Affichage des articles dont le libellé est Philippe K. Dick. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Philippe K. Dick. Afficher tous les articles

vendredi 27 mars 2015

Coulez mes larmes, dit le policier (Philip K. Dick)

Je viens de finir ce livre que j'ai déniché en occasion et que je me suis attaché à lire pour me changer les idées de mauvaises nouvelles qui venaient de tomber. C'était l'avant-dernier livre de l'auteur en ma possession, et j'avais entendu parler de lui de différentes façons, chacune s'accordant sur un côté très important de cette oeuvre au sein de la bibliographie de Philip K. Dick. Cela a bien sur titillé ma curiosité, et je ne me suis pas fait prier pour le lire, ce qui fut fait rapidement avec ces larges périodes horaires dont je dispose actuellement.


Résumé en trois mots : Réalité, Drogue et Célébrité

Un drôle de livre, très dérangeant et assez atypique. Dans l'univers de Philip K. Dick, la réalité est toujours autre, trouble et distordue, mais ici, l'histoire est clair et limpide au final. Tout est expliqué et tout est compréhensible. Pour un lecteur habitué à l'auteur, c'est curieux. Il contient même un postface qui donne la trame que poursuivent les personnages après le roman. J'ai cependant été bien plus surpris par la tournure que prenait ce livre.

L'histoire est celle d'un présentateur télé qui se réveille un jour en étant inconnu du monde entier. Personne ne sait qui il est, nul ne se souvient de lui et même la police ne dispose plus d'un seul fichier le concernant. Alors que le monde est un gigantesque état policier bureaucratique. Donc dangereux pour quiconque se retrouve démuni d'identité du jour au lendemain.
Ce roman est très curieux, en deux parties qui se joignent vers le milieu du livre, mais c'est également un roman où le héros n'est pas clairement identifié. Alors que l'appareil bureaucratique et la pression de la police désigne l'Etat et l'autorité comme "méchant" de l'histoire, je dois avouer que le héros est loin d'être tout blanc et me semble souvent être un fieffé connard. De même, cette police omniprésente dans l'esprit est bien plus relâché et normale qu'on pourrait le penser. Pas de toute puissance qui intervient n'importe comment, seulement des hommes normaux qui font leurs boulots et s'y tiennent.

Ce roman est curieux, enchainement de tableaux et de situations variées, parfois superbes, notamment une scène finale dans une station-service, mais également très sombres, au personnages torturés, psychotiques et parfois aux frontières de la folie. Certains sont totalement normaux et sont rapidement submergés par ce qui leur arrive, mais les autres sont pris dans des filets qui les entrainent toujours plus loin.
Je parle des personnages car c'est eux qui sont centraux, avec leurs interrogations, leurs motivations, leurs vision du monde. Tout est autour d'eux et de leurs rapports, les rapports humains. Entre des humains génétiquement supérieur, des humains déshumanisés. Tout est dérangeant dans ce livre, et la frontière brouillé de la réalité est une fois de plus un élément central.
Mais cette fois-ci, moins d'interrogation sur la "vraie" réalité. Plutôt une conception de l'homme quelque soit la réalité. Qu'importe ce qui est vrai, comment agissons-nous en humain dedans ?


Ce roman comporte bon nombre d'interrogation, et je ne pourrais en tirer l'ensemble. Il me faudra le relire, essayer d'en extraire tout le contenu, et la tâche ne sera pas facile. Rien n'est limpide, rien n'est offert gratuitement. Il faut fouiller pour extraire chaque idée. Mais quelles idées ... C'est confus encore dans ma tête, et j'aime ça.

Un roman qui tranche assez avec ce que j'ai déjà lu de Philip K. Dick. Moins de spontanéité, moins de folie, plus d'introspection. C'est très rentré, les personnages sont au centre d'une oeuvre qui pose de nombreuses questions et dont les réponses ne sont pas clair. C'est a la fois très intense à lire, et curieusement dérangeant. Quelque chose s'en dégage, quelque chose que j'ai du mal à cerner mais qui me fait encore m'interroger sur cette oeuvre décalée. Si je vous la conseille, je peux aussi vous dire que c'est quelque chose de neuf. A lire, pour essayer de comprendre.

