Affichage des articles dont le libellé est dragon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est dragon. Afficher tous les articles

lundi 29 février 2016

Au guet ! (Terry Pratchett)

L’ami qui m’a prêté les premiers tomes de cette saga me tanne à présent pour que je lise la suite de la saga, et surtout que nous puisions en parler ensemble à longueur de temps. Ce que je serais ravi de faire, adorant déjà cet univers et ces personnages délirants. Je me répète, mais Terry Pratchett est pour moi un génie de la littérature fantasy, et ça c’est quelque chose qui devrait suffire à vous donner envie de lire la saga. Mais si vous hésitez encore, ce tome huit a tout en lui pour vous convaincre de vous plonger encore une fois dans les Annales du Disque-Monde, ne serait-ce que pour avoir une fois dans sa vie l’occasion de lire un livre vraiment hilarant. Et ça, croyez-moi, ça vaut tout l’or du monde.


Résumé en trois mots : Enquête, Dragon et Guet

Ce tome s’ouvre d’une superbe manière, et fait parti de ceux qui m’ont fait le plus rire jusqu’à présent. Sans doute est-ce ce lot de personnages hors du commun qui parsèment le livre, entre la société secrète peuplée d’attardé, le patricien qui reste un personnage haut en couleur et hilarant (mais pourquoi n’aime-t-il pas les mimes ?), ou encore les membres du guet, des gens improbables, réunis par le hasard mais pourtant merveilleusement accordés. Pour nous faire rire, surtout.
Je ne tenterais pas de vous résumer cette histoire, qui tient de l’histoire épique, mais dans laquelle nous ne suivons pas les héros qui triomphent du mal, plutôt les petites gens ordinaires qui vivotent en évitant de mourir le plus souvent possible. Ce qui, à Ankh-Morpork, relève du miracle, il faut l’avouer. Mais en même temps, c’est le guet, chargé de protéger la ville de tout problème, notamment les invocations de dragons intempestives, ou encore les bagarres de nain.

Ce que j’ai apprécié le plus dans ce livre, outre l’hommage magnifique rendu à tout ces seconds rôles qui n’apparaissent à l’écran d’un James Bond ou d’un film d’action que pour mourir dans les secondes qui suivent, c’est l’inventivité sans cesse renouvelée de Pratchett pour ses personnages (et ses histoires aussi d’ailleurs, quand je parle de génie ce n’est pas à la légère). Que ce soit Vidmaire, Carotte ou Chiquard, chacun des personnages de ce livre m’amuse du début à la fin, et j’ai adoré chaque scène, chaque réplique. Tout est tellement hilarant, entre l’humain très grand qui se prend pour un nain, le vieux qui est là depuis dix piges, le gros qui partage son lit avec sa femme (au sens premier, ils dorment dedans à tour de rôle). Et bien évidemment, lorsque tout cela est mis dans une situation gravissime, c’est encore mieux. Je ne parle pas du petit dragon, ni de la bataille finale, ni de la solution qui est apportée, une petite perle d’inventivité et d’humour. Là encore, tout le talent de Pratchett éclate dans ces idées simples mais si bien venues.

Je ne me tarirais pas d’éloge sur ce tome, ni d’arguments pour vous donner envie de le lire. C’est toujours si bon de lire Pratchett, qui est drôle lorsqu’il n’est pas en forme, et hilarant lorsqu’il est au taquet. Ce qui est largement suffisant pour tout personne normalement constituée. Mais encore plus quand on est accro à son style et son humour.


Si vous n’avez pas encore compris qu’il faut vous jeter sur les annales du Disque-monde et dévorer chaque tome en salivant de plaisir et en laissant son rire sortir tout seul, je ne peux pas vous aider plus. Ce tome est un concentré de tout ce que j’aime chez Pratchett, entre le sérieux qu’il arrive toujours à distiller dans chaque oeuvre, tout en ajoutant des personnages sans cesse géniaux et hilarants, c’est du concentré de bonheur. C’est si bon qu’on aimerai pouvoir prolonger son séjour, qui se fera à nouveau dès le prochain tome que j’ai posé bien en vue sur le dessus de la PAL. Car ce genre de saga, c’est à pousser jusqu’au bout tant c’est bon. Que dire de plus. Lisez-là, vous passeriez à côté de quelque chose autrement.

