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lundi 29 juin 2015

La voie martienne (Isaac Asimov)

J'avais complètement oublié cette chronique que je me devais de faire sur l'auteur que j'ai le plus lu pour l'instant depuis l'ouverture de la roulotte, l'excellent, l'admirable, l'extraordinaire Isaac Asimov, génie reconnu et admirable de la science-fiction. Je répare donc cette erreur, avec ce nouveau tome qui présente encore une fois des nouvelles de ce géant de la littérature.


Résumé en trois mots : Autres mondes, Espace et Enquête

Le recueil est très court, et ne comporte en tout que quatre nouvelles différentes, assez longues. Bien que ce soit plusieurs styles différents, on retrouve totalement le Asimov que nous connaissons bien, avec un côté polar très marqué, une minutie dans ses enquêtes et des précisions scientifiques, mais également avec les préoccupations habituelles, notamment le devenir de l’humanité, la transformation de l’humain au contact de la technologie et d’autres mondes, tout en suivant l’habituel humour dont il sait nous régaler à chaque fois.

La première, qui donne son nom au recueil, est sans doute la plus intéressante, avec une narration qui change un peu de ce que j’avais l’habitude de lire de sa part, tout en proposant une image très forte autour de l’humanité, pas forcément à son avantage d’ailleurs. Par contre, la façon d’envisager la nouvelle laisse songeur sur des possibles développements extra-terrestre. Encore une fois, un avenir qui laisse songeur, et qui m’interpelle sur notre conduite en tant que société humaine. En lisant ce genre de nouvelles, je me dis que si plus de gens acceptaient de lire de la science-fiction de ce style, le monde pourrait être bien plus agréable à vivre.

Dans l’ensemble, les autres nouvelles sont bonnes sans être remarquablement notables. Une enquête, une nouvelle humoristique dont la chute m’a surpris, et pour le reste c’est de la forme tel qu’Asimov nous a déjà présenté. Ni meilleur, ni moins bon. Le désavantage, c’est qu’après tant de lecture de ses nouvelles, ça ne renouvelle pas fondamentalement le genre, et j’ai parfois un peu l’impression de moins me laisser porter que d’habitude. Le renouvellement manque un peu, mais en même temps je rattrape toutes ses nouvelles de jeunesse, et je dois bien dire que c’est dans les écrits plus tardifs que j’ai noté tout le potentiel d’Asimov.


Un recueil de nouvelles très bon, comme d’habitude avec cet auteur, mais qui ne propose pas de renouvellement important de la part de l’auteur. Si vous n’avez pas encore lu de Asimov, c’est peut-être un bon moyen pour découvrir le style et l’auteur, en picorant un peu de ses différents styles, mais si vous êtes un fervent lecteur déjà bien accro à ses nouvelles, le recueil ne semble pas indispensable comme peuvent l’être d’autres. A lire, certes, mais pas un indispensable.

(Chronique n°287)

lundi 2 février 2015

Au fruits de la passion (Daniel Pennac)

Dernier roman sorti de la saga Malaussène, voici les Fruits de la passion qui clôturent l'ensemble de la série. Sixième et dernier tome, j'aurais mis plus de temps à le lire principalement parce que je ne l'avais pas trouvé avant. Lorsque je l'ai eu en main, il est passé immédiatement par la case achat et je l'ai lu en moins de deux jours ensuite, en l'intercalant dans tout les moments possible de ma journée. Cet auteur m'enchante vraiment, et je suis toujours aussi fan de cette saga. Alors, qu'en est-il de cette conclusion ?

Résumé en trois mots : Mariage, Amour et Enfants

Comme d'habitude, nous avons le même cadre et les mêmes protagonistes (sauf ceux qui meurent dans chaque autre livres), et c'est reparti pour une intrigue d'embrouilles où  notre pauvre Benjamin Malaussène se retrouve au centre sans l'avoir demandé, comme d'habitude ... Enfin, presque, puisque cette fois-ci quelques changements interviennent, et pour une fois ce n'est pas Benjamin qui est le plus visé. En même temps, pour une fois qu'il y a un mariage, et ce n'est même pas le sien !