(Chronique n°251)

samedi 14 février 2015

Souvenir (Philip K. Dick)

Je me sens parti pour lire la majeure partie des ouvrages de l'auteur, mais en même temps il me semble être tombé sur un bon filon, alors je serais bête de creuser à côté. Et puis, c'est un bon truc aussi de lire des nouvelles de temps en temps, afin d'avoir le temps de lire un récit complet durant le trajet en bus. Et puis en plus, pour une fois, j'ai vu qu'un des récits était lié au livre Le maitre du haut-château. Bref, fallait que je m'occupe de ce livre le plus vite possible, et en plus c'était lui qui trainait sur la table de nuit. Alors, je l'ai lu très vite !


Résumé en trois mots : Nouvelles, Science-fiction et Réalité

C'est curieux, parce que de la part d'un auteur aussi fou que celui que j'ai découvert, je ne m'attendais pas à une science-fiction qui explore des thèmes plutôt classique dans l'ensemble. Les voyages dans le temps, la distorsion de la réalité (bon, là c'est normal, mais beaucoup moins barré que d'habitude) et autres thèmes de voyages dans l'espace ou de mondes futuristes qui paraissent affreux. Bref, c'est un ensemble de nouvelles qui fleurent bon la science-fiction à l'ancienne, et ça surprend même si ce n'est pas si désagréable que ça.

Dans l'ensemble, les récits ne sont pas du genre inoubliable, même si certains conservent cette atmosphère si dérangeante et propre à l'auteur, et que dans l'ensemble les idées sont très subtiles et amenées de façon convaincante (en tout cas pour moi), et développés d'une belle façon. Chaque nouvelle nous entraine dans quelque chose de déjanté et qui sort complètement de l'ordinaire, avec une fin parfois un poil bancale, mais qui se suffit et ajoute un peu de charme encore à tout l'ensemble.

Sans trop m'étendre, nous avons là une excellente série de nouvelles qui raviront les fans de SF pure et dure, mais qui a aussi le mérite de présenter une facette plus classique de Philip K. Dick, auteur qui sait ne pas être si classique que ça. A lire quand on est fan de l'auteur ou pour découvrir quelques textes et gouter à la saveur de sa plume. C'est une petite mignardise avant les plats principaux.

(Chronique n°231)

mercredi 28 janvier 2015

Ubik (Philippe K. Dick)

Avant-dernier roman de Philip K. Dick que j'avais en ma possession (et je pense que je n'en rachèterais pas tout de suite), ce roman est bien souvent cité comme le chef d'oeuvre de l'auteur, à mettre sur le même pied d'égalité que Le maitre du haut-château et Blade Runner. La lecture m'a été également hautement recommandé par mon ancien colocataire, alors pouvais-je refuser de m'y plier ? Ce que j'ai fait allègrement. Et le résultat est à la hauteur d'un Philip K. Dick, mais pas vraiment de mes attentes.


Résumé en trois mots : Pouvoirs, Mort et Réalité

Voila encore un roman bien déroutant, parlant à la fois de pouvoirs psychiques, de remontée du temps, de la mort et de la réalité de nos sens. Philip K. Dick continue d'exploiter les thèmes qui l'intéressent particulièrement, tout en cherchant de nouvelles voies scénaristique.
L'auteur nous développe tout une trame centrée sur un personnage (enfin, deux, mais c'est l'un que l'on suit et l'autre qui importe), tout en apportant un personnage féminin qui n'est pas inintéressant (et particulièrement dérangeant, ou dérangée), et également un délire complet sur le sens de la réalité. Encore une fois, l'auteur fait fort, mais là c'est vraiment dérangé.

Sans vous spoiler l'histoire, à partir d'environ la moitié du roman, tout l'univers construit par Philip K. Dick (et qui semble vaste et complexe, tout les détails n'étant pas expliqués) est brutalement remplacé par un autre, avec cette fois-ci des problèmes de perception de la réalité. Et tout est à recommencer. Encore une fois, l'auteur se joue des codes classiques de la compréhension de la réalité et finit par nous faire douter de tout et de tout le monde, ne retenant au final que le héros comme point central fixe et immuable d'un univers qui peut être tout ce qu'on voudrait. A cet égard la toute fin du roman (mais vraiment, la dernière phrase) est particulièrement déstabilisante, puisqu'on ne sait plus du tout ce qu'il faut alors en tirer.

