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vendredi 26 juin 2015

Fantômes et farfouilles (Fredric Brown)

J’avais déjà eu l’occasion de lire deux livres de Frédéric Brown, et cet auteur m’avait beaucoup plu par sa patte très subtile dans la science-fiction, usant de codes ultra-classique du genre pour mieux les détourner au profit d’un humour détonnant et rudement efficace. Ce recueil m’intéressait donc, comme tant d’autres livres, mais c’est une amie qui m’a donné envie de le lire en me le conseillant très fortement. Suite à quoi je suis tombé dessus dans les bacs d’occasions (stand maudit, tu auras ma peau !), et l’achat s’est fait juste avant la lecture, qui fut d’une rapidité étonnante.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Humour et Tragique

Cet auteur n’est pas seulement un champion de l’humour et de la 
nouvelle, c’est également un auteur incroyable dans l’art de la micro-nouvelle, genre de nouvelles n’excédant jamais une page et demi, voir deux maximum (format de poche). Un genre de texte qui s’apparente presque à la blague à chute, tant la concision est de mise pour obtenir un effet percutant. Et, curieusement, ça marche du tonnerre !

L’auteur est excellent, car ses micro-nouvelles s’enchainent par dizaines sans qu’on ne lâche un seul instant de ces petites histoires rapides dont la chute et mordante, et bien souvent très drôle. Mais pas que. Là où l’auteur fait encore plus fort (et l’éditeur en les compilant de cette manière), c’est que lorsque vous lisez le texte, les nouvelles humoristiques sont espacés de temps à autre par des nouvelles au ton bien plus tragiques. Cependant, alors que le style ne change pas, on ne se rend pas compte de la différence tant que la nouvelle ne parvient pas à son terme. Et c’est là un art subtil et délicat  qui est exécuté d’une main de maitre. L’auteur nous entraine à chaque fois dans un petit moment de vie, sans qu’on ne se doute d’une fin amusante ou tragique, la chute seulement pouvant nous éclairer. Et c’est sublime, car lorsque l’on tombe dans le piège, on croit avoir compris le truc. Mais rien n’y fait, l’auteur nous surprend à nouveau au détour d’une nouvelle.

J’ai adoré cette forme de nouvelle, très très courte, mais appétissante, comme une petite sucrerie entre deux repas de livres. La lecture fut plaisante et d’une vitesse hallucinante, le style aidant beaucoup. C’est toujours agréable de lire ce genre de choses, de temps en temps, pour se poser gentiment, déguster deux trois pages et repartir sur un livre plus conséquent ensuite. Une pause agréable, dans un univers d’une drôlerie implacable, avec un auteur que je commence à apprécier de plus en plus. Sans aller jusqu’a chercher de nouveaux ouvrages de sa part, je serais ravi de tomber à nouveau sur lui au détour d’un rayon d’occasion !



Excellent livre, excellent style, excellent humour. C’est un recueil parfait, comme j’aimerai pouvoir en lire plus, bourré de talent et d’inventivité, où l’auteur laisse libre cours à son imagination fertile pour nous pondre humour et policier dans un style vif et incisif. Pas un bout de gras jusqu’au final tranchant, et c’est si bon à déguster. Je recommande à tout le monde, car Frederic Brown est un auteur à découvrir, et ce recueil est vraiment excellent.

(Chronique n°286)

mercredi 29 avril 2015

Rendez-vous avec Rama (Arthur C. Clarke)

Le dernier lu de ma fantastique PAL qui grossit plus vite que je ne peux la descendre, malgré mes efforts. Heureusement, je peux compter sur certains auteurs que je connais assez bien a présent pour aller un peu plus vite dans mes lectures. Et c'est le cas de ce Arthur C. Clarke, que j'affectionne tellement et que j'ai eu le plaisir de retrouver pour un livre de hard science-fiction, un nouveau petit livre qui m'a fait planer dans l'espace.