Pour une fois, j'ai trouvé l'histoire plutôt simple et presque expédiée. Je m'attendais à un peu plus, mais le temps de vraiment voir toutes les personnes auxquelles on était habituée et le temps que les diverses actions se mettent en place, il ne reste plus grand chose du roman. C'est dommage, je pensais que la fin serait un peu plus à la hauteur du reste de la saga. On y trouve encore l'humour de la saga, la fameuse famille qui me plait toujours autant et m'amuse encore énormément, et plusieurs petits détails intéressants, mais dans l'ensemble j'ai eu moins de plaisir à lire ce livre-ci que les autres tomes de la saga. Trop court et un peu trop simple, ce dernier tome est le tome qui me laisse sur ma faim. Dommage.

Sans le déconseiller, je ne juge pas ce tome indispensable à la saga et je ne vous conseille pas ce tome, sauf inconditionnel jusqu'au bout de la saga Malaussène. Un opus qui n'est pas de trop, qui conserve beaucoup de charme, mais qui ne m'a pas retenu plus que ça. Je vais passer facilement à autre chose.

(Chronique n°226)

mercredi 18 juin 2014

Les robots de l'aube (Isaac Asimov)

Les robots, volume 5


Cinquième et avant-dernier tome de la saga des Robots, nous arrivons vers le dénouement, bien que ce soient principalement des histoires dissociées les unes des autres, avec simplement des fils conducteurs. Cette fois-ci, embarquons pour Aurora, le fameux monde qui nous est décrit depuis deux tomes et qui contient encore toute sa part de mystères. Et encore une fois, nous voici plongé au cœur d'une enquête qui poussera la question de l'humanité, des robots, du mélange des deux et des futurs de l'humanité plus loin. Autant dire que Asimov a encore beaucoup à dire sur ces points.


Résumé en trois mots : Robots, Conflits et Enquête

Cette fois-ci, les conditions de l'enquête changent encore, le décor n'est plus le même et il s'agit de comprendre le meurtre d'un ... robot ! L'enquêteur terrien Elijah Baley est à nouveau envoyé sur une planète qu'il ne connait pas, mais cette fois-ci affronte plus qu'un simple coupable et une planète hostile aux Terriens. Cette fois-ci, il est plongé directement au cœur de conflits d'intérêts dont les enjeux englobent le futur de la planète Terre et de ses habitants, qui pourraient bien mal finir.

Et encore une fois, l'alchimie opère. Pour un volume encore plus gros que les précédents, Asimov nous entraine dans une direction qui ne se devine pas tout de suite, les coupables étant potentiellement peu nombreux mais cela n'enlevant rien à la difficulté, sans parler du mobile. Et que dire du dénouement, qui m'a littéralement cloué sur place ! Je n'aurais pas pu le deviner, une fois encore, et c'est tant mieux.

Le reste du livre est aussi bon que d'habitude, avec toutes les habituelles réflexions mais également les développements de ce qui a déjà été proposé dans les autres livres (notamment sur le comportement des Spaciens et les façons de voir des autres mondes). Les robots s'effacent presque devant une humanité en proie au doutes et aux inquiétudes diverses. Le futur qui nous est présenté est presque inquiétant par certains côté, et c'est parfois dérangeant. Mais c'est surtout toute cette fameuse réflexion sur l'humanité qui me fait m'interroger. Notamment dans cette réflexion qui intervient, où les robots prennent une part quasi-divine, régissant l'humain pour son bien, sans jamais vraiment le montrer. C'est très intéressant et il y a matière à faire bien des digressions philosophiques.

Un cinquième tome qui pousse encore la réflexion plus loin tout en nous pondant une enquête pas dénudée d'intérêt et qui m'a complètement surpris. Un tome de plus qui confirme le statut de cette saga, à la fois intéressante dans la science-fiction, mais aussi dans la réflexion et dans la saga en elle-même, avec ses continuités et ses différents liens qui se nouent, et semblent se conclurent dans le tome 6, que je ne manquerais pas d'attaquer dans très peu de temps. Un tome de plus à lire, donc, et Asimov confirme encore une fois son talent. Mais avait-il vraiment besoin de le faire ?

