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dimanche 29 mars 2015

Les enfants du froid (Jack London)

Qui dit fin du mois dit salaire, qui dit salaire en été dit solde, qui dit soldes et livres dit : gros achats (c'est la bonne période même si ce n'est pas soldé. Pour les livres, c'est toujours la bonne période) et c'est ainsi que je me suis retrouvé à acheter quelques Jack London supplémentaire, mais je commence à voir la fin du tunnel et les principaux livres sont bientôt en ma possession. Ne manque plus que les secondaires et j'attaque le rebut. Bref, je me suis laissé aller à lire quelques nouvelles, puis finalement à dévorer tout le livre. C'est du London, alors pourquoi laisser trainer ?


Résumé en trois mots : Indiens, Ruée vers l'or et Homme blanc

Cette fois-ci, toutes les nouvelles auront le même point de vue, ou presque. En effet, Jack London à écrit un recueil du point de vue (ou presque) des indiens d'Amérique du Nord, mais vraiment du Nord. Ceux d'Alaska ou du Canada.

Ce recueil est peut-être un des moins bons de ceux que j'ai lu de Jack London (j'en ai mal d'écrire cette phrase ...), quand bien même certaines nouvelles sont très biens. Mais aucune n'est véritablement excellente, et je n'en ai pas tiré grand chose au final, au point que j'ai du relire le livre pour pouvoir faire cette chronique. Ce sont des histoires parfois sympathiques, souvent peu intéressantes, et j'ai bien l'impression que l'homme blanc y est toujours présenté en supérieur de l'indien, quoique celui-ci est souvent diminué par son quotidien et son environnement. Mais tout de même, on sent parfois un certain propos qui les discrimine (a raison peut-être, je ne sais pas). En tout cas j'ai trouvé ça dérangeant.

Le reste est toujours comme du London, un bon style, une écriture fluide et prenante, des surprises dans la narration. Mais le reste ne suit pas tellement, et c'est dommage. J'aurais aimé trouver quelque chose de plus consistant, on ne m'a servi que des amuses-bouches.

Un livre que je ne recommanderai pas forcément. Avec tout ce que Jack London a écrit, je comprend que tout ne peut pas être bon, mais j'ai été déçu de la tournure que cela prenait. Je n'ai pas eu de vrai coup de coeur pour une nouvelle, et je ne m'en rappelle plus de beaucoup. Un recueil qui m'est passé un peu par-dessus la tête. J'ai trop lu de bons livres de l'auteur pour me contenter maintenant de ça. Dommage.

(Chronique n°252)

mercredi 11 mars 2015

Parole d'homme (Jack London)

Autre livre qui se retrouva dans ma main sans que je ne le remarque vraiment. Et puis, un Jack London de plus ne peut jamais faire de mal, non ? Surtout qu'il ne m'en reste plus que deux autres à lire, alors autant en prendre un nouveau. Sauf que je l'ai finalement lu en très peu de temps, sans vraiment prendre le temps de savourer les six ou septs nouvelles du recueil, mais en même temps c'est tellement bon qu'on en reprendrait bien encore un petit morceau.


Résumé en trois mots : Froid, Yukon et Indiens

Encore une fois, London prend pour cadre ce grand nord qu'il n'aura visité qu'une seule année dans sa vie, mais qui l'aura inspiré pour plusieurs dizaines de livres. Ici encore les nouvelles vont nous présenter toutes ces gueules du grand nord, entre indiens éloignés de la civilisations, hommes rudes et durs, tricheurs et voleurs, mais aussi des hommes au bon cœur, ou simplement malchanceux. Tout ce monde qui se croise et s'entrecroise sur les terres gelées du grand nord ...

Voila un très bon recueil de nouvelles ! Celles-ci ont ce fameux suspense qui se dénoue dans le dernier paragraphe, laissant à chaque fois la nouvelle se conclure de façon plus ou moins tragique, sans que le bonheur ne soit jamais vraiment présent. Entre celle qui donne son nom au recueil (une merveille de tragédie simple), celle qui s'intitule Mille douzaine d'oeufs (une pure merveille d'acharnement), l'histoire d'un chien horrible et de son maitre qui ne l'est pas moins ...
Le talent de Jack London se manifeste encore une fois dans sa capacité phénoménale à se réinventer. Les histoires ne ressemblent à rien de ce que j'avais déjà lu, et j'ai encore une fois été émerveillé, à la fois par son talent de narrateur, d'inventeur, mais également son talent à croquer les hommes sous toutes leurs formes. Et toujours à me propulser dans le grand nord en quelques lignes, là où le froid règne en maitre absolu.

Je retiendrais seulement une critique, que je ne sais toujours pas formuler exactement : la façon dont Jack London décrit les femmes et les indiens. Après de nombreuses lectures, je dirais que le point de vue dessus est franchement ambiguë. Je ne sais trop comment le prendre, et ça me déroute un peu. Du coup, je laisse passer pour me concentrer sur le reste.

