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mardi 9 juin 2015

Les enfants de Dune (Frank Herbert)

Ce tome fut plus dur à lire que le précédent, mais lors de celle-ci je fus gagné par la certitude que Frank Herbert est véritablement un génie, et je pèse mes mots. Ce livre est ardu à lire, c'est d'une difficulté supérieur à la moyenne, mais pour autant on peut parfaitement suivre si l'on s'accroche un tout petit peu. Et c'est ça qui est fabuleux, car la saga de Dune se poursuit sans trêve ni repos avec ses personnages changeants, ses situations imprévisibles et tout le génie de Frank Herbert planant sur les pages qu'il a rédigé.


Résumé en trois mots : Intrigues, Ecologie et Pouvoir

Ce tome continue le précédent, en se promettant dix ans plus tard, avec les personnages que nous connaissions déjà mais qui ont évolués par rapport aux derniers événement. Et la situation a encore évolué, bien évidemment. Et c'est là que se situe déjà le talent de l'auteur.

Ce tome s'ouvre sur des changements radicaux entre les personnages, qui doivent maintenant faire face aux anciens alliés. Les vainqueurs se déchirent autour de l'empire, de l'épice et de tout ce qu'ils contrôlent. Mais c'est également le pont névralgique habituel, le centre de tout, Arrakis, appelé Dune, unique planète productrice d'épice, qui est en jeu. Car les changements climatiques de cette planète affectent l'épice, et par là-même tout l'empire.

Ce qui est fascinant, c'est la façon dont Frank Herbert nous tisse des liens entre tout ce qui se passe, l'intérieur de chacun tout comme le destin d'un empire, les tensions et les alliances politiques, les bouleversement de chacun, les métamorphoses qui s'opèrent. Frank Herbert se paye en sus le luxe de nous farcir le livre de considération sur la religion, le pouvoir, la politique, la famille, l'avenir et le destin, l'écologie, le commerce, et quelques petites considérations sur l'humanité par dessus tout ça. Le tout sans se perdre dans le roman, en conservant des fils directeurs parfaitement logiques et bien souvent surprenants, mais très dense.

Je conçois la critique la plus fréquemment entendue par rapport à ce roman : la difficulté de lecture. J'en suis au tome 3, je suis maintenant bien habitué au style de l'auteur, au monde et aux concepts, et pourtant j'ai encore un mal fou à comprendre certaines implications dans les conversations entre les différents protagonistes. Comme si l'auteur faisait des dialogues trop intelligents pour moi. Je crois bien que c'est la première fois de ma vie où je lis un livre pour lequel je suis certain que l'auteur soit plus intelligent que moi, sans conteste. Et c'est bien en cela que réside la difficulté de lire cet ouvrage. 

Un livre d'une intelligence rare pour une saga qui ne l'est pas moins, malgré sa difficulté toujours présente dans la lecture. Mais si vous faites l'effort de vous accrocher, si vous prenez le temps de vous plonger dans la saga en intégralité, si vous ne baissez pas les bras devants les mots nouveaux et les discours emplis de sens cachés, alors vous trouverez une pépite merveilleuse qui continue de m'éblouir sans que j'y prenne garde. Un tel livre se mérite, mais quelle puissance en lui. J'en reste émerveillé. Cette saga est en passe de devenir ma favorite, mais son auteur est ajouté dans mon panthéon personnel sans aucune condition à présent.

(Chronique n°281)

mercredi 29 avril 2015

Rendez-vous avec Rama (Arthur C. Clarke)

Le dernier lu de ma fantastique PAL qui grossit plus vite que je ne peux la descendre, malgré mes efforts. Heureusement, je peux compter sur certains auteurs que je connais assez bien a présent pour aller un peu plus vite dans mes lectures. Et c'est le cas de ce Arthur C. Clarke, que j'affectionne tellement et que j'ai eu le plaisir de retrouver pour un livre de hard science-fiction, un nouveau petit livre qui m'a fait planer dans l'espace.


Résumé en trois mots : Espace, Vaisseaux et Exploration

C'est un opus très différent de ce que j'avais déjà lu de Arthur C. Clarke, bien que dans le fond il y ai les mêmes bases que dans l'univers de 2001, l'odyssée de l'espace. Entre autre, les planètes colonisés (sauf Venus), les vaisseaux a puissance plus grande que ce qu'on connait actuellement, ou les différentes spécialisations des humains dans l'univers.

Comme à chaque fois, dans l'univers de Arthur C. Clarke, les informations techniques sont légions et parsèment le livre sans pour autant être envahissantes ou centrales. Ce sont toujours des supports de l'histoire, ce qui est parfait car l'assimilation se fait sans la moindre difficulté. Personnellement je suis toujours autant fan de ces explications scientifiques qui sont générées en permanence, tout en ajoutant de la crédibilité à l'ensemble. D'autre part cela renforce aussi le potentiel d'accroche du livre, entre autre lorsque les ressorts scénaristiques reposent dessus.

Ce livre est prenant, d'un bout à l'autre, même si on peut se sentir au final un peu frustré devant la fin, que j'ai adoré pour son ouverture. Tout est laissé aux interprétations les plus diverses et aux spéculations de la part des lecteurs. C'est d'autant plus ouvert à l'imagination, du coup.
Mais c'est encore une fois une question d'ambiance, que Arthur C. Clarke pose superbement bien. L'espace immense, le vide et le froid, le silence, la chaleur et l'immensité, tout est là pour nous mettre dans cette ambiance proprement époustouflante de la SF, et je reste toujours béat devant ces descriptions de voyage dans le vide sidéral.

Un livre magnifique et superbe, donc, avec une histoire prenante sous forme de grande interrogation à laquelle la réponse n'est pas clairement posée. Un livre qui nous entraine encore dans cet espace immense et vide, avec toutes les questions, tout les problèmes et tout ce qui peut exister dans cet univers. Une lecture plaisante et dépaysante, que je serais ravi de prolonger dans les tomes suivants.

(Chronique n°266)

lundi 13 avril 2015

Prisonniers du paradis (Arto Pasilinna)

Et encore un livre de cet auteur, le finlandais Arto Paasilinna, qui sait à chaque fois nous entrainer dans des histoires rocambolesque avec des personnages hauts en couleurs et généralement bien gorgés d'alcool. Ce qui est encore une fois le cas ici, mais avec un climat bien différent et quelque peu plus clément, les tropiques !


Résumé en trois mots : Crash, Jungle et Communauté

Ce roman est différent de ce que l'auteur écrit habituellement, puisqu'il exporte ses charmants compatriotes finlandais dans les tropiques, en prenant pour prétexte un crash d'avion qui oblige des suédois et finlandais à rester sur une île déserte, sans espoir de voir un jour venir les secours. Les personnes commencent alors à s'organiser pour survivre, et bientôt la survie n'est plus le seul motif de rester, puisque le bar de la jungle va même ouvrir, avec son alcool distillé localement.

Je ne sais pas si l'auteur est passionné d'alcool, mais c'est un thème plus que récurent dans ses romans, mais passons. En tout cas, ce livre prouve encore une fois le grand talent de Arto Paasilinna, qui nous sort encore une histoire délirante et bienvenue (sauf pour un ou deux détails, notamment avec les gilets de sauvetage qui semblent inépuisable ...) sous un jour différent de d'habitude. Je me suis senti, durant ma lecture, transporté sous les tropiques, et c'était bien agréable. De plus, ces hommes toujours extraordinaires que nous pond l'auteur sont une source inépuisable de rire, avec tout ce que cela comporte de bagarres, de projets stupides ou de réussites grandiose. D'au bout à l'autre l'auteur invente tout ce qu'on peut imaginer pour finalement nous laisser fermer le livre avec un petit rictus au coin des lèvres.

Encore une réussite, simplement un bon livre humoristique qui m'a fait rire alors que je commence à m'habituer au style de l'auteur et que je n'en suis plus à mon coup d'essai avec lui, mais la sauce prend encore une fois et la lecture fut plaisante d'un bout à l'autre. C'est toujours un régal d'humour et d'inventivité, jusqu'au final, et je vous recommande encore une fois sa lecture pas très longue, qui plus est, pour passer un moment agréable.

