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dimanche 3 mai 2015

Le meurtre (John Steinbeck)

J'ai trouvé le recueil sur le comptoir d'une libraire, et avoir l'occasion de lire un prix nobel de littérature pour deux euros, c'est superbe ! Sans compter que ce n'est pas n'importe lequel, l'un des meilleurs auteurs que j'ai jamais lu, ma première claque littéraire datant du collège. Enfin je lisais un auteur d'adulte, un auteur "sérieux", mais dont les livres étaient accessibles et intéressant. Ca changeait de la littérature classique qui me semblait lourde et inintéressante.
Et c'est également un écrivain de cette vallée de la Salinas, en Californie, jouxtant San Fransisco, terre d'un écrivain de non moindre importance : Jack London. Alors une occasion pareil, ça se prend à bras le corps et ça se déguste comme un bon vin, dont on sait d'avance que le gout nous plaira.


Résumé en trois mots : Femmes, Paysans et Fermes

Je serais sans surprise : j'ai encore une fois adorée la façon dont cet auteur sort sa plume pour une virtuosité de texte et d'histoire. C'est toujours ces mêmes vallées de la Californie, toujours des histoires de gens simples et dont la vie ne fait ni envie ni rêver, mais ce sont des histoires réalistes, dures et tristes. C'est la vie dans toute sa rudesse et toute sa froideur qui nous saute à la gueule à chaque coin de nouvelles.

Les nouvelles s'enchainent vite, ce sont des nouvelles simples et souvent sans conclusion en apothéose, simplement la vie de tout les jours pour les gens, qui doivent arracher à la terre de quoi manger. Et dans toutes ces nouvelles, des femmes, des femmes aux portraits assez saisissant. C'est très étrange, et pourtant intéressant. C'est une époque qui n'est pas rieuse pour tous, et Steinbeck ne se prive pas de mettre en avant la dure réalité de ce monde.

Un tout petit livre assez vite lu et toujours autant intéressant, qui m'a re-motivé à lire cet auteur, dont j'aimerai lire le livre La perle. L'idée de regrouper ces quatre nouvelles en un volume est intéressant, et j'ai beaucoup aimé la lecture, alors je ne peux que vous recommander sa lecture si vous tombez dessus. C'est court et en plus, pour une fois, c'est pas cher. 

(Chronique n°268)

jeudi 12 février 2015

L'affaire Charles Dexter Ward (H. P. Lovecraft)

De Lovecraft, j'avais lu peu de choses au regard des immanquables de cet auteur véritablement génial, perclus de défaut (le racisme et la misogynie étant les plus forts sans doutes) mais à la plume incroyablement belle et qui sait tenir en haleine ses lecteurs par des détours de l'histoire et les formes d'horreurs qui s'en échappent. Un vrai maitre du suspense horrifique.


Résumé en trois mots : Enquête, Horreur et Suspense
Il faut bien reconnaitre que Lovecraft n'est pas forcément le meilleur écrivain de suspense que j'ai jamais lu, souvent je devine avant la fin le retournement final (sauf des exceptions notamment au niveau des histoires se passant dans le monde des rêves, cf Les contrées du rêve).  Mais ce qui fait la force de cet auteur, c'est bel et bien tout ce qu'il arrive à mettre derrière ses écrits, la terreur qui en découle, les horreurs sans nom et à peine possible à voir pour l'humain, pourvu de facultés si peu développées. C'est tout le mythe lovecraftien que cette terreur qui nous prend quand on lit, toutes ces créatures, ces choses, tout ce qui s'est passé. Car au final, les livres de Lovecraft dévoilent peu de choses, c'est surtout la façon dont on l'imagine qui joue. Et la puissance de notre imaginaire est terriblement plus complexe que celle d'une simple peur ....

Ce livre est sans doute un des plus aboutis de Lovecraft, principalement parce que l'histoire prend du temps à se mettre en place. On y trouve à nouveau tout les codes Lovecraftien, mais cette fois-ci, même si je devinais bien des choses avant la révélation finale, j'ai eu le plaisir d'être encore surpris par des petites incursions que je ne m'attendais pas à voir. L'auteur prend le temps de poser à nouveau les bases d'une histoire qui semble juste faite pour effrayer mais qui prend aux tripes. C'est tout l'art de la littérature d'horreur, et Lovecraft y parvient merveilleusement bien.

