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mardi 9 juin 2015

Les enfants de Dune (Frank Herbert)

Ce tome fut plus dur à lire que le précédent, mais lors de celle-ci je fus gagné par la certitude que Frank Herbert est véritablement un génie, et je pèse mes mots. Ce livre est ardu à lire, c'est d'une difficulté supérieur à la moyenne, mais pour autant on peut parfaitement suivre si l'on s'accroche un tout petit peu. Et c'est ça qui est fabuleux, car la saga de Dune se poursuit sans trêve ni repos avec ses personnages changeants, ses situations imprévisibles et tout le génie de Frank Herbert planant sur les pages qu'il a rédigé.


Résumé en trois mots : Intrigues, Ecologie et Pouvoir

Ce tome continue le précédent, en se promettant dix ans plus tard, avec les personnages que nous connaissions déjà mais qui ont évolués par rapport aux derniers événement. Et la situation a encore évolué, bien évidemment. Et c'est là que se situe déjà le talent de l'auteur.

Ce tome s'ouvre sur des changements radicaux entre les personnages, qui doivent maintenant faire face aux anciens alliés. Les vainqueurs se déchirent autour de l'empire, de l'épice et de tout ce qu'ils contrôlent. Mais c'est également le pont névralgique habituel, le centre de tout, Arrakis, appelé Dune, unique planète productrice d'épice, qui est en jeu. Car les changements climatiques de cette planète affectent l'épice, et par là-même tout l'empire.

Ce qui est fascinant, c'est la façon dont Frank Herbert nous tisse des liens entre tout ce qui se passe, l'intérieur de chacun tout comme le destin d'un empire, les tensions et les alliances politiques, les bouleversement de chacun, les métamorphoses qui s'opèrent. Frank Herbert se paye en sus le luxe de nous farcir le livre de considération sur la religion, le pouvoir, la politique, la famille, l'avenir et le destin, l'écologie, le commerce, et quelques petites considérations sur l'humanité par dessus tout ça. Le tout sans se perdre dans le roman, en conservant des fils directeurs parfaitement logiques et bien souvent surprenants, mais très dense.

Je conçois la critique la plus fréquemment entendue par rapport à ce roman : la difficulté de lecture. J'en suis au tome 3, je suis maintenant bien habitué au style de l'auteur, au monde et aux concepts, et pourtant j'ai encore un mal fou à comprendre certaines implications dans les conversations entre les différents protagonistes. Comme si l'auteur faisait des dialogues trop intelligents pour moi. Je crois bien que c'est la première fois de ma vie où je lis un livre pour lequel je suis certain que l'auteur soit plus intelligent que moi, sans conteste. Et c'est bien en cela que réside la difficulté de lire cet ouvrage. 

Un livre d'une intelligence rare pour une saga qui ne l'est pas moins, malgré sa difficulté toujours présente dans la lecture. Mais si vous faites l'effort de vous accrocher, si vous prenez le temps de vous plonger dans la saga en intégralité, si vous ne baissez pas les bras devants les mots nouveaux et les discours emplis de sens cachés, alors vous trouverez une pépite merveilleuse qui continue de m'éblouir sans que j'y prenne garde. Un tel livre se mérite, mais quelle puissance en lui. J'en reste émerveillé. Cette saga est en passe de devenir ma favorite, mais son auteur est ajouté dans mon panthéon personnel sans aucune condition à présent.

(Chronique n°281)

samedi 7 février 2015

Dune (Frank Herbert)

Enfin je lis ce monument de la littérature de science-fiction. Enfin je sais ce que ça veut dire Fremen, distille ou encore Harkonnen. Enfin je peux mettre une histoire sur la fabuleuse bande-originale du groupe Toto, enfin je découvre les noms que j'ai déjà entendu ou évoqué moi-même sans avoir jamais lu. C'est impressionnant comme cette série est devenue culte au fil du temps, investissant différents support (pour ce qui est du cinéma, je vous laisse visionner l'excellente chronique du Fossoyeur de films) et restant dans l'esprit comme une saga imposante qui a proposé un univers unique dans le monde de la science-fiction. Après avoir lu L'étoile et le fouet je percevais un talent assez énorme derrière l'auteur, même si sa littérature me semblait quelque peu inaccessible sur certains points. Je voulais donc m'assurer que Dune était bien ce qu'on me promettait, et que je ne m'étais pas trompé sur l'auteur. C'est maintenant chose faite, j'ai mon propre avis.


Résumé en trois mots : Désert, Politique et Religion

Wouh, je ressors tout juste de ce pavé et je reste soufflé par la tempête de sable qu'elle procure. C'est incroyable comme genre d'oeuvre, à la fois riche et dense, complexe et complète, mais en même temps lisible et prenante. Un véritable chef-d'oeuvre ? Presque, a vraiment peu de choses près.