(Chronique n°290)

samedi 9 mai 2015

Victimes et bourreaux (anthologie présentée par Stephien Nicot)

De retour des Imaginales de l'année passée, duquel j'ai ramené Atomic Bomb et une dédicace de Fabrice Colin (dans un livre que je n'ai toujours pas lu d'ailleurs ...), un ami a rapporté une petite pile de livre qu'il continue encore de lire actuellement, et notamment trois anthologies de ce festival, compilations de nouvelles selon un thème donné par des auteurs présent lors dudit festival. J'ai attaqué celle-ci rapidement, pour pouvoir lui rendre le plus tôt possible (je déteste garder des livres qu'on m'a prêté pendant trop longtemps). Et j'avoue, j'ai été bien plus accroché que je ne pensais.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Fantasy et Mémoire

Si je met le terme Mémoire, c'est que cette notion intervenait dans plusieurs nouvelles au final, et j'ai trouvé cela curieux, la façon de lier le thème "Victimes et bourreaux" avec la notion de mémoire, notion que je ne juge pas toujours à sa juste valeur, mais qui rentre assez bien en adéquation avec ce thème, il faut le confesser.

L'anthologie est assez disparate, et je ne pourrais résumer mon sentiment en un seul bloc, étant donné que les nouvelles varient du tout au tout et que je n'ai pas été charmé par toutes, mais je dois avouer que l'ensemble est très intéressant, ne serait-ce que pour découvrir des auteurs que vous n'avez jamais lu. Ici, j'en connaissais deux, dont un que je m'étais juré de ne pas relire un jour, mais qui m'a au final plus intéressé que je ne l'aurais pensé.
En tant que tel, plusieurs auteurs m'ont laissés froid, notamment celui de la deuxième nouvelle qui a fait quelque chose d'ultra-classique et dispensable, qui ne m'a pas intéressé un seul instant, mais d'autres par le simple fait que l'univers qu'elles présentaient n'était pas à mon gout, sans pour autant remettre en cause la qualité des nouvelles.
J'ai d'ailleurs retrouvé avec plaisir Jaworski pour une nouvelle sur les nains qui m'a beaucoup intéressé et que j'ai apprécié jusqu'au bout. Par contre, j'ai été soufflé par une nouvelle venue de Nathalie Dau, parfaitement bien mise en place dans le sujet, et superbe jusqu'au final. Une petite perle que j'ai trouvé extraordinaire et qui m'encourage à me pencher sur la littérature de cette auteur. D'autant que son style était plaisant.

Je n'avais encore jamais lu d'anthologie, c'est à présent chose faite, et je comprend parfaitement l'intérêt de ce genre d'ouvrage où l'on picore les nouvelles sans jamais être écoeuré ou découragé, chacun venant avec sa patte et son style, son univers et sa façon de mettre en scène le sujet. Une anthologie qui m'a beaucoup plu quoique je ne la qualifierai pas de géniale, mais qui me donne envie de me pencher sur les deux autres en ma possession. A lire pour découvrir des auteurs !

(Chronique n°271)

lundi 16 février 2015

L'épée magique (Graham Dunstan Martin)

C'est assez dingue la mémoire. Je me rappelais avoir lu ce livre étant très jeune, au collège, et m'était resté une bonne partie de l'histoire et les illustrations. Par contre impossible de me rappeler le titre exact. Je ne vous dis pas la galère pour le retrouver, surtout que cette série est quasiment inconnu en France. Une seule édition et puis disparu, pas de retours, pas de critiques sur le net ... En somme, je fais ici une première ! Mais je voulais absolument le relire, et c'est maintenant chose faite.


Résumé en trois mots : Quête, Magie et Médiéval

Ce livre, je voulais surtout le lire pour confirmer mes souvenirs et vérifier qu'il ne s'agissait pas d'une trilogie dont je n'aurais pas lu le tome 3 (ce qui m'est arrivé bien souvent). Mais après une nouvelle lecture, non, je peux vous assurer que ce n'est pas une trilogie, mais bien un diptyque qui se conclue rapidement. Le livre est vraiment très court, écrit en gros et avec illustrations. Bien plus un roman pour adolescent qu'une véritable saga de fantasy, bien qu'il contienne des choses très intéressante.

Déjà, je dois avouer que si l'on connait bien l'imaginaire fantasy et celtique, il faut avouer que l'auteur s'est bien inspiré pour composer sa trame. Des références en tout genre foisonnent dans le roman, et j'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver ces différentes touches tout au long de ma lecture. Bien qu'elles ne soient pas extrèmement importante, c'est le genre de détail qui me fait apprécier un livre.
Sinon je dirais que l'histoire en général est dans un grand classique du genre, simplement une quête avec un adolescent, mais dont les principaux écueils sont évités. Du genre le meilleur ami du héros, qui n'apparait pas vraiment ici. Il y a plusieurs figures sympathiques, mais au final ce ne sont que des seconds rôles. Ensuite, les talents du héros, bien mince au final, et qui arrive jusqu'au bout plus par chance que par ses propres moyens, la compagne de l'héroïne, bien plus active que lui, et capable de bien plus que lui, qui n'apparait d'ailleurs que tardivement. Bref, ce sont des classiques mais pas exactement conforme, et ça m'a plu.