Résumé en trois mots : Espace, Vaisseaux et Exploration

C'est un opus très différent de ce que j'avais déjà lu de Arthur C. Clarke, bien que dans le fond il y ai les mêmes bases que dans l'univers de 2001, l'odyssée de l'espace. Entre autre, les planètes colonisés (sauf Venus), les vaisseaux a puissance plus grande que ce qu'on connait actuellement, ou les différentes spécialisations des humains dans l'univers.

Comme à chaque fois, dans l'univers de Arthur C. Clarke, les informations techniques sont légions et parsèment le livre sans pour autant être envahissantes ou centrales. Ce sont toujours des supports de l'histoire, ce qui est parfait car l'assimilation se fait sans la moindre difficulté. Personnellement je suis toujours autant fan de ces explications scientifiques qui sont générées en permanence, tout en ajoutant de la crédibilité à l'ensemble. D'autre part cela renforce aussi le potentiel d'accroche du livre, entre autre lorsque les ressorts scénaristiques reposent dessus.

Ce livre est prenant, d'un bout à l'autre, même si on peut se sentir au final un peu frustré devant la fin, que j'ai adoré pour son ouverture. Tout est laissé aux interprétations les plus diverses et aux spéculations de la part des lecteurs. C'est d'autant plus ouvert à l'imagination, du coup.
Mais c'est encore une fois une question d'ambiance, que Arthur C. Clarke pose superbement bien. L'espace immense, le vide et le froid, le silence, la chaleur et l'immensité, tout est là pour nous mettre dans cette ambiance proprement époustouflante de la SF, et je reste toujours béat devant ces descriptions de voyage dans le vide sidéral.

Un livre magnifique et superbe, donc, avec une histoire prenante sous forme de grande interrogation à laquelle la réponse n'est pas clairement posée. Un livre qui nous entraine encore dans cet espace immense et vide, avec toutes les questions, tout les problèmes et tout ce qui peut exister dans cet univers. Une lecture plaisante et dépaysante, que je serais ravi de prolonger dans les tomes suivants.

(Chronique n°266)

lundi 19 janvier 2015

Les enfants d'Icare (Arthur C. Clarke)

J'aime bien la façon dont les éditions Milady (branche de l'éditeur Bragelonne) font leurs livres, dans un format un poil différent avec des couvertures qui accrochent (sauf dans le cas de Sorceleur où je pense qu'ils se foutent de la gueule du client). J'ai pris ce livre pour continuer dans la voie des lectures de ces auteurs de Science-fiction cultes, indispensable, excellents et reconnus. C'est pourquoi mes lectures furent riches de Bradbury, Asimov, Clarke et Dick ces derniers temps (il me reste les Frank Herbert à explorer). Et celui-ci me faisait de l'œil via ses critiques élogieuses. Je me le suis offert et à l'occasion d'une très longue après-midi, je me le suis fini presque intégralement. Je pense que vous comprenez l'idée.


Résumé en trois mots : Extra-terrestre, Humanité et Divinités


Il me semble que je l'ai déjà dit, mais c'est assez amusant comme chacun de ces quatre auteurs cultes à sa patte. Isaac Asimov est très philosophique et carré. Philippe K. Dick est dérangeant et déroutant. Ray Bradburry est poétique et philosophique. Arthur C. Clarke est scientifique et beau.
Ce roman me confirme que Arthur C. Clarke sait écrire d'une façon belle et surprenante, avec ce qu'il faut de scientifique dedans pour que l'on en apprenne toujours un peu. Ici, c'est largement passé au second plan par rapport au reste, mais c'est tout de même présent. Ce roman est surtout centré sur la question de l'homme, de l'humanité, de sa place dans l'univers et de son but.
En le lisant, je me posais de plus en plus la question du but du roman, entre la façon dont les extra-terrestres maintenaient une présence dominatrice sur la Terre et l'évolution de la psychologie humaine à leurs propos. C'est pourquoi j'ai été surpris par le tournant que prend le livre tout à coup, avec cette explication à laquelle je ne m'attendais pas (mais qui rejoint en un sens ce qui avait déjà été mis dans 2001, l'odysséede l'espace) mais qui se paye en sus le luxe d'être extraordinairement belle, avec une touche merveilleuse qui m'a complètement surpris. C'est, progressivement, de plus en plus beau jusqu'à un final qui n'a pas été sans me rappeler la larme que j'avais presque à la fin de Chantsde la Terre lointaine. Arthur C. Clarke m'a hypnotisé d'un bout à l'autre du livre et m'a laissé un merveilleux goût en bouche, avec cette douceur et cette beauté.
Le roman en lui-même est un petit bijou, l'histoire étant intrigante, les personnages passant sans qu'on ne soit liés complètement à l'un ou l'autre, les chapitres s'enchainant sans qu'on ne puisse deviner vers où ils tendent, et cette fin en apothéose qui vient conclure le tout, c'est proprement magnifique. Le genre de roman qu'on aimerai presque relire pour retrouver ce goût en bouche, mais qui ne laissera plus la même saveur. Je le relirai avec plaisir, mais ce ne sera plus pareil, et c'est presque triste. Mais la beauté est éphémère. Ce livre sait nous le rappeler.

