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lundi 15 juin 2015

Le siècle (Ken Follet)

5 h 10 du matin, je repose le dernier tome, je viens de le finir d’une traite.



Et ce soir, je viens de le finir, et de conclure la trilogie du siècle.
Cette saga est extraordinaire. J’adorais déjà l’auteur, mais j’ai été subjugué ici par son talent. Un rien transforme l’oeuvre en un chef-d’oeuvre, avec tant de belles choses, de belles histoires, un talent pour nous compter la vie dans l’Histoire, celle qu’on croit connaitre et qui se révèle toujours plus complexe.


1.200 pages, une semaine de lecture étalée, et j’ai décoré les 400 dernières comme un rien.
Il le fallait.
Je lis rarement des séries sur le vif, et souvent j’attends que de nombreux tomes soient sortis pour commencer à lire.
Pas cette fois-ci. Le nom de Ken Follet m’a suffit, et j’ai acheté le premier tome lors de sa sortie, en 2010, sans même me poser de question. Après ma lecture, je me suis rué sur le second tome l’année suivante sans réfléchir plus avant.

Et le troisième tome, sorti en 2014. Mais la situation n’était pas propice, je l’ai gardé pendant près de neuf mois. La gestation humaine, au final.

Je ne saurais que trop vous en dire, et je reconnais beaucoup de défauts à cette oeuvre.

Je peux même en citer immédiatement : des histoires d’amour très -trop- romantique, des hasards parfois trop artificiels, beaucoup de passages à vide, beaucoup de sélections de moments, ….

Mais putain, ce que j’ai aimé. Et cela faisait vraiment un long moment que je n’avais pas eu cette sensation au sortir d’un livre. Cette émotion qui m’a transporté et qui m’a arraché des larmes sans que je le veuille. Car ce livre m’a ému comme rarement.

C’est l’histoire du siècle dernier, de ce fameux XXème siècle, celui de toutes les guerres, et c’est l’histoire de cette trilogie. La première guerre mondiale, la deuxième guerre mondiale, la guerre froide. Mais du point de vue de plusieurs familles, américaines, anglaises, russes, allemandes.

C’est aussi des histoires de familles qui s’entremêlent, des histoire de conflit et de politique, la naissance de nations et d’idéologies, l’apparition de tant de choses que ce ne sera jamais possible de le faire tenir en trois volumes.

Ken Follet a essayé de nous transmettre ce qu’est véritablement ce siècle. Par trois génération successives, trois générations qui bâtissent progressivement le siècle qui m’a vu naitre.

C’est la première fois en lisant un récit de ce genre que je ressens vraiment le déroulement de ce siècle. C’est une histoire tellement proche, et qui parait tellement lointaine pourtant, une histoire qui est celle qui a conduit jusqu’à nous. C’était hier, c’était récent. Dans le dernier tome, les enfants qui naissent sont mes parents. C’était si proche !

Et pourtant, je ressens une telle frustration au sortir de ce troisième tome ! J’aurais tant voulu plus ! Plus sur le Vietnam, sur les années quatre-vingt, sur les années soixante-dix aussi ! J’aurais voulu connaitre la suite, ce qu’il advient ensuite de toutes ces personnes, de leurs vies et de leurs amours, de leurs peurs, de leurs deuils ! Je voudrais ne pas les quitter, moi qui les ai suivi sur plus de 80 ans racontés, 5 ans vécus, plus de 2.000 pages lues ! Et pourtant ce n’est pas assez, j’aurais tant voulu plus.

Mais l’auteur à su s’arrêter. Il a su adapter son rythme, et le temps file, les années prennent de moins en moins de place, le monde devient plus complexe et les gens le traversent sans s’en rendre compte. Lorsque le livre se finit, c’est comme s’arrêter brutalement dans une course qu’on a démarré doucement pour finir sur un sprint. Et là, il faut souffler, s’étirer, et petit à petit revenir à notre présent. C’est douloureux, mais j’ai aimé cette course.

Je m’attendais à quelque chose de grandiose pour le final, j’attendais beaucoup de cette série, et je n’ai pas été déçu. La forme et le fond s’harmonise, les liens se tissent et s’emmêlent, les histoires se font et se défont, tout finit par aboutir au présent, sans trêve ni repos. C’est le genre de livre sans happy end, qui nous demande de prendre tout sans réfléchir. Faites-en ce que vous voulez, tirez-en vos conclusions, l’auteur à dit ce qu’il avait à dire. Et je l’ai entendu.


Une saga dans ce genre, je ne pense pas en lire régulièrement. Si bon, si beau, si puissant, c’est du génie. Ken Follet m’a époustouflé, au point que j’en suis encore sous le choc. Les mots me manqueraient pour vous dire combien j’ai aimé cette saga qui est loin d’être parfaite, qui contient de nombreuses erreurs, des facilités qui arrangent tout le monde, des manque, mais qui m’a pris au tripes et que j’ai suivi avec un intérêt énorme tout au long de ces années. C’est le genre de saga qui me marque, et que j’adore lire. J’en voudrais tellement plus, juste un peu, encore un morceau ….

(Chronique n°283)

mardi 5 mai 2015

Zombies (Bret Easton Ellis)

Premier livre que j'ai lu de cet auteur, mais seulement deuxième posté car j'avais oublié d'en faire la chronique, et que j'ai redécouvert cela en réaménageant un peu le blog, sur lequel j'ai acquis un retard certain. Et voila que je chronique ce livre, mais je vous préviens, ça ne vas pas être tendre. C'est le premier livre que j'ai lu de l'auteur, certes, mais si vous lisez l'autre critique vous comprendrez vite que j'ai eu beaucoup de mal avec lui. Alors qu'en est-il du premier ? Je pense que vous vous en doutez.


Résumé en trois mots : Ennui, Riches et Violence

Encore une fois Bret Easton Ellis nous a pondu quelque chose sur les sujets qu'il maitrise bien. L'ennui profonde de la classe huppée américaine. Et ... Ben, en clair, j'ai pas vraiment compris le livre jusqu'à la fin. Le problème étant que les personnages sont noyés dans une masse d'autres jeunes gens en permanence, et du coup je n'ai pas compris avant les dernières nouvelles que je lisais un recueil de nouvelles ! C'est dire si je passais à côté du livre.

Ellis a un style d'écriture plutôt bon et agréable, sans aller jusqu'à le qualifier de génial. Mais le problème, c'est véritablement le sujet. Un tel ennui, je n'avais jamais lu. Le livre transpire l'ennui et le vide de la vie des protagonistes, et encore une fois, j'ai trouvé ça inintéressant. A part le moment avec les vampires, je n'ai eu que peu d'intérêt et j'avais plus d'une fois des fortes envies de prendre un Kalashnikov pour descendre les protagonistes. Insupportables !

Encore une fois, je ne sais trop qu'en penser. Selon moi, c'est un livre intéressant mais qui ne m'intéresse pas du tout. En tant que tel, l'objectif est atteint, l'ennui dégagé est palpable et c'est là tout le drame. Car l'ennui est dégagée à la lecture également. Alors faut-il lire un livre dont le but est de vous montrer l'ennui ? Je ne sais pas trop, mais ça ne m'intéresse que très peu, pour ma part. J'aimerai plutôt pouvoir me consacrer à des lectures plus enrichissante, un peu l'inverse de celle-ci en somme. Alors je vais encore tenter les deux livres de l'auteur qu'il me reste, mais je ne pense pas avoir la force d'aller plus loin. Deux tentatives qui se soldent par des échecs, je vais bien voir avec son fameux American Psycho, mais pour le reste, je passerai allègrement.

(Chronique n°269)

mercredi 8 avril 2015

Coeurs perdus en Atlantide (Stephen King)

(Lu entre le 7 et le 8 mars)

Ca faisait un long moment que je n'avais pas lu de Stephen King, et voyant ce livre trôner dans le bac des invendus, je me suis laissé tenter en le prenant et en le lisant rapidement, en deux jours, pour me débarrasser de livre. C'est plus qu'un objectif, là, c'est une mission survie, mais je ne désespère pas d'y arriver. Aussi ce livre m'a permis de me replonger dans Stephen King, auteur que j'ai dévoré voila quelques années et que j'avais laissé tomber depuis quelques temps, sans aucune raison. Et ça fait du bien d'en relire un bon, de temps en temps.


Résumé en trois mots : Sixties, Enfance et Amour

Un livre plutôt bon, même s'il est loin d'égaler les grands hits du maitre, mes livres favoris de l'auteur. C'est simplement un très bon livre, que j'ai eu grand plaisir à dévorer en deux jours, tranquillement installé. Et j'ai voyagé loin dans le temps et l'espace, et ça, c'est la grande marque de Stephen King.

Je pense qu'une bonne partie de la notoriété de Stephen King vient de sa capacité à créer un univers complet dans lequel on se sent entrainé lors de la lecture, et sa virtuosité qui nous tient tout au long du récit en haleine. Même si celui-ci n'est pas forcément un récit de suspense. Ici c'est un simple récit d'amour, de jeunesse et d'enfance.
Ce livre reprend encore une fois des thèmes cher à Stephen King, l'enfance et son innocence, le basculement vers l'adolescence, l'adolescence qui bascule vers l'adulte, le dur contact de la réalité avec l'insouciance des jeunes gens, l'amour a travers le temps, et surtout, une période de l'histoire américaine, les sixties. Ces fameuses sixties d'avant Woodstock, celles du début de la guerre au Vietnam. C'est toutes les sixties qui ressortent là, toutes celles fantasmé et rêvées, mais avec leurs bons et leurs mauvais côtés. Tout fut loin d'être rose dans ces années là.