Un excellent livre, que je vous recommande vivement. C'est le point culminant du Mythe de Cthulhu, si l'on peut parler de point culminant d'une telle oeuvre, et c'est là qu'on retrouve tout ce qui fait la force d'une oeuvre d'horreur. Le style de Lovecraft reste égal à lui-même, mais pour peu que l'on arrive à dépasser les tournures anciennes et les phrases anachroniques, on trouve là une excellente nouvelle qui ravira tout les fans de fantastiques et d'horreur. Personnellement j'ai aimé et j'en redemande.

(Chronique n°230)

vendredi 23 mai 2014

Dagon (H. P. Lovecraft)

Lovecraft, partie 4/4

Ce recueil des nouvelles de Lovecraft a un gros défaut : les nouvelles qu'il contient se retrouvent parfois dans Les contrées du rêve, et c'est un peu frustrant quand on se rend compte qu'on l'a déjà lu. Surtout que c'est le même éditeur, j'aurais pensé qu'ils auraient fait un effort. Mais cela n'empêche pas le livre de contenir tout de même 4/5ème de nouvelles que je ne connaissais pas encore. Et de tout cela, est ressorti bien des choses, et plus encore. Je sonde progressivement l'esprit de Lovecraft, et je rentre dans son univers ....


Résumé en trois mots : Horreurs, Antique et Folie

Le recueil contient des nouvelles d'un peu tout et n'importe quoi, pas que du fantastique-horreur comme nous avons l'habitude avec l'auteur. Des nouvelles oniriques (qui sont pour la plupart reprises dans La contrée du rêve) côtoient une nouvelle de science-fiction (écrite à quatre mains). C'est un peu plus fouillis mais on a de tout, c'est sur.

Ce qui ressort à nouveau, c'est vraiment l'ambiance que pose Lovecraft. Une ambiance particulièrement pesante qui dure tout le recueil, avec ces choses venues d'un autre monde qui envahissent le présent, et tout ce qui s'en suit. Sans parler de toute la folie, la haine d'une époque, la recherche de la beauté, de la connaissance, la curiosité ... Bref, les nouvelles contiennent encore une fois une grande part de tout ce qu'est Lovecraft. Ce qui est intéressant, c'est la grande diversité qui est présentée, avec des nouvelles qui s'étalent sur 30 ans d'écriture, ce qui donne notamment un aperçu de l'évolution. Avec en plus une balade dans différents endroits (Egypte, espace, cavernes souterraines ...). C'est sympathique, et ça nous donne un aperçu général de l’œuvre de Lovecraft, ce que j'apprécie grandement.

Un très bon recueil de nouvelles de Lovecraft, qui ravira tout fan du genre, même s'il faut avouer qu'il n'y a que peu de Grands Anciens là-dedans. La plupart des nouvelles sont justes dans cette atmosphère d'horreur ou onirique. Le tout est très varié, et on a de quoi lire. Je pense que c'est une excellente base pour aborder l'univers de Lovecraft, avec ce qu'il contient ce livre permet d'introduire tout les éléments qu'on retrouvera ensuite dans les œuvres plus connues du maitre. Bref, un livre à lire également.

(Chronique n°186)

samedi 29 mars 2014

Les montagnes hallucinées (H. P. Lovecraft)

Lovecraft, partie 3/4


J'ai commencé à jouer aux jeux de rôle et je participe notamment à une campagne de Cthulu. Pour me renseigner encore un peu plus sur Lovecraft et son univers unique, je me suis laissé tenté à lire celui-ci (bien que celui que l'on me recommande inlassablement soit L'affaire Charles Dexter Ward). Cette fois-ci, deux longues nouvelles bien connues, traitant des Anciens et de la Grande-Race. Et bien sur, deux incursions de plus dans l'horreur d'un écrivain malade.


Résume en trois mots : Horreurs, Anciens et Folie

Curieusement, j'ai encore plus appréciés ces nouvelles que les autres. Peut-être parce que l'auteur prenait le temps de décrire tout ce qui est exploré. Les descriptions sont longues et nombreuses, mais très intéressantes, et permettent de camper une ambiance extraordinairement noir et prenante, qui nous entraine ensuite. Comme souvent avec Lovecraft, la montée est progressive, avec d'abord des indices que l'on comprend rapidement, puis une période de calme relatif, et ensuite une période de tension qui grimpe, dans ce que l'on sait être le crescendo final, puis un accord concluant le tout. Parfois, la dernière phrase, parfois vers la fin seulement.