(Chronique n°196)

lundi 16 juin 2014

Face aux feux du soleil (Isaac Asimov)

Les robots, volume 4


Quatrième partie de cette grande fresque des Robots, voici Face aux feux du soleil, nouveau volume d'enquête avec le couple d'enquêteur de Elijah et Daneel, le robot Aurorien et l'enquêteur terrien. Les deux personnages déjà présent dans le volume précédent. Et, bien évidemment, nous les retrouvons cette fois-ci encore dans le cadre d'une enquête impliquant des robots, les lois et tout ce détail. Mais cette fois-ci, nous changeons de cadre de façon radicale ! Eh oui, Asimov ne reste pas que sur Terre. La preuve en histoire.


Résumé en trois mots : Robots, Meurtre et Sociologie

Dans cette histoire, Asimov fait voyager ses personnages ailleurs, dans un autre monde, appelé Solaria, et l'enquête se déroule en condition hors Terre.
Pour cette deuxième enquête de la pair de détective, beaucoup de changements sont en ligne de mire. D'abord, le personnage de Daneel est pour ainsi dire insignifiant, ne faisant que de brèves apparitions au début et à la fin, bien que sa présence soit essentielles. Ce que je regrette, c'est qu'il n'y a pas de continuité avec l'opus précédent, notamment au niveau des interactions entre les deux, et finalement ç’aurait tout aussi bien pu être un autre robot.
Le second point, c'est l'enquête très différente, en un sens moins intéressante et moins surprenante, qui nous conduit dans un canevas classique (comme la première d'ailleurs) mais qui n'est pas l'essentiel, bien que ce soit le fil conducteur du livre.
Par contre, je dois dire que l'ambiance totalement différente et en mieux. Là, je tire mon chapeau à Asimov qui nous pond cette fois-ci une réflexion sociologique sur les développements extra-terriens de l'humanité, avec son lot de bons et mauvais côtés. Mais surtout avec tout son lot d'idée sur ce que l'humanité pourrait devenir en suivant une voie plutôt qu'une autre. Et là, l'effet est totalement réussi. La façon de faire, d'être, des Solarians est tellement glaçante qu'on ne peut que s'insurger contre ce mode de vie. Asimov réussi parfaitement à nous distiller son point de vue, et les conclusions qui en ressortent au final sont plus qu'intéressante. Notamment parce qu'elles font réfléchir au futur de l'humanité.

Ce tome-ci est très différent des premiers, s'orientant vers la sociologie et le devenir de l'humanité, plutôt que sur son rapport au robots, qui est ici développé plus faiblement, avec peu de nouveautés. C'est une enquête qui explore clairement l'humain et tout ce qui en ressort (avec des côtés semblables à Le meilleur des mondes d'ailleurs), tout en nous fournissant aussi d'intéressantes pistes de réflexion sur la façon dont l'humanité se scinderait avec l'expansion spatiale. Asimov qui revient au top de sa forme dans ce roman qui nous invite à sacrément réfléchir sur l'homme et ses futurs. La série continue vraiment d'une belle façon.

(Chronique n°195)

samedi 14 juin 2014

Les cavernes d'acier (Isaac Asimov)

Cycle des robots, volume 3


Le troisième tome inaugure enfin les histoires longues et introduit les personnages que nous retrouverons au fil de la saga. En y repensant, c'est la première fois que je lis une histoire en un volume de Asimov depuis le livre Cailloux dans le ciel, mais j'ai maintenant les deux gros cycles (Les robots et Fondation) dans la ligne de mire, c'est donc parti pour des histoires plus longues. Et j'avoue que ça fait plaisir de retrouver le talent de cet auteur qui m'avait ébloui lors de ma première lecture.


Résumé en trois mots : Enquête, Robot et Spatiens

Les Spatiens, humains habitants d'autres planètes, genre qui n'est ni terrien ni extra-terrestre ... Un concept assez amusant. D'ailleurs, en y repensant, ça me rappelait un peu le cadre de l'histoire Cailloux dans le ciel, avec cette Terre vieillissante qui n'est qu'un petit morceau perdu dans l'immensité des autres espaces de l'univers.
Le livre en lui-même n'est qu'une enquête, mais pas, cette fois-ci, sur les robots. Il s'agit toujours de s'interroger sur les robots, mais d'une autre façon, et sans s'intéresser aux conditions d'actions des trois lois. Ici, la focale se fait plus sur l'interpénétration de la société par les robots et la haine viscérale que pourraient éprouver les humains au contact de ces êtres à la fois semblables à eux-mêmes et en même temps supérieur par bien des côtés. Ce qu'Asimov appelle le syndrome de Frankenstein.
J'ai beaucoup aimé ce livre, une enquête très sympathique et pour laquelle j'ai beaucoup hésité, même si le coupable m'apparaissait comme potentiel, je n'ai rien deviné jusqu'à la fin. En tout cas, elle est très bien réalisée.
J'ai beaucoup aimé le différents points de réflexions qui composent le roman, même si ceux-ci sont souvent des points déjà présents dans les nouvelles que j'ai lu, mais ils confèrent un éclairage sympathique à l'enquête qui n'est pas l'essentiel du livre.