Premièrement, oui, Frank Herbert est véritablement un génie. Sa façon de façon de faire est magnifique, puisque contrairement à beaucoup de livres qui prennent le temps d'installer les choses et de nous présenter le monde, Frank Herbert nous catapulte dedans sans la moindre indication sur l'organisation sociale et politique de l'univers (oui, parce que tant qu'a faire, autant ne pas se limiter à une seule planète, hein ?) mais sais distiller dans son histoire les informations capitales quand il y en a besoin et ne prend pas son lecteur pour un con en le laissant extraire les informations qu'il faut quand il les lit. Tout n'est pas dit explicitement, mais on comprend vite les relations et les liens envers tout le monde pour peu qu'on fasse l'effort de comprendre. Et ça, j'aime particulièrement. L'auteur laisse au lecteur la marge de manoeuvre nécessaire pour qu'il soit obligé de réfléchir sans que cela plombe le roman. C'est un grand plus, que j'affectionne particulièrement.

Deuxièmement, il faut avouer que l'auteur a su nous pondre une écriture intense. Que ce soit par son style, par le rythme, ou par l'usage qu'il fait de l'ellipse temporelle, l'auteur nous prend toujours au bon moment tout en sachant couper exactement là où il faut pour que le lecteur n'ai pas le temps de s'ennuyer. Le roman comporte bien des moments d'ombres qui sont appréciables, puisqu'on progresse dans l'histoire  de moments forts en moments forts. De plus, l'attention ne baisse jamais à la lecture puisque la réflexion est toujours présente à l'esprit du lecteur. Ce n'est pas la lecture calme et reposante de la soirée, c'est une lecture prenante et intense qui plonge le lecteur dans son univers.

Et l'univers, parlons-en. Car Dune, c'est avant tout un univers qui est riche, intense, développé et complet. Rien qu'au niveau de l'organisation politique, il reste des bouquins à écrire (et les appendices fournis le sont aussi, fournies). Et rien que ça, ça fait plaisir. On sent derrière le bouquin tout une structure qui est en place et qui densifie le monde. Bien des choses sont évoquées sans même qu'on ne les développe ou qu'on en saisisse tout le sens. Mais en lisant, j'ai compris ce qu'il fallait savoir d'elles pour l'histoire. Et au final, ça passe largement mieux que trois tartines de textes pour chaque chose. Ici, c'est simple et efficace. Mais jamais gratuit. On sent tout le travail de création d'un univers derrière, et cette complexité rend le texte puissant, car il est nourri de tout un univers qu'on ne fait qu'effleurer.

Le seul problème restant, à mon avis, est celui de l'histoire et un peu des personnages aussi. C'est le seul "défaut" que je relèverais à l'oeuvre. Car si tout est bon, il faut bien le dire, l'histoire reste un rien classique dans son développement et ne confère pas spécialement de retournements impressionnants. D'autre part, les personnages sont un peu effacés devant toute l'immensité du monde crée, et même si j'ai apprécié le développement final de Paul, qui me donne envie de lire la suite, je ne les ai pas trouvé extraordinaire. L'histoire se tient, contient d'excellentes choses, mais n'est pas exceptionnelle en soi. Et ça ... C'est dommage, mais en même temps, peut-on demander une histoire dense et fouillée dans un livre qui est déjà tellement plein de nouveauté ? Peut-être, et là-dessus je rejoins ce que je pensais sur Neverwhere, que le fait d'avoir un univers aussi vaste, tellement de choses à apporter, ne demande pas de développer une histoire au potentiel infini. Ce serait apporter trop de choses d'un coup, et je me serais sans doute fait noyer dans la masse. Alors que là, j'ai pu plonger avec délice dans un monde et dans un style.

Maintenant, j'attends la suite au tournant, et je pense que l'auteur peut se permettre de développer d'autres choses bien plus complexes dans les prochains tomes, maintenant que l'univers est posé, ou au moins esquissé. Et ça, mes amis, j'ai envie de le voir !

Je ne parle que très peu de toute la partie réflexion qui est accordé au pouvoir, à la religion, à la condition humaine, et à diverses autres choses tels que le climat, l'écologie, la biologie ou encore les relations humaines. C'est déjà assez vaste à traiter, et cet article est bien assez long. Sans même parler de l'ambiance bien particulière qui combine le désert de sable et la science-fiction, mêle les cultures et les époques. On retrouve un peu de tout, c'en est bluffant.

Pour résumer tout ce pavé, je dirais simplement que Dune est un excellent livre, à qui il manque encore un petit poil pour atteindre le summum de l'art littéraire. Mais le livre seul n'est que le prémisse d'une saga. Et c'est peut-être en elle que se trouve tout la force qui "manque" dans ce tome. Mais ce tome à lui tout seul vous invite dans un univers riche et dense, avec une histoire simple mais efficace, dans un style beau et prenant. Un tel livre ne vous lâchera pas du moment que vous faites l'effort de le lire, et ça c'est la marque de fabrique des grands auteurs. Une saga qui démarre du meilleur pied et que je vais essayer de poursuivre aussitôt que possible. Lisez-là, c'est un livre qui mérite qu'on s'y attarde.

