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lundi 1 juin 2015

Un tramway nommé Désir (Tennessee Williams)


J'ai commencé cette pièce parce qu'elle est légendaire, et qu'en six mois j'ai été bassiné pendant des semaines avec ce Tennessee Williams, auteur adulé dans le milieu théâtral, tout comme Shakespeare et Tchekhov, tout deux légendaire dans leurs genres. Alors je me suis jeté à l'eau, j'ai décidé de lire un peu, pour me faire mon propre avis, une pièce de l'auteur. Et quoi de mieux que de commencer par la plus célèbre, la plus jouée et la plus vue ?


Résumé en trois mots : Couple, Amour et Violence

A la lecture de cette pièce, je crois comprendre son succès non démenti depuis des années maintenant. Et je ne sais trop ce qu’il faut en tirer. Car c’est des personnages étranges, des situations dérangeantes, une fin qui dénote et une morale douteuse. Rien n’est simple et évident, tout semble toujours nous échapper. Qui est bon, qui est honnête, qui est vrai dans cette situation qui nous est toujours étrange. Un couple heureux (?) qui voit venir une soeur dérangée (?), ruinée et malheureuse (?), une tension entre les protagonistes (?), des amours contrariés (?), tout est sujet au doute et aux remises en question.

J’ai adoré cette pièce, même si je n’ai fait que la lire, et je rêverais de la voir jouée. Car cette pièce dégage une atmosphère, une ambiance lourde et pesante, chaude et moite comme ces journées d’été dans la Louisiane, là où l’air semble pesant et les moustiques omniprésent. Dans ces quartiers où les hommes travaillent dur et les femmes vivent de peu, dans une ambiance parfois malsaine, où tout peut exploser à chaque instant. C’est une atmosphère de tension, de défi, et rien n’est clair jusqu’au couperet final qui tombera implacablement sur la scène.


Ce trio amoureux est décidément inoubliable. Entre Kowalski, homme brut et brutal, excessif jusqu’à être violent, et sa femme douce et précieuse, fille d’une ancienne lignée noble, et sa soeur, toute en extravagance et en futilités, c’est une drôle de famille qui vit sous le même toit. Car qu’est-ce qui s’est joué au final dans cette tragédie ? De l’amour ? Du désir ? De la haine ? Du ressentiment ? Des choses refoulées ? Je ne sais pas. Je pense que l’interprétation est libre maintenant. Chacun sera juge, lecteur ou metteur en scène. La messe est dite, que chacun garde ce qu’il veut.


Une pièce détonnante, qui m’a fait grande impression. C’est jouissif comme texte, à la fois brut de décoffrage et en même temps parfaitement clair. Mais que de choses derrière ce qui se dit. Une pièce qui en dit bien plus qu’elle ne laisse voir, et je vais la relire, encore une fois, pour trouver ce qu’il faut dedans. Quelque chose en est sorti et m’a heurté. Qu’est-ce que ça m’a plu !


D’autres pièces courtes sont présentes en fin de volumes, mais outre qu’elles n’ont pas le même impact, elles me semblent surtout être des brouillons ou des essais de cette pièce principal, et j’avoue qu’elles sont plus négligeables.


(Chronique n°278)

samedi 30 mai 2015

Richard III - Roméo & Juliette - Hamlet (Shakespeare)

Lu cette année, pour un cours qui nécessitait de lire l'intégralité de la pièce Richard III, sur laquelle nous allions travailler. Ce fut l'occasion sur moi de découvrir une facette de Shakespeare que je ne connaissais pas et dont je n'avais presque pas entendu parler, à savoir les pièces historiques de l'auteur. Et là, j'avoue que je suis tombé des nues. Mais c'est toujours intéressant de découvrir l'étendue de son ignorance. Car qui a vraiment lu ces fameuses trois pièces tellement jouées et vantées ?


Résumé en trois mots : Théâtre, Humanité et Différence

Je dirais que la différence est l'aspect qui permet le plus de recroiser ces trois pièces, mais je ne me risquerais pas à faire une analyse de ces pièces, de peur de me faire tuer par les experts de Shakespeare qui travaillent sur ces textes depuis des années. Pour toutes ces considérations, voyez leurs analyses quelque part dans les méandres du net.