Mais peu importe ce qu'on en pense, l'important ici, c'est ce que Stephen King en pense. Et Stephen King aime ces sixties, il les aime profondément, et ça c'est magnifique. Son amour pour cette période transpire à travers les pages, et c'est touchant. On est transporté dans cette période, dans ces Amériques qui commencent à tourner dans le mauvais sens, où les enfants sont mis face à une guerre absurde et face à la violence. C'est puissamment transmis, cette folie qui traverse les Etats-Unis, mais c'est beau.
Heureusement, il reste l'amour, l'amour qui traverse les époques et les protagonistes, l'amour de cette fille, appelée Carole, qui reste là dans chaque époque, intemporelle, celle pour qui tous eurent le béguin mais qui ne peut rester en place. C'est fort comme image, et j'ai adoré.

Ce livre est très agréable à lire, c'est du bon Stephen  King, avec tout les éléments de ce que j'aime chez lui : son talent d'écriture, sa puissance narrative, sa façon de retranscrire une atmosphère, ses histoires qui ne sont jamais exceptionnelles de retournements mais toujours prenantes et intéressantes, son amour des sixties, et puis tout le reste. C'est le genre de roman que j'affectionne pour son statut : ce n'est pas le meilleur livre que j'ai lu, ce n'est pas un livre inoubliable, mais il est bon, et j'ai pris plaisir à le lire. Un plaisir simple et pourtant bon. J'ai aimé ça, et j'en redemande.

(Chronique n°257)

lundi 6 avril 2015

L'abomination de Dunwich (H. P. Lovecraft)

Dernier recueil de nouvelles de Lovecraft en ma possession, et je crois bien que j'ai lu tout ce qu'il fallait lire de cet auteur à présent. Enfin, il me semble bien. C'est maintenant un devoir accompli en ce qui le concerne, je peux me tourner vers le reste de la littérature d'horreur, d'épouvante et du fantastique (ça tombe bien, je viens de commencer Stephen King). Bref, ce dernier recueil est-il du même acabit que les précédents ? C'est ce que nous allons voir.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Epouvante et Abomination

En tant que tel, Lovecraft restera toujours Lovecraft, et son style d'écriture si particulier (un peu lourd, dirons nous) est toujours identique à lui-même. C'est une façon d'écrire vieillotte, démodée, mais qui a son petit effet et ajoute du cachet, notamment lorsque les personnages parlent à la première personne et qu'ils vivent dans une époque plus ancienne. De fait, le propos est en adéquation avec le contenu.

Ce recueil contient neuf nouvelles de l'auteur, et dans l'ensemble c'est un excellent recueil que je vous recommande de lire. La nouvelle éponyme est une excellente apparition du mythe de Cthulhu, avec cette fois-ci Yog-Sothott, dans une nouvelle d'épouvante un peu classique mais toujours efficace.
En revanche, dans le reste des nouvelles, nous avons des excellentes petites perles, notamment "Je suis d'ailleurs", ou encore "La maison hantée", "Les rats dans les murs" ... Des nouvelles bien faites, avec des mises en place efficace et des fins surprenantes, que j'ai beaucoup aimé personnellement. Certaines étaient inattendus et m'ont prises au dépourvu.

Un recueil très bon, que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et dont mes souvenirs sont encore bons. C'est un recueil intéressant dans l'ensemble des oeuvres de Lovecraft, avec des idées qui surprennent et des fins inattendus. Un bon livre, que je vous recommande. Lovecraft restera un maitre de l'horreur moderne.

(Chronique n°256)

vendredi 27 mars 2015

Coulez mes larmes, dit le policier (Philip K. Dick)

Je viens de finir ce livre que j'ai déniché en occasion et que je me suis attaché à lire pour me changer les idées de mauvaises nouvelles qui venaient de tomber. C'était l'avant-dernier livre de l'auteur en ma possession, et j'avais entendu parler de lui de différentes façons, chacune s'accordant sur un côté très important de cette oeuvre au sein de la bibliographie de Philip K. Dick. Cela a bien sur titillé ma curiosité, et je ne me suis pas fait prier pour le lire, ce qui fut fait rapidement avec ces larges périodes horaires dont je dispose actuellement.


Résumé en trois mots : Réalité, Drogue et Célébrité

Un drôle de livre, très dérangeant et assez atypique. Dans l'univers de Philip K. Dick, la réalité est toujours autre, trouble et distordue, mais ici, l'histoire est clair et limpide au final. Tout est expliqué et tout est compréhensible. Pour un lecteur habitué à l'auteur, c'est curieux. Il contient même un postface qui donne la trame que poursuivent les personnages après le roman. J'ai cependant été bien plus surpris par la tournure que prenait ce livre.

L'histoire est celle d'un présentateur télé qui se réveille un jour en étant inconnu du monde entier. Personne ne sait qui il est, nul ne se souvient de lui et même la police ne dispose plus d'un seul fichier le concernant. Alors que le monde est un gigantesque état policier bureaucratique. Donc dangereux pour quiconque se retrouve démuni d'identité du jour au lendemain.
Ce roman est très curieux, en deux parties qui se joignent vers le milieu du livre, mais c'est également un roman où le héros n'est pas clairement identifié. Alors que l'appareil bureaucratique et la pression de la police désigne l'Etat et l'autorité comme "méchant" de l'histoire, je dois avouer que le héros est loin d'être tout blanc et me semble souvent être un fieffé connard. De même, cette police omniprésente dans l'esprit est bien plus relâché et normale qu'on pourrait le penser. Pas de toute puissance qui intervient n'importe comment, seulement des hommes normaux qui font leurs boulots et s'y tiennent.

Ce roman est curieux, enchainement de tableaux et de situations variées, parfois superbes, notamment une scène finale dans une station-service, mais également très sombres, au personnages torturés, psychotiques et parfois aux frontières de la folie. Certains sont totalement normaux et sont rapidement submergés par ce qui leur arrive, mais les autres sont pris dans des filets qui les entrainent toujours plus loin.
Je parle des personnages car c'est eux qui sont centraux, avec leurs interrogations, leurs motivations, leurs vision du monde. Tout est autour d'eux et de leurs rapports, les rapports humains. Entre des humains génétiquement supérieur, des humains déshumanisés. Tout est dérangeant dans ce livre, et la frontière brouillé de la réalité est une fois de plus un élément central.
Mais cette fois-ci, moins d'interrogation sur la "vraie" réalité. Plutôt une conception de l'homme quelque soit la réalité. Qu'importe ce qui est vrai, comment agissons-nous en humain dedans ?


Ce roman comporte bon nombre d'interrogation, et je ne pourrais en tirer l'ensemble. Il me faudra le relire, essayer d'en extraire tout le contenu, et la tâche ne sera pas facile. Rien n'est limpide, rien n'est offert gratuitement. Il faut fouiller pour extraire chaque idée. Mais quelles idées ... C'est confus encore dans ma tête, et j'aime ça.

Un roman qui tranche assez avec ce que j'ai déjà lu de Philip K. Dick. Moins de spontanéité, moins de folie, plus d'introspection. C'est très rentré, les personnages sont au centre d'une oeuvre qui pose de nombreuses questions et dont les réponses ne sont pas clair. C'est a la fois très intense à lire, et curieusement dérangeant. Quelque chose s'en dégage, quelque chose que j'ai du mal à cerner mais qui me fait encore m'interroger sur cette oeuvre décalée. Si je vous la conseille, je peux aussi vous dire que c'est quelque chose de neuf. A lire, pour essayer de comprendre.

(Chronique n°251)

lundi 23 mars 2015

Acide organique (David Calvo)

Recueil de nouvelles de David Calvo que je me suis décidé à lire suite à plusieurs commentaires élogieux et à une volonté de lire un peu plus de livres de cet auteur atypique qui a su me charmer et conserver mon attention malgré tout ce temps (et le peu de lecture que j'ai fait de lui). Bref, une lecture totalement dirigée par mon coeur et sans aucune idée de ce que ça allait donner. Calvo c'est une roulette très aléatoire. Et j'aime ça, quand c'est des très haut et des très bas.


Résumé en trois mots : Absurde, Moderne et Cynique

Je ne savais pas exactement comment résumer cette OVNI littéraire que nous a pondu encore une fois David Calvo. En onze nouvelles, nous voila transportés dans un univers absurde où le réel est étranger. Un monde à la Calvo, déroutant et pourtant cohérent, avec ce qu'il faut pour qu'on suive en se sentant perdu.

Les nouvelles sont très différentes l'une de l'autre, et si certaines m'ont semblé sublimes et extraordinaires (notamment celle sur Kate Bush) d'autres me sont restés très obscures et fermées. C'est très complexe à aborder, rien ne semble avoir de sens (et c'est peut-être bien le cas) et aucune clé n'est donné pour mieux comprendre le tout. C'est à prendre ou à laisser, mais pour le reste on n'aura rien ici.

Et pourtant, mon dieu que c'est génial. Le style d'écriture, complètement moderne et gavé de références à différentes choses, aussi bien de la sous-culture que des éléments de notre quotidien. Et l'apport de photos, qui ajoutent un je-ne-sais-quoi à l'oeuvre. Sans parler de cette poésie qu'on sent derrière les mots, qui permet parfois de s'approprier un texte complètement obscur.
Alors certes, le fait de ne pas avoir toutes les références parfois nuit au texte, et c'est dommage, car lorsqu'on est entrainé dedans, il y a quelque chose qui se dégage de l'ensemble, à la fois très mélancolique et formidablement beau, un mélange de tout les genres qui nous transporte. Pour peu qu'on accepte de laisser derrière nous la réalité et notre esprit cartésien, on est emmené dans un monde sans structure cohérente mais qui nous envoute littéralement. Et qui contient bien plus qu'on ne saurait le croire.

