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lundi 29 février 2016

Au guet ! (Terry Pratchett)

L’ami qui m’a prêté les premiers tomes de cette saga me tanne à présent pour que je lise la suite de la saga, et surtout que nous puisions en parler ensemble à longueur de temps. Ce que je serais ravi de faire, adorant déjà cet univers et ces personnages délirants. Je me répète, mais Terry Pratchett est pour moi un génie de la littérature fantasy, et ça c’est quelque chose qui devrait suffire à vous donner envie de lire la saga. Mais si vous hésitez encore, ce tome huit a tout en lui pour vous convaincre de vous plonger encore une fois dans les Annales du Disque-Monde, ne serait-ce que pour avoir une fois dans sa vie l’occasion de lire un livre vraiment hilarant. Et ça, croyez-moi, ça vaut tout l’or du monde.


Résumé en trois mots : Enquête, Dragon et Guet

Ce tome s’ouvre d’une superbe manière, et fait parti de ceux qui m’ont fait le plus rire jusqu’à présent. Sans doute est-ce ce lot de personnages hors du commun qui parsèment le livre, entre la société secrète peuplée d’attardé, le patricien qui reste un personnage haut en couleur et hilarant (mais pourquoi n’aime-t-il pas les mimes ?), ou encore les membres du guet, des gens improbables, réunis par le hasard mais pourtant merveilleusement accordés. Pour nous faire rire, surtout.
Je ne tenterais pas de vous résumer cette histoire, qui tient de l’histoire épique, mais dans laquelle nous ne suivons pas les héros qui triomphent du mal, plutôt les petites gens ordinaires qui vivotent en évitant de mourir le plus souvent possible. Ce qui, à Ankh-Morpork, relève du miracle, il faut l’avouer. Mais en même temps, c’est le guet, chargé de protéger la ville de tout problème, notamment les invocations de dragons intempestives, ou encore les bagarres de nain.

Ce que j’ai apprécié le plus dans ce livre, outre l’hommage magnifique rendu à tout ces seconds rôles qui n’apparaissent à l’écran d’un James Bond ou d’un film d’action que pour mourir dans les secondes qui suivent, c’est l’inventivité sans cesse renouvelée de Pratchett pour ses personnages (et ses histoires aussi d’ailleurs, quand je parle de génie ce n’est pas à la légère). Que ce soit Vidmaire, Carotte ou Chiquard, chacun des personnages de ce livre m’amuse du début à la fin, et j’ai adoré chaque scène, chaque réplique. Tout est tellement hilarant, entre l’humain très grand qui se prend pour un nain, le vieux qui est là depuis dix piges, le gros qui partage son lit avec sa femme (au sens premier, ils dorment dedans à tour de rôle). Et bien évidemment, lorsque tout cela est mis dans une situation gravissime, c’est encore mieux. Je ne parle pas du petit dragon, ni de la bataille finale, ni de la solution qui est apportée, une petite perle d’inventivité et d’humour. Là encore, tout le talent de Pratchett éclate dans ces idées simples mais si bien venues.

Je ne me tarirais pas d’éloge sur ce tome, ni d’arguments pour vous donner envie de le lire. C’est toujours si bon de lire Pratchett, qui est drôle lorsqu’il n’est pas en forme, et hilarant lorsqu’il est au taquet. Ce qui est largement suffisant pour tout personne normalement constituée. Mais encore plus quand on est accro à son style et son humour.


Si vous n’avez pas encore compris qu’il faut vous jeter sur les annales du Disque-monde et dévorer chaque tome en salivant de plaisir et en laissant son rire sortir tout seul, je ne peux pas vous aider plus. Ce tome est un concentré de tout ce que j’aime chez Pratchett, entre le sérieux qu’il arrive toujours à distiller dans chaque oeuvre, tout en ajoutant des personnages sans cesse géniaux et hilarants, c’est du concentré de bonheur. C’est si bon qu’on aimerai pouvoir prolonger son séjour, qui se fera à nouveau dès le prochain tome que j’ai posé bien en vue sur le dessus de la PAL. Car ce genre de saga, c’est à pousser jusqu’au bout tant c’est bon. Que dire de plus. Lisez-là, vous passeriez à côté de quelque chose autrement.

(Chronique n°290)

vendredi 27 mars 2015

Coulez mes larmes, dit le policier (Philip K. Dick)

Je viens de finir ce livre que j'ai déniché en occasion et que je me suis attaché à lire pour me changer les idées de mauvaises nouvelles qui venaient de tomber. C'était l'avant-dernier livre de l'auteur en ma possession, et j'avais entendu parler de lui de différentes façons, chacune s'accordant sur un côté très important de cette oeuvre au sein de la bibliographie de Philip K. Dick. Cela a bien sur titillé ma curiosité, et je ne me suis pas fait prier pour le lire, ce qui fut fait rapidement avec ces larges périodes horaires dont je dispose actuellement.


Résumé en trois mots : Réalité, Drogue et Célébrité

Un drôle de livre, très dérangeant et assez atypique. Dans l'univers de Philip K. Dick, la réalité est toujours autre, trouble et distordue, mais ici, l'histoire est clair et limpide au final. Tout est expliqué et tout est compréhensible. Pour un lecteur habitué à l'auteur, c'est curieux. Il contient même un postface qui donne la trame que poursuivent les personnages après le roman. J'ai cependant été bien plus surpris par la tournure que prenait ce livre.

L'histoire est celle d'un présentateur télé qui se réveille un jour en étant inconnu du monde entier. Personne ne sait qui il est, nul ne se souvient de lui et même la police ne dispose plus d'un seul fichier le concernant. Alors que le monde est un gigantesque état policier bureaucratique. Donc dangereux pour quiconque se retrouve démuni d'identité du jour au lendemain.
Ce roman est très curieux, en deux parties qui se joignent vers le milieu du livre, mais c'est également un roman où le héros n'est pas clairement identifié. Alors que l'appareil bureaucratique et la pression de la police désigne l'Etat et l'autorité comme "méchant" de l'histoire, je dois avouer que le héros est loin d'être tout blanc et me semble souvent être un fieffé connard. De même, cette police omniprésente dans l'esprit est bien plus relâché et normale qu'on pourrait le penser. Pas de toute puissance qui intervient n'importe comment, seulement des hommes normaux qui font leurs boulots et s'y tiennent.

