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lundi 12 novembre 2018

Plateforme (Michel Houellebecq)

J'ai décidé récemment de lire du Houellebecq, surtout suite au débat autour de son dernier livre, Soumission, qui m'intéresse et que je souhaiterai découvrir un jour. Mais en attendant j'ai du me rabattre sur ce livre que j'ai déniché dans les bacs d'occasion. Et je me suis laissé à le lire principalement parce que je le voyais sur le sommet de la pile et que je voulais découvrir cet auteur controversé dont on entend tout et le contraire. Et j'ai effectivement beaucoup de questions qui me restent au final. Parce que je ne suis pas certain de ce qu'il faut tirer de ce livre.


Résumé en trois mots : Tourisme, Sexe et Thaïlande

Ce livre est dérangeant, mais en même temps je le trouve assez long. C'est surtout parce que le personnage principal n'est pas attachant, même s'il en a bien conscience. Et également parce qu'il ne se passe pas grand chose, même si je comprend bien tout l'intérêt du roman. Mais vers le milieu du livre, une période plutôt longue défile durant laquelle il y a uniquement une mise en place du dernier acte. C'est dommage, parce que j'avais la sensation d'une retombée d'effet, après un début plutôt très bon et que je trouvais intéressant.

En dehors de ces considérations, j'ai beaucoup apprécié ma lecture, même si je ne sais que trop en penser. Certes, plusieurs considérations sur l'islam faites au sein du livre m'ont laissés perplexe, mais je n'ai pas vraiment d'avis tranché sur la question d'une islamophobie latente dans l’œuvre. Certaines considérations, bien que peu flatteuse, sont malheureusement le triste reflet de la réalité. Sans compter que dans la façon de l'apporter au livre, Houellebecq ne se démarque jamais clairement pour une position ou pour une autre. Alors qu'en tirer ? Ce qu'on veut, dirais-je, et je ne veux pas chercher la petite bête, je prendrais simplement ce que j'y ai trouvé pour me faire mon propre avis.
D'autre part, le livre fait une belle part au sexe, dans plusieurs cadre : les protagonistes le vivent, en parlent, le font et débattent dessus. Entre tourisme sexuel, libération des mœurs, vie sexuelle de couple et considération sur la sexualité de société, c'est un tableau assez curieux mais complet qui est dressé. Tableau avec lequel je ne me trouve pas en accord, mais qui est une représentation très intéressante, orientée et peu optimiste sur notre société. Je crois que le meilleur moment est lorsque l'un des personnages principaux déclare : "notre société ne marche pas. Et en plus, on l'exporte."

Ce livre est dérangeant dans son ton. C'est très critique envers la société, et en même temps cette critique n'est pas si acide, elle est simplement très réaliste de l'univers dans lequel nous vivons. L'industrie du loisir et du tourisme est foutrement glauque, c'est un fait, mais il est des choses qui doivent parfois être envoyée à nouveau en pleine gueule. Et en même temps, c'est quelque chose que j sais ne pas soutenir, ne pas vouloir. En tant que tel, ça redonne foi dans certaines de mes valeurs, et ça conforte certaines de mes idées. Notamment autour du tourisme sexuel, qui est bien présent dans nos vies, qu'on le veuille ou non.

Un livre étrange mais qui m'a plu, quoique je ne sais quoi en penser au final, mais je sais ce que j'en ai tiré, et c'est le plus important à mes yeux. J'ai apprécié certains points de vues émis dans le livre, je n'étais pas d'accord avec tout. Mais c'est appréciable d'avoir un roman dans ce style qui remue certains points sombre de notre temps. J'ai surtout découvert Houellebecq et ça m'a encouragé à continuer sur ma lancée, je crois que l'auteur a quelque chose de positif à dégager, et je vais tenter de continuer sur ma lancée. Je pense que ça va me plaire, quoiqu'on en pense. C'est toujours un plaisir de découvrir ce genre de choses.

vendredi 10 avril 2015

Petits suicides entre amis (Arto Pasilinna)

Un autre livre de cet auteur, l'avant-dernier de ma PAL, histoire de varier entre toutes les lectures du moment qui sont centrées Sf et Fantasy. Un peu d'humour noir et de contrée glacée, de ces auteurs finlandais, qui écrivent le grand froid des contrées du nord. Et qui se permettent parfois de descendre et de vadrouiller dans toute l'Europe.  Car oui, pour une fois l'auteur sort de sa province natale et se permet de partir à l'aventure, pour enfin se jeter à l'eau !


