j'ai eu mon contentement, et je serais ravi de pouvoir y retourner (lorsque j'aurais fini ma PAL ....). Le sujet est génial, l'humour bien présent et bien trouvé, la réflexion amenée ne m'a pas déplu, il n'y a rien que je déplore. Le style est très bon aussi, on sent la maitrise de l'auteur, et ce fut une lecture rapide et agréable d'un bout à l'autre. Je ne peux que vous conseiller vivement cet ouvrage, que je classe dans ma tête comme livre à acheter pour ma bibliothèque idéale. En attendant la suite, je pense que je vais rester un peu dans la fantasy. Ça ne me déplait pas ... 

(Chronique n°172)

samedi 19 avril 2014

La route (Cormac Mc Carthy)

En route, partie 1/3

(lu entre la nuit et le matin du 31 janvier)

Comme quoi, ça peut servir une infection urinaire (je ne le recommande à personne). Pour penser à autre chose, j'ai attrapé le premier livre à ma portée et j'ai commencé à le lire. Pour un peu je dirais que je ne l'ai plus lâché, mais c'est faux. Je me suis forcé à le poser quand il était vraiment tôt (du genre vers 5 h ...). Et bien évidemment, je l'ai lu et fini le lendemain dès le réveil. Ça faisait longtemps que je n'avais pas lu un truc comme ça !


Résumé en trois mots : Père, Fils et Route

Je connaissais le film avec Vigo Mortensen, mais j'avoue que le livre me faisait envie, on me le ventait tellement ...  Et puis voila, je me suis laissé avoir, et j'ai commencé "juste pour voir". En résumé, je dois dire simplement : ce livre ne se pose plus une fois commencé. Plus du tout.

L'histoire se lit très facilement par le fait de l'écriture, en phrase très courte, découpée en petits paragraphes faisant rarement plus d'une page, sans dialogues réellement mis en en page, rien que des paragraphes de textes "muets", qu'on ne peut que dévorer sans s'arrêter. Le style est vraiment un des nombreux points forts du livre, mais un atout de poids.

Autre atout, et sans doute le plus important : l'histoire. Parce que ce genre d'histoire, c'est quelque chose ! Il faut l'avoir lu pour comprendre. D'ailleurs, le film suit très fidèlement le livre, mais celui-ci contient tellement de choses que le film ne peut que laisser suggérer .... En fait, il y a tellement de fond que le livre se doit d'être relu pour en extraire encore plus de suc que dans une première lecture. Et puis, quelle puissance dans cette histoire ! On est tellement à fond dedans que le monde semble curieusement coloré quand on ressort de toute cette cendre grise. Et puis, les sensations passent tellement bien qu'on se croit avec eux, affamé et frigorifié. Vraiment, l'histoire transporte tellement bien ... Ce fut une plongée complète, immersion en deux secondes.

Encore un atout ? Le style, l'histoire, le fond ... Les personnages ! Oui, des personnages extraordinaires, des portraits d'humains tout en finesse, des hommes qui survivent, des gens qui se battent et veulent garder la foi dans l'espèce humaine. Des gens qui ont le feu en eux. Et puis, cette histoire de paternité, cette filiation, tout ce qu'on fait l'un pour l'autre. Et puis, une évolution aussi, lente et presque invisible, mais allant d'un état pas simple vers un autre qui se compliquera. Car il faut penser au moment où l'on ne sera plus, et dans un tel monde c'est encore pire. Bref, le ton des personnages sonne juste et réel, ils nous semblent tellement vrai que je croirai volontiers à un récit biographique. Oui, c'est la puissance de ce livre.

Personnellement, je tiens là ma plus grosse claque littéraire de l'année, c'est certain. Aucun livre avant lui ne m'avait laissé aussi impressionné et aussi admiratif. Tout est bon dans ce livre, qui est puissant et entrainant. C'est une lecture qui nous prend au tripes pour ne plus nous lâcher de tout le reste du roman. Elle nous fascine, et les pages se tournent toute seule, tandis qu'on est transporté dans une ambiance, dans un récit extraordinaire. Que pourrais-je ajouter de plus ? Lisez-le ! C'est quelque chose d'incroyable, une lecture indispensable.

(Chronique n°169)

dimanche 6 avril 2014

Vendredi soir (Emmanuèle Berheim)

Un livre très court, très petit, simple et direct. Je suis tombé dessus encore une fois par hasard, en lisant des critiques plutôt enthousiastes et positives sur divers autres blog de la toile. Alors je me suis laissé tenté, j'ai lu. Et en fait, je l'ai lu en même pas une heure. Très court, je vous l'ai bien dit.


Résumé en trois mots : Soir, Passion et Doutes

Bon, il faut l'avouer, ça fleure bon le romantisme, et si ça le frôle, ça n'y rentre jamais clairement. Le roman est vite lu, de par le peu de pages, mais aussi le style, tout en phrase courtes, et la mise en page. C'est très léger, très aérien, et ça rentre en droite ligne du ton du récit.

C'est une histoire simple aussi, mais assez rafraichissante. C'est tout dans la tête, le doute et les appréhensions juste avant le grand changement, la magie d'un moment unique, l'inconnu, l'attirance simple, se laisser aller à la passion. Et nous aussi, nous nous laissons entrainer au fil d'une soirée simple et peu ordinaire, mais une belle soirée, qui se laisse couler au fil des pages.

Ce roman, avouons-le, ce n'est pas le roman du siècle. Pas même de la décennie. Mais c'est un excellent roman, simple et efficace, qui offre une superbe parenthèse dans d'autres lectures, et c'est exactement ce qu'il m'a donné. Une parenthèse simple et efficace, qui m'a détendu et m'a fait cheminer en charmante compagnie durant cent pages.

Simple, efficace, rapidement lu, ce roman n'est pas le genre à marquer durablement, mais à se lire agréablement, tranquillement, dans un moment de pause entre deux autres lectures. Recommandé, parce que ça fait du bien des lectures aussi fluide de temps en temps. Prenez le temps, un soir, de lire Vendredi soir.

(Chronique n°163)