Ce roman est curieux, enchainement de tableaux et de situations variées, parfois superbes, notamment une scène finale dans une station-service, mais également très sombres, au personnages torturés, psychotiques et parfois aux frontières de la folie. Certains sont totalement normaux et sont rapidement submergés par ce qui leur arrive, mais les autres sont pris dans des filets qui les entrainent toujours plus loin.
Je parle des personnages car c'est eux qui sont centraux, avec leurs interrogations, leurs motivations, leurs vision du monde. Tout est autour d'eux et de leurs rapports, les rapports humains. Entre des humains génétiquement supérieur, des humains déshumanisés. Tout est dérangeant dans ce livre, et la frontière brouillé de la réalité est une fois de plus un élément central.
Mais cette fois-ci, moins d'interrogation sur la "vraie" réalité. Plutôt une conception de l'homme quelque soit la réalité. Qu'importe ce qui est vrai, comment agissons-nous en humain dedans ?


Ce roman comporte bon nombre d'interrogation, et je ne pourrais en tirer l'ensemble. Il me faudra le relire, essayer d'en extraire tout le contenu, et la tâche ne sera pas facile. Rien n'est limpide, rien n'est offert gratuitement. Il faut fouiller pour extraire chaque idée. Mais quelles idées ... C'est confus encore dans ma tête, et j'aime ça.

Un roman qui tranche assez avec ce que j'ai déjà lu de Philip K. Dick. Moins de spontanéité, moins de folie, plus d'introspection. C'est très rentré, les personnages sont au centre d'une oeuvre qui pose de nombreuses questions et dont les réponses ne sont pas clair. C'est a la fois très intense à lire, et curieusement dérangeant. Quelque chose s'en dégage, quelque chose que j'ai du mal à cerner mais qui me fait encore m'interroger sur cette oeuvre décalée. Si je vous la conseille, je peux aussi vous dire que c'est quelque chose de neuf. A lire, pour essayer de comprendre.

(Chronique n°251)

vendredi 16 janvier 2015

Blade Runner (Philippe K. Dick)

S'attaquer à ce livre, c'est un peu atteindre la quintessence de Philip K. Dick. Toucher le coeur du problème, le fond de l'âme, le centre de la pensée. C'est le roman le plus connu de l'auteur (avec, il me semble Ubik et Le maitre du haut-château), de par son adaptation légendaire au cinéma (Harisson Ford dans un film de Ridley Scott, le bonheur), son adaptation en comics, sa réputation filmographie et sa réputation papier. Le titre est légendaire : Do android dream of electric sheep ?, titre qui changea dans l'adaptation cinématographique, remplacé par le désormais légendaire Blade Runner, au point que toutes les rééditions françaises l'ont intégré pour premier titre. Un livre qui a donné son nom à une maison d'édition française ! (les Moutons électriques, qui publient de bien belles choses d'ailleurs).
Bref, tout est en place pour que le roman impressionne de prime abord, mais également pour qu'on en attende beaucoup, ce qui amène souvent à être déçu de la lecture. Ici, point de tout cela. La baffe dans la gueule fut magistrale, et je peux vous dire, après plus de six mois, que je la ressent encore sur ma joue. Elle s'est bien marquée, nom de Dieu !


Résumé en trois mots : AnimauxAndroïdes et Empathie

Par quoi commencer ? Je dois avant tout, je pense, souligner un point concernant l'oeuvre cinématographique. Il faut bien le dire, quand j'ai commencé ma lecture, le film et toute son histoire étaient parfaitement présent à ma mémoire, ce qui me causait une appréhension quant à la surprise qui pourrait être éventée. Mais en fait ... Non. L'histoire du film est radicalement différente de celle du livre, même si au final la base est la même. Les détours sont entièrement différents, les questionnements et les angles d'approche sont incroyablement distants, tout est autre. A tel point que je tire encore plus mon chapeau au film pour le développement totalement original qu'il a proposé par rapport au postulat de départ proposé par le livre. Même les répliquants changent de comportement, ce qui est tout de même fort. En bref, si vous n'avez jamais voulu le lire par crainte de vous ennuyer après avoir vu le film, ne vous arrêtez pas à ça. Les deux oeuvres sont suffisamment différentes pour justifier une lecture complète de cet ouvrage-ci.

Maintenant que ce point est éclaircie, passons au livre uniquement. Et là ... Je ne sais toujours pas par quoi commencer. Ce livre regorge de tellement de choses à dire, que j'en suis presque incapable de vous donner le début d'une idée. C'est un foisonnement d'idées et de réflexions qui nous est proposé, avec bien évidemment la science-fiction par dessus, sans parler de cette fameuse limite entre l'homme et la machine (thème récurrent dans son oeuvre sans jamais lasser. C'est fort de café !), des problématiques environnementales (bien que juste évoquées) et des thématiques autour des animaux, de la richesse et de sa représentation, des débats sur la moralité du travail (qui consiste tout de même à tuer des gens), ...
C'est également une foule d'idées qui sont parfaites (et bien souvent qui n'ont pas été reprises dans le film, faute de pouvoir vraiment l'exploiter), tel que les boites à empathie (et tout ce qui tourne autour ensuite) et la question de l'humanité qui vient s'y greffer, ou les animaux électronique et l'attachement de l'humain à ceux-ci.

C'est également une histoire qui est greffé par dessus tout ça, et qui se paye le luxe de ne pas être trop simplette, même si elle ne révolutionne pas le polar. Mais cela dit, quand on voit la densité du bouquin, je pense qu'on peut se payer le luxe d'alléger l'histoire. Et ce n'est pas désagréable non plus d'avoir un peu de légèreté dans l'ensemble.
Car c'est lourd, très lourd. Une ambiance noire, des personnages sombres, des thématiques pesantes, des manifestations réflexions lourdes ... Tout est plutôt noir ici, mais ce n'est pas comme si l'auteur ne nous avait pas habitué à ça.