Lovecraft a un style unique, c'est sur, et sa façon de mettre en place est tout bonnement superbe, puisqu'il nous invite à nous plonger petit à petit dans son univers au lieu de nous balancer tout d'un bloc. Et l'univers de Lovecraft est à sa façon introductif. Il faut y aller progressivement, monter en tension pour laisser tout éclater à la fin. C'est pourquoi je trouve que le format long de la nouvelle lui convient très bien, puisqu'on se met progressivement dans cet état, avec une montée vraiment lente. Sans doute la meilleure que j'ai lu de lui au final.

Lovecraft et son univers, c'est quelque chose qu'il ne faut même plus présenter. Considéré comme le meilleur écrivain fantastique du XXème siècle (et je dirais à raison), il a un style d'écriture qui invite à lire encore plus de lui, puisque tout est prenant et lorsque les nouvelles sont aussi longues, elles mettent clairement dans une ambiance. C'est une nouvelle prenante et parfaitement bien orchestré, sans doute une des meilleures que j'ai lu de lui pour l'instant. Foncez dessus, les deux sont à la hauteur de la réputation de Lovecraft.

(Chronique n°159)

 

mercredi 19 mars 2014

Les contes du chat perché (Marcel Aymé)

Ah, ces contes du chat perché. Quand j'y repense, j'ai lu ce livre étant gamin ! (enfin, en partie) Et je le relis maintenant, plus de dix ans plus tard. C'est là que je suis satisfait de voir que ma mémoire est encore assez bonne pour se rappeler de certains de ces contes. Pour le reste, qu'en est-il ?


Résumé en trois mots : Animaux, Fillettes et Morale

Si les contes du chat perché sont resté dans ma mémoire, c'est qu'ils avaient un côté délicieusement humoristique dans leur déroulement, dû principalement aux caractères des animaux et au décalage qui est fait dans les contes entre les humains et toutes les bêtes qui parlent. A ce niveau là d'ailleurs, il faut dire que Marcel Aymé à bien croqué les animaux en leurs donnant à tous un caractère qui ne me semble pas tellement éloigné du réel.
Les contes se déroulent tous avec Delphine et Marinette, deux petites filles qui vivent avec leurs parents dans la campagne française et qui ont des aventures avec tout ce qui les entourent. Les autres protagonistes sont les animaux, tous doués de langages et qui s'expriment en permanence sur un peu tout les sujets. Du coup, c'est assez amusant comme décalage.
Les contes ont une morale, bien évidemment, et ceux-ci sont, pour une fois, tournés pour les fillettes et contre les parents, lesquels incarnent un côté autoritaire trop fort, mais avec bon cœur tout de même. D'ailleurs la morale prend aussi très souvent le parti des animaux contre la cruauté des humains. C'est une façon amusante d'apprendre le respect des animaux.

Cela dit, qu'en est-il de la lecture ? Personnellement j'ai beaucoup apprécié, certains contes ont une fin mitigé, avec des morts parfois, mais c'est toujours bien fait. Les contes en eux-mêmes sentent le côté vieille France, mais je trouvais que ça passait parfaitement bien. Cela dit, je ne sais pas si tout est accessible à un enfant actuel vu la différence de vie entre les deux mondes, mais je me dis que cela ne peut pas être que incompréhensible, la plupart seraient à leurs faire découvrir.

Marcel Aymé, un auteur que j'ai encore à découvrir, m'a comblé ici de son talent de conteur. Des histoires simples, amusantes et intéressantes, mais aussi cruelle et parfois le côté moralisateur semble assez détourné. Tout n'est pas forcément évident, et j'aime bien. Les contes sont rafraichissant, c'est la campagne qui nous est présentée, et ce bol d'air fait un bien fou. Je ne peux que vous recommander de vous y attarder un petit moment si vous avez l'occasion !

(Chronique n°154)

jeudi 27 février 2014

Conan le Cimmérien (Robert E. Howard)

Ah ben ça, ça me change de ma dernière lecture de fantasy un peu ratée (bon, je suis méchant, mais c'était vraiment pas à la hauteur de ce que je pensais). Voila la littérature qui fonda le genre de la fantasy. En effet, c'est les récits de Howard qui sont considérés comme fondateur du genre, avant que n'arrive Tolkien et son Seigneur des anneaux, qui posa de nouvelles bases et un autre genre de fantasy (ce qui est amusant, c'est qu'on retrouve ça dans les films. Conan le barbare est sorti avant le seigneur des anneaux et propose un autre genre de fantasy). Bref, je me suis enfin lancé dans ces récits que j'avais hâte de lire, puisque tellement vanté, mais surtout parce que Conan est un héros très particulier. Un vrai barbare.