Ce qui m'a le plus perturbé, je crois bien que c'est le titre et les fausses publicités qui sont présentes dans tout le roman en utilisant le nom Ubik, ce qui m'a conduit sur une piste complètement fausse. Mais j'avoue à cet égard que je n'ai pas encore compris tout le roman et qu'une relecture sera plus que salutaire pour comprendre tout ce qu'il faut derrière ce roman qui est d'une complexité incroyable. Rien n'est simple ni ce qu'il parait être. Et en plus, l'univers derrière est plutôt riche, brouillant encore plus les pistes. C'est vraiment de la très haute intensité d'écriture.

Et c'est presque dommage que je n'ai que peu aimé au final. Car le principal problème, c'est que beaucoup de choses me semblent encore bien obscur pour que je puisse apprécier le roman. Je dois d'abord le relire et essayer de dégrossir ce qu'il y a à comprendre avant de pouvoir enfin essayer de le noter correctement dans ma mémoire. C'est déroutant comme genre de livre, qui nous perd volontairement et finit par nous perdre. Et c'est ce qui s'est passé. A un moment je me suis perdu dans le livre, et c'est vraiment dommage.

Pour moi, ce n'est pas le meilleur Philip K. Dick, et il n'atteint pas les sommets que sont Blade Runner, Le maitre du Haut-Château et Substance Mort, mais il reste très bon et c'est principalement le fait que je sois passé à côté de beaucoup de choses dans l'histoire qui m'est pénible. Je vais volontiers le relire pour tenter de comprendre ce qui m'a échappée et enfin pouvoir refermer ce livre en ayant l'esprit apaisé. Mais il reste un livre de Philip K. Dick, dérangeant et philosophique, déroutant et à part dans le monde de la science-fiction. Un tel livre est quelque chose de difficile à classer ou appréhender. Je vous recommande la lecture si vous vous sentez de taille pour l'aventure, mais ça vole haut.

(Chronique n°224)

mercredi 7 janvier 2015

Les machines à Illusions (Philippe K. Dick & Ray Nelson)

Encore un ouvrage de Philip K. Dick, mais écrit cette fois-ci en collaboration avec un confrère, et que je présente ici avant de poster la chronique sur l'ouvrage Blade Runner, qui viendra très vite. Le choix de présenter celui-ci d'abord n'est pas anodin, car après la chronique sur Substance Mort, je ne voulais pas publier d'un coup toutes les critiques des grands livres de Philip K. Dick. Quand j'encense un auteur, je me plais à lire des livres moins bon et à en faire la critique autant que possible, car nul n'est parfait, et les faiblesses soulignés dans un ouvrage ne font que renforcer les forces des autres. Quand on peut faire du moins bon, la qualité devient extraordinaire, non ?