(Chronique n°228)

mercredi 14 janvier 2015

Maudits sauvages (Bernard Clavel)




Sixième et dernier tome de cette saga, mais première lecture pour ma part, ce fut le deuxième livre de l'auteur que je lu (après Malataverne) et ce fut lui qui m'encouragea à lire ensuite cette fresque extraordinaire sur le royaume du nord, sur ce pays froid et hostile, si beau pourtant, et dont l'histoire semble tragique à chaque instant. Et cette conclusion n'échappera pas à la règle générale, et c'est une porte qui se fermera définitivement. Nous quitterons alors définitivement ce grand nord, ce royaume offert aux nouveaux hommes, à ceux qui débarquaient, aux colons bienvenus. Mais il continuera à vivre ...


Résumé en trois mots : AmérindiensBarrage et Fin

Le livre est très différent des autres tomes de la saga, en ce sens qu'il apparait moins comme une suite de l'histoire qui à commencé cinq volumes plus tôt, mais tout en restant dans la lignée des autres, aussi bien temporellement, puisqu'il se situe après tout les autres, mais aussi dans le lieu, qui reste cette vallée du St-Laurent, autour de la rivière Harricana. Et qu'il en garde toute la force aussi.

Ce livre est également différent, puisque l'histoire ne semble pas tellement être inventée, on pourrait, encore plus que les autres, croire qu'il s'agit là d'une histoire réelle. C'est sans doute ce qui lui confère cette aura dramatique accrue.
L'histoire ne reprend pas les personnages vus précédemment, mais ouvre la vision avec les grands absents des autres histoires, en dehors de quelques apparitions sporadiques : les amérindiens. Ces peuples premiers vivant encore sur les terres de leurs ancêtres sont ici le centre de l'ouvrage, dans leur vie de tout les jours, dans leurs pensées, dans leur cadre naturel, toujours là malgré le temps qui ronge tout.
Ce qui est prenant, c'est que le livre nous présente le grand chef indien, le plus vieux de la tribu des Wabamahigans, le chef Mestakoshi, qui voit son peuple faire face aux blancs, encore et toujours, non plus par les armes, mais par le droit, par la politique. Dans cette terre gelée du nord, les indiens sont repoussés sans cesse dans leurs retranchements, et leur dieu, le fleuve, se meurt.
Ce roman sonne le glas déjà annoncé dans le précédent, la fin du royaume du nord. Nous n'avons ici plus aucune échappatoire, la saga se clôt sur ce tome qui voit marquer la fin des illusions et des espoirs. La mort est là, patiente, et elle marque la fin d'un monde, le dernier sursaut avant l'entrée dans le monde moderne. Il y a une complainte de l'ancien monde qui se meurt dans ses pages, de la souffrance d'un peuple qui va s'oublier lui-même et disparaitre dans la masse des villes.
Ce roman est aussi le dernier trait que Clavel envoie à cet nature, le dernier morceau de poésie qu'il peut lancer avant de devoir la quitter définitivement. C'est le moment de repartir et de dire adieu à ce monde qu'on a exploré durant six volumes, qu'on a découvert et aimé, de ce monde froid, dur, encore sauvage et hostile. Un monde fascinant et beau, que je rêve d'explorer maintenant.



Dernier volume, et en un sens, premier aussi. Ce livre est sans doute le plus indépendant de la saga, son histoire étant à la fois en dehors de celle de la saga et en même temps liée par l'espace commun. C'est un livre extraordinaire sur les amérindiens du nord et leurs basculement dans un monde nouveau, lorsque la lutte a cessée. C'est le moment fatidique, celui de la bascule, et l'auteur nous conte toute cette perte d'une identité, d'un lieu, d'une mémoire aussi. Mais c'est aussi la découverte de leur vie, de leur pensée, la façon dont ils tentaient de continuer à vivre dans leur paysage superbe. Un roman qui fait prendre conscience de ce qu'il ont perdus, mais également qui m'a donné envie de découvrir ce lieu, ces peuplades. Je voudrais pouvoir explorer maintenant le grand nord, et je le dois beaucoup à Bernard Clavel.


