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lundi 12 novembre 2018

(Faust) Eric (Terry Pratchett)

Neuvième -et sans doute plus petit- livre des annales du disque-monde ! Ce fut sans conteste la lecture la plus rapide que j'eus des annales, et je l'ai enchainé avec celle de Pyramides (oui, je lis dans le désordre) avant de poursuivre avec les différentes aventures du Guet de la ville d'Ankh-Morpork. Et j'ai enfin lu le roman faisant la clé de passage entre Sourcellerie et Les tribulations d'un mage en Aurient, tout en découvrant une nouvelle version du mythe de Faust, avouez que ce n'est pas rien !


Résumé en trois mots : Démons, Voyage et Magie

Je pense que je ne vais pas me cacher, pour l'instant, le cycle des livres de Rincevent dans les annales est de loin celui que j'aime le moins. Les tomes sont globalement moyens dans la série, et je n'ai pas encore trouvé cette perle rare qui me fera apprécier ce cycle autant que j'aime celui des sorcières ou du Guet. C'est notamment du au fait que Rincevent, tout amusant qu'il soit, n'est pas comparable aux personnages de La Mort, de Mémé Ciredutemps ou de Samuel Videmaire.

Et ce tome ne fait pas exception pour l'instant. Entre autres choses, je trouvais que le tome est très court par rapport aux autres, ce qui ne permet pas de développer une histoire véritablement conséquente, et qu'il ne prenait pas le temps de vraiment développer chaque point. L'idée de base est très amusante, mais je ne trouvais pas que ce soit vraiment viable niveau humour. Certes, on trouve toujours les petites phrases d'humour que Terry Pratchett sait dissimuler partout, la caricature de l'enfer de Dante et de diverses autres choses (notamment la guerre de Troie ou les Aztèques), mais le tout sans grand originalité. C'est comme de lire quelque chose de moins poussé par rapport aux autres  tomes, moins de cette pique fabuleuse que Pratchett savait insuffler dans les différents livres. J'ai bien aimé la façon dont est dénoncé l'administration et l'horreur de ces bureaux, ces déclarations en plusieurs exemplaires, mais le manque de développement est plutôt contre-productif.

Le principal problème du livre, c'est qu'il n'a rien de notable. J'ai souri, peut-être rigolé, mais je n'ai rien tiré de ma lecture, restant au final sur ma faim. Je l'ai lu, mais je n'en conserve que peu de souvenirs et il est rentré dans mes étagères sans que je ne sois sur d'y revenir un jour. C'est un peu le tome qui m'aurait laissé tomber la série de Rincevent, si je n'avais pas déjà lu le tome suivant (Les tribulations d'un mage en Aurient), qui relève bien le niveau.

Je suis sans doute très critique, trop sévère et peu objectif sur ce tome, mais j'avoue que ça m'embête de l'avoir lu dans le cadre des Annales du Disque-Monde, parce que cette saga m'avait tellement plus que je suis déçu quand je lis des tomes de moins bonne qualité comme celui-ci. C'est un peu fade, sans grande conséquence, facilement oubliable. Comme un creux dans l'inspiration de Terry Pratchett, et je suis sorti de ma lecture en n'y pensant déjà plus. Un livre qu'on peut sauter très facilement, donc, et qui ne restera pas dans les annales des annales. Passez rapidement aux autres tomes, bien plus intéressant à mon sens !

samedi 5 mars 2016

Pyramides (Terry Pratchett)

Et la saga continue ! J'ai atteint maintenant le septième tome de cette saga qui est en passe de devenir la saga la plus longue que je n'ai jamais lu, et il y a de quoi me direz-vous, mais qui est en plus celle où j'accroche suffisamment pour avoir envie de lire tout les autres en même temps. Heureusement, on avance progressivement, un pas après l'autre, pour découvrir encore plus avant les civilisations qui parsèment le disque-monde, tout en découvrant un auteur qui est décidément un génie et qui m'émerveille à chaque lecture par son humour.


Résumé en trois mots : Humour, Egypte et Temps

Ce nouvel opus des annales  nous entraine dans une parodie de l'Egypte ancienne, celle des momies, des pyramides et des pharaons. Celle d'une ribambelle de dieu et des chameaux. Mais comme toujours, Pratchett sait distiller un humour, fin et sans cesse renouvelé au fur et à mesure des tomes.

Ce que j'adore, outre la façon dont Pratchett arrive à tourner tout et n'importe quoi à l'humour, il continue de trouver une façon de glisser une critique ou un reproche envers quelque chose, et ici c'est envers les états englués dans les traditions, tout comme le despotisme religieux d'un peuple. Avec évidemment quelques petites piques envers le système d'administration. Et également envers la condition des femmes dans certains pays, tout comme les obligations royales. Et quelques petites touches de guerre par dessus, pour ne pas déplaire.

Ce tome est vraiment une parodie de l'Egypte antique. Là où je trouve le contenu fabuleux, c'est que pour peu qu'on y connaisse quelque chose, on notera tout les petits détournements qu'a fait Pratchett, en se servant de ce qu'on sait sur cette civilisation antique pour en tirer le suc humoristique. Sans même chercher à s'attarder sur chaque détail (par exemple la fameuse représentation égyptienne des hommes est tournée en dérision en deux phrases). Mais l'ensemble est incroyablement bien fourni au final, avec en sus une superbe fin qui change un peu de ce qu'on a d'habitude. Et j'ai eu un tel coup de coeur pour ces momies .... Les pauvres.

Cependant, je dois être honnête : ce tome est a classer dans le bon-mais-pas-meilleur des annales du Disque-monde. Le choix du sujet est parfait, le traitement excellent, mais je n'ai pas trouvé autant que dans d'autres tomes la finesse d'esprit et l'à-propos de Pratchett autour de petites critiques sociales, comme il m'avait habitué dans tant d'autres bon tomes. Du coup, je n'ai pu me départie d'un léger sentiment de déception. Heureusement, même dans ses moments plus faibles, Pratchett reste au-dessus de la masse.

Un tome excellent, comme toujours, un cran en-dessous de ce que j'avais l'habitude avec Pratchett, mais l'auteur reste un géant de la littérature, mariant les styles avec aisance et pour notre plus grand plaisir. Si j'ai trouvé le tome un cran en-dessous en ce qui concerne le fond et les critiques acides que l'auteur arrive à nous distiller dans les lectures, je reste admiratif devant un tome qui tourne en dérision toute l'Egypte antique que nous connaissons, et avec maestro, comme à son habitude. Un tome de plus a glisser dans la série, pas forcément le meilleur, mais toujours aussi agréable à lire.

(Chronique n°292)

lundi 29 février 2016

Au guet ! (Terry Pratchett)

L’ami qui m’a prêté les premiers tomes de cette saga me tanne à présent pour que je lise la suite de la saga, et surtout que nous puisions en parler ensemble à longueur de temps. Ce que je serais ravi de faire, adorant déjà cet univers et ces personnages délirants. Je me répète, mais Terry Pratchett est pour moi un génie de la littérature fantasy, et ça c’est quelque chose qui devrait suffire à vous donner envie de lire la saga. Mais si vous hésitez encore, ce tome huit a tout en lui pour vous convaincre de vous plonger encore une fois dans les Annales du Disque-Monde, ne serait-ce que pour avoir une fois dans sa vie l’occasion de lire un livre vraiment hilarant. Et ça, croyez-moi, ça vaut tout l’or du monde.