Du comme ça, j'en redemanderais volontiers ! Un livre très surprenant et qui m'a laissé complètement pantois, avec une beauté inhérente à l'auteur et qui m'a plu, au-delà des mots. Ce genre de science-fiction, c'est de l'or en barre. J'en redemanderais, entre les précisions scientifiques apportées par petites touches et l'histoire qui sait se dérouler de surprises en surprises jusqu'au final étonnant, c'est une réussite incontestable. Je ne sais pas si je suis face au meilleur de Clarke, mais c'est un excellent roman assurément, et que je ne peux que vous recommander chaudement. Cet auteur me plait, j'ai hâte de lire la suite.

(Chronique n°220)

mercredi 7 janvier 2015

Les machines à Illusions (Philippe K. Dick & Ray Nelson)

Encore un ouvrage de Philip K. Dick, mais écrit cette fois-ci en collaboration avec un confrère, et que je présente ici avant de poster la chronique sur l'ouvrage Blade Runner, qui viendra très vite. Le choix de présenter celui-ci d'abord n'est pas anodin, car après la chronique sur Substance Mort, je ne voulais pas publier d'un coup toutes les critiques des grands livres de Philip K. Dick. Quand j'encense un auteur, je me plais à lire des livres moins bon et à en faire la critique autant que possible, car nul n'est parfait, et les faiblesses soulignés dans un ouvrage ne font que renforcer les forces des autres. Quand on peut faire du moins bon, la qualité devient extraordinaire, non ?


Résumé en trois mots : NoirsIllusions et Extra-terrestre


De tout les Philip K. Dick lu jusqu'à présent, je dois bien dire que cet ouvrage est le moins bon, et cela ne demande pas un grand effort de comparaison. Et je sais exactement pourquoi.
Déjà, il faut souligner le premier gros problème : ce livre date maintenant sérieusement au niveau de la thématique. En effet, ce livre repose sur la thématiques des noirs qui se battent pour leurs droits, mais c'est quelque peu éculé comme thème (en tout cas, de la façon dont c'est présenté). D'autres part, j'ai eu du mal à m'intéresser aux personnages, que j'ai vite trouvé creux et qui me semblaient peu intéressant. Le final ne m'a pas convaincu à ce niveau là non plus, et j'ai refermé le livre avec un gros : Bof.
L'histoire en elle-même est très intéressante, avec l'idée plutôt bien trouvée des machines à illusions, qui créent des armées mais sans qu'on sache si celles-ci resteront, tout comme est plutôt excellente la façon dont sont présentés les extra-terrestre. Des bonnes idées de bases donc, même si les thématiques abordées ne sont pas les plus intemporelles.
Par contre, il faut bien le dire, le bât blesse quelque part, et c'est dans le développement. Progressivement, j'ai trouvé qu'il manquait quelque chose à l'histoire, qu'il y avait un manque, l'esprit de Philip K. Dick n'était pas vraiment là, je ne ressentais pas vraiment d'ambiance. Au final, je n'ai pas eu de grande envie de connaitre la fin, qui n'est pas transcendante non plus. Que dire de plus, que ce que j'ai déjà dit ? Peut-être l'écriture à quatre mains n'a-t-elle pas contribué, ou alors les auteurs ne se sont pas autant impliqué que dans les autres livres.
Ce n'est pas foncièrement mauvais, mais c'est plutôt un livre anecdotique, dont je n'ai rien tiré (au contraire de tant d'autres de l'auteur) et qui m'a laissé un gout fade en bouche. Je ne regrette pas de l'avoir lu, mais ce n'est pas pour autant que je le conseillerais à quelqu'un.