Résumé en trois mots : NoirsIllusions et Extra-terrestre


De tout les Philip K. Dick lu jusqu'à présent, je dois bien dire que cet ouvrage est le moins bon, et cela ne demande pas un grand effort de comparaison. Et je sais exactement pourquoi.
Déjà, il faut souligner le premier gros problème : ce livre date maintenant sérieusement au niveau de la thématique. En effet, ce livre repose sur la thématiques des noirs qui se battent pour leurs droits, mais c'est quelque peu éculé comme thème (en tout cas, de la façon dont c'est présenté). D'autres part, j'ai eu du mal à m'intéresser aux personnages, que j'ai vite trouvé creux et qui me semblaient peu intéressant. Le final ne m'a pas convaincu à ce niveau là non plus, et j'ai refermé le livre avec un gros : Bof.
L'histoire en elle-même est très intéressante, avec l'idée plutôt bien trouvée des machines à illusions, qui créent des armées mais sans qu'on sache si celles-ci resteront, tout comme est plutôt excellente la façon dont sont présentés les extra-terrestre. Des bonnes idées de bases donc, même si les thématiques abordées ne sont pas les plus intemporelles.
Par contre, il faut bien le dire, le bât blesse quelque part, et c'est dans le développement. Progressivement, j'ai trouvé qu'il manquait quelque chose à l'histoire, qu'il y avait un manque, l'esprit de Philip K. Dick n'était pas vraiment là, je ne ressentais pas vraiment d'ambiance. Au final, je n'ai pas eu de grande envie de connaitre la fin, qui n'est pas transcendante non plus. Que dire de plus, que ce que j'ai déjà dit ? Peut-être l'écriture à quatre mains n'a-t-elle pas contribué, ou alors les auteurs ne se sont pas autant impliqué que dans les autres livres.
Ce n'est pas foncièrement mauvais, mais c'est plutôt un livre anecdotique, dont je n'ai rien tiré (au contraire de tant d'autres de l'auteur) et qui m'a laissé un gout fade en bouche. Je ne regrette pas de l'avoir lu, mais ce n'est pas pour autant que je le conseillerais à quelqu'un.

Un roman bien dispensable, que je ne conseillerai pas vraiment pour diverses raisons. De la part de Philip K. Dick, vous avez largement mieux qui est proposé. Et de la part de l'autre auteur, je n'ai encore rien lu, et j'espère lire mieux. Un roman qui peut se lire, quand on a vraiment plus rien d'autres, sinon je vous recommande de passer allègrement votre chemin et de vous rabattre sur d'autres livres de science-fiction bien plus intéressant.

(Chronique n°214)

samedi 3 janvier 2015

Substance Mort (Philippe K. Dick)

Il est de certains livres comme de certaines drogues, on veut en reprendre toujours un peu plus, mais au final, la dose de drogue qu'on aura absorbé en premier sera toujours la plus forte et la plus intense, en s'y replongeant on n'y retrouvera jamais le trip d'origine, celui qui nous a fait planer jusqu'au delà des sphères du tangible et du réel. C'est quelque chose qu'on ne peut décrire, qu'on ne peut expliquer, ce qu'on a vécu, on ne peut que se le rappeler dans tout son corps, dans tout son esprit. Et ensuite, essayer de le décrire, c'est encore plus difficile.
Philip K. Dick est un de ces auteurs là, qui vous laisse un gout en bouche au final, qui ne vous laisse qu'une envie, celle de replonger dans un de ses livres au plus vite. Comment pourrais-je vous en parler ensuite ?


Résumé en trois mots : Drogue, Police et Réalité

Philip K. Dick est un personnage vraiment à part dans la science-fiction. Il aurait vécu au XIXème siècle, il aurait eu l'âme d'un Baudelaire opiomane, ou de ces écrivains qui dissèquent les vicissitudes de l'âme humaine. Car oui, l'âme humaine est remplie de tourments et de changements. L'âme humaine est loin de la stabilité.
Car encore une fois, c'est des interrogations métaphysiques qui viennent se greffer sur un roman de science-fiction qui n'a en soi rien de banal. Il est clair que Philip K. Dick est un auteur majestueux, qui possède des dons d'écriture et d'invention remarquable, mais qui possède en outre une capacité à glisser de la philosophie partout. Ce roman est encore une fois la démonstration magistrale de cet auteur pourri de talent.

Ce qui est fascinant, c'est qu'après plusieurs histoires de Philipe K Dick, je retrouve encore cet inventivité débordante que j'avais déjà noté dans ses autres ouvrages. Je pourrais juste lui reprocher l'absence de personnages féminins, la plupart des romans n'en contenant véritablement qu'un seul, mais dans un grand rôle, ce roman ne fait pas exception. Pour le reste, nous retrouvons des personnages torturés, qui se posent de multiples questions et qui sont toujours dans le doute quant à ce qu'ils vivent, ce qu'ils sont et quel est le vrai autour d'eux. Là encore, nous retrouvons des thématiques liées à la drogue, mais plus directement encore que celles de Le dieu venu du Centaure, puisque c'est vraiment l'infiltration des milieux de la drogue par la police qui est au coeur du livre. Et s'ajoute également la thématique autour de la double personnalité, puisque le policier infiltré commence à avoir des problèmes entre ses deux vies mêlées, tout en parlant également du moment où la drogue rend les camés flippés. Quand la drogue t'as eu, comme elle en a eu d'autre ...

