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samedi 9 mai 2015

Victimes et bourreaux (anthologie présentée par Stephien Nicot)

De retour des Imaginales de l'année passée, duquel j'ai ramené Atomic Bomb et une dédicace de Fabrice Colin (dans un livre que je n'ai toujours pas lu d'ailleurs ...), un ami a rapporté une petite pile de livre qu'il continue encore de lire actuellement, et notamment trois anthologies de ce festival, compilations de nouvelles selon un thème donné par des auteurs présent lors dudit festival. J'ai attaqué celle-ci rapidement, pour pouvoir lui rendre le plus tôt possible (je déteste garder des livres qu'on m'a prêté pendant trop longtemps). Et j'avoue, j'ai été bien plus accroché que je ne pensais.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Fantasy et Mémoire

Si je met le terme Mémoire, c'est que cette notion intervenait dans plusieurs nouvelles au final, et j'ai trouvé cela curieux, la façon de lier le thème "Victimes et bourreaux" avec la notion de mémoire, notion que je ne juge pas toujours à sa juste valeur, mais qui rentre assez bien en adéquation avec ce thème, il faut le confesser.

L'anthologie est assez disparate, et je ne pourrais résumer mon sentiment en un seul bloc, étant donné que les nouvelles varient du tout au tout et que je n'ai pas été charmé par toutes, mais je dois avouer que l'ensemble est très intéressant, ne serait-ce que pour découvrir des auteurs que vous n'avez jamais lu. Ici, j'en connaissais deux, dont un que je m'étais juré de ne pas relire un jour, mais qui m'a au final plus intéressé que je ne l'aurais pensé.
En tant que tel, plusieurs auteurs m'ont laissés froid, notamment celui de la deuxième nouvelle qui a fait quelque chose d'ultra-classique et dispensable, qui ne m'a pas intéressé un seul instant, mais d'autres par le simple fait que l'univers qu'elles présentaient n'était pas à mon gout, sans pour autant remettre en cause la qualité des nouvelles.
J'ai d'ailleurs retrouvé avec plaisir Jaworski pour une nouvelle sur les nains qui m'a beaucoup intéressé et que j'ai apprécié jusqu'au bout. Par contre, j'ai été soufflé par une nouvelle venue de Nathalie Dau, parfaitement bien mise en place dans le sujet, et superbe jusqu'au final. Une petite perle que j'ai trouvé extraordinaire et qui m'encourage à me pencher sur la littérature de cette auteur. D'autant que son style était plaisant.

Je n'avais encore jamais lu d'anthologie, c'est à présent chose faite, et je comprend parfaitement l'intérêt de ce genre d'ouvrage où l'on picore les nouvelles sans jamais être écoeuré ou découragé, chacun venant avec sa patte et son style, son univers et sa façon de mettre en scène le sujet. Une anthologie qui m'a beaucoup plu quoique je ne la qualifierai pas de géniale, mais qui me donne envie de me pencher sur les deux autres en ma possession. A lire pour découvrir des auteurs !

(Chronique n°271)

vendredi 27 mars 2015

Coulez mes larmes, dit le policier (Philip K. Dick)

Je viens de finir ce livre que j'ai déniché en occasion et que je me suis attaché à lire pour me changer les idées de mauvaises nouvelles qui venaient de tomber. C'était l'avant-dernier livre de l'auteur en ma possession, et j'avais entendu parler de lui de différentes façons, chacune s'accordant sur un côté très important de cette oeuvre au sein de la bibliographie de Philip K. Dick. Cela a bien sur titillé ma curiosité, et je ne me suis pas fait prier pour le lire, ce qui fut fait rapidement avec ces larges périodes horaires dont je dispose actuellement.


Résumé en trois mots : Réalité, Drogue et Célébrité

Un drôle de livre, très dérangeant et assez atypique. Dans l'univers de Philip K. Dick, la réalité est toujours autre, trouble et distordue, mais ici, l'histoire est clair et limpide au final. Tout est expliqué et tout est compréhensible. Pour un lecteur habitué à l'auteur, c'est curieux. Il contient même un postface qui donne la trame que poursuivent les personnages après le roman. J'ai cependant été bien plus surpris par la tournure que prenait ce livre.