En bref, c'est un diptyque d'aventure presque conventionnel et reprenant des classiques du genre mais pas exactement comme j'avais l'habitude de le lire. La description au niveau de la biographie de l'auteur indique : "il a écrit ce livre comme il aurait voulu en lire étant adolescent", et je crois que c'est exactement ce que je pense de ce livre (que j'ai lu étant adolescent !). Un bon roman à lire quand on est jeune, de la fantasy sympathique et pas trop originale, mais qui contient des bonnes idées. Pour cela, je vous recommande de le faire lire aux plus jeunes, si vous tombez dessus un jour, au hasard des occasions. Pas désagréable comme relecture d'ailleurs.

(Chronique n°232)

samedi 15 novembre 2014

La guerre des fleurs (Tad Williams)

Je me suis penché sur ce roman alors qu'il était nommé comme un des meilleurs de fantasy sur le site de Elkabin. Un petit tour en boutique, un achat rapide, et puis le voilà dans les étagères avec tout le reste, mais heureusement, un stage et je l'emmène, histoire d'avoir un pavé à lire (tout de même plus de 800 pages), que ça me tienne un peu plus longtemps. Ah, la belle illusion que voilà ! Comme si un livre ne pouvait pas être lu tellement vite qu'on ne s'en rende pas vraiment compte.


Résumé en trois mots : Autre monde, Guerre et Fées


Une histoire qui m'a surprise sur un point : elle met un temps fou à décoller, à rentrer dans le sujet (en fait, le résumé au dos vous donne environ 300 ou 400 pages du livre), sans que je ne le remarque. C'est à un moment que je me suis rendu compte qu'on arrivait à la moitié du livre et que l'histoire commençait à prendre le virage qu'on sentait dès le début. Le seul hic, à mon avis, c'était qu'il y allait avoir un problème pour la fin. Et je ne me suis pas trompé.
Ce livre est vraiment génial, car il arrive à nous raconter une histoire qui prend tout son temps pour être développée. Elle se met en place lentement, les personnages se développent petit à petit et pourtant tout semble aller à vitesse normale. Et puis, progressivement c'est l'accélération jusqu'au crescendo final. Avec tout le monde qui se retrouve, évidemment.
Le seul hic, c'est que la fin n'est pas à la hauteur du reste, et je trouve ça vraiment dommage. En gros, l'histoire prend le temps de poser des bases très intéressantes, mais se conclut trop vite et trop facilement, bien loin de ce qu'on attendrait d'une saga de cette ampleur. Classique et sans grandes surprises, avec un Happy End un peu trop artificiel, ce qui est dommage au vu du reste. Et, le problème qui me semble le plus important, c'est que la fin vient trop rapidement. L'auteur a un véritable talent pour nous entrainer dans les centaines de pages sans qu'on y prenne garde, je pense qu'il aurait du continuer un peu et nous faire quelques pages en plus.
Mais ne contestons pas ce livre, qui reste excellent, il faut bien le dire. Les différents personnages notamment sont excellents, à commencer par le héros, mais aussi tout ceux qui l'entourent, et surtout Trognon d'Pomme, qui est comme son prénom ! Et il faut bien avouer que l'histoire, quoique sans originalité énorme, est très bien menée d'un bout à l'autre et surprendra quelques fois par des détails simples mais bien trouvés. Alors il est de bon ton de le lire, non ?


Ce livre est, dans mon jargon, un bon petit livre qui se lit avec plaisir, et qui manque de peu de passer dans la sélection des meilleurs. De la fantasy sympathique et bienvenue, avec des personnages intéressants, mais aussi avec des idées bienvenues et souvent présentes, des situations bien sympathiques et surtout un style d'ensemble qui se dévore sans qu'on n'en laisse passer une miette. Pour un livre de fantasy, c'est rare de laisser passer autant de pages avant de commencer l'histoire. Et ça fait plaisir. C'est le genre de livre qu'on lit par plaisir, qui fait plaisir, et dont on se souvient avec plaisir. A peu de choses près, je lui aurait accordé une place dans le haut du pavé. Presque, mais lecture hautement et chaudement conseillée tout de même !