Résumé en trois mots : Combats, Barbare et Monde imaginaire

Faut avouer, ça dépote ! Conan le barbare, c'est pas pour les mous du genoux ! En effet, Conan est le type même du héros couillu, brutal, costaud, et possédant à la fois une intelligence (mais dont il se sert peu) et un code d'honneur -qui est tout de même très spécial. C'est un caractère fort, un barbare dans le nouveau sens du terme, un représentant de peuplades n'existant plus vivant en des temps bien anciens ... Un personnage qui progresse, évolue, tend progressivement vers d'autres choses. C'est aussi un héros intègre, qui reste toujours fidèle à lui même et ne connait que la voix des armes. Un personnage qui est à la fois charismatique et agaçant, qui nous met en face de l'homme primitif, mal dégrossi, mais qui plait, qui fascine, qu'on veut suivre.

Bref, vous aurez compris, Conan le barbare, c'est un personnage ! Et du coup, il porte franchement tout les récits. Si ceux-ci contiennent notamment des paysage et une diversité de lieux, il faut bien avouer que les scénarios sont un peu faiblards, surtout qu'avec le format de nouvelles on n'avance jamais très loin, c'est du court récit qui ne cherche pas à s'étendre. Et pourtant, ça suffit ! Parce que c'est le format de Conan, pourrait-on dire. Il vit dans l'instant présent, et les récits s'enchaine dans cet esprit. Conan ne vit qu'a l'instant, fini ce qu'il a à finir et continue sa route, sans cesse sur le chemin, apprenant et continuant de chercher ce qu'il estime nécessaire. J'avoue que j'ai beaucoup aimé cet aspect très détaché, qui fait qu'on n'a que peu de continuité dans les récits. Le livre est plus un composé de différentes histoires (qui pourraient presque avoir des héros différents à chaque fois) dont Conan est le seul centre. Du fait, la lecture est très plaisante, simple et efficace, d'un style direct et aussi très amusant. Et j'avoue que je n'en demandais pas autre chose.

Pour faire simple, c'est du bon, et j'en redemande une petite part si je peux. Car Conan m'a séduit, le personnage et l'univers, pour des nouvelles simples et directes, dans un style puissant qui nous accroche vite, et nous relâche dans un monde sauvage et puissant. J'ai été séduit par tout cela, et je me suis plongé avec délice dans les récits de ce barbare atypique. J'aurais bien envie d'y retourner, car Conan me manque déjà ... 

(Chronique n°144)

 

dimanche 22 décembre 2013

Les contrées du rêve (Lovercraft 1/3)

Lovecraft, partie 1/4
Après avoir lu, je dirais que Lovecraft c'est du Baudelaire en récit et non en poème. Les deux auteurs ont beaucoup de points communs, avec l'atmosphère mais aussi avec le style d'écriture et encore bien d'autres choses. Je soulignerais juste d'ailleurs que la traduction est vraiment extraordinaire, le traducteur ayant vraiment fait un travail formidable. Son introduction permet de bien comprendre la façon qui à été choisie de traduire, mais aussi de se plonger un instant dans ce qu'est Lovecraft et son écriture. Un monde fascinant dans lequel je pense me replonger un de ces jours, avec un envoutement que j'ai bien aimé.


Résumé en trois mots : onirique, angoissant et sombre


L'ouvrage contient quatorze récits, chacun de taille très variable (le plus long fait 170 pages et le dernier 3), qui se déroulent dans ou autour du monde des rêves, ce monde que Lovecraft semble affectionner tout particulièrement, se soustrayant au poids de la réalité dans un monde qui permet les libertés les plus totales. Je dois dire qu'en lisant je repensais à certains poèmes de Baudelaire (je me répète, je sais), et le nombre de points communs aux deux auteurs me fait aimer d'avantage le premier. Mais je m'égare, revenons à nos rêves.

Donc, les récits vont tourner autour de cette mystérieuse contrée des rêves, dans ces contrées fantaisistes où tout peut arriver, où les choses les plus sombres, anciennes et puissantes prennent vie et hantent les vivants, des contrées dans lesquels il est très dangereux de s'aventurer, surtout lorsque le voyageur imprudent tente de défier les dieux.
Bien que les nouvelles tournent autour de différents sujets, de beaucoup de personnages et de nombreux lieux, elles possèdent beaucoup de liens entre elles. L'une d'elle parle d'une ville et de son histoire, et l'autre vous narrera le héros traversant les ruines de cette ancienne cité. Vous verrez certains lieux réapparaitre, un personnage au destin tragique servira d'avertissement dans une autre histoire, plusieurs nouvelles à la suite reprennent le même héros dans d'autres cas, etc .... Les différents récits s'entrecroisent tous au final, dans la trame des rêves et de la réalité, sans qu'il n'y ait une histoire continue tout au long de l'ouvrage. Car les rêves de Lovecraft sont complexes et immenses.

