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mardi 13 mai 2014

Au coeur des ténèbres (Conrad)

Il y a dans la vie plein de livres dont on a entendu parler, dont les gens connaissent le titre, mais que personne que vous ne connaissez n'a lu. C'est exactement ce genre de livre que j'ai attaqué, livre considéré comme culte par bien des gens, mais aussi assez court, et qui inspira notamment le film Apocalypse Now. Ce n'est pas rien ! C'est pourquoi je me suis laissé porté doucement Au cœur des ténèbres ...


Résumé en trois mots : Fleuve, Horreur et Ténèbres

Je pense que c'est le maximum que je puisse résumer. L'histoire est tellement connue, je ne vous la redirais pas, mais le livre est bien plus que son histoire.

Conrad a un style littéraire très particulier. Je n'ai pas lu l'introduction de 100 pages qui détaille ce genre de choses, mais je dois dire que ce n'est de loin pas ma tasse de thé comme genre, alliant métaphore continue avec style ampoulé, jolies phrases avec rythme syncopé. Bref, c'est un sorte de bouille me semblant indigeste que j'ai lu. Cela dit, le style se marrie tellement bien à l'ambiance qu'il passe et, au bout d'un moment, on se trouve emporté dans le récit sans plus remarquer le texte.

Ce récit pose une ambiance, et c'est vrai. Dans le genre, il est même champion. Mélange d'obscurité, de noirceur, de folie et de peur, il nous met dans une drôle de situation. Rien n'est évident dans ce livre, tout est suggéré. L'auteur nous transporte le long de ce fleuve, dans une folie de plus en plus grande. Ce qui culmine à la source et au but, Kurtz. C'est une ambiance noire, mais qui nous prend pleinement. Sans parler de cette jungle épaisse qui rôde tout autour des berges, qui ne laisse rien passer.

Le tout est complété par quelque chose en plus : la profondeur du récit. Mélange entre réalité et invention, liant les métaphores obscures et les idées pas très claires, on ne sait pas clairement quelle est la portée du récit au final. Mais elle existe, elle est là. Il y en a une, une profondeur qu'on ne connait pas mais que j'ai eu la sensation de comprendre, sans pouvoir la retransmettre. C'est ça qui fait véritablement la force du récit de Conrad. Au final, qu'en tirer ? Ce qu'on veut. Récit sur la folie, sur l'homme, sur la stupidité, sur la violence, sur le côté sauvage, sur l'inconnu, sur les peurs ? Sur tout ça, sur rien ? A vous de choisir.

Ouah, ce récit m'a tout bonnement captivé. Malgré son écriture, une force dans le récit qui m'a plongé littéralement dans cette jungle et dans ce fleuve qu'on remonte sans savoir pourquoi. L'histoire est obscure, c'est très sombre, mais elle est excellente. Je ne peux que vous recommander sa lecture, qui vous plongera, j'espère, dans ces ténèbres. Et qui vous en fait ressortir différent de ce qu'on était avant. C'est ce qui m'est arrivé, c'est tout ce que je peux vous souhaiter.

(Chronique n°181)

 

mardi 10 décembre 2013

Le chinois (Henning Mankell)


Pour l'anecdote, c'est mon professeur de théâtre qui me l'a passé en me disant que ça ne pourrait que me plaire, qu'il était très bien. C'est ainsi que je me suis retrouvé avec un livre de plus sur ma PAL (qui atteint des proportions monstrueuses à présent). Mais j'ai suffisamment bien aimé pour le lui couvrir de plastique (au moins il est protégé ainsi). Bref, passons les détails.

Résumé en trois mots : Suède, Chine et Afrique

C'est amusant de citer ainsi un petit tour du monde, mais c'est vraiment ça comme livre. Enfin, en dehors du style polar, on se balade beaucoup, il faut avouer (d'ailleurs j'ai lu pas mal sur la Chine en ce moment il me semble). Ce qui est bien c'est que l'auteur, après avoir rendu son héros fétiche malade d’Alzheimer (pratique pour éviter que quelqu'un le reprenne), à décidé d'écrire avec de nouveaux personnages dans chaque livres. L'avantage, c'est qu'on change un peu de point de vue, même si chaque fois certaines caractéristiques reviennent (entre autre le fait que les mecs soient très souvent blasés). Un autre détail qui est très intéressant pour un polar, c'est que l'héroïne soit vieille. C'est pas courant et j'aime bien.

