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mardi 5 mai 2015

Zombies (Bret Easton Ellis)

Premier livre que j'ai lu de cet auteur, mais seulement deuxième posté car j'avais oublié d'en faire la chronique, et que j'ai redécouvert cela en réaménageant un peu le blog, sur lequel j'ai acquis un retard certain. Et voila que je chronique ce livre, mais je vous préviens, ça ne vas pas être tendre. C'est le premier livre que j'ai lu de l'auteur, certes, mais si vous lisez l'autre critique vous comprendrez vite que j'ai eu beaucoup de mal avec lui. Alors qu'en est-il du premier ? Je pense que vous vous en doutez.


Résumé en trois mots : Ennui, Riches et Violence

Encore une fois Bret Easton Ellis nous a pondu quelque chose sur les sujets qu'il maitrise bien. L'ennui profonde de la classe huppée américaine. Et ... Ben, en clair, j'ai pas vraiment compris le livre jusqu'à la fin. Le problème étant que les personnages sont noyés dans une masse d'autres jeunes gens en permanence, et du coup je n'ai pas compris avant les dernières nouvelles que je lisais un recueil de nouvelles ! C'est dire si je passais à côté du livre.

Ellis a un style d'écriture plutôt bon et agréable, sans aller jusqu'à le qualifier de génial. Mais le problème, c'est véritablement le sujet. Un tel ennui, je n'avais jamais lu. Le livre transpire l'ennui et le vide de la vie des protagonistes, et encore une fois, j'ai trouvé ça inintéressant. A part le moment avec les vampires, je n'ai eu que peu d'intérêt et j'avais plus d'une fois des fortes envies de prendre un Kalashnikov pour descendre les protagonistes. Insupportables !

Encore une fois, je ne sais trop qu'en penser. Selon moi, c'est un livre intéressant mais qui ne m'intéresse pas du tout. En tant que tel, l'objectif est atteint, l'ennui dégagé est palpable et c'est là tout le drame. Car l'ennui est dégagée à la lecture également. Alors faut-il lire un livre dont le but est de vous montrer l'ennui ? Je ne sais pas trop, mais ça ne m'intéresse que très peu, pour ma part. J'aimerai plutôt pouvoir me consacrer à des lectures plus enrichissante, un peu l'inverse de celle-ci en somme. Alors je vais encore tenter les deux livres de l'auteur qu'il me reste, mais je ne pense pas avoir la force d'aller plus loin. Deux tentatives qui se soldent par des échecs, je vais bien voir avec son fameux American Psycho, mais pour le reste, je passerai allègrement.

(Chronique n°269)

mercredi 8 avril 2015

Coeurs perdus en Atlantide (Stephen King)

(Lu entre le 7 et le 8 mars)

Ca faisait un long moment que je n'avais pas lu de Stephen King, et voyant ce livre trôner dans le bac des invendus, je me suis laissé tenter en le prenant et en le lisant rapidement, en deux jours, pour me débarrasser de livre. C'est plus qu'un objectif, là, c'est une mission survie, mais je ne désespère pas d'y arriver. Aussi ce livre m'a permis de me replonger dans Stephen King, auteur que j'ai dévoré voila quelques années et que j'avais laissé tomber depuis quelques temps, sans aucune raison. Et ça fait du bien d'en relire un bon, de temps en temps.


Résumé en trois mots : Sixties, Enfance et Amour

Un livre plutôt bon, même s'il est loin d'égaler les grands hits du maitre, mes livres favoris de l'auteur. C'est simplement un très bon livre, que j'ai eu grand plaisir à dévorer en deux jours, tranquillement installé. Et j'ai voyagé loin dans le temps et l'espace, et ça, c'est la grande marque de Stephen King.

Je pense qu'une bonne partie de la notoriété de Stephen King vient de sa capacité à créer un univers complet dans lequel on se sent entrainé lors de la lecture, et sa virtuosité qui nous tient tout au long du récit en haleine. Même si celui-ci n'est pas forcément un récit de suspense. Ici c'est un simple récit d'amour, de jeunesse et d'enfance.
Ce livre reprend encore une fois des thèmes cher à Stephen King, l'enfance et son innocence, le basculement vers l'adolescence, l'adolescence qui bascule vers l'adulte, le dur contact de la réalité avec l'insouciance des jeunes gens, l'amour a travers le temps, et surtout, une période de l'histoire américaine, les sixties. Ces fameuses sixties d'avant Woodstock, celles du début de la guerre au Vietnam. C'est toutes les sixties qui ressortent là, toutes celles fantasmé et rêvées, mais avec leurs bons et leurs mauvais côtés. Tout fut loin d'être rose dans ces années là.

Mais peu importe ce qu'on en pense, l'important ici, c'est ce que Stephen King en pense. Et Stephen King aime ces sixties, il les aime profondément, et ça c'est magnifique. Son amour pour cette période transpire à travers les pages, et c'est touchant. On est transporté dans cette période, dans ces Amériques qui commencent à tourner dans le mauvais sens, où les enfants sont mis face à une guerre absurde et face à la violence. C'est puissamment transmis, cette folie qui traverse les Etats-Unis, mais c'est beau.
Heureusement, il reste l'amour, l'amour qui traverse les époques et les protagonistes, l'amour de cette fille, appelée Carole, qui reste là dans chaque époque, intemporelle, celle pour qui tous eurent le béguin mais qui ne peut rester en place. C'est fort comme image, et j'ai adoré.

Ce livre est très agréable à lire, c'est du bon Stephen  King, avec tout les éléments de ce que j'aime chez lui : son talent d'écriture, sa puissance narrative, sa façon de retranscrire une atmosphère, ses histoires qui ne sont jamais exceptionnelles de retournements mais toujours prenantes et intéressantes, son amour des sixties, et puis tout le reste. C'est le genre de roman que j'affectionne pour son statut : ce n'est pas le meilleur livre que j'ai lu, ce n'est pas un livre inoubliable, mais il est bon, et j'ai pris plaisir à le lire. Un plaisir simple et pourtant bon. J'ai aimé ça, et j'en redemande.

(Chronique n°257)

lundi 6 avril 2015

L'abomination de Dunwich (H. P. Lovecraft)

Dernier recueil de nouvelles de Lovecraft en ma possession, et je crois bien que j'ai lu tout ce qu'il fallait lire de cet auteur à présent. Enfin, il me semble bien. C'est maintenant un devoir accompli en ce qui le concerne, je peux me tourner vers le reste de la littérature d'horreur, d'épouvante et du fantastique (ça tombe bien, je viens de commencer Stephen King). Bref, ce dernier recueil est-il du même acabit que les précédents ? C'est ce que nous allons voir.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Epouvante et Abomination

En tant que tel, Lovecraft restera toujours Lovecraft, et son style d'écriture si particulier (un peu lourd, dirons nous) est toujours identique à lui-même. C'est une façon d'écrire vieillotte, démodée, mais qui a son petit effet et ajoute du cachet, notamment lorsque les personnages parlent à la première personne et qu'ils vivent dans une époque plus ancienne. De fait, le propos est en adéquation avec le contenu.

Ce recueil contient neuf nouvelles de l'auteur, et dans l'ensemble c'est un excellent recueil que je vous recommande de lire. La nouvelle éponyme est une excellente apparition du mythe de Cthulhu, avec cette fois-ci Yog-Sothott, dans une nouvelle d'épouvante un peu classique mais toujours efficace.
En revanche, dans le reste des nouvelles, nous avons des excellentes petites perles, notamment "Je suis d'ailleurs", ou encore "La maison hantée", "Les rats dans les murs" ... Des nouvelles bien faites, avec des mises en place efficace et des fins surprenantes, que j'ai beaucoup aimé personnellement. Certaines étaient inattendus et m'ont prises au dépourvu.

Un recueil très bon, que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et dont mes souvenirs sont encore bons. C'est un recueil intéressant dans l'ensemble des oeuvres de Lovecraft, avec des idées qui surprennent et des fins inattendus. Un bon livre, que je vous recommande. Lovecraft restera un maitre de l'horreur moderne.