Ce serait impossible de décrire tout les sujets du livre, tant il y en a, entre univers de la drogue et vies ratés, amour et haine, personnages en tout genre, ajouts de science-fiction et univers policier ... Mais le plus impressionnant à mon avis, et encore une fois, c'est la façon dont Philip K. Dick nous sort un final en beauté. Comprenez par là qu'il va non seulement vous remettre en cause ce que vous saviez auparavant, vous dévoiler quelque chose que vous ne pensiez pas, mais se permettre en sus, par une phrase presque anodine, vous glisser une réflexion morale et profonde sur la drogue, bien loin des clichés qu'on pourrait avoir. En soi, la fin m'a rappelé un autre livre (que je ne citerais pas pour ne pas vous spoiler ce magnifique twist) et j'ai été sur le cul au niveau de la réflexion, mais surtout quand j'ai compris le véritable titre du livre (qui devient, du coup, un titre sujet à de nombreuses interprétations).
Dois-je vraiment finir en disant à quel point l'histoire est impeccable, en suivant ce pauvre policier qui se perd dans sa vie et bientôt dans sa tête à devoir se poursuivre lui-même et à essayer de ne pas finir fou ? Ce serait en rajouter pour pas grand chose.


Dans les livres de cet auteur, je placerais Substance Mort dans le haut du panier, et même dans le top 3 directement. De ce que j'ai lu, on y retrouve le foisonnement d'interrogation et de sujets que j'affectionne tant, l'histoire qui tient la route d'un bout à l'autre et qui sait se jouer de nous en prenant des directions que l'on ne voudrait pas voir prises. Mais la réalité est cruelle, comme nous la rappelle la dédicace finale, et le monde de la drogue est bien plus dur qu'on ne voudrait nous le faire croire. Surtout quand on songe à ce qui est dit à la fin. Une façon de boucler la boucle qui est glaçante mais tellement ouverte aux interrogations. Un must-have à lire. Pour l'instant, je le considère dans mon coeur comme l'un des meilleurs de Philip K. Dick, et je pense bien ne pas finir là-dessus avec cet auteur. J'aborde seulement les grands ouvrages de lui, et je crois que je vais plonger le plus profond possible. Lisez-le, lisez-le, lisez-le. Ce sont les trois seuls conseils que je peux vous donner à son propos.

(Chronique n°212)

dimanche 1 juin 2014

La vérité avant-dernière (Philippe K. Dick)

Un autre Philippe K. Dick, car je n'ai pas énormément avancé sur la bibliographie de cet auteur cette année. Je me rattrape autant que je peux en lisant quelque uns des livres que j'ai a disposition, avant de passer à trois grosses saga de fantasy. Dès que j'ai fini celles de science-fiction, et ça ne tardera plus. Bref, je me suis plongé dans ce Philippe K. Dick, voulant tester encore un moins connu et réputé avant d'attaquer des grosses pointures (Le maitre du Haut-Château et Ubik notamment). Résultat, un petit livre dévoré en un rien de temps, et une confirmation de certains talents de Philippe K. Dick.


Résumé en trois mots : Guerre, Pouvoir et Vérités

Le roman s'ouvre très bien, se continue de façon surprenante et se conclue d'une manière très ouverte. Je dois reconnaitre à l'auteur que sur trois romans de lu, les trois avaient une fin très ouverte, permettant de se faire ses propres conclusions, tout en apportant une réponse aux questions qui étaient soulevés. Ici encore, le récit se clôt sans s'achever, ou l'inverse.
C'est une histoire qui sent bien les années de peur nucléaire, lorsque la mort semblait vouloir fondre sur les habitants de la Terre sous forme de bombes de plusieurs méga-tonnes. C'est une peur qui nous est un peu passée au-dessus actuellement face aux problèmes environnementaux, mais c'est assez bien fait pour que ce ne soit pas la seule problématique au centre du livre. Je note d'ailleurs aussi les robots, qui, après toutes les lectures de Asimov enchainées, font assez pâle figure.