Un roman bien dispensable, que je ne conseillerai pas vraiment pour diverses raisons. De la part de Philip K. Dick, vous avez largement mieux qui est proposé. Et de la part de l'autre auteur, je n'ai encore rien lu, et j'espère lire mieux. Un roman qui peut se lire, quand on a vraiment plus rien d'autres, sinon je vous recommande de passer allègrement votre chemin et de vous rabattre sur d'autres livres de science-fiction bien plus intéressant.

(Chronique n°214)

samedi 14 juin 2014

Les cavernes d'acier (Isaac Asimov)

Cycle des robots, volume 3


Le troisième tome inaugure enfin les histoires longues et introduit les personnages que nous retrouverons au fil de la saga. En y repensant, c'est la première fois que je lis une histoire en un volume de Asimov depuis le livre Cailloux dans le ciel, mais j'ai maintenant les deux gros cycles (Les robots et Fondation) dans la ligne de mire, c'est donc parti pour des histoires plus longues. Et j'avoue que ça fait plaisir de retrouver le talent de cet auteur qui m'avait ébloui lors de ma première lecture.


Résumé en trois mots : Enquête, Robot et Spatiens

Les Spatiens, humains habitants d'autres planètes, genre qui n'est ni terrien ni extra-terrestre ... Un concept assez amusant. D'ailleurs, en y repensant, ça me rappelait un peu le cadre de l'histoire Cailloux dans le ciel, avec cette Terre vieillissante qui n'est qu'un petit morceau perdu dans l'immensité des autres espaces de l'univers.
Le livre en lui-même n'est qu'une enquête, mais pas, cette fois-ci, sur les robots. Il s'agit toujours de s'interroger sur les robots, mais d'une autre façon, et sans s'intéresser aux conditions d'actions des trois lois. Ici, la focale se fait plus sur l'interpénétration de la société par les robots et la haine viscérale que pourraient éprouver les humains au contact de ces êtres à la fois semblables à eux-mêmes et en même temps supérieur par bien des côtés. Ce qu'Asimov appelle le syndrome de Frankenstein.
J'ai beaucoup aimé ce livre, une enquête très sympathique et pour laquelle j'ai beaucoup hésité, même si le coupable m'apparaissait comme potentiel, je n'ai rien deviné jusqu'à la fin. En tout cas, elle est très bien réalisée.
J'ai beaucoup aimé le différents points de réflexions qui composent le roman, même si ceux-ci sont souvent des points déjà présents dans les nouvelles que j'ai lu, mais ils confèrent un éclairage sympathique à l'enquête qui n'est pas l'essentiel du livre.

Un bon roman, même si ce n'est pas le meilleur de l'auteur, mais qui se lit agréablement et qui invite à réfléchir encore une fois au potentiel en devenir de l'humain sur Terre, mais aussi dans le reste de l'Univers. Sans oublier, bien sur, tout ce qui caractérise cette série : les robots et leurs place dans un monde d'humain, leur interaction avec eux et tout ce qui s'ensuit. Bref, un nouvel opus toujours dans la bonne moyenne des Asimov et qui m'invite à me pencher sur le suivant assez rapidement.

(Chronique n°194)

jeudi 12 juin 2014

Un défilé de robots (Isaac Asimov)

Les robots, tome 2


Deuxième tome de la série des Robots, avec encore une fois un recueil de nouvelles (je crois bien que c'est le dernier, les autres livres de la série sont des histoires en un tome). Mais, cette fois-ci, nous avons du changement ! Et c'est tout l'intérêt d'un autre tome.