Pour parler simplement, de lecture et de ressenti, j'ai adoré ces pièces, et plus précisément, je les classerais dans l'ordre inverse de celui noté sur la couverture. Pour une raison simple : la pièce Richard III est la plus inaccessible au lecteur lambda qui tente de lire du Shakespeare. Et que, malgré ma préférence pour les éditions qui évitent les annotations toutes les pages (comme souvent en Livre de poche), je dois reconnaitre que cette édition (par ailleurs très sympathique et très claire) est largement obscure, puisqu'elle reprend uniquement le texte de base et se contente de quelques explications littéraires. Mais rien n'explique véritablement certains aspects particulièrement obscurs du texte, et c'est a force de recherche patiente que j'ai fini par comprendre ce qu'il en ressortait. Car, il faut le dire, les liens entre personnages sont extrêmement obscurs et ne sont pas souvent expliqués (pour ainsi dire, jamais), alors qu'ils font une grande partie de la force de cette pièce, qui est au final une extraordinaire pièce qui contient de magnifiques choses, mais ce n'est jamais extrêmement bien clair si l'on n'a pas pris le temps de noter les noms complets de chaque personnages, les liens entre eux, la situation politique et les enjeux de chaque scène, qui ne sont généralement pas négligeables. Bref, un beau bordel qu'il faut comprendre avant même de lire la pièce, qui devient alors extrêmement intéressante et remplie de puissance, ou même de beauté. Un must-have, mais ô combien difficile à appréhender sans notions élémentaires.

La seconde pièce est peut-être la plus connu de Shakespeare, et sa fameuse histoire d'amants maudits dans la ville de Vérone. Si la pièce n'a plus a se faire un nom, il faut avouer que c'est très différent de le lire par rapport aux échos qu'on entend régulièrement. J'ai été très surpris de découvrir que ce légendaire couple était marié, par exemple, chose qu'on entend peu. Mais pour le reste, je n'ai pas eu de grande surprise par rapport à ce que je savais déjà, connaissant toute l'histoire et le déroulement, avec seulement une grande surprise sur le texte, qui est décidément un très beau langage, même dans la traduction (de François-Victor Hugo, très très bonne traduction). C'est toujours un régal de lire ce genre de beauté.

La dernière pièce, Hamlet, fut la véritable découverte en tant que tel, puisqu'il s'agit de la première lecture que je faisais de cette pièce dont je ne savais pas grand chose au final. C'est pourquoi j'ai adoré la lecture, qui fut très intéressante (et l'introduction ne dévoilant pas trop d'intrigue non plus, ce qui est fort agréable). Hamlet est-il fou ? C'est assez amusant comme cette simple question (qui est et restera sans réponse) change toute la pièce. Posez-vous la lors de votre lecture, et vous aurez une lecture bien différente des simples mots. Car, comme toute pièce, celle-ci peut-être ce qu'on veut. Et c'est intéressant de lire ce genre de choses avant, pour s"ouvrir l'esprit au maximum.
En dehors de ce simple fait, la pièce est diablement riche, mais aussi complexe. Entre les motivations et les faits qui se croisent, on est perpétuellement dans des drames humains qui ne peuvent que tendre vers un final sanglant dans lequel tout le monde sera mort. Et c'est effectivement le cas, comme d'autres oeuvres de Shakespeare. Mais quel texte, mes aïeux, quel texte !


Pour les trois plus célèbres pièces de Shakespeare, j'ai adoré ma lecture. Ces pièces sont légendaires, certes, mais leurs lecture est intéressante et à mon avis indispensable. Ce sont des fondamentaux aujourd'hui, et en tant que tel, leurs lectures et plus que recommandé, elle devient nécessaire. Qui se souvient que "Un cheval, un cheval ! Mon royaume pour un cheval !" provient de Richard III, ou qui connait exactement le contexte de "Roméo, Roméo, pourquoi es-tu mon Roméo ?" ? Ces pièces sont des chefs-d'oeuvres de la littérature, et je suis ravi d'avoir enfin pu les lire. Je vais maintenant pouvoir continuer, et je pense que ce sera avec un beau sourire au lèvres. Shakespeare a encore beaucoup à me dévoiler.

(Chronique n°277)

lundi 9 février 2015

Sa Majesté des mouches (William Golding)

Enfin, enfin, enfin je lis ce livre ! Depuis des années je me disais qu'il fallait que je découvre un immanquable comme lui, et je me suis enfin lancé dans sa lecture, attendu et désirée. C'est un choix que je ne regrette vraiment pas. Ce livre n'est pas cité en tout sens pour rien. Il contient quelque chose en lui de vraiment spécial qui le fait traverser le temps, et je pense qu'il continuera encore longtemps.