Résumé en trois mots : Suicidaires, Voyage et Europe

L'idée de départ est excellente, il faut bien l'avouer, lorsque nous découvrons ces deux gentils finlandais qui aimeraient se suicider et qui se croisent par hasard. Commence alors un projet curieux : créer un comité de suicide pour aller se suicider ensemble. Et réunir le plus gros groupe de suicidaires finlandais. Mais le suicide, ce n'est pas aussi simple qu'on le voudrait, surtout quand c'est entre amis.

Ce roman est assez différent de ce que j'avais déjà lu de l'auteur, notamment avec son détachement un peu plus net de la nature, thème récurrent de l'auteur, et qui venait se greffer partout. Ici encore l'auteur nous gratifie d'un début rural mais bascule ensuite en un long voyage à travers tout les pays de l'Europe, et c'est au final peu de la nature qui nous est dévoilé ici. On traverse le tout sans vraiment prendre le temps de s'arrêter.

De plus, le sujet très grave du suicide est tourné ici au maximum de la dérision, dès son début, et bascule progressivement vers quelque chose de plus léger, un road trip tranquille entre amis. Et bien sur, l'humour perpétuel de Paasilina reste présent dans les pages.
J'ai apprécié ce morceau de fantaisie débloquée, de personnages hauts en couleurs qui sillonnent l'Europe pour aller se jeter dans le vide et en finir avec une vie qui ne les satisfait plus. C'est jouissif à lire, et j'ai eu des beaux fous rire encore une fois. L'auteur n'a décidément pas son pareil pour nous croquer des situations surréalistes et hilarantes.

Encore une fois, l'auteur tape juste en nous sortant un livre déjanté sur un thème aussi grave que le suicide, mais ce n'est pas comme si l'auteur ne nous avait pas habitué au thème. C'est amusant, et innovant dans ses situations qui ne se figent plus dans la lointaine Finlande, mais vont ici jusqu'à chez nous, apportant la morosité de ces suédois jusque dans nos contrées. J'ai aimé et j'ai beaucoup rit, alors je ne peux que vous le recommander, encore une fois. Cet auteur est décidément un excellent auteur comique.

(Chronique n°258)

lundi 5 mai 2014

Lolita (Vladimir Nabokov)

Depuis le temps que j'en entendais parler, après la semi-déception du film de Kubrick (qui ne fait clairement pas le poids face aux autres chef-d’œuvre du maitre) et après avoir relu une BD dans laquelle le personnage principal lisait ce livre, j'ai craqué, je me suis payé ce livre et je me suis attaqué à ses 500 pages d'écriture caustique et dérangeante. Un roman à scandale, qui fit couler beaucoup d'encre et en fait sans doute encore couler, un roman légendaire et porté deux fois à l'écran, un roman qui a donné naissance à un nouveau terme, ces Lolitas qui sont aujourd'hui dans nos vies, devant les collèges ou les lycées. Bref, un roman qu'il me fallait enfin lire un jour pour voir ce qui se cache derrière tant de mystères. Qu'en est-il au final de ce roman ?