(Chronique n°211)

mercredi 5 novembre 2014

La nuit de la Lune Bleue (Simon R. Green)

Un des sept livres que j'emmenais avec moi dans mon périple en stage de théâtre. Et puis bon, j'aime de plus en plus ces rééditions, alors je me suis permis d'en emmener un de plus que ce que j'aurais du. Après tout, dans une valise ça ne pèse pas lourd. C'est ainsi que je me suis retrouvé à le lire très vite, bien trop vite (surtout au regard de ce qu'il fallait faire autour). C'est le deuxième livre de cet auteur, et je pense que je me pencherais à nouveau vers lui lorsque je le recroiserai, car c'est vraiment un auteur sympathique.


Résumé en trois mots : Fantasy, Prince et Humour

Alors attention, bien que je mette humour, il ne s'agit pas là d'un roman humoristique, mais d'un roman de fantasy à tendances humoristiques, bien que celles-ci s'étiolent progressivement. Le fond reste, d'un bout à l'autre, résolument attaché au style de fantasy avec beaucoup de choses classiques, mais également des écarts très intéressants.
Je dois avouer, j'ai eu gros faible pour les personnages, très bien campés pour la plupart, à la fois complexe et en même temps répondants aux images qu'on attend d'un personnage de fantasy « classique », surtout niveau des princes. Et surtout, la princesse ! Celle qui a un méchant crochet du gauche et qui n'hésite pas à le mettre dans toute face ne lui revenant pas. Et puis ces gobelins trouillards qu'on croise plusieurs fois dans le livre … Des têtes vraiment sympathiques et qui font plaisir à voir.
L'histoire m'a un peu plus déçu, notamment sur la fin où le ton devenait très sérieux et tombait dans plusieurs clichés grossiers (comme le méchant et les traitres), mais elle sait se maintenir et offrir un final, bien que ce soit presque trop facile par certains côtés. C'est dommage car il y avait un potentiel qui pouvait encore se développer à mon avis, surtout du côté de la princesse. Mais quelle bonne idée de ces armes diaboliques, et surtout de leur fin ! Bref, le roman est truffé de très bonnes idées même si au final il m'a semblé que la fin faisait un peu trop facile. C'est vraiment dommage, même si cela n'empêche en rien la lecture de se faire fluide et de rester intéressante jusqu'au bout.

Au final, c'est ce que j'appellerais un bon livre à lire, distrayant et bien souvent humoristique, quoiqu'au final avec une trame très classique. Mais les personnages sont sympathiques, l'humour fait mouche lorsqu'il est présent, et l'ensemble est très plaisant à lire. Pour un lecteur occasionnel de fantasy, ce livre est un très bon choix, simple et facile, plaisant et drôle. Pour un lecteur assidu, il peut s'agir d'une lecture sympathique entre diverses lectures plus complexe et plus prenantes. Bref, un petit moment de détente, une petite parenthèse entre les grosses lectures.

(Chronique n°207)

samedi 12 avril 2014

Fendragon (Barbara Hambly)

Encore un livre de fantasy qui m'est arrivé dans les mains par un pur hasard (en l’occurrence il s'agit de la lecture d'une critique sur l'excellent blog de Nevertwhere) et je me suis laissé tenter. Surtout pour pouvoir prêter ensuite le livre à une amie fan de fantasy (j'aime pas quand je n'ai pas de livres à prêter, avec tout ce que je lis je trouve ça dingue). Du coup, le livre est arrivé. Et je me suis laissé tenter à le lire juste après Un remède à la mélancolie. Et du coup, je me suis couché à 3 h du matin au lieu d'aller tôt au lit comme je l'avais prévu initialement. C'est con, mais ça m'a plu.


Résumé en trois mots : Dragon, Magicienne et Couple

La lecture m'a beaucoup surpris, parce que le style est un curieux mélange entre de l'humour et du sérieux. En fait l'histoire est clairement sérieuse, mais rehaussé régulièrement de piques d'humour venues d'un décalage entre la situation et ce qu'on pourrait en attendre.
Déjà, pour commencer, je dois dire que je suis admiratif au coup d'écriture de l'auteur, qui m'a beaucoup plu, restant toujours assez sérieux, mais devenant humoristique sans l'annoncer avec des gros sabots. De plus, l'auteure nous a choisi pour narrateur une femme, dans la trentaine entamée, magicienne avec peu de pouvoirs. Avons que ce n'est pas le plus courant en fantasy.