Un excellent recueil de nouvelles, encore une fois, et si toutes ne sont pas égales, sur les sept du recueil, au moins quatre sont vraiment excellentes, ce qui m'incite fortement à vous le conseiller, car c'est d'un niveau toujours élevé et l'auteur ne cesse de m'émerveiller. Jack London est sans conteste un des plus grands auteurs américains d'aventure, mais je pense même qu'il se classe dans la catégorie des meilleurs auteurs tout court, et sa littérature prolifique n'a pas fini de me dévoiler tout ses charmes. Lisez-en, c'est si bon mais comment résister ?

(Chronique n°243)

jeudi 5 juin 2014

La fille de la nuit (Jack London)

Encore un recueil de nouvelles, histoire d'avoir de quoi lire tranquillement entre deux livres, lorsque je n'avais pas assez faim pour un roman, et je me suis évidemment tourné vers un auteur que j'affectionne, afin d'être sur de vouloir le lire. C'est pourquoi je suis retourné du côté de San Francisco, dans la fameuse ville de London, celle qu'il a tant aimé, voir une petite brochette d'humanité telle qu'il sait si bien le présenter. Et me voila embarqué pour quelques nouvelles.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Humanité et Nature

Soyons honnête, Jack London m'a semblé bien faible dans ce recueil, en comparaison de tout ce que j'ai déjà lu de tellement bien dans sa bibliographie. En même temps, avec tout ce qu'il écrivit en si peu de temps, il y a obligatoirement des moments moins réussis. Et ce livre en compile une petite partie.

En fait, sur l'ensemble du recueil aucune nouvelle n'est spécialement marquante. On y retrouve de nombreux thèmes cher à Jack London, notamment dans le paysage qui est dessinée ou dans le côté social des hommes qui vivent entre eux, la représentation de la femme et le côté sauvage des humains. C'est à nouveau bien tourné, mais j'ai trouvé la plupart des nouvelles anecdotiques, bien écrit certes, mais qui ne sont pas dans une veine inoubliable. Par rapport à d'autres, elles sont moyennes.

Un recueil de nouvelles qui n'est pas dans le haut du panier par rapport à l'auteur. Il a déjà fait largement mieux, c'est certain, mais l'ensemble reste d'un bon niveau, sans que l'on puisse parler de chef-d’œuvre. Pour ma part, c'est une petite déception sur un tel auteur, que j'affectionne tant. Je m'en remettrais en lisant les prochains ouvrages de ma liste, et je pense que c'est pour dans peu de temps.

(Chronique n°190)

mardi 22 avril 2014

La route (Jack London)

En route, partie 2/3

Encore un Jack London, mais j'ai acheté une bonne partie de ses livres dans cette collection qui les a tous réédité, une aubaine pour moi. En plus on a le droit à des photos de l'auteur sous tous les angles. Mais surtout c'est une excellente excuse pour lire encore cet auteur fabuleux, et découvrir d'autre talents que simplement des nouvelles et des contes de l'Alaska ou des mers du sud. Là, c'est de l'autobiographie, qui va nous faire rencontrer en direct la vie trépidante d'un auteur hors du commun. Et qu'en ressort-il ?


Résumé en trois mots : Trains, vagabondage et Autobiographie

L'auteur nous entraine dans ses premières aventures à travers l'Amérique, alors qu'il est tout jeune homme de 18 ans, déjà formé aux lourds travaux de la marine et des taches ingrates. Et ce jeune homme va partir, vagabonder, "bruler le dur", se former au contact du peuple en vadrouille, essuyant une crise économique, et devenant progressivement l'homme qu'il est.
Le livre est écrit d'une manière complètement déconstruite, c'est plus un aperçu général de ces années de vagabondage plus qu'un récit chronologique, ce qui fait qu'on se promène souvent à gauche, à droite, en avant et en arrière, se promenant dans tout les États-Unis. En fait, London nous explique la vie de vagabondage en plusieurs points, chaque fois en prenant pour exemple sa propre expérience, alors qu'il écrit douze ans plus tard. Du fait, l'auteur livre un récit qui s'excuse parfois envers des personnes qu'il a croisé, ou s'interrogeant sur leur devenir. C'est plus un récit qu'un véritable travail de mémoire. L'auteur nous raconte ses souvenirs et les commentent, nous informant de ce qui s'est passé et parfois de ce qu'il en pense maintenant.

Le ton du livre est réaliste, encore une fois, et sans concession. Jack London ne se glorifie pas et ne se dénigre pas. Il raconte ce qu'il a vécu, en bien ou en mal, sans chercher à se mettre en valeur. Il s'indigne, il se révolte contre certains comportement, mais il ne fait pas plus. C'est ce que j'ai adoré dans ma lecture. Outre la représentation de l'Amérique en crise économique, des vagabonds (dont une autre version se retrouve dans les livres de Steinbeck), mais aussi de l'homme, encore une fois, sociale ou bestiale, bon ou mauvais. Les deux s'affrontent, dans un duel sans vainqueur. London nous dépeint une humanité qui peut être très vite transformée en monstruosité, tout en montrant des beaux côtés.