C'est un ensemble de nouvelles qui parle du monde, de l'enfance, des croyances, d'un peu de tout. On y trouve de la publicité, du jeu vidéo, des rats, des gens perdus, un monde absurde (mais moins que le notre) et autres choses dans ce genre. Un grand ensemble foutraque mais puissant.

Encore une fois, Calvo nous pond quelque chose à l'extrême limite de ce qu'on pourrait lire. C'est toujours déjanté et un peu n'importe comment, mais toujours cohérent dans son imaginaire débordant. C'est très beau et très triste à la fois, un ensemble qui détonne et qui étonne. J'ai été séduit d'un bout à l'autre, même si tout n'est pas égal, et l'ensemble me semble avoir une cohérence globale. Au final, j'ai été séduit une fois de plus, et je commence à apprécier de plus en plus cet écrivain qui ne peut rien nous pondre de classique. Au-delà des formes et des idées, c'est un OVNI contemporain, et qui plus est, un livre a lire.

(Chronique n°249)

jeudi 5 février 2015

Le maitre du Haut-Château (Philip K. Dick)

Et voila, le dernier livre de Philip K. Dick qui trônait encore sur mon étagère. Maintenant, la razzia est ouverte sur ce qui traine encore et qui traite de science-fiction (bon, j'ai encore deux livres de Asimov en attente, il me semble). Car à ce niveau là, c'est du génie, je le savais avant de lire celui-ci, mais nom de Zeus, que cet auteur est impressionnant. Voila fini maintenant la section "immanquable" de celui qui est considéré comme l'un des trois plus grands auteurs de science-fiction. Que reste-t-il à lire à présent ? Ah oui, tout le reste ... On est pas près d'en voir le bout.


Résumé en trois mots : Uchronie, Japon et Yi-King

Ce livre me semble être le véritable aboutissement de l'oeuvre de Philip K. Dick, et je suis bien heureux de l'avoir lu en dernier au final. Car ce livre contient en lui tout ce qu'il faut pour faire un grand roman, et quand je dis grand roman, c'est vraiment dans le haut du panier qu'il se classe. Rah, ça serait dur de trancher entre lui et Blade Runner comme LE livre immanquable de Philip K. Dick. Bon, disons que les deux sont à égalités. Dans mon coeur mais aussi dans ma tête.

Ce que ce livre apporte de plus par rapport aux autres du même auteur, c'est bel et bien le principe de l'Uchronie, principe si extraordinaire et peu souvent satisfaisant. Ici, le point de départ de la divergence historique est la tentative d'assassinat contre Roosevelt, en supposant que l'auteur de l'attentat ait réussi, que se serait-il passé ? Eh bien, la vie serait radicalement différente sur la côté ouest.

Ce roman a bien des côtés dérangeant, et mériterait une analyse de presque chacun de ses thèmes, tant il y en a. Entre l'idée d'une Amérique sous domination nippone (et qui ne serait pas plus mal), d'un livre qui guide tout le monde, d'une histoire qui suppose que les Alliées ont gagnés la guerre circulant sous le manteau, de nazis encore présent, de la suite de la guerre dans l'Allemagne vainqueur, dans les USA perdants, dans la tête des gens de tout horizons. Et puis l'art, et puis la vie de tout les jours, et puis les grandes interrogations, et puis les modes de vies. Et ce final. Mon dieu, ce final. Quel beauté, quel talent. Car c'est une réflexion superbe : qu'en retirer ? Ce qu'on veut, dirait-on.

En fait il y aurait beaucoup à dire sur cet énième roman réussi de Philip K. Dick, mais je comprends maintenant la raison de son succès et de son mythe. Il y a quelque chose d'incroyable là-dedans. De la matière à réflexion pour des années. On peut écrire des dissertations sur tout les points du livre. C'est beau et épique. Une réussite implacable, lisez-le. Un immanquable de la littérature de science-fiction, et je met Philip K. Dick dans le rang des meilleurs auteurs sans plus réfléchir. Lisez-le, bon dieu !

(Chronique n°227)

vendredi 16 janvier 2015

Blade Runner (Philippe K. Dick)

S'attaquer à ce livre, c'est un peu atteindre la quintessence de Philip K. Dick. Toucher le coeur du problème, le fond de l'âme, le centre de la pensée. C'est le roman le plus connu de l'auteur (avec, il me semble Ubik et Le maitre du haut-château), de par son adaptation légendaire au cinéma (Harisson Ford dans un film de Ridley Scott, le bonheur), son adaptation en comics, sa réputation filmographie et sa réputation papier. Le titre est légendaire : Do android dream of electric sheep ?, titre qui changea dans l'adaptation cinématographique, remplacé par le désormais légendaire Blade Runner, au point que toutes les rééditions françaises l'ont intégré pour premier titre. Un livre qui a donné son nom à une maison d'édition française ! (les Moutons électriques, qui publient de bien belles choses d'ailleurs).
Bref, tout est en place pour que le roman impressionne de prime abord, mais également pour qu'on en attende beaucoup, ce qui amène souvent à être déçu de la lecture. Ici, point de tout cela. La baffe dans la gueule fut magistrale, et je peux vous dire, après plus de six mois, que je la ressent encore sur ma joue. Elle s'est bien marquée, nom de Dieu !


Résumé en trois mots : AnimauxAndroïdes et Empathie

Par quoi commencer ? Je dois avant tout, je pense, souligner un point concernant l'oeuvre cinématographique. Il faut bien le dire, quand j'ai commencé ma lecture, le film et toute son histoire étaient parfaitement présent à ma mémoire, ce qui me causait une appréhension quant à la surprise qui pourrait être éventée. Mais en fait ... Non. L'histoire du film est radicalement différente de celle du livre, même si au final la base est la même. Les détours sont entièrement différents, les questionnements et les angles d'approche sont incroyablement distants, tout est autre. A tel point que je tire encore plus mon chapeau au film pour le développement totalement original qu'il a proposé par rapport au postulat de départ proposé par le livre. Même les répliquants changent de comportement, ce qui est tout de même fort. En bref, si vous n'avez jamais voulu le lire par crainte de vous ennuyer après avoir vu le film, ne vous arrêtez pas à ça. Les deux oeuvres sont suffisamment différentes pour justifier une lecture complète de cet ouvrage-ci.

Maintenant que ce point est éclaircie, passons au livre uniquement. Et là ... Je ne sais toujours pas par quoi commencer. Ce livre regorge de tellement de choses à dire, que j'en suis presque incapable de vous donner le début d'une idée. C'est un foisonnement d'idées et de réflexions qui nous est proposé, avec bien évidemment la science-fiction par dessus, sans parler de cette fameuse limite entre l'homme et la machine (thème récurrent dans son oeuvre sans jamais lasser. C'est fort de café !), des problématiques environnementales (bien que juste évoquées) et des thématiques autour des animaux, de la richesse et de sa représentation, des débats sur la moralité du travail (qui consiste tout de même à tuer des gens), ...
C'est également une foule d'idées qui sont parfaites (et bien souvent qui n'ont pas été reprises dans le film, faute de pouvoir vraiment l'exploiter), tel que les boites à empathie (et tout ce qui tourne autour ensuite) et la question de l'humanité qui vient s'y greffer, ou les animaux électronique et l'attachement de l'humain à ceux-ci.

C'est également une histoire qui est greffé par dessus tout ça, et qui se paye le luxe de ne pas être trop simplette, même si elle ne révolutionne pas le polar. Mais cela dit, quand on voit la densité du bouquin, je pense qu'on peut se payer le luxe d'alléger l'histoire. Et ce n'est pas désagréable non plus d'avoir un peu de légèreté dans l'ensemble.
Car c'est lourd, très lourd. Une ambiance noire, des personnages sombres, des thématiques pesantes, des manifestations réflexions lourdes ... Tout est plutôt noir ici, mais ce n'est pas comme si l'auteur ne nous avait pas habitué à ça.


Un grand roman, c'est sur, qui mêle des thèmes en tout genre dans une réflexion extraordinaire et qui se paye également le luxe d'une histoire, de personnages et de développements très bons. L'ensemble est parfait, un grand roman qu'on déguste comme un bon vin, et qui est à mon avis dans les immanquables de la lecture, ne serait-ce que pour tout ce qu'il amène comme questionnement lorsque l'on referme le livre. Un livre de cet envergure, c'est rare et c'est d'autant plus plaisant. Ne passez jamais à côté de ça. Lisez-le, et vous comprendrez.

(Chronique n°219)

mercredi 23 avril 2014

Sur la route (Jack Kerouac)

Fin de la route, 3/3

Depuis le temps que je chronique sur ce blog, je crois bien que c'est la première fois que j'ai eu autant de mal à finir un livre. Plus de deux semaines en étalant la lecture, c'est un gros point noir avant même de commencer à critiquer l'intérieur. Mais je tenais absolument à le lire, pour cet ensemble d'avis et surtout parce qu'il s'agit tout de même d'un immanquable, que je voulais lire pour savoir de quoi il en retourne exactement. Et bien, il y en aurait à dire.


Résumé en trois mots : Voiture, Voyages et USA

En fait, je crois bien que le principal problème que j'ai trouvé dans ce livre réside dans son scénario. Je dirais presque : son absence. En gros, nous suivons les pérégrinations de deux personnages, le narrateur, appelé Sal, et son acolyte, Dean, personnage qui aurait, dit sympathiquement, "pété un boulon". Un gars dingue, simplement, dynamique et vivant. Et les deux vont sillonner les États-Unis dans un peu tout les sens, avec un peu tout mais surtout des voitures. Et ... Ah oui, il y a aussi les filles de Dean. Et je crois que nous avons fait le tour.