L'histoire est celle d'un présentateur télé qui se réveille un jour en étant inconnu du monde entier. Personne ne sait qui il est, nul ne se souvient de lui et même la police ne dispose plus d'un seul fichier le concernant. Alors que le monde est un gigantesque état policier bureaucratique. Donc dangereux pour quiconque se retrouve démuni d'identité du jour au lendemain.
Ce roman est très curieux, en deux parties qui se joignent vers le milieu du livre, mais c'est également un roman où le héros n'est pas clairement identifié. Alors que l'appareil bureaucratique et la pression de la police désigne l'Etat et l'autorité comme "méchant" de l'histoire, je dois avouer que le héros est loin d'être tout blanc et me semble souvent être un fieffé connard. De même, cette police omniprésente dans l'esprit est bien plus relâché et normale qu'on pourrait le penser. Pas de toute puissance qui intervient n'importe comment, seulement des hommes normaux qui font leurs boulots et s'y tiennent.

Ce roman est curieux, enchainement de tableaux et de situations variées, parfois superbes, notamment une scène finale dans une station-service, mais également très sombres, au personnages torturés, psychotiques et parfois aux frontières de la folie. Certains sont totalement normaux et sont rapidement submergés par ce qui leur arrive, mais les autres sont pris dans des filets qui les entrainent toujours plus loin.
Je parle des personnages car c'est eux qui sont centraux, avec leurs interrogations, leurs motivations, leurs vision du monde. Tout est autour d'eux et de leurs rapports, les rapports humains. Entre des humains génétiquement supérieur, des humains déshumanisés. Tout est dérangeant dans ce livre, et la frontière brouillé de la réalité est une fois de plus un élément central.
Mais cette fois-ci, moins d'interrogation sur la "vraie" réalité. Plutôt une conception de l'homme quelque soit la réalité. Qu'importe ce qui est vrai, comment agissons-nous en humain dedans ?


Ce roman comporte bon nombre d'interrogation, et je ne pourrais en tirer l'ensemble. Il me faudra le relire, essayer d'en extraire tout le contenu, et la tâche ne sera pas facile. Rien n'est limpide, rien n'est offert gratuitement. Il faut fouiller pour extraire chaque idée. Mais quelles idées ... C'est confus encore dans ma tête, et j'aime ça.

Un roman qui tranche assez avec ce que j'ai déjà lu de Philip K. Dick. Moins de spontanéité, moins de folie, plus d'introspection. C'est très rentré, les personnages sont au centre d'une oeuvre qui pose de nombreuses questions et dont les réponses ne sont pas clair. C'est a la fois très intense à lire, et curieusement dérangeant. Quelque chose s'en dégage, quelque chose que j'ai du mal à cerner mais qui me fait encore m'interroger sur cette oeuvre décalée. Si je vous la conseille, je peux aussi vous dire que c'est quelque chose de neuf. A lire, pour essayer de comprendre.

(Chronique n°251)

lundi 6 janvier 2014

Message de Frolix 8 (Philippe K. Dick)

Encore un Dick, mais j'ai surtout lu parce qu'un de mes colocs me l'avait prêté au début de l'année et que ça commençait à faire long. Alors je me suis dépêché de lire les deux derniers en ma possession, et je dois avouer que je l'ai avalé en une soirée et une matinée.


Résumé en trois mots : Espace, Dictature et Résistance

En fait les trois mots de résumés vont vous donner grosso modo les trois trames du roman, car ce roman entremêle plusieurs histoires pour vous faire ressortir les points de vues différents. C'est assez amusant de voir comment Dick mêle alors les conceptions de chacun pour en dégager d'autres trames. C'est aussi un bon roman de suspense, parce que je n'avais absolument pas la moindre idée de la façon dont tout ce bazar allait finir, et j'ai été assez surpris de voir l'auteur s'arrêter là où il l'a fait.

A part ça, le style est toujours bon, et j'ai beaucoup aimé le lire. Ça se lit vite, le découpage est excellent, les chapitres s'enchainent sans temps mort, et les idées qui sont présentés comme base du monde sont très sympathique, j'ai beaucoup aimé la façon dont on comprend progressivement sans que l'auteur ne prenne vraiment le temps de faire une mise au point pour qu'on dégrossisse l'ensemble. C'est au fur et à mesure qu'on assimile les bases du monde. Comme quoi, pas la peine de prendre les lecteurs pour des idiots, ils comprennent tout seul.