(Chronique n°256)

jeudi 19 mars 2015

Les amants de Spoutnik (Haruka Murakami)

Le contexte de lecture joue parfois beaucoup plus qu'on ne le pense sur nos lectures, et je pense souvent à certains livres que je relirais un jour, pour leur laisser une deuxième chance, ou pour confirmer un soupçon. Lire le mauvais texte dans la mauvaise période, c'est parfois fatal a un livre qu'on aurait énormément apprécié autrement. Cela dit, parfois, le texte arrive même à nous faire oublier le contexte dans lequel nous le lisons, et ça, c'est puissant. C'est le genre de littérature qui mérite toute notre attention, et tout nos éloges. Ce livre est rangé dans cette catégorie pour moi. Lorsque je l'avais dans les mains, j'étais opprimé par une contrainte de temps et dans une crise qui prenait tout le monde autour de moi. Le moment le moins idéal pour lire, je pense. Et pourtant, j'ai gobé ses 300 petites pages en moins de deux jours, en grappillant du temps à chaque instant disponible. Rien ne m'aurait arrêté, une fois lancé.


Résumé en trois mots : Amour, Îles et Perte

Ce livre est mon premier contact avec cet auteur tant vanté et qui le mérite d'ailleurs amplement, Haruki Murakami. Et je crois bien que c'est ma première rencontre avec un auteur japonais. Une véritable première en somme.
L'histoire est celle d'un jeune homme épris d'une jeune femme, elle-même éprise d'une femme un peu plus âgée. Et les changements que chacun fait pour les autres, pour s'intégrer dans la société. Le jeune homme sait son amour impossible, puisqu'elle en aime un autre. La jeune femme sait son amour impossible, puisque l'objet de son amour est mariée et de dix-sept ans plus âgée. Tout le monde, ici, est seul, et triste. Mais une journée, la jeune fille, en voyage en Grèce avec la femme, qui l'a engagée comme secrétaire, disparait. Et là, commence l'histoire.

Ce livre m'a dérouté. Déjà par son narrateur, personnage important mais pas central, et qui cherche ... je ne sais pas quoi exactement, mais entre autre à retrouver son amie. Et qui est très évanescent mais en même temps omniprésent. Le personnage central, c'est cette jeune fille, Sumire, au centre de tout. Et tout gravite autour d'elle et de son amour, comme un satellite tourne autour d'une planète. Le roman bascule même dans le fantastique à un moment sans que cela ne change l'impression générale dégagée par l'auteur. C'est toujours d'un même tenant, d'un bout à l'autre.

Ce genre de roman, j'y repense encore après et même maintenant, plus de six mois après la lecture, je me rend compte que beaucoup m'avait échappé sur le moment et que je comprends des choses a présent. J'aimerai beaucoup le relire, car je sens qu'il y a quelque chose dedans que je devrais pouvoir retrouver.

Un très bon roman, comme je les aime. Pour une première impression de l'auteur, c'est parfaitement réussi et ça dépasse même mes attentes. J'ai englouti le pavé a vitesse maximale mais j'en ressort ravi. C'est beau et poétique, beaucoup de choses ne sont pas dites, et je me sens capable de plonger encore une fois dans le genre de l'auteur, qui m'intéresse beaucoup a présent. C'est avec grand plaisir que je lirais d'autres ouvrages de lui. Une réussite indéniable.

(Chronique n°247)

jeudi 12 février 2015

L'affaire Charles Dexter Ward (H. P. Lovecraft)

De Lovecraft, j'avais lu peu de choses au regard des immanquables de cet auteur véritablement génial, perclus de défaut (le racisme et la misogynie étant les plus forts sans doutes) mais à la plume incroyablement belle et qui sait tenir en haleine ses lecteurs par des détours de l'histoire et les formes d'horreurs qui s'en échappent. Un vrai maitre du suspense horrifique.


Résumé en trois mots : Enquête, Horreur et Suspense
Il faut bien reconnaitre que Lovecraft n'est pas forcément le meilleur écrivain de suspense que j'ai jamais lu, souvent je devine avant la fin le retournement final (sauf des exceptions notamment au niveau des histoires se passant dans le monde des rêves, cf Les contrées du rêve).  Mais ce qui fait la force de cet auteur, c'est bel et bien tout ce qu'il arrive à mettre derrière ses écrits, la terreur qui en découle, les horreurs sans nom et à peine possible à voir pour l'humain, pourvu de facultés si peu développées. C'est tout le mythe lovecraftien que cette terreur qui nous prend quand on lit, toutes ces créatures, ces choses, tout ce qui s'est passé. Car au final, les livres de Lovecraft dévoilent peu de choses, c'est surtout la façon dont on l'imagine qui joue. Et la puissance de notre imaginaire est terriblement plus complexe que celle d'une simple peur ....

Ce livre est sans doute un des plus aboutis de Lovecraft, principalement parce que l'histoire prend du temps à se mettre en place. On y trouve à nouveau tout les codes Lovecraftien, mais cette fois-ci, même si je devinais bien des choses avant la révélation finale, j'ai eu le plaisir d'être encore surpris par des petites incursions que je ne m'attendais pas à voir. L'auteur prend le temps de poser à nouveau les bases d'une histoire qui semble juste faite pour effrayer mais qui prend aux tripes. C'est tout l'art de la littérature d'horreur, et Lovecraft y parvient merveilleusement bien.

Un excellent livre, que je vous recommande vivement. C'est le point culminant du Mythe de Cthulhu, si l'on peut parler de point culminant d'une telle oeuvre, et c'est là qu'on retrouve tout ce qui fait la force d'une oeuvre d'horreur. Le style de Lovecraft reste égal à lui-même, mais pour peu que l'on arrive à dépasser les tournures anciennes et les phrases anachroniques, on trouve là une excellente nouvelle qui ravira tout les fans de fantastiques et d'horreur. Personnellement j'ai aimé et j'en redemande.

(Chronique n°230)

jeudi 22 janvier 2015

Night Ocean (H. P. Lovecraft)

Dernier livre de Lovecraft que j'avais entre les mains, et normalement dernier que je lis avant un long moment, puisque j'ai épluché les recueils principaux de cet auteur si fabuleusement horrifique. Mais voila, la source est en partie épuisée, il se peut qu'au cours du temps je tombe sur un livre m'ayant échappée, mais je pense avoir bien fait le tour de Lovecraft, et ce récit est la conclusion de tout ceux que j'ai lu jusqu'à présent. Et le hasard faisant bien les choses, je suis tombé sur celui que je devais, effectivement, lire en dernier.

Résumé en trois mots : HorreurCollaboration et Mélange

Ce recueil est sans aucun doute le moins bon de ceux que j'ai lu de Lovecraft, pour différentes raisons, et notamment liées à la procédure éditoriales. En effet, ce recueil contient nombre de textes de Lovecraft sans grand intérêt car non fini, à l'état de brouillon, ou même des textes qui ressemblent bien plus à des coups d'essais que de véritables textes travaillés et aboutis. L'ensemble est d'ailleurs présenté comme tel, plus une compilation de textes de l'auteur à direction des fans qu'un véritable livre d'un bout à l'autre. Il contient notamment à la fin un texte qui est appelé Livre des raisons et qui est, en gros, une compilation des notes et des idées de Lovecraft pour écrire un livre d'horreur. C'est très sympathique, mais je m'attendais à lire un livre, pas à avoir un condensé de textes pour fan.
Le second problème de ce livre, c'est qu'une bonne partie des textes sont des textes écrits à quatre mains ou plus, et que bien souvent les histoires sont largement moins intéressantes du coup. On y trouve peu d'histoire véritablement horrifique, mais certains développement sont assez intéressant, quoique ce soit peu fréquent. De manière générale, les textes sont peu développés et laissent un sentiment d'inachevé, sans compter que l'ambiance horrifique propre à Lovecraft est moins souvent fréquente.  Et au final, l'intérêt est très réduit au fil du texte.