Un bon roman, même si ce n'est pas le meilleur de l'auteur, mais qui se lit agréablement et qui invite à réfléchir encore une fois au potentiel en devenir de l'humain sur Terre, mais aussi dans le reste de l'Univers. Sans oublier, bien sur, tout ce qui caractérise cette série : les robots et leurs place dans un monde d'humain, leur interaction avec eux et tout ce qui s'ensuit. Bref, un nouvel opus toujours dans la bonne moyenne des Asimov et qui m'invite à me pencher sur le suivant assez rapidement.

(Chronique n°194)

mardi 10 juin 2014

Les robots (Isaac Asimov)

Les robots, volume 1


Premier tome de la série de Asimov consacrée aux robots, je me suis laissé entrainer alors que les autres livres en cours m'intéressaient peu (une semaine que je les traine, je crois qu'il faut faire quelque chose). En fait de livre, c'est surtout, encore, un recueil de nouvelles avec des protagonistes identiques et tournant autour de l'histoire de ces robots. Premier tome d'une série donc, et je me suis permis de les lire tous pour pouvoir chroniquer la série dans l'ordre. Allons-y pour six chroniques d'affilées !


Résumé en trois mots : Robots, Espace et Conscience

Encore une fois, les nouvelles vont explorer toutes les possibilités des robots dans un monde futuriste mais pas forcément plus ouvert, qui connait notamment des difficultés à aborder le robot humain, qui est finalement réservé à l'espace et aux territoires extra-terrestre. Nous retrouvons aussi toutes les questions métaphysiques des robots, les prises de conscience et ce que l'on pourrait appeler "l'âme robotique". Sans parler des trois lois et de toutes ces possibilités de contournement. Et bien sur, de la différence qui s'amenuise entre humains et robots.
Le propos d'Asimov est toujours bien documenté et très scientifique, quoique certaines choses ont bien du changer avec le temps passé depuis l'écriture, mais c'est tout le reste l'intéressant. L'émotion qui peut passer dans la première nouvelle, l'humour qu'il distille régulièrement (notamment lorsqu'un robot développe son point de vue sur Dieu) ou encore la façon dont il installe une enquête pour pouvoir ensuite nous livrer une solution parfois simplement humoristique, parfois plus réfléchie. Des questions soulevés révèlent un intérêt énorme notamment sur la dépendance que peuvent entrainer les robots et les machines, mais aussi sur l'interprétation des trois lois ou simplement la façon de les appréhender.

Un recueil de nouvelles sur les robots efficace donc, qui ne dénature pas dans tout ce qu'a fait Asimov, sans que je puisse aller à considérer que ce soit le meilleur de lui. Il contient des excellentes nouvelles, et la façon de les mettre en scène avec le même protagoniste narrateur m'a intéressé. Même si le personnage de Susan Calvin est quelque peu déroutant, une humaine plus robot que ceux qu'elle étudie. Et les huit nouvelles s'enchainent sans temps mort. Une lecture très intéressante et qui m'a encore une fois invité à réfléchir, ou fourni des pistes de réflexions que je pourrais exploiter en d'autres occasions. Un bon livre introductif aussi à la saga des robots, à laquelle je vais maintenant m'atteler.

(Chronique n°192)

jeudi 27 mars 2014

Histoires mystérieuses (Isaac Asimov)

Dernier recueil de nouvelles d'Asimov que je possédais, et sans doute le dernier avant un petit moment vu mes finances actuelles. C'est dommage qu'il soit parti si vite ... Mais cette fois-ci, nous avons encore un autre registre d'histoire du maitre ! Une autre corde à son arc, en somme. Cette fois-ci, les histoires sont des enquêtes policières ! Oui messieurs-dames ! Et avec la rigueur scientifique si caractéristique et l'humour spécial de l'auteur, comme à son habitude.