En fait le roman m'a semblé incroyablement long, sans grand intérêt et je l'ai fini en me demandant : Ok, a part présenter un personnage curieux (Dean), quel intérêt ? Pour moi, la réponse serait : aucun. Je n'en ai franchement rien retiré. Je n'ai pas eu l'impression de comprendre la beat generation, je n'ai pas eu de sympathie pour les personnages, je me perdais dans les états et en fin de compte je me sentais un peu perdu dans cette histoire. La plupart des choses ne m'intéressaient pas le moins du monde, tout simplement. Et ce fut assez pénible de poursuivre la route sur autant de pages. Je me demande encore ce que tant de gens y trouvent.

Le résumé est assez simple : déception. La lecture ne m'a pas du tout intéressé, et jusqu'au bout je me suis demandé ce qu'il y avait à comprendre. Je crois que le gros problème, c'est qu'il n'y a rien, vraiment, à comprendre. L'ensemble est creux, c'est peut-être une vie réelle, mais je ne suis pas du tout intéressé. En fait, en terme d'immanquable, de roman culte, je suis complètement sur ma faim. Je ne me rappelle pas d'avoir autant trainé sur une lecture depuis un moment.
De l'ensemble des récits sur la route, c'est le moins bon. Les lectures sont allées en chute d'intérêt, et c'est pour cela que l'ensemble arrive si tard. Je ne vous le conseille pas, même si c'est un livre tellement réputé. La route vaut largement plus le détour. Passez votre chemin à pied par les sentiers plutôt que de vous engager Sur la route

(Chronique n°171)

 

mardi 22 avril 2014

La route (Jack London)

En route, partie 2/3

Encore un Jack London, mais j'ai acheté une bonne partie de ses livres dans cette collection qui les a tous réédité, une aubaine pour moi. En plus on a le droit à des photos de l'auteur sous tous les angles. Mais surtout c'est une excellente excuse pour lire encore cet auteur fabuleux, et découvrir d'autre talents que simplement des nouvelles et des contes de l'Alaska ou des mers du sud. Là, c'est de l'autobiographie, qui va nous faire rencontrer en direct la vie trépidante d'un auteur hors du commun. Et qu'en ressort-il ?


Résumé en trois mots : Trains, vagabondage et Autobiographie

L'auteur nous entraine dans ses premières aventures à travers l'Amérique, alors qu'il est tout jeune homme de 18 ans, déjà formé aux lourds travaux de la marine et des taches ingrates. Et ce jeune homme va partir, vagabonder, "bruler le dur", se former au contact du peuple en vadrouille, essuyant une crise économique, et devenant progressivement l'homme qu'il est.
Le livre est écrit d'une manière complètement déconstruite, c'est plus un aperçu général de ces années de vagabondage plus qu'un récit chronologique, ce qui fait qu'on se promène souvent à gauche, à droite, en avant et en arrière, se promenant dans tout les États-Unis. En fait, London nous explique la vie de vagabondage en plusieurs points, chaque fois en prenant pour exemple sa propre expérience, alors qu'il écrit douze ans plus tard. Du fait, l'auteur livre un récit qui s'excuse parfois envers des personnes qu'il a croisé, ou s'interrogeant sur leur devenir. C'est plus un récit qu'un véritable travail de mémoire. L'auteur nous raconte ses souvenirs et les commentent, nous informant de ce qui s'est passé et parfois de ce qu'il en pense maintenant.

Le ton du livre est réaliste, encore une fois, et sans concession. Jack London ne se glorifie pas et ne se dénigre pas. Il raconte ce qu'il a vécu, en bien ou en mal, sans chercher à se mettre en valeur. Il s'indigne, il se révolte contre certains comportement, mais il ne fait pas plus. C'est ce que j'ai adoré dans ma lecture. Outre la représentation de l'Amérique en crise économique, des vagabonds (dont une autre version se retrouve dans les livres de Steinbeck), mais aussi de l'homme, encore une fois, sociale ou bestiale, bon ou mauvais. Les deux s'affrontent, dans un duel sans vainqueur. London nous dépeint une humanité qui peut être très vite transformée en monstruosité, tout en montrant des beaux côtés.

Une lecture très intéressante, qui se fait à la fois chronique sociale, autobiographie et aperçu historique, riche en informations sur une période et sur une façon d'être, le vagabondage, que choisissent beaucoup de jeunes. Une très belle découverte pour ma part, notamment parce que la lecture éclaire plus sur les convictions de Jack London. En regardant sa vie, on comprend mieux ses choix et ses aspirations. Bref, une lecture encore une fois prenante, et toujours intéressante de cet auteur.

(Chronique n°170)

vendredi 21 mars 2014

Junky (William S. Burroughs)

J'ai encore tellement de livres à lire, et pourtant c'est celui-là qui a retenu mon attention, avec cette couverture simple, qui m'a rappelé le film Trainspotting, ce sujet simple : la drogue, et cet auteur de la Beat Génération, qui est réputé pour être un des plus grands auteurs américain. Je me suis laissé emporter par son récit et je dois dire que ce ne fut pas pour me déplaire.


Résumé en trois mots : Drogue, Amérique et Dealer

Burroughs écrit ici sous les traits d'un double, alter ego de l'auteur (c'est assez visible). C'est donc un récit autobiographique que nous avons là, et qui nous entraine dans les histoires de ce jeune homme, fraichement accompli et titulaire d'une licence en lettre (faite par dépit plus que par choix). L'originalité de ce récit réside sans doute dans le point de vue que le narrateur accorde à la drogue. Sans aucun doute, il n'y a pas d'équivalent. Après, c'est aussi le livre le plus vieux, son cadre n'est pas du tout celui actuel, et les mentalités ont aussi bien changées (je dirais heureusement, mais pas pour tout).
Bref, c'est un livre qui permet de comprendre le passé lointain de la drogue, mais beaucoup moins de nous plonger dans l'actualité. Remarquez, c'est aussi un livre générationnel, qui nous renseigne sur la Beat Génération, et en ce sens il est plus complet.

L'histoire nous trimballe un peu dans l'Amérique, entre les Etats-Unis et le Mexique, ce qui nous amène aussi à voir les différences entre les états, au sein des États-Unis et extérieurement. Par contre, nous verrons très peu de choses du trafic même de drogue. C'est plus une autobiographie, avec le monde des drogués, leurs conceptions de la vie et leur univers mental qu'un livre sur la façon dont on se drogue.
Et surtout, Burroughs ne fait absolument pas de confessions. Ce n'est pas un livre témoignage, contrairement aux autres livres sur la drogue. C'est simplement un livre qui parle de sa vie à un moment donné, lorsqu'il prenait de la drogue. Il ne cherche pas à s'excuser, ne considère pas cette période de sa vie comme ratée, ou mauvaise. C'est juste une période de sa vie. De fait, la lecture est curieuse, puisque l'auteur ne cherche pas à nous dissuader de quoi que ce soit. C'est la vérité crue et sans problèmes. Du coup, si vous cherchez un témoignage anti-drogue, je ne peux pas trop vous le recommander.

Récit assez atypique et qui nous offre une vision tout sauf conventionnel de la drogue, Junky s'inscrit dans un ouvrage autobiographique et une sorte de manifeste de la Beat Génération plutôt qu'un véritable livre sur la drogue. C'est un contexte plutôt, une façon de voir la vie et le monde dans lequel la drogue joue un rôle non négligeable. J'ai trouvé la lecture plaisante et intéressante, je ne peux que vous recommander de faire pareil.

(Chronique n°155)

lundi 3 février 2014

Forrest Gump (Winston Groom)

J'ai été très surpris en voyant ce livre, comme quoi le cinéma pique vraiment tout ce qu'il peut dans la littérature (ce n'est pas forcément un reproche, il y a des adaptations plus réussies que le roman de base). Bref, je me suis laissé tenter à lire les aventures de ce simplet de Forrest Gump, pour voir un peu ce que ça donnait en livre. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça change du film !


Résumé en trois mots : Aventure, Humour et Idiot

Idiot s'appliquant bien entendu à Forrest et pas au récit, ni à l'humour. Alors, première critique : c'est moins bien que le film. Et même nettement d'ailleurs. Pour vous éviter les spoils, si vous pensez le lire, je vous met le texte en même couleur que le fond. Pour lire, surlignez, mais ne le faites que si vous pensez ne jamais lire le livre :

Forrest est totalement différent du livre, il a une grande facilité en math et devient entre autre champion d'échec à un moment, il ne se marrie pas avec Jenny (qui change pas mal du livre), le lieutenant Dan ne l'aide pas aux crevettes et il n'a jamais été son chef (et n'a pas été sauvé par lui), il finit par être un musicien de rue (mais millionnaire) et dors dans un carton, il a un singe, il est allé dans l'espace, il a rencontré des cannibales .... La mère a vue bruler sa maison et n'apparait presque pas dans le livre, Forrest joue de l'harmonica, il a tué quelqu'un par inadvertance ...

Et dites vous que là je n'ai mis que les grandes lignes. En fait, entre le film et le livre, ils ont gardés le nom, le personnage (environ), et quelques idées. Bref, l'ensemble change beaucoup, et je dirais que le film a fait plus fort que le livre.