Un grand roman, c'est sur, qui mêle des thèmes en tout genre dans une réflexion extraordinaire et qui se paye également le luxe d'une histoire, de personnages et de développements très bons. L'ensemble est parfait, un grand roman qu'on déguste comme un bon vin, et qui est à mon avis dans les immanquables de la lecture, ne serait-ce que pour tout ce qu'il amène comme questionnement lorsque l'on referme le livre. Un livre de cet envergure, c'est rare et c'est d'autant plus plaisant. Ne passez jamais à côté de ça. Lisez-le, et vous comprendrez.

(Chronique n°219)

samedi 3 janvier 2015

Substance Mort (Philippe K. Dick)

Il est de certains livres comme de certaines drogues, on veut en reprendre toujours un peu plus, mais au final, la dose de drogue qu'on aura absorbé en premier sera toujours la plus forte et la plus intense, en s'y replongeant on n'y retrouvera jamais le trip d'origine, celui qui nous a fait planer jusqu'au delà des sphères du tangible et du réel. C'est quelque chose qu'on ne peut décrire, qu'on ne peut expliquer, ce qu'on a vécu, on ne peut que se le rappeler dans tout son corps, dans tout son esprit. Et ensuite, essayer de le décrire, c'est encore plus difficile.
Philip K. Dick est un de ces auteurs là, qui vous laisse un gout en bouche au final, qui ne vous laisse qu'une envie, celle de replonger dans un de ses livres au plus vite. Comment pourrais-je vous en parler ensuite ?


Résumé en trois mots : Drogue, Police et Réalité

Philip K. Dick est un personnage vraiment à part dans la science-fiction. Il aurait vécu au XIXème siècle, il aurait eu l'âme d'un Baudelaire opiomane, ou de ces écrivains qui dissèquent les vicissitudes de l'âme humaine. Car oui, l'âme humaine est remplie de tourments et de changements. L'âme humaine est loin de la stabilité.
Car encore une fois, c'est des interrogations métaphysiques qui viennent se greffer sur un roman de science-fiction qui n'a en soi rien de banal. Il est clair que Philip K. Dick est un auteur majestueux, qui possède des dons d'écriture et d'invention remarquable, mais qui possède en outre une capacité à glisser de la philosophie partout. Ce roman est encore une fois la démonstration magistrale de cet auteur pourri de talent.

Ce qui est fascinant, c'est qu'après plusieurs histoires de Philipe K Dick, je retrouve encore cet inventivité débordante que j'avais déjà noté dans ses autres ouvrages. Je pourrais juste lui reprocher l'absence de personnages féminins, la plupart des romans n'en contenant véritablement qu'un seul, mais dans un grand rôle, ce roman ne fait pas exception. Pour le reste, nous retrouvons des personnages torturés, qui se posent de multiples questions et qui sont toujours dans le doute quant à ce qu'ils vivent, ce qu'ils sont et quel est le vrai autour d'eux. Là encore, nous retrouvons des thématiques liées à la drogue, mais plus directement encore que celles de Le dieu venu du Centaure, puisque c'est vraiment l'infiltration des milieux de la drogue par la police qui est au coeur du livre. Et s'ajoute également la thématique autour de la double personnalité, puisque le policier infiltré commence à avoir des problèmes entre ses deux vies mêlées, tout en parlant également du moment où la drogue rend les camés flippés. Quand la drogue t'as eu, comme elle en a eu d'autre ...

Ce serait impossible de décrire tout les sujets du livre, tant il y en a, entre univers de la drogue et vies ratés, amour et haine, personnages en tout genre, ajouts de science-fiction et univers policier ... Mais le plus impressionnant à mon avis, et encore une fois, c'est la façon dont Philip K. Dick nous sort un final en beauté. Comprenez par là qu'il va non seulement vous remettre en cause ce que vous saviez auparavant, vous dévoiler quelque chose que vous ne pensiez pas, mais se permettre en sus, par une phrase presque anodine, vous glisser une réflexion morale et profonde sur la drogue, bien loin des clichés qu'on pourrait avoir. En soi, la fin m'a rappelé un autre livre (que je ne citerais pas pour ne pas vous spoiler ce magnifique twist) et j'ai été sur le cul au niveau de la réflexion, mais surtout quand j'ai compris le véritable titre du livre (qui devient, du coup, un titre sujet à de nombreuses interprétations).
Dois-je vraiment finir en disant à quel point l'histoire est impeccable, en suivant ce pauvre policier qui se perd dans sa vie et bientôt dans sa tête à devoir se poursuivre lui-même et à essayer de ne pas finir fou ? Ce serait en rajouter pour pas grand chose.


Dans les livres de cet auteur, je placerais Substance Mort dans le haut du panier, et même dans le top 3 directement. De ce que j'ai lu, on y retrouve le foisonnement d'interrogation et de sujets que j'affectionne tant, l'histoire qui tient la route d'un bout à l'autre et qui sait se jouer de nous en prenant des directions que l'on ne voudrait pas voir prises. Mais la réalité est cruelle, comme nous la rappelle la dédicace finale, et le monde de la drogue est bien plus dur qu'on ne voudrait nous le faire croire. Surtout quand on songe à ce qui est dit à la fin. Une façon de boucler la boucle qui est glaçante mais tellement ouverte aux interrogations. Un must-have à lire. Pour l'instant, je le considère dans mon coeur comme l'un des meilleurs de Philip K. Dick, et je pense bien ne pas finir là-dessus avec cet auteur. J'aborde seulement les grands ouvrages de lui, et je crois que je vais plonger le plus profond possible. Lisez-le, lisez-le, lisez-le. Ce sont les trois seuls conseils que je peux vous donner à son propos.

