Affichage des articles dont le libellé est tragédie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est tragédie. Afficher tous les articles

vendredi 26 juin 2015

Fantômes et farfouilles (Fredric Brown)

J’avais déjà eu l’occasion de lire deux livres de Frédéric Brown, et cet auteur m’avait beaucoup plu par sa patte très subtile dans la science-fiction, usant de codes ultra-classique du genre pour mieux les détourner au profit d’un humour détonnant et rudement efficace. Ce recueil m’intéressait donc, comme tant d’autres livres, mais c’est une amie qui m’a donné envie de le lire en me le conseillant très fortement. Suite à quoi je suis tombé dessus dans les bacs d’occasions (stand maudit, tu auras ma peau !), et l’achat s’est fait juste avant la lecture, qui fut d’une rapidité étonnante.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Humour et Tragique

Cet auteur n’est pas seulement un champion de l’humour et de la 
nouvelle, c’est également un auteur incroyable dans l’art de la micro-nouvelle, genre de nouvelles n’excédant jamais une page et demi, voir deux maximum (format de poche). Un genre de texte qui s’apparente presque à la blague à chute, tant la concision est de mise pour obtenir un effet percutant. Et, curieusement, ça marche du tonnerre !

L’auteur est excellent, car ses micro-nouvelles s’enchainent par dizaines sans qu’on ne lâche un seul instant de ces petites histoires rapides dont la chute et mordante, et bien souvent très drôle. Mais pas que. Là où l’auteur fait encore plus fort (et l’éditeur en les compilant de cette manière), c’est que lorsque vous lisez le texte, les nouvelles humoristiques sont espacés de temps à autre par des nouvelles au ton bien plus tragiques. Cependant, alors que le style ne change pas, on ne se rend pas compte de la différence tant que la nouvelle ne parvient pas à son terme. Et c’est là un art subtil et délicat  qui est exécuté d’une main de maitre. L’auteur nous entraine à chaque fois dans un petit moment de vie, sans qu’on ne se doute d’une fin amusante ou tragique, la chute seulement pouvant nous éclairer. Et c’est sublime, car lorsque l’on tombe dans le piège, on croit avoir compris le truc. Mais rien n’y fait, l’auteur nous surprend à nouveau au détour d’une nouvelle.

J’ai adoré cette forme de nouvelle, très très courte, mais appétissante, comme une petite sucrerie entre deux repas de livres. La lecture fut plaisante et d’une vitesse hallucinante, le style aidant beaucoup. C’est toujours agréable de lire ce genre de choses, de temps en temps, pour se poser gentiment, déguster deux trois pages et repartir sur un livre plus conséquent ensuite. Une pause agréable, dans un univers d’une drôlerie implacable, avec un auteur que je commence à apprécier de plus en plus. Sans aller jusqu’a chercher de nouveaux ouvrages de sa part, je serais ravi de tomber à nouveau sur lui au détour d’un rayon d’occasion !



Excellent livre, excellent style, excellent humour. C’est un recueil parfait, comme j’aimerai pouvoir en lire plus, bourré de talent et d’inventivité, où l’auteur laisse libre cours à son imagination fertile pour nous pondre humour et policier dans un style vif et incisif. Pas un bout de gras jusqu’au final tranchant, et c’est si bon à déguster. Je recommande à tout le monde, car Frederic Brown est un auteur à découvrir, et ce recueil est vraiment excellent.

(Chronique n°286)

jeudi 11 juin 2015

Hamlet - Othello - MacBeth (Shakespeare)

Enfin, enfin, enfin j'ai lu ces trois pièces de Shakespeare ! Enfin j'ai lu ces fameuses pièces légendaires qui sont la base même de cet auteur grandiose, adulé et encore joué tout les jours, cet homme qui a défini la littérature anglaise auquel il a désormais donné son nom. Aujourd'hui, à l'instar de la langue de Molière, la langue anglaise est devenue la langue de Shakespeare. Alors en tant que grand lecteur, je me devais de lire au moins une fois dans ma vie des pièces de cet auteur, et ajouter ce glorieux nom à la longue liste qui parsème les étagères de la fière et vaillante roulotte.
Aujourd'hui, camarade, Shakespeare entre dans la roulotte aux livres !