Mais le reste m'a beaucoup intrigué, avec tout ce qui se déroule progressivement, sans qu'on ne sache véritablement où tout cela va nous mener, oscillant comme d'habitude entre des rêves réalistes et une réalité faussées. C'est un monde qui est toujours entre la vérité et le faux, le faux crée et celui qui est provoqué, celui qui arrive tout seul et celui qui se révèle impossible à détecter. Philippe K. Dick a vraiment une façon de nous faire comprendre comme la perception de notre monde est limité, et sa façon de l'écrire s'en ressent vraiment. Les personnages sont superbes (quoique tous masculins) avec tout ces doutes entre eux, sur eux, sur les autres et sur le monde. Finalement personne ne sait quelle sera la réalité à la fin, pas même le lecteur, et tout est laissé aux interprétations.

Pour mon troisième Philippe K. Dick, j'ai l'impression de confirmer le style et l'ambiance de l'auteur, avec tout ce que j'avais déjà aimé dans les deux autres récits. Celui-ci, sans se hisser au niveau de Le dieu venu du Centaure, reste tout de même dans une honnête moyenne et se hisse au rang de Message de Frolix 8, avec ce côté social des hommes qui se gèrent mal, mais également d'une réalité toujours à la limite du perceptible. Un beau mélange des genres, qui m'a plu et me plait encore. C'est une autre facette de la science-fiction, bien campée et qui nous entraine dans un univers superbe. Je me plongerai avec plaisir dans la suite des histoires de cet auteur, qui commence à faire son chemin dans ma bibliothèque.

(Chronique n°188)

lundi 6 janvier 2014

Message de Frolix 8 (Philippe K. Dick)

Encore un Dick, mais j'ai surtout lu parce qu'un de mes colocs me l'avait prêté au début de l'année et que ça commençait à faire long. Alors je me suis dépêché de lire les deux derniers en ma possession, et je dois avouer que je l'ai avalé en une soirée et une matinée.


Résumé en trois mots : Espace, Dictature et Résistance

En fait les trois mots de résumés vont vous donner grosso modo les trois trames du roman, car ce roman entremêle plusieurs histoires pour vous faire ressortir les points de vues différents. C'est assez amusant de voir comment Dick mêle alors les conceptions de chacun pour en dégager d'autres trames. C'est aussi un bon roman de suspense, parce que je n'avais absolument pas la moindre idée de la façon dont tout ce bazar allait finir, et j'ai été assez surpris de voir l'auteur s'arrêter là où il l'a fait.

A part ça, le style est toujours bon, et j'ai beaucoup aimé le lire. Ça se lit vite, le découpage est excellent, les chapitres s'enchainent sans temps mort, et les idées qui sont présentés comme base du monde sont très sympathique, j'ai beaucoup aimé la façon dont on comprend progressivement sans que l'auteur ne prenne vraiment le temps de faire une mise au point pour qu'on dégrossisse l'ensemble. C'est au fur et à mesure qu'on assimile les bases du monde. Comme quoi, pas la peine de prendre les lecteurs pour des idiots, ils comprennent tout seul.

Apparemment l'auteur n'était pas satisfait de son roman, et je dois avouer que s'il n'atteint pas les sommets de l'autre que j'ai lu, il reste bon. J'ai aimé le lire, et s'il n'est pas le plus immanquable que j'ai lu en science-fiction, il est aussi bon que d'autres.

C'est un petit roman sympathique, sans prétention extravagante, qui est divertissant et enrichissant, il permet de lire sans prise de tête en proposant un monde original dans lequel on se plonge volontiers. C'est une belle lecture que j'ai eu et j'espère en avoir encore d'autre de l'auteur.