Un recueil très peu intéressant pour moi, qui tient plus du recueil pour fan que véritablement du recueil de nouvelles. On découvre une autre facette de Lovectaft, mais que je trouve moins intéressante pour le coup. C'est moins prenant, moins horrifique que d'habitude. On y retrouve que très peu l'ambiance glaçante d'un bon récit Lovecraftien, et la plupart des choses s'oublient vite. Je viens de le finir, et je n'en retiens pas grand chose. Un livre qui mérite que très peu qu'on s'y attarde.

(Chronique n°221)

vendredi 23 mai 2014

Dagon (H. P. Lovecraft)

Lovecraft, partie 4/4

Ce recueil des nouvelles de Lovecraft a un gros défaut : les nouvelles qu'il contient se retrouvent parfois dans Les contrées du rêve, et c'est un peu frustrant quand on se rend compte qu'on l'a déjà lu. Surtout que c'est le même éditeur, j'aurais pensé qu'ils auraient fait un effort. Mais cela n'empêche pas le livre de contenir tout de même 4/5ème de nouvelles que je ne connaissais pas encore. Et de tout cela, est ressorti bien des choses, et plus encore. Je sonde progressivement l'esprit de Lovecraft, et je rentre dans son univers ....


Résumé en trois mots : Horreurs, Antique et Folie

Le recueil contient des nouvelles d'un peu tout et n'importe quoi, pas que du fantastique-horreur comme nous avons l'habitude avec l'auteur. Des nouvelles oniriques (qui sont pour la plupart reprises dans La contrée du rêve) côtoient une nouvelle de science-fiction (écrite à quatre mains). C'est un peu plus fouillis mais on a de tout, c'est sur.

Ce qui ressort à nouveau, c'est vraiment l'ambiance que pose Lovecraft. Une ambiance particulièrement pesante qui dure tout le recueil, avec ces choses venues d'un autre monde qui envahissent le présent, et tout ce qui s'en suit. Sans parler de toute la folie, la haine d'une époque, la recherche de la beauté, de la connaissance, la curiosité ... Bref, les nouvelles contiennent encore une fois une grande part de tout ce qu'est Lovecraft. Ce qui est intéressant, c'est la grande diversité qui est présentée, avec des nouvelles qui s'étalent sur 30 ans d'écriture, ce qui donne notamment un aperçu de l'évolution. Avec en plus une balade dans différents endroits (Egypte, espace, cavernes souterraines ...). C'est sympathique, et ça nous donne un aperçu général de l’œuvre de Lovecraft, ce que j'apprécie grandement.

Un très bon recueil de nouvelles de Lovecraft, qui ravira tout fan du genre, même s'il faut avouer qu'il n'y a que peu de Grands Anciens là-dedans. La plupart des nouvelles sont justes dans cette atmosphère d'horreur ou onirique. Le tout est très varié, et on a de quoi lire. Je pense que c'est une excellente base pour aborder l'univers de Lovecraft, avec ce qu'il contient ce livre permet d'introduire tout les éléments qu'on retrouvera ensuite dans les œuvres plus connues du maitre. Bref, un livre à lire également.

(Chronique n°186)

jeudi 1 mai 2014

Le pistolero (Stephen King)

J'avoue déroger un poil à ma règle en postant cet article, puisqu'il s'agit du premier volume d'une série et que je n'ai pas tout lu pour pouvoir vous en faire le commentaire complet. Enfin, je n'ai pas tout relu, puisque j'ai déjà lu l'ensemble de la saga il y a plusieurs années de cela. La raison de cette chronique, c'est à la fois de vous parler de ce livre, mais aussi de vous introduire à cet univers et vous donner envie de lire la saga, que je m'achèterai quand j'aurais gagné au loto ! (je ne vois plus que ça pour espérer compléter ma bibliothèque). Bref, voici mes impressions sur Le pistolero, quelques années après une première lecture de ce volume initiateur d'une des sagas les plus mémorables de l'auteur américain tellement connu (et que j'aime vraiment beaucoup).


Résumé en trois mots : Western, Cow-boy et Quête

Là, vous avez l'ambiance, le personnage et l'histoire (wouh, ça c'est du résumé !). En effet, ce premier livre est assez court, et se résume facilement, bien qu'il contienne en germe, sans qu'on puisse le deviner, une bonne partie de la suite du cycle de La tour sombre. C'est en effet une introduction à tout le récit, celle où se met en place une bonne partie de ce qui sera plus tard le développement, aussi bien niveau personnages que intrigue et complexité du monde.
L'histoire commence, en somme, celle de Roland et de l'homme en noir, le premier traquant le second, ou le second se laissant poursuivre par le premier. Et ensemble, ils traversent un monde désolé, en perdition, qui s'étiole et se déforme dans tout les sens, et le pistolero reste l'unique centre serein. Même s'il tire vite et bien.

Ce qui est passionnant dans ce livre, c'est l'envoutement progressif qui nait, entre le héros charismatique et un peu sombre (un vrai Clint Eastwood), l'intrigue qui se dessine petit à petit, les relations entre personnages, le passé du héros qui s'esquisse brièvement et qui recèle en lui beaucoup de choses. Bref, tout est déjà installé pour une saga époustouflante (qui l'est, d'ailleurs). Ce premier livre se dévore et nous installe tout pour qu'on ne puisse plus lâcher. Encore une fois Stephen King démontre de son talent à happer le lecteur.

Ce tome, introductif à l'univers de La tour sombre, qui installe toute les pièces qui seront ensuite développés, est un must en la matière d'ouverture. Prenant, intéressant, attisant la curiosité, il nous plonge dans l'entre-deux monde, dans cet espace déformé qui n'est ni de la fantasy, ni du fantastique, ni de la SF. Un univers unique pour l'installation d'une histoire tout aussi unique, qui installe son ambiance et son style. Un premier tome qui donne envie de se ruer sur les suivants, alors profitez-en, vous qui pouvez lire la suite tout de suite.

(Chronique n°175)

samedi 29 mars 2014

Les montagnes hallucinées (H. P. Lovecraft)

Lovecraft, partie 3/4


J'ai commencé à jouer aux jeux de rôle et je participe notamment à une campagne de Cthulu. Pour me renseigner encore un peu plus sur Lovecraft et son univers unique, je me suis laissé tenté à lire celui-ci (bien que celui que l'on me recommande inlassablement soit L'affaire Charles Dexter Ward). Cette fois-ci, deux longues nouvelles bien connues, traitant des Anciens et de la Grande-Race. Et bien sur, deux incursions de plus dans l'horreur d'un écrivain malade.


Résume en trois mots : Horreurs, Anciens et Folie

Curieusement, j'ai encore plus appréciés ces nouvelles que les autres. Peut-être parce que l'auteur prenait le temps de décrire tout ce qui est exploré. Les descriptions sont longues et nombreuses, mais très intéressantes, et permettent de camper une ambiance extraordinairement noir et prenante, qui nous entraine ensuite. Comme souvent avec Lovecraft, la montée est progressive, avec d'abord des indices que l'on comprend rapidement, puis une période de calme relatif, et ensuite une période de tension qui grimpe, dans ce que l'on sait être le crescendo final, puis un accord concluant le tout. Parfois, la dernière phrase, parfois vers la fin seulement.

Lovecraft a un style unique, c'est sur, et sa façon de mettre en place est tout bonnement superbe, puisqu'il nous invite à nous plonger petit à petit dans son univers au lieu de nous balancer tout d'un bloc. Et l'univers de Lovecraft est à sa façon introductif. Il faut y aller progressivement, monter en tension pour laisser tout éclater à la fin. C'est pourquoi je trouve que le format long de la nouvelle lui convient très bien, puisqu'on se met progressivement dans cet état, avec une montée vraiment lente. Sans doute la meilleure que j'ai lu de lui au final.