Résumé en trois mots : Enquête, Dragon et Guet

Ce tome s’ouvre d’une superbe manière, et fait parti de ceux qui m’ont fait le plus rire jusqu’à présent. Sans doute est-ce ce lot de personnages hors du commun qui parsèment le livre, entre la société secrète peuplée d’attardé, le patricien qui reste un personnage haut en couleur et hilarant (mais pourquoi n’aime-t-il pas les mimes ?), ou encore les membres du guet, des gens improbables, réunis par le hasard mais pourtant merveilleusement accordés. Pour nous faire rire, surtout.
Je ne tenterais pas de vous résumer cette histoire, qui tient de l’histoire épique, mais dans laquelle nous ne suivons pas les héros qui triomphent du mal, plutôt les petites gens ordinaires qui vivotent en évitant de mourir le plus souvent possible. Ce qui, à Ankh-Morpork, relève du miracle, il faut l’avouer. Mais en même temps, c’est le guet, chargé de protéger la ville de tout problème, notamment les invocations de dragons intempestives, ou encore les bagarres de nain.

Ce que j’ai apprécié le plus dans ce livre, outre l’hommage magnifique rendu à tout ces seconds rôles qui n’apparaissent à l’écran d’un James Bond ou d’un film d’action que pour mourir dans les secondes qui suivent, c’est l’inventivité sans cesse renouvelée de Pratchett pour ses personnages (et ses histoires aussi d’ailleurs, quand je parle de génie ce n’est pas à la légère). Que ce soit Vidmaire, Carotte ou Chiquard, chacun des personnages de ce livre m’amuse du début à la fin, et j’ai adoré chaque scène, chaque réplique. Tout est tellement hilarant, entre l’humain très grand qui se prend pour un nain, le vieux qui est là depuis dix piges, le gros qui partage son lit avec sa femme (au sens premier, ils dorment dedans à tour de rôle). Et bien évidemment, lorsque tout cela est mis dans une situation gravissime, c’est encore mieux. Je ne parle pas du petit dragon, ni de la bataille finale, ni de la solution qui est apportée, une petite perle d’inventivité et d’humour. Là encore, tout le talent de Pratchett éclate dans ces idées simples mais si bien venues.

Je ne me tarirais pas d’éloge sur ce tome, ni d’arguments pour vous donner envie de le lire. C’est toujours si bon de lire Pratchett, qui est drôle lorsqu’il n’est pas en forme, et hilarant lorsqu’il est au taquet. Ce qui est largement suffisant pour tout personne normalement constituée. Mais encore plus quand on est accro à son style et son humour.


Si vous n’avez pas encore compris qu’il faut vous jeter sur les annales du Disque-monde et dévorer chaque tome en salivant de plaisir et en laissant son rire sortir tout seul, je ne peux pas vous aider plus. Ce tome est un concentré de tout ce que j’aime chez Pratchett, entre le sérieux qu’il arrive toujours à distiller dans chaque oeuvre, tout en ajoutant des personnages sans cesse géniaux et hilarants, c’est du concentré de bonheur. C’est si bon qu’on aimerai pouvoir prolonger son séjour, qui se fera à nouveau dès le prochain tome que j’ai posé bien en vue sur le dessus de la PAL. Car ce genre de saga, c’est à pousser jusqu’au bout tant c’est bon. Que dire de plus. Lisez-là, vous passeriez à côté de quelque chose autrement.

(Chronique n°290)

vendredi 24 juillet 2015

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates (Mary Ann Shaffer &Annie Barrows)

Je lis rarement des livres récents, et encore plus rarement des livres qu'on m'a conseillé de toute part et dont je n'ai entendu que du bien. C'est bien trop souvent l'occasion d'être déçu ou de payer un livre bien trop cher. Mais de temps en temps, un livre perce et sait capter mon attention suffisamment longtemps pour que je veuille continuer de le lire même quelques mois après, lorsque le prix d'occasion du livre grand format est devenu si ridiculement bas qu'on peut se le payer sans grand problème. Ce qui est arrivé dans le cas présent, où j'ai fini par me payer mon édition originale sans trop de mal, puisque l'occasion sur le net était descendu à moins de 1€, ce qui est honnête, il faut se l'avouer.


Résumé en trois mots : Île, Communauté et Littérature

Ce livre est extraordinaire, cela fait un petit moment qu'un livre ne m'avait pas accroché comme celui-ci, harponné étant presque le mot idéal. Je l'ai commencé un soir, tranquillement posé dans mon lit, et ne voila t'y pas que je me retrouve vers 3 h du matin, à la moitié du livre, avec l'envie folle de le finir, ce que j'ai fait dès le lendemain. Car ce livre est extraordinaire, tant dans sa forme que dans son fond, dans le ton et dans l'histoire.

Le meilleur moyen dont je dispose pour résumer ce livre est le suivant : un concentré de bonne humeur. C'est de la joie de tout instant, des moments de plaisir heureux conservés dans des lettres, des petites perles réunies sous une même bannière, autour de cette auteure qui cherche un nouveau sujet de livre dans l'Angleterre d'après-guerre. Une femme qui est moderne sans trop le savoir, qui cherche à vivre et aimer, être heureuse comme tout un chacun. Et qui va tomber sur un cas curieux, un cercle littéraire plutôt hors norme.

La forme de ce livre est aussi délectable que le fond, puisque c'est un roman épistolaire qui nous est donné, mélange des lettres de tout les protagonistes. C'est agréable de lire à nouveau ce genre de roman que je trouve assez peu utilisé en littérature malgré tout le potentiel qu'il contient, avec ces enquêtes que l'ont fait pour deviner ce qui nous est caché. Et le mélange entre les différents protagonistes, les câbles, les lettres et même les mots glissés sous les portes. Un concentré hétéroclite qui nous entraine bien vite dans la vie de ces protagonistes.

Et justement, parlons-en maintenant ! La vie de ces protagonistes, ou plus exactement, l'histoire du livre : une histoire simple d'amitié, d'amour, de découvertes ensemble, de littérature et de guerre, un peu de tragique mais beaucoup d'amour, beaucoup de bons sentiments. De la vie qui redevient radieuse, souriante, rieuse ! C'est la fin de la guerre, et bien qu'on sente qu'elle était là pendant tout le récit, c'est un fait établi : le soleil brille à nouveau, la vie reprend ses droits. Et c'est la bonne humeur pour tout le monde ! Je ne compte pas les petits sourires, voir les vrais éclats de rire qui ont ponctuées ma lecture, savoureuse en tout point. Ce genre de roman se déguste comme un bon gâteau, une note sucrée voir suave, quelque chose d'un peu fondant sur la langue, qui reste en bouche ensuite. C'est doux et agréable. Une vraie lecture de plaisir.

Un roman agréable et qui m'a entrainé en moins de deux, c'est exactement le genre que j'aimerai pouvoir lire plus souvent. Simple et efficace, aussi bien dans son propos que dans son déroulement, ce livre se lit en un temps record et laisse une petite note sucrée sur les lèvres, comme un bon roman sait seul le faire. C'est typiquement le genre de roman qui vous colle un fichu sourire sans que vous ne puissiez/voulez vous en départir pendant quelques heures ensuite. Et qui vous donne également un incorrigible optimisme pour le reste de la journée. Et c'est tellement agréable ...

(Chronique n°288)

lundi 29 juin 2015

La voie martienne (Isaac Asimov)

J'avais complètement oublié cette chronique que je me devais de faire sur l'auteur que j'ai le plus lu pour l'instant depuis l'ouverture de la roulotte, l'excellent, l'admirable, l'extraordinaire Isaac Asimov, génie reconnu et admirable de la science-fiction. Je répare donc cette erreur, avec ce nouveau tome qui présente encore une fois des nouvelles de ce géant de la littérature.