Résumé en trois mots : Robots, Lois et Problèmes

Cette fois-ci, les histoires sont centrées autour des robots (tiens, quel hasard !) mais dans un cadre terrestre. Les premiers volets nous racontaient les péripéties des robots dans l'espace, cette fois-ci nous avons le droit au développement des robots dans un environnement d'humains "normaux", où les spécialistes ne sont là que pour constater ensuite.
Dans les récits d'Asimov,  les robots ne sont pas autorisés sur Terre, par une peur qu'il appelle "Le complexe de Frankenstein", et sont donc limités aux activités extra-terrestre, ce que nous trouvons dans les histoires du premier tome. Le deuxième tome s'ouvre encore avec quelques histoires dans ce style (notamment la seconde qui est extraordinaire), mais introduit aussi les robots domestiques, aux usages courants, et qui se mettent au service des humains. Entre machination de la compagnie pour les faire apprécier d'un large public et problèmes, liées aux humains ou à l'interprétation des trois lois (Asimov lui-même s'étonne du potentiel contournement de ces trois lois si simples). En bref, beaucoup d'ingéniosité en perspective.

Et encore une fois, le charme opère. Des mini-énigmes à chaque nouvelle, dans laquelle il nous faudra trouver le détail qui éclaircie tout, sans parler de tout les aspects humains qui composent les personnages récurrents (notamment le docteur Susan Calvin), et tout ce qui invite à réfléchir autour de l'homme, la science, le supra-humain et les limites, de l'humain et de la robotique. Paradoxalement, en utilisant les robots, Asimov nous centre la plupart des récits sur l'humanité.

Excellent seconde tomes, au nouvelles variées et un peu plus longues, ce qui fait qu'on en a moins, mais toujours d'excellentes qualités. Plusieurs nous ferais presque nous émouvoir face à ces humains mis en perspective de quelque chose qui les dépasse. C'est toute une réflexion sur l'homme et la machine, sur les limites de l'humain et de sa création, les limites des possibilités et de nos futurs. Asimov nous offre philosophie et humour mélangé à de la science et du rêve. Encore une fois le cocktail parfait.

(Chronique n°193)

dimanche 8 juin 2014

Atomic Bomb (Fabrice Colin & David Calvo)

Dans le cadre du festival de Epinal dédié aux livres de SFFF*, je me suis retrouvé à acheter ce petit livre pour l'insigne honneur d'une dédicace de Fabrice Colin, compagnon d'écriture d'un certain David Calvo dont je cherche à lire un peu plus d'ouvrage à présent. Et qui n'était pas là, d'ailleurs. Bref, je me suis retrouvé avec ce livre en main, mais vous entendrez souvent reparler de ce festival, un ami y a trouvé beaucoup de livres que je commenterais ici. En attendant, attardons-nous sur le cas d'un livre assez particulier, dénotant un poil dans mes récentes lectures et qui fut englouti bien trop vite à mon gout.


Résumé en trois mots : Bombe atomique, Rats et Extra-terrestre

Pour avoir envie de lire ce livre, lisez simplement le dos et vous aurez une excellente idée de la teneur générale de l'ensemble. A savoir, complètement barré, déjanté, fourmillant d'idée et, semble-t-il, à moitié malade mental.
Ce livre est un roman, mais en même temps trois nouvelles, qui s'articulent ensemble tout en étant très indépendante. Et en traitant ... de tout et n'importe quoi. De rats prenants du LSD, de vieux qui surfent, d'extra-terrestre en forme de poire ... Je ne sais pas comment parler de ce livre, c'est tellement fouilli, foutraque et incompréhensible ! Les idées foisonnent au milieu d'un humour particulier. Et je ne parle pas du style d'écriture, excellent, sans parler des références qui parsèment l'ouvrage, tout en rendant hommage à de nombreuses choses.
En tant que tel, je pense que le livre n'est pas hyper simple à appréhender, mais quand on accepte de s'accrocher, de laisser sa logique au vestiaire et de lire sans se prendre la tête, on passe un excellent moment. Les situations s'enchainent et le délire parsème les pages jusqu'au bout, dans des explosions finales qui laissent assez rêveur. D'ailleurs la fin apportera aussi son lot de surprise sérieuse. Je ne sais pas si c'est le cas de tout les Calvo, mais la thématique de la fin est bien présente, avec une sorte de cheminement dramatique à la fin, très inattendu. Mais bienvenue.