(Chronique n°218)

lundi 12 janvier 2015

L'angélus du soir (Bernard Clavel)



Fin des lectures avec ce cinquième tome (il y a bien un sixième, mais je l'avais lu avant), et la fin pour moi de cette plongée dans le froid mordant du nord, celui qu'affectionnait tant Jack London et que j'ai retrouvé avec tant de plaisirs ici. Un froid qui s'insinue dans les paysages, les magnifiques forêts et les grands espaces encore sauvages, où l'homme ne peut que compter sur sa propre force, morale comme physique. Un pays inhospitalier, qui tient le cœur de ceux qui l'ont habités, et de ceux à qui on le raconte aussi bien que sait le faire Bernard Clavel. Et surtout, une histoire qui sait encore une fois nous montrer toutes les facettes de l'humanité, dans ses bons et ses mauvais côtés.


Résumé en trois mots : Froid, Abandon et Modernité

Ce livre sonne comme la conclusion de la saga. Que reste-t-il pour le sixième tome alors, me direz-vous ? Et bien, l'ouverture tout simplement !
Ce qui me fait dire qu'on assiste à la conclusion, c'est que le livre reprend encore une fois les personnages des premiers tomes, mais nous montre la fin de leurs aventures. C'est à nouveau Cyrille Labreche qui occupe la place centrale de cet ouvrage, mais d'une façon bien différente cette fois-ci. La vieillesse est arrivée. L'âge a usé le personnage, et il n'est pas le seul. Nous retrouvons également la famille du premier tome, tout en constatant les évolutions. Le premier tome nous laissait sur notre imagination, avec sans doute la meilleure vie qu'ils pouvaient avoir. Mais la réalité nous rattrape, elle est bien plus dure qu'on le pense.
Ce qui frappe, dans ce roman particulièrement, c'est que ce n'est plus trop la démonstration de l'homme face à une nature hostile qu'il devra apprivoiser, soumettre, ou comprendre. C'est, cette fois-ci, la vision d'un homme seul face aux hommes, dans un lieu qu'il a appris à connaitre et à aimer. Un homme qui se bat pour sa dignité, pour la seule chose qu'il lui reste. Car le temps à pris tout ...
Ce roman m'a presque fait venir les larmes aux yeux, quand on voit ce pauvre bonhomme se démener sur ses parcelles vides, dans un village fantôme, seul avec ses bêtes qu'il chérit tant. C'est la démence d'un homme privé des autres, mais privé par sa propre volonté. Et, là dedans, se glisse toute la beauté que Clavel arrive à nous transmettre. C'est l'opéra du Nord froid et sauvage, une musique belle et puissante, mais implacable et dure. Jamais cruelle. Jamais bienveillante.
L'histoire aura sa fin, implacable, mais vraie. Et l'on refermera l'ouvrage avec dans le coin des yeux une larme sur ces pauvres personnages, si humain, si proche de nous même, des vrais hommes, qu'on pourrait croire réel. J'ai rarement eu cette sensation d'être si proche des personnages, d'avoir l'impression de vivre avec eux. Le côté rustique, ancien, ne gêne pas. On n'en est que plus proche, sans tout les artifices dont pourrait se parer l'homme moderne pour se croire loin de la nature, loin de la vie, loin de la mort. Ici, tout est dans envoyé directement, c'est au contact que tout se joue. Et tout devient beau et terrible.


Un roman qui conclue en beauté la saga, nous laissant dans l'expectative pour le dernier tome, à la fois désireux de connaitre la fin de cette saga, mais aussi triste de voir la réalité en face. Ce n'est pas une saga qui connaitra un Happy End, et nous, pauvres lecteurs, nous ne pouvons que le constater. C'est une saga d'une grande force, une série qui m'a prise au coeur et m'a laissé rêveur, désireux de connaitre ce grand nord, ce pays du grand froid, mais aussi ces terres magnifiques et désertes, là où la nature est belle et terrible, où l'humain apprend à vivre. Je ne peux pas vous la déconseiller. Ca me ferait trop mal que de vous encourager à passer votre chemin. Non, lisez-le, venez découvrir le Royaume du Nord.

(Chronique n°217)

samedi 10 janvier 2015

Amarok (Bernard Clavel)



Quatrième tome, nous repartons cette fois-ci sur les routes glacées du grand nord, jusqu'au glaces de l'hiver, celles qui recouvrent jusqu'au grand océan ... Bernard Clavel continue sa traversée du temps et de l'espace aux alentours de la rivière Harricana, là où la nature est belle, et l'homme sauvage.


Résumé en trois mots : Traineaux, Chiens et Poursuite

L'histoire nous permet de retrouver des personnages du premier tome et du deuxième, avec Raoul, le coureur des bois, mais aussi Timax, le fils d'un personnage du deuxième tome. A cause d'une bagarre et d'un coup de poing, les voila obligés de partir dans le froid, en traineau, fuyant la police militaire qui les traque. Et Raoul, âgé de 65 ans, prend avec lui Amarok, le chien qui restait de son attelage. Un chien d'une fidélité hors norme.