Lovecraft et son univers, c'est quelque chose qu'il ne faut même plus présenter. Considéré comme le meilleur écrivain fantastique du XXème siècle (et je dirais à raison), il a un style d'écriture qui invite à lire encore plus de lui, puisque tout est prenant et lorsque les nouvelles sont aussi longues, elles mettent clairement dans une ambiance. C'est une nouvelle prenante et parfaitement bien orchestré, sans doute une des meilleures que j'ai lu de lui pour l'instant. Foncez dessus, les deux sont à la hauteur de la réputation de Lovecraft.

(Chronique n°159)

 

lundi 17 mars 2014

Les pommes d'or du soleil (Ray Bradbury)

Encore un recueil de nouvelles, mais je n'ai pas résisté à l'attraction après le Asimov. Je me suis donc plongé dedans sans trop réfléchir, et je crois bien que j'ai eu une bonne idée. N'oublions pas que Bradbury est un auteur de génie qui est reconnu pour bien nombre d'ouvrage, mais surtout un nouvelliste accompli, auquel même Stephen King rend hommage ! (c'est vous dire). Bref, je me suis replongé dans cet auteur poétique et sérieux, écrivant sur un peu tout mais toujours avec un fond émouvant.


Résumé en trois mots : Poésie, Beauté et Nouvelle

J'ai plus ou moins craqué sur le nom de Bradbury, mais d'autres choses m'ont lancé dans cette lecture. J'ai avalé le livre vraiment vite, sans m'en rendre compte, mais je dois dire qu'il est assez inégal.

En soi, je considère la première nouvelle du recueil comme la meilleure, mais certaines autres sont tout aussi excellente. Seulement l'ouverture fait magistrale. L'ensemble des nouvelles couvre des sujets divers, et je ne pense pas qu'on puisse qualifier l’œuvre sous une seule étiquette. Bradbury exploite notamment plusieurs thèmes qu'on retrouve dans Farenheit 451, mais d'une autre façon et moins élaboré. Peut-être certaines servaient de préludes ....

L'ensemble est construit sur une très belle manière d'écrire, très poétique, qui me semble être superbe pour être lue. J'ai lu avec un grand plaisir, le style emmenant sans aucune difficulté dans les récits. Et Bradbury a aussi développé l'art de la conclusion, la chute des nouvelles est parfois génial. On peut même y trouver des incursions dans l'humour (de manière assez inattendu d'ailleurs). L'ensemble est bon de manière générale, même si certaines nouvelles m'ont semblé moins efficace que d'autres. Surtout sur le plan de l'histoire, le reste étant franchement très bon.

Bradbury, encore et toujours très bon, dans le style et dans les histoires, arrivant à surprendre et surtout à faire rêver, il déclenche une foule d'émotions durant la lecture. Je me suis plongé avec délices dans ce recueil, et bien que certaines nouvelles me semblaient un peu en deçà, l'ensemble est très bon et je ne peux que vous en recommander la lecture. L'auteur est doué, très doué.

(Chronique n°153)

samedi 1 mars 2014

Le démon et mademoiselle Prym (Paulo Coelho)

Je n'ai pas pu m'empêcher de lire ce livre plutôt court, et qui devait sans doute être bien écrit, vu que Paulo Coelho a un style prenant. Je me suis donc laissé tenter à la lecture et un voyage en train m'a englouti une moitié de page. Je n'avais plus qu'a lire la suite le lendemain, ce qui ne fut pas difficile.


Résumé en trois mots : Bien, Mal et Lutte

Je crois que j'ai bien résumé en trois mots. En fait le livre se concentre sur l'idée de lutte entre le bien et le mal, présent en chacun de nous (d'ailleurs je tiens à signaler l'introduction, très intéressante) en nous en livrant une version philosophique dans un village de campagne, sorte de huis-clos de grande taille, avec des personnages curieusement évocateurs (je ne dirais pas qu'on les dirais sortis de mon village, mais certains m'ont rappelés des gens ...). Le propos va se centrer en une semaine dans cette communauté où chacun va tenter de voir ce qui sépare le bien du mal, ce qui fonde véritablement la nature humaine et au final, ce qui est intéressant, ce qui nous entraine de l'un à l'autre tout les jours de notre vie.

Le récit s'attache peu au réalisme, nous avons des manifestations fantastiques qui interviennent à plusieurs reprises mais c'est utilisé dans un propos intéressant, celui de développer ensuite une réflexion autour de cette thématique. Et dans cette optique, ça ne m'a absolument pas dérangé. Le tout renforcé par ces différents points de vue qui se mélangent dans le récit, chacun analysant la situation à sa manière.

Cela dit, j'ai eu un peu plus de mal avec ce livre par rapport aux autres du même auteurs, principalement parce que je trouvais que le livre ne répondait pas à la question posée, et surtout qu'il évitait certaines autres bien plus importantes à mes yeux : existe-t-il simplement une notion de bien et de mal applicable à l'être humain ? Le livre part avec des axiomes que j'aurais bien voulu voir démontré, mais c'est malheureusement passé à la trappe. D'autre part, je reconnais que j'ai moins d'intérêt pour ces questions que pour le questionnement sur la façon de ressentir la vie qui était au centre de Veronika décide de mourir.

Cependant il faut reconnaitre que le livre est bon, et qu'il se lit agréablement, mais j'avoue que c'est moins le genre de problématique qui m'intéresse et que j'ai du coup moins accroché, même si je l'ai lu d'une traite.

En bref, encore un bon petit livre, philosophique et spirituel, sur la notion de bien et de mal. Une lecture qui fut plaisante bien que je ne sois pas tout à fait d'accord avec le point de vue de l'auteur. C'est en tout cas sympathique à lire, et permet de se poser quelques questions. De loin pas le meilleur Paulo Coelho, mais une lecture tout de même intéressante. Je vous le recommande, mais pas chaudement.

(Chronique n°145) 

jeudi 30 janvier 2014

Le mythe de Cthulhu (Lovecraft, partie 2/3)


Lovecraft, partie 2/4


Pour lire un petit livre rapidement je me suis décidé à prendre encore un Lovecraft ! Un petit cette fois-ci, encore un recueil de nouvelles. Pour l'occasion, je me suis décidé à lire enfin le fameux livre sur Cthulhu, personnage rendu célèbre avec le net mais dont je ne savais pas grand chose. Et c'est par une charmante soirée froide, emmitouflé dans la couette, écoutant du Godspeed You! Black Emperor durant toute la lecture, je me suis mis à le lire. Ce que j'en ai tiré ? Et bien ....


Résumé en trois mots : Angoissant, Horreur et Inconnue

Déjà, je ne peux que vous conseiller une chose : ne lisez JAMAIS ce livre le soir, emmitouflé dans une couette en écoutant du Godspeed You! Black Emperor à plein volume pendant une heure. Surtout !! si vous avez des colocs un poil facétieux. L'un des miens à eu la bonne idée de faire glisser une pantoufle à côté de moi quand j'étais pris dans le livre. Le résultat ne s'est pas fait attendre, j'ai hurlé. En clair j'étais bien dedans quoi.

Les histoires sont différentes et malgré l'annonce seul la première histoire parle de Cthulhu. Cependant toute les nouvelles parlent de créatures et de destins tragiques. En fait, sans lire la biographie de Lovecraft, on comprend vite qu'il était névrosé et souffrait de différents petits tracas d'ordre psychologique (apparemment il était en plus misanthrope et contre le progrès). Ça explique peut-être la teneur de ses récits.

Alors là, nous sommes dans l'horreur totalement, mélangé à du très bon fantastique, avec les Grands Anciens et bien évidemment des créatures d'autre mondes, des personnes qui défient ces mêmes créatures. Et un grand bol d'angoisse dans le tout, pour un mélange bien détonnant. C'est le moins qu'on puisse dire.

Le récit, c'est angoissant. Très angoissant, voir malsain. Lovecraft nous étale un ensemble de peur, la plupart du temps peu crédible d'ailleurs, mais tellement bien mises en scène qu'on ne peut que adhérer à ces idées. S'ajoute bien évidemment le style de narration qui est excellent, tant au niveau du langage (chapeau à la traduction d'ailleurs) qu'au niveau du style. Imparable pour bien démarrer la lecture.