(Chronique n°118)

mardi 15 octobre 2013

Le dieu venu du Centaure (Philippe K. Dick)

Un de mes colocs m'a aimablement prêté quatre Philippe K. Dick lorsqu'il appris que je lisais tout le temps (et vite en plus). C'est donc avec une main un peu forcée que je me suis retrouvé à lire cet auteur, bien que j'ai Ubick sur ma PAL* depuis ... un moment (trois mois minimum). Plongé dedans lors de voyages en train (un des moments où je lis le mieux), je n'ai pas vu le temps passer ni les pages s'enfiler. Ça va vite quand on aime ce qu'on lit ! Et là, j'ai retrouvé la vraie science-fiction, la bonne, celle qui me plait décidément énormément. Pourquoi diable ? Et bien, je vais vous le dire tout de suite.



Résumé en trois mots : Délires, Mars et Drogue

Donc, voici mon premier Philippe K. Dick ! (ça fait plaisir d'agrandir la section SF de ma bibliothèque de vrais livres de SF par des vrais et grands auteurs de SF). Je connaissais surtout les adaptations de ses livres sur divers supports et notamment en film (Blade Runner, Total Recall -celui avec Schwartzy- etc ...). Là, j'ai attaqué directement avec une de ses œuvres que je n'avais jamais connu, dont je n'avais jamais entendu parler. Au moins on démarre sur des bases saines. De tout ça, qu'en ai-je retiré ?
avec ses yeux artificiels, son bras mécaniques. Et son aura de mystère. Qui est-il ? Comment Léo va-t-il
Connaissant de Philippe K. Dick uniquement les adaptations en long métrages, je n'ai pas été déçu de retrouver les mêmes ambiances que j'ai eu dans ses livres : des personnages qui tiennent la route et qui semblent véritablement construit (et pas juste esquissé), des intrigues qui évoluent franchement entre le début et la fin, de la science-fiction, des situations vraiment futuristes et pas forcément très différentes de ce qu'on peut trouver de nos jours (notamment autour de la représentation de l'ONU ...), et bien évidemment une bonne dose de réflexion. Ici elle sera tournée autour de nombreux points : une réflexion sur Dieu et sur la foi (mais de manière vraiment subtile, c'est impressionnant), sur la vie, la possibilité de la changer, le contact avec d'autres espèces, etc ... Des monceaux de détails dans le livre qui nous invitent à réfléchir sur plusieurs aspects qu'on ne pensait pas en ouvrant le livre. Sans compter que la galerie de personnage à de quoi étonner, sans qu'on trouve de personnage héroïque.

Le tout est enrobé par un style d'écriture qui est bon, mais je ne l'ai pas trouvé incroyablement percutant. Je suis sorti assez facilement de ma lecture, mais j'étais tout de même pris par le rythme. Et j'avoue que j'ai adoré le style, qui est restée incroyablement frais malgré son âge. Les préoccupations sont encore totalement d'actualités (peut-être encore plus), et j'ai beaucoup aimé les questions qui sont posées. Car Philippe K. Dick ne donnera aucune réponse, il fera que soulever les questions, et c'est encore plus subtil de sa part. Surtout quand on voit comme c'est concentré. Sans même parler de toute les questions qu'on se pose à la fin (dans le même genre que la fin de Total Recall ou Blade Runner : finalement, il est ou non ?). Bref, dans l'ensemble c'est une excellente histoire que j'ai lu, et j'ai été charmé.


Pour mon premier Philippe K. Dick, c'est jackpot complet. L'histoire m'a plu, et énormément plu même. Le style est bon, les personnages sont très bien trouvés. L'intrigue, les questionnements, les retournements de situations, tout est bien mis en place et vous surprendra. Il est totalement impossible de prédire quoi que ce soit dans ce livre. Le suspense est d'ailleurs maintenu par le caractère des personnes, très changeant mais toujours en phase avec le personnage. Bref, tout est bon, du début à la fin, et invite largement à plusieurs considérations, tout d'abord sur le futur, mais aussi très largement sur notre présent. Une telle invitation ne se refuse pas, et à mon avis cet auteur doit être lu par tout fan de science-fiction ou tout lecteur en général. C'est un très grand roman, et je pense un très grand auteur. Je vous le redirais quand j'aurais fini le reste.

* PAL : Pile A Lire. Terme pour bibliophile qui achètent plus vite qu'ils ne lisent. J'en suis un excellent exemple

(Chronique n°79)