(Chronique n°212)

lundi 16 juin 2014

Face aux feux du soleil (Isaac Asimov)

Les robots, volume 4


Quatrième partie de cette grande fresque des Robots, voici Face aux feux du soleil, nouveau volume d'enquête avec le couple d'enquêteur de Elijah et Daneel, le robot Aurorien et l'enquêteur terrien. Les deux personnages déjà présent dans le volume précédent. Et, bien évidemment, nous les retrouvons cette fois-ci encore dans le cadre d'une enquête impliquant des robots, les lois et tout ce détail. Mais cette fois-ci, nous changeons de cadre de façon radicale ! Eh oui, Asimov ne reste pas que sur Terre. La preuve en histoire.


Résumé en trois mots : Robots, Meurtre et Sociologie

Dans cette histoire, Asimov fait voyager ses personnages ailleurs, dans un autre monde, appelé Solaria, et l'enquête se déroule en condition hors Terre.
Pour cette deuxième enquête de la pair de détective, beaucoup de changements sont en ligne de mire. D'abord, le personnage de Daneel est pour ainsi dire insignifiant, ne faisant que de brèves apparitions au début et à la fin, bien que sa présence soit essentielles. Ce que je regrette, c'est qu'il n'y a pas de continuité avec l'opus précédent, notamment au niveau des interactions entre les deux, et finalement ç’aurait tout aussi bien pu être un autre robot.
Le second point, c'est l'enquête très différente, en un sens moins intéressante et moins surprenante, qui nous conduit dans un canevas classique (comme la première d'ailleurs) mais qui n'est pas l'essentiel, bien que ce soit le fil conducteur du livre.
Par contre, je dois dire que l'ambiance totalement différente et en mieux. Là, je tire mon chapeau à Asimov qui nous pond cette fois-ci une réflexion sociologique sur les développements extra-terriens de l'humanité, avec son lot de bons et mauvais côtés. Mais surtout avec tout son lot d'idée sur ce que l'humanité pourrait devenir en suivant une voie plutôt qu'une autre. Et là, l'effet est totalement réussi. La façon de faire, d'être, des Solarians est tellement glaçante qu'on ne peut que s'insurger contre ce mode de vie. Asimov réussi parfaitement à nous distiller son point de vue, et les conclusions qui en ressortent au final sont plus qu'intéressante. Notamment parce qu'elles font réfléchir au futur de l'humanité.

Ce tome-ci est très différent des premiers, s'orientant vers la sociologie et le devenir de l'humanité, plutôt que sur son rapport au robots, qui est ici développé plus faiblement, avec peu de nouveautés. C'est une enquête qui explore clairement l'humain et tout ce qui en ressort (avec des côtés semblables à Le meilleur des mondes d'ailleurs), tout en nous fournissant aussi d'intéressantes pistes de réflexion sur la façon dont l'humanité se scinderait avec l'expansion spatiale. Asimov qui revient au top de sa forme dans ce roman qui nous invite à sacrément réfléchir sur l'homme et ses futurs. La série continue vraiment d'une belle façon.

(Chronique n°195)

samedi 14 juin 2014

Les cavernes d'acier (Isaac Asimov)

Cycle des robots, volume 3


Le troisième tome inaugure enfin les histoires longues et introduit les personnages que nous retrouverons au fil de la saga. En y repensant, c'est la première fois que je lis une histoire en un volume de Asimov depuis le livre Cailloux dans le ciel, mais j'ai maintenant les deux gros cycles (Les robots et Fondation) dans la ligne de mire, c'est donc parti pour des histoires plus longues. Et j'avoue que ça fait plaisir de retrouver le talent de cet auteur qui m'avait ébloui lors de ma première lecture.


Résumé en trois mots : Enquête, Robot et Spatiens

Les Spatiens, humains habitants d'autres planètes, genre qui n'est ni terrien ni extra-terrestre ... Un concept assez amusant. D'ailleurs, en y repensant, ça me rappelait un peu le cadre de l'histoire Cailloux dans le ciel, avec cette Terre vieillissante qui n'est qu'un petit morceau perdu dans l'immensité des autres espaces de l'univers.
Le livre en lui-même n'est qu'une enquête, mais pas, cette fois-ci, sur les robots. Il s'agit toujours de s'interroger sur les robots, mais d'une autre façon, et sans s'intéresser aux conditions d'actions des trois lois. Ici, la focale se fait plus sur l'interpénétration de la société par les robots et la haine viscérale que pourraient éprouver les humains au contact de ces êtres à la fois semblables à eux-mêmes et en même temps supérieur par bien des côtés. Ce qu'Asimov appelle le syndrome de Frankenstein.
J'ai beaucoup aimé ce livre, une enquête très sympathique et pour laquelle j'ai beaucoup hésité, même si le coupable m'apparaissait comme potentiel, je n'ai rien deviné jusqu'à la fin. En tout cas, elle est très bien réalisée.
J'ai beaucoup aimé le différents points de réflexions qui composent le roman, même si ceux-ci sont souvent des points déjà présents dans les nouvelles que j'ai lu, mais ils confèrent un éclairage sympathique à l'enquête qui n'est pas l'essentiel du livre.

Un bon roman, même si ce n'est pas le meilleur de l'auteur, mais qui se lit agréablement et qui invite à réfléchir encore une fois au potentiel en devenir de l'humain sur Terre, mais aussi dans le reste de l'Univers. Sans oublier, bien sur, tout ce qui caractérise cette série : les robots et leurs place dans un monde d'humain, leur interaction avec eux et tout ce qui s'ensuit. Bref, un nouvel opus toujours dans la bonne moyenne des Asimov et qui m'invite à me pencher sur le suivant assez rapidement.

(Chronique n°194)

jeudi 27 mars 2014

Histoires mystérieuses (Isaac Asimov)

Dernier recueil de nouvelles d'Asimov que je possédais, et sans doute le dernier avant un petit moment vu mes finances actuelles. C'est dommage qu'il soit parti si vite ... Mais cette fois-ci, nous avons encore un autre registre d'histoire du maitre ! Une autre corde à son arc, en somme. Cette fois-ci, les histoires sont des enquêtes policières ! Oui messieurs-dames ! Et avec la rigueur scientifique si caractéristique et l'humour spécial de l'auteur, comme à son habitude.