Ce livre nous fait voyager bien plus au nord, puisque la course qui se déroule va monter jusqu'au grand océan glacial arctique, vers lequel fuient les protagonistes. C'est une plongée dans la fameuse nature sauvage, belle et puissante, dans l'hiver également, dans le froid du nord qui gèle la peau mais pas les cœurs.
Bernard Clavel nous conte ici une fuite face à l'autorité, car ces hommes perdus dans le Nord étaient loin de tout, mais parfois le gouvernement lointain se rappelle à eux. Et là, les problèmes commencent. C'est également le problème de la guerre, lointaine mais présente, qui mobilise les jeunes gens.
Mais ce roman, c'est avant tout Raoul, l'homme coureur des bois, celui qui représente l'ancien monde, lorsque l'homme courait et trappait dans les bois, celui qui n'utilisait pas le téléphone et pour qui le temps était relatif. C'est l'homme qui aime les bêtes, qui les aime au-delà des hommes. Mais c'est aussi un homme qui est attaché aux autres, qui aime sincèrement ce jeune garçon poursuivi par la police et qui cherche refuge auprès de lui, dernier représentant des hommes insoumis dans ces lieux.

Le roman nous fait la part belle aux personnages héroïques, mais humain. C'est là une qualité que Clavel ne perd jamais de vue, tout le monde est avant tout humain dans son oeuvre. Nul n'est parfait, nul n'est grand. Tous ont la même taille, la notre, celles des hommes.
Tout au long de l'histoire, cependant, l'animal sera là, avec Amarok. Le loup, en inuit, le chien de Raoul, celui qui l'accompagnera coute que coute dans son périple, jusqu'au bout du bout, à la mer arctique. Là où les glaces se forment l'hiver. Et là où finira la course effrénée de Raoul, et de Timax. Le roman marque un tournant dans la saga, puisque les premiers nous présentaient à chaque fois différents personnages qui arrivaient dans le nord et tentaient d'y vivre. Ici, le roman ne fait que reprendre les personnages existant déjà et montre le déclin de ce royaume du nord. Le temps de la construction est finie, le monde à changée de face et les personnages vont devoir s'y faire, ou se faire engloutir dans le temps. Raoul, lui, va tenter de résister. Et c'est beau.

Ce roman indique le tournant dans la saga du nord. On entrevoit maintenant la fin, qui va se dessiner, et elle ne semble pas vouloir être heureuse. L'histoire d'un homme et de son chien pourrait être banale, comme elle l'a déjà été présenté des milliers de fois, mais elle est ici insérée dans un écrin qui la rehausse. Le paysage, les personnages, la fuite de ces deux êtres perdus, le sentiment du monde qui change, la façon dont tout conduit à une fin peu heureuse, tout contribue à faire de ce roman un suspense qu'on ne lâche pas jusqu'à la dernière ligne, avide de savoir ce qu'il adviendra de nos protagonistes, mais également de voir encore ce nord, ce grand nord, froid et beau. Je ne pourrais me lasser de cette sensation de traverser les forêts du grand nord, dans cette traque impitoyable. Un tournant dans la saga, un beau roman. A lire, comme tout le reste. Pourquoi attendez-vous encore ?

(Chronique n°216)

samedi 5 juillet 2014

Miséréré (Bernard Clavel)

Le royaume du nord, troisième tome

Troisième tome, avec toujours cet écrivain fabuleux et fantastique qui sait nous plonger dans les paysages du grand nord en nous faisant aimer tout ce qui s'y trouve, de la terre aux arbres, les rivières, le vent, la nature, les animaux et les hommes. Ici, c'est l'endroit gelé et froid, dur et cruel, mais une terre qui rend les hommes vrais.
Et nous voila face au troisième volume de cette saga, la suite directe des aventures, les mêmes lieux, certains personnages qui reviennent, et toujours cette même terre d'un nord canadien. Mais, un nouveau changement intervient. Voila que débarquent de nouveaux colons ...


Résumé en trois mots : Village, Curé et Communauté

Cette fois-ci, le roman se déroulera vraiment autour de St-George d'Harricana, autour duquel se greffent progressivement des nouveaux lieux, investis de colons qui viennent chercher ici le pain que la crise de 1929 leur a retiré. L'Etat cède des parcelles et envoie les pauvres cultiver. Et ceux-ci foncent en remplissant les trains de leurs misères. Certains arrivent, s'installent. Et construisent pour demeurer.

Ce livre se concentre donc autour de la construction des nouveaux villages, des communautés qui vont se former aux alentours de ce qui se transforme progressivement en ville, mais c'est également un livre sur les rapports humains qui se développent progressivement dans la société qui se recrée dans le nord. Et surtout l'histoire d'un personnage, Cyrille Labrèche, brave travailleur au grand cœur mais qui est aussi un peu trop têtu. Bien que n'étant pas le héros à proprement parler, il sera le fil conducteur de toute l'histoire.
Ce qui continue de me plaire dans cette saga, c'est les croisements qui arrivent successivement entre les livres, les personnages revenant mais de façon différentes, le temps ayant passé à chaque fois. Mais tout l'intérêt est aussi de suivre l'historique de cette terre qui bouge, progresse, évolue, se transforme. Tout en restant fondamentalement la même. C'est une terre sauvage et difficile, qui sait se montrer hostile.