Enfin il faut ajouter le fait que la réunion en corpus des nouvelles contribue à garder cette atmosphère angoissante et prenante, bien loin de ce qu'on avait dans le recueil des nouvelles de La contrée des rêves. C'est un ensemble qu'on lit, et qu'on dévore, le soir, bien installé chez soi, écoutant les bruits nocturnes.

En fait, voici ce que j'appelle un vrai roman d'épouvante, vous angoissant et vous contraignant à garder votre souffle durant certaines pages. L'ensemble du récit est bon, même si j'ai eu une nette préférence pour le premier récit (celui de Cthulhu), mais c'est bien l'ambiance et le style d'écriture qui captivent. Lovecraft est un maitre du fantastique, c'est certain, mais en lisant ce livre on se rend compte du fossé qu'il y a entre lui et d'autres livres. C'est du haut niveau, et l'auteur nous entraine dans ses noirceurs desquelles on ne ressort qu'à la fin du livre. Un vrai roman qui vous glace le sang, c'est du Lovecraft. Je suis converti maintenant.

(Chronique n°130)

 

dimanche 22 décembre 2013

Les contrées du rêve (Lovercraft 1/3)

Lovecraft, partie 1/4
Après avoir lu, je dirais que Lovecraft c'est du Baudelaire en récit et non en poème. Les deux auteurs ont beaucoup de points communs, avec l'atmosphère mais aussi avec le style d'écriture et encore bien d'autres choses. Je soulignerais juste d'ailleurs que la traduction est vraiment extraordinaire, le traducteur ayant vraiment fait un travail formidable. Son introduction permet de bien comprendre la façon qui à été choisie de traduire, mais aussi de se plonger un instant dans ce qu'est Lovecraft et son écriture. Un monde fascinant dans lequel je pense me replonger un de ces jours, avec un envoutement que j'ai bien aimé.


Résumé en trois mots : onirique, angoissant et sombre


L'ouvrage contient quatorze récits, chacun de taille très variable (le plus long fait 170 pages et le dernier 3), qui se déroulent dans ou autour du monde des rêves, ce monde que Lovecraft semble affectionner tout particulièrement, se soustrayant au poids de la réalité dans un monde qui permet les libertés les plus totales. Je dois dire qu'en lisant je repensais à certains poèmes de Baudelaire (je me répète, je sais), et le nombre de points communs aux deux auteurs me fait aimer d'avantage le premier. Mais je m'égare, revenons à nos rêves.

Donc, les récits vont tourner autour de cette mystérieuse contrée des rêves, dans ces contrées fantaisistes où tout peut arriver, où les choses les plus sombres, anciennes et puissantes prennent vie et hantent les vivants, des contrées dans lesquels il est très dangereux de s'aventurer, surtout lorsque le voyageur imprudent tente de défier les dieux.
Bien que les nouvelles tournent autour de différents sujets, de beaucoup de personnages et de nombreux lieux, elles possèdent beaucoup de liens entre elles. L'une d'elle parle d'une ville et de son histoire, et l'autre vous narrera le héros traversant les ruines de cette ancienne cité. Vous verrez certains lieux réapparaitre, un personnage au destin tragique servira d'avertissement dans une autre histoire, plusieurs nouvelles à la suite reprennent le même héros dans d'autres cas, etc .... Les différents récits s'entrecroisent tous au final, dans la trame des rêves et de la réalité, sans qu'il n'y ait une histoire continue tout au long de l'ouvrage. Car les rêves de Lovecraft sont complexes et immenses.

Si je ne peux pas vous décrire l'histoire précisément, il faut bien parler de l'ambiance du récit. Et je dois dire que je tire tout mon chapeau à l'auteur (et au traducteur aussi) qui met en place une ambiance incroyablement proche des rêves. En le lisant, il me revenait les bribes de souvenirs que l'on conserve parfois d'une nuit, ce genre de bribes qui vous hantent la journée tandis que des images fortes vous tournent en boucle dans la tête. Lovecraft vous ressort ce genre d'image, les délires que peuvent créer le cerveau au repos, et met le tout en texte. L'ensemble sonne comme des rêves, avec des passages hallucinés qui font ressortir ce que l'on ressent dans un rêve, des changements de lieux aléatoires sans aucun lien, des peurs incontrôlables .... Le tout vous donne vraiment l'impression qu'il a écrit ses textes au réveil selon ce qu'il avait rêvé dans la nuit.

Bien évidemment le récit contient aussi ce qu'il faut de Très Ancien, de dieux et de puissances endormies, de choses innommables (ou à défaut illisible), de villes qui enchantent les yeux, de personnages en quête de quelque chose, de personnage romantiques et solitaires, de chats (oh yeah !), de personnages qui veulent défier les dieux et se font punir, de récits anciens, de manuscrits perdus ou retrouvés, de lieux de pouvoirs, mystiques, cachés, perdus, sombres. C'est tout un univers qui s'offre à nous dans ces nouvelles.

En gros, c'est un recueil de nouvelles tout ce qu'il y a de plus Lovecraftien, C'est dérangeant et obsédant, il fait écho à des peurs en nous que nous ne pouvons fuir car elles sont présentes quoi qu'on fasse. La peur de tout ces inconnus. Et surtout c'est les rêves, tout ce monde fascinant dans lequel nous nous égarons chaque soir, et dans lequel Lovecraft nous entraine pour mieux nous effrayer, là où tout est possible et bien pire encore. C'est puissant et poétique, c'est à lire.

(Chronique n°112) 

lundi 18 novembre 2013

Miroirs et fumées (Neil Gaiman)

J'ai craqué, et j'ai sauté sur ce Neil Gaiman qui est l'avant-dernier que je n'ai pas encore lu. Tout les autres je les ai déjà gobés. Celui-là, je l'ai donc fait un peu durer, sur plusieurs jours. C'est toujours un plaisir de pouvoir lire une plume aussi efficace, aussi prenante. Et toujours inventive et intéressante ? Le résultat de ce recueil ? C'est très court et très simple.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Fantastique et Prenant

Encore un recueil de nouvelles, que je me suis empressé de déguster une à une, et je n'ai rien regretté. Si, le recueil m'a semblé trop court, c'est que je n'ai pas pris assez le temps de tout déguster, c'est le dernier recueil de nouvelles de l'auteur que je pouvais lire. Je n'ai plus qu'à le relire, et je vais sans doute le faire, je n'ai sans doute pas encore assez pressé le recueil. Il est tellement bon ...

Un recueil de Gaiman, c'est comme un plat de cacahuètes. On picore, mais sans pouvoir s'arrêter. Et le tout descend sans qu'on s'en rende compte, mais peut-être une indisposition passagère du à la trop grande absorption en un coup. Je précise que c'est le cas, si on avale tout d'un coup ça fait un peu trop.

Alors, sans détailler tout le roman, que retenir ? Tout. Mais encore ? Euh ... Pour commencer par la fin, Neige, verre et pommes est juste .... Extraordinaire. Une reprise de conte, mais tellement bien faite qu'on l'a en tête lorsqu'on relit le conte de base. Sérieusement, le plus marquant du recueil et sans doute l'un des meilleurs que j'ai lu jusqu'à la.
La reine d'épée, très bon et très simple, La spéciale de Shoggoths à l'ancienne qui se déroule dans un style de Lovecraft, très bien foutu. Le troll sous les ponts, une façon originale de voir le mythe du monstre dévoreur d'enfant. Nicholas était, une fable de Noël très courte mais excellente.
Mignons à croquer, très réussi. Les mystères du meurtre, une enquête avec des anges, très réussi. J'ai adoré la mise en place de la narration.
Bon, en s'arrêtant là ça en fait 7 sur l'ensemble (31 en tout), mais tout est bon. Ajoutons tout de même que dans l'ensemble rien n'est mauvais. Certains perdent sans doute une qualité du à la traduction (que je salue d'ailleurs pour l'admirable travail qu'elle a fournie), mais je lui en suis reconnaissante car c'est très plaisant. Et puis, quelle belle musicalité de certains textes ...