Résumé en trois mots : Enquêtes, Humour et Science

Le recueil contient une dizaine d'histoires, avec parfois un personnage d'enquêteur récurent, ou deux histoires qui présentent les mêmes personnages dans deux intrigues qui se complètent (une façon amusante de voir l'évolution du style d'écriture également).
Le tout avec tout les avantages liés à Asimov. D'abord, les fameuses précisions scientifiques, qui sont moins développés dans les nouvelles (ou alors elle prendraient trop de places), mais qui sont toujours présentes et ajoutent un fond intéressant. Ensuite, son humour parfois étonnant (surtout niveau jeu de mot) mais qui rend certaines nouvelles légères. Enfin, sa plume prenante qui nous invite encore une fois à lire jusqu'au bout alors même que l'intérêt pourrait être limité. D'ailleurs il faut souligner que certaines nouvelles sont assez peu intéressantes au final, l'histoire étant un peu facile. Mais cela n'empêche pas d'avoir envie de lire jusqu'au bout, preuve s'il le fallait d'une belle maitrise du style.

En soi, ce recueil diffère des autres par rapport à son style plus policier, qui est parfois concentré dans un indice qui nous aurait échappé et qui sera la clé, ou qui est concentré autour d'un moyen de s'en sortir, comme dans l'espace (ce qui est d'ailleurs assez souvent bien fait). Bref, ce sont plus des histoires à suspenses que des histoires à réflexions. Si j'ai apprécié notamment les personnages, qui sont dans quelques nouvelles très réussis, je trouve l'ensemble un cran en-dessous de ce que Asimov nous avait déjà proposé avec des récits comme Le robot qui rêvait ou L'homme bicentenaire, puisqu'on perd un peu le côté philosophique de l'humanité future et de ses possibles travers. Cela n'empêche pas d'avoir des superbes piques humoristiques qui m'ont bien fait rire.

Un très bon recueil, donc, quoique ce ne soit pas le meilleur du maitre de la science-fiction. Le style est très bon, tout est comme d'habitude à la bonne place, mais je trouve dommage qu'on perde le côté réflexion et philosophique que Asimov sait si bien distiller dans ses nouvelles autour des robots et des futurs de l'humanité. Cela dit, ce recueil démontre qu'Asimov sait faire ses preuves dans d'autres genre, ici le policier futuriste, et ça passe très bien, notamment en n'utilisant pas un coup d'une machine extraordinaire sortie du chapeau pour la résolution des enquêtes. Un bon recueil, pas le meilleur, mais qui est aussi agréable à lire que le reste.

(Chronique n°158)

mardi 11 février 2014

La petite marchande de prose (Daniel Pennac)

(Lu entre le 28 et le 29 janvier)

J'ai craqué en le voyant d'occasion et je l'ai lu (oui, en plein dans le challenge, j'ai honte de ne pas avoir résisté) le plus vite possible. Le troisième tome de la saga Malaussène, tout de même, ça ne se refuse pas ! En tout cas je n'ai pas refusé, et au final, j'ai lu le tout sans même m'arrêter, toute la journée. Ah, une journée de lecture, quelle saine occupation ...


Résumé en trois mots : Littérature, Enquête et Famille

Encore une fois, la famille Malaussène m'a happé dans ses aventures et je n'ai pas résisté. Si l'ensemble est un poil en-dessous de ce qu'était La fée carabine, peut-être du fait d'un humour moins présent et d'un fond plus grave, le reste m'a amplement séduit et m'a lié à l'ouvrage jusqu'au bout. Je n'ai pas pu décoller de ma lecture, ou presque.

Daniel Pennac a un don pour conter les aventures de cette famille peu ordinaire, qui est cette fois-ci mise plus en avant que d'habitude, Benjamin s'effaçant un poil pour laisser les autres faire, ce qui n'est de loin pas pour me déplaire, tous étant aussi intéressant. Si j'ai dis que l'humour est un peu moins présent, il n'est de loin pas absent de ce volume qui contient de véritables blagues. Le tout réhaussé par le style qui commence à me plaire, avec plusieurs phrases bien percutantes. L'ensemble est vraiment d'excellente facture.

Et comme pour le volume précédent, nous avons le droit à une histoire qui ne s'ouvre sous forme d'enquête mais qui va dans tellement de directions qu'il serait réducteur de dire qu'elle est au centre. Tout est important, les intrigues se mélangent, tout comme les personnes et les peuples dans ce quartier de Belleville. Un quartier qui donne de plus en plus envie d'y aller. Et le mélange ethnique, les arrivés et les départs, tout est intéressant.

Pour ce troisième volume de la saga Malaussène, j'ai encore ressenti cette bouffée d'air frais qui sort du livre et qui nous saute en pleine face. Le ton est encore une fois oscillant entre le sérieux (il y a des choses qui passeraient sans problème dans un polar bien noir) et un humour par petite touche qui jaillit là où l'on ne l'attend pas. Les personnages toujours aussi géniaux, les différentes histoires qui s'imbriquent, tout est en place pour un excellent roman. Je ne peux que vous en recommander la lecture. Cette saga commence définitivement à me plaire ! J'ai la suite, mais je vais essayer d'attendre un poil avant de la lire ....

(Chronique n°136)

vendredi 17 janvier 2014

La fée Carabine (Daniel Pennac)

(Lu entre le 2 janvier et le 3 janvier 2014)

Deuxième volume de la saga Malaussène, après Au bonheur des ogres, voila venir la petite fée du quartier de Belleville. J'ai trouvé la couverture très particulière (je n'aime pas le trait de Tardi), mais l'histoire avait l'air amusante, et je me suis promis de tenter un second Pennac. Du coup, ça a donné une lecture rapide (je viens de la finir), et je m'empresse de vous livrer mon avis.


