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dimanche 29 mars 2015

Les enfants du froid (Jack London)

Qui dit fin du mois dit salaire, qui dit salaire en été dit solde, qui dit soldes et livres dit : gros achats (c'est la bonne période même si ce n'est pas soldé. Pour les livres, c'est toujours la bonne période) et c'est ainsi que je me suis retrouvé à acheter quelques Jack London supplémentaire, mais je commence à voir la fin du tunnel et les principaux livres sont bientôt en ma possession. Ne manque plus que les secondaires et j'attaque le rebut. Bref, je me suis laissé aller à lire quelques nouvelles, puis finalement à dévorer tout le livre. C'est du London, alors pourquoi laisser trainer ?


Résumé en trois mots : Indiens, Ruée vers l'or et Homme blanc

Cette fois-ci, toutes les nouvelles auront le même point de vue, ou presque. En effet, Jack London à écrit un recueil du point de vue (ou presque) des indiens d'Amérique du Nord, mais vraiment du Nord. Ceux d'Alaska ou du Canada.

Ce recueil est peut-être un des moins bons de ceux que j'ai lu de Jack London (j'en ai mal d'écrire cette phrase ...), quand bien même certaines nouvelles sont très biens. Mais aucune n'est véritablement excellente, et je n'en ai pas tiré grand chose au final, au point que j'ai du relire le livre pour pouvoir faire cette chronique. Ce sont des histoires parfois sympathiques, souvent peu intéressantes, et j'ai bien l'impression que l'homme blanc y est toujours présenté en supérieur de l'indien, quoique celui-ci est souvent diminué par son quotidien et son environnement. Mais tout de même, on sent parfois un certain propos qui les discrimine (a raison peut-être, je ne sais pas). En tout cas j'ai trouvé ça dérangeant.

Le reste est toujours comme du London, un bon style, une écriture fluide et prenante, des surprises dans la narration. Mais le reste ne suit pas tellement, et c'est dommage. J'aurais aimé trouver quelque chose de plus consistant, on ne m'a servi que des amuses-bouches.

Un livre que je ne recommanderai pas forcément. Avec tout ce que Jack London a écrit, je comprend que tout ne peut pas être bon, mais j'ai été déçu de la tournure que cela prenait. Je n'ai pas eu de vrai coup de coeur pour une nouvelle, et je ne m'en rappelle plus de beaucoup. Un recueil qui m'est passé un peu par-dessus la tête. J'ai trop lu de bons livres de l'auteur pour me contenter maintenant de ça. Dommage.

(Chronique n°252)

samedi 10 janvier 2015

Amarok (Bernard Clavel)



Quatrième tome, nous repartons cette fois-ci sur les routes glacées du grand nord, jusqu'au glaces de l'hiver, celles qui recouvrent jusqu'au grand océan ... Bernard Clavel continue sa traversée du temps et de l'espace aux alentours de la rivière Harricana, là où la nature est belle, et l'homme sauvage.


Résumé en trois mots : Traineaux, Chiens et Poursuite

L'histoire nous permet de retrouver des personnages du premier tome et du deuxième, avec Raoul, le coureur des bois, mais aussi Timax, le fils d'un personnage du deuxième tome. A cause d'une bagarre et d'un coup de poing, les voila obligés de partir dans le froid, en traineau, fuyant la police militaire qui les traque. Et Raoul, âgé de 65 ans, prend avec lui Amarok, le chien qui restait de son attelage. Un chien d'une fidélité hors norme.

Ce livre nous fait voyager bien plus au nord, puisque la course qui se déroule va monter jusqu'au grand océan glacial arctique, vers lequel fuient les protagonistes. C'est une plongée dans la fameuse nature sauvage, belle et puissante, dans l'hiver également, dans le froid du nord qui gèle la peau mais pas les cœurs.
Bernard Clavel nous conte ici une fuite face à l'autorité, car ces hommes perdus dans le Nord étaient loin de tout, mais parfois le gouvernement lointain se rappelle à eux. Et là, les problèmes commencent. C'est également le problème de la guerre, lointaine mais présente, qui mobilise les jeunes gens.
Mais ce roman, c'est avant tout Raoul, l'homme coureur des bois, celui qui représente l'ancien monde, lorsque l'homme courait et trappait dans les bois, celui qui n'utilisait pas le téléphone et pour qui le temps était relatif. C'est l'homme qui aime les bêtes, qui les aime au-delà des hommes. Mais c'est aussi un homme qui est attaché aux autres, qui aime sincèrement ce jeune garçon poursuivi par la police et qui cherche refuge auprès de lui, dernier représentant des hommes insoumis dans ces lieux.