Résumé en trois mots : Sexualité, Fantasme et Jeunesse

L'histoire est tellement connue que j'hésite à vous la noter sans me risquer à vous prendre pour des ignorants. Qui ne connait pas cette histoire d'amour passionnelle que vécue Humbert Humbert pour la jeune Lolita, fille de sa logeuse, une fillette de douze ans au sex-appeal débordant et aux mœurs douteuses ? Qui peut prétendre ne jamais avoir entendu parler du scandale de cette confession d'un authentique pédophile qui s'explique sur sa sexualité et son assouvissement ?
Bref, sans m'étendre outre mesure dessus, je me contenterais de parler du reste, c'est à dire à la fois les personnages, l'ambiance, le style d'écriture, le rythme, le fond et le contenu.
Tout le reste, est génial. En fait, en le lisant, j'ai progressivement compris ce qui a fait tellement scandale,avec une deuxième partie qui devient progressivement plus trash. En soi, c'est pas tellement décrit, mais toutes les implications qu'entrainent ce qui est noté suffisent à dégoutter. Et pourtant, a contrario de ce qui est écrit par le personnage principal, je n'ai pas réussi à le concevoir comme un pervers dérangé et immonde, mais simplement comme un pauvre gars qui a ruiné sa vie et manqué de faire pareil avec celle de Lolita.
En fait, ce qui est le plus dérangeant, c'est le fait de plonger jusqu'au tréfonds de l'âme du personnage avec ce point de vue unique qui nous suit tout au long du roman. Pas un moment d'échappatoire, pas un instant de répit, toujours le même point de vue et les pensées de ce personnage qui nous repousse ou nous fait pitié. Ou les deux. La sensation de malaise est aussi forte, puisque beaucoup de choses sont nettement suggérées mais pas clairement dites, laissant planer un doute malsain. Notamment sur le comportement de Lolita, finalement pas si pure que ça.

Un excellent livre, que j'ai adoré lire bien que je l'ai trouvé dérangeant moi aussi, mais je comprend toute sa portée et sa réputation. Ce n'est pas un livre qu'on lit pour se détendre, mais c'est incontestablement un grand roman, du genre qui fait parler de lui encore longtemps après sa sortie et qui continue d'être dérangeant. J'ai adoré la lecture, longue et parfois difficile (plus par malaise que pour le reste) mais qui m'a vraiment beaucoup intéressé. Si vous aimez vous plongez dans les turpitudes et les tourments de l'âme humaine, n'hésitez pas un instant et allez lire ce livre-ci. Mais ayez connaissance du terrain où vous mettrez les pieds. Toute lecture n'est pas accessible à tout le monde.

(Chronique n°177)

dimanche 27 avril 2014

Petit traité sur l'immensité du monde (Sylvain Tesson)

Je n'ai pas la moindre idée de la façon dont je me suis retrouvé avec ce livre dans ma PAL, sans doute ai-je vu quelqu'un qui l'avait lu et qui en avait parlé, et me suis-je dis qu'il fallait que je le lise aussi. L'idée de base me semblait intéressante, et il y avait un moment que je n'avais plus lu d'ouvrages à vertu plus philosophiques, dans la lignée des essais et des traités. Cette fois-ci, cela parlait de voyages à pied, et je suis assez tenté par ce genre de sujet pour me décider à voir ce que d'autres en pensent.


Résumé en trois mots : Voyages, Philosophie et Monde

Le terme Philosophie est ici dans un sens plus personnel, philosophie de vie, que dans le sens large de la philosophie en général, même si tout est lié. Cet ouvrage est vraiment un traité, il expose la vision de l'auteur et sa conception du monde, sans dire qu'il est le seul dans le vrai. D'ailleurs sa philosophie repose sur des principes qui ne sont pas, par natures, applicables à l'ensemble de l'humanité.
Bref, que nous raconte donc en si peu de pages (et en écrivant très gros) Sylvain Tesson ? Eh bien sa philosophie de vie et de voyages, mais pas seulement. L'auteur est un type qui aime voyager, mais à pied, par ses propres moyens, seul ou accompagné, mais jamais par les mêmes personnes, et qui vadrouille au gré du monde sans se soucier de le changer ou de s'y inscrire. Il veut juste le voir, le toucher du doigt. Ce qui, il faut bien l'avouer, laisse rêveur.

J'ai beaucoup aimé la façon de vivre qu'expose Sylvain Tesson dans son livre, avec tout ce que cela comporte comme avantages et comme défauts. Il fait à la fois rêver et réfléchir, sur cette vie qu'empruntent des personnes, qui se décident à ne suivre qu'eux-mêmes et rester en dehors de tout tout le temps. C'est un style qu'il faut apprécier et pouvoir supporter aussi.
Ce que j'ai apprécié en outre, c'est que l'auteur truffe son récit de citations et de références. Si toutes ne me sont pas connues, elles m'ont données envie de lire des livres (à commencer par Thoreau, que j'ai acheté il y a .... Un an ?). C'est un récit qui ouvre sur plusieurs choses.
Mais avant tout, c'est une invitation à la réflexion, à se poser des questions. Pas seulement sur nous, sur les autres, sur nos façons d'être, d'agir, de vivre, de penser. Comment conçoit-on le monde, et comment le voit-on ? Et l'auteur nous invite aussi à comprendre sa façon de voir tout ce qui l'entoure. Une vision rafraichissante et dépaysante.