(Chronique n°259)

vendredi 27 mars 2015

Coulez mes larmes, dit le policier (Philip K. Dick)

Je viens de finir ce livre que j'ai déniché en occasion et que je me suis attaché à lire pour me changer les idées de mauvaises nouvelles qui venaient de tomber. C'était l'avant-dernier livre de l'auteur en ma possession, et j'avais entendu parler de lui de différentes façons, chacune s'accordant sur un côté très important de cette oeuvre au sein de la bibliographie de Philip K. Dick. Cela a bien sur titillé ma curiosité, et je ne me suis pas fait prier pour le lire, ce qui fut fait rapidement avec ces larges périodes horaires dont je dispose actuellement.


Résumé en trois mots : Réalité, Drogue et Célébrité

Un drôle de livre, très dérangeant et assez atypique. Dans l'univers de Philip K. Dick, la réalité est toujours autre, trouble et distordue, mais ici, l'histoire est clair et limpide au final. Tout est expliqué et tout est compréhensible. Pour un lecteur habitué à l'auteur, c'est curieux. Il contient même un postface qui donne la trame que poursuivent les personnages après le roman. J'ai cependant été bien plus surpris par la tournure que prenait ce livre.

L'histoire est celle d'un présentateur télé qui se réveille un jour en étant inconnu du monde entier. Personne ne sait qui il est, nul ne se souvient de lui et même la police ne dispose plus d'un seul fichier le concernant. Alors que le monde est un gigantesque état policier bureaucratique. Donc dangereux pour quiconque se retrouve démuni d'identité du jour au lendemain.
Ce roman est très curieux, en deux parties qui se joignent vers le milieu du livre, mais c'est également un roman où le héros n'est pas clairement identifié. Alors que l'appareil bureaucratique et la pression de la police désigne l'Etat et l'autorité comme "méchant" de l'histoire, je dois avouer que le héros est loin d'être tout blanc et me semble souvent être un fieffé connard. De même, cette police omniprésente dans l'esprit est bien plus relâché et normale qu'on pourrait le penser. Pas de toute puissance qui intervient n'importe comment, seulement des hommes normaux qui font leurs boulots et s'y tiennent.

Ce roman est curieux, enchainement de tableaux et de situations variées, parfois superbes, notamment une scène finale dans une station-service, mais également très sombres, au personnages torturés, psychotiques et parfois aux frontières de la folie. Certains sont totalement normaux et sont rapidement submergés par ce qui leur arrive, mais les autres sont pris dans des filets qui les entrainent toujours plus loin.
Je parle des personnages car c'est eux qui sont centraux, avec leurs interrogations, leurs motivations, leurs vision du monde. Tout est autour d'eux et de leurs rapports, les rapports humains. Entre des humains génétiquement supérieur, des humains déshumanisés. Tout est dérangeant dans ce livre, et la frontière brouillé de la réalité est une fois de plus un élément central.
Mais cette fois-ci, moins d'interrogation sur la "vraie" réalité. Plutôt une conception de l'homme quelque soit la réalité. Qu'importe ce qui est vrai, comment agissons-nous en humain dedans ?


Ce roman comporte bon nombre d'interrogation, et je ne pourrais en tirer l'ensemble. Il me faudra le relire, essayer d'en extraire tout le contenu, et la tâche ne sera pas facile. Rien n'est limpide, rien n'est offert gratuitement. Il faut fouiller pour extraire chaque idée. Mais quelles idées ... C'est confus encore dans ma tête, et j'aime ça.

Un roman qui tranche assez avec ce que j'ai déjà lu de Philip K. Dick. Moins de spontanéité, moins de folie, plus d'introspection. C'est très rentré, les personnages sont au centre d'une oeuvre qui pose de nombreuses questions et dont les réponses ne sont pas clair. C'est a la fois très intense à lire, et curieusement dérangeant. Quelque chose s'en dégage, quelque chose que j'ai du mal à cerner mais qui me fait encore m'interroger sur cette oeuvre décalée. Si je vous la conseille, je peux aussi vous dire que c'est quelque chose de neuf. A lire, pour essayer de comprendre.

(Chronique n°251)

samedi 3 janvier 2015

Substance Mort (Philippe K. Dick)

Il est de certains livres comme de certaines drogues, on veut en reprendre toujours un peu plus, mais au final, la dose de drogue qu'on aura absorbé en premier sera toujours la plus forte et la plus intense, en s'y replongeant on n'y retrouvera jamais le trip d'origine, celui qui nous a fait planer jusqu'au delà des sphères du tangible et du réel. C'est quelque chose qu'on ne peut décrire, qu'on ne peut expliquer, ce qu'on a vécu, on ne peut que se le rappeler dans tout son corps, dans tout son esprit. Et ensuite, essayer de le décrire, c'est encore plus difficile.
Philip K. Dick est un de ces auteurs là, qui vous laisse un gout en bouche au final, qui ne vous laisse qu'une envie, celle de replonger dans un de ses livres au plus vite. Comment pourrais-je vous en parler ensuite ?


Résumé en trois mots : Drogue, Police et Réalité

Philip K. Dick est un personnage vraiment à part dans la science-fiction. Il aurait vécu au XIXème siècle, il aurait eu l'âme d'un Baudelaire opiomane, ou de ces écrivains qui dissèquent les vicissitudes de l'âme humaine. Car oui, l'âme humaine est remplie de tourments et de changements. L'âme humaine est loin de la stabilité.
Car encore une fois, c'est des interrogations métaphysiques qui viennent se greffer sur un roman de science-fiction qui n'a en soi rien de banal. Il est clair que Philip K. Dick est un auteur majestueux, qui possède des dons d'écriture et d'invention remarquable, mais qui possède en outre une capacité à glisser de la philosophie partout. Ce roman est encore une fois la démonstration magistrale de cet auteur pourri de talent.

Ce qui est fascinant, c'est qu'après plusieurs histoires de Philipe K Dick, je retrouve encore cet inventivité débordante que j'avais déjà noté dans ses autres ouvrages. Je pourrais juste lui reprocher l'absence de personnages féminins, la plupart des romans n'en contenant véritablement qu'un seul, mais dans un grand rôle, ce roman ne fait pas exception. Pour le reste, nous retrouvons des personnages torturés, qui se posent de multiples questions et qui sont toujours dans le doute quant à ce qu'ils vivent, ce qu'ils sont et quel est le vrai autour d'eux. Là encore, nous retrouvons des thématiques liées à la drogue, mais plus directement encore que celles de Le dieu venu du Centaure, puisque c'est vraiment l'infiltration des milieux de la drogue par la police qui est au coeur du livre. Et s'ajoute également la thématique autour de la double personnalité, puisque le policier infiltré commence à avoir des problèmes entre ses deux vies mêlées, tout en parlant également du moment où la drogue rend les camés flippés. Quand la drogue t'as eu, comme elle en a eu d'autre ...

Ce serait impossible de décrire tout les sujets du livre, tant il y en a, entre univers de la drogue et vies ratés, amour et haine, personnages en tout genre, ajouts de science-fiction et univers policier ... Mais le plus impressionnant à mon avis, et encore une fois, c'est la façon dont Philip K. Dick nous sort un final en beauté. Comprenez par là qu'il va non seulement vous remettre en cause ce que vous saviez auparavant, vous dévoiler quelque chose que vous ne pensiez pas, mais se permettre en sus, par une phrase presque anodine, vous glisser une réflexion morale et profonde sur la drogue, bien loin des clichés qu'on pourrait avoir. En soi, la fin m'a rappelé un autre livre (que je ne citerais pas pour ne pas vous spoiler ce magnifique twist) et j'ai été sur le cul au niveau de la réflexion, mais surtout quand j'ai compris le véritable titre du livre (qui devient, du coup, un titre sujet à de nombreuses interprétations).
Dois-je vraiment finir en disant à quel point l'histoire est impeccable, en suivant ce pauvre policier qui se perd dans sa vie et bientôt dans sa tête à devoir se poursuivre lui-même et à essayer de ne pas finir fou ? Ce serait en rajouter pour pas grand chose.


Dans les livres de cet auteur, je placerais Substance Mort dans le haut du panier, et même dans le top 3 directement. De ce que j'ai lu, on y retrouve le foisonnement d'interrogation et de sujets que j'affectionne tant, l'histoire qui tient la route d'un bout à l'autre et qui sait se jouer de nous en prenant des directions que l'on ne voudrait pas voir prises. Mais la réalité est cruelle, comme nous la rappelle la dédicace finale, et le monde de la drogue est bien plus dur qu'on ne voudrait nous le faire croire. Surtout quand on songe à ce qui est dit à la fin. Une façon de boucler la boucle qui est glaçante mais tellement ouverte aux interrogations. Un must-have à lire. Pour l'instant, je le considère dans mon coeur comme l'un des meilleurs de Philip K. Dick, et je pense bien ne pas finir là-dessus avec cet auteur. J'aborde seulement les grands ouvrages de lui, et je crois que je vais plonger le plus profond possible. Lisez-le, lisez-le, lisez-le. Ce sont les trois seuls conseils que je peux vous donner à son propos.