Une histoire qui change encore une fois de ton avec les précédentes et annonce des grands changements dans la suite de la saga. Le royaume du nord s'étoffe, et les nouveaux arrivants vont devoir, eux-aussi, conquérir ce sol dur et froid.

Bernard Clavel n'a pas son pareil pour nous dépeindre des situations qui nous plongent dans une ambiance de façon si puissante. On vit avec ces braves colons du nord, on sent que ça sera dur et que la fin ne sera jamais aussi heureuse qu'elle l'est dans un conte, car la vie est cruelle, mais elle contient tout de même de belles choses. Je crois que c'est le résumé de ce livre, beau et cruel. Un troisième tome toujours aussi prenant et qui nous plonge immédiatement dans le quatrième.

(Chronique n°203)

mardi 1 juillet 2014

Harricana (Bernard Clavel)


Nous voici en route pour une nouvelle saga, avec le Royaume du Nord de Bernard Clavel, un auteur français (ça faisait longtemps) et avec lequel je retourne dans ce grand nord qu'affectionne tant Jack London. Mais du côté de la Belle Province, dans le Québec où s'installent les premiers colons, sur les rives de la rivière Harricana. C'est là que va se dérouler toute cette saga, où seule la nature fait acte de présence immuable, où l'homme n'est que de passage, parfois plus brièvement qu'il ne s'y attendait, et toujours profondément humain (à savoir stupide, ignorant, cruel, dur, tendre, affectueux, amoureux, travailleur ...). Une contrée sauvage et belle, pour un livre qui s'en sort comment au final ?


Résumé en trois mots : Colons, Magasin et Forêt

Le livre s'ouvre avec cette famille de colons qui partent s'installer sur les bords de la rivière Harricana, alors même que le train commence à arriver et que les trappeurs et autres coureurs des bois reculent de plus en plus face au progrès, et continuera au fil des saisons à nous faire vivre ce simple quotidien.
Disons-le tout de suite : j'ai adoré. Bernard Clavel a une plume en or, c'est un conteur hors-pair, un vrai Jack London français, dans le style et les descriptions. Il alterne narration et description, nous entrainant dans cette terre sauvage, presque vierge et surtout hautement dangereuse, qui fait et défait les vies. Une terre à laquelle il faut s'accrocher pour espérer survivre.
En fait, ce qui fait toute la beauté du livre, c'est la simplicité et l'élégance du style. Assez dépouillé, sauf quand il parle des paysages, Bernard Clavel nous entraine immédiatement dans son univers et je n'ai pas décroché de toute ma lecture. C'est tellement plaisant à lire !
A cela s'ajoute l'histoire, et je n'ai pas été surpris du style (j'avais déjà lu Maudits Sauvages, roman clôturant cette saga), qui est très réaliste, avec tout ce que cette vie peut comporter comme bon et mauvais côté. Les coureurs des bois m'ont clairement fait penser aux personnages de London, et la famille ressemble à n'importe quelle famille de colons qui serait arrivé dans ce siècle. Mais tous ensemble vivent une vie dure, peu généreuse et pourtant remplie. Les choses s'enchainent avec un naturel évident, et jusqu'à la fin j'étais avec eux, dans ces bois froid, dans cette terre du nord, inhospitalière mais attirante. C'était un superbe voyage, encore une fois dans ces terres nord-américaines, entre Ottawa et la baie de St-James.

Une saga qui commence comme ça (et qui se clôture également d'une manière sublime), j'en redemanderai tout les jours. Quelle beauté dans les écrits de Clavel, qui nous conte si bien ces récits. J'ai été charmé par sa plume et j'ai dévoré le roman d'une traite. Bernard Clavel est vraiment un écrivain extraordinaire, car en plus de tout cela je n'ai que peu mentionné le fond qui mérite des éloges. Un tel écrivain, c'est de l'or en barre, et je le range à côté de mes précieux Jack London pour ne rien perdre de tout ce nord froid et attirant. J'attaque la suite sans attendre.

(Chronique n°201)

jeudi 12 juin 2014

Un défilé de robots (Isaac Asimov)

Les robots, tome 2


Deuxième tome de la série des Robots, avec encore une fois un recueil de nouvelles (je crois bien que c'est le dernier, les autres livres de la série sont des histoires en un tome). Mais, cette fois-ci, nous avons du changement ! Et c'est tout l'intérêt d'un autre tome.