Un drôle de livre, bien écrit et qui m'a surpris d'un bout à l'autre. Si vous acceptez de lire un livre en laissant temporairement votre réflexion logique de côté, il vous sierra à merveille. Mais dans le cas contraire, vous trouverez un livre obscur et incompréhensible. C'est un style, il faut l'apprécier pour pouvoir le livre, et dans mon cas j'adore. J'ai hâte de lire la suite des livres de Calvo, et je vais me pencher sur les Fabrice Colin, j'en ai plusieurs en réserve. Ces deux auteurs me semblent extrèmement prometteur.

(Chronique n°191)

lundi 14 avril 2014

2061, odyssée trois (Arthur C. Clarke)

Troisième livre de cette quadrilogie, également très court, que je me suis laissé aller à lire pour diminuer cette PAL qui ne me semble jamais vouloir se finir (en même temps je l'alimente trop). Nous retournons donc dans l'espace, dérivant vers les alentours de Jupiter et de son système, mais d'une façon très différente que ce que nous avions auparavant. De l'eau à coulé sous les pont, 51 ans sont passés depuis la dernière fois.


Résumé en trois mots : Jupiter, Espace et Extra-terrestre

Disons le tout de suite, j'ai été largement moins séduit par ce livre que par les autres volumes de la même série. L'histoire de ce volume est largement plus éparpillée et au final ne se centre pas sur grand chose. Je sentais au milieu du livre qu'on aurait le droit à quelque chose de trop rapide, et ce fut le cas. Beaucoup de questions, peu de réponses, peu de nouveautés par rapport au dernier tome ... C'est comme un redémarrage, mais je crois en mon for intérieur qu'il aurait mieux valu que je m'arrête au tome deux. Celui-ci n'apporte rien de plus, fondamentalement, et il ne s'y passe pas grand chose.

Le style de l'auteur est toujours plaisant à lire, et j'ai bien aimé apprendre certaines choses à propos de la comète de Halley, mais le livre en lui-même ne se justifie pas. Il manque quelque chose, comme si tout cela préparait la suite, et c'est l'impression que j'ai eu avec la dernière page. C'est une sorte d'introduction au dernier livre de la série (que j'hésite à lire maintenant). La découverte des premiers tomes s'est dissipée et je trouve dommage qu'on ai pas une histoire qui se centre plus sur quelqu'un ou quelque chose. Là, la dispersion est importante, et les pages peu nombreuses. A mon avis, c'est un coup d'épée dans l'eau pour un volume bien inférieur aux autre de la série.

Lecture pas déplaisante, mais qui m'a déçue, j'en attendais plus de la part d'un tel auteur. Cela n'enlève rien au style et aux connaissances qu'on y trouve, mais je pense que Clarke n'avais pas assez de matière pour sortir un livre complet. C'est plus de l'anecdotique qu'autre chose au sein de la série. Bref, je ne peux que vous conseiller d'éviter ce tome et d'en rester aux deux premiers de la série, bien au-dessus.

(Chronique n°167)

mercredi 2 avril 2014

Au carrefour des étoiles (Clifford D. Simak)

Je me suis senti attiré par ce livre, le pitch était alléchant, et la couverture mystérieuse laissait présager plein de choses. Sans parler de l'auteur qui m'avait déjà ébloui de son excellent Demain les chiens que je considère comme un excellent livre de science-fiction. Celui-ci me semblait moins connu, mais presque plus intéressant. Alors je me suis laissé avoir. Et j'avais raison : il est même meilleur que son confrère plus connu !