En tout, le recueil est excellent. On a de tout, on picore ce qu'on veut, et j'ai adoré le principe qui explique à la base les nouvelles, parfois d'où elles viennent mais souvent simplement quelques petits points en plus dessus. J'adore ces compléments de lectures presque aussi prenant que la lecture des œuvres.


Que retenir ? Un excellent livre, un Gaiman pur jus, un auteur qui nous conte si bien des histoires, plein de petites perles qui s'enchainent dans un superbe collier et de fabuleuses histoires. J'ai été conquis par l'ensemble, la forme et le fond. Un recueil qu'on garde quelques jours, le temps de lire tranquillement chaque petite histoire, et on le fini avec un sourire aux lèvres (le dernier morceau est de choix), car c'est bon jusqu'au bout. Pas de fausse note sur cette partition. A lire, fan de Gaiman ou non, mais à lire obligatoirement. C'est superbe. 

(Chronique n°95)

mercredi 13 novembre 2013

Minuit 4 (Stephen King)

Allez, le nouveau Stephen King lu ! Oui, j'ai mis un temps fou avant d'en relire un (et pourtant il y en a qui trainent sur ma PAL) et je pense que le suivant ne sera pas pour tout de suite. Ce n'est pas que je n'ai pas aimé, mais il me faut un peu autre chose en ce moment que de l'horreur à la Stephen King. Car c'est bien de cela dont nous allons parler à présent.



Résumé en trois mots : Nouvelle, Fantastique et Horreur

Ce recueil de nouvelle longues se couple avec Minuit 2 (dont les éditions présentés ont la couverture complémentaire d'ailleurs) et le style des nouvelles est le même que dans Différentes saisons, à savoir très long mais sans doute pas assez pour un roman (quoique ici nous avons tout de même près de 300 pages par histoire). C'est donc seulement deux histoires que nous découvrons dans le recueil.

 La première, intitulée Le policier des bibliothèques est spéciale en son genre, principalement parce qu'elle fait appel à des choses qui, à mon avis, est très typé américain (et surtout sur une période donnée). En effet, il y a comme idée que lorsqu'un enfant ne rapporte pas ses livres à temps à la bibliothèque, il est poursuivit par le policier des bibliothèque, sorte de Père fouettard qui traque l'enfant coupable. Le souci, c'est que de base, je n'ai pas été touché par cette idée étant donné que je n'en avais jamais entendu parler étant plus jeune et que je n'y suis plus sensible à l'heure actuelle.

Cependant, Stephen King continue de faire preuve d'une narration très bonne et à mon sens maitrisé dans le livre. Le seul souci c'est que ce livre n'est pas vraiment innovant par rapport aux autres récits du genre par S.K., et que si vous avez déjà lu dans le même style, ce n'est pas franchement différent. L'incursion du fantastique se fait assez rapidement, on continue dans le suspense, mais je trouve qu'on n'a pas de grande originalité. C'est de l'épouvante autour d'un thème qui doit vous parler, sinon on passe un peu à côté, et concrètement c'est ce qui s'est passé pour moi.

Le deuxième récit, qui s'appelle Le molosse du soleil, est assez différent dans son fond puisqu'il parle cette fois-ci d'un appareil photo qui semble hanté. Enfin, hanté d'une façon très particulière, et assez originale. Mais en tant que telle, j'ai aussi eu des petits problèmes avec. Là encore, je pense que je ne suis pas de la bonne époque pour apprécier pleinement ce récit. C'est une lecture intéressante, mais j'ai trouvé le tout anecdotique là aussi. L'idée est bonne, mais j'ai trouvé le développement peu portée sur l'horreur, plus sur le suspense, et au final j'ai été pris par le récit plus qu'apeuré. Hors il n'y a pas grand chose comme suspense, et quand on a fini, ce qui reste c'est clairement la peur ou rien. Et dans mon cas, ce fut à nouveau rien.

En fait le recueil n'est pas mauvais, mais il est trop typée dans les années 80/90 selon moi, Stephen King usant trop des codes de son époque et de son lieu, ce qui ne marche pas beaucoup pour nous il faut bien l'avouer. Mais le style reste prenant et Stephen King connait son genre. Je suis sur que si les histoires vous parlent, les récits vous provoqueront les terreurs que vous souhaitez. Mais sinon c'est franchement plus difficile à dire, et je pense qu'on peut passer à côté sans problème. C'est l'horreur du bas du panier de l'auteur, mais le fond reste tout de même bon.

(Chronique n°93)

vendredi 25 octobre 2013

La foire des ténèbres (Ray Bradbury)

Un petit livre que l'on m'a prêté sur une citation qui en était extraite (ne me demandez pas laquelle, je l'ai oubliée) et j'ai donc attaqué mon troisième livre de cet auteur si excellent dont j'ai déjà dévoré ses deux chefs-d’œuvre. Cependant, ici le sujet changeait beaucoup des autres fois et j'étais curieux de savoir le résultat. Car un auteur aussi talentueux peut très bien se planter en écrivant dans un style auquel il n'est pas habitué. Le résultat ?


Résumé en trois mots : Angoissant, Foire et Enfance
Déjà, on retrouve de façon très claire le style assez poétique de Bradbury, et ce dès la première page. Les dialogues, les situations, les passages prenants sont vraiment de même facture que ceux de Farenheit 451. C'est d'ailleurs un avantage mais aussi un inconvénient dans certaines scènes, puisque le style ralentis l'action. Mais dans l'ensemble ça fait plaisir de relire à nouveau de la bonne littérature.

L'histoire m'a surpris par les tours qu'elle prenait, mais je dois avouer qu'elle reste dans des limites "classiques", sans grand tour de force. On y a des très bonnes idées, et surtout une excellente réflexion sur le monde des adultes et celui de l'enfance, les limites entre les deux et la façon dont chacun voit l'autre. Ce que j'ai adoré, c'est que le récit ne se limite pas à des adultes nostalgique de leurs enfances, mais à des enfants qui veulent grandir plus vite qu'ils ne le devraient. La comparaison entre les deux est super bien faite.

J'ajoute que, même si le livre n'atteint pas les sommets d'horreur de Lovecraft, on a quand même le droit à des passages bien haletants, des moments de suspenses bien fait et de la tension. Le tout est bien sur enrobé dans la poésie de Bradbury, mais il sait quand il faut faire plus percutant. Cela dit, le discours du père dans la bibliothèque au milieu de l'ouvrage est superbe.

Ajoutons à cela que les personnages sont bien représentés. Le père, les deux jeunes garçons sont charismatiques et très bien représentés, chacun avec ses petits travers et ses peurs, ses envies. Les suivre est un vrai régal puisqu'on ne s'attend pas forcément au rôle dont ils héritent au final.


En clair, c'est encore un excellent Bradbury, autant sur le fond que sur la forme, qui nous entraine dans une fête foraine malsaine et qui va nous réveiller des peurs et des idées qui sommeillent en chacun de nous. Des formes et des envies que l'on peut tous comprendre, et je pense que le livre se classe dans le haut du panier, même si Farenheit 451 reste un incomparable. L'auteur se renouvelle assez, sauf dans le style qui reste reconnaissable, mais le reste c'est du très bon. A lire, surtout quand on aime l'auteur.

(Chronique n°84)

jeudi 17 octobre 2013

Les dames du Lac (Marion Zimmer Bradley)

Et oui, encore de la légende arthurienne, mais j'en suis fan, alors je m'excuse mais j'en lirais encore. Et pour une fois, l'auteur change un peu du point de vue (quoique Barjavel avait déjà fait fort dans son L'enchanteur). C'est aussi pour le prix que je me suis procuré cette série en deux tomes, bien condensés (les vieux formats des éditions Livre de poche), et que j'ai lu tranquillement en prenant mon temps (au moins quatre jours quoi). Du coup, je fais maintenant le compte-rendu de cette lecture, attention, voici revenir la quête du Graal !