Une lecture très intéressante, qui se fait à la fois chronique sociale, autobiographie et aperçu historique, riche en informations sur une période et sur une façon d'être, le vagabondage, que choisissent beaucoup de jeunes. Une très belle découverte pour ma part, notamment parce que la lecture éclaire plus sur les convictions de Jack London. En regardant sa vie, on comprend mieux ses choix et ses aspirations. Bref, une lecture encore une fois prenante, et toujours intéressante de cet auteur.

(Chronique n°170)

mardi 8 avril 2014

Radieuse Aurore (Jack London)

Curieusement, j'ai l'impression que les livres de Jack London peuvent fonctionner par doublon, deux facettes exploitant le même sujet. C'est notamment le cas de Croc Blanc et L'appel de la forêt, qui sont intéressant à mettre en rapport, et au cours de ma lecture de ce livre je me suis dit qu'il s'agissait de l'autre facette du livre Martin Eden, avec une construction miroir pour exploiter le thème autrement. C'est curieux comme sentiment, mais je vais tenter de l'expliquer.


Résumé en trois mots : Argent, Amour et Homme

Jack London nous développe ici une sorte de frère jumeau de Martin Eden, en le faisant vivre une histoire presque inverse. Ici tout commence par l'acquisition de richesse dans le grand nord. Puis le jeu de la finance à San Francisco. Et enfin, la découverte de l'amour. Le portrait du personnage principal est quasiment celui de Martien Eden, grand, costaud, enjoué et dynamique, mais pour autant Radieuse Aurore (car c'est son nom) n'est pas du tout attiré par la littérature, et il se préoccupe uniquement du jeu. Puis de l'amour.
La construction de l'histoire est un miroir de Martin Eden, mais tout le propos du livre est tout l'inverse. Ici, Radieuse Aurore va connaitre la rédemption et s'assagir. Et il y aurait tant de choses à dire.

Cela dit, j'ai trouvé le livre un poil en dessous de Martin Eden, qui m'avait bien plus plu par la critique envolée d'un monde littéraire. Ici la dénonciation des magnats de l'argent et des magouilles capitalistes, malheureusement, c'est un sujet connu. Du coup, il m'a semblé que c'était un peu moins original.
Cela dit, tout reste excellent. Le style, parfait dans la première partie du grand nord, avec toujours cette nature sauvage et ces hommes âpres, puis la deuxième partie, dans le San Francisco de Jack London, dans sa ville, et ses capitalistes, les magouilles de la finance et les déboires d'un jeune riche. Mais aussi dans les collines qui l'entourent, dans la beauté des paysages environnants, dans le contact de la nature belle et apaisante. Et sur tout ça se lève une Radieuse Aurore.

Excellent livre, encore une fois, d'un auteur qui n'est largement plus à prouver. Un grand nom et une belle plume pour ce récit encore une fois réussi. Jack London nous prouve sans cesse la réussite de ses écrits, leurs forces morales et sociales. Les dénonciations ne manquent pas, mais tout le reste est aussi présent, à la fois différent et identique à ce qu'on trouve dans d'autres livres. Un style d'écriture dont je ne peux plus me passer et qui est diablement intéressant. A lire, comme un bon écrit de Jack London.

(Chronique n°164)

vendredi 4 avril 2014

Le peuple d'en bas (Jack London)

Encore un Jack London, certes (et j'en ai encore en réserve), mais qui va explorer une autre facette du personnage. En effet, je vous parlerais cette fois-ci de l'auteur socialement engagé et qui nous a pondu un petit chef-d’œuvre de sociologie et d'Histoire (eh ou, à présent cette aspect là de la vie appartiens à l'histoire ... Tant mieux pour eux d'ailleurs). Je précise d'ailleurs au passage que ce livre est aussi appelé, selon le traducteur, Le peuple de l'abime. Dans les deux cas, le sujet est le même, et ce n'est pas beau à lire.


Résumé en trois mots : Pauvreté, Social et Londres

Livre engagé socialement, mais surtout chronique de la vie de pauvres gens, cet ouvrage de London est résolument ancré dans sa vie d'observateur du monde. Ici, les bas-fonds d'un Londres en pleine période "dorée", dans une Angleterre maitresse d'un empire énorme, au innombrables richesses et à l'activité industrielle florissante quoique ayant connu déjà un choc économique. Et dans cette Angleterre là, sortant juste de l'époque victorienne pour rentrer dans celle edouardienne, Jack London va se travestir pour explorer par lui-même ce qu'il appelle "L'Abime", l'endroit où échouent les pauvres, les déshérités, les indigents de la société anglaise. Et c'est glaçant.
A la fois portrait de la vie londonienne pour ces pauvres gens, constatations sur la misère (ce qu'il dit sur la survie au jour le jour de ces gens est valable dans nos pays aujourd'hui aussi), critique d'un système (et d'une société), critique d'un comportement, tout y est. C'est aussi le journal d'une plongée dans ce monde, un monde que London n'arrive pas à concevoir jusqu'au bout. Plus d'une fois il nous explique que cela va trop loin pour lui en montrant ce qu'il a fait au final (comme se laver après avoir du se "laver" dans un centre). C'est une triple lecture, à la fois chronique de l'auteur, chronique sociale et chronique historique. Une superbe densité qui marque.