Si le livre est drôle et contient des excellents passages, il faut surtout dire que l'histoire est invraisemblable. Mais là, largement plus que dans le film, avec certains passages où je me posais vraiment la question : "Mais qu'est-ce que c'est que ça ?". Le livre utilise un principe d'un chapitre par idée, et c'est louable, mais en fait on navigue vite dans un océan de choses, Forrest faisant de tout et n'importe quoi, arrivant toujours à s'en sortir (pas forcément vainqueur), mais avec des invraisemblances énormes. En fait, si le début de la lecture est très sympathique, il finit par lasser au bout d'un moment, et je me suis pris à me dire que le film avait tiré ce qu'il y avait de meilleur à tirer du livre et qu'il avait laissé le reste avec raison. Ce n'est pas mauvais, mais c'est répétitif et lassant, bourré de cliché et de détails inintéressant (sans compter les blagues compréhensibles uniquement par les américains ou ceux qui connaissent bien l'histoire des USA). Bref, c'est une lecture qui est bien différente, notamment qu'il n'y a aucun passage émouvant dedans, et qu'il manque bien d'autres choses qui faisaient toutes la saveur du film.


Le livre m'aura sacrément moins marqué que le film, c'est indéniable ! Amusant mais pas hilarant, aventureux mais rapidement lassant, il va moins loin que le film et rend beaucoup moins bien. Au final, j'ai eu un sentiment très frustré à ma lecture, ayant l'impression de lire un livre moyen, mais surtout qui ne vaut rien en comparaison du film. Bref, je ne peux pas le recommander à la lecture.

(Chronique n°132)

jeudi 16 janvier 2014

Survivant (Chuck Palahniuk)

(lu 9 janvier 2014)

Encore un petit Palahniuk que mon coloc m'a suggéré, en m'expliquant qu'il y avait les pages numérotés à l'envers, et il faut avouer que ça commence à la page 370 et qu'on descend progressivement dans le compte à rebours. Et comme d'habitude avec Chuck Palahniuck, c'est barré.


Résumé en trois mots : Religion, Cynisme et People

Un livre noir et cynique, détonnant et méchant, c'est environ le meilleur moyen de résumer le second ouvrage de cet auteur. J'avoue que pour celui -ci j'aurais eu plus de mal à rentrer dedans et qu'il m'aura moins marqué que d'autres écrits de l'auteur. Pourquoi ? Plusieurs raisons interviennent, notamment le fait que le roman se concentre sur un aspect très américain : la religion à l'américaine. Lorsque l'auteur part dans son délire au niveau des shows TV ou dans les stads de Super Bowl, j'avoue que je m'ennuyais un peu puisque finalement c'est quelque chose qui est très éloigné de ma culture propre. Du coup, j'ai eu un peu plus de mal avec certaines parties du livre.

Après, le livre reste très drôle, avec cet humour cynique et grinçant qui sied si bien à l'auteur. C'est toujours un régal, même si le sujet est plus centré américain et qu'il a du mal à percer ici, à mon sens. Nous connaissons aussi les sectes, mais pas au niveau que connaissent les USA, du coup je trouve qu'un lecteur moyen français à moins d'attaches à cet univers là. Pour le reste, Palahniuck glisse à nouveau une petite part de fantastique dans son œuvre, mais bien dosé et qui permet à l'histoire d'embrayer sur sa deuxième partie sans aucun problème, le ton changeant complètement entre les deux moitiés du roman (dans le même genre que Peste en fait). La lecture se fait plus facilement à la moitié du roman, mais j'ai moins accroché en général au livre.

Ce n'est pas le meilleur Palahniuck, c'est certain, mais il reste un livre sympathique et qui se lit bien, même si le sujet est moins intéressant pour nous autres français. Je ne le déconseille pas mais de l'auteur il y a d'autres livres bien plus intéressant. C'est un bon ouvrage qu'on peut lire, mais il en gagne pas la priorité selon moi.

(Chronique n°123)

dimanche 29 décembre 2013

Le festival de la couille (Chuck Palanhiuk)

Il faut avouer qu'un tel titre incite presque à lire, mais j'avais en outre eu beaucoup d'écho à propos de ce recueil d'un auteur célèbre pour son Fight Club. J'ai donc attaqué la chose tranquillement, sans trop savoir à quoi m'attendre, vu l'auteur, il faut s'attendre à tout. Pour faire simple, c'est ce que j'ai eu. Du tout.


Résumé en trois mots : Réaliste, Article et Amérique

En fait, le meilleur résumé de ce livre c'est "un portrait de l'Amérique" par Chuck Palanhiuk. A peu près tout est dit à ce moment là.  Ah oui, accessoirement c'est aussi des nouvelles.

En fait, plutôt que de nouvelles, nous pourrions parler ici de portraits et d'articles. C'est une façon de représenter les trois parties du livres, la première d'articles de journaux (l'a-t-il écrit pour des journaux ou pour la nouvelle, je ne sais pas), les deux autres en portraits courts de personnalités, et enfin des récits courts sur lui, ou un personnage qui lui ressemble, une partie de lui-même. C'est aussi un aspect intéressant de tout ce qui s'est passé autour de Fight Club, notamment la promo du film, mais je vous laisse lire pour comprendre.

Ce que j'adore chez Chuck Palahniuk est au rendez-vous dans ce livre au style incisif, dans un style très journalistique, de façon très crue aussi. C'est un livre qui semble dresser un portrait d'une époque plutôt que de raconter des histoires. Palahniuk nous présente les USA par son bout de la lorgnette, entre débilités dans des lieux divers, espoirs de personnes du communs, stars et tout le tralala, et surtout beaucoup de personnes seules, désespérés, qui tentent de trouver un sens même absurde à une vie peu trépidante. A cet égard je trouve qu'une nouvelle est juste parfaite là-dessus (c'est celle nommée Ma vie de chien).

Bref, c'est selon moi un très bon Chuck Palahniuk, même s'il n'est pas le plus accessible de tout ce que j'ai lu de lui -pour l'instant trois ouvrage seulement, je le reconnais-, et sa forme est bien différente d'un recueil de nouvelles ordinaire. C'est vraiment un portrait, presque tragique par certains aspects, d'un monde qui est situé de l'autre côté de l'Atlantique. Mais aussi le reflet d'une société qui ne se sent pas bien, un mal être des personnes qui la peuplent. C'est dérangeant par certains aspects, mais c'est aussi bien écrit, même beau parfois. Et selon moi, c'est à lire.

(Chronique n°114)

samedi 30 novembre 2013

Milles femmes blanches (Jim Fergus)

Enfin fini ce livre qui aura duré tout de même près de une semaine, ajourné régulièrement avec d'autres lectures qui s'intercalèrent, et également des fatigues qui m'empêchèrent de finir ce que je lisais. Mais là j'en suis enfin venu a bout. C'est pas trop tôt, et je peux maintenant vous dire ce qu'il en retourne. Vous êtes prêt ? Alors commençons avec ce livre sur les amérindiens !


Résumé en trois mots : Cheyennes, XIXème et Conquête de l'ouest

Le récit est une fiction mais j'ai eu du mal à déterminer s'il se basait sur des éléments réels, et apparemment ce serait le cas. Mais je n'en suis pas certain, donc je table sur un non, charge à vous de croire ce que vous voulez ensuite.
C'est à la fois une épopée, une découverte de civilisation, un choc de culture et également une transformation du personnage principal auxquels nous assisterons. De quoi mettre l'eau à la bouche !

En fait, je vais tout de suite poser ce que je reproche au livre : la mentalité des protagonistes. C'est le principal frein que j'ai eu à ma lecture, mais qu'est-ce qu'ils sont cons ! Passez-moi l'expression, mais j'en aurais étranglé la moitié sinon plus, et plus d'une fois j'ai du m'arrêter tant la mentalité me semblait arriéré. Après, je ne peux que saluer l'auteur qui retranscrit à mon avis parfaitement ce que pouvaient penser ces dames. Tellement bien fait que j'ai du fragmenter ma lecture.

Outre ce défaut qui n'en est pas un (après tout, c'est une qualité que d'avoir su énerver son lecteur devant la mentalité d'un personnage), je dois dire que tout est bon. Ou presque.
Déjà le style d'écriture est bien rapporté, mélange entre le style d'un journal intime qui a vocation d'être lu par la suite et auteur contemporain qui doit tenter d'accrocher le lecteur. Le compromis est bien trouvé et j'ai eu un sentiment de crédibilité sur toute l'ouvrage, bien que certains passages sont clairement romancés et non pas tirés d'un journal intime. Mais je ne me rendais jamais compte de la transition, et c'est vraiment superbement bien fait.
Ensuite, comme dit, la recherche historique est très bien faite, à la fois dans les mentalités mais aussi dans les comportements des uns et des autres. Des Cheyennes évidemment, puisqu'une bonne partie du livre se passe chez eux, mais aussi des autres, car c'est aussi le portrait de bigotes, de soldats, de femmes délaissées par leur propre patrie qu'on trouvera. Des personnages bien campés, chacun intéressant à sa manière et jamais arrêté de façon manichéenne. Ici encore, la réalisation ne s'est pas trompé.
Encore un bon point : le rythme, qui est prenant car assez lent pour permettre de détailler les paysages et les mœurs de tout ceux qui croiseront la route de l'auteur. C'est une alternance subtile qui permet de comprendre la façon de vivre en même temps qu'on apprécie tout ce qui se passe autour, les saisons, les paysages, les lieux. Et les lâchetés, les traitrises, les faiblesses, tout ce qui touche au comportement humain. Le tableau d'ensemble est prenant.
Enfin, l'auteur à su rendre le personnage principal attachant, en mélangeant à la fois sa curiosité et sa fougue, son dynamisme, et en mettant également dans le plat des relents de "civilisations XIXème", de foi mal placée et de pudibonderie qui font les imperfections d'une femme au caractère bien trempée.