Résumé en trois mots : Enquêtes, Humour et Science

Le recueil contient une dizaine d'histoires, avec parfois un personnage d'enquêteur récurent, ou deux histoires qui présentent les mêmes personnages dans deux intrigues qui se complètent (une façon amusante de voir l'évolution du style d'écriture également).
Le tout avec tout les avantages liés à Asimov. D'abord, les fameuses précisions scientifiques, qui sont moins développés dans les nouvelles (ou alors elle prendraient trop de places), mais qui sont toujours présentes et ajoutent un fond intéressant. Ensuite, son humour parfois étonnant (surtout niveau jeu de mot) mais qui rend certaines nouvelles légères. Enfin, sa plume prenante qui nous invite encore une fois à lire jusqu'au bout alors même que l'intérêt pourrait être limité. D'ailleurs il faut souligner que certaines nouvelles sont assez peu intéressantes au final, l'histoire étant un peu facile. Mais cela n'empêche pas d'avoir envie de lire jusqu'au bout, preuve s'il le fallait d'une belle maitrise du style.

En soi, ce recueil diffère des autres par rapport à son style plus policier, qui est parfois concentré dans un indice qui nous aurait échappé et qui sera la clé, ou qui est concentré autour d'un moyen de s'en sortir, comme dans l'espace (ce qui est d'ailleurs assez souvent bien fait). Bref, ce sont plus des histoires à suspenses que des histoires à réflexions. Si j'ai apprécié notamment les personnages, qui sont dans quelques nouvelles très réussis, je trouve l'ensemble un cran en-dessous de ce que Asimov nous avait déjà proposé avec des récits comme Le robot qui rêvait ou L'homme bicentenaire, puisqu'on perd un peu le côté philosophique de l'humanité future et de ses possibles travers. Cela n'empêche pas d'avoir des superbes piques humoristiques qui m'ont bien fait rire.

Un très bon recueil, donc, quoique ce ne soit pas le meilleur du maitre de la science-fiction. Le style est très bon, tout est comme d'habitude à la bonne place, mais je trouve dommage qu'on perde le côté réflexion et philosophique que Asimov sait si bien distiller dans ses nouvelles autour des robots et des futurs de l'humanité. Cela dit, ce recueil démontre qu'Asimov sait faire ses preuves dans d'autres genre, ici le policier futuriste, et ça passe très bien, notamment en n'utilisant pas un coup d'une machine extraordinaire sortie du chapeau pour la résolution des enquêtes. Un bon recueil, pas le meilleur, mais qui est aussi agréable à lire que le reste.

(Chronique n°158)

mardi 11 mars 2014

Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus (Eduardo Mendoza)

Encore un livre qu'on m'a prêté et que je me décide à lire rapidement (faut vraiment que je les finisse tous ...) pour avancer dans le tas qui s'accumule encore un peu plus. D'ailleurs j'ai eu un sourire en voyant le nom de l'auteur, également celui du méchant de De capes et de crocs. Bref, je me suis dit "Pourquoi pas ?" et me voila encore une fois embarqué dans des aventures bibliques, nous transportant dans le temps que fut celui de Jésus avant qu'il ne devienne célèbre, lorsque son père Joseph fut accusé de meurtre.


Résumé en trois mots : Humour, Jésus et Enquête

L'histoire est très bien trouvée, mélange entre une enquête à la Agatha Christie et de l'humour très drôle, ajouté à une bonne dose d'histoire biblique (si vous avez des connaissances vous noterez de multiples références dans le roman, souvent bien trouvées et parfois subtiles), plus une part d'histoire réelle, ce qui n'est pas pour déplaire l'historien que je fus. Et en plus de ça, l'auteur écrit bien. C'est la cerise sur le bouquet, non ?