Résumé en trois mots : Arthur, Angleterre et Femmes

Alors autant j'ai dévoré le premier tome sans aucune difficulté, autant je me suis arrêté sur le second un peu
plus longtemps. Ici, le problème, c'est qu'on alterne beaucoup les points de vue du premier tome, entre Ygerne et sa sœur Viviane, mais aussi Guenièvre et Morgane. Dans le deuxième tome, nous ne suivrons presque qu'exclusivement Morgane, un peu de Guenièvre aussi (mais trop peu à mon gout) et quelques autres mais de façon sporadique. Ensuite, je reproche beaucoup le personnage de Merlin qui est quasiment absent du récit (enfin, il manque bien à l'appel quoi). Surtout que c'est un de mes personnages préféré, mais bon ...

En dehors de ça, l'histoire est très bien amené, sans trop de fantastique (mais il y en a un peu), et sans trop de folklore local non plus (fées et korigans sont presque absent). Du coup, l'ambiance est un peu plus "sérieuse" mais j'ai trouvé dommage qu'on perde le charme de ce mélange entre monde folklorique et réalité historique (incarné par Arthur d'une très belle façon d'ailleurs). Cela dit, l'ensemble tient bien la route et les personnages sont biens campés, notamment Morgane, même si certains m'énervaient (un personnage avec un côté bigot/dévot m'énerve vite, quelque soit sa religion). Dans l'ensemble ça passait plutôt bien, et j'ai trouvé le tout prenant, avec un point de vue renouvelé sur cette quête du Graal, puisqu'il n'y avait désormais plus de combats, plus de quêtes héroïques. Que des femmes, parfois filant ou tissant, complotant et gérant les affaires, bref les femmes font tout dans ce livre. On notera d'ailleurs un certain parti-pris féministe mais je n'en tiendrais pas rigueur. Bref, le tout est de bonne facture.


Au final, qu'en retirer ? Je pense que ce livre reste assez culte, déjà par son point de vue novateur et la lisibilité parfaite qu'il possède (Asimov le recommandait). Cependant, je n'ai pas trouvé que c'est le meilleur roman de la table ronde que j'ai lu. Le manque de tout un pan de fantasy fait défaut à mes yeux, et le deuxième livre est vraiment en-deçà du premier. Le tout n'est pas mauvais, mais j'ai moins aimé que d'autres récits sur le roi Arthur. Cela dit, il se lisent bien et complètent à merveille d'autres ouvrage sur ces légendes. Pour ma part je le garde dans un coin de ma bibliothèque où je range ceux que je ne lirais sans doute plus.

(Chronique n°80)


Septième participation. On progresse ! Encore trois

dimanche 6 octobre 2013

L'étrange vie de Nobody Owens (Neil Gaiman)

Un soir j'ai craqué, j'ai décidé de lire un deuxième livre après Pourquoi j'ai mangé chez mon père, et voila que je me retrouve à lire un nouveau Gaiman. Bien sur, j'ai fait ça de manière rapide, pour passer le temps avant d'aller au lit. Bien évidemment, je me retrouve à lire le livre jusqu'au bout à pas d'heure et je le referme avant de dormir, fini, avec une petite larme au coin des yeux. Ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas versé la petite larme à la fin d'un livre, et c'était divin.


Résumé en trois mots : Fantômes, Cimetière et Fantastique

Bon, déjà il faut dire les choses comme elles sont. Gaiman, je l'ai dit, je le répète encore, est un conteur. Un excellent conteur, sans aucun doute le meilleur que j'ai lu de ces deux dernières années. Ses livres se commencent vite, de façon efficace, et nous plongent dans leurs ambiances en deux minutes. On ne peut pas s'arrêter de lire. C'est vraiment extraordinaire, il nous fait voyager en dix pages et pendant plus de trois cent. Une merveille à lire.

Outre cette qualité que je souligne à nouveau tant elle me parait incroyable et preuve du talent de l'auteur (par rapport aux lectures que j'ai en ce moment, le fossé est large), je dois rappeler aussi que Gaiman à une imagination débordante. Encore une fois il a su inventer quelque chose qui m'a plu. Une idée de base simple, un enfant dont les parents sont morts sous la main du Jack de Londres est recueilli par les fantômes d'un cimetière et commence son éducation avec eux. Et là dessus, Gaiman va nous pondre une merveille d'inventivité, faite de nombreuses histoires s'entremêlant et qui peut s'apparenter à un corpus de nouvelles.

La qualité de l'ouvrage est son inventivité, à défaut de son originalité. C'est avant tout un conte, l'initiation à la vie et aux humains du héros par des morts. L'humour est omniprésent et rehausse l'ensemble avec en plus des très beaux passages et des personnages attachants, bien campés (sauf peut-être pour les Jacks, mais c'est un détail). Et le cadre du cimetière est intéressant, nous avons le droit à des développements dans toutes les aires du cimetière, avec des petits points intéressant. D'ailleurs l'essentiel des histoires se déroulent dans ce lieu.

Mais, comme dit, l'histoire n'est pas non plus extraordinaire, ou en connait pas des retournements palpitants. Rien qui n'est couru d'avance (ou presque), mais toujours très bien fait. Sans compter plusieurs jolis clins d'oeil à d'autres ouvrages (j'en ai compté un très beau à Lovecraft). C'est toujours agréable de se laisser porter par le narrateur, et j'ai eu vraiment l'impression d'entendre quelqu'un me raconter cette histoire. Très agréable comme sensation.

Bref, nous avons donc ici un ouvrage dans la droite ligne de tout ce qu'a fait Gaiman que j'ai lu : prenant, inventif, agréable à lire (on ne sent vraiment pas le temps passer) et surtout intéressant. De l'humour, un peu d'action, des bons sentiments mais bien dosés (qui m'auront fait couler une larme tout de même, mais j'ai apprécié). Tout les ingrédients d'un livre réussi.
Ce livre c'est vraiment un conte, mais dans le genre qu'on lirait le soir aux enfants avant qu'ils ne s'endorment (les illustrations aident). Je me suis senti plus jeune de quinze ans en le lisant, et j'ai adoré. Les contes pour adulte, c'est décidément une chose merveilleuse. A lire ? Évidemment !

(Chronique n°75)

mercredi 25 septembre 2013

Frankenstein (Mary Shelley)


Encore un classique de littérature, le genre que tout le monde connait (ou croit connaitre), c'est bien évidemment Frankenstein, dont les adaptations cinématographiques auront sublimé la créature dans des films d'horreur de série B bien connus (dont la liste serait si longue que j'y perdrais plus de temps qu'a rédiger cette chronique). Place donc au fameux monstre de littérature, à celui qui créa le mythe, voici donc Frankenstein de Mary Shelley !


Résumé en trois mots : Monstre, Créateur et Création

Donc, ce livre connu, archi-connu, lu et relu, ressassé et dont l'extraction de la substantifique moelle fut un travail de longue haleine entreprit depuis des années et sans doute aussi indigeste que cette phrase me rend donc totalement incapable de faire ici le moindre décorticage précis d'un tel monument de la littérature.
Bref, je ne peux ici que vous donner mon avis (encore une fois), sinon je vous encourage à le lire pour vous faire votre propre avis comme cela doit être le cas avec la plupart des livres de ce genre.

L'histoire est connue, mais je préfère la rappeler : Un bateau est pris dans les glaces. A bord, le jeune capitaine remonte de la glace où il dérivait un homme à moitié gelé et obstiné par une idée. Il traque un autre traineau. Cloué au lit, il raconte son histoire : Frankenstein, jeune chercheur suisse, entouré d'une famille aimante, part vivre dans une ville (Genève il me semble) et entreprend des recherches en biologie et médecine. Génie en herbe, il parvient à trouver au final la formule pour créer la vie. Mais son invention le dépasse. Effrayé par la laideur de sa créature, il s'enfuit, la laissant libre d'agir dans le monde. Un monde qui n'en veut pas. Et le créateur à des devoirs envers sa créature. A moins que ce ne soit l'inverse.