Résumé en trois mots : Tragédies, Familles et Vengeance

Je crois qu'on ne peut pas mieux résumer ces trois pièces qu'en disant qu'il s'agit de trois tragédies de familles, et que la vengeance est le thème centrale des trois oeuvres. Si j'avais déjà eu l'occasion de lire Hamlet dans une autre anthologie, les autres étaient pour moi complètement inconnus et je ne connaissais que de nom avec quelques petites informations sur leurs déroulement. En fait, je dois dire que la plus grosse source d'information que j'ai eu sur MacBeth venait de Trois soeurcières, qui m'a permis de prendre conscience du potentiel que je ratais.

Le point que je retrouve dans ces deux pièces et qui m'avait déjà percuté dans les trois autres pièces que j'ai lu de l'auteur, c'est la propension aux histoires fortes. MacBeth tout comme Othello proposent des thèmes fort et des histoires qui sont dramatiques, aux enjeux colossaux. Entre la destruction d'un couple et de la vie d'une personne dans Othello à la vie que va s'imposer MacBeth pour donner raison à une prophétie entendue, ce sont toutes les vies des protagonistes qui sont remises en cause dans des périodes de trouble, et puisque le drame et là, il y aura des morts.

Ces deux pièces sont passionnantes à lire, à la fois pour leurs procédés dramatiques qui sont fatalistes, là fin nous étant courue d'avance, mais surtout parce que les personnages sont sublimes. Othello doit tout, à mes yeux, au personnage de Iago qui donne tout le sel à la pièce, éclipsant même le personnage principal qui donne son nom à la pièce ! De même, MacBeth et sa femme sont passionnant à découvrir, parce qu'il sont conduits par un oracle sans se reposer une seule seconde sur leur bon sens, conduisant tout un peuple à la ruine. C'est beau et puissant, mais également pathétique et parfois même ridicule, mais de celui qui tue au final.

Deux pièces extraordinaires, que j'ai pris un grand plaisir à lire. Shakespeare m'a étonné encore une fois, et je serais ravi de pouvoir lire à présent ses fameuses comédie qui m'ont l'air du même acabit. C'est toujours enrichissant, autant sur les personnages que les situations, les dialogues et les dénouements. Tragique, certes, mais grandiose et épique également. La traduction n'enlève rien au charme et je comprend maintenant l'accueil qui est réservé aux oeuvres de Shakespeare en temps normal. C'est effectivement un genre de littérature qu'il faut avoir lu un jour dans sa vie, car elle marque et l'on se rend compte à la lecture la dimension de l'auteur. Un géant, qui compte de si passionnantes histoires.

(Chronique n°282)

dimanche 7 juin 2015

Lorenzaccio, On ne badine pas avec l'amour et autre pièces (Alfred de Musset)

J'ai remarqué récemment que je n'avais pas lu ce petit pavé qui faisait de l'oeil dans ma PAL, et pour me dire que je lis du théâtre (enfin !) tout en ajoutant un auteur dit "classique" à mon répertoire, ce qui n'est pas non plus pour me déplaire. Et puis, j'avais envie de découvrir Musset, que je ne connaissais véritablement que de nom, alors même que j'avais souvent entendu parler de son style littéraire et de cet auteur complet. C'est donc joyeusement que j'ai découvert un des plus grands auteurs français romantique du XIXème siècle.