Tout l'intérêt que l'on peut avoir, outre l'aspect historique, c'est le fameux intérêt de comprendre la pauvreté, ses mécanismes et ses tenants-aboutissants. Et de comparer avec aujourd'hui. Ce qui fait la force de ce livre traitant de la pauvreté, c'est qu'il traite de sujets toujours d'actualité. Je ne vous conseillerai que d'ouvrir les yeux en ville. L'abime n'est pas si loin de nous qu'on le pense.

Un excellent roman, tableau d'une triste réalité du début de XXème siècle, c'est également une peinture saisissante de la pauvreté en général, de ses mécanismes et de ses composants. Chronique d'un auteur s'engageant dans le processus pour essayer d'en parler (journalisme gonzo avant l'heure ...) et nous laissant face à l'horreur de ce qui est vécue. Plus d'une fois j'ai pensé qu'un sadique n'aurait pas put inventer quelque chose comme cela. Et, cerise sur le gâteau, London nous parle au final de socialisme. Et ça, croyez-moi, ça s'entend de loin quand il l'exprime à sa façon. A lire, ne serait-ce que pour être amené à réfléchir sur les situations actuelles.

(Chronique n°162)

Petit extrait pour réfléchir :

"La civilisation a rendu possible toutes les formes du confort matériel, et beaucoup de joies intellectuelles. Mais l'Anglais moyen est exclu de ces joies. S'il doit éternellement en être privé, je dis que la civilisation a failli à sa mission."

"Cela nous amène à poser une troisième et inévitable question : "Si la civilisation a augmenté le pouvoir de production de l'individu moyen, pourquoi n'a-t-elle pas amélioré le sort de l'individu ?" A cette question, une seule réponse est possible : à cause d'une mauvaise gestion."

vendredi 7 février 2014

Fils du soleil (Jack London)

Lecture Jack London, partie 5/5


Encore un recueil de nouvelles de Jack London, que j'ai lu en une journée. Ce type sait être prenant, il n'y a aucun doute là dessus. Cette fois-ci, nous quittons le grand nord canadien (dommage ...) pour aller dans une partie de la vie de Jack London qui n'est pas non plus sans intérêt : le Pacifique et les îles du sud !

Résumé en trois mots : Océan, Navires et Hommes

En fait le livre est un recueil de nouvelles qui tournent autour du même héros, celui affiché en couverture, qui est appelé Fils-du-soleil mais qui est en fait nommé Grief. Ce héros, riche, parcourt les mers sur ses bateaux, et au gré des étapes des aventures surviennent. Notamment dans les îles, avec la rencontre des indigènes, mais surtout des blancs, fléau constant dans les nouvelles, et source de tout les maux.

Le style d'écriture est toujours pareil, prenant, dynamique, rythmé. Il est, cette fois-ci, enrichi de vocabulaire nautique, et plusieurs termes restent flou pour moi, je pense en particulier à la dernière histoire qui contient des éléments trop pointu, ce qui fait que je ne comprenais pas tout ce qui se passait dedans. Mais sinon, je dois dire que le reste est parfaitement clair.

Les histoires varient de thèmes, mais à chaque fois on sent que London oppose son héros, vertueux et droit, à d'autres modèles d'humains, blancs ou indigènes, qui ne sont que de la mauvaise graine. C'est une opposition très marquée, et chaque fois selon le style de l'histoire. J'avoue que je n'ai pas eu de préférence marquée pour l'une ou l'autre, mais elles sont toutes intéressantes. Notamment sur le monde qu'était le Pacifique en cette fin XIXème, début XXème. Les îles du Pacifique regorgent d'histoires.

Si ce n'est pas le meilleur recueil de Jack London, je trouve qu'on a le droit à de très belles histoires, encore une fois, qui nous dépaysent totalement et nous transportent dans un Pacifique que je ne connaissais pas, où les navires sont encore à voile et où les moteurs arrivent. Un Pacifique qui connait les blancs et les noirs, les autochtones et les migrants. Les hommes sont comme dans le grand nord de Jack London : sauvages et brutaux, ou au contraire droit et moraux. C'est deux humanités que London oppose encore une fois, et à nouveau la nature est là, brutale, violente, sauvage, mais belle. C'est un monde qui nous est présenté, le monde de London, dans lequel je me suis à nouveau plongé.