Le roman nous fait la part belle aux personnages héroïques, mais humain. C'est là une qualité que Clavel ne perd jamais de vue, tout le monde est avant tout humain dans son oeuvre. Nul n'est parfait, nul n'est grand. Tous ont la même taille, la notre, celles des hommes.
Tout au long de l'histoire, cependant, l'animal sera là, avec Amarok. Le loup, en inuit, le chien de Raoul, celui qui l'accompagnera coute que coute dans son périple, jusqu'au bout du bout, à la mer arctique. Là où les glaces se forment l'hiver. Et là où finira la course effrénée de Raoul, et de Timax. Le roman marque un tournant dans la saga, puisque les premiers nous présentaient à chaque fois différents personnages qui arrivaient dans le nord et tentaient d'y vivre. Ici, le roman ne fait que reprendre les personnages existant déjà et montre le déclin de ce royaume du nord. Le temps de la construction est finie, le monde à changée de face et les personnages vont devoir s'y faire, ou se faire engloutir dans le temps. Raoul, lui, va tenter de résister. Et c'est beau.

Ce roman indique le tournant dans la saga du nord. On entrevoit maintenant la fin, qui va se dessiner, et elle ne semble pas vouloir être heureuse. L'histoire d'un homme et de son chien pourrait être banale, comme elle l'a déjà été présenté des milliers de fois, mais elle est ici insérée dans un écrin qui la rehausse. Le paysage, les personnages, la fuite de ces deux êtres perdus, le sentiment du monde qui change, la façon dont tout conduit à une fin peu heureuse, tout contribue à faire de ce roman un suspense qu'on ne lâche pas jusqu'à la dernière ligne, avide de savoir ce qu'il adviendra de nos protagonistes, mais également de voir encore ce nord, ce grand nord, froid et beau. Je ne pourrais me lasser de cette sensation de traverser les forêts du grand nord, dans cette traque impitoyable. Un tournant dans la saga, un beau roman. A lire, comme tout le reste. Pourquoi attendez-vous encore ?

(Chronique n°216)

jeudi 13 février 2014

Les Gnomes (Wil Hyugen & Rien Poortvliet)

Une fois n'est pas coutume, je vais parler d'un livre qui n'est pas tant un roman qu'un livre ... euh, un livre. En fait, j'avoue, j'ai du mal à caractériser ce livre. Ce n'est pas vraiment un livre d'illustration, pas plus que ce n'est un roman. C'est ... une fausse encyclopédie. Oui, c'est ça. Un faux documentaire en fait. Et très bien réussi d'ailleurs.

Résumé en trois mots : Gnomes, Nature et Encyclopédie

J'en ai un peu ramé pour trouver les trois mots de résumés. Faut dire que c'est le genre d'ouvrage qui se classe assez mal, même si c'est clairement de la fantasy. En tout cas c'est très sympathique à lire et très amusant aussi. On sent l'amour de l'auteur sur la question de la fantasy, et également une petite pointe écolo qui n'est pas pour me déplaire, amené avec assez de finesse.

L'ouvrage contient vraiment beaucoup de choses, allant de la façon dont les gnomes construisent leurs maisons à leur voyage de noces. Le tout est raconté de façon documentaire et amusante. Le principal vecteur de lecture réside dans les paragraphes de textes, mais il s'ajoute un ensemble de notes manuscrites apposées sur les superbes dessins que nous dégustons à chaque pages. Le tout bien entendu, dans une excellente mise en forme. Vous pouvez d'ailleurs trouver une édition petit format et une autre en grand, qui ont exactement le même contenu, mais avec une lisibilité bien différente.

Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est que le livre contient un peu de tout. Bien évidemment, certains aspects sentent le vieux (notamment dans la conception homme-femme) mais dans l'ensemble c'est inventif et sympathique. Le tout est bien illustré (il faut aimer le style de l'illustrateur mais je trouve pour ma part qu'il convient à merveille au récit) et nous nous laissons porter dans un monde de gnomes, petits êtres très proche de la nature. D'ailleurs je dois bien parler de cet aspect de la lecture qui n'échappera à personne : le côté écologique. L'auteur à glissé de nombreuses fois des indications sur un côté écologique, notamment dans les dernières pages. Là où je m'attendais à quelque chose de bien brutal dans la face, ce fut plus coulant et l'auteur évite l'écueil de la morale lourde. C'est intéressant, surtout que le livre n'est pas tout jeune, et arrive à replacer des actualités dans de la fantasy. Tout ce que j'adore en somme.

Un ouvrage très sympathique et rafraichissant, du genre qu'on relit et feuillette dans sa bibliothèque, ne serais-ce que pour les superbes illustrations qu'il contient. Le tout est à la fois amusant et intéressant, contenant en plus quelques très bonnes idées de morales. On aurait envie de réduire sa taille et d'aller vivre dans un monde de gnomes. Et puis, c'est le genre de bel ouvrage qu'on garde, qu'on lit et relit, qu'on raconte à d'autres. Rien que pour ça, il a sa place dans le rayon fantasy de la bibliothèque.

(Chronique n°137)