En commençant à lire, le ton est très vite donné. C'est résolument un livre humoristique, mais qui sait aussi explorer d'autres chemins, notamment ceux du policier simple, puisque nous allons suivre une enquête véritable, avec ses indices, ses fausses pistes (dans lesquelles je me suis plongé allègrement) et son dénouement, par ailleurs pas complètement idiot et en accord avec le reste de l'histoire (notamment sur le plan historique). L'auteur nous entraine dans une fiction très crédible, et se paye en sus le luxe de nous offrir un postface expliquant les informations réelles qu'il a usée et celles qu'il a changé pour adapter au livre, souvent minime d'ailleurs. Je trouve cela juste parfait, et surtout intéressant.

Comme dit, le roman fait la belle part au réalisme historique, teinté de beaucoup d'humour, mais c'est vraiment la Judée telle qu'elle était à cette époque là (environ 6 ap. JC), avec ses principes entre romain et juifs, mais aussi entra habitants, et notamment certaines coutumes. C'est du coup un bon petit moment d'histoire.

Je demanderais bien plus souvent des romans aussi intelligent, dans l'histoire, le cadre et le traitement très humoristique. L'ensemble passe comme une lettre à la poste et j'ai lu le tout sans vraiment m'arrêter, entrainé dans ces aventures déjantées et loufoques qui m'ont bien plu. Le tout est très simple mais efficace, et l'auteur a su tirer le meilleur profit de ce qu'il savait. Je recommande ce petit bijou de lecture, qui m'a vraiment beaucoup plu.

(Chronique n°150)

vendredi 7 mars 2014

Les septs cadrans (Agatha Christie)

Deuxième Agatha Christie qui trainait et que j'ai décidé de lire dans la foulée. Après tout, je n'étais plus à ça près, alors autant se laisser aller à cet univers anglais typique dans lequel se trament les pires complots et les assassinats les plus sanglants. Quand on y pense, c'est une femme écrivant tellement d'horreur ... Meurtres pour n'importe quoi, personnages presque sadiques et jouant des autres ... Et dans celui-ci encore, on ne déroge pas à la règle.


Résumé en trois mots : Société secrète, Cadrans et Enquête

Cette fois-ci encore, je me suis fait totalement avoir. C'est presque frustrant de se faire encore piéger comme un bleu (quoique, j'avais presque trouvé quelque chose. En tout cas j'étais sur une bonne piste). Bref, encore une fois une réussite totale dans l'enquête, qui n'exploite toujours pas les personnages d'Hercule Poirot ou de Miss Marple. Cette fois-ci, que de la jeunesse en quête de réponses, bien évidemment différentes de celles qu'on attendrait.

Ce qui m'a surpris cette fois-ci, c'est la tournure du livre. A la place d'une recherche qui pourrait être classique d'un coupable parmi plusieurs personnes, le livre prend un sérieux virage différent à la fin, nous faisant examiner d'un tout autre œil les événements précédents. C'est le but de l'auteur, certes, mais c'est tellement bien fait que je n'ai pu m'empêche de sourire en me disant "Bravo, je me suis fait complètement avoir". C'est d'autant mieux fait que j'ai eu du mal à comprendre que c'était l'explication finale. Je ne m'attendais vraiment pas au dénouement. Une excellente surprise.

Le reste est toujours pareil à un bon Agatha Christie, avec les femmes qui sortent du lot, battantes et qui défendent leurs intérêts (ah, les relations avec le père m'en-foutiste) et qui ne se laissent plus dominer par les hommes. C'est une excellente façon de voir les choses.

Bref, un excellent Agatha Christie dont la fin m'a complètement surprise encore une fois. Rien ne le laissait présager, je me suis fait avoir comme un bleu. Mais le reste n'est pas en ... Est bien aussi, avec ces personnages très intéressants et quelques petites considérations sur la condition féminine et son émancipation. Une lecture que je vous recommande, elle est franchement sympathique.

(Chronique n°148)

mercredi 5 mars 2014

Le cheval pâle (Agatha Christie)

Parfois, il arrive que je n'ai pas envie de lire quelque chose. Il faut alors se rabattre sur autre chose. Et parfois, j'ai des envies contradictoires : je veux lire et rien de ce que je vois ne me plait. Dans ces moments là, je me rabat sur des livres prenants, et surtout court, histoire de me plonger rapidement dedans et reprendre gout à la lecture. C'est aussi un moyen de se "détendre" de lecture lourdes et fastidieuses qui prennent un peu trop la tête. Agatha Christie est l'auteur idéale pour ces moments de spleen. Lire un de ses romans m'entraine dans une enquête que je suis avidement, et dont je ressort la cervelle purgée, sans me poser de questions ou philosopher, sans aucune véritable émotion. Un véritable nettoyage. Et c'est pour cela que j'ai lu ce Cheval pâle.