(Chronique n°134)

mercredi 18 décembre 2013

L'amour de la vie (Jack London)

Lecture Jack London, partie 4/5


Encore un Jack London, je n'ai pas résisté. Cet auteur est si puissant ...
Et encore, ce n'est rien, j'ai acheté dernièrement quatre livres de lui et j'en ai vu au moins cinq à acheter et lire encore. Le reste sera pour un petit peu plus tard. Et puis quel plaisir en cette saison bien froide de pouvoir lire tranquillement au chaud des nouvelles sur une température encore bien pire !

Résumé en trois mots : Le nord, sauvage et la harge


J'avoue que pour le dernier mot j'aurais presque mit le titre, tant c'est ce qu'on trouve dans l'ensemble des nouvelles. L'amour de la vie, tout simplement. Et c'est beau, mais beau ... Encore une fois, j'aurais du mal à lister tout ce que j'aime chez Jack London. Le style, vivant et brut de décoffrage, les personnages qui semblent taillés dans le bois des arbres qui les environnent, les situations qui sont toujours horribles, les façons de faire passer son message, la rage de vivre et l'amour de la vie qui transparait dans toutes les nouvelles. Jack London raconte le nord, le froid et la faim, la dureté de la vie et sa beauté, son état brut, primitif, débarrassé de tout ce qui encombre. C'est puissant et prenant.

Dans toutes les nouvelles, on suit ce nord, même sans y être, cette communication entre les êtres, blancs, indiens, animaux, et tout ce qui tourne autour de l'or, de ce sang jaune de la terre qu'ils sont venus arracher par milliers au sol gelé d'une terre dure. Et qui le rend plus dur encore. Ce sont des hommes qui réapprennent à être sauvage, qui se soumettent au condition les plus rudes mais subissent bien pire intérieurement. C'est sauvage et dur.

Je ne peux que vous recommander de le lire. C'est moins simpliste que dans le recueil Le fils du loup, mais c'est tout aussi froid, dur et sauvage. C'est la terre du nord, les hommes du nord et la vie du nord, dans l'environnement du nord. Par dessus, c'est London, sa puissance et sa force, son élégance et son style. Le recueil est à la hauteur de Construire un feu, c'est d'une beauté éblouissante. Je ne peux qu'admirer cet auteur. Il est pour moi l'un des meilleurs que je connaisse.

(Chronique n°110)

mardi 26 novembre 2013

Martin Eden (Jack London)

Lecture Jack London, suite (3/5)


Résumé en trois mots : Auteur, Social et critique

Non, pas d'introduction pour cette chronique.
Et pas de vrai chronique en fait.
Plutôt un assemblage de ce que j'ai ressenti par rapport à ce livre.

Jack London, je connaissais surtout pour ses livres d'aventures, Croc-Blanc, L'appel de la forêt, et autres petites nouvelles très réussies. Des romans que j'ai déjà dévorés mais que j'avais appréciés surtout comme des bons romans d'aventures, prenants et bien écrits, avec un fond intéressant sur la nature, la sauvagerie et autres choses de ce genre.
Mais là, c'est autre chose. Ce roman, c'est quelque chose de complètement différent. Très inspiré par sa propre vie dit-on (je ne sais pas si on doit s'y fier), l'histoire est celle d'un brave marin, Martin Eden, qui décide, par amour pour une femme, de s'instruire, de grandir en culture. Il commence à lire, à s'éduquer. Et commence aussi le récit en deux teintes, de sa réussite et de son échec, de son ascension et de sa chute. Un récit qui va suivre toute la vie de ce pauvre Martin Eden.

Je dois bien dire que j'ai rarement éprouvé un tel attachement à un personnage principal, et ce depuis un très long moment. Sans doute parce qu'il fait écho à beaucoup de choses en moi. Mais mon dieu ce que j'ai aimé. Il n'y a pas une phrase du livre que j'enlèverais, pas un atome que je contredirais. J'en suis si retourné que je me demande comment quelque chose pourra encore me sembler mieux écrit ensuite.
La raison de cette claque monumentale que je me suis prise en lisant tient en peu de choses : le sujet, qui m'a pris au tripes et m'a passionné avec une force .... Que je n'avais pas encore ressenti. Ou, si, je l'avais déjà ressenti, mais là elle a vraiment frappé dans son but. Et d'une manière violente. J'en suis encore retourné. C'était si extraordinaire à lire.