Bref, j'ai énormément apprécié ce livre qui fut pourtant dur à lire principalement parce que la mentalité des protagonistes m'énervait au plus haut point. Mais tout le reste est bon, aussi bien le style que tout ce qu'on apprends sur cette époque dans cette partie du monde, voir la façon de vivre à l'indienne, qui est loin d'être l'idylle trop souvent rapportés par ceux qui veulent un monde meilleur. La vie dans les grandes plaines était loin d'être facile, c'est un bel aperçu qui nous est donné, mais également de la condition de la femme dans les USA naissant. Là aussi, on en apprend beaucoup et pas forcément des meilleurs. Pour plus de détails, référez-vous au livre, il vous emmènera dans une histoire assez saisissante que j'ai beaucoup apprécié et que je recommande.

(Chronique n°101)

mardi 26 novembre 2013

Martin Eden (Jack London)

Lecture Jack London, suite (3/5)


Résumé en trois mots : Auteur, Social et critique

Non, pas d'introduction pour cette chronique.
Et pas de vrai chronique en fait.
Plutôt un assemblage de ce que j'ai ressenti par rapport à ce livre.

Jack London, je connaissais surtout pour ses livres d'aventures, Croc-Blanc, L'appel de la forêt, et autres petites nouvelles très réussies. Des romans que j'ai déjà dévorés mais que j'avais appréciés surtout comme des bons romans d'aventures, prenants et bien écrits, avec un fond intéressant sur la nature, la sauvagerie et autres choses de ce genre.
Mais là, c'est autre chose. Ce roman, c'est quelque chose de complètement différent. Très inspiré par sa propre vie dit-on (je ne sais pas si on doit s'y fier), l'histoire est celle d'un brave marin, Martin Eden, qui décide, par amour pour une femme, de s'instruire, de grandir en culture. Il commence à lire, à s'éduquer. Et commence aussi le récit en deux teintes, de sa réussite et de son échec, de son ascension et de sa chute. Un récit qui va suivre toute la vie de ce pauvre Martin Eden.

Je dois bien dire que j'ai rarement éprouvé un tel attachement à un personnage principal, et ce depuis un très long moment. Sans doute parce qu'il fait écho à beaucoup de choses en moi. Mais mon dieu ce que j'ai aimé. Il n'y a pas une phrase du livre que j'enlèverais, pas un atome que je contredirais. J'en suis si retourné que je me demande comment quelque chose pourra encore me sembler mieux écrit ensuite.
La raison de cette claque monumentale que je me suis prise en lisant tient en peu de choses : le sujet, qui m'a pris au tripes et m'a passionné avec une force .... Que je n'avais pas encore ressenti. Ou, si, je l'avais déjà ressenti, mais là elle a vraiment frappé dans son but. Et d'une manière violente. J'en suis encore retourné. C'était si extraordinaire à lire.

Le style de Jack London est ... merveilleux. La lecture est tellement fluide, j'ai été ailleurs, dans un autre monde sans m'en rendre compte. J'étais transporté, au-delà de mon propre corps, incapable de bouger voir d'aller boire un simple verre d'eau. Et puis, cette force narrative ... C'est un rugissement de l'écrivain qui transperce les pages, toute sa force, toute sa hargne, tout passe dans les mots. Le reflet total d'une pensée.
L'histoire est parfaite, sans que l'on ne puisse rien y changer (un cinéaste en changea la fin, la jugeant trop noire. C'est immonde, cette fin est aussi forte que le reste du récit) et qui va nous entrainer d'une manière subtile dans un rouage très connu de la littérature, sur les arrivistes, l'opportunité de changer de classe, le statut bâtard des personnes entre deux classes, mais aussi sur le milieu des écrivains, sur les penseurs, les philosophes, l'édition. Et sur l'amour. Quelle force London à mis dans son récit pour que l'amour transperce chaque page, qu'on vibre avec notre narrateur dans cette passion qui le consume. Et quelle cruauté le héros subira sans broncher, toute la bêtise et la haine de l'homme, son ignorance et sa crasse. Personne n'est épargné, bourgeois, ouvrier, penseur, critiques, commerçants, tous sont plongés jusqu'au cou dans leurs ignorances crasses, dans leurs saleté cognitive.

Et ce livre reçoit un parfait écho actuel, lorsqu'on entend des centaines de gens parler de livres qu'ils n'ont pas lu, se déclarer savant sans connaitre la moindre théories dont ils parlent, sans même essayer, ce qui est plus grave, de combler leurs lacunes. Hommes politiques, journalistes, présentateurs télés, professeurs, boutiquiers, écrivains, tout ceux qui écrivent sans savoir sont déjà représentés dans ce livre vieux de cent ans. Ces dictateurs de l'esprit qui n'en possèdent pas un atome. Quelle retentissement par rapport à notre monde, dans lequel la majorité se complait d'une couche mince de savoir et qui ne recherche jamais à en avoir un peu plus, toujours plus. Pas par curiosité, pas par devoir, pas par intellectualisme. Mais par amour, par envie, par plaisir, pour se savoir plus cultivé, pour comprendre, pour aller plus loin.

Je ne parlerais pas plus là-dessus, tant il y a aurait a dire, mais quelle beauté, quelle force se dégage de ce livre. On est pris dedans dès les premiers mots et ce jusqu'au bout, jusqu'à la dernière ligne. Des allégories en pagaille, des coups dans toutes les faces, le héros charismatique à souhait va nous balader dans une vie trépidante qui ne bougera quasiment pas d'une pièce minuscule qu'est sa chambre. Car tout est un combat intérieur. Une grosse claque dans la gueule, et qui m'a retourné plus que jamais.


Lisez-le. C'est du Zola, c'est du Balzac, c'est du Maupassant, c'est de la poésie et de la satire, de la chronique sociale et de l'amour, de la haine et de l'abattement, du découragement et de la volonté. Ça prend au tripes, ça vous laisse un gout amer une fois fini. C'est puissant, c'est fort, ça frappe au bon endroit, ça parle en connaissant la chose. C'est parfait.

(Chronique n°99)

lundi 4 novembre 2013

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (Harper Lee)

Ce livre aura eu une lecture assez longue, étalée sur près d'une semaine, mais j'ai dévoré la deuxième moitié du roman sans m'en rendre compte en une nuit. Ça fait du bien d'être à nouveau à fond dans un roman, sans se soucier du reste, fatigué mais content de l'avoir fini. Ce roman donc, il se lit très bien. Mais en est-il bon pour autant ?



Résumé en trois mots : Alabama, Racisme et Enfance

En  fait j'ai eu un mal fou à vraiment commencer la lecture de ce roman, pour une raison simple.
Déjà, l'histoire est narrée d'un point de vue original. La narratrice raconte, étant adulte, son enfance. Nous avons donc un double point de vue, d'un côté la narratrice adulte qui analyse de temps à autre, qui se permet des réflexions adultes, et de l'autre la petite fille qu'elle était et qui ne voit qu'avec son regard d'enfant, simple et direct, qui est d'ailleurs souvent faussé. Cette double lecture est constante dans le récit et passe sans qu'on s'en rende vraiment compte. C'est du coup une lecture a deux niveaux mais très fluide.
Cela dit, c'est aussi ce qui m'a handicapée dans ma lecture. Le récit du point de vue de la gamine est concentrée dans la première moitié du roman sur sa vie, sa ville et le déroulement de son enfance. Ce n'est pas inintéressant, mais j'ai un mal fou avec ce genre de récit. Principalement parce que ça ne réveille pas un côté nostalgique en moi et que je trouvais le récit très long. J'ai mis un sacré temps avant d'accrocher vraiment, c'est à dire lorsque le récit intègre ce fameux procès et que enfin la lecture devient plus mature. Avant ça c'est vraiment les petits gamins qui s'amusent durant l'été, faisant ce que font les gamins. C'est pas mauvais, c'est bien raconté, mais moi ça me passe complètement au-dessus de la tête.

Cela dit, cette première partie (environ la moitié du roman) est nécessaire pour plusieurs choses. Elle pose un cadre, le décor de toute la seconde partie. Ce qui m'a semblé long trouvait ensuite une utilisation et un développement dans la seconde partie. Cette deuxième partie est du coup très fluide, et exploite bien les apports de la première partie dans le cadre du procès. La mise en place est bien faite, je reconnais. Cette deuxième partie est beaucoup plus prenante, avec un fil conducteur et beaucoup plus de développement humain à mon avis. Ce n'est plus seulement des enfants jouant, c'est une adulte qui remarque combien ce qu'elle a vu étant enfant était important. Au final elle grandira rapidement lors d'un été très riche en émotion, et cette transition est très marquée.

Cela dit, le style est très bon (et apparemment plus fidèle au style de la VO) et j'ai adoré les personnages. Pas l'héroïne, ni son frère, qui sont justes des enfants sans grand intérêt pour moi. Mais le traitement des autres personnages autour est vraiment très bien fait, notamment Atticus qui est un personnage charismatique, que je rêverais de rencontrer en vrai. Les autres personnages ne sont pas en reste et au fur et à mesure du roman le machiavélisme cède place à des côtés bien plus en nuances, les personnes aigries ou méchantes envers l'héroïne acquièrent de l'épaisseur sans qu'elle ne remarque grand chose (mais l'adulte qui raconte le récit l'a bien compris). Du coup beaucoup de personnes deviennent en demi-teinte.
Enfin j'ajouterai que le roman se conclut avec audace. Une audace qui ne fait pas regretter la lecture puisque la conclusion arrive de façon imprévue et apporte encore un éclairage sur les personnages et j'ai trouvé cette fin très réussie. Elle permet d'éviter le piège de la nostalgie poussée de l'enfance (concept auquel je n'adhère pas et dont je suis très réfractaire) en se finissant sans morale véritable. Juste des personnages encore développés.