Résumé en trois mots : Vieux, Drogue et Enquête

Oui, je pense avoir tenu l'essentiel du livre dans ces trois mots. Nous aurons donc le droit à un nouveau tour de manège avec la famille Malaussène au complet (bien que certains membres soient très évanescent dans l'histoire) et pour des aventures trépidantes ! Et bourré d'humour surtout. Parce que la famille Malaussène n'est pas une famille de tout repos.

Le verdict finalement aura été très bon, preuve en définitive que ce n'est pas l'auteur mais bien le livre (je vous renvois à la chronique sur Au bonheur des ogres pour plus de détails). En effet, j'ai beaucoup plus aimé ce livre que son petit frère et cette fois-ci j'ai ris franchement à la lecture. Le roman a une trame plus intéressante et mieux faite, dans l'imbrication des différentes histoires, et que dire des personnalités qui sont présentées ! Des gueules extraordinaire, depuis la famille jusqu'au petit vieux en passant par les dealers. Et dans tout ça ne manque pas le rythme qui permet de lire d'une traite ce bon petit roman, qui fleure bon le Paris des parisiens, celui qu'ils aiment et qui possède bien des facettes, mais qui est avant tout un bouillon culturel et un agréable lieu de vie. Pour un peu il donnerait envie d'habiter cette capitale.

Bref, j'ai bien fait de continuer les livres de l'auteur, puisque finalement ce livre prouve que c'était plus le roman auquel je n'accrochais pas que l'auteur. Ce deuxième opus de la saga m'a bien plu et m'a donné envie de continuer à suivre les aventures de cette petite famille déjantée. J'en suis ressorti charmé, j'espère pouvoir lire rapidement les prochains tomes, pourvu qu'ils soient dans la même lignée.

(Chronique n°124)

mardi 10 décembre 2013

Le chinois (Henning Mankell)


Pour l'anecdote, c'est mon professeur de théâtre qui me l'a passé en me disant que ça ne pourrait que me plaire, qu'il était très bien. C'est ainsi que je me suis retrouvé avec un livre de plus sur ma PAL (qui atteint des proportions monstrueuses à présent). Mais j'ai suffisamment bien aimé pour le lui couvrir de plastique (au moins il est protégé ainsi). Bref, passons les détails.

Résumé en trois mots : Suède, Chine et Afrique

C'est amusant de citer ainsi un petit tour du monde, mais c'est vraiment ça comme livre. Enfin, en dehors du style polar, on se balade beaucoup, il faut avouer (d'ailleurs j'ai lu pas mal sur la Chine en ce moment il me semble). Ce qui est bien c'est que l'auteur, après avoir rendu son héros fétiche malade d’Alzheimer (pratique pour éviter que quelqu'un le reprenne), à décidé d'écrire avec de nouveaux personnages dans chaque livres. L'avantage, c'est qu'on change un peu de point de vue, même si chaque fois certaines caractéristiques reviennent (entre autre le fait que les mecs soient très souvent blasés). Un autre détail qui est très intéressant pour un polar, c'est que l'héroïne soit vieille. C'est pas courant et j'aime bien.

Ce livre à plusieurs autres avantages que je ne listerais pas en détail, mais il est très bien écrit, rythmé, possède des surprises même si ce n'est de loin pas l'élément essentiel du livre (dans le genre des polars, il y a déjà eu beaucoup plus surprenant), mais il à l'avantage de se pencher sur les relations internationales et l'histoire d'une façon originale. Ce n'est pas la surprise de l'année, mais il contient vraiment des superbes idées (notamment la deuxième partie qui tombe comme un cheveu dans la soupe mais se lit d'une façon tellement fluide qu'on oublie le reste).

En gros, ne vous attardez pas pour la surprise ou le suspense, il est tué vite, mais c'est tout le reste qui importe, autant le contexte que par exemple les relations humaines et certains aspects historiques ou politiques, en Suède ou ailleurs, qu'on oublie très vite ... Une lecture prenante et distrayante, Mankell reste un excellent auteur, je ne peux que vous le recommander.

(Chronique n°106)

vendredi 29 novembre 2013

Les âmes grises (Philippe Claudel)


Un tout petit livre pour lequel je me suis laissé tenter par ce petit livre à l'aspect fort charmant et aux prix engageants (je parle des prix littéraires), et surtout peu de pages, alors que je n'étais pas motivé à en commencer un gros (j'en ai déjà deux en routes donc ...). Et puis, je n'avais aucun apriori sur cet ouvrage, ce qui m'a donné l'idée de me lancer dedans, pour une découverte totale.


Résumé en trois mots : meurtre, personnages et enquête


Disons le tout net, j'ai eu du mal à trouver ce livre intéressant. Pas forcément à le lire, mais à le trouver intéressant. Pourquoi ? En fait il y a de nombreuses raisons, autant personnelles que objectives (enfin, autant que je puisse l'être).
Déjà, pour commencer, la structure du récit est déconstruite. En soi, ça ne pose pas de problème, c'est une façon de traiter le récit qui me convient d'ailleurs très souvent du moment que ce n'est pas mal fait. Et là, malheureusement, c'est pas la meilleure façon de faire. En fait l'auteur nous précise sans cesse des choses autour de la trame principale, soit dans le passé antérieur soit dans le futur, mais sans vraiment nous donner des indications et en changeant quasiment tout le temps de chapitres. C'est bien comme idée, mais je trouve qu'on se brouille trop vite, notamment au début du roman. La fin est plus simple, quand on connait les grandes lignes, mais avant ça il faut vraiment se repositionner tout le temps dans l'échelle du temps et c'est assez pesant je trouve.
Ensuite, l'auteur fait intervenir des personnages qui parlent de ce qu'ils ont vécus/vus/entendus, et là encore c'est assez lourd comme style, puisque chaque fois la description bouffe je ne sais combien de pages avant que l'on rentre dans le vif du sujet. Ce n'est pas inintéressant, mais les personnages parlant ne sont que peu intéressants dans la suite du livre, rendant les présentations anecdotique.
Ensuite la façon de nous balader entre toutes les trames est bien vue, mais en fait chacune est si mince qu'on s'en préoccupe finalement peu, se contentant des portraits brossés par l'auteur. C'est surtout le cas par rapport à la femme du narrateur, dont je n'avais rien à cirer lorsqu'on en parlait.