Résumé en trois mots : Autres mondes, Espace et Enquête

Le recueil est très court, et ne comporte en tout que quatre nouvelles différentes, assez longues. Bien que ce soit plusieurs styles différents, on retrouve totalement le Asimov que nous connaissons bien, avec un côté polar très marqué, une minutie dans ses enquêtes et des précisions scientifiques, mais également avec les préoccupations habituelles, notamment le devenir de l’humanité, la transformation de l’humain au contact de la technologie et d’autres mondes, tout en suivant l’habituel humour dont il sait nous régaler à chaque fois.

La première, qui donne son nom au recueil, est sans doute la plus intéressante, avec une narration qui change un peu de ce que j’avais l’habitude de lire de sa part, tout en proposant une image très forte autour de l’humanité, pas forcément à son avantage d’ailleurs. Par contre, la façon d’envisager la nouvelle laisse songeur sur des possibles développements extra-terrestre. Encore une fois, un avenir qui laisse songeur, et qui m’interpelle sur notre conduite en tant que société humaine. En lisant ce genre de nouvelles, je me dis que si plus de gens acceptaient de lire de la science-fiction de ce style, le monde pourrait être bien plus agréable à vivre.

Dans l’ensemble, les autres nouvelles sont bonnes sans être remarquablement notables. Une enquête, une nouvelle humoristique dont la chute m’a surpris, et pour le reste c’est de la forme tel qu’Asimov nous a déjà présenté. Ni meilleur, ni moins bon. Le désavantage, c’est qu’après tant de lecture de ses nouvelles, ça ne renouvelle pas fondamentalement le genre, et j’ai parfois un peu l’impression de moins me laisser porter que d’habitude. Le renouvellement manque un peu, mais en même temps je rattrape toutes ses nouvelles de jeunesse, et je dois bien dire que c’est dans les écrits plus tardifs que j’ai noté tout le potentiel d’Asimov.


Un recueil de nouvelles très bon, comme d’habitude avec cet auteur, mais qui ne propose pas de renouvellement important de la part de l’auteur. Si vous n’avez pas encore lu de Asimov, c’est peut-être un bon moyen pour découvrir le style et l’auteur, en picorant un peu de ses différents styles, mais si vous êtes un fervent lecteur déjà bien accro à ses nouvelles, le recueil ne semble pas indispensable comme peuvent l’être d’autres. A lire, certes, mais pas un indispensable.

(Chronique n°287)

vendredi 26 juin 2015

Fantômes et farfouilles (Fredric Brown)

J’avais déjà eu l’occasion de lire deux livres de Frédéric Brown, et cet auteur m’avait beaucoup plu par sa patte très subtile dans la science-fiction, usant de codes ultra-classique du genre pour mieux les détourner au profit d’un humour détonnant et rudement efficace. Ce recueil m’intéressait donc, comme tant d’autres livres, mais c’est une amie qui m’a donné envie de le lire en me le conseillant très fortement. Suite à quoi je suis tombé dessus dans les bacs d’occasions (stand maudit, tu auras ma peau !), et l’achat s’est fait juste avant la lecture, qui fut d’une rapidité étonnante.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Humour et Tragique

Cet auteur n’est pas seulement un champion de l’humour et de la 
nouvelle, c’est également un auteur incroyable dans l’art de la micro-nouvelle, genre de nouvelles n’excédant jamais une page et demi, voir deux maximum (format de poche). Un genre de texte qui s’apparente presque à la blague à chute, tant la concision est de mise pour obtenir un effet percutant. Et, curieusement, ça marche du tonnerre !

L’auteur est excellent, car ses micro-nouvelles s’enchainent par dizaines sans qu’on ne lâche un seul instant de ces petites histoires rapides dont la chute et mordante, et bien souvent très drôle. Mais pas que. Là où l’auteur fait encore plus fort (et l’éditeur en les compilant de cette manière), c’est que lorsque vous lisez le texte, les nouvelles humoristiques sont espacés de temps à autre par des nouvelles au ton bien plus tragiques. Cependant, alors que le style ne change pas, on ne se rend pas compte de la différence tant que la nouvelle ne parvient pas à son terme. Et c’est là un art subtil et délicat  qui est exécuté d’une main de maitre. L’auteur nous entraine à chaque fois dans un petit moment de vie, sans qu’on ne se doute d’une fin amusante ou tragique, la chute seulement pouvant nous éclairer. Et c’est sublime, car lorsque l’on tombe dans le piège, on croit avoir compris le truc. Mais rien n’y fait, l’auteur nous surprend à nouveau au détour d’une nouvelle.

J’ai adoré cette forme de nouvelle, très très courte, mais appétissante, comme une petite sucrerie entre deux repas de livres. La lecture fut plaisante et d’une vitesse hallucinante, le style aidant beaucoup. C’est toujours agréable de lire ce genre de choses, de temps en temps, pour se poser gentiment, déguster deux trois pages et repartir sur un livre plus conséquent ensuite. Une pause agréable, dans un univers d’une drôlerie implacable, avec un auteur que je commence à apprécier de plus en plus. Sans aller jusqu’a chercher de nouveaux ouvrages de sa part, je serais ravi de tomber à nouveau sur lui au détour d’un rayon d’occasion !



Excellent livre, excellent style, excellent humour. C’est un recueil parfait, comme j’aimerai pouvoir en lire plus, bourré de talent et d’inventivité, où l’auteur laisse libre cours à son imagination fertile pour nous pondre humour et policier dans un style vif et incisif. Pas un bout de gras jusqu’au final tranchant, et c’est si bon à déguster. Je recommande à tout le monde, car Frederic Brown est un auteur à découvrir, et ce recueil est vraiment excellent.

(Chronique n°286)

mercredi 27 mai 2015

Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi (Arto Paasilinna)

Curieusement, il y a parfois un stade de trop avec certains auteurs, un stage au-delà duquel on se dit qu'il aurait mieux valu qu'on arrêtasses la lecture. Parce qu'il est temps de changer de gamme, de passer un peu à autre chose. J'ai eu ce trop plein avec Au fruits de la passion de Pennac, avec le Fondation foudroyée et maintenant, je le découvre avec ce livre de l'auteur. Un auteur que j'estime et que j'ai suivi avec intérêt, mais qui m'a au final écoeuré comme un trop plein de chocolat. Bref, je crois que ce livre sonnera pour moi le glas de notre relation, et que Arto Paasilinna ne visitera plus la roulotte aux livres.


Résumé en trois mots : Noel, Femmes et Finlande

Ce livre fut celui de trop. Peut-être pas la bonne période, peut-être pas les bonnes conditions, peut-être trop proches des autres lectures. En tout cas, je n'ai pas apprécié ma lecture comme autrefois, et j'ai fini par être lassé avant la fin du roman, souhaitant qu'il se finisse bien vite.

C'est d'autant plus dommage que l'idée est intéressante, notamment sur le personnage principal qui est un odieux connard et que l'auteur se plait à nous présenter sous un jour assez peu reluisant. Le périple qu'il connait dans les deux parties du livre est plutôt rocambolesque, mais il m'a peu intéressé, et je me sentais las des multiples références qui reviennent sans cesse dans sa bibliographie. Après 7 livres lu, je me sentais un peu trop pris dans des références régulières, et je me lassais de l'effet comique redondant.