Résumé en trois mots : Robots, Lois et Problèmes

Cette fois-ci, les histoires sont centrées autour des robots (tiens, quel hasard !) mais dans un cadre terrestre. Les premiers volets nous racontaient les péripéties des robots dans l'espace, cette fois-ci nous avons le droit au développement des robots dans un environnement d'humains "normaux", où les spécialistes ne sont là que pour constater ensuite.
Dans les récits d'Asimov,  les robots ne sont pas autorisés sur Terre, par une peur qu'il appelle "Le complexe de Frankenstein", et sont donc limités aux activités extra-terrestre, ce que nous trouvons dans les histoires du premier tome. Le deuxième tome s'ouvre encore avec quelques histoires dans ce style (notamment la seconde qui est extraordinaire), mais introduit aussi les robots domestiques, aux usages courants, et qui se mettent au service des humains. Entre machination de la compagnie pour les faire apprécier d'un large public et problèmes, liées aux humains ou à l'interprétation des trois lois (Asimov lui-même s'étonne du potentiel contournement de ces trois lois si simples). En bref, beaucoup d'ingéniosité en perspective.

Et encore une fois, le charme opère. Des mini-énigmes à chaque nouvelle, dans laquelle il nous faudra trouver le détail qui éclaircie tout, sans parler de tout les aspects humains qui composent les personnages récurrents (notamment le docteur Susan Calvin), et tout ce qui invite à réfléchir autour de l'homme, la science, le supra-humain et les limites, de l'humain et de la robotique. Paradoxalement, en utilisant les robots, Asimov nous centre la plupart des récits sur l'humanité.

Excellent seconde tomes, au nouvelles variées et un peu plus longues, ce qui fait qu'on en a moins, mais toujours d'excellentes qualités. Plusieurs nous ferais presque nous émouvoir face à ces humains mis en perspective de quelque chose qui les dépasse. C'est toute une réflexion sur l'homme et la machine, sur les limites de l'humain et de sa création, les limites des possibilités et de nos futurs. Asimov nous offre philosophie et humour mélangé à de la science et du rêve. Encore une fois le cocktail parfait.

(Chronique n°193)

mercredi 10 avril 2013

Jules (Emile Bravo)


Dans le genre, cette BD est un véritable supplice pour moi. D'abord la lire dans le magasin, c'est devoir se retenir pendant toute la lecture de rire, ensuite c'est l'obligation de l'acheter tant je l'aime, ensuite c'est la relecture quasi-forcée à chaque fois que je passe devant, ensuite c'est des crises de fou rire à la relecture encore, enfin c'est des grosses emmerdes le lendemain quand je pouffe toute la journée alors que les autres ne peuvent pas comprendre les blagues que j'ai retenu par cœur tant la BD me plait.
Vous l'aurez compris, aujourd'hui on parle de BD sur la science. Oui, parfaitement, je rigole sur de la science. Et j'en ai pas honte ! Car ici, la science c'est amusant ! Voyons ensemble cette série extraordinaire : Jules de Emile Bravo.


Résumé en trois mots : Science, Jeune et Humour

Déjà, je dois souligner que je ne suis pas le moins du monde objectif avec cette BD, mais je vous demande franchement de me comprendre un peu. C'est une BD que j'ai commencé au collège. Elle m'a poursuivi durant le lycée et actuellement j'ai un tome à la maison (et je cherche les autres d'occasion parce que j'ai plus un radis). J'ai beau connaitre ce tome par cœur, je continue de me fendre bien fort la gueule à chacune de mes nombreuses relectures. De quoi vous donner envie de lire tout les autres ouvrages de l'auteur.

Enfin bref, passons les détails, voyons un peu ce que le bébé à dans le ventre. Déjà, Jules c'est un jeune homme, très sympathique, qui a un petit frère un peu barjot et une famille déjantée. La mère est femme au foyer un peu de façon effacée, le père est complètement marteau, et l'ensemble de la famille est dingue. Simplement dingue. Et voila qu'on annonce que Jules à été sélectionné par le gouvernement pour participer à une exploration spatiale de grande envergure ! Il va être l'un des premiers humains à aller visiter les planètes de Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche de nous dans le système solaire. Du coup il va se retrouver dans une mission spatiale avec un peu tout et n'importe quoi comme personnes. Et là, les ennuis commencent.