Résumé en trois mots : Amour, Passions et Tragédies

Ce recueil contient : On ne badine pas avec l'amour, Lorenzaccio, Les caprices de Marianne, Le chandelier et Il ne faut jurer de rien. Curieusement, alors que l'estampille de comédie est présente sur quasiment toutes les pièces, seules les deux dernières sont réellement des comédies, les trois autres ayant plus l'aspect d'un drame. Et d'un drame bien cruel.

Pour mon premier contact avec Musset, je ressors avec des étoiles plein les yeux ! Et pour une première raison qui est suffisante à elle seule : le style. Quelle beauté dans la langue, la verve est magnifique et le texte résonne bien souvent comme une poésie. Un texte comme celui-ci vaut plus qu'on ne pourrait l'imaginer pour comprendre la beauté de la langue française, et c'est tout l'intérêt.

En dehors du simple aspect littéraire, ces textes tournent tous autour d'un même thème repris en tout sens : l'amour, ou la passion. Mais de façon subtile parfois, notamment dans Lorenzaccio, qui traite presque plus de politique que du reste, tout en contenant quelques petites perles de réflexion.
Ce qui est saisissant, c'est que Musset croque des portraits d'amours dans tout les sens : heureux, contrariés, violent, tendre, c'est toutes les formes qui sont présentés, et se finissant bien souvent de manière tragique pour l'un ou l'autre des protagonistes, parfois pour tous.

De manière globale, j'ai adoré ces pièces, qui contiennent des réflexions excellentes, et des pitchs bien différents mais tous étonnants dans leurs tournures, jusqu'au dénouement final qui est souvent marquant, notamment On ne badine pas avec l'amour, qui m'a rappelé La mouette dans sa dernière réplique. D'ailleurs, cet aspect est aussi bien présent, la cruauté dans les actions. Le jeu de l'amour est d'une cruauté sans pareil ici. Et quels personnages ! C'est presque indécent parfois.

Pour un premier contact avec l'auteur, j'ai largement été bluffé, il faut l'admettre. Sur les cinq pièces présentes dans le recueil, trois m'ont éblouies, et les deux autres m'ont émerveillés. Et surtout, la surprise fut au rendez-vous à chaque fois, mais également la beauté du langage et la poésie des tirades. Pour du théâtre, c'est en outre extrêmement bien lisible, et j'ai fini par me laisser bercer par le style sans même y prendre garde. Pour un peu, je dirais que je prend gout à lire du théâtre. Alors si vous avez l'occasion, tentez le coup, ça vaut la peine de faire l'effort. Et puis, quelle fierté ensuite d'avoir lu du Musset ! Un classique, mesdames et messieurs.

(Chronique n°280)

samedi 30 mai 2015

Richard III - Roméo & Juliette - Hamlet (Shakespeare)

Lu cette année, pour un cours qui nécessitait de lire l'intégralité de la pièce Richard III, sur laquelle nous allions travailler. Ce fut l'occasion sur moi de découvrir une facette de Shakespeare que je ne connaissais pas et dont je n'avais presque pas entendu parler, à savoir les pièces historiques de l'auteur. Et là, j'avoue que je suis tombé des nues. Mais c'est toujours intéressant de découvrir l'étendue de son ignorance. Car qui a vraiment lu ces fameuses trois pièces tellement jouées et vantées ?


Résumé en trois mots : Théâtre, Humanité et Différence

Je dirais que la différence est l'aspect qui permet le plus de recroiser ces trois pièces, mais je ne me risquerais pas à faire une analyse de ces pièces, de peur de me faire tuer par les experts de Shakespeare qui travaillent sur ces textes depuis des années. Pour toutes ces considérations, voyez leurs analyses quelque part dans les méandres du net.