Résumé en trois mots : Enfants, Jeux et Violence

Pour faire un résumé simple, c'est simplement l'histoire d'un groupe d'enfants rescapés d'un crash d'avions et qui survivent sur une île, en s'organisant à leur manière. Bien évidemment, tout ne s'arrange pas de la meilleure façon qu'il soit. Et les ennuis que peuvent provoquer les enfants vont très loin, bien plus loin qu'on ne pourrait le penser.

Je n'ai pas lu d'analyse de ce livre, qui le mérite bien pourtant, mais je pense qu'on y trouve une bonne vision de l'homme sauvage, ou au moins de la nature sauvage de l'homme. Car ces enfants sont les hommes affranchis de toutes contraintes sociales, et toute contrainte mentale. Ils font comme bon leurs semble dans la vie de tout les jours. Et les jeux deviennent de plus en plus violent. Le pouvoir est discuté, des problématiques importantes surgissent : prévenir les adultes, sauvegarder l'espace de vie, manger. Et la superstition apparait ...

Ce qui est particulièrement intéressant dans ce livre, c'est que rien ne sera épargné à ce groupe sous prétextes qu'ils sont des enfants. Au contraire, la cruauté se rajoute encore par-dessus. Rien ne leur est épargné, et à travers eux, c'est l'humanité qui est visée, l'humanité qui peut se conduire comme des enfants et jouer à des jeux de plus en plus violents. C'est la façon d'être la plus sauvage, mais la plus naturelle pour l'homme. C'est jusque dans le comportement du personnage principal, qui est au début un gamin comme tout les autres et fait également preuve de cruauté, tout comme les autres.

En fait c'est assez dur de décrire ce livre ou de donner une impression claire sans trop en dire, mais j'ai vraiment beaucoup aimé et je ne peux que vous conseiller sa lecture. L'image de l'homme y est dépeinte sans scrupule et sans pincettes. C'est un grand classique, mais qui est plaisant à lire et qui n'a rien perdu de son éclat.

(Chronique n°229)

jeudi 8 janvier 2015

Wastburg (Cedric Ferrand)

Petite lecture que je me suis offerte pour aller avec le jeu de rôle que je me suis procuré et qui attend son tour avec impatience lui aussi. Un petit roman qui est aussi assez peu connu du grand public et dont je n'avais pas du tout entendu parler auparavant. Une occasion comme une autre de se plonger dans des arcanes méconnues de la fantasy, car après tout, c'est bien de la dark fantasy que nous avons là. Et, pour un temps, je me suis perdu dans les ruelles sombres et puantes de Wastburg, moi aussi, au côté de la garde.

Résumé en trois mots : GardesViolence et Ville

Un drôle de petit roman, qui combine à la fois qualité et quelques défauts, mais qui dans l'ensemble garde une cohérence énorme et une ambiance détonante. Avec jeu de mot.
Le propos du livre n'est pas vraiment centré sur les personnages, quoique certains reviennent à intervalles réguliers dans les différents chapitres, mais ne se concentrant jamais sur un, se contentant de laisser les récits détailler la ville et sa vie, tout en nouant une légère intrigue qui se dénouera progressivement, mais sans que ce soit vraiment très marqué. 
Ce qui m'a marqué, c'est qu'outre le côté gentiment humoristique de certaines passages, dû notamment à la stupidité monumentale des protagonistes, le livre nous pond des passages bien gores et plutôt violent, tout en gardant le côté très léger et insouciant qu'il avait de base. Un mélange très curieux et presque dérangeant par certains moments.
D'autre part, les chapitres s'enchainent sans réel lien en-dehors du lieu, toujours la même ville de Wastburg, et des personnages qui se mêlent dans tout les sens avec toujours un lien avec la garde (soit en en faisant partie soit en étant en contact avec elle). C'est dans le même ordre d'idée que Un milliard de tapis de cheveux, mais sans cette question qui se pose du début à la fin. Là, on suit gentiment la vie de tout les jours dans la garde et dans la rue. Vie trépidante et toujours bien remplie. Sans parler des fêtes, des coutumes ou des idées qui naissent dans ce lieu. Car Wastburg est un lieu vraiment à part.