Le style de Jack London est ... merveilleux. La lecture est tellement fluide, j'ai été ailleurs, dans un autre monde sans m'en rendre compte. J'étais transporté, au-delà de mon propre corps, incapable de bouger voir d'aller boire un simple verre d'eau. Et puis, cette force narrative ... C'est un rugissement de l'écrivain qui transperce les pages, toute sa force, toute sa hargne, tout passe dans les mots. Le reflet total d'une pensée.
L'histoire est parfaite, sans que l'on ne puisse rien y changer (un cinéaste en changea la fin, la jugeant trop noire. C'est immonde, cette fin est aussi forte que le reste du récit) et qui va nous entrainer d'une manière subtile dans un rouage très connu de la littérature, sur les arrivistes, l'opportunité de changer de classe, le statut bâtard des personnes entre deux classes, mais aussi sur le milieu des écrivains, sur les penseurs, les philosophes, l'édition. Et sur l'amour. Quelle force London à mis dans son récit pour que l'amour transperce chaque page, qu'on vibre avec notre narrateur dans cette passion qui le consume. Et quelle cruauté le héros subira sans broncher, toute la bêtise et la haine de l'homme, son ignorance et sa crasse. Personne n'est épargné, bourgeois, ouvrier, penseur, critiques, commerçants, tous sont plongés jusqu'au cou dans leurs ignorances crasses, dans leurs saleté cognitive.

Et ce livre reçoit un parfait écho actuel, lorsqu'on entend des centaines de gens parler de livres qu'ils n'ont pas lu, se déclarer savant sans connaitre la moindre théories dont ils parlent, sans même essayer, ce qui est plus grave, de combler leurs lacunes. Hommes politiques, journalistes, présentateurs télés, professeurs, boutiquiers, écrivains, tout ceux qui écrivent sans savoir sont déjà représentés dans ce livre vieux de cent ans. Ces dictateurs de l'esprit qui n'en possèdent pas un atome. Quelle retentissement par rapport à notre monde, dans lequel la majorité se complait d'une couche mince de savoir et qui ne recherche jamais à en avoir un peu plus, toujours plus. Pas par curiosité, pas par devoir, pas par intellectualisme. Mais par amour, par envie, par plaisir, pour se savoir plus cultivé, pour comprendre, pour aller plus loin.

Je ne parlerais pas plus là-dessus, tant il y a aurait a dire, mais quelle beauté, quelle force se dégage de ce livre. On est pris dedans dès les premiers mots et ce jusqu'au bout, jusqu'à la dernière ligne. Des allégories en pagaille, des coups dans toutes les faces, le héros charismatique à souhait va nous balader dans une vie trépidante qui ne bougera quasiment pas d'une pièce minuscule qu'est sa chambre. Car tout est un combat intérieur. Une grosse claque dans la gueule, et qui m'a retourné plus que jamais.


Lisez-le. C'est du Zola, c'est du Balzac, c'est du Maupassant, c'est de la poésie et de la satire, de la chronique sociale et de l'amour, de la haine et de l'abattement, du découragement et de la volonté. Ça prend au tripes, ça vous laisse un gout amer une fois fini. C'est puissant, c'est fort, ça frappe au bon endroit, ça parle en connaissant la chose. C'est parfait.

(Chronique n°99)

dimanche 24 novembre 2013

Construire un feu (Jack London)

Lecture Jack London, suite (2/5)


Dernier recueil de nouvelles de l'auteur que je possédais (nb : en fait l'avant dernier finalement), je l'ai lu sur les conseils d'un professeur de français que j'ai croisé dans un stage de théâtre. Il m'avait parlé de cette histoire curieuse d'un homme qui doit construire un feu dans la solitude glacée du Klondike. Et j'ai finalement acheté le recueil après la lecture de Martin Eden, replongeant dans du London jusqu'au cou, mais me rendant aussi compte que cet auteur fut prolifique et qu'il me reste encore beaucoup à lire. Cela sera pour plus tard, en attendant voici ce que j'ai tiré de son recueil.

Résumé en trois mots : Solitude, Klondike et Sauvage

J'ai lu ce recueil très vite, je m'en suis rendu compte lorsqu'il était fini entre mes mains. Il contient en tout 6 nouvelles et la première version de la nouvelle qui donne son titre au recueil. S'ajoute en plus une très longue préface d'un auteur que je ne connais pas (Kenneth White), et que je n'ai pas lu lorsque j'ai remarqué qu'il faisait exactement ce que je déteste dans une introduction : éventer absolument toutes les nouvelles (du coup je me suis gardé le suspense et je ne l'ai pas lu). Quand Gaiman fait une introduction pour introduire l’œuvre, son contexte et son écriture, oui ! Surtout qu'il ne dévoile rien. Mais là, notre brave chroniqueur nous donne des clés de compréhension, et bien évidemment cela déflore l'histoire.

En dehors de ce détail d'édition (qui est très facilement évité), qu'avons nous derrière ? Sept nouvelles qui continuent la lignée de ce qu'il y avait déjà dans Le fils du loup mais d'une façon différente et se concentrant sur d'autres thématiques. En fait je dirais presque que le recueil offre cette fois-ci un fond plus solide dans ses écrits, ceux-ci donnant plus à réfléchir. Les thématiques varient et les métaphores commencent à devenir plus ciselées. En tant que tel, Jack London à évolué de style et les nouvelles me semblent pour la plupart plus mature. Ce n'est pas encore l'auteur de Martin Eden que l'on a, mais les nouvelles ne sont plus seulement des portraits d'hommes sauvages et violents des contrées du nord.