Apparemment l'auteur n'était pas satisfait de son roman, et je dois avouer que s'il n'atteint pas les sommets de l'autre que j'ai lu, il reste bon. J'ai aimé le lire, et s'il n'est pas le plus immanquable que j'ai lu en science-fiction, il est aussi bon que d'autres.

C'est un petit roman sympathique, sans prétention extravagante, qui est divertissant et enrichissant, il permet de lire sans prise de tête en proposant un monde original dans lequel on se plonge volontiers. C'est une belle lecture que j'ai eu et j'espère en avoir encore d'autre de l'auteur.

(Chronique n°118)

jeudi 12 septembre 2013

Des milliards de tapis de cheveux (Andreas Eschbach)

Ce livre a atterrit dans mes mains par pur hasard. J'ai surtout remarqué l'édition (les J'ai Lu, qui font des sublimes ouvrages il faut l'avouer), et un autre détail m'a tiqué sur la couverture. L'auteur était allemand, et il semblait que ce soit de la science-fiction. Je me suis alors décidé à le prendre, ne connaissant pas du tout la science-fiction à l'allemande. Je me suis décidé à le lire après le dernier Gemmell, et là .... Je vous explique :


Résumé en trois mots : Tapis, Empire et Univers

Ce livre, je l'ai dévoré en deux soirs, avalant les pages comme des petits gâteaux, et le finissant sur un énorme sourire au lèvres. Je dois dire que j'ai rarement eu ce sentiment en fermant un livre de science-fiction, celui d'avoir lu quelque chose de génial, de vraiment neuf. Un coup d'oeil sur l'histoire vous permettra de comprendre un peu.
Le livre est divisé en chapitres, et en fait il pourrait presque s'agir d'un recueil de nouvelles centrées sur des thèmes communs, un peu dans le genre de Demain les chiens, mais de façon beaucoup plus maitrisé

Chaque chapitre aborde un autre point de vue. En tant que tel, il n'y a pas de héros, puisque vous allez changer de point de vue à chaque fois, oscillant entre les tisserands, le peuple qui les entoure, les vaisseaux qui arrivent, les personnes dans l'espace. Et le tout, comme la trame serré des tapis de cheveux, se mêle sans qu'on s'en rende compte. En fait, même, je dirais qu'on ne repère le motif du tapis que véritablement à la fin. A la toute fin ! Et d'une manière plutôt inattendue.

Le récit est très disparate, et il vous perdra plus d'une fois. La ballade entre les chapitres et les personnes est quelque peu déroutante, puisque vous allez perdre plusieurs fois le fil d'une histoire pour vous tourner vers une autre qui se situe bien ailleurs. En fait l'auteur va vous promener en permanence sans que vous ne sachiez la destinée finale. Du coup, certains chapitres sont vraiment pénibles à lire, puisque vous n'avez aucune idée de son intérêt et de sa cohérence avec le reste du récit. Lorsque vous avez enfin fini le dernier chapitre seulement, tout se met en place de façon cohérente. C'est à ce moment là qu'on se rend compte que l'auteur nous avait entrainé sans que l'on s'en rende compte, dans une histoire très nuancée.

Le propos du récit est très centré autour de la figure de l'empereur, d'un personnage mythique, d'une figure autoritaire absolue, et de tout ce qui peut se greffer autour (notamment le culte de la personnalité), sans compter quelques piques sur la politique et la sociologie. Tout le livre est fait de personnages en demi ton, et de nuances très différentes, lorsque l'on voit les choses d'un côté ou de l'autre. Aucun personnage n'est suffisamment présent pour que l'on puisse parler de héros, et les morts sont nombreuses. Sans compter que la réalité qui nous est présentée sera très changeante .... Je vous laisse découvrir tout cela dans ce livre qui vaut à mon avis le détour.

Un récit assez atypique mais que j'ai trouvé très bon pour ma part, avec plusieurs histoires entremêlés que l'on finit par comprendre, des thématiques abordées d'une très bonne façon, assez peu classique, et qui m'ont beaucoup étonnées notamment sur la fin. Avec en plus une lecture très fluide et des passages très beaux qui flirtent un peu avec la poésie. Et une fin qui surprendra à mon avis plus d'une personne par sa nature, très spéciale. Je ne peux que vous recommander de le lire pour vous faire votre propre avis, mais je trouve que la science-fiction à l'allemande s'en sort bien pour un premier roman exporté.

(Chronique n°64)

Cinquième ! J'avance doucement