En fait, je crois bien que la grande force de ce récit c'est toute l'originalité que l'auteure insuffle dans ce conte déjà bien ancien du chevalier allant tuer un dragon. Ici, ce n'est pas seulement le dragon le problème. Mais c'est aussi un autre style que de la fantasy classique.
Déjà, les héros. Ils ont des enfants, sont mariés et installés, lui châtelain d'un village un peu sale, pas vraiment instruit, pas vraiment guerrier, surtout curieux. Elle, magicienne avec peu de pouvoirs, pas belle et consciente de ses limites. Bref, un couple pas très cliché, et j'ai beaucoup aimé. Pas d'adolescent dans une crise de romantisme, pas d'apprentissage long, d'histoire de vengeance ou de famille. Juste un couple qui aurait aimé avoir la paix et qui ne l'a pas.
Et puis, il y a le dragon, qui est arrivé et qu'il faut tuer. Mais l'amusant, c'est que le héros à déjà tué un dragon, plus de dix ans auparavant. D'ailleurs, pas trop comme on pourrait s'y attendre. Mais je vous laisse découvrir au fur et à mesure de la lecture. C'est vraiment excellent.

Bien sur, j'aurais quelques reproches à faire, et cela concerne des points mineurs du récits. Je soulignerai l'incroyable résistance des héros à la fatigue (enfin, de l'héroïne, pas du héros), cliché souvent revu dans un livre de fantasy (deux jours sans dormir, un trajet de deux kilomètres, un combat d'esprit, et vas-y que je ne dors de nouveau pas de la nuit. Mais bien sur ..). Cela dit, tout le monde le fait et ce n'est pas plus choquant qu'autre chose. Ensuite, il y a le méchant, enfin, la méchante, qui m'a paru un peu cliché. Mais il est vrai qu'en si peu de pages, il aurait été difficile de se concentrer en plus sur la psychologie des ennemis.

Par contre, tout le reste est franchement inventif. Les héros en soi, le déroulement des opérations, la psychologie de l'héroïne, les tours du récits, tout est bien mis pour qu'on ne tombe pas dans le cliché. Et je soulignerais aussi le point que j'adore le plus : la longueur. Ce récit est concentré en 360 pages. Seulement ! Alors qu'on aurait sans problème pu étaler ça sur plusieurs centaines de pages en plus -et plusieurs le font d'ailleurs-, mais ici c'est court, net, précis. En 360 pages, bouclé et bien fini. Une excellente chose, car j'ai souvent l'impression qu'en fantasy les auteurs prennent du plaisir à étirer certaines choses. Ici, on a que l'essentiel, et je suis content de ça.
Dernier détail : l'auteur à mis une carte (je viens de le remarquer à l'instant en cherchant la date d'édition), mais je n'en ai pas eu besoin de tout le livre. Vous ne pouvez pas savoir à quel point c'est agréable de ne pas fouiller toutes les cinq pages.

Bref, pour faire court, lisez ce livre. Mon dernier coup de cœur en fantasy, et pourtant ce n'est pas un genre pour lequel je trouve régulièrement mon compte (contrairement à la SF). Et ça fait plaisir, car j'aime beaucoup ce genre. Ici, nous avons beaucoup d'originalité dans bien des domaines, mais l'auteur sait aussi jouer des cartes classiques pour ne pas trop nous déstabiliser. Et le mélange est juste savoureux. Le livre est assez court au final, se lisant rapidement et très bien, mais c'est une lecture que j'ai apprécié. Question originalité et surprise, c'est un très bon cru. La fantasy vous semble trop souvent classique et codifié ? Lisez celui-ci, ça égaillera vos lectures.

(Chronique n°166)

 

jeudi 19 septembre 2013

La clé des vents (Stephen King)

Stephen King, c'est un grand, un puissant, un auteur que j'adule. Alors quand je vois qu'il a sorti un livre complémentaire de sa fameuse série La tour sombre que j'ai simplement adoré (et dévoré), je me suis promis de l'acheter rapidement (j'ai mis du temps à cause du prix surtout). Le livre était court, et pris par le propos et le retour dans l'entre-deux monde, je l'ai dévoré dans la journée. Alors qu'en ressort-t-il au final ? Je vais vous dire ce que j'en ai pensé :


Résumé en trois mots : Fantastique, Fantasy et Conte

La lecture de ce livre est indissociable pour moi de la lecture de la saga La tour sombre du même auteur, mais il est bien précisé en introduction que le livre peut se lire sans connaitre cette série. Je pense que c'est faisable, mais le lecteur néophyte de l'univers de S. King perdra beaucoup de références et de nombreuses petites allusions que l'on retrouve dans ses autres livres. Je pense donc que la lecture est à faire plutôt lorsqu'on connait La tour sombre, et j'ajouterais même qu'a mon avis cette lecture devrait se faire lorsqu'on à déjà fini la série.