Si je ne peux pas vous décrire l'histoire précisément, il faut bien parler de l'ambiance du récit. Et je dois dire que je tire tout mon chapeau à l'auteur (et au traducteur aussi) qui met en place une ambiance incroyablement proche des rêves. En le lisant, il me revenait les bribes de souvenirs que l'on conserve parfois d'une nuit, ce genre de bribes qui vous hantent la journée tandis que des images fortes vous tournent en boucle dans la tête. Lovecraft vous ressort ce genre d'image, les délires que peuvent créer le cerveau au repos, et met le tout en texte. L'ensemble sonne comme des rêves, avec des passages hallucinés qui font ressortir ce que l'on ressent dans un rêve, des changements de lieux aléatoires sans aucun lien, des peurs incontrôlables .... Le tout vous donne vraiment l'impression qu'il a écrit ses textes au réveil selon ce qu'il avait rêvé dans la nuit.

Bien évidemment le récit contient aussi ce qu'il faut de Très Ancien, de dieux et de puissances endormies, de choses innommables (ou à défaut illisible), de villes qui enchantent les yeux, de personnages en quête de quelque chose, de personnage romantiques et solitaires, de chats (oh yeah !), de personnages qui veulent défier les dieux et se font punir, de récits anciens, de manuscrits perdus ou retrouvés, de lieux de pouvoirs, mystiques, cachés, perdus, sombres. C'est tout un univers qui s'offre à nous dans ces nouvelles.

En gros, c'est un recueil de nouvelles tout ce qu'il y a de plus Lovecraftien, C'est dérangeant et obsédant, il fait écho à des peurs en nous que nous ne pouvons fuir car elles sont présentes quoi qu'on fasse. La peur de tout ces inconnus. Et surtout c'est les rêves, tout ce monde fascinant dans lequel nous nous égarons chaque soir, et dans lequel Lovecraft nous entraine pour mieux nous effrayer, là où tout est possible et bien pire encore. C'est puissant et poétique, c'est à lire.

(Chronique n°112) 

samedi 16 mars 2013

Le meilleur des mondes (Aldous Huxley)

Je pense que vous aussi connaissez un sentiment d'angoisse à la vue de ces lectures dont tout le monde vous parle. Vous savez, comme pour les films, où tout le monde vous en parle, vous conseille de le voir, vous dit que c'est le top du mieux et qu'il faut foncer sans excuses. Vous connaissez ce sentiment, non ? Et souvent, nait du coup une appréhension de ce rabâchage constant. La peur d'être déçu et une sorte de résistance au mouvement de masses. C'est souvent visible pour les films, et ça existe totalement pour les livres. J'ai vécu ça plus d'une fois, et ce livre-ci est également à ranger dans cette catégorie, puisque j'entendais parler du Meilleur des mondes comme d'un chef-d’œuvre de la science-fiction, un roman culte et inégalé dénonçant tout le système et l'endormissement de la société.
Et bien là,  ..... je vais en faire la chronique, vous verrez par vous même le résultat.


 Résumé en trois mots : futur, science et castes
Donc, pour faire court, Aldous Huxley est né en Angleterre en 1894 et à écrit ce roman en 1931. C'est assez remarquable et très novateur pour l'époque, un roman d'une maturité assez grande mine de rien par rapport à l'époque.
Sinon j'ai adoré le fait que le titre soit emprunté à Voltaire dans Candide, alors que dans la version originale c'est tiré de Shakespeare. Une façon de transposer très fine. D'ailleurs le pauvre traducteur, avec du Shakespeare cité à tout bout de champ, obligeant à une traduction et à des compromis lorsque les phrases reprises sont intraduisibles. Mais j'ai bien apprécié la traduction.

Bon, cela dit, passons directement aux critiques, et je pense que vous avez compris, ça va saigner. En effet, j'ai eu du mal à lire ce livre. Non pas qu'il soit dur à lire, mais je ne l'ai vraiment pas trouvé extraordinaire. Même très plat. Il ne se passe pas grand chose, aucun personnage ne m'a paru spécialement charismatique d'un bout à l'autre, la dénonciation pas assez poussé à mon gout, la forme barbante .... Je suis assez critique, bien que je lui reconnaisse des qualités, mais j'ai grandement été déçu par ce livre, je dois le dire clairement comme c'est.