(Chronique n°212)

samedi 5 juillet 2014

Miséréré (Bernard Clavel)

Le royaume du nord, troisième tome

Troisième tome, avec toujours cet écrivain fabuleux et fantastique qui sait nous plonger dans les paysages du grand nord en nous faisant aimer tout ce qui s'y trouve, de la terre aux arbres, les rivières, le vent, la nature, les animaux et les hommes. Ici, c'est l'endroit gelé et froid, dur et cruel, mais une terre qui rend les hommes vrais.
Et nous voila face au troisième volume de cette saga, la suite directe des aventures, les mêmes lieux, certains personnages qui reviennent, et toujours cette même terre d'un nord canadien. Mais, un nouveau changement intervient. Voila que débarquent de nouveaux colons ...


Résumé en trois mots : Village, Curé et Communauté

Cette fois-ci, le roman se déroulera vraiment autour de St-George d'Harricana, autour duquel se greffent progressivement des nouveaux lieux, investis de colons qui viennent chercher ici le pain que la crise de 1929 leur a retiré. L'Etat cède des parcelles et envoie les pauvres cultiver. Et ceux-ci foncent en remplissant les trains de leurs misères. Certains arrivent, s'installent. Et construisent pour demeurer.

Ce livre se concentre donc autour de la construction des nouveaux villages, des communautés qui vont se former aux alentours de ce qui se transforme progressivement en ville, mais c'est également un livre sur les rapports humains qui se développent progressivement dans la société qui se recrée dans le nord. Et surtout l'histoire d'un personnage, Cyrille Labrèche, brave travailleur au grand cœur mais qui est aussi un peu trop têtu. Bien que n'étant pas le héros à proprement parler, il sera le fil conducteur de toute l'histoire.
Ce qui continue de me plaire dans cette saga, c'est les croisements qui arrivent successivement entre les livres, les personnages revenant mais de façon différentes, le temps ayant passé à chaque fois. Mais tout l'intérêt est aussi de suivre l'historique de cette terre qui bouge, progresse, évolue, se transforme. Tout en restant fondamentalement la même. C'est une terre sauvage et difficile, qui sait se montrer hostile.

Une histoire qui change encore une fois de ton avec les précédentes et annonce des grands changements dans la suite de la saga. Le royaume du nord s'étoffe, et les nouveaux arrivants vont devoir, eux-aussi, conquérir ce sol dur et froid.

Bernard Clavel n'a pas son pareil pour nous dépeindre des situations qui nous plongent dans une ambiance de façon si puissante. On vit avec ces braves colons du nord, on sent que ça sera dur et que la fin ne sera jamais aussi heureuse qu'elle l'est dans un conte, car la vie est cruelle, mais elle contient tout de même de belles choses. Je crois que c'est le résumé de ce livre, beau et cruel. Un troisième tome toujours aussi prenant et qui nous plonge immédiatement dans le quatrième.

(Chronique n°203)

jeudi 12 juin 2014

Un défilé de robots (Isaac Asimov)

Les robots, tome 2


Deuxième tome de la série des Robots, avec encore une fois un recueil de nouvelles (je crois bien que c'est le dernier, les autres livres de la série sont des histoires en un tome). Mais, cette fois-ci, nous avons du changement ! Et c'est tout l'intérêt d'un autre tome.


Résumé en trois mots : Robots, Lois et Problèmes

Cette fois-ci, les histoires sont centrées autour des robots (tiens, quel hasard !) mais dans un cadre terrestre. Les premiers volets nous racontaient les péripéties des robots dans l'espace, cette fois-ci nous avons le droit au développement des robots dans un environnement d'humains "normaux", où les spécialistes ne sont là que pour constater ensuite.
Dans les récits d'Asimov,  les robots ne sont pas autorisés sur Terre, par une peur qu'il appelle "Le complexe de Frankenstein", et sont donc limités aux activités extra-terrestre, ce que nous trouvons dans les histoires du premier tome. Le deuxième tome s'ouvre encore avec quelques histoires dans ce style (notamment la seconde qui est extraordinaire), mais introduit aussi les robots domestiques, aux usages courants, et qui se mettent au service des humains. Entre machination de la compagnie pour les faire apprécier d'un large public et problèmes, liées aux humains ou à l'interprétation des trois lois (Asimov lui-même s'étonne du potentiel contournement de ces trois lois si simples). En bref, beaucoup d'ingéniosité en perspective.

Et encore une fois, le charme opère. Des mini-énigmes à chaque nouvelle, dans laquelle il nous faudra trouver le détail qui éclaircie tout, sans parler de tout les aspects humains qui composent les personnages récurrents (notamment le docteur Susan Calvin), et tout ce qui invite à réfléchir autour de l'homme, la science, le supra-humain et les limites, de l'humain et de la robotique. Paradoxalement, en utilisant les robots, Asimov nous centre la plupart des récits sur l'humanité.

Excellent seconde tomes, au nouvelles variées et un peu plus longues, ce qui fait qu'on en a moins, mais toujours d'excellentes qualités. Plusieurs nous ferais presque nous émouvoir face à ces humains mis en perspective de quelque chose qui les dépasse. C'est toute une réflexion sur l'homme et la machine, sur les limites de l'humain et de sa création, les limites des possibilités et de nos futurs. Asimov nous offre philosophie et humour mélangé à de la science et du rêve. Encore une fois le cocktail parfait.

(Chronique n°193)

lundi 19 mai 2014

L'étoile et le fouet (Frank Herbert)

Mon dieu. C'est le premier Frank Herbert que je lis, mais là j'avoue que je suis impressionné. Presque trop d'ailleurs. Si le cycle de Dune est aussi difficile à aborder, je pense que je ne pourrais pas le lire jusqu'au bout. Vraiment, c'est un truc que je n'avais jamais vu. En un sens, ça me rappelle ce qu'avait fait Dick dans ses livres. Je vais vous expliquer tout cela, mais en tout cas ça dépote, c'est certain. Vraiment, impressionnant.


Résumé en trois mots : Communication, Énergie et Sentiments

Je dois bien avouer que j'ai été impressionné par bien des aspects de ce livre, par ailleurs assez court. En fait, je ressent derrière l'écriture un univers très riche qu'on ne fait que effleurer. C'est d'ailleurs plus ou moins un des problème du livre. En effet, rien n'est clairement expliqué dans le livre. L'univers présenté est complexe, ne serait-ce qu'entre les différentes espèces Xenos présentées, et c'est difficile de comprendre les interactions, les possibilités et les structures sociales, sans parler du rôle de chaque race. C'est progressivement dévoilé dans le livre, mais entre ça et les différents noms compliqués, il faut bien s'accrocher pour arriver jusqu'au bout.

Le tout est agrémenté d'une histoire assez remarquable, qui prend pour base un monde dans lequel une sorte de téléportation à été trouvée. Ce système repose sur des créatures, les Calibans, qui peuvent manipuler les tunnels éponymes. Cette façon de faire n'a jamais été comprise, et un co-sentien (si j'ai bien compris, les races extraterrestres sont classés selon qu'elle peuvent ou non ressentir des émotions mais je n'en suis absolument pas sur) exceptionnellement doué va se retrouver dans une discussion avec la dernière Calibane en vie, les autres ayant disparus dans des accidents spectaculaires et violents.

Ce qui est donc difficile à appréhender pour cause d'une trame de fond riche et peu expliquée, s'étoffe encore dans les dialogues. En effet, les discussions vont être particulièrement difficile, puisque les espèces se comprennent très mal entre elles, du à leurs différences de perceptions, voir même à la difficulté d'appréhender un langage. Cette difficulté supplémentaire fait que nous abordons un livre très complexe à lire, difficile d'abord et demandant réflexion.