Chronologiquement, ce tome s'intercale entre les tomes quatre et cinq de la série, une sorte de parenthèse dans le récit, et présente un beau conte à tiroir. En fait vous suivrez le Ka-tet de Roland (en fait, un groupe de quatre personnes et un animal proche du chien), lorsqu'il doit s'arrêter pour un moment, car un coup de givre arrive (grosso modo, un refroidissement brutal et meurtrier de l'atmosphère, accompagné de vent). Le groupe est dans une maison au cœur d'une ville en ruine, et Roland leur raconte une histoire de sa jeunesse, une quête qu'il avait fait étant tout jeune pistolero. Dans cette quête, il en vint un moment à raconter une histoire à un jeune garçon. L'histoire que lui lisait sa mère étant plus jeune, celle de La clé des vents. Nous avons donc un conte dans un récit dans une histoire. Certains qualifient d'ailleurs ce livre de recueil de nouvelles, puisqu'il y en a trois imbriquées, mais je trouve qu'elles se répondent bien entre elles.

La lecture de ce récit est des plus plaisant si vous connaissez La tour sombre, puisqu'on y retrouve avec un grand plaisir les personnages de la série mère, dans une atmosphère identique. C'est comme un bon souvenir qui se rappelle à nous et nous dévoile un nouveau morceau de lui que l'on avait oublié. Je l'ai lu dans la journée, preuve encore de la qualité de la plume de S. King, qui nous entraine très facilement dans ses histoires et ne nous lâche plus.

Mais .... Mais si la plume de S. King est toujours sublime, je dois avouer que j'ai eu du mal avec certaines choses. Déjà, je dois dire que le récit de Roland est assez terne, et sans grand intérêt. Pas de rebondissement, une enquête rapide et peu intéressante. C'est très curieux comme impression, mais je dirais qu'elle ne sert qu'à préparer le conte de La clé des vents, car l'histoire manque de développement. Je ne sais pas si c'est le choix de l'auteur de base, ou s'il a décidé de raccourcir le récit, mais il manque quelque chose pour moi. Cela dit, la première partie est assez bien faite; c'est le dénouement qui est plat.
En revanche, le conte de La clé des vents est superbe. Je l'ai adoré, dans l'ambiance de cet entre-deux monde, les personnages charismatique, l'enfant extraordinaire, l'homme en noir qui revient encore une fois, les problèmes d'alcoolismes (réguliers chez S. King), une situation digne de n'importe quel conte, une certaine noirceur tout de même, ... Le récit est vraiment très bon, et les quelques morales qu'on y trouve ne sont pas niaises, loin de là. Je regrette juste un poil que les méchants soit un peu caricaturales, des grosses brutes avinés (qui, avec les imbéciles apeurés et obèses constituent les boucs émissaires de l'auteur) et un homme en noir qui ne dépareillerait pas à côté de Randall Flagg. Et le récit nous dépayse beaucoup, ce qui n'est pas pour me déplaire, évidemment.

La lecture de ce récit m'a replongé dans une ambiance que j'avais adoré et que je ne pensais plus retrouver un jour avec un œil encore vierge, et ce fut pourtant le cas. J'ai adoré la lecture de ce livre, bien qu'il soit selon moi un cran en-dessous du cycle de base, et pas l'un des meilleurs de Stephen King. Mais il reste très bon, un agréable moment de lecture assez long, pouvant nous émouvoir et nous émerveiller. Le livre est très bon dans son ensemble, sa lecture est fluide et les retrouvailles avec les personnages sont émouvantes. Je ne peux que le recommander à la lecture, car il est selon moi totalement dans l'univers de Stephen King, dans une parfaite adéquation avec les autres livres et ses thèmes favoris. Une lecture très recommandée donc.

(Chronique n°68)

 
Troisième ! Ca avance !

mardi 29 janvier 2013

Les yeux du dragon Stephen King

Si je vous cite Stephen King, il est plus que probable que vous ayez des images assez morbides dans les yeux, ce qui n'est pas ma volonté première (ne suis-je pas la gentillesse et la douceur incarnée ?). C'est pourquoi je vais remettre à plus tard la critique de l'intégralité des ouvrages de l'auteur américain adulé pour ses récits de terreur et de fantastique angoissant. Cependant, je dois dire que l'auteur est très bon -voir meilleur- dans les autres genres de livres qu'il produit. A mon humble avis, Dead Zone (plus fantastique), Running Man (anticipation) et autres Différentes saisons (quatre nouvelles) sont parmi les meilleurs qu'il écrivit. Je promets que je ferais la critique de tout les Stephen King (je crois que je les ai quasiment tous lu, sauf une poignée), mais pour l'instant, abordons un de ses meilleurs livres, et quasiment unique en son genre.