Clairement, le livre de trop pour moi. J'apprécie toujours autant la plume de l'auteur et son ton volontairement mordant avec les Finlandais de manière générale, mais je trouve que c'est un peu trop d'avoir dévoré autant de ses livres. J'aurais du déguster la chose de manière plus délicate, et je vais maintenant faire une longue pause que j'espère non-définitive avec lui. C'est un bon livre, soyons honnête, mais il est venu au stade du trop. Dommage, les idées étaient intéressantes. C'est moi qui n'était plus en état de le recevoir.

(Chronique n°276)

lundi 25 mai 2015

La douce empoisonneuse (Arto Paasilinna)

Petite lecture que j'avais omis de chroniques, oubli impardonnable que je me permet de rattraper immédiatement en faisant rejaillir tout ce dont je me souviens de ce livre dont je conserve pour l'instant un très bon souvenir. Car c'est encore de la bonne facture, celles d'un auteur d'humour qui sait toujours trouver des nouvelles façons de raconter une histoire. Même si foncièrement rien n'est changé entre tout les livres.


Résumé en trois mots : Morts, Jeunesse et Hasard

Ce livre est extraordinairement bien fait, nous racontant l'histoire d'une sympathique petite mamie gâteau, bien gentil et proprette, qui se fait voler chaque mois sa pension par son petit fils, voyou de bas étage et incapable de faire quelque chose de ses dix doigts. Désespérée, la vieille se voit contrainte de subir sans cesse, jusqu'au jour où les voyous vont trop loin, et qu'elle décide de se suicider. Sauf que faire du poison est sympathique, mais quand un de ses bourreaux l'avale par erreur, c'est encore plus drôle !

Ce livre est génialement mis en scène, ente le début qui sonne comme un critique sociale de ces vieux démunis faisant face à une jeunesse violente et inactive, qui préfère se sucrer sur la pension des vieux, mais tout tourne rapidement à l'humour sombre et hilarant de Paasilinna, qui reste toujours dans son registre habituel. C'est une sorte de traque mais dans le mauvais sens, où les jeunes ne comprennent pas comment faire pour retrouver cette petite vieille qui tue sans trop s'en rendre compte. Le ton léger et drôle fait mouche à chaque coup, et bien vite on se retrouve à s'attacher à la petite vieille qui tue. C'est également une belle satyre sur la vieillesse de Finlande, et j'ai bien aimé les quelques piques dissimulés de ça de là dans le récit.

Un petit livre toujours sympathique et agréable, comme sait si bien nous le faire Arto Paasilina. C'est le genre frais et léger qu'on déguste tranquillement quand on ne veut plus se faire de livres complexe. Une petite détente agréable entre autres livres, et toujours avec un beau sourire aux lèvres et une petite pensée pour ces injustices sociales caricaturées dans les romans de l'auteur finlandais le plus lu. Recommandé !

(Chronique n°275)

samedi 23 mai 2015

Trois soeurcières (Terry Pratchett)

J'ai décidé récemment de me procurer une bonne partie de la suite de la saga du Disque-Monde et de lire enfin les différents tomes, mais dans l'ordre, pour pouvoir enfin me targuer d'avoir lu (ou tout du moins commencé à lire) la plus longue saga de fantasy jamais écrite. Et puis pour pouvoir à nouveau rire un bon coup. Parce que c'est tout de même l'auteur qui m'a fait le plus rire de toutes mes lectures jusqu'à maintenant. Et puis c'est l'occasion de retrouver la fameuse Mémé Cirdutemps, la sorcière la plus puissante qui ai jamais existé dans le disque-monde. Alors replongeons dans ses annales !


Résumé en trois mots : ThéâtreSorcière et Conte

Terry Pratchett est un sacré génie de la littérature, ce n'est plus à prouver (du moins j'espère), et cet opus du disque-monde ne fait que me confirmer ce talent sous-jacent à l'ensemble de son oeuvre. Déjà parce que Pratchett est un des rares auteurs humoristiques a pouvoir fournir une telle qualité dans son humour, et ce de façon constante dans la série. Mais c'est également un auteur de talent quant aux références qui parsèment le texte, tout comme sa capacité à détourner, parodier, réutiliser tout ce qu'il veut.

Si je parle de ceci avant de commencer, c'est bien parce que ce tome est un énorme hommage au plus grand écrivain qu'il ait jamais existé dans l'ensemble de l'histoire anglaise, William Shakespeare. Terry Pratchett se ré-approprie ici les textes de l'auteur (et notamment MacBeth) pour nous livre un roman hilarant sur trois sorcières des montagnes du Bélier (près du Moyeu) qui réécrivent une histoire légendaire. Rien que le pitch de base donne envie de se plonger dedans non ?

En toute honnête, ce tome est à mettre dans le haut du classement des Annales du Disque-Monde. Une inventivité débordante jaillit des pages pour nous refaire Shakespeare en direct, tant au plan historique que dans ses oeuvres, reprenant passages de textes, histoire et principe, parlant du théâtre et des sorcières, ce tome est l'incarnation de l'hommage parodique réussit de bout en bout. Tout tiens debout, tellement que je me demandais au milieu du tome si je n'avais pas atteint la conclusion, avant que le récit en rebondisse pour un deuxième acte tout en subtilité qui se conclura magnifiquement par le Happy End qu'on attend de tout les tomes du Disque-Monde, mais toujours avec des nouveautés et des idées délirantes. C'est tordant, j'en ai lâché la lecture pour rire tout mon saoul a trois reprises, et j'ai pleuré de rire à certain moment. Rire jusqu'à en avoir mal aux côtes tout en étant surpris de l'ingéniosité, émerveillé des parodies et dépité de ne pas pouvoir repérer toutes les références, c'est plus qu'un talent d'écriture, ça confère à la magie, non ?

Bref, un tome qui m'en a mis plein la vue, et ce n'est pas rien de le dire. Une inventivité folle pour une reprise de Shakespeare sans précédent, follement drôle et prenante en plus. Des personnages adorables qu'on suit avec un sourire sans cesse accroché, et tout cela avec une plume qui mélange des citations et détournements aux traits d'humour habituels de l'auteur. Rien de moins qu'un livre qui rentre dans mon best-of du genre, et pour qu'un livre d'humour y rentre, croyez-moi, faut se lever tôt ! Terry Pratchett l'a fait, et avec une classe qui confère au génie. Rien que pour ça, je dis Sir Terry Pratchett, s'il-vous-plait.

(Chronique n°274)

jeudi 7 mai 2015

La vierge froide et autres racontars (Jorn Riel)

Sur les conseils d'un Bison qui est toujours d'un bon conseil pour tout ce qui est de la littérature en générale, et sur le blog duquel je vous invite a aller perdre quelques minutes pour déguster un article de qualité et une petite bière que vous auriez mis au frigo en même temps, rendu assoiffé par ses photos.
Mais treve de digression sur l'alcool, bien que ce serait ici un propos dans le ton, et penchons-nous sur ce petit livre, recueil de nouvelles et d'histoires variés provenant d'un continent froid comme le pole nord, dont il n'est d'ailleurs pas loin. Bienvenue dans le fief du Danemark, au royaume du Groenland.


Résumé en trois mots : Trappeurs, Alcool et Hommes

Ca, c'est un album qui sent l'homme, et plutôt le genre qui a du poil au torse et une idée sur tout. Les pochtrons de comptoir qu'on retrouve sur une terre trop gelé pour y verser une larme. Ici, c'est la terre de la longue nuit, où le soleil ne vient plus visiter les enfants oubliés de cette époque. Des hommes seuls, plus que nul autre, avec des compagnons d'infortunes. Si les femmes manquent, la trappe et l'alcool sont là pour remplacer le tout. Et bien évidemment, les amis, qui réchauffent le coeur et nous redonnent l'envie d'être seul.