En fait, Emile Bravo nous a pondu ici une série jeunesse. Une vraie série qui s'adresse avant tout aux jeunes. De quoi être étonné, lorsqu'on le lit, par la maturité du propos tout de même. L'humour est simple et bon enfant mais toujours très drôle, et surtout, Emile Bravo nous sort des théories scientifiques à chaque albums ! Dans le premier c'est la relativité du temps qui est par exemple expliqué par deux scientifiques très .... savants fous sur les bords. Mais surtout il présente tout les personnages qui arriveront ensuite dans les autres albums (notamment Tim et Salsifi qui seront récurrents mais je n'en dis pas plus). Ensuite, les tomes vont progressivement se concentrer sur plusieurs points de morales, d'éthiques, de philosophie également (questions de la famille, de la mort, de la religion ....). Le tout avec un point de vue tranchée. Emile Bravo réussit la pari de ne pas faire quelque chose de neutre et juste informatif. Il donne son avis dans chacun des sujets, et du coup j'ai trouvé que la BD a un gout d'autant plus savoureux lorsqu'on est jeune.
Enfin, elle propose également une excellente chose : de l'humour. Mais vraiment, tout le temps et sous toutes les formes possibles. Je veux dire, il n'y a pas une seule planche qui n'ai pas ses petites piques d'humour, et de bon mots. On a le droit a des petites blagues, de bon mots, de l'humour de situation, du comique de répétition, des caricatures et des clins d’œil (vous trouverez un journaliste au pull bleu et avec un chien nommé Milou XIII par exemple). En fait, lorsque vous relisez, vous vous rendez compte d'encore plus d'humour et c'est d'autant plus drôle. Dans le genre, elle égale largement La jeunesse de Picsou sur laquelle je m'étais déjà bien étendu. Mais j'avoue que Jules possède la particularité d'avoir en plus pas mal d'explications scientifiques, qui ne feront pas un physicien de votre enfant mais qui lui donneront envie de lire et de s'intéresser à d'autres choses. Et c'est quasiment sur qu'il comprendra. Attention, je ne dis pas que c'est mieux que Picsou, c'est différent (Picsou à un aperçu historique intéressant aussi).

En sus de tout cela, nous avons le droit à un dessin excellent. Il est dans la plus pure tradition de la ligne claire, mais il est extrêmement bien fait, détaillé et toujours juste. Il touche au but, et son petit côté vieillot est toujours un plaisir à lire. En plus, j'avoue que c'est un peu dans la lignée de Tintin, avec son personnage, son ambiance et ses histoires, mais c'est encore mieux avec l'humour extraordinaire qui en ressort. J'insiste beaucoup dessus, mais c'est vraiment la marque de cette série à mes yeux.
Les albums ont connu une réédition grand format par Dargaud, et du coup la série est encore plus lisible (un vrai plaisir pour les yeux et les mains). D'ailleurs il est possible que vous l'ayez lu dans Okapi dans lequel il paraissait à l'époque. De plus, la série a été primée plus d'une fois par différents organismes (je vous laisse chercher si vous y tenez vraiment), si il vous faut encore une raison de foncer pour acheter cette BD.

Je finirais par un petit point précis sur le dernier tome. Si comme moi vous avez suivi cette série depuis un long moment, vous aurez sans doute remarqué quelque chose. Sinon faite le lire à votre enfant et il comprendra. En fait la série gagne en maturité au fur et à mesure que les tomes progressent. Les questions deviennent plus philosophiques et gagnent en importance. On aborde dans le dernier l'écologie, les dérives des puissances et de l'argent, les riches et d'autres sujets dans le genre. Bien loin de la relativité et la folie d'un savant du premier tome. Emile Bravo a su faire évoluer son personnage, qui change entre les tomes et gagne certains aspects, aussi bien en bien qu'en mal. Les personnages qui l'entourent deviennent plus intriguant, il comprend plus de choses sur sa famille etc ... Et surtout, Emile Bravo ose finir le tome six sur une note presque défaitiste, contrebalancé par de l'humour évidemment, mais il n'empêche que la fin laisse des petits doutes et qu'on se pose des questions. Si j'ai pensé à ça alors que j'ai quand même plus de vingt ans, je pense que cette BD est idéale pour tout les jeunes qui s'intéressent (ou non d'ailleurs) à la BD. En 14 ans, cette BD n'a pas pris de rides et continue d'être intéressante à tout âge. La marque d'une grande BD, non ?


Destinée à un lectorat avant tout jeune, notamment des jeunes adolescent, cette BD saura ravir largement ceux qui ont dépassés cet âge. L'humour parle à tout le monde sans concession, le propos ravira tout le monde par son approche simple et efficace de la science, les personnages connaissent des évolutions dans les différents tomes, on est captivé par les personnages charismatiques et attachants ou justement horripilants. La famille de Jules me fait encore rire les albums fermés, les clins d’œil se multiplient (un Sarkozy se cache dans l'album 6) et au final vous avez une série de BD qui est immanquable pour les jeunes et pour les adultes, qui vous donne envie de prendre le chemin de la librairie pour dévaliser les autres BD de l'auteur. En tout cas, elle combine tout les signes évident d'une BD qui a le statut de culte (et même au-delà). Et j'attends avec une grande impatience la suite de la série si suite il y a. A acheter et à offrir sans réfléchir. J'en suis sur.

(Chronique n°39)