Le recueil s'ouvre sur un récit sympathique mais un peu plus anecdotique qu'est Perdu-la-face. Le récit est assez surprenant puisqu'on ne comprend pas le titre avant la fin et qu'il est bien trouvé. D'ailleurs le ton est assez tourné vers l'humour noir quand on songe au point de vue adopté.
Il continue avec Mission de confiance, une histoire qui fleure plus le sociale. La course qui est présente dans le roman à deux points de vue. D'un côté les paysages et le pays traversé, toutes les rivières ou les endroits connus (notamment ce fameux Chilkoot Pass), mais aussi la quête de cet homme lié par une amitié qu'il veut honorer, le poussant à transporter un lourd colis dont il ne sait rien. La fin laisse songeur est je crois qu'il faudrait encore que je presse un peu cette nouvelle pour en extraire tout le suc.

La nouvelle qui suit est celle qui donne son titre au recueil, et celle qui m'a paru la plus impressionnante. London va nous en faire le récit à la fois de l'ignorance et la bêtise d'un homme, mais aussi de l'homme face à une nature violente et sauvage, impitoyable. Et également d'une leçon sur la vie en générale. Mais je ne peux que faire là des interprétations rapides et pas très poussées. Je ne vous recommande que la lecture, c'est incroyablement prenant comme d'habitude.

Ce sacré Spot une histoire plus légère et là encore la nouvelle va concentrer tout sur la fin, puisque l'on s'attend à découvrir la raison de la première phrase. Mais l'humour est beaucoup plus présent et le cadre est moins le nord froid que les relations avec les chiens de traineaux, animaux qui apparaissent souvent dans l’œuvre de London.

Braise-d'or, une nouvelle étrange qui m'a laissé un gout doux amer en bouche, à la fois par son côté fataliste et assez sombre mais en même temps grotesque, présentant quelques facilités qui s'estompent devant le sujet, très grave au final. Ce n'est pas une nouvelle humoristique mais il y a tout les ingrédients pour. Le mélange final est curieux et à mon avis assez dérangeant.

La disparition de Marcus O'Brien, une nouvelle qui m'a fait rire car elle va nous présenter une histoire qui prend au dernier moment une direction complètement inconnue. C'est d'autant plus amusant qu'on ne s'y attend pas du tout, bien que le titre nous prévienne. Un peu plus légère, elle aborde précisément le sujet de l'alcool.

Et enfin la dernière, Le bon sens de Porportuk, une nouvelle avec laquelle j'ai eu beaucoup de questions. Est-elle positive ou négative, je ne sais pas. En tout cas elle est troublante, puisque je me demandais au final qui était véritablement le héros de la nouvelle, et la fin m'a laissé pantois. J'avoue que c'est assez rare de lire une fin comme celle-ci, qui finit par nous faire repenser le reste mais en même temps qui nous laisse un sacré gout d'amertume. Je n'ai pas trop d'idée de comment l'aborder, mais elle m'a franchement troublé.

A tout cela s'ajoute les qualités classiques de Jack London, à savoir : une bonne plume qui fait que l'on est pris rapidement dans l'histoire, un dynamisme d'écriture et une narration fluide, des descriptions qui donnent l'impression d'être plongé dans les paysages, des personnages curieux, sortes d'hommes redevenus plus sauvages et plus farouche, mais aussi humains même si cela ne transparait pas toujours, des femmes fortes et indépendantes, jouant avec les hommes, et des relations avec les indiens mitigés. Parfois héros, parfois ennemis, ils n'ont pas un visage unique et semblent aussi bien bons que mauvais, comme tout un chacun dans les nouvelles de London.


Ce recueil est vraiment réussi, London réussissant à faire des nouvelles à caractère souvent originale, prenant des voies que je ne pensais pas tout de suite, mais également humoristique, face que je ne lui connaissait pas mais dans laquelle il sait se débrouiller. Les histoires développent en prime des arrières propos qui ne sont pas inintéressant et plusieurs belles métaphores. L'homme face à une nature sauvage laisse progressivement place à l'homme face à d'autres hommes, mais aussi et surtout face à lui-même. Comme si les neiges du grand silence blanc reflétait ces âmes parties chercher fortune en terre inhospitalière. Un recueil bien intéressant donc, et je le recommande à la lecture.