Bien que sans réel lien entre elle, les nouvelles forment bien un roman au final, un peu décousu certes, mais un roman tout de même, et ce roman est globalement bon. Sans être le roman du siècle, il pose un univers de dark fantasy plutôt sympathique, tout en nous montrant un monde où la magie vient de partir et qui se débrouille sans. C'est aussi des sympathiques touches d'humour, beaucoup de noirceur et une humanité à la limite de la fange, dans une ville à la moralité et à la propreté douteuses. Une incursion dans un univers amusant, et qui m'a bien plu.

Dans le genre roman sympathique et qui apporte un dépaysement, Wastburg se pose bien et nous propose une belle petite virée en ville, entre la garde dépassée et les mages disparus, dans une ambiance noire de complots en tout sens, de trafic et de voleurs, bien coincé entre deux états, oubliés des deux. C'est une incursion dans une ville médiévale sale et puante, qui est tout sauf attrayante et qui possède une histoire bien à elle. Avec un final haut en couleur. Bref, une bonne petite trouvaille, qui donne envie de lire encore un peu de fantasy, de retourner dans d'autres mondes.

(Chronique n°215)

dimanche 19 octobre 2014

J'irais cracher sur vos tombes (Boris Vian)

Entre deux galères, je trouve toujours le temps de lire un petit livre de derrière les fagots, et je me suis attardé un peu sur ce livre d'un véritable génie que j'adore, dans presque tout ce qu'il a fait et que j'ai eu la chance de découvrir jusqu'ici. Boris Vian, le poète, chanteur, écrivain, scénariste, humoriste, musicien, l'homme complet et complexe, une véritable bête des arts. Un monument à découvrir. Et celui-ci rentrait dans la catégorie des romans qu'on me conseillait fortement de lire.

Résumé en trois mots : Noirs, Sexe et Violence

Je caricature un poil le propos dans ce résumé en trois mots, mais il faut bien avouer que ce sont les trois thèmes centraux de cette histoire curieuse et au relent de vérité qui mettent mal à l'aise. Déjà, et je tiens à la souligner, c'est un livre dans une ligne purement réaliste, soit au antipodes des autres écrits de l'auteur que j'avais déjà lu (L'écume des jours, Les fourmis et L'arrache-coeur). Ici, point de monde déformé, de réalité transfiguré et de critique voilée mais acerbe d'un monde plus fou que ce qu'il en tire.
Ici, tout pue la vérité, du début jusqu'à la fin, dans ce personnage du noir à la peau blanche qui cherche à venger son frère. Rien que du réalisme dans les échanges entre personnes, dans les faits racontés. C'est ce qui rend la lecture parfois malsaine au plus haut point, tout en conférant à l'ensemble un statut d'avertissement plutôt bienvenue.
C'est intéressant de constater que ce livre, issu des années de ségrégation, traitant d'un racisme qui n'existe plus en apparence chez nous, est toujours bien actuel dans certains de ses propos. Autant sur la jeunesse dorée qui se défonce dans tout les sens du terme, que sur la perversité de ceux-ci, les façons d'être et de réagir. Tout le monde est mauvais ou ignoble, et ce n'est pas le personnage principal qui arrangera les choses, même si il s'agit peut-être du seul qui semble agir avec un réel motif, et presque avec raison. Presque.
Le livre est extrêmement cru, il faut bien l'avouer. C'est explicite sur tout, et c'est ce qui en fait sa force. Rien n'est caché, mais finalement rien n'est vraiment important dans ce qui est cru. C'est le reste, ce qui se dévoile petit à petit, ce qui est tendrement camouflé derrière qui importe. Les sentiments, les raisons, le ressenti. Et tout cela ne transparait qu'a demi-mot. C'est plus complexe qu'il n'y parait au premier abord, car tout est dévoilé, masquant l'essentiel.
Mais ce livre est aussi un coup de poing puissant sur la table et dans la gueule. Qu'en tirer, quelle morale et quel message ? Je ne suis pas sur qu'il y en ai vraiment, et s'il y en a, c'est pluriel. Tout peut-être motif à question, et le final en crescendo accentue ce côté là. Décortiquez-le pendant des heures, vous pourrez en tirer ce qui vous semble bon.