Le roman est écrit à la première personne, c'est un narrateur qui écrit à sa sœur dans la première partie, avant de laisser la parole à Frankenstein qui raconte son histoire, dans lequel la créature se retrouvera à la raconter aussi (en terme d'imbrications d'histoire c'est pas mal, surtout quand la créature raconte une autre histoire dans son récit). Il est d'ailleurs assez noir et les morts se succèdent tout au long du récit (en même temps, c'est mérité).
Le ton du récit m'a beaucoup fait penser à Dracula, sur la forme et les tournures de phrases très typées XIX ème, et puis sur certain fond, notamment question amitié, religion, croyances, bonté ... Quand on sait ce qu'a produit le XIX ème comme horreur (je déteste ce siècle), c'est assez ironique, mais le propos n'est pas là (sinon je parlerai encore demain).

Le récit à un fond très intéressant, et qui mérite plusieurs grilles d'analyse (relation entre père et fils, homme et dieu, homme et nature, créateur et son œuvre, artiste et son œuvre ...) qui conduisent à un roman complexe dans la trame, et qui mélange assez habilement les sentiments, puisque nous avons une créature haï sans qu'elle n'ai jamais rien demandé pour cela, un créateur dépassé par son œuvre et qui souhaiterai la retirer, des sentiments de haine de part et d'autres envers son opposé, mais le tout de deux points de vue. Plein de questions se posent : le créateur/la créature est-il/elle redevable à l'autre de quelque chose ? Peut-on contrôler tout ce qu'on crée ? Les métaphores abondent, et les questions soulevées sont pertinentes.

Cependant, il faut tout de même dire que le roman aurait gagné à perdre cet esprit très XIX dans le style d'écriture, et dans la narration également (je vous garantis que la description des femmes à de quoi faire hurler, d'autant plus que c'est une femme qui écrit, et que certains passages sont vraiment barbants). En tout cas, les lecteurs se régaleront d'une histoire qui n'a pas perdu beaucoup de sa force, pour plusieurs raisons, mais qui reste un peu trop ancré deux siècles en arrière et mériterait peut-être un dépoussiérage. Mais je ne crache pas dans la soupe, le roman est bon.


Ce roman, c'est vraiment de la philosophie autour de nombreuses questions et des thèmes qu'on veut y voir. L'auteure à sut bien manier les deux facettes de cette histoire pour en faire sortir tout l'intérêt (ce qu'en fait je n'ai pas retrouvé dans Dracula), et la lecture est très sympathique, assez rapide également, et se fait avec tout de même du suspense (même si je connaissais déjà la fin). En bref, le roman est toujours aussi classique mais se lit encore très bien, et je pense qu'une lecture ne peut pas faire de mal. Rien que pour son statut, et pour les débats qu'il peut succiter.

(Chronique n°70)

jeudi 19 septembre 2013

La clé des vents (Stephen King)

Stephen King, c'est un grand, un puissant, un auteur que j'adule. Alors quand je vois qu'il a sorti un livre complémentaire de sa fameuse série La tour sombre que j'ai simplement adoré (et dévoré), je me suis promis de l'acheter rapidement (j'ai mis du temps à cause du prix surtout). Le livre était court, et pris par le propos et le retour dans l'entre-deux monde, je l'ai dévoré dans la journée. Alors qu'en ressort-t-il au final ? Je vais vous dire ce que j'en ai pensé :


Résumé en trois mots : Fantastique, Fantasy et Conte

La lecture de ce livre est indissociable pour moi de la lecture de la saga La tour sombre du même auteur, mais il est bien précisé en introduction que le livre peut se lire sans connaitre cette série. Je pense que c'est faisable, mais le lecteur néophyte de l'univers de S. King perdra beaucoup de références et de nombreuses petites allusions que l'on retrouve dans ses autres livres. Je pense donc que la lecture est à faire plutôt lorsqu'on connait La tour sombre, et j'ajouterais même qu'a mon avis cette lecture devrait se faire lorsqu'on à déjà fini la série.

Chronologiquement, ce tome s'intercale entre les tomes quatre et cinq de la série, une sorte de parenthèse dans le récit, et présente un beau conte à tiroir. En fait vous suivrez le Ka-tet de Roland (en fait, un groupe de quatre personnes et un animal proche du chien), lorsqu'il doit s'arrêter pour un moment, car un coup de givre arrive (grosso modo, un refroidissement brutal et meurtrier de l'atmosphère, accompagné de vent). Le groupe est dans une maison au cœur d'une ville en ruine, et Roland leur raconte une histoire de sa jeunesse, une quête qu'il avait fait étant tout jeune pistolero. Dans cette quête, il en vint un moment à raconter une histoire à un jeune garçon. L'histoire que lui lisait sa mère étant plus jeune, celle de La clé des vents. Nous avons donc un conte dans un récit dans une histoire. Certains qualifient d'ailleurs ce livre de recueil de nouvelles, puisqu'il y en a trois imbriquées, mais je trouve qu'elles se répondent bien entre elles.

La lecture de ce récit est des plus plaisant si vous connaissez La tour sombre, puisqu'on y retrouve avec un grand plaisir les personnages de la série mère, dans une atmosphère identique. C'est comme un bon souvenir qui se rappelle à nous et nous dévoile un nouveau morceau de lui que l'on avait oublié. Je l'ai lu dans la journée, preuve encore de la qualité de la plume de S. King, qui nous entraine très facilement dans ses histoires et ne nous lâche plus.

Mais .... Mais si la plume de S. King est toujours sublime, je dois avouer que j'ai eu du mal avec certaines choses. Déjà, je dois dire que le récit de Roland est assez terne, et sans grand intérêt. Pas de rebondissement, une enquête rapide et peu intéressante. C'est très curieux comme impression, mais je dirais qu'elle ne sert qu'à préparer le conte de La clé des vents, car l'histoire manque de développement. Je ne sais pas si c'est le choix de l'auteur de base, ou s'il a décidé de raccourcir le récit, mais il manque quelque chose pour moi. Cela dit, la première partie est assez bien faite; c'est le dénouement qui est plat.
En revanche, le conte de La clé des vents est superbe. Je l'ai adoré, dans l'ambiance de cet entre-deux monde, les personnages charismatique, l'enfant extraordinaire, l'homme en noir qui revient encore une fois, les problèmes d'alcoolismes (réguliers chez S. King), une situation digne de n'importe quel conte, une certaine noirceur tout de même, ... Le récit est vraiment très bon, et les quelques morales qu'on y trouve ne sont pas niaises, loin de là. Je regrette juste un poil que les méchants soit un peu caricaturales, des grosses brutes avinés (qui, avec les imbéciles apeurés et obèses constituent les boucs émissaires de l'auteur) et un homme en noir qui ne dépareillerait pas à côté de Randall Flagg. Et le récit nous dépayse beaucoup, ce qui n'est pas pour me déplaire, évidemment.

La lecture de ce récit m'a replongé dans une ambiance que j'avais adoré et que je ne pensais plus retrouver un jour avec un œil encore vierge, et ce fut pourtant le cas. J'ai adoré la lecture de ce livre, bien qu'il soit selon moi un cran en-dessous du cycle de base, et pas l'un des meilleurs de Stephen King. Mais il reste très bon, un agréable moment de lecture assez long, pouvant nous émouvoir et nous émerveiller. Le livre est très bon dans son ensemble, sa lecture est fluide et les retrouvailles avec les personnages sont émouvantes. Je ne peux que le recommander à la lecture, car il est selon moi totalement dans l'univers de Stephen King, dans une parfaite adéquation avec les autres livres et ses thèmes favoris. Une lecture très recommandée donc.

(Chronique n°68)

 
Troisième ! Ca avance !