En conclusion, je dirais que c'est un très bon récit qui sait mélanger deux genres sans se planter. La première partie m'a semblé longue et je n'y ai que moyennement accroché à cause de ce côté de l'enfance très marqué et qui ne m'intéresse absolument pas, mais le roman se rattrape dans sa seconde partie et exploite à ce moment-là les apports de la première. Du coup je dois reconnaitre que le roman forme un tout cohérent et qu'il est bon. Même très bon, c'est une histoire poignante et intéressante. J'ai été transporté dans la deuxième partie et j'ai trouvé des personnages extraordinaire. En définitive, c'est un bon roman et je lui laisse largement son statut d'excellence, même si j'ai une légère appréhension du début. A lire, très certainement, ne serait-ce que pour comprendre la mentalité des années 30 en Alabama et toutes les luttes qui en découlèrent.

(Chronique n°89)


Douze de fait

lundi 21 octobre 2013

Peste (Chuck Palahniuck)

Encore un Palahniuck, mes amis, et pour ne pas prendre n'importe quel livre qu'on m'aurait conseillé, j'ai décidé de prendre un livre complètement au hasard dans le rayon, pour tenter un peu autre chose, voir ce que l'auteur avait aussi fait. Car oui, Fight Club c'est bien beau, mais quid du reste ? De cette façon, je me suis retrouvé avec dans les mains le livre Peste. Un scénario qui semblait assez intéressant, et je me suis dit qu'on pouvait se lancer. Et là, la lecture ...



Résumé en trois mots : Humour, cynique et Amérique

Ce roman m'a fait une drôle d'impression. Non, en fait il y en a eu plusieurs, des impressions sur ce roman. Déjà, et c'est ce qui semble ressortir de nombreuses autres critiques que j'ai pu lire, il y a une grosse impression que Chuck Palahniuck à combiné des idées multiples et allant dans tout les sens, se mêlant pour former un roman. Le problème, c'est qu'il y en a trop à mon humble avis. Assez d'idées pour deux voir trois livres, mais combiné en un, c'est trop. Et pourtant, elles sont bonnes.

Ensuite, j'ai aussi été dérangé par le style d'écriture, qui s'inspire des biographies orales, celles où chacun parle en expliquant la vie de quelqu'un qui est mort (bien que dans ce cas on n'en soit pas tellement sur). Mais là encore, c'est très décousu, très confus. On comprend, mais avec trois trains de retard, et c'est pénible en un sens. Je comprend très bien la volonté de l'auteur qui cherche à faire une biographie en tout sens pour troubler son lecteur jusqu'à le laisser dans l'expectative sans trop savoir la réalité dans tout ce marasme et ces idées contradictoires. C'est louable, mais je trouve que la forme n'est pas la meilleure.

Ensuite, passons à autre chose. L'histoire est confuse, et surtout regroupe trop d'éléments qui ne se mélangent (à mon avis) pas trop bien. Le livre va basculer d'une critique de la société pure et d'un roman humoristique noir (dans la veine de Le seigneur de porcheries mais avec un humour plus net), pour ensuite basculer dans une sorte de science-fiction et de considération philosophique voir métaphysique qui sont à mon avis très loin de ce qu'on pouvait lire au début.
Le roman est toujours très bon, lorsqu'il critique il sait viser juste (et très juste d'ailleurs), mais il le fait moins bien que dans Fight Club, avec trop de dispersion. Mais cela dit, le tableau qu'il dresse de l'Amérique vaut le détour, entre névroses et obstination, les personnages sont malsain du début à la fin, et ce n'est pas sans critique bien appuyées et ciblant des points précis. Mais dans l'ensemble, c'est difficile de comprendre.


En fait je pense que Chuck Palahniuck à voulu trop dire dans ce roman, et qu'il s'est perdu en cours de route. Le roman prend deux fois des virages radicalement différents, avec une impression de changer carrément de registre d'écriture, la seconde partie perdant considérablement en humour notamment, mais le tout étant bourré de bonnes idées. Si ce n'était pas un auteur déjà accompli, on pourrait croire qu'il s'agit d'une première œuvre encore un peu brouillonne de la part d'un auteur talentueux. Là on peut se demander pourquoi l'auteur s'est embarqué dans toutes ces directions au lieu de scinder tout en plusieurs livres, mais je trouve qu'il y a vraiment des excellentes idées, le tout un peu trop noyé dans la masse. Si vous acceptez de vous accrocher pour la lecture, ce livre ne devrait pas vous poser trop de problème, sinon, c'est pas celui que je vous conseille du même auteur.

(Chronique n°82)

lundi 1 juillet 2013

Chantier (Stephen King)

Premier livre de Stephen King que je lis depuis un moment -bien qu'il y en ai trois encore qui encombrent ma tablette-, et j'ai encore une fois été charmé par ce maitre du livre, qui sait vous envouter et ne vous fera pas lâcher un livre sauf s'il a décidé de créer un rythme lent. Je n'en ai pas encore lu, et je dois bien avouer que j'ai été scotché dans un livre jusqu'au bout, preuve s'il en faut que Stephen King est un grand auteur, au moins dans le style si ce n'est les histoires. Voyons cela dans notre petite chronique du jour, dans Chantier de Stephen King.


Résumé en trois mots : Paternité, Lutte et Propriété

Dans le genre, c'était un livre que je n'avais pas encore lu et qui était écrit par Richard Bachman, dont je trouve le style proche de Stephen King mais en même temps curieusement différent, comme un double, un jumeau. Chantier était assez ancien mais j'étais assez amusé de m'y remettre.

Bien qu'un peu craintif car j'avais lu beaucoup de livres dernièrement et que j'avais peur de trouver un Stephen King pénible, je me suis replongé dans le style de ce maitre sans aucune difficulté, avalant les pages à grande vitesse sans vraiment m'en rendre compte. On me dira ce qu'on voudra, mais même si on n'aime pas l'histoire, Stephen King sait écrire. Ca c'est un point que j'avais déjà souligné et que je trouve toujours dans ses lectures. Donc pour le style, aucun problème (même si je reconnais qu'il est parfois déroutant, assez direct et pas très châtié, avec aussi une façon de mettre en page spéciale mais qui ressort bien).

L'histoire est celle d'un homme qui voit son petit quotidien bouleversé par une construction nouvelle. Une autoroute va traverser sa ville et raser son quartier. Il va perdre son lieu de travail et son lieu de vie du jour au lendemain, à cause d'un petit gars derrière un bureau, un architecte qui fait des plans sans se soucier de la réalité et des habitants. Du coup, ce héros, un brave Bart Dawes va essayer de résister .... A sa manière, évidemment. Et comme toujours, avec Stephen King, ce n'est pas celle que l'on attendrait.

Le spitch de base est assez simple mais je l'ai trouvé intéressant, car il développe plusieurs choses (avec entre autre un aperçu des liens entre l'auteur et le personnage, liens qu'on retrouvera de manière plus détaillé dans d'autres livres de l'auteur), mais plus spécifiquement autour de l'attachement à un lieu, de souvenirs, d'une folie ordinaire et du basculement d'une vie, de souvenirs refaisant surface, de la paternité et du couple, de la vie en générale quoi.
Si j'ai trouvé plusieurs idées bonnes, je dois cependant reconnaitre que Stephen King m'a moins captivé sur le fond et me rend moins sensible à beaucoup de choses. Les concepts de banlieues et d'autoroutes me semblent lointain, pour moi qui vit dans la campagne, mais il faut aussi dire que le roman est très ancré dans les années 70-80 et que j'ai trouvé certains passages assez anciens, sentant un peu le vieux. Cela dit, si l'ensemble n'est pas toujours très bon, j'ai tourné les pages sans m'arrêter pour lire la suite impatiemment. Preuve que le style est toujours très efficace. Mais j'en ressort moins satisfait sur le fond que dans d'autres livres, et je suis un peu déçu par la trame principal, avec une petite voix dans ma tête qui me disait que la fin de l'histoire ressemblait à une autre du même auteur que j'ai déjà lu. Je ne sais plus laquelle, mais j'en suis presque persuadé.


En fait, le livre n'est pas mauvais en soi, mais il est en dessous de ce que j'ai déjà lu de Stephen King, et s'il est très lisible et prenant, j'ai moins adhéré au fond et à l'histoire. Les personnages restent cependant charismatiques et intéressant, on a droit à plusieurs personnages secondaires intéressant, des personnages mesquins comme souvent, une histoire d'amour curieuse et bien évidemment une bonne dose de suspense qui reste présente dans tout le roman. Dans l'ensemble le roman se lit très bien, mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'un roman immanquable de l'auteur. Cela dit je vais tout de même le garder bien au chaud entre ses confrères du même auteur, et me pencher sur son prochain : Danse macabre.

(Chronique n°57)

Premier livre de ce challenge ! Ça se fête !

mardi 5 février 2013

Je suis une légende (Richard Matheson)


Et oui, un classique, mais alors un grand classique de la littérature d'anticipation : Je suis une légende. Avant de commencer, faisons juste deux trois petites explications, voulez-vous ?