Ce recueil de nouvelles est d'un ton diablement acide, une bonne crème glacée à l'ironie, face à des hommes seuls dans des mauvaises cabanes, se saoulant à l'alcool et mangeant les bêtes qu'ils chassent dans les environs, accueillant les nouveaux comme ils le veulent, vivant de leurs fantasmes et leurs rêves, rattachés à des petites réalités. Rien de bien méchant, ou presque. Un ensemble hétéroclite, humoristique et grinçant, voir glaçant, comme la bise du nord qui souffle sur les murs de leurs cabanes.

Sa lecture fut largement jouissive, avec des éclats de rire et de l'intérêt tout au long avec les variations de thèmes qui se développent dans les différentes nouvelles, croisant les personnages et les histoires pour comprendre la vie sur ce morceau de terre perdue dans le froid du nord. Et l'écriture ajoute du charme en étant d'un ton bourru et brute. Comme les nouvelles.

Un recueil de nouvelles qui refroidit le coeur, en nous contant la vie difficile de ces pauvres gars sur un continent gelé dans le nord. Des histoires simples de la vie de tout les jours, qui est tout sauf ennuyeuse dans ces contrées glacées et hostiles, ou l'homme se bat avec la faune et le climat pour subsister. Mais également avec lui-même, entre les débris d'alcool et les relations de voisinage, même lointaines. Un recueil amusant et qui change, a lire pour le plaisir.

(Chronique n°270)

lundi 27 avril 2015

Le magasin des suicides (Jean Teulé)

Premier ouvrage de cet auteur pourtant bien connu, mais je n'ai jamais cherché à le lire ni à l'acheter. Jusqu'à récemment, où je l'ai découvert en occasion et que je me suis laissé tenter par l'achat, puis par la lecture le soir même. Et je l'ai finalement fini dans la soirée, tant il est court et vite lu. Ca faisait un petit moment que je n'avais pas pris le temps de déguster un petit livre aussi court, bien posé le soir. Le temps d'une soirée, une lecture pour échapper à ce monde.


Résumé en trois mots : Déprime, Vendeurs et Monde

Le roman est très humoristique, jouant sur les contrastes de ce monde en perdition où le suicide se vend comme le reste. Le ton reste volontairement dans l'humour noir, et tout tourne autour de cette joie de vivre que vient contrebalancer la morosité ambiante. C'est à la fois, dans une certaine part, une anticipation plutôt noire sur le climat et la mentalité, mais aussi une formidable bouffée d'optimisme sans faille et sans fin. C'est la joie de vivre de tout les instants et sans même chercher à être heureux. La joie d'une famille qui est malheureuse.

En toute honnêteté, j'ai adoré ce livre. Vraiment, bien que la lecture fut très rapide et plaisante, j'ai été happé dans ce monde sombre et triste où la mort se vent et l'espoir fait figure d'étrangeté. C'est le genre de livre qui invite à sourire béatement, sans se poser de question, qui propose de simplement se dire que la vie est formidable sous tout ses aspects et qu'elle vaut largement la peine d'être vécue, encore plus ici dans notre monde à nous. Un livre optimiste et débordant de bonne humeur, bien que la fin sombre surgisse un peu brutalement. Mais c'est la touche finale d'une histoire qui tend vers l'optimisme. Et par ces temps souvent moroses, je ne peux que vous dire que c'est le genre de livre à lire. Une bouffée d'air frais qui fait du bien.

Un petit livre qui met en joie, et qui m'a bien plu, c'est certain. J'ai aimé, de façon simple, cette histoire, ce défilé de morosité et d'optimisme débordant, tout autant que l'ingéniosité de la mort, sous toutes ses formes. Une lecture qui m'a fait sourire et à laquelle je repense en me sentant un peu plus léger dans ce monde-ci. On est pas si mal, dans notre époque. A lire, c'est vite lu et bien lu !

(Chronique n°265)

lundi 13 avril 2015

Prisonniers du paradis (Arto Pasilinna)

Et encore un livre de cet auteur, le finlandais Arto Paasilinna, qui sait à chaque fois nous entrainer dans des histoires rocambolesque avec des personnages hauts en couleurs et généralement bien gorgés d'alcool. Ce qui est encore une fois le cas ici, mais avec un climat bien différent et quelque peu plus clément, les tropiques !


Résumé en trois mots : Crash, Jungle et Communauté

Ce roman est différent de ce que l'auteur écrit habituellement, puisqu'il exporte ses charmants compatriotes finlandais dans les tropiques, en prenant pour prétexte un crash d'avion qui oblige des suédois et finlandais à rester sur une île déserte, sans espoir de voir un jour venir les secours. Les personnes commencent alors à s'organiser pour survivre, et bientôt la survie n'est plus le seul motif de rester, puisque le bar de la jungle va même ouvrir, avec son alcool distillé localement.

Je ne sais pas si l'auteur est passionné d'alcool, mais c'est un thème plus que récurent dans ses romans, mais passons. En tout cas, ce livre prouve encore une fois le grand talent de Arto Paasilinna, qui nous sort encore une histoire délirante et bienvenue (sauf pour un ou deux détails, notamment avec les gilets de sauvetage qui semblent inépuisable ...) sous un jour différent de d'habitude. Je me suis senti, durant ma lecture, transporté sous les tropiques, et c'était bien agréable. De plus, ces hommes toujours extraordinaires que nous pond l'auteur sont une source inépuisable de rire, avec tout ce que cela comporte de bagarres, de projets stupides ou de réussites grandiose. D'au bout à l'autre l'auteur invente tout ce qu'on peut imaginer pour finalement nous laisser fermer le livre avec un petit rictus au coin des lèvres.

Encore une réussite, simplement un bon livre humoristique qui m'a fait rire alors que je commence à m'habituer au style de l'auteur et que je n'en suis plus à mon coup d'essai avec lui, mais la sauce prend encore une fois et la lecture fut plaisante d'un bout à l'autre. C'est toujours un régal d'humour et d'inventivité, jusqu'au final, et je vous recommande encore une fois sa lecture pas très longue, qui plus est, pour passer un moment agréable.

(Chronique n°259)

vendredi 10 avril 2015

Petits suicides entre amis (Arto Pasilinna)

Un autre livre de cet auteur, l'avant-dernier de ma PAL, histoire de varier entre toutes les lectures du moment qui sont centrées Sf et Fantasy. Un peu d'humour noir et de contrée glacée, de ces auteurs finlandais, qui écrivent le grand froid des contrées du nord. Et qui se permettent parfois de descendre et de vadrouiller dans toute l'Europe.  Car oui, pour une fois l'auteur sort de sa province natale et se permet de partir à l'aventure, pour enfin se jeter à l'eau !


Résumé en trois mots : Suicidaires, Voyage et Europe

L'idée de départ est excellente, il faut bien l'avouer, lorsque nous découvrons ces deux gentils finlandais qui aimeraient se suicider et qui se croisent par hasard. Commence alors un projet curieux : créer un comité de suicide pour aller se suicider ensemble. Et réunir le plus gros groupe de suicidaires finlandais. Mais le suicide, ce n'est pas aussi simple qu'on le voudrait, surtout quand c'est entre amis.