Cela dit, l'auteur s'attache à nous présenter des personnages intéressants, le titre du roman expliquant cette façon de voir les choses : des âmes grises, ni noir ni blanches. Elles vont parsemer le roman, personnages sympathique devenant tout à coup moins intéressant, personnage odieux présentant un jour chaleureux. C'est un beau mélange, et la façon dont les personnages se dévoilent est bien faites.
Ensuite la peinture de ces années de guerre et le climat est bien représenté également, entre les blessés du front et les planqués à l'arrière, le travail des femmes et l'évolution de la société, c'est une belle peinture de l'époque à laquelle nous avons droit. Sans parler de tout ce qui nous révolte actuellement et qui avait libre cours en ce temps là.


En clair, le roman n'est pas mauvais et contient quelques bonnes idées et une mise en scène sympathique, mais j'ai franchement trouvé l'ensemble lourd. Ce n'est pas très bien organisé, et les personnages bien que tempérés m'ont semblé très fade. Au final, aucun ne m'est resté, aucun ne m'a semblé d'un quelconque intérêt et l'histoire finale est dispensable. Elle ne m'a pas laissé de souvenirs indélébile, et je ne me rappelle déjà plus grand choses de ses différentes trames. Je trouve que le récit à manqué son but, en voulant à tout prix se conformer à son titre il à manqué son but. Pour ma part, c'est une lecture parfaitement dispensable !

(Chronique n°100)

samedi 9 novembre 2013

Malavita (Tonino Benacquista)

Encore un roman qu'on m'avait prêté, que j'ai lu notamment parce qu'un certain film est sorti dessus (que je en suis pas encore allé voir et que je ne verrais sans doute pas vu le niveau qu'il atteint). Et puis je déteste garder longtemps des livres que j'ai empruntés. Donc voila un petit aperçu de ce que donne ce livre traitant d'une famille on ne peut moins ordinaire. Laquelle ? Celle dont le chien s'appelle Malavita.


Résumé en trois mots : Mafia, Famille et Village

J'avoue que je n'ai pas d'idée pourquoi il a choisi ce nom là pour le livre, même si le chien prend une importance minime sur la fin. Mais bon, ce n'est pas le propos. Parlons plutôt du livre !

Le ton est donné très vite, mélange d'humour et de policier, teinté de mafia et de chronique sociale. L'ensemble du livre se concentre d'ailleurs presque exclusivement sur la famille et la façon dont chacun voit sa nouvelle vie, mais aussi son ancienne. Et comme quoi la transition est difficile. Pour tous. Même si le père se sent prêt à recommencer.
En fait, nous avons là à la fois une force et une faiblesse du scénario. D'abord, le scénario se centre exclusivement sur la famille mais pas de façon égale, et la fille, Belle, n'est pas traitée avec autant d'importance que les autres. De même le fils est un peu plus évanescent, et le père prend une place prépondérante. Du fait, je pense qu'un étalement de quelques pages en plus aurait été nécessaire. Ensuite l'action est très rapide, presque trop. On a pas vraiment le temps d'apprécier les personnages, de vraiment s'attacher à la situation, tout de suite les grosses actions arrivent. C'est un peu l'inverse de ce que je reprochais à Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, l'action est trop rapidement en place. Enfin, dernier reproche, la situation n'est pas vue de l'extérieur, la façon dont la famille est perçue dans l'entourage et je pense que ça aurait ajouté pas mal de piquant.

Cela dit, le reste est très bon, autant l'humour qui est très présent que dans le caractère des personnages, bien typés, ou simplement dans l'éclairage qu'il fait de la mafia de la côte ouest et de ses codes bien établis. Une véritable percée dans ce monde encore très méconnu. Sinon, il y a aussi l'excellent côté thriller qui se met en place à la fin (sans oublier l'humour) et qui est excellent aussi. Et le summum : le comportement du père, qui est juste parfait. Une personnalité extraordinaire, bien campée, que j'ai adoré.


En gros le roman est excellent, avec une intrigue originale et une excellente mise en scène de la chose. J'ai beaucoup ri, et malgré des défauts, dû à mon avis à un texte trop rapidement conclu, j'ai suivi avec joie les péripéties de cette famille très hors-norme. Elle m'a plu, et j'ai aimé son aventure. Quelques petits défauts dans l'ensemble ne viennent pas gâcher le charme du tout qui respire les bonnes idées. J'ai bien aimé et je me suis laissé transporter, je ne peux que recommander la lecture de ce très bon roman.

(Chronique n°91)

mercredi 6 novembre 2013

Au bonheur des ogres (Daniel Pennac)

Suite à la sortie du film, j'ai eu envie de lire encore un peu de Pennac (cf. Comme un roman) et je me suis laissé tenté par le livre, sachant que la bande-annonce me plaisait bien (ce qui en soi est assez stupide dans le choix d'un livre). Je me suis laissé tenté par le film d'abord puis par le livre ensuite, et je ne regrette pas, étant donné que les deux sont bien différents autant niveau scénario (qui est très différent) que niveau ambiance. Mais dans les deux cas, j'ai beaucoup aimé (même si j'ai l'impression d'être un peu seul pour le film).


Résumé en trois mots : Décalé, famille et magasin

Ce roman est curieux, et j'ai beaucoup apprécié d'y retrouver le style de Pennac, même si j'aurais eu du mal à comparer un essai et un roman. En tout cas dans les deux cas on retrouve la petite voix de l'auteur (ici le narrateur est interne, c'est Benjamin Malaussène qui parle) et c'est comme d'entendre raconter l'histoire. D'ailleurs le récit m'a fait fortement penser à une histoire orale qu'on aurait retranscrite (ce qui apparait d'ailleurs dans le récit), et c'est véritablement ça à mon avis. On entend le type nous raconter cette histoire dans un bar, ou dans son salon, et on l'écoute. Du coup, comme pour un récit normal, il y a des commentaires, des moments plus ou moins intéressant, et une autre utilisation de la langue. Mais aussi un autre rythme d'histoire.