Pour parler simplement, de lecture et de ressenti, j'ai adoré ces pièces, et plus précisément, je les classerais dans l'ordre inverse de celui noté sur la couverture. Pour une raison simple : la pièce Richard III est la plus inaccessible au lecteur lambda qui tente de lire du Shakespeare. Et que, malgré ma préférence pour les éditions qui évitent les annotations toutes les pages (comme souvent en Livre de poche), je dois reconnaitre que cette édition (par ailleurs très sympathique et très claire) est largement obscure, puisqu'elle reprend uniquement le texte de base et se contente de quelques explications littéraires. Mais rien n'explique véritablement certains aspects particulièrement obscurs du texte, et c'est a force de recherche patiente que j'ai fini par comprendre ce qu'il en ressortait. Car, il faut le dire, les liens entre personnages sont extrêmement obscurs et ne sont pas souvent expliqués (pour ainsi dire, jamais), alors qu'ils font une grande partie de la force de cette pièce, qui est au final une extraordinaire pièce qui contient de magnifiques choses, mais ce n'est jamais extrêmement bien clair si l'on n'a pas pris le temps de noter les noms complets de chaque personnages, les liens entre eux, la situation politique et les enjeux de chaque scène, qui ne sont généralement pas négligeables. Bref, un beau bordel qu'il faut comprendre avant même de lire la pièce, qui devient alors extrêmement intéressante et remplie de puissance, ou même de beauté. Un must-have, mais ô combien difficile à appréhender sans notions élémentaires.

La seconde pièce est peut-être la plus connu de Shakespeare, et sa fameuse histoire d'amants maudits dans la ville de Vérone. Si la pièce n'a plus a se faire un nom, il faut avouer que c'est très différent de le lire par rapport aux échos qu'on entend régulièrement. J'ai été très surpris de découvrir que ce légendaire couple était marié, par exemple, chose qu'on entend peu. Mais pour le reste, je n'ai pas eu de grande surprise par rapport à ce que je savais déjà, connaissant toute l'histoire et le déroulement, avec seulement une grande surprise sur le texte, qui est décidément un très beau langage, même dans la traduction (de François-Victor Hugo, très très bonne traduction). C'est toujours un régal de lire ce genre de beauté.

La dernière pièce, Hamlet, fut la véritable découverte en tant que tel, puisqu'il s'agit de la première lecture que je faisais de cette pièce dont je ne savais pas grand chose au final. C'est pourquoi j'ai adoré la lecture, qui fut très intéressante (et l'introduction ne dévoilant pas trop d'intrigue non plus, ce qui est fort agréable). Hamlet est-il fou ? C'est assez amusant comme cette simple question (qui est et restera sans réponse) change toute la pièce. Posez-vous la lors de votre lecture, et vous aurez une lecture bien différente des simples mots. Car, comme toute pièce, celle-ci peut-être ce qu'on veut. Et c'est intéressant de lire ce genre de choses avant, pour s"ouvrir l'esprit au maximum.
En dehors de ce simple fait, la pièce est diablement riche, mais aussi complexe. Entre les motivations et les faits qui se croisent, on est perpétuellement dans des drames humains qui ne peuvent que tendre vers un final sanglant dans lequel tout le monde sera mort. Et c'est effectivement le cas, comme d'autres oeuvres de Shakespeare. Mais quel texte, mes aïeux, quel texte !


Pour les trois plus célèbres pièces de Shakespeare, j'ai adoré ma lecture. Ces pièces sont légendaires, certes, mais leurs lecture est intéressante et à mon avis indispensable. Ce sont des fondamentaux aujourd'hui, et en tant que tel, leurs lectures et plus que recommandé, elle devient nécessaire. Qui se souvient que "Un cheval, un cheval ! Mon royaume pour un cheval !" provient de Richard III, ou qui connait exactement le contexte de "Roméo, Roméo, pourquoi es-tu mon Roméo ?" ? Ces pièces sont des chefs-d'oeuvres de la littérature, et je suis ravi d'avoir enfin pu les lire. Je vais maintenant pouvoir continuer, et je pense que ce sera avec un beau sourire au lèvres. Shakespeare a encore beaucoup à me dévoiler.

(Chronique n°277)