Un étrange roman, dans l'esprit de Boris Vian, mais à part des autres que j'ai déjà lu de lui. C'est purement ancré dans la réalité, et de fait, le roman à une odeur bien plus désagréable. C'est cru et violent, mais jamais gratuitement. C'est méchant et cynique, mais là encore ce n'est pas par pur volonté de déranger. Et c'est puissant. Boris Vian nous entraine dans son histoire pour ne pas nous lâcher. Sans qu'on ne devine où cela nous entraine, l'histoire se déroule inlassablement, nous dévoilant plus d'horreur qu'on aurait voulu, mais nous assénant en face ces vérités qu'on veut éviter.
Si le propos sur la condition des noirs peut sembler démodé, je ne peux m'empêcher de repenser à certains, qui aujourd'hui, en Franc, parlent de ces "bougnoules" et de sang arabe dans les veines ... Et la critique de cette jeunesse dorée qui se défonce à tout va ne me semble pas plus démodée qu'elle ne l'était à l'époque. Les moyens changent mais pas le fond.
Bref, un roman excellent, à lire, car il me semble aussi actuel que peut l'être un roman sorti l'année dernière, et qui a le mérite de ne pas se voiler derrière des faux-semblant. La vérité est là, et elle nous éclate à la gueule. Le genre de roman puissant qui fâchent, qui impressionnent, qui estomaquent, mais qui ne laisse pas indifférent. Voyez ce qu'il en sera sur vous.

(Chronique n°205)

jeudi 27 février 2014

Conan le Cimmérien (Robert E. Howard)

Ah ben ça, ça me change de ma dernière lecture de fantasy un peu ratée (bon, je suis méchant, mais c'était vraiment pas à la hauteur de ce que je pensais). Voila la littérature qui fonda le genre de la fantasy. En effet, c'est les récits de Howard qui sont considérés comme fondateur du genre, avant que n'arrive Tolkien et son Seigneur des anneaux, qui posa de nouvelles bases et un autre genre de fantasy (ce qui est amusant, c'est qu'on retrouve ça dans les films. Conan le barbare est sorti avant le seigneur des anneaux et propose un autre genre de fantasy). Bref, je me suis enfin lancé dans ces récits que j'avais hâte de lire, puisque tellement vanté, mais surtout parce que Conan est un héros très particulier. Un vrai barbare.


Résumé en trois mots : Combats, Barbare et Monde imaginaire

Faut avouer, ça dépote ! Conan le barbare, c'est pas pour les mous du genoux ! En effet, Conan est le type même du héros couillu, brutal, costaud, et possédant à la fois une intelligence (mais dont il se sert peu) et un code d'honneur -qui est tout de même très spécial. C'est un caractère fort, un barbare dans le nouveau sens du terme, un représentant de peuplades n'existant plus vivant en des temps bien anciens ... Un personnage qui progresse, évolue, tend progressivement vers d'autres choses. C'est aussi un héros intègre, qui reste toujours fidèle à lui même et ne connait que la voix des armes. Un personnage qui est à la fois charismatique et agaçant, qui nous met en face de l'homme primitif, mal dégrossi, mais qui plait, qui fascine, qu'on veut suivre.

Bref, vous aurez compris, Conan le barbare, c'est un personnage ! Et du coup, il porte franchement tout les récits. Si ceux-ci contiennent notamment des paysage et une diversité de lieux, il faut bien avouer que les scénarios sont un peu faiblards, surtout qu'avec le format de nouvelles on n'avance jamais très loin, c'est du court récit qui ne cherche pas à s'étendre. Et pourtant, ça suffit ! Parce que c'est le format de Conan, pourrait-on dire. Il vit dans l'instant présent, et les récits s'enchaine dans cet esprit. Conan ne vit qu'a l'instant, fini ce qu'il a à finir et continue sa route, sans cesse sur le chemin, apprenant et continuant de chercher ce qu'il estime nécessaire. J'avoue que j'ai beaucoup aimé cet aspect très détaché, qui fait qu'on n'a que peu de continuité dans les récits. Le livre est plus un composé de différentes histoires (qui pourraient presque avoir des héros différents à chaque fois) dont Conan est le seul centre. Du fait, la lecture est très plaisante, simple et efficace, d'un style direct et aussi très amusant. Et j'avoue que je n'en demandais pas autre chose.

Pour faire simple, c'est du bon, et j'en redemande une petite part si je peux. Car Conan m'a séduit, le personnage et l'univers, pour des nouvelles simples et directes, dans un style puissant qui nous accroche vite, et nous relâche dans un monde sauvage et puissant. J'ai été séduit par tout cela, et je me suis plongé avec délice dans les récits de ce barbare atypique. J'aurais bien envie d'y retourner, car Conan me manque déjà ... 