Ce qui est très curieux, c'est que la trame de l'histoire n'est pas du tout la même entre le livre et le film, qui a choisit de faire tourner l'enquête dans un autre sens. Cela dit, c'est très bien fait aussi (là encore, ce n'est que mon avis). Dans le livre, j'ai trouvé qu'il y avait un petit souci : un défaut de rythme. A mon avis le livre est un poil trop long, ce qui fait que les passages qui devraient s'enchainer plus trainent un peu en longueur. Cela dit, c'est toujours intéressant, même si parfois on se dit que le malheur aime à s'acharner sur notre pauvre héros.
Le récit contient en outre pas mal de "gueules", aussi bien dans la famille Malaussène que dans son entourage, avec des personnages bien curieux. Les portraits sont toujours déjanté, ce qui est totalement dans le ton du roman.
Le tout sur fond d'enquête (même pas menée par le personnage principal), couplée d'une histoire d'amour complètement déjanté aussi (la fille est très curieuse), le tout formant un beau mélange.

Cependant, je dois bien avouer quelque chose : j'ai moyennement accroché au récit. La faute au rythme un peu faiblard, alors que tout le reste était génial. L'inventivité, le décor, les personnages, les idées, la folie douce du récit, tout est bon. Mais le manque de rythme fait qu'on lit de façon plus détachée, à aucun moment je ne m'étais plongé complètement dans le récit. C'est dommage, car il possède vraiment beaucoup de qualités.


Au final, le roman est très inventif, déjanté, coloré, regorgeant de bonnes idées, mais il pêche par un manque de rythme qui rend le tout un peu indigeste, il y a trop de passages qui semblent long pour que l'on se plonge totalement dedans. Cependant le tout reste très bon et donne envie de se plonger dans la suite de la saga Malaussène. Je vais essayer de les lire, en espérant que l'auteur arrive à améliorer ce rythme un peu poussif. Le roman se laisse lire, il est agréable, mais pas parfait. Je verrais bien ensuite si c'est l'auteur ou ce roman.

(Chronique n°90)

mercredi 2 octobre 2013

Les épées de Haven (Simon R. Green)

Encore une réedition de Bragelonne (j'ai encore moins résisté cette année que par le passé ...), qui m'a permis de compléter mes lectures en Fantasy, domaine où je suis tout de même peu au courant des grands classiques et des grandes thématiques. Je me suis donc offert quelques livres, et je les lis doucement, dans l'année, comme chaque fois. Outre un Gemmell, que je vais poster bientôt, j'ai trouvé celui-ci, qui m'avait attiré vaguement l'oeil et que j'ai lu rapidement avec un grand plaisir. Ce sont Les épées de Haven, de Simon R. Green.


Résumé en trois mots : Politique, Duo et Fantastique

Le livre est en fait une compilation de trois histoires, chacune mettant en scène notre couple de héros, Hawk et Fisher, mariées et membres de la Garde, incorruptible (ils auraient plu à Eliot Ness), qui font régner l'ordre (ou au moins essayent) dans la ville de Haven, rongée par le vice, dangereuse et peuplé de tout ce qui peut se faire de pire dans une ville d'un monde de fantasy.

Alors, déjà je dois dire que le style d'écriture est vraiment pas mal, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire, même si certains choses m'ont paru un peu facile dans l'écriture (je pense au scènes de batailles, mais dans les romans de fantasy j'en ai rarement lu des réalistes); et le tout se lit à grande vitesse. J'ai notamment apprécié le fait que l'on ne suive pas sans cesse le même point de vue mais qu'il y ai des alternances.

Les trois récits sont très différents. Le premier est digne d'un huis-clos, avec plusieurs personnes enfermées dans une maison et un crime, pour lequel il faudra se creuser les méninges. Alors, j'ai bien aimé le fait que le coupable semble assez vite évident, alors qu'en fait il y a des grosses surprises. Nous avons le droit à un beau huis-clos, pas forcément du niveau d'un Agatha Christie, il faut bien l'avouer, mais qui se laisse très bien lire et qui apportera son cortège de morts et de petites surprises bienvenue. Le tout en une seule nuit, avec une dizaine de personnages seulement. C'est très bien fait, et à défaut d'être d'un suspense insoutenable, c'est efficace.
Le deuxième récit est plus différent, puisque nos héros sont cette fois-ci chargés de protéger une personnalité politique à la veille des élections (qui sont vraiment dingues dans la ville de Haven), ce qui nous plonge dans une intrigue avec un champ plus large, mais surtout une caricature politique assez grossière, mais là encore avec des bonnes idées ou piste dans le récit. Je n'en révèle pas plus, mais il y a des bons moments, et plusieurs piques assez méchante pour le monde de la politique.
Le troisième est un mélange des deux premiers, avec cette fois-ci quelques piques en direction de la religion (avec une rue remplie de Dieux), qui fait à la fois enquête et quête-bagarre. On peut noter aussi une attaque envers la bonne société, quoiqu'un peu classique dans la forme.


En fait, le récit est ce que j'appellerai de la Fantasy moyenne : c'est bien écrit, il y a des bonnes idées, mais dans l'ensemble rien n'est franchement transcendant. C'est un bon livre, qu'on lit avec plaisir, qui contient des petites touches d'humour bienvenue, de l'action et ses doses de bagarre, mais l'ensemble manque un peu de fond. C'est sur, il y a quelques attaques envers la corruption, la bonne société, les moeurs ou la religion, mais le tout m'a semblé manquer de fond, de corps. C'est de la critique basique, sans trop de développement. Mais c'est présent, ce qui donne tout de même un peu de corps au récit. En bref, c'est très sympathique à lire, mais je ne pense pas que ça restera dans les annales pour son originalité ou son fond. Cela dit, au prix de la réedition, il vaut largement le coup.

(Chronique n°73)