Mais c'est aussi un livre génial. En effet, Frank Herbert aborde plusieurs sujets dedans, outre la divinité, le pouvoir, la communication surtout, il nous plonge dans différentes réflexions qui peuvent se retrouver à notre simple échelle. Finalement, n'avons nous pas nous aussi ces difficultés de communications entre différents être vivants ? Ici, l'échelle est beaucoup plus vaste, et nous abordons le cœur même du sens des mots. Essayez d'expliquer à une espèce consciente mais ne vivant pas sur le même plan d'existence que nous le sens du mot "manger" lorsqu'elle n'a pas de substance physique. Bref, Frank Herbert balaye en un court passage beaucoup de thématique. Mais il prend aussi en compte le principe de sentiments et semble indiquer qu'il s'agit là de l'unique chose rattachant les co-sentient entre eux. Seul l'expression et le ressentiment de sentiment nous permet de communiquer et de nous comprendre. C'est à la fois beau et très intelligent comme écriture.

Si je devais vous conseiller quelque chose pour ce livre, c'est simplement de vous accrocher et de ne pas vous laisser abattre dès les premières pages. Le livre est vraiment difficile d'accès, il faut rester concentré dessus et ne pas lâcher, mais il révèle un univers dense et une réflexion profonde. Le peu de pages ne se lit pas vite, mais il est sacrément dense, jusqu'au bout d'ailleurs. Je ne peux que vous inviter à le lire, mais soyez préparé. Il vaut mieux commencer par autre chose si vous souhaitez lire de la science-fiction. En tout cas, Frank Herbert commence à m'intéresser maintenant. Je vais commencer, je crois, son cycle de Dune sans trop attendre à présent.

(Chronique n°184)

lundi 31 mars 2014

Flûte, flûte et Flûtes ! (Isaac Asimov)

Un recueil très court qui m'a occupé dans le trajet en train hebdomadaire (en fait, quand on fait un voyage le soir à minuit, c'est dur de se concentrer sur une longue saga, du coup j'aime bien les nouvelles). Je me suis laissé encore emporter par les récits d'Asimov, mais c'est pour la bonne cause ! Il fallait que j'avance le nombre d'article déjà prêt à être postés, puisque ce chiffre était tombé bien bas. C'est pourquoi j'ai lu ce recueil, qui fait en fait la deuxième partie de Cher Jupiter, puisqu'en France nous avons l'habitude de couper les livres anglais en plusieurs morceaux ..... (ah, l'habitude détestable !).


Résumé : Humour, Science-fiction et Espace

Encore un recueil de nouvelles donc, et à nouveau du maitre, mais cette fois-ci très court, une dizaine pas plus, et dans un style détonnant, puisqu'il s'agit d'humour pour la plupart. Et de l'humour à la Asimov.
 Les nouvelles sont, comme toujours, commentés par Asimov, avec ce qu'il faut d'humour et d'informations, parfois un peu inutiles, parfois très amusantes, des fois éclairant la nouvelle sous un autre angle. C'est une excellente choses que ces introductions/postfaces à chaque nouvelles, puisqu'on a l'impression que l'auteur est derrière nous pour nous souffler ce qu'il faut sur chaque nouvelle. C'est tout bête mais j'aime bien. Cela dit, dans une autre édition ils avaient pris le parti de mettre ces textes ajoutés en italique, ici ils ne l'ont pas fait et je trouve que ça manque un peu, surtout niveau clarté.

Outrepassant ces détails, nous avons cette fois-ci un recueil légèrement différent de d'habitude, puisque presque toutes les nouvelles sont du style humoristique (l'une d'elle notamment se fini sur un jeu de mot que je n'ai pas compris, sans doute la traduction qui en a chié). Si j'ai bien aimé, notamment la nouvelle éponyme du recueil, et que j'ai parfois sourit et une fois rit, je dois bien avouer que c'est moins ma tasse de thé que ce que j'ai déjà eu l'occasion de lire auparavant. Le style est différent, et j'accroche un peu moins, notamment parce que c'est moins informatif et surtout moins intéressant philosophiquement. Mais c'est un genre, qui peut plaire aussi.
Cela dit, les nouvelles moins humoristiques sont toujours intéressantes ! Ce n'est que celles clairement humoristiques qui me posent plus problèmes.

De tout les recueils de nouvelles que j'ai lu jusqu'à présent, je crois bien que c'est celui-ci qui m'a le moins plus, tout en restant dans l'honorable moyenne supérieure. C'est simplement un livre que j'ai trouvé moins intéressant, bien qu'ayant aussi ses côtés. Il ne m'a pas plus motivé que ça et je préfère me tourner vers d'autres genres de livres. Je ne le déconseille pas, mais Asimov a déjà fait largement mieux, alors je ne peux que vous recommander de vous tourner vers d'autres recueils.

(Chronique n°160)

samedi 15 mars 2014

Women (Bukowski)

Je n'ai pas résisté à un nouveau Bukowski, notamment après avoir lu une BD sur lui récemment. C'est donc tout guilleret que je me suis plongé dans un livre autobiographique qui nous narre ses différentes (mes)aventures avec la gente féminine, pour un personnage haut en couleur et à la plume sublime. Un poète écrivant sur le sexe sans tabou, ça vaut largement le détour.


Résumé en trois mots : Femmes, Sexe et Autobiographie

Pour un résumé complet, il faudrait introduire également le facteur alcool, grand liant social et compagnon de Bukowski. Pour faire simple, nous avons là le résumé du livre. En fait, Bukowski nous offre une page de sa vie, uniquement centrée -ou presque- sur les femmes et les relations qu'il eut avec. Pas durant toute sa vie, mais durant un petit moment.

Charles Bukowski a un style d'écriture plutôt frappant. Direct, sans tabou, il nous livre plus que serait un journal intime, et moins à la fois, ne se dévoilant pas et n'indiquant que très peu sa pensée. Il se contente de faire un étalage de ce que fut sa vie, dans un moment donné, et ce qu'il vécue par rapport aux femmes. En lisant entre les lignes, on peut supposer que certaines choses n'ont pas changées, mais ce serait suppositions présomptueuses. Mais qu'est-ce que c'est bien écrit. Le style permet de rentrer rapidement dans l'histoire et permet de nous immerger dans un quotidien assez atypique pour un auteur. C'est curieux comme genre de vie, mais comme style de lecture c'est excellent.

En dehors de ça, il faut avouer qu'il semble parfois y avoir des longueurs, étant donné que la vie de Bukowski connait bon nombre de situations identiques, mais sinon c'est hyper-intéressant. D'ailleurs le personnage en lui-même apparait bien vite comme complexe, bien qu'apparaissant comme très simple, et devient aussi très attachant. Plusieurs passages sont très très beau, notamment quand il parle sur lui-même, ce qui n'arrive presque pas dans le livre. Bukowski est quelqu'un qui fuit en permanence, dans la boisson et dans le reste, fuyant ce qu'il est. Par contre, quand il raconte ses séances de lectures, je me dis que ça devait être quelque chose à voir.

En résumé un très bon livre autobiographique, au style littéraire assez incomparable, qui nous entraine dans la vie d'un écrivain de manière directe, sans rien nous cacher. La lecture est assez curieuse, entre humour et sérieux, poésie et sexe cru. C'est un ouvrage intéressant pour comprendre la vie de l'auteur, mais aussi simplement prenant et passionnant quand on se plonge dans la vie atypique de cet homme. J'ai eu l'impression de moments de faiblesse mais le tout est savamment dosé pour qu'on lise jusqu'au bout, avec une fin implacable et magistrale.

(Chronique n°152) 

dimanche 9 mars 2014

L'homme bicentenaire (Isaac Asimov)

Je voulais me prendre un Asimov et savourer une nouvelle chaque soir, un peu dans l'optique "Petite histoire avant d'aller se coucher", mais voila ... On prend un Asimov, on ne le repose plus. J'ai englouti la première partie dans la soirée, j'ai tout fini le lendemain matin. Même pas le temps d'avoir fini de manger, j'ai pris le café avec les dernières pages. Nom de dieu, ce type est un écrivain de génie.


Résumé en trois mots : Robots, Espace et Humanité

Asimov est vraiment un des maitres de la science-fiction. Cette phrase semble banale, c'est un classique au même titre que Arthur C. Clarke, Philip K. Dick ou encore Franck Herbert, mais c'est vraiment dans son cas un maitre. Pas juste un bon écrivain, un maitre. Véritablement.

