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lundi 3 février 2014

Forrest Gump (Winston Groom)

J'ai été très surpris en voyant ce livre, comme quoi le cinéma pique vraiment tout ce qu'il peut dans la littérature (ce n'est pas forcément un reproche, il y a des adaptations plus réussies que le roman de base). Bref, je me suis laissé tenter à lire les aventures de ce simplet de Forrest Gump, pour voir un peu ce que ça donnait en livre. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça change du film !


Résumé en trois mots : Aventure, Humour et Idiot

Idiot s'appliquant bien entendu à Forrest et pas au récit, ni à l'humour. Alors, première critique : c'est moins bien que le film. Et même nettement d'ailleurs. Pour vous éviter les spoils, si vous pensez le lire, je vous met le texte en même couleur que le fond. Pour lire, surlignez, mais ne le faites que si vous pensez ne jamais lire le livre :

Forrest est totalement différent du livre, il a une grande facilité en math et devient entre autre champion d'échec à un moment, il ne se marrie pas avec Jenny (qui change pas mal du livre), le lieutenant Dan ne l'aide pas aux crevettes et il n'a jamais été son chef (et n'a pas été sauvé par lui), il finit par être un musicien de rue (mais millionnaire) et dors dans un carton, il a un singe, il est allé dans l'espace, il a rencontré des cannibales .... La mère a vue bruler sa maison et n'apparait presque pas dans le livre, Forrest joue de l'harmonica, il a tué quelqu'un par inadvertance ...

Et dites vous que là je n'ai mis que les grandes lignes. En fait, entre le film et le livre, ils ont gardés le nom, le personnage (environ), et quelques idées. Bref, l'ensemble change beaucoup, et je dirais que le film a fait plus fort que le livre.

Si le livre est drôle et contient des excellents passages, il faut surtout dire que l'histoire est invraisemblable. Mais là, largement plus que dans le film, avec certains passages où je me posais vraiment la question : "Mais qu'est-ce que c'est que ça ?". Le livre utilise un principe d'un chapitre par idée, et c'est louable, mais en fait on navigue vite dans un océan de choses, Forrest faisant de tout et n'importe quoi, arrivant toujours à s'en sortir (pas forcément vainqueur), mais avec des invraisemblances énormes. En fait, si le début de la lecture est très sympathique, il finit par lasser au bout d'un moment, et je me suis pris à me dire que le film avait tiré ce qu'il y avait de meilleur à tirer du livre et qu'il avait laissé le reste avec raison. Ce n'est pas mauvais, mais c'est répétitif et lassant, bourré de cliché et de détails inintéressant (sans compter les blagues compréhensibles uniquement par les américains ou ceux qui connaissent bien l'histoire des USA). Bref, c'est une lecture qui est bien différente, notamment qu'il n'y a aucun passage émouvant dedans, et qu'il manque bien d'autres choses qui faisaient toutes la saveur du film.


Le livre m'aura sacrément moins marqué que le film, c'est indéniable ! Amusant mais pas hilarant, aventureux mais rapidement lassant, il va moins loin que le film et rend beaucoup moins bien. Au final, j'ai eu un sentiment très frustré à ma lecture, ayant l'impression de lire un livre moyen, mais surtout qui ne vaut rien en comparaison du film. Bref, je ne peux pas le recommander à la lecture.

(Chronique n°132)

samedi 18 mai 2013

La planète des singes (Pierre Boulle)


Bon, après une absence assez longue due entre autres aux partiels, aux résultats, au stress qui m'a rendu un peu avachi ensuite, à une recherche intense de boulot, de nouvelles lectures et des prêts massifs de BD un peu partout, je dois avouer que j'ai laissé le blog un peu à l'abandon. Il est donc temps de se ressaisir, et je propose pour cela de faire un petit tour vers une de mes dernières lecture : La planète des singes, roman très connu par ses adaptations en film, et que j'ai dévoré rapidement la semaine dernière.
Je profite aussi de ce petit message pour préciser que je vais rafraichir un peu le blog, entre la liste à lire, ce que je lis, les citations et tout le bazar. Un peu de boulot en perspective. Et peut-être aussi des nouveautés, pourquoi pas ? En attendant, place aux chroniques nouvelles de la roulotte, voici La planète des singes !


Résumé en trois mots : Évolution, Singes et Humanité

Si vous avez vu la planète des singes, vous allez comprendre illico de quoi je vais vous parler. Mais cependant il faut bien retenir que les deux films (celui de 1968 avec Charlton Eston et celui de Tim Burton en 2001, à mon sens un pur navet) ne s'inspirent que de la trame générale du livre et se radicalisent complètement différemment dans le propos et le traitement. Je vais détailler ceci tout de suite. En tout cas, retenez que chacun à sa manière rend hommage au livre, mais de façon très différente. Tim Burton est plus proche d'un aspect du livre, le premier film est proche de beaucoup plus d'aspect du livre.

Le gros point fort de l'histoire, c'est bien évidemment la réflexion poussée sur l'humanité et son rapport aux autres animaux, à la nature, et enfin à elle-même. Notre Ulysse fera face à bien des dilemmes, en voyant notamment ses semblables torturés par la science, utilisés pour des labeurs, chassés, manipulés, humiliés (à ses yeux uniquement). En fait, au fur et à mesure, on prend conscience avec lui de ce qui nous caractérise et nous distingue de l'animal, au fur et à mesure que l'homme semble plus animal. Les questions s'enchainent, sur la légitimité des actes, mais aussi d'une simple pensée. Comment doit-on voir les autres ? Notre héros connait des problèmes de diverses natures, et la façon dont il doit les surmonter est toujours bien pensée. En fait le roman dans l'ensemble est génial d'inventivité et de coup qu'on ne voit pas venir. J'ai été vraiment surpris, et d'un bout à l'autre. Les preuves de l'humanité ne sont pas tout, il faut aussi faire face à l'histoire du monde, à l'hostilité naturelle des singes envers les hommes et à une civilisation installée de puis si longtemps. Alors, que faire ?

Si je parle de la réflexion, il faut souligner que cependant dans le récit, les passages dans l'espace sont moins détaillés et documentés que dans un Isaac Asimov, mais restent très lisible. Le propos est par contre lisible d'un bout à l'autre du roman, et même très prenant, mêlant aussi des amours, des débats, des colères, des questions, le tout sans temps mort et évoluant d'une façon très différente, notamment par rapport aux films. Vous seriez surpris de la tournure des éléments, mais je ne vais pas spoiler donc je vous recommande de le lire pour bien comprendre.

Au final, nous avons donc un ouvrage d'excellente qualité, avec une écriture fluide et prenante, un sujet parfaitement bien traité et une tonne de questions qui jaillissent au final, laissant beaucoup de place à l'interprétation personnelle. Le ton du livre est très critique envers l'humanité par le biais d'un homme chargé de la défendre. C'est dans le genre, il faut bien l'avouer, un livre très bien fait, dans le fond et la forme, avec très peu de temps mort et un nombre de pages très petit par rapport à la densité du livre. Un livre qui est très différent aussi des films qui en ont été tirés, puisque ceux-ci ne concernent à chaque fois qu'un seul aspect du livre. Je dois dire que le tout est vraiment bien mis en scène et mériterais une deuxième relecture. En tout cas, je le recommande, car il est vraiment bon.

(Chronique n°44)
 

Troisième participation !
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