(Chronique n°144)

 

dimanche 29 décembre 2013

Le festival de la couille (Chuck Palanhiuk)

Il faut avouer qu'un tel titre incite presque à lire, mais j'avais en outre eu beaucoup d'écho à propos de ce recueil d'un auteur célèbre pour son Fight Club. J'ai donc attaqué la chose tranquillement, sans trop savoir à quoi m'attendre, vu l'auteur, il faut s'attendre à tout. Pour faire simple, c'est ce que j'ai eu. Du tout.


Résumé en trois mots : Réaliste, Article et Amérique

En fait, le meilleur résumé de ce livre c'est "un portrait de l'Amérique" par Chuck Palanhiuk. A peu près tout est dit à ce moment là.  Ah oui, accessoirement c'est aussi des nouvelles.

En fait, plutôt que de nouvelles, nous pourrions parler ici de portraits et d'articles. C'est une façon de représenter les trois parties du livres, la première d'articles de journaux (l'a-t-il écrit pour des journaux ou pour la nouvelle, je ne sais pas), les deux autres en portraits courts de personnalités, et enfin des récits courts sur lui, ou un personnage qui lui ressemble, une partie de lui-même. C'est aussi un aspect intéressant de tout ce qui s'est passé autour de Fight Club, notamment la promo du film, mais je vous laisse lire pour comprendre.

Ce que j'adore chez Chuck Palahniuk est au rendez-vous dans ce livre au style incisif, dans un style très journalistique, de façon très crue aussi. C'est un livre qui semble dresser un portrait d'une époque plutôt que de raconter des histoires. Palahniuk nous présente les USA par son bout de la lorgnette, entre débilités dans des lieux divers, espoirs de personnes du communs, stars et tout le tralala, et surtout beaucoup de personnes seules, désespérés, qui tentent de trouver un sens même absurde à une vie peu trépidante. A cet égard je trouve qu'une nouvelle est juste parfaite là-dessus (c'est celle nommée Ma vie de chien).

Bref, c'est selon moi un très bon Chuck Palahniuk, même s'il n'est pas le plus accessible de tout ce que j'ai lu de lui -pour l'instant trois ouvrage seulement, je le reconnais-, et sa forme est bien différente d'un recueil de nouvelles ordinaire. C'est vraiment un portrait, presque tragique par certains aspects, d'un monde qui est situé de l'autre côté de l'Atlantique. Mais aussi le reflet d'une société qui ne se sent pas bien, un mal être des personnes qui la peuplent. C'est dérangeant par certains aspects, mais c'est aussi bien écrit, même beau parfois. Et selon moi, c'est à lire.

(Chronique n°114)

samedi 14 décembre 2013

Contes de la folie ordinaire (Charles Bukowski)

Un livre que j'ai lu sur les conseils critiques de je-ne-sais-plus-qui (un autre bloggeur/chroniqueur de livres). Bref, son avis m'avait laissé assez dubitatif et je me suis laissé tenter à vérifier par moi-même ce qu'il y avait derrière ce titre énigmatique. J'ai acheté le livre pour un prix ridicule et je me suis laissé tenté à le lire, ce qui s'est fait très vite.


Résumé en trois mots : Trash, Violent et Cynique

Je pense que je pourrais difficilement donner une autre réponse à ce résumé de trois mots. Parce que c'est vraiment le résumé de tout ce qu'on y lit, si j'en tire uniquement le jus pur. En revanche, en attaquant sur le fond, c'est plus complexe.
Bukowski écrit d'une manière assez incroyable, mélange entre du récit réaliste trash et des médiations sur la connerie humaine dont il se revendique un membre à part entière. Un membre pas particulièrement glorieux d'ailleurs.

Ce livre a aussi un style d'histoire qui semblent sans queue ni tête, s'arrêtant et repartant à chaque fois ailleurs. C'est déroutant, car on ne sait pas à quoi s'attendre et quel morale il faut en tirer (si morale il y a, ce dont je doute pour certains récits). C'est assez dérangeant, mais plaisant à lire. Et je pense qu'un message passe en filigrane de tout ça quand même. Mais je n'en suis pas certain.

C'est sur, ce livre n'est pas pour tout âge, mais il est une sorte d'OVNI dans mes lectures récentes. Ne ressemblant à aucun autre, les Contes de la folie ordinaire sont comme indiqués dans le titre, des contes d'une folie ordinaire. La vie, mais sous un autre angle et d'une autre manière. C'est pas celle que j'aurais pensée mais elle existe aussi. Et j'ai bien aimé, c'est l'essentiel.

(Chronique n°108)

Treizième lecture. Le challenge continue.