Ce livre à plusieurs autres avantages que je ne listerais pas en détail, mais il est très bien écrit, rythmé, possède des surprises même si ce n'est de loin pas l'élément essentiel du livre (dans le genre des polars, il y a déjà eu beaucoup plus surprenant), mais il à l'avantage de se pencher sur les relations internationales et l'histoire d'une façon originale. Ce n'est pas la surprise de l'année, mais il contient vraiment des superbes idées (notamment la deuxième partie qui tombe comme un cheveu dans la soupe mais se lit d'une façon tellement fluide qu'on oublie le reste).

En gros, ne vous attardez pas pour la surprise ou le suspense, il est tué vite, mais c'est tout le reste qui importe, autant le contexte que par exemple les relations humaines et certains aspects historiques ou politiques, en Suède ou ailleurs, qu'on oublie très vite ... Une lecture prenante et distrayante, Mankell reste un excellent auteur, je ne peux que vous le recommander.

(Chronique n°106)

vendredi 4 octobre 2013

Pourquoi j'ai mangé mon père (Roy Lewis)


Un roman qui me faisait de l'oeil depuis un moment et que j'ai trouvé dans une librairie d'occasion (oui, encore une) et que je me suis empressé de lire, le récit étant court, et que j'ai finalement fini dans la journée tant il était drôle et intéressant. Un roman qui m'a beaucoup plu, c'est certain. Et pourquoi ? Je vais vous le dire :


Résumé en trois mots : Humour, Primates et Invention

Déjà, ce récit est intéressant pour moi (je suis curieux de tout) car il indiquait qu'il parlait à la fois de façon humoristique mais avec un fond assez sérieux de la préhistoire, période que j'affectionne tout particulièrement, et ensuite parce qu'on me vantait aussi les qualités de métaphores que possédait le livre. Je n'ai pas résisté longtemps à son appel lorsque je l'ai vu dans les bacs d'occasion (encore une fois pour 1.5 €, vive les occasions !).
En fait, nous allons suivre une famille de la période du Pléistocène moyen qui, sous la houlette d'un père inventif, va connaitre des innovations techniques qui les transformeront pour les faire devenir des hommes. Mais tout ne se fait pas sans mal, notamment lorsque l'oncle ne veut pas quitter les arbres et rejette le progrès ou lorsque les inventions dérapent. Car oui, on ne contrôle pas tout.

Donc, en bref, ce roman est drôle. Le décalage vient surtout du fait que tout le monde parle de façon contemporaine et que les protagonistes sont au courant de leur situation et de leurs places dans l'histoire (le père se plaint d'être coincé au Pléistocène et de ne pas évoluer). Le tout avec les conditions de vies que devaient être celles d'un homme de cette époque (bien romancée évidemment) et la façon dont auraient pu se passer les découvertes de toutes les innovations, qui surprennent lorsqu'elles arrivent dans le roman. Après tout, l'homme préhistorique à inventé tellement de choses qu'on ne rend plus compte qu'un jour il a fallu avoir cette idée. C'est ce qui est très intéressant dans ce roman, puisque nous redécouvrons l'homme qui nait, ce qu'il a inventé et ce qu'il a due faire pour survivre.

En sus de tout ça, nous avons des belles métaphores sur le progrès et ses dérives, la peur qui en est liée, et d'autres petits détails (le fait que beaucoup voient dedans une image de la bombe nucléaire notamment). En fait, on ne se rend compte qu'après coup de la richesse d'un tel livre.

Pour faire court, j'ai adoré ce livre, j'ai éclaté de rire plus d'une fois en le lisant, et j'ai également adoré tout ce qu'on y apprend sur les pratiques de vie d'un homme de cette époque, avant la naissance de l'Homo Sapiens. C'est un récit drôle, intéressant, et qui nous enseigne beaucoup de choses, entre les métaphores et les vérités simples sur nos origines (comme le fait d'inventer la danse ou la peinture). C'est humoristique certes, mais pourtant il invite à la réflexion. Un grand roman en somme, que je me réjouis d'avoir lu.

(Chronique n°74)

 
Neuvième  participation ! La fin est pour dans la semaine