Dans ce recueil, nous retrouvons un Asimov au sommet de son talent. Les nouvelles se multiplient, et je n'irais pas jusqu'à dire que toutes sont parfaites, mais la plupart d'entre elles méritent amplement leurs statuts d’œuvres exceptionnels. C'est du grand art à la fois dans la narration, tellement prenante qu'on ne s'ennuie pas une minute, mais aussi dans le fond, à la fois scientifique et psychologique, qui pose des réelles questions de fond, de société, dans un monde qui prend progressivement un virage dans l'informatique et la robotique. Là où Asimov est extraordinaire, c'est qu'il nous décrit tout cela dans les années 75, et ce sont des sujets plus que jamais d'actualité ! C'est presque effrayant de voir parfois qu'il a tapé très proche du mille. Quand il parle d'informatique, de nouveaux problèmes (il aborde notamment plusieurs fois l'idée d'un homme polluant trop fortement son environnement ...), ou tout simplement de robotique. Il y a là des dizaines d'idées qui sont plus qu'intéressantes à exploiter. Il y a tellement à tirer de cette vieille science-fiction qui se pose des questions.

En fait ma lecture m'a presque plus laissé une impression philosophique que véritablement distrayante. C'est une lecture qui se fait à double niveau, et c'est exactement ce que j'attends d'une lecture de fiction. C'est aussi ce qui fait tout le charme des romans et des nouvelles d'Asimov, où le lecteur n'a pas la sensation d'être pris pour un con. C'est notamment le cas de certaines nouvelles aux fins ambiguë, qui laissent tout loisir à l'imagination ou la réflexion. Et je peux vous dire qu'on gamberge vite.

Bref, encore une fois Asimov tape juste, bien et fort. C'est une lecture -ô combien !- plaisante, mais qui nous permet surtout de nous poser plein de questions, et de ne pas être en reste. Et ça, croyez-moi, ça vaut tout l'or du monde. Quant au reste, c'est excellent. Bourré d'informations en tout genre, transporté dans tout les lieux imaginables en fiction, intrigué par des trames narratives changeantes, des nouvelles surprenantes et d'autres plus classiques ... Non, vraiment, tout est bon là dedans. Tout. Alors, qu'attendez-vous pour le lire ? Voila le véritable art de la science-fiction, bien loin d'un Star Wars (allez-y, fans, tapez !) ou d'un Avatar. De la vraie science-fiction. De la bonne science-fiction. Les lettres de noblesses de cet art. N'attendez plus.

(Chronique n°149)

lundi 3 mars 2014

Le beaujolais nouveau est arrivé (René Fallet)

C'est amusant quand j'y pense, j'ai appris le nom de René Fallet dans une chanson de Renaud. Avant ça, je ne connaissais pas le bonhomme -qui a aussi écrit La soupe aux choux- mais je me suis ensuite renseigné un peu et je me suis laissé tenté en le voyant sur l'étalage des marchandises d'occasions (stand maudit, tu auras la peau de mon portefeuille ...). Et puis on peut se laisser aller ensuite, lors d'un voyage en train, à lire de la littérature française du siècle dernier, non ? Et finalement, on se retrouve avec un livre de plus de lu. Verdict !


Résumé en trois mots : Bistro, Amitié et Vin

Oui, un livre qui peut se résumer à une amitié, du vin et un bistrot. C'est simple, quand on y songe, mais il fallait penser à le faire, ce genre de choses. Bref, que dire d'autre sur ce petit ouvrage bien curieux ? Déjà, il n'est vraiment pas commun, surtout dans ses personnages de bases. Tous alcooliques (enfin, pas vraiment mais presque), tous dans un refus de la société moderne (celle des années 70) et qu'on comprend, et surtout dans une ambiance de franche camaraderie et de coup à boire entre parties de 421.

En fait, l'histoire est très surprenante, avec ces anti-héros qui la composent. On oscille entre l'humour et la satyre sociale qui est très prononcée, mais qu'on a du mal à prendre au sérieux avec ce qui nous est proposé comme personnages. Dénonciation des modifications de quartiers, de mentalités et de mœurs, mais en même temps c'est aussi un livre qui mise sur l'humour, sur une certaine nostalgie, sur cette période de transition qui fit sortir la France des "trente glorieuses" pour la mener dans ce qui sera les années 80. On sent la transition entre deux mondes, et nos héros se positionnent entre deux, s'en foutant de tout. Le monde tournera sans eux.

Et le tout dans un bistro minable, mais pourtant comme la maison pour ces personnages sortis d'un peu partout, un jeune, un ancien militaire, un cadre, un antiquaire qui tient une boutique pas rentable. Une fine équipe complétée par les tenanciers et leurs fille attardée, une concierge et d'autres personnages de passages. Bref, un véritable bistro minable où l'on vient juste pour boire et oublier la vie. Voir se faire oublier. Et puis la vie qui suit son cours dans ces murs, dans cette petite vie tranquille, qu'on ne veut plus perturber.

Un drôle de petit livre bien sympathique qui nous présente des héros atypique et qui nous entraine dans une vie bien différente de celle qu'on connait, loin des autres ils sont bien. Un roman de contestation et de satyre sociale, qui mise sur l'humour parfois grinçant et pas très correct au point de vue de la morale, mais qui nous fait découvrir certaines choses que nous nous cachons à nous même. Une belle lecture, très sympathique, pour un auteur que j'ai envie de découvrir un peu plus.

(Chronique n°146)

jeudi 13 février 2014

Les Gnomes (Wil Hyugen & Rien Poortvliet)

Une fois n'est pas coutume, je vais parler d'un livre qui n'est pas tant un roman qu'un livre ... euh, un livre. En fait, j'avoue, j'ai du mal à caractériser ce livre. Ce n'est pas vraiment un livre d'illustration, pas plus que ce n'est un roman. C'est ... une fausse encyclopédie. Oui, c'est ça. Un faux documentaire en fait. Et très bien réussi d'ailleurs.

Résumé en trois mots : Gnomes, Nature et Encyclopédie

J'en ai un peu ramé pour trouver les trois mots de résumés. Faut dire que c'est le genre d'ouvrage qui se classe assez mal, même si c'est clairement de la fantasy. En tout cas c'est très sympathique à lire et très amusant aussi. On sent l'amour de l'auteur sur la question de la fantasy, et également une petite pointe écolo qui n'est pas pour me déplaire, amené avec assez de finesse.

L'ouvrage contient vraiment beaucoup de choses, allant de la façon dont les gnomes construisent leurs maisons à leur voyage de noces. Le tout est raconté de façon documentaire et amusante. Le principal vecteur de lecture réside dans les paragraphes de textes, mais il s'ajoute un ensemble de notes manuscrites apposées sur les superbes dessins que nous dégustons à chaque pages. Le tout bien entendu, dans une excellente mise en forme. Vous pouvez d'ailleurs trouver une édition petit format et une autre en grand, qui ont exactement le même contenu, mais avec une lisibilité bien différente.

Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est que le livre contient un peu de tout. Bien évidemment, certains aspects sentent le vieux (notamment dans la conception homme-femme) mais dans l'ensemble c'est inventif et sympathique. Le tout est bien illustré (il faut aimer le style de l'illustrateur mais je trouve pour ma part qu'il convient à merveille au récit) et nous nous laissons porter dans un monde de gnomes, petits êtres très proche de la nature. D'ailleurs je dois bien parler de cet aspect de la lecture qui n'échappera à personne : le côté écologique. L'auteur à glissé de nombreuses fois des indications sur un côté écologique, notamment dans les dernières pages. Là où je m'attendais à quelque chose de bien brutal dans la face, ce fut plus coulant et l'auteur évite l'écueil de la morale lourde. C'est intéressant, surtout que le livre n'est pas tout jeune, et arrive à replacer des actualités dans de la fantasy. Tout ce que j'adore en somme.

Un ouvrage très sympathique et rafraichissant, du genre qu'on relit et feuillette dans sa bibliothèque, ne serais-ce que pour les superbes illustrations qu'il contient. Le tout est à la fois amusant et intéressant, contenant en plus quelques très bonnes idées de morales. On aurait envie de réduire sa taille et d'aller vivre dans un monde de gnomes. Et puis, c'est le genre de bel ouvrage qu'on garde, qu'on lit et relit, qu'on raconte à d'autres. Rien que pour ça, il a sa place dans le rayon fantasy de la bibliothèque.