Résumé en trois mots : Enquête, Occulte et Croyances

Difficile de résumer un Agatha Christie en trois mots ... Je vais en baver aussi pour le suivant je crois. Enfin bref, c'est une histoire très courte (moins de 200 pages) qui ne contient aucun des héros habituel de la reine du crime (!). Et comme d'habitude, c'est excellent.

Agatha Christie à un style d'écriture assez génial, puisqu'elle nous pose une énigme, parfois sans qu'on s'en rende compte. Dans ce cas précis, l'énigme met du temps à venir, et au final j'ai été surpris puisque je ne m'attendais pas du tout à ce genre d'enquête (enquête qui n'en est pas véritablement une). Et encore une fois, le/la/les coupable(s) est surprenant, surtout que je ne pensais pas du tout en bon terme. Mais bref, j'ai encore été surpris !
Le tout est rehaussé par l'ambiance que sait poser Agatha Christie, avec une montée progressive du suspense et une galerie de personnages étranges et intéressant qu'on suit avec plaisir. J'ai été séduit encore une fois, bien que je ne pense pas que je relirais le livre (comme souvent avec Agatha Christie). Bref, une bonne facture comme d'habitude. Ajoutons que l'auteur penche pour une fois du côté de l'occulte, ce qui n'est pas inintéressant, car elle le fait d'une belle manière. On y croirait presque !

En somme, un excellent Agatha Christie qui nous invite à une enquête très différente de ce à quoi l'on pourrais s'attendre. La montée progressive du suspense et toute la mise en place est encore une fois excellente, et j'ai été surpris par le final. La reine des polars, toujours non détrônée. Je ne peux que vous conseiller cette lecture fort plaisante.

(Chronique n°147)

vendredi 17 janvier 2014

La fée Carabine (Daniel Pennac)

(Lu entre le 2 janvier et le 3 janvier 2014)

Deuxième volume de la saga Malaussène, après Au bonheur des ogres, voila venir la petite fée du quartier de Belleville. J'ai trouvé la couverture très particulière (je n'aime pas le trait de Tardi), mais l'histoire avait l'air amusante, et je me suis promis de tenter un second Pennac. Du coup, ça a donné une lecture rapide (je viens de la finir), et je m'empresse de vous livrer mon avis.


Résumé en trois mots : Vieux, Drogue et Enquête

Oui, je pense avoir tenu l'essentiel du livre dans ces trois mots. Nous aurons donc le droit à un nouveau tour de manège avec la famille Malaussène au complet (bien que certains membres soient très évanescent dans l'histoire) et pour des aventures trépidantes ! Et bourré d'humour surtout. Parce que la famille Malaussène n'est pas une famille de tout repos.

Le verdict finalement aura été très bon, preuve en définitive que ce n'est pas l'auteur mais bien le livre (je vous renvois à la chronique sur Au bonheur des ogres pour plus de détails). En effet, j'ai beaucoup plus aimé ce livre que son petit frère et cette fois-ci j'ai ris franchement à la lecture. Le roman a une trame plus intéressante et mieux faite, dans l'imbrication des différentes histoires, et que dire des personnalités qui sont présentées ! Des gueules extraordinaire, depuis la famille jusqu'au petit vieux en passant par les dealers. Et dans tout ça ne manque pas le rythme qui permet de lire d'une traite ce bon petit roman, qui fleure bon le Paris des parisiens, celui qu'ils aiment et qui possède bien des facettes, mais qui est avant tout un bouillon culturel et un agréable lieu de vie. Pour un peu il donnerait envie d'habiter cette capitale.

Bref, j'ai bien fait de continuer les livres de l'auteur, puisque finalement ce livre prouve que c'était plus le roman auquel je n'accrochais pas que l'auteur. Ce deuxième opus de la saga m'a bien plu et m'a donné envie de continuer à suivre les aventures de cette petite famille déjantée. J'en suis ressorti charmé, j'espère pouvoir lire rapidement les prochains tomes, pourvu qu'ils soient dans la même lignée.

(Chronique n°124)