Qu'est-ce que de l'anticipation ? Et bien tout simplement de la science-fiction. Mais pas n'importe laquelle. En fait c'est plus lié à la science-fiction que vraiment de la science-fiction à proprement parler. L'idée n'est pas de proposer un futur lointain, scientifique, dans l'espace ou avec des avancées technologiques formidables.  Il s'agit plutôt d'un futur très proche, dans moins d'une vingtaine ou une cinquantaine d'années, puis de développer un thème lié à ce futur : catastrophes, nouvelles technologies, problèmes de société etc ... En fait, bien souvent l'auteur dénonce une caractéristique de la société en la développant énormément et en prenant pour exemple ce qu'il en advient. C'est par exemple le cas pour 1984 (George Orwell, mais vous le saviez), Running Man (Stephen King, ça va de soi) ou Fahrenheit 451 (Ray Bradbury, que vous connaissez bien évidement). Mais d'autres, comme Je suis une légende, vont plutôt proposer des idées nouvelles, des approches philosophiques, en utilisant pour cela un autre cadre possible de condition humaine, qui ne s'est pas encore développée dans le monde. C'est une forme très intéressante et reposant sur une vision du futur proche qui nous concerne beaucoup plus directement, et peut sembler donc bien plus réel que de la science-fiction se déroulant dans 2.000 ans. D'ailleurs Jules Verne est souvent classé dans l'anticipation (De la terre à la Lune, 20.000 lieux sous les mers et autres romans proposant un futur très proche).

Ensuite, je dois parler, et j'en suis obligé, du film qui en a été tiré. Alors attention, car il y a eu trois films différents avec le même livre, donc là je parle de l'adaptation la plus récente, datant de 2008 avec Will Smith. Pour faire très court et très simple, si vous avez vu le film, oubliez le. Tout de suite. C'est un navet total, une merde sans nom. Je m'exprime vite, afin que vous compreniez mon avis :
Énormément de films sont adaptés de livres (et bien souvent la plupart des chefs-d’œuvre le sont), et je suis assez d'accord avec cette politique. Surtout quand elle est bien mené. Par exemple, le film Les Evadés tiré de la nouvelle de Stephen King La rédemption de Shawshank (allez savoir pourquoi ils ont changé le nom en français) est presque meilleur que l’œuvre originale, et bien développée. Trainspotting est une merveille d'adaptation par rapport à l’œuvre originale.
Ensuite, tout ne peut pas être adapté parfaitement, mais on peut en réaliser des excellentes adaptations : Le seigneur des anneaux est une adaptation fidèle à l'esprit, ayant opéré des coupures, mais toujours dans l'esprit du livre, ce qui est tout à fait correct. Il en va de même avec l'adaptation de Watchmen qui est très juste, ayant coupé ce qu'il faut mais l'essence d'origine de l’œuvre est là.
Enfin il reste les bonnes adaptations qui proposent une vision personnelle de l’œuvre. Là je citerais le grand Kubrick, qui détournait totalement les propos du livre pour faire sa propre interprétation de la chose. C'est louable lorsque c'est bien fait et que le sentiment de base est bel et bien celui de faire une interprétation personnelle. Ainsi Shinning devient un film de fantômes et d'épouvante alors que le livre proposait une vision d'un père alcoolique. Cependant, le trahison de l’œuvre originale est assumée, et surtout très bien faite. l'auteur apporte véritablement quelque chose à l’œuvre et montre qu'on peut tirer d'autres choses de la même histoire. C'est remarquable à mon sens et d'autant plus louable.

Mais, malheureusement, il arrive parfois que les auteurs prennent une œuvre ayant marché, l'adaptent et font une réalisation catastrophique qui ruine votre vision de la chose. Là les noms sont légion, et je citerais simplement Les Schtroumpfs pour vous donner une idée de ce que je range dans ce genre de choses.
Et c'est dans cette catégorie que vient se ranger le film Je suis une légende. Car l’œuvre est violée profondément dans sa nature même. C'est dur. Énormément de changement sont apportés, mais sans changer la trame, proposant une fin juste ignoble, et un traitement à deux sous qui défrise les cheveux.
J'emploie peut-être des termes forts, mais après avoir vu le film, je me suis dit : "Oulah, pas bon celui-là". Après avoir lu le livre, j'ai compris la douleur des fans. Le fossé entre les deux est immense. Mais comment pouvez-vous le savoir ? Et bien, faisons donc la critique pour que vous le voyez par vous même.


Résumé en trois mots : Seul, Apocalypse et Survie

Pour la première fois depuis le début de ces chroniques, je vais aborder un livre en évoquant très peu l'auteur. Non pas que celui-ci ne le mérite pas, mais parce que je n'ai pas grand intérêt à le faire, il ne se mêle pas tellement à son œuvre comme pourrait le faire un Stephen King. Ce qu'on peut en noter, c'est qu'il écrivit le livre en 1954, lorsqu'il était âgé de vint-huit ans seulement, ce qui est prodigieusement remarquable d'ailleurs.


Passons donc directement au roman. Déjà, le résumé ! Nous suivons les pérégrinations d'un dénommé Robert Neville, un homme dont l'âge n'est pas connu mais qui doit être dans la trentaine ou aux alentours. Il vit à New-York, dans sa maison, seul. C'est un homme qui a de la ressource, capable de bien réfléchir, et qui s'organise. Il en a d'ailleurs besoin, maintenant qu'il est seul sur terre. Enfin presque. Car le soir venu, les vampires qui ont envahi le monde sont autour de sa maison, l'appellent, et lui demandent de sortir pour les rejoindre. Et il est certain que ce n'est pas juste pour boire un verre entre amis. C'est pourquoi il reste enfermé chez lui en essayant de survivre dans sa petite maison tranquille, en oubliant le monde, ses fantômes et ses spectres.

Le résumé là est très succin, car en fait l'auteur va apporter des surprises et des petites perles d'inventivités à chaque chapitre, et je ne vous dévoilerais absolument pas le reste, au risque de vous rendre l’œuvre très fade. Mais pour autant, je dirais que les réflexions priment sur le reste. En fait, nous avons déjà un personnage principal très curieux : il est simple, avec un peu de bon sens et de réflexion, mais ce n'est pas un érudit. Il est à moitié alcoolique (en même temps, dans cette situation ....), fait des choses qui semblent complètement idiote, a ses états d'âme, de mélancolie, et semble plus proche d'un anti-héros. Cela dit, il est dans une situation qui n'est pas reluisante et on lui pardonne facilement beaucoup de choses. Mais c'est un héros très singulier, et pourtant très attachant.

Ensuite, l'histoire va se concentrer autour de plusieurs thèmes, et le principal va être notamment de démystifier le vampire en proposant une explication scientifique et rationnelle aux différents mythes autour de lui. C'est ainsi que l'auteur déclinera plusieurs de ces mythes de façon très convaincante et sans lancer des vérités à la gueule en voulant faire croire qu'il dispose de la science-absolue. Tout est amené de façon très fine, et surtout très crédible. Pour un peu j'admettrai que le vampire peut exister, ou au moins qu'il a existé.


L'autre thème très fort, qui n'est pas le "surival horror", est autour de l'évolution et du darwinisme. Là je ne dirais rien, étant donné qu'il est surtout concentré dans la fin du roman, mais le dénouement est vraiment singulier et le titre de l’œuvre prend tout son sens dans la toute dernière partie. A propos de partie, le roman est coupé en quatre parties, chacune se déroulant à un autre mois. Nous avons donc Janvier 1976, Mars 1976, Juin 1978 et Janvier 1979. Ce découpage n'est absolument pas proportionnel, et la partie deux fait presque la moitié du livre. Cependant, l'évolution entre les quatre parties est très bien faite, et chacune d'elle présente un personnage qui à évolué depuis le chapitre précédent. La mise en scène est vraiment excellente.

Après, je me permettrais tout de même de faire quelques critiques. Tout d'abord, il faut reconnaitre que le livre est sorti en 1954, et morale de cette période oblige, nous avons très peu de rapport au sexe et de façon très dérangeante. J'avoue avoir tiqué dessus, c'est déroutant la façon dont il présente ça. Mais je pense que l'ouvrage est clairement ancré sur sa période d'écriture et sa morale.
Ensuite, j'ajouterais également que le personnage principal est un peu trop facilement intelligent. Je veux dire par là qu'il ne comprend rien à la façon dont fonctionne un corps, mais voila qu'il lit beaucoup et peut alors en tirer des conclusions sur la nature de virus et de transformation chimique du corps. C'est bien amenée, certes, mais j'ai trouvé cependant le procédé un peu facile.
Enfin, je dirais également que l'auteur aurait peut-être pu approfondir certaines choses en rapport avec la fin. Notamment autour des rapports entre les vampires et d'autres petits détails. Mais dans l'ensemble, cela reste plus des détails qui ne font pas vraiment le poids face aux qualités de l’œuvre. Et j'ajouterais que le roman est en plus très bien écrit, avec une lecture fluide et sacrément réaliste. J'ai beaucoup aimé quoi.

En conclusion, ce chef-d’œuvre de la littérature d'anticipation est encore et toujours aussi bien écrit. Le récit est prenant, contient encore et toujours autant de bonnes réflexions. Les pistes explorés sont juste incroyablement lucides par rapport à l'homme et son inscription dans le cycle de la nature. Le héros est attachant tout en étant un héros très détaché. Et en sus nous avons le droit à des très beaux passages, émouvants ou révoltants, mais qui marquent. La réflexion à la clé est très sympathique, et je suis sous le charme. En clair, le récit reste encore largement dans son statut d'immanquable d'une bonne bibliothèque, et à mon sens un des précurseurs et génie dans le domaine de l'anticipation. A lire donc.

(Chronique n°7)