(Chronique n°137) 

lundi 20 janvier 2014

Cher Jupiter (Isaac Asimov)

J'ai acheté ce livre voila un long moment, sur un coup de tête, et je l'avais lu pour le finir assez enthousiaste. Mais, dans ma rapidité de prêt, je l'ai prêté sans avoir eu le temps d'en pondre une chronique, alors je m'y attelle maintenant que je l'ai retrouvé et que j'ai pu le relire à mon aise.


Résumé en trois mots : Science-fiction, Science et Humour

C'est un corpus de nouvelles, toutes très courtes (la plus longue fait une dizaines de pages seulement) sur des thèmes variés et de style encore plus variés. D'ailleurs Asimov utilise beaucoup l'humour dans ces différentes nouvelles. Le maitre du genre à fait ici plusieurs sortes de récits, mais toujours avec son même talent, c'est-à-dire de combiner l'écriture d'une nouvelle prenante avec des véritables informations scientifique et de la véritable science-fiction, qui se veut réaliste et qui cherche à savoir comment c'est possible, comment faire. Bref, c'est une combinaison de savoir réel et d'inventions d'avenir. Un duo qui marche à merveille quand c'est bien maitrisé.

Et ici, c'est parfaitement bien maitrisé ! J'admire la façon dont Asimov arrive à nous captiver dans des histoires en apparence simple, avec bien souvent des chutes surprenantes, et le tout enrobé par des informations scientifiques assez intéressantes et toujours bien documentées. Toutes les nouvelles ne se passent pas dans l'espace, mais chacune à sa façon explore tout cet univers qui nous entoure. Je ne peux que vous recommander la lecture de cet ouvrage.

Si vous souhaitez commencer un Asimov et que vous hésitez à vous plonger dans un gros pavé, je pense que ceci est fait pour vous. Une excellente lecture, simple et prenante, qui marrie différent style de nouvelle et qui vous donne envie de vous plonger plus avant dans la bibliographie de l'auteur. Je ne peux pas vous le déconseillez, si vous aimez un tant soit peu la science-fiction ou que vous souhaitez vous y plongez, je pense que vous avez là un bon moyen de démarrer doucement.

(Chronique n°125)

samedi 14 décembre 2013

Contes de la folie ordinaire (Charles Bukowski)

Un livre que j'ai lu sur les conseils critiques de je-ne-sais-plus-qui (un autre bloggeur/chroniqueur de livres). Bref, son avis m'avait laissé assez dubitatif et je me suis laissé tenter à vérifier par moi-même ce qu'il y avait derrière ce titre énigmatique. J'ai acheté le livre pour un prix ridicule et je me suis laissé tenté à le lire, ce qui s'est fait très vite.


Résumé en trois mots : Trash, Violent et Cynique

Je pense que je pourrais difficilement donner une autre réponse à ce résumé de trois mots. Parce que c'est vraiment le résumé de tout ce qu'on y lit, si j'en tire uniquement le jus pur. En revanche, en attaquant sur le fond, c'est plus complexe.
Bukowski écrit d'une manière assez incroyable, mélange entre du récit réaliste trash et des médiations sur la connerie humaine dont il se revendique un membre à part entière. Un membre pas particulièrement glorieux d'ailleurs.

Ce livre a aussi un style d'histoire qui semblent sans queue ni tête, s'arrêtant et repartant à chaque fois ailleurs. C'est déroutant, car on ne sait pas à quoi s'attendre et quel morale il faut en tirer (si morale il y a, ce dont je doute pour certains récits). C'est assez dérangeant, mais plaisant à lire. Et je pense qu'un message passe en filigrane de tout ça quand même. Mais je n'en suis pas certain.

C'est sur, ce livre n'est pas pour tout âge, mais il est une sorte d'OVNI dans mes lectures récentes. Ne ressemblant à aucun autre, les Contes de la folie ordinaire sont comme indiqués dans le titre, des contes d'une folie ordinaire. La vie, mais sous un autre angle et d'une autre manière. C'est pas celle que j'aurais pensée mais elle existe aussi. Et j'ai bien aimé, c'est l'essentiel.

(Chronique n°108)

Treizième lecture. Le challenge continue.

lundi 2 décembre 2013

H2G2 Le guide du voyageur galactique (Douglas Adams)


Qui ne connait pas cette série ? Vous dans le fond ? Alors vous êtes prié de sortir rapidement et de vous enfermer chez vous avec la plus fameuse trilogie en cinq volumes jamais écrites par une main humaine, et revenir quand vous aurez enfin inculqué un peu de savoir dans le crâne étroit qui vous sert à réfléchir et que vous serez à même de donner une réponse convenable, compris ?
Quant aux autres, je vous invite à lire également cette série tout de suite, que vous connaissiez le film ou non, que vous soyez au courant ou non du reste. Compris ? Quoi, une question ? Pourquoi je vous oblige à le lire ? Mais c'est bête comme chou : 42.

Résumé en trois mots : Science-fiction, Humour et Absurde

Cette saga est légendaire et je pense que beaucoup en ont parlés mieux que moi, alors je serais très bref. Il est vrai que je ne l'ai lu qu'après le film, que j'avais beaucoup aimé, et que la saga est un peu spéciale, puisque basée sur une chronique audio que Douglas Adam faisait à la radio. Je dois dire que pour le coup, ça se remarque pas mal dans la forme et dans une partie du fond aussi. Enfin, essayons de commencer par le début.

Pour faire simple, le roman est avant tout humoristique même si on peut lui trouver des approches philosophique ou de science-fiction. Voir même simplement humaine, mais ça c'est tout autre chose. Pour le reste, c'est à 90 % ou presque humoristique. Et j'avoue que c'est exactement le style d'humour que j'affectionne tout particulièrement.
Sur le style je serais par contre plus circonspect, puisqu'en fait la façon d'écrire sent à plein nez le format audio. C'est un livre superbe à lire à mon avis, mais alors je dois dire que c'est un gros foutoir. Ça part dans tout les sens sans qu'on ne puisse vraiment dire si l'auteur avait un cheminement prévu. Il utilise d'ailleurs cette fameuse technique consistant à laisser des pistes ouvertes pour pouvoirs ensuite les exploiter à volonté si il en ressent le besoin. C'est pas mauvais, mais c'est franchement visible. On sent que l'auteur invente progressivement, et même si c'est bon j'ai eu parfois l'impression que c'était un peu trop fourre-tout, même si ça retombe sur ses pattes.
Autre détail important : la qualité des tomes est très inégale. Notamment le tome 5 qui m'a déçu au plus haut point (déjà Marvin n'y est plus) parce qu'il manque une bonne partie des personnages, que l'auteur use de grosses facilités et que certaines choses m'ont beaucoup moins plus que le reste. On sent que l'auteur à innové sur ce qu'il y avait avant et que ce n'est pas du tout dans la continuité des choses. Le premier tome démarre en force, et ensuite ça fluctue franchement d'un tome à l'autre, je vous conseille de faire attention à ça si vous le lisez.

Mais en dehors de ces "défauts", je dois bien dire que le reste du livre est génial. L'auteur rivalise d'absurdité et d'inventivité, comble d'humour les trous du livre et m'a fait pleurer de rire plus d'une fois. C'est tellement bon d'avoir un concentré d'humour à ce point là, sans compter les idées qui fusent toutes les deux pages, à chaque fois plus surprenante et plus incroyables, sortant complètement de l'ordinaire de ce qu'on trouve en SF et si bien mis en scène qu'elles en seraient toutes crédibles. Je ne peux que crier au génie face à ça.


Une saga légendaire et mémorable, bien que très inégale. L'auteur n'est pas forcément le meilleur romancier que j'ai lu dans ma vie, il a un style très brouillon et un peu fourre-tout, l'histoire est remisée au second plan, mais c'est un plaisir à lire, même si on se balade dans l'univers sans rien comprendre et sans savoir où tout cela finira. C'est une aventure spatiale loufoque et débridée qui nous entrainera bien plus loin qu'on ne peux jamais l'imaginer. C'est une extraordinaire source d'humour qui tient dans la main, et que j'affectionne tout particulièrement. Alors, à lire ? 42.

(Chronique n° 102)

mercredi 20 novembre 2013

Midnight Express (Billy Hayes)


Ce livre, je l'ai lu sur un coup de tête. J'écrivais une lettre pour un ami et je me suis laissé tenter à le commencer. J'ai arrêté à la page 50 et j'ai continué quand j'ai fini la lettre puis je l'ai conclu le lendemain, sans m'arrêter ou presque. La preuve s'il en faut que le roman est pas mal prenant. Mais pourquoi donc, me demanderez-vous ? Et bien ....