Je ne cache pas que le livre est vite lu, peut-être trop vite d'ailleurs, et qu'il n'est qu'une introduction à tout ça. L'auteur développe en plusieurs chapitres des anecdotes de ses voyages et des théories philosophiques. Rien n'est vraiment développé, c'est un traité rapide, un petit traité comme dit son titre. Je ne cache pas non plus que la prise de position de l'auteur est radicale, mais on n'est pas obligé de s'y conformer. Chacun reste libre de ses choix, mais il est bon parfois de savoir qu'un autre existe.

J'avoue que j'ai bien aimé ce traité rapide et simple, qui m'éclaire sur une race de personne, et un avis peu conventionnel. C'est assez rare de nos jours une personne vantant l'égoïsme et le voyage seul, l'absence de communication et de diffusion. On voyage pour soi, et c'est tout, sans le diffuser ensuite autour, bien que l'auteur dit prendre des notes. C'est aussi un traité sur le monde, sur une vision du monde, qui tend à lui rendre son immensité perdu par la technologie. Une vision de notre planète qui n'est pas la plus répandue. Un sympathique petit traité, que je conseille.

(Chronique n°173)

mercredi 23 avril 2014

Sur la route (Jack Kerouac)

Fin de la route, 3/3

Depuis le temps que je chronique sur ce blog, je crois bien que c'est la première fois que j'ai eu autant de mal à finir un livre. Plus de deux semaines en étalant la lecture, c'est un gros point noir avant même de commencer à critiquer l'intérieur. Mais je tenais absolument à le lire, pour cet ensemble d'avis et surtout parce qu'il s'agit tout de même d'un immanquable, que je voulais lire pour savoir de quoi il en retourne exactement. Et bien, il y en aurait à dire.


Résumé en trois mots : Voiture, Voyages et USA

En fait, je crois bien que le principal problème que j'ai trouvé dans ce livre réside dans son scénario. Je dirais presque : son absence. En gros, nous suivons les pérégrinations de deux personnages, le narrateur, appelé Sal, et son acolyte, Dean, personnage qui aurait, dit sympathiquement, "pété un boulon". Un gars dingue, simplement, dynamique et vivant. Et les deux vont sillonner les États-Unis dans un peu tout les sens, avec un peu tout mais surtout des voitures. Et ... Ah oui, il y a aussi les filles de Dean. Et je crois que nous avons fait le tour.

En fait le roman m'a semblé incroyablement long, sans grand intérêt et je l'ai fini en me demandant : Ok, a part présenter un personnage curieux (Dean), quel intérêt ? Pour moi, la réponse serait : aucun. Je n'en ai franchement rien retiré. Je n'ai pas eu l'impression de comprendre la beat generation, je n'ai pas eu de sympathie pour les personnages, je me perdais dans les états et en fin de compte je me sentais un peu perdu dans cette histoire. La plupart des choses ne m'intéressaient pas le moins du monde, tout simplement. Et ce fut assez pénible de poursuivre la route sur autant de pages. Je me demande encore ce que tant de gens y trouvent.

Le résumé est assez simple : déception. La lecture ne m'a pas du tout intéressé, et jusqu'au bout je me suis demandé ce qu'il y avait à comprendre. Je crois que le gros problème, c'est qu'il n'y a rien, vraiment, à comprendre. L'ensemble est creux, c'est peut-être une vie réelle, mais je ne suis pas du tout intéressé. En fait, en terme d'immanquable, de roman culte, je suis complètement sur ma faim. Je ne me rappelle pas d'avoir autant trainé sur une lecture depuis un moment.
De l'ensemble des récits sur la route, c'est le moins bon. Les lectures sont allées en chute d'intérêt, et c'est pour cela que l'ensemble arrive si tard. Je ne vous le conseille pas, même si c'est un livre tellement réputé. La route vaut largement plus le détour. Passez votre chemin à pied par les sentiers plutôt que de vous engager Sur la route

(Chronique n°171)