(Chronique n°98)

vendredi 15 novembre 2013

Le fils du loup (Jack London)

Lecture Jack London, première partie (1/5)

Encore un recueil de nouvelles de cet auteur que j'affectionne tout particulièrement, et je pensais la coupler avec une autre chronique avant de remarquer qu'en fait, je n'ai pas écrit l'autre. Du coup, c'est juste parfait, je peux commenter le livre dans son ensemble. Car il s'agit d'un nouveau recueil de nouvelles de ce fabuleux auteur qu'est Jack London. J'avais dévoré plus jeune son fameux livre Croc-Blanc et L'appel de la forêt, et j'ai maintenant lu quelques autres livres dans une veine plus adulte (dont l'extraordinaire Martin Eden), mais ici l'auteur est encore dans ses fameuses nouvelles sur le grand nord canadien, dans ces contrées glaciales et peu peuplées qui connurent la ruée vers l'or à la fin du XIX ème siècle. C'est dans cet espace glacé, presque désert et très sauvage que prennent place ces six nouvelles.

Résumé en trois mots : indiens, Klondike et froid

Le recueil contient six nouvelles, et il semblerait que ce soit les six premières qu'ai écrit Jack London, son premier livre publié en fait. Ce qui se ressent d'ailleurs un peu dans la forme et surtout dans le fond, qui est moins épais que ce qu'on retrouve dans un autre recueil qui arrivera dès demain. En attendant, voici les première six nouvelles de cet auteur talentueux qu'est Jack London.
D'entrée de jeu, London nous introduit dans une histoire où les indiens n'ont pas le beau rôle (ce qui est assez fréquent avec lui d'ailleurs), mais dans lequel l'homme blanc n'est pas exempt de défaut non plus, même si c'est lui qui gagne. Une histoire sympathique mais assez anecdotique.
Heureusement que le recueil continue avec du meilleur, d'abord L'homme à la balafre, qui est une nouvelle sur l'avarisme et sur la paranoïa, certes un brin moralisateur et un peu simplette, mais qui sait être efficace.

Arrive ensuite La grande interrogation qui nous entraine dans une histoire d'amour plutôt peu courante, entre un pionnier et un ancien amour qui revient le voir. J'ai été assez surpris par le ton de l'histoire, qui est mélange deux genres, pour finir sur une fin qui donne matière a réfléchir. L'homme représenté est curieusement à la fois sympathique et en même temps un peu antipathique. En le lisant j'ai trouvé la nouvelle très curieuse, mais j'ai beaucoup aimé.

S'ensuit une nouvelle excellente, Le grand silence blanc, qui se place dans cette fameuse neige, lorsque les hommes passent en traineaux dedans, leurs chiens épuisés, leurs vivres de même, trainant leurs jambes dans le froid et tout les dangers. Dont un auquel il ne sont pas préparés. Le récit fait la part à cette étendue de neige énorme, au silence de l'hiver du Yukon, à toute cette nature oppressante alors qu'elle rayonne de beauté et à l'homme qui est perdu, pion minuscule au milieu, se croyant tout maitriser et dominer la terre. Une fin qui est d'ailleurs superbe.

Ensuite vient la nouvelle que j'ai adoré, à savoir Au bout de l'arc-en-ciel, nouvelle dont je n'ai pas compris le titre, mais qui nous offre une histoire très intéressante. Elle nous montre d'une excellente façon la précarité de la situation de ces hommes, dans les années 1997/1998, entre ruée vers l'or et combat contre eux même. Cette nouvelle a une dimension fataliste mais en même temps très curieusement belle. A mon avis la meilleure du livre.

Enfin la nouvelle se conclut sur une plus longue, Une odyssée au Klondike, l'histoire d'un pauvre homme. Là encore nous verrons des indiens, mais cette fois-ci ceux du nord, les Inuits. L'histoire est racontée en partie par un Inuit, et nous allons avoir le droit à un beau voyage mais aussi une drôle de moral sur les amérindiens et l'arrivée des européens. Je ne sais pas si Jack London avait la vérité au bout de sa plume, mais il m'a troublé car nous sommes bien loin du cliché habituel tellement répandu par chez nous (à savoir l'homme blanc qui vient et prend tout). Mais le voyage vaut déjà le détour, avec tout ces tours que fera notre personnage dans le monde, allant jusqu'en Sibérie par amour. Une belle tragédie qui nous est livrée pour conclure ce récit, et là encore une très belle chute.

Au final j'ai beaucoup aimé ce récit, assez intéressant et qui contient de belles pépites même si tout n'est pas dans le meilleur de ce qu'a fait Jack London. Je dirais qu'on sent un manque de maturité dans certaines nouvelles, qui ont déjà le rythme, l'écriture, la mise en scène, mais dans lesquelles manquent encore un peu de fond. Il faut dire aussi que c'est sa première publication mais qu'elle n'est pas dénudée de charme. London sait nous raconter des superbes récits sur le grand nord, et ne boudons pas notre plaisir, ils sont prenants. A lire, pour frissonner dans les plaines blanches et glacées, pour voir des hommes redevenir plus sauvages, aller au bout de leur limite dans le grand silence blanc.

(Chronique n°94)