Résumé en trois mots : Jeunesse, prison et carcéral

Ce livre est assez indissociable du film qui en fut tiré, film par ailleurs excellent il faut bien l'avouer, et de l'excellente bande-originale qu'on en a tiré. Mais je vais essayer de ne pas trop en parler car il s'agit là de deux choses vraiment différentes, bien que le film soit tiré du livre et encadré par l'auteur. Selon moi chacun obéit à une force différente. En effet, si le film nous présente le combat acharné d'un homme à reconquérir sa liberté et à survivre aux geôles turques, le livre est à mon avis plus écrit comme une autobiographie (ce qu'il est d'ailleurs) et comme une vision de sa vie par l'auteur. Le livre ne vise pas un grand thème d'écriture, juste raconter ce qu'il s'est passé. C'est ce qui fait sa force, tandis que la force du film vient de cette représentation de la lutte d'un homme contre la prison.

Ce que j'ai adoré, et ce qui fait à mon avis la grande force du livre, c'est que outre qu'il soit vrai, le livre fut écrit rapidement après sa sortie de prison. C'est d'une grande force, puisque tout est encore bien présent dans son esprit et qu'il est à ce moment là encore dans un certain état d'esprit, au niveau des réflexions sur le gouvernement turc ou ses habitants, qu'on peut qualifier de raciste.
Mais ce que j'ai encore plus apprécié, c'est que le récit se permet justement ce genre de considération et ne tombe pas dans une réflexion plus tardive. Il en s'amende pas, ne revient pas sur lui-même. C'est juste ce qu'il a vécu, "dans le vif", et du coup c'est plus puissant. Le livre mérite d'avoir un point de vue interne très fort, une parole qui retentit car elle est le reflet de la pensée. Si le livre avait été écrit plus tardivement, il aurait perdu cette hargne qu'il possède bien marquée. De ce fait, le style est prenant.

En contrepartie, il faut faire soi-même la part des choses dans ce qui est dit, notamment l'attitude très franchement marquée du narrateur contre les turques au sein de la prison (et aussi en dehors), et essayer parfois de lire entre les lignes pour comprendre la réalité. De toute façon, il faut essayer ensuite de prendre du recul par rapport au récit pour appréhender d'une meilleure façon les conditions des détenus. Mais en tant que tel, le récit nous permet de bien comprendre de quelle manière cette détention a été perçue par le personnage principal, et c'est bien ça qui compte, cette envie de vivre quand on est enfermé pour une faute que l'on regrette rapidement.

Un récit bien prenant et complètement introspectif, qui explore tout le tourment d'un homme enfermé loin de chez lui et qui ne cherche qu'a sortir de là, les déboires et les violences dont il sera à la fois témoin et victime et toute sa volonté et sa hargne pour en réchapper, ainsi que cette joie immense lorsqu'il y parviendra. C'est un récit poignant, qui n'est pas à lire pour s'informer mais pour ressentir. En fait, c'est un roman brillant, et une belle autobiographie écrite sur le vif. Je recommande la lecture, qui se fait en bon complément du film.

(Chronique n°96)

mardi 29 octobre 2013

Jonathan Livingston le goéland (Richard Bach)


Un livre tout petit, tout plat. Lu en ... un quart d'heure ? Il contient des petites photographies de l'auteur, qui les a pris de son appareil. Toutes représentent les goélands. Et le livre se lit vite, bien évidemment. Il fait moins de cent pages. Et il coute 3 €. Il les vaut, largement. Je l'ai lu parce qu'il s'intégrait dans le challenge. Je ne pensais pas lire quelque chose de ce genre. Quel genre ? Celui qui vous laisse hagard, les yeux dans le vague, la tête bouillonnante, qui vous donne envie de vous exprimer, de parler, de bouger, de jaillir en dehors de vous-même dans l'instant. J'ai aimé ? Oui.


Résumé en trois mots : Goéland, Liberté et Initiation

Ce roman, je l'ai adoré. Déjà, il est court, très court. C'est d'autant plus sympathique, mais c'est juste parfaitement bien écrit. Condensé, bien résumé, sans trop de fioriture, sans se disperser. L'essence même de la chose est contenue la dedans. Sans superflu. Et le tout rapidement, des mots précis, direct. Le langage aide beaucoup. Tout est beau.

Et quelle histoire. Un conte philosophique, initiatique. Une démonstration d'idée, celle de liberté. L'exposition d'un concept clair, la liberté, moteur de tout. Une façon si belle de la mettre en scène qu'on peut crier au génie. C'est une façon belle et simple de montrer la chose. Le paradis n'existe pas comme lieu, la liberté est un droit inaliénable. On ne doit jamais y toucher. Quelle beauté dans la conception. J'en suis encore envahi.


Un livre beau. A lire, tout simplement. Court, efficace, simple, c'est exactement ce que j'appelle un livre de conte philosophique. On réfléchit sans s'en rendre compte. Classique, oui, culte, oui. Je ne peux pas ajouter grand chose. Lisez-le.

(Chronique n°86)

Et un de plus !

mercredi 11 septembre 2013

Danse macabre (Stephen King)

Un petit recueil de nouvelles bien sympathique de Stephen Jung que je n'avais pas encore lu, alors qu'on le vante souvent comme le meilleur de l'auteur. L'ayant trouvé à bas cout, je me suis décidé à le lire tranquillement, durant l'attente chez le médecin, et je fais enfin la critique, maintenant que j'ai à nouveau accès à l'ordinateur. Pour moi, c'est aussi un deuxième billet pour le challenge Stephen King, et les retrouvailles avec un maitre dont j'ai encore une petite pile de livres qui attendent sur la table de chevet. Mais bon, il faut bien lire d'autres choses. Alors voici les nouvelles d'une Danse Macabre de Stephen King.
Résumé en trois mots : Horreur, Fantastique et Réalisme
Les nouvelles de ce recueil sont pour la plupart dans le genre favori de Stephen King : l'horreur. Mais la vraie horreur, celle qui vous cloue sur le lit, qui vous prend au tripes et vous fait tout à coup douter d'une ombre par la fenêtre. Dans le genre, Stephen King est un véritable champion, il faut bien l'avouer. Et en plus, nous avons le droit à une introduction et une préface très intéressante, comme toujours avec l'auteur.
Pour faire simple, je dois dire que plusieurs nouvelles m'ont semblé familière, et pour causes. Deux d'entre elles étaient déjà présentes dans la réedition que j'avais de Salem du même auteur, et tournaient effectivement autour de la même ville. Une des nouvelles semble très proche de ce que Stephen King développera dans Le fléau également, mais c'est plus une parenté qu'une véritable copie. Dans l'ensemble, les autres nouvelles sont assez typé dans le genre de l'horreur et du suspense, mais toute ne sont pas dans le fantastique. Vous en aurez quelques une dans un style mafieux (La corniche), une autre dans un style presque humoristique (Petits soldats), deux ou trois dans un style réaliste (Le dernier barreau de l'échelle, L'homme qui aimait les fleurs), et des très spéciales (Desintox Inc.).

Comme d'habitude, les nouvelles sont très bonnes et se lisent très vite, de façon très agréable. J'ai personnellement eu un gros faible pour la nouvelle Desintox Inc. qui est excellente dans le fond comme dans le traitement. En plus je dois dire qu'il y a un humour noir toujours incroyablement présent. Dans tout ça, il faut ajouter l'idée pas très mauvaise comme méthode pour arrêter de fumer, mais bon ... Je vous laisse découvrir.
Sinon plusieurs nouvelles sont vraiment très bonnes (L'homme qui aimait les fleurs, Le printemps des baies) même si j'ai toujours une préférence pour le style plus réaliste que le fantastique pur et simple. Celles dans ce genre là sont cependant toutes très bonnes, il faut bien l'avouer, même si c'est du Stephen King un peu classique : ça ne finit pas bien, voir très très mal, c'est souvent dur pour les personnages, il y a des choses qui vont vous glacer le sang. Comme d'habitude, Stephen King part d'une situation normale et va la développer de façon à vous coller la trouille sans qu'on ne s'en rende vraiment compte, pour finir sur quelque chose qui va vous glacer le sang. Il est vraiment très doué pour cela.