Ce roman est assez différent de ce que j'avais déjà lu de l'auteur, notamment avec son détachement un peu plus net de la nature, thème récurrent de l'auteur, et qui venait se greffer partout. Ici encore l'auteur nous gratifie d'un début rural mais bascule ensuite en un long voyage à travers tout les pays de l'Europe, et c'est au final peu de la nature qui nous est dévoilé ici. On traverse le tout sans vraiment prendre le temps de s'arrêter.

De plus, le sujet très grave du suicide est tourné ici au maximum de la dérision, dès son début, et bascule progressivement vers quelque chose de plus léger, un road trip tranquille entre amis. Et bien sur, l'humour perpétuel de Paasilina reste présent dans les pages.
J'ai apprécié ce morceau de fantaisie débloquée, de personnages hauts en couleurs qui sillonnent l'Europe pour aller se jeter dans le vide et en finir avec une vie qui ne les satisfait plus. C'est jouissif à lire, et j'ai eu des beaux fous rire encore une fois. L'auteur n'a décidément pas son pareil pour nous croquer des situations surréalistes et hilarantes.

Encore une fois, l'auteur tape juste en nous sortant un livre déjanté sur un thème aussi grave que le suicide, mais ce n'est pas comme si l'auteur ne nous avait pas habitué au thème. C'est amusant, et innovant dans ses situations qui ne se figent plus dans la lointaine Finlande, mais vont ici jusqu'à chez nous, apportant la morosité de ces suédois jusque dans nos contrées. J'ai aimé et j'ai beaucoup rit, alors je ne peux que vous le recommander, encore une fois. Cet auteur est décidément un excellent auteur comique.

(Chronique n°258)

mercredi 25 mars 2015

Janua Vera (Jean-Philippe Jaworski)

J'avais beaucoup entendu parler de cet auteur qui aurait réalisé un coup d'exploit extraordinaire avec son premier recueil de nouvelles avant de pondre un livre qui aurait été une exception dans le paysage de la fantasy française. Cela a titillé ma curiosité et je me suis procuré les deux ouvrages sus-dit du bonhomme avant d'attaquer goulument le premier. Et là, ce fut le choc, tel que je ne l'avais plus ressenti depuis un long moment.


Résumé en trois mots : Guerre, Médiéval et Sombre

Ce recueil est très hétéroclite, conservant toutefois une trame sur l'ensemble au niveau de l'ambiance, ce médiéval fantastique assez sombre mais en même temps développé au travers de nombreux points de vue, les guerriers et la noblesse, les paysans, les religieux. En relisant l'ensemble, c'est toutes les couches de la société médiévale qui sont présentes ici. Et c'est tant mieux !

La raison pour laquelle je qualifierai ce recueil de génial, c'est la haute qualité des nouvelles présentées. Rien ne m'avait préparé à cela, et je suis charmé, aussi bien par la plume de Jaworski, très fluide et très belle, qui met en immersion dès les premiers mots, mais également par l'inventivité dont il fait preuve.

Curieusement, la nouvelle Mauvaise donne qui est ensuite développé dans le roman Gagner la guerre, est celle qui m'a le moins parlé du recueil, tout en restant très bonne. Le recueil comporte 8 nouvelles, et je dirais que plus de la moitié sont sublimes. La première, l'histoire d'un Dieu-roi, est surprenante par son approche et bienvenue, une excellente ouverture du recueil. La deuxième, Mauvaise donne donc, est agréable et plante un décor que j'aimerai bien voir développé. La troisième est peut-être la moins intéressante, une histoire de chevalier, mais bien menée et agréable. 
Et là, le recueil bascule dans les nouvelles fantastiques. Une offrande très précieuse, qui sait jouer du fantastique avec des soldats tout en finesse, très belle nouvelle. Le conte de Suzelle, l'histoire d'une femme paysanne, d'une cruauté et d'une force extraordinaire. J'ai été séduit par cette histoire qui m'a ému, tant on est dans un conte cruel. A mon avis, la meilleur du roman. Jour de guigne, une nouvelle très drôle et rafraichissante après les dernières plus lourde, tout en ayant une bonne petite histoire. Un amour dévorant, nouvelle très sombre et très belle, une histoire de fantômes qui n'effrayent pas.
Et enfin, Le confident, une nouvelle qui présente beaucoup de choses et apporte une conclusion largement ouverte, toute sujette à interprétation.

Ce recueil est en globalité excellent, et certaines nouvelles sont fabuleuses. J'ai été étonné de trouver une telle qualité dans un premier livre, et si l'auteur est à ce niveau dans le reste, je comprend les critiques élogieuses qui découlent. C'est prenant et inventif, et je serais ravi de pouvoir me replonger dans ce monde. La suite très vite donc !


Un monde qui m'a surpris par sa noirceur et son caractère réaliste, mais dans lequel j'aimerai bien pouvoir replonger maintenant que j'y ai pris gout. Un premier recueil qui mérite amplement son succès donc, et que je vous recommande à tous, pour peu que la fantasy vous intéresse. C'est vraiment du haut niveau, et je ne m'attendais pas du tout à quelque chose dans ce style. Sombre, mature, mais aussi drôle et beau, un recueil complet qui vous fera passer un excellent moment. J'ai aimé, je le recommande !

(Chronique n°250)

jeudi 5 mars 2015

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (Jonas Jonasson)

Je ne voulais pas spécialement le lire, mais deux personnes m'en parlaient en bien et une amie à finalement fait une lecture du même auteur et je me suis laissé tenter à le prendre et le commencer, histoire de me faire mon propre avis sur la question. Et puis, un auteur suédois qui semble écrire comme un auteur finlandais, ça ne semble pas mauvais, surtout quand il fait dans l'humour très noir. Le résultat c'est que je l'ai fini en deux jours et que j'en suis bien content.


Résumé en trois mots : Humour, XXème et Vie

Le roman est vraiment très bon et m'a surpris dans le bon sens du terme. Régulièrement je trouve dommage que des romans qui s'orientent clairement vers l'humour connaissent un moment de faiblesse quand ce n'est pas carrément un moment qui n'est tout simplement pas drôle, pour finir assez souvent en queue de poisson. L'humour est une chose trop sérieuse pour la confier à des rigolos.

Et ici, et bien c'est magnifiquement fait, je dois l'avouer, puisque j'ai gardé le sourire jusqu'au bout et que j'eux encore quelques éclats de rire jusqu'au bout, ou presque. L'auteur a su innover et faire preuve d'imagination sans cesse renouvelée. Et ça, c'est agréable à lire.

En peu de mots, l'histoire est simplement celle d'un petit vieux qui ne veux pas fêter son anniversaire dans sa maison de retraite et qui s'évade donc simplement. Mais c'est également toute l'histoire de sa vie avant qu'il n'arrive dans sa maison de retraite perdu. Une histoire qui sillonne le monde et le vingtième siècle, avec tout ce qu'on peut imaginer de personnalité sur le parcours.

Ce livre a l'avantage de ne pas chercher le moins du monde à tomber dans le réalisme et explose tout les cadres conventionnels d'un héros et de son épopée. Ici rien n'est normale et le héros cherche juste, la plupart du temps, à picoler un verre, à manger comme un roi et ne pas entendre parler de politique. D'autre part, ce héros très peu bavard (enfin, qui ne parle pas tellement dans le livre) est presque un anti-héros par certains côtés, mais il reste un personnage haut en couleur qu'on adore suivre. Moteur de l'action mais également de l'humour.
Ce livre se lit comme une petite douceur au milieu d'autres styles. Une bonne aventure pleine d'humour et de références, qu'on déguste tranquillement tandis que le personnage nous fait parcourir le monde et les époques, sans jamais se calmer. C'est jouissif et agréable à lire d'un bout à l'autre.