Je vous propose un conte du maitre de l'horreur : applaudissez bien fort Les yeux du dragon !

Résumé en trois mots : Conte, Magicien et Prison

Stephen King, c'est le genre d'auteur qu'il faut introduire. Et je pourrais en écrire des tonnes sur lui, car c'est un auteur assez remarquable, quant aux introductions ou précision qu'il fait dans ses livres. Mais je m'attarderais au fil des articles, il y a assez de roman pour cela.

Ah oui, et ceux qui attendent le dragon, il a été tué déjà au début du roman et sa tête est un trophée qui orne un mur du palais. Donc ne le cherchez pas dans le texte. Et en plus il s'appelait Nini. Franchement, pour un dragon c'est clairement ridicule. Enfin quoi, un dragon, mince ! Mais bon, revenons à nos moutons, comme dit si bien Bobby Lapointe.

Donc, Stephen King, charmant petit garçon de 40 ans, se rendit compte dans les années 80 que sa fille Naomi (à qui est dédicacé le livre) avait treize ans mais n'était toujours pas intéressée par ses livres, car trop sombre, avec des monstres, bref, tout ce qui ne l'intéressait pas. Du coup, il eut l'idée très remarquable d'utiliser la forme du conte pour écrire une histoire à destination de sa fille. Une idée que j'applaudirais à deux mains si ce n'était pas lui qui l'avait écrit.
« C'est l'heure du conte les enfants ! »
Rien qu'à imaginer ce psychopathe lire
une histoire à des mômes, je n'en dors plus
Car Stephen King est passé maitre dans l'art de tenir un lecteur en haleine, avec une histoire aussi bateau que celle d'un roi, d'un magicien, de deux fils et d'un royaume. Mais finissons le propos, voulez-vous ?
Précisons donc que je lis toujours en version française (je sais que c'est un tort, mais mon niveau de langue étrangère ne me laisse pas d'autre choix). C'est donc  une traduction par des gentils messieurs bilingues, mais je dois dire qu'elle est remarquablement bien faite (comme souvent avec lui d'ailleurs), on garde l'esprit et le rythme de la version originale (je reprends ici les propos de lecteurs bilingues). Bref, la version française vaut le coup. En outre, optez pour le grand format à couverture rigide. C'est plus contraignant à caser dans la bibliothèque, mais vous aurez de superbes images en sus, et celles-ci valent vraiment le coup si vous comptez le lire à des enfants. Enfin, c'est ce que je choisirais si je faisais ce genre de choses. Sinon prenez un Claude Ponti, ça passe largement mieux.

Donc nous avons un conte "pour enfant" (mais franchement, étant adulte c'est super lisible également) qui s'inscrit en droite ligne de l'héroic fantasy. Comprenez qu'il y a des magiciens, des effets spéciaux trucs magiques, et des créatures bizarres (comme des dragons). L'histoire qui s'installe est également très classique : un roi à deux fils. Peter, l'ainé. Il est grand, il est beau, il sent bon le chèvre chaud. Courageux, intelligent, il excelle dans tout les domaines, et de plus il est l'héritier légitime. Bref, tout lui sourit. A l'inverse, son petit frère, Thomas, est laid, lent, maladroit, un peu benêt, toujours dans l'ombre de son grand frère qu'il jalouse tout de même un peu. Bien évidemment, on s'attend à un conflit entre frères, mais je vous rassure tout de suite, il n'en sera rien.
Ajoutons à cette heureuse famille le magicien du roi Randall Flagg, un être malfaisant et vil, l'incarnation du vilain pas beau qui essaye de corrompre tout le monde. C'est d'ailleurs un personnage que Stephen King réutilise régulièrement dans ses romans (Relisez Le Fléau et surtout La tour sombre). Ce personnage est un méchant pas beau qui veut causer la pagaille au royaume. Pour quelles raisons ? Et bien ... Il est méchant. Et le chaos c'est son truc. Pour plus d'infos sur lui, voyez plutôt le cycle de La tour sombre, c'est plus parlant. Retenons qu'il est méchant. Point.
Donc cette heureuse famille royale vit tranquillement, les jours succédant aux jours, mais on s’aperçoit vite que Flagg veut faire son petit ménage dans le royaume, et pour cela, il va agir. Je ne vous dis pas ce qui va se passer, je vous laisse le lire, mais c'est vraiment bien fichu. Le propos est assez inattendu au début, et très vite le roman s'embarque dans une aventure dont la fin est celle qui convient à un conte. Heureuse ou malheureuse, c'est à vous seul de juger, mais en tout cas Stephen King n'a pas son pareil pour faire des fins ambiguë.