Déjà; attardons-nous sur la forme un instant. Je ne remet pas en cause les effets de traduction, qui sont très bon comme je l'ai dit plus haut, mais sur le style. C'est vieillot, et contrairement à d'autres romans plus vieux, j'ai trouvé qu'il a bien mal vieilli. C'est peu prenant à lire, on décroche assez vite, le narrateur nous ballade un peu partout en suivant divers personnages sans jamais suivre exactement un. La forme pourrait être excellente, mais j'ai vraiment eu du mal. Surtout que les personnages m'ont paru chiant. Peu intéressant, avec des attitudes énervantes (mais volontairement énervante) et des actions au compte-goutte. Lorsque enfin les réflexions arrivent, c'est quasiment la fin du roman et celles-ci ne se feront que dans le cadre d'une seule et unique discussion. J'ai trouvé l'ensemble un peu mou du genou. Les dialogue avec Bernard et Helmholtz m'auraient beaucoup intéressé, mais on n'en a presque jamais.
Ensuite, la dénonciation est peu efficace je trouve. On frissonne dans les premières pages à l'idée du conditionnement, mais contrairement à George Orwell dans 1984, le monde ne parait pas si horrible que ça à la fin. Il est désagréable et je n'aimerais pas y vivre, mais il n'est pas foncièrement mauvais. Et du coup je n'ai pas vraiment vu une dénonciation. Tout au plus une critique d'un système mais sans le rendre obsolète. C'est un grand tort du livre à mon avis que de ne pas arriver à nous dégouter complètement de ce système.
Un des aspects qui nous échappe également plus concerne la sexualité, où j'ai l'impression que le contexte d'écriture est sacrément présent. Aujourd'hui avec la libéralisation des mœurs, certaines attitudes semblent moins choquantes (ne me faite pas dire n'importe quoi, je ne dis pas que nous en sommes au stade du roman, mais à mon avis les lecteurs de 1931 étaient largement plus scandalisés que nous).

Ensuite, j'ai eu du mal à trouver un fil conducteur. On se balade un peu partout, avec tout les personnages. L'univers est très riche, et il y aurait eu matière à beaucoup plus d'exploitation (notamment un point de vue des classes inférieurs aurait ajouté du piment je pense), et l'auteur passe finalement beaucoup de temps à décrire un monde que l'on n'explore pas tellement. Les actions sont vraiment peu nombreuses, et la réflexion non plus. Plus d'une morale sont simplistes. Ce n'est pas ennuyeux, mais en refermant le livre j'ai eu une sorte de questionnement du style : "Déjà fini ? Mais .... Et le reste ?"


Par contre, je reconnais beaucoup de qualités. Les descriptions scientifiques au début ont de quoi glacer jusqu'au sang, des choses dérangent particulièrement, et plusieurs passages sont vraiment prenants (notamment le dialogue philosophique entre John et l'Administrateur, très bien tourné). Le souci c'est qu'ils sont bien noyés dans la masse. Une impression de beaucoup de bruits pour pas grand chose m'est resté à la fin. C'est vraiment dommage, il y aurait eu matière à faire beaucoup plus je pense.

Du coup, je dois bien dire que je trouve ce livre décevant par rapport aux qualités tant vantés. Le monde décrit n'est pas enviable, mais il n'a rien de la majesté d'un Farenheit 451 ou d'un 1984, bien plus riches au niveau du contenu et de la critique. Les héros manquent cruellement de charisme, ce qui est un peu obligatoire dans le contexte, mais qui me dérange pas mal à la lecture. Et puis le récit est franchement trop court. On a à peine le temps de s'habituer au monde que voila déjà que le livre se clôt. D'une fin que je sentais d'ailleurs arriver à plusieurs kilomètres, du coup j'ai été vraiment déçu. Pas de belle surprise finale qui donne à réfléchir. John perd en charisme à la fin, et finalement rien n'a avancé dans le meilleur des mondes. C'est un peu trop plat je pense.
Du coup, c'est un livre intéressant sur la science-fiction, un vieux classique, mais qui se fait à mon avis bien dépasser par ce qu'on peut trouver actuellement. A lire pour l'avoir lu, mais il est vraiment dispensable à mon avis. 

(Chronique n°25)

Deuxième participation !
Deux challenges d'un coup ! C'est beau, hein ?