Pour une fois, je suis d'accord avec un best-seller d'humour, et croyez bien que c'est assez rare chez moi, mais ce livre tape juste et bien, avec un humour excellent qui perdure tout le long d'une intrigue foisonnante d'inventivité. Un bon roman, qui m'a beaucoup plu et qui m'a agréablement surpris. J'ai hate de retrouver un roman humoristique de ce niveau là. Je vous le recommande hautement, pour passer un agréable moment.

(Chronique n°240)

mercredi 25 février 2015

Les tribulations d'un mage en Aurient (Terry Pratchett)

J'avais envie de le lire quand j'ai appris qu'on y renouait avec le personnage de Deuxfleurs, le touriste naïf et curieux du premier tome des Annales du Disque-Monde. J'avais tellement apprécié le personnage que je me suis décidé à court-circuiter le cycle complet de la saga et aller directement au tome 17, qui retrouve encore Rincevent en mauvaise posture (pléonasme). Et bien d'autre encore. Car le monde est petit, encore plus lorsque c'est un disque, alors c'est parfaitement normal de retrouver tout ceux que l'on connait ensemble. Pour notre plus grand plaisir.


Résumé en trois mots : Orient, Révolution et Guerre

Rincevent atterrit ici dans le continent Contrepoids, le grand continent richissime et clôt d'où est venu Deuxfleurs jadis, dans un passé bien lointain. Mais tout n'est pas rose en cette rieuse contrée de l'Aurient, puisqu'un livre court. Un livre d'un certain touriste : "Ce que j'ai fait durant mes vacances", d'un certain Deuxfleurs. Et dans ce livre est évoqué un certain "Grand Maje" qui leur est envoyé. Et Rincevent se retrouve encore une fois dans le pétrin.

Ce roman est agréable à lire, car le cadre dépayse complètement, dans cette parodie plutôt évocatrice de l'Orient que nous connaissons bien. Mais il rapporte à nouveau le personnage de Cohen Le barbare et sa Horde d'argent, prêt à réaliser le casse du siècle. Et effectivement, pour un sacré casse, c'est un sacré casse. Du genre que je n'avais clairement pas vu venir. Et puis nous retrouvons avec plaisir Rincevent qui ne parviendra toujours pas à faire quelque chose de concret de ses dix doigts. Un mage raté, certes, mais raté en tout. Et toujours le pion de la chance, qui joue contre le destin.

J'ai beaucoup aimé cette histoire, à la fois pour tout le comique qui s'en dégage (le simple dialogue des mages face à un canon par exemple) et qui m'a fait pleurer de rire à certains moments, en grande partie avec le charisme de Cohen le Barbare, mais également avec les références à la Chine ancienne, tout en ajoutant le communisme du petit livre rouge qui se greffe par dessus. Un vrai pot-pourri donc, mais qui m'a entrainé jusqu'au bout.

Un roman dépaysant et humoristique, pour une histoire tout à fait sympathique et qui nous fait renouer avec des héros bien connus, pour nous entrainer dans un Orient parodié qui m'a parfaitement convenu. Encore une réussite pour ces annales du Disque-Monde, et j'en suis à ne plus trop savoir comment le conseiller sans redire ce que j'ai déjà dit. Alors lancez-vous si vous n'avez pas encore essayé. Jusqu'à là, toujours bon !

(Chronique n°236)

lundi 23 février 2015

Mécompte de fée (Terry Pratchett)

Je me suis décidé pour se tome de façon complètement aléatoire et sans la moindre idée d'où il se situait dans la saga, et principalement parce que je trouvais l'idée de couverture sympathique. On a déjà vu pire dans le choix d'un livre, non ? Et puis Pratchett restera Pratchett, le Disque-Monde restera le disque monde, et cela ne changera jamais. Les séries immanquables le resteront, et j'ai découvert ici un nouveau volume de celle que j'explore plus avant maintenant.


Résumé en trois mots : Voyage, Magie et Contes de fée

L'histoire reprend le personnage haut en couleur de Esmeralda Ciredutemps, dites Mémé Ciredutemps, sorcière de son Etat, et sa collègue et néanmoins amie Nounou Ogg. Ainis qu'une troisième comparse, Magrat Goussedail, jeune sorcière qui hérite ici d'une baguette de bonne fée. Oui, une vraie baguette comme dans les contes ! Sauf qu'ici ça transforme tout en simple citrouille. Ah oui, nous retrouvons aussi le chat de Nounou Ogg, Gredin, qui tiendra ici un rôle plutôt inattendu. Mais j'en dis déjà beaucoup.

Ce tome est à la fois hilarant, mais également rempli de clin d'oeil et de parodies, intéressant sur les personnages du Disque-Monde et enfin très complet dans son histoire. Ce qui en fait un des meilleurs de ceux que j'ai lu jusqu'à présent, il faut bien le dire ! L'idée de départ m'a semblé juste agréablement sympathique, mais les développements sont extraordinaires. Outre les personnages extrêmement sympathiques des sorcières du Royaume de Logres (qui sont en fait plus craintes pour le bazar qu'elles créent que pour leur pouvoirs), nous avons le droit en première partie à un road trip des plus hilarants et qui se permet de faites plusieurs clins d'oies bien sentis, notamment à Dracula ou au Seigneur des anneaux. Ce long périple est déjà efficace pour nous décoincer les zygomates (voir les fatiguer) mais s'ouvre ensuite une deuxième partie qui m'a renversé littéralement. Arrivé dans une Louisiane où se pratique le vaudou, mélangé à un conte de fée réel où les gens se doivent d'être heureux et de faire partie d'une belle histoire, avec le caractère en acier trempé des sorcières, mais également le chat, un bal et un nain dragueur, autant vous dire que je me suis retrouvé plié de rire bien plus souvent que je ne l'aurais cru.

Ce roman est excellent, tant par son côté humoristique que par les clins d'oeil de l'auteur qui sont disséminés dans l'ensemble du livre, mais également par le ton qui sait redevenir sérieux vers la fin et trouver une façon de rajouter de la gravité dans l'ensemble de l'oeuvre, comme souvent (mais pas trop non plus, on est pas là pour tirer les mouchoirs) et enfin conclure sur l'humour habituel de Pratchett et sortir de là avec un grand sourire sur la face.

Un excellent roman des Annales, avec ce qu'il faut d'humour et de personnages haut en couleurs, de situations absurdes et rocambolesques, de détournements, de parodies et de clins d'oeil. Sans aller dans ce qu'avait pu produire Pratchett en terme de réflexions avec l'humour, nous avons ici un simple roman humoristique qui est largement suffisant pourvu que c'est ce que l'on recherche. Je vais essayer de plonger rapidement dans les autres romans de ce trio de Sorcière et découvrir ce qu'il leur arrive encore, car j'ai vraiment beaucoup apprécié.

(Chronique n°235)

vendredi 20 février 2015

Sourcellerie (Terry Pratchett)

Cinquième tome des Annales du Disque-monde, je progresse maintenant un peu plus dans l'ordre et j'ai bon espoir d'atteindre le tome 20 en lisant progressivement dans l'ordre, et ainsi pouvoir finir un jour la saga. Enfin, vu le prix, c'est pas pour demain la veille. 35 tomes quoi ! Bigre, diantre, fichtre et foutre. Mais bon, faut avouer que c'est si bon ... D'ailleurs, parlons de ce qui nous amène ici, parlons de ce tome, celui qui continue les aventures de Rincevent, mage minable de l'université de l'invisible, et qui possède comme unique preuve de sa magie son chapeau brodé du mot "MAJE". Evidemment, quand ça commence comme ça, on s'attend à quelque chose ensuite.


