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dimanche 23 février 2014

Le chacal de Nar (John Marco)

J'ai remarqué dans ma liste de lecture de l'année que la fantasy était très peu présente. Et j'ai noté dans ma pile qu'il me restait encore pas mal de livres édités Bragelonne que je n'ai toujours pas lu depuis leurs achats en ... Juillet dernier, c'est bien ça ! Bref, pour faire un peu diminuer cette grosse PAL (en fait, depuis la découverte de la librairie d'occasion, ma PAL est entièrement faite de livres de poches, alors que là elle est constituée de livres grand format), j'ai attaqué ceux qui me semblaient les meilleurs. Ensuite, il restera ceux de SF à lire aussi. Des charmants soirées en perspective.


Résumé en trois mots : Invasion, Guerre et Responsabilité

Je dois bien le dire, ce fut un peu long à lire. En fait, si le livre commence bien et contient plusieurs très bonnes idées, la suite se dégrade pour finir dans une bouille que je déteste. Je vais essayer de clarifier mon propos.

En fait le livre explore la piste des romans de fantasy qui essaye d'ajouter de la profondeur politique entre divers royaumes et des personnages qui doivent essayer de comprendre tout ça. Seulement, là, je dois bien dire : c'est un soufflé qui retombe. En fait, l'auteur a mis dans son livre des détails qui tuent le récit et l'alourdissent complètement. Le premier concerne le héros. En fait, il est le modèle type du héros : vertueux, poli, courtois, gentil, fort, beau, .... Et implicitement, chiant. Au fur et à mesure de l'avancée de ma lecture, j'ai commencé à ne plus le supporter, vers la fin il devient juste insupportable. Pire qu'un boy-scout. Pourtant le départ annonçait un héros qui évoluerait, voir même qui serait plus noir qu'il ne semble. Mais non. Et c'est pas mieux pour certains autres personnages qui ne sont que vertus, opposés à d'autres n'étant que méchanceté. S'ajoute aussi un problème récurrent : aucune explication géographique (on a une carte, c'est vrai), notamment dans le fait que certains peuples portent des noms n'ayant aucun rapport avec le lieu où ils vivent. Je me suis emmêlé au début, ne sachant pas si c'était des humains ou d'autres créatures.
Et le pire des défauts dans un livre de fantasy : l'histoire d'amour pire qu'un film romantique. Là, je dois quand même dire que le gars plaque sa vie et son royaume pour une fille qu'il n'a vue que 2 jours. 2 jours un an auparavant ! Merde quoi, ça fait pas crédible ! Et je ne vous raconte pas ce qu'il se passe ensuite, je me demandais parfois si on était vraiment dans un roman qui se veut adulte. Ok, c'est un premier roman, mais faut pas déconner non plus.

Cela dit, il y a des bonnes idées, des personnages intéressant (que j'attends de voir développés) et des situations qui ne seraient pas mal du tout dans un contexte plus étoffé (quand on ne passe pas le 2/3 de la deuxième partie du livre sur des histoires d'amour inintéressante !). Et puis il y a un peu trop de batailles (dans lesquels le héros survit toujours, bien évidemment, on est pas dans le trône de fer), et des développements largement trop rapide (allez, on bricole une amitié en moins d'une semaine, on joue sur les clichés). Enfin, dernier point, des bases trop classiques (opposition magie/science, technologie d'un côté, barbare de l'autre, monde sauvage et domestiqué ...). En fait, si je partais sur une impression positive, j'ai vite déchanté et j'ai eu un développement tellement classique que s'en devint ennuyeux.

Ce tome n'est que le premier d'une trilogie mais il ne m'a pas du tout donné envie de lire la suite, tant j'ai trouvé le développement classique. Aucun retournement spectaculaire, rien que du convenu dès la moitié du roman jusqu'à la fin. Mais le reste ... C'est plat. Et je ne vous parle pas du méchant qui nous est présenté, tellement caricatural que c'en est risible. Je n'ai vraiment pas apprécié ma lecture, alors que sur le papier le concept pourrait très bien donner. Mais bon, faut bien avouer, c'est décevant. Peut-être était-ce trop ambitieux pour un premier roman, mais je ne pense pas lire la suite des aventures de ce héros.

(Chronique n°142)

 

lundi 11 novembre 2013

Les chemins de Katmandou (Barjavel)


Et oui, encore un Barjavel ! Mais que voulez-vous, quand on aime un auteur on en lit, non ? Et puis j'ai vu cette couverture, je me suis dit que j'aimais l'auteur, que le sujet m'intéressais au plus haut point, que je n'avais qu'un euro cinquante à perdre et qu'en plus Barjavel écrit bien. Alors j'ai pris, j'ai lu, j'ai dévoré. Donc, l'un dans l'autre, j'ai bien fait.

Résumé en trois mots : Amour, société et Mai 68

Ce livre est vraiment saisissant, et pour de nombreuses raisons. En essayant d'être objectif, il est extrèmement bien fait. Déjà, Barjavel s'accorde ici à faire dans le plus strict réalisme, ce qui change un peu des autres romans que j'avais lu, dans lesquels la science-fiction prenait plus de place. Ensuite, si son thème de prédilection qu'est l'amour est encore bien présent, il passe allègrement au second plan de l'histoire pour laisser place à d'autres aspects. Ajoutons encore que le roman fait une belle part à la critique sociale virulente. Clarifions un peu tout cela, pour que vous compreniez.

Ce roman à été écrit dans l'année 1969. Pour ceux qui ne voient pas tout de suite, c'est exactement après Mai 68, et si je dis ça ce n'est pas anodin. En fait, ce roman synthétise pour moi Mai 68. L'ensemble est très lucide sur la situation réelle en cette période, autant sur la mentalité des jeunes, les raisons de cette révolution, la mentalité des adultes, le déroulement de cette révolution, les idées qui s'ensuivirent, la façon dont les gens s'approprièrent cette idée. Le propos est vraiment clair et le fait que ce soit une fiction n'empêche pas Barjavel d'avoir un regard aiguisé dessus (si on se renseigne sur Mai 68 c'est assez proche de ce qu'il écrit).

Mais comme dit, le roman est aussi une superbe satire sociale. En prenant des personnages épars, elle montre de quelle façon tout le monde était aussi stupide que les autres dans cette société des années 60. Barjavel se permet de critiquer tout le monde, autant les héros, que les parents, les adultes, les dirigeants, les jeunes, tout le monde. Comme si personne n'était vraiment lucide sur ce qu'il se passait, et que personne ne se comprenait surtout. C'est un manque de compréhension générale, chacun reste dans son coin avec ses idées sans chercher à regarder ailleurs

Nul n'est parfait, et au fur et à mesure de la lecture on se rend compte que l'on fait peut-être encore fausse route. Barjavel a réussi à me captiver dans un roman toujours aussi bien écrit et qui m'a séduit. Ses thèmes de prédilection sont à nouveau là, mais si bien mis en scène. Que peut on réellement reprocher à ce livre ?

(Chronique n°92)