Puisqu'on en est là, parlons justement des protagonistes. Car la famille royale présentée n'est pas la seule à évoluer, il y a de nombreuses personnes autour : des servants, des amis, des juges, et d'autres personnes de ce style. Tout ce petit monde va se croiser et s'entrecroiser autour d'une histoire de serviettes, de maison de poupée (dit comme ça c'est très flou, mais je vous garantis que bien expliqué, ça semble très cohérent). On est également dans des questions autour de Thomas, personnage très attachant au final, dans l'ombre de son frère ainé, très attaché à son père, mais n'osant pas pleinement le monter, craintif, manipulable et manipulé. Rongé de remords aussi, complexé par sa situation, il est à la fois comme un enfant apeuré, mais également comme un adulte irresponsable. C'est l'exemple type du personnage faible. Et pourtant ... Parfois des trésors de ressources peuvent se cacherdans des endroits inattendus. Mais là encore, je vous laisse le lire.

Le traitement de l'histoire est classiquement celui d'un conte : les gentils sont gentils, le méchant est parfaitement bien méchant, les intrigues sont celles d'un conte, ce n'est pas du tout complexe (et ce n'est pas ce qu'on recherche), mais très prenant (et assez angoissant pour un gamin je pense). En terme de recherche scénaristique, il y a de l'originalité, de l'inventivité, mais là encore, il ne faut pas forcément s'attendre à des sommets. La résolution sera très classique dans le genre, mais en même temps c'est efficace. Peut-on lui reprocher ? Dans la ligne directe, la morale est simple, mais à nouveau efficace, autour de valeurs universelles telle que l'amitié, le courage, l'honnêteté et toute ces sortes de choses qui font de nos enfants des hommes accomplis et aptes à vivre en société. Là encore, c'est classique, mais dans le genre c'est efficace. Pourquoi s'en priver ?

J'ajouterais que Stephen King apporte des idées très intéressante autour de la magie et du pouvoir qu'il confère à Randall Flagg, unique magicien mais largement pas omnipotent et puissant. Ainsi il va proposer sa vision de la boule de cristal, de l'invisibilité, ou simplement des visions. C'est très intéressant et l'impact de l'idée "Oui, mais ça ne peux pas marcher parce que ..." est amoindrie. Là encore, Stephen King sait faire preuve d'une belle ingéniosité dans son récit (c'est tout à son honneur), mais prouve également que ses recettes fonctionnent toujours : Flagg est terrifiant, et plus d'un passage est vraiment angoissant, oppressant, conduisant le lecteur à tourner les pages très vites. C'est un gros désagrément de Stephen King : on lit la plupart du temps en un seul morceau ses œuvres. C'est très très dur de décrocher. Mais bon, encore une fois, est-ce un tort ? (personnellement je pense qu'un livre est toujours plus sympathique quand on le lit en un seul morceau continu de temps, sans pauses. C'est l'occasion d'être vraiment à fond dedans, de se créer mentalement un monde et d'y rester le temps d'une lecture, mais ce n'est que mon avis). Enfin, le découpage des chapitres est bien fait, avec un double effet : la lecture est plus prenante, s'arrêtant au milieu de passages clés, mais en même temps si on lit avec son enfant le soir, il est plus facile de faire des pauses. Encore un atout.


En conclusion, Stephen King fait ici une adaptation de conte qui est à la fois très classique dans le traitement et dans la morale, mais qui, en même temps, propose quelques innovations par rapport à la moyenne d'âge visée et contient beaucoup de bonnes idées. On peut regretter un manichéisme très primaire, un méchant tellement méchant -notamment autour de son but, très flou- qu'il perd quelque crédibilité, et quelques passages un peu angoissant si on le lit à un enfant en bas âge. Attendez plutôt qu'il ait dans les douze ou treize ans pour lui lire. Mais pour un adulte, ça reste un excellent roman, simple et efficace, qui touche son but. Et pour une fois, il n'empêche pas de dormir (pour un Stephen King, c'est assez rare). Comme dit, la version en grand format illustrée est un bel ouvrage et une petite merveille pour les yeux. Ne vous en privez pas.

(Chronique n°3)