En fait le recueil contient un peu de tout, du bon et du très bon, et dans l'ensemble je n'ai pas été déçu de ma lecture, même si je dois avouer que certaines histoires sont juste sympathique sans pour autant révolutionner le propos (notamment La corniche ou Poids lourds), mais le format de la nouvelle empêche de s'ennuyer et la lecture est vraiment très rapide. Sans compter que les nouvelles alternent un peu les genre, ce qui permet de ne pas trop se lasser d'un style en particulier.

Pour un recueil qu'on disait souvent comme le meilleur, je ne souscris pas à tout. La plupart des nouvelles sont bonnes, mais je n'ai pas trouvé que le recueil est extraordinaire, comparé à ceux de Brume ou Différentes saisons. Stephen King reste un excellent auteur, c'est certain, et ce recueil un peu plus ancien montre encore l'auteur un peu jeune, avec ses romans d'épouvante qui vont vous glacer jusqu'au sang. Dans le format des nouvelles les choses sont différentes, mais toujours maitrisés. J'ai eu des coups de cœur dedans, d'autre qui m'ont moins plus, mais je ne me suis pas ennuyé. En fait je le considère comme un bon recueil, mais pas son meilleur. En tout cas il vaut la peine d'être lu, les nouvelles valent le coup d'oeil. Et Stephen King reste un maitre absolu, sans aucun doute.

(Chronique n°63)


Deuxième livre du challenge. On progresse !

jeudi 27 juin 2013

Le grand secret (René Barjavel)

Je ne sais pas s'il vous est déjà arrivé de pleurer à la lecture d'un livre en particulier. Moi oui, souvent. Et, je remarque, il s'agit souvent alors d'une histoire d'amour. J'aime les histoires d'amour, lorsqu'elle sont belles et bien faites. Le film Eternal Sunshine of the Spotless Mind est dans mon top de film préféré, car il propose une histoire d'amour, mais intelligente. Rien ne m'agace plus qu'une histoire d'amour bâclé, quelque soit le support. C'est jamais simple dans la vie, faut pas nous faire croire en fiction que c'est toujours pareil. Et puis l'amour c'est pas simple du début à la fin. C'est pas plat, c'est des montagnes russes d'émotions. Et quand quelqu'un arrive à le faire ressortir, alors je suis sous le charme.
C'est un de ces livres là dont je vais vous parler aujourd'hui. Un livre d'un auteur qui sait en parler d'une si belle façon. René Barjavel, un écrivain qui m'est cher, dans son livre Le grand secret.
Précision : la première partie date de hier soir, où j'ai dû écrire un petit moment, et la fin d'aujourd'hui (hier pour vous, je poste ce message mercredi seulement). Désolé du commentaire décousu, mais quand on est à fond dedans, il est difficile d'écrire normalement ...

Résumé en trois mots : Amour, Tragédie et Monde
 
Parfois, lorsque je lis un livre,il me vient une sensation. Une sensation étrange, qui monte en moi et me met souvent le cœur au bord des lèvres. Le roman m'a happé, il m'entraine dans une histoire qui me tient en haleine, mais ce n'est pas tout. Dans le cas d'un auteur du genre de Barjavel, il y a quelque chose en plus. J'avais lu jadis La nuit des temps, que je dois relire impérativement afin de me rappeler cette si belle et si terrible histoire, ou j'ai aussi dévoré Ravages ainsi que L'enchanteur. Cette fois-ci, ce fut Le grand secret. A la lecture des 70 premières pages, j'ai dû m'arrêter pour mettre par écrit de début de chronique que je pense compléter dans ma lecture. Une chronique au ton particulier je pense.

L'auteur m'a toujours touché par un côté humain incroyable dans tout ses romans, mais aussi par autre chose. Barjavel, c'est à mon humble avis l'auteur qui sait le mieux écrire sur l'Amour. Un sujet intemporel, mainte fois repris, il parait qu'il toucherait tout le monde. Et moi j'y suis sensible, tout particulièrement. Pour autant un roman à l'eau de rose m'énervera, mais je n'ai pas honte de déclarer que je pleurais à la fin de Paul et Virginie. Barjavel, c'est un auteur qui a su, dans chaque roman que j'ai lu (et tout particulièrement La nuit des temps) trouver les mots qu'il fallait pour mettre en lumière l'amour. Le vrai, l'authentique. Celui qui ne se contente pas de compromis, celui qui prend et ravage le corps et l'esprit. Celui qui vous ensorcelle et vous transporte jusqu'au bout du monde.

Ma lecture fut sans doute biaisée par la musique, du Loreena McKennitt chantant Greensleeves n'aide pas à se mettre en atmosphère rieuse, mais je dois bien dire que le simple fait de lire, l'ordre des mots, la composition des phrases, le sens derrière, tout m'a entrainé dans un tourbillon sensorielle dont j'ai eu le plus grand mal à m'en détacher avant d'atteindre le seuil de rupture et de rester éveillé toute la nuit. Car ce roman m'a fait pleurer en 70 pages. Je dois dire que je ne pensais pas la chose possible. Il m'a tellement ému que j'ai du cesser de lire avant de craquer. Je dois prendre un peu mon souffle avant de pouvoir poursuivre et me laisse embarquer pour la suite de l'histoire. L'écriture est trop dense pour une lecture en un bloc, elle m'aurait trop fait souffrir, trop de choses auraient remuées si je l'avais fait. Il fallait d'abord que je couche des mots pour essayer de faire comprendre ce que je ressentais, avant de pouvoir seulement espérer continuer. Il fallait que je me soulage l'esprit avant de repartir. Et je vais y retourner, m'attendant au pire comme au meilleur. Connaissant Barjavel, il jouera avec mes émotions et me laissera haletant et pantois tandis que je devrais digérer quelque chose qui a un impact des plus conséquent sur moi. Les belles histoires d'amour, ce n'est pas facile à écrire. Et Barjavel m'a donné les meilleurs, tout porte à croire que celle-ci sera encore au niveau.


Maintenant qu'une journée à passée, je pense qu'entre autre la musique n'a pas aidée. Mais bon ....
La suite est différente de la première partie, avec des passages à nouveau cruels, comme ceux de La nuit des temps, des idées en vrac autour d'un thème (que je ne dévoilerais pas au risque de vous gâcher la première partie du roman),  et même des petites doses d'humour. Mais surtout, une belle réflexion sur plusieurs choses, et aussi sur l'amour. L'amour à la Barjavel, c'est quelque chose. Je peux vous le garantir. En tout cas ça me touche beaucoup.

A cela, j'ajouterai des "classiques" qu'il faut noter : un style d'écriture parfait, qui donne envie de tourner les pages sans s'arrêter, des personnages qui sonnent justes, aux actions parfois imprévues, mais qui sont attachants, des situations qui s'emboitent, une petite touche d'humour qui rehausse le gout de l'ensemble et rend la sauce prenante, bref l'ensemble est d'excellente facture.

Avec tout cela je n'ai même pas parlé de l'histoire. C'est assez difficile d'en parler sans dévoiler l'intrigue. C'est l'histoire d'un homme et d'une femme qui s'aiment, mariés. Chacun de son côté. Et puis d'un secret très lourd à porter qui relie les chefs de plus grands états du monde et qui est parti d'Inde. Un secret qui vaut très cher, qui concerne tout le monde, et qui pèse lourd. Très lourd, car il fait intervenir des choses que l'on ne soupçonne pas au premier abord. Je sais, le résumé est succin, mais en le lisant vous comprendrez mieux. Il est difficile de décrire l'attachement entre les deux personnages, la façon dont les choses s'imbriquent avec les évènements historiques, et beaucoup d'autres détails. Et j'avoue que j'ai du mal à synthétiser le tout, la lecture est tellement fraiche.


En fait c'est assez dur  de parler d'un roman qu'on vient de dévorer en deux jours, qu'on a adoré et qui nous a fait pleurer à sa lecture. J'ai aimé, c'est indéniable, et je trouve vraiment que Barjavel à un style et une prose sublime, qui restent gravés dans ma mémoire et me remuent profondément, mais c'est difficile d'en parler vraiment.
Bref, je pense vraiment que c'est un livre génial à lire. C'est du très bon Barjavel, dans la veine directe de La nuit des temps (qui reste meilleur selon moi). Et c'est beau ... C'est de l'excellente science-fiction à la française. J'en veux encore ....

(Chronique n°55)