Résumé en trois mots : Magie, Apocalypse et Voyage

Rincevent est peut-être un mage minable, mais il n'en reste pas moins doué pour se fourrer dans les situations les plus invraisemblable et qui nécessitent son action immédiate sous peine de fin du monde. Rien que ça, messieurs-dames ! Et ici la raison est simple : un sourceleur arrive ! Un sourceleur, c'est un sorcier au carré. Un huitième fils d'un huitième fils d'un huitième fils. Là où le mage ordinaire n'est qu'un huitième fils d'un huitième fils. C'est un condensé de pouvoir, un bloc de magie brute, quelque chose qui est à même de modifier la trame du monde. Et c'est justement ça le problème.

Si j'ai beaucoup aimé l'idée de départ et le développement humoristique qui s'en suit, Rincevent restant l'éternel looser qui n'arrivera jamais à rien. C'en est presque triste parfois, tant il est minable, mais la veine humoristique vient en grande partie de lui, et le Bagage, fidèle compagnon plutôt dangereux (et également très humain pour un meuble) continue a l'assister dans ses péripéties sur tout les continents.
Mais je crois que quelque chose m'a un peu plus dérangé dans ce tome. Une impression vague et diffuse. Généralement je suis très réceptif à l'humour de Terry Pratchett, mais je crois que le sérieux est un poil trop présent dans la fin de ce tome pour que je l'apprécie à sa pleine mesure. Je suis fan de la façon dont Pratchett intègre tout à coup du sérieux et de la réflexion dans son oeuvre alors qu'on ne s'y attend pas, mais là j'ai eu un petit bof en refermant le livre, et j'ai plutôt envie de me tourner vers un autre tome pour m'amuser à nouveau pleinement. Un petit quelque chose en moins ou en plus, mais j'ai légèrement moins aimé ce tome que les autres. Le côté trop héroïque de certaines passages aussi.

Cela dit, c'est toujours très bon et l'ensemble de l'histoire contient des perles d'humour et des façons d'envisager les choses extraordinaires, alors je ne peux que vous recommander de lire ce tome, qui s'inscrit de toute façon dans la droite ligne des Annales du Disque-Monde, qui me semble être une série qu'il faut véritablement avoir lu un jour.

Je ne pense pas qu'on tienne là le meilleur tome (mais après Les petits Dieux et Le père porcher, je dois avouer que c'est difficile) mais qui continue d'une façon humoristique les aventures du mage le plus malchanceux de l'histoire de la fantasy. Beaucoup d'humour et des bonnes idées, il reste juste un détail qui m'a fait ne pas l'apprécier, et je ne parviens pas vraiment à mettre le doigt dessus. C'est bête, mais bon, on fera avec ! Et ça reste très bon à lire, alors ne vous privez pas.

(Chronique n°234)

mercredi 18 février 2015

Mortimer (Terry Pratchett)

Quatrième tome des annales du Disque-Monde, nous progressons dans la découverte de cet univers, et après avoir vu les mages de l'université et les ruelles d'Ankh-Morpork, nous arrivons dans le royaume obscur du personnage le plus implacable du Disque-Monde : La Mort, brave garçon (oui, c'est un homme) qui s'occupe gentiment de tuer tout le monde quand c'est son heure. Et bien sur, c'est l'occasion de découvrir encore plus l'humour du plus grand auteur anglais de Fantasy humoristique. Un grand auteur, qui nous manque un peu tout de même ...


Résumé en trois mots : Enfant, Mort et Amour

Ce livre s'ouvre sur la Mort qui vient chercher un apprenti et prend donc le jeune Mortimer avec lui pour lui enseigner le rude métier qui consiste à prendre la vie aux gens quand celle-ci est finie. Mais évidemment, même si Mortimer va mettre toute sa bonne volonté et chercher à satisfaire son maitre, le chemin pour devenir la Mort n'est pas le plus évident. Et c'est également difficile de deviner les conséquences de ce qu'il peut arriver quand on ne fait pas exactement ce qu'il faut faire ...

Ce livre est plutôt plaisant, même s'il n'est pas mon préféré de ce que j'ai lu jusqu'à présent. Le décalage provoqué par la mort qui s'interroge sur la vie et son sens est toujours jubilatoire, mais l'histoire en tant que tel ne m'a pas convaincu outre mesure. Elle est agréable à lire et tient la route, mais je lui ai trouvé quelques facilités un peu trop ... facile. Surtout vers la fin d'ailleurs. Après, je reconnais aussi que ce tome nous permet de faire un peu plus de découvertes sur le fonctionnement du Disque-Monde et l'organisation de la réalité. C'est également la première fois que nous abordons la famille de la mort, et celle-ci va connaitre bien des changements par la suite.

Bref, un tome dont je ressors satisfait mais pas enthousiaste comme cela arrive parfois. Ce tome reste très bon et nous plonge dans les méandres du Disque-Monde avec délice, tout en abordant pour la première fois un personnage qui ne manque pas de piquant : la Mort. C'est toujours un régal d'inventivité et de rigolade qui nous est présenté, et je ne crache jamais sur ce genre de choses. A lire, tout comme le reste.

(Chronique n°233)

lundi 2 février 2015

Au fruits de la passion (Daniel Pennac)

Dernier roman sorti de la saga Malaussène, voici les Fruits de la passion qui clôturent l'ensemble de la série. Sixième et dernier tome, j'aurais mis plus de temps à le lire principalement parce que je ne l'avais pas trouvé avant. Lorsque je l'ai eu en main, il est passé immédiatement par la case achat et je l'ai lu en moins de deux jours ensuite, en l'intercalant dans tout les moments possible de ma journée. Cet auteur m'enchante vraiment, et je suis toujours aussi fan de cette saga. Alors, qu'en est-il de cette conclusion ?

Résumé en trois mots : Mariage, Amour et Enfants

Comme d'habitude, nous avons le même cadre et les mêmes protagonistes (sauf ceux qui meurent dans chaque autre livres), et c'est reparti pour une intrigue d'embrouilles où  notre pauvre Benjamin Malaussène se retrouve au centre sans l'avoir demandé, comme d'habitude ... Enfin, presque, puisque cette fois-ci quelques changements interviennent, et pour une fois ce n'est pas Benjamin qui est le plus visé. En même temps, pour une fois qu'il y a un mariage, et ce n'est même pas le sien !

Pour une fois, j'ai trouvé l'histoire plutôt simple et presque expédiée. Je m'attendais à un peu plus, mais le temps de vraiment voir toutes les personnes auxquelles on était habituée et le temps que les diverses actions se mettent en place, il ne reste plus grand chose du roman. C'est dommage, je pensais que la fin serait un peu plus à la hauteur du reste de la saga. On y trouve encore l'humour de la saga, la fameuse famille qui me plait toujours autant et m'amuse encore énormément, et plusieurs petits détails intéressants, mais dans l'ensemble j'ai eu moins de plaisir à lire ce livre-ci que les autres tomes de la saga. Trop court et un peu trop simple, ce dernier tome est le tome qui me laisse sur ma faim. Dommage.

Sans le déconseiller, je ne juge pas ce tome indispensable à la saga et je ne vous conseille pas ce tome, sauf inconditionnel jusqu'au bout de la saga Malaussène. Un opus qui n'est pas de trop, qui conserve beaucoup de charme, mais qui ne m'a pas retenu plus que ça. Je vais passer facilement à autre chose.

(Chronique n°226)