Résumé en trois mots : Extra-terrestre, Humanité et Communication

Ce livre bénéficie d'une excellente écriture, marque de l'auteur, qui nous scotche littéralement dès les premières pages pour ne plus nous décoller jusqu'au bout. C'est bien simple, j'ai du me forcer à le poser pour dormir, sinon j'y serais resté toute la nuit. Une preuve de sa force. Et je en parle pas de la tournure, à la fois mélancolique et résolument optimiste qui traverse le récit. Mais ça, c'est le style de l'auteur, qui me semble décidément être un excellent écrivain. Enfin, il l'avait déjà prouvé, mais là ça se confirme. Vraiment, le style est superbe.

Mais ce n'est rien à côté de l'histoire, dans laquelle l'auteur s'est investi corps et âme. Et ça se ressent, car le livre est diablement beau ! On y trouve une profondeur extraordinaire et une large variété de thèmes, avec leurs lots de questionnements philosophiques qui n'est pas pour me déplaire. Le personnage principal, torturé intérieurement par sa position, exprime énormément d'idée, autour du concept même de l'être humain, de l'amitié et de l'amour, de l'empathie et du sentiment d'appartenance à une race, de la place de l'homme dans l'univers et sur la Terre. Et je ne vous parle là que de quelques thèmes abordés ! Des chapitres entiers sont consacrés juste aux questionnements intérieurs du héros. Sans parler de ce qui se passe autour. D'autres thématiques, comme la guerre et la religion (j'adore le point de vue que développe dessus l'auteur. C'est un concept clair et simple de spiritualité plutôt que de religion, et ça me plait), mais surtout la communication. Assez logiquement, c'est un thème qui revient souvent dans la science-fiction -je pense à L'étoile et le fouet de Frank Herbert- car le contact avec d'autres races impliquerait immédiatement les limites de notre expression. C'est assez bien mis en scène dans cette histoire, pas aussi poussé que dans le Frank Herbert, mais bien mis en scène.

En fait, ce que je trouve assez génial et qui me plait beaucoup, c'est que Clifford D. Simak explore énormément de thèmes sans se contenter de les effleurer, tout en maintenant une histoire cohérente, quoique simple, et qu'il arrive par dessus tout à nous entrainer dans un style presque poétique parfois, dans une science-fiction moins scientifique que fictionnelle. C'est un livre prenant, clairement, mais aussi très philosophique et qui incite à réfléchir. Si les échos de guerre mondiale imminente qui imprègnent le roman sont lointain pour nous, il reste tout le reste (et la guerre n'est jamais loin, rappelons-nous ...). Bref, un excellent livre de science-fiction que je ne peux que conseiller. Lisez-le !

(Chronique n°161)

samedi 29 mars 2014

Les montagnes hallucinées (H. P. Lovecraft)

Lovecraft, partie 3/4


J'ai commencé à jouer aux jeux de rôle et je participe notamment à une campagne de Cthulu. Pour me renseigner encore un peu plus sur Lovecraft et son univers unique, je me suis laissé tenté à lire celui-ci (bien que celui que l'on me recommande inlassablement soit L'affaire Charles Dexter Ward). Cette fois-ci, deux longues nouvelles bien connues, traitant des Anciens et de la Grande-Race. Et bien sur, deux incursions de plus dans l'horreur d'un écrivain malade.


Résume en trois mots : Horreurs, Anciens et Folie

Curieusement, j'ai encore plus appréciés ces nouvelles que les autres. Peut-être parce que l'auteur prenait le temps de décrire tout ce qui est exploré. Les descriptions sont longues et nombreuses, mais très intéressantes, et permettent de camper une ambiance extraordinairement noir et prenante, qui nous entraine ensuite. Comme souvent avec Lovecraft, la montée est progressive, avec d'abord des indices que l'on comprend rapidement, puis une période de calme relatif, et ensuite une période de tension qui grimpe, dans ce que l'on sait être le crescendo final, puis un accord concluant le tout. Parfois, la dernière phrase, parfois vers la fin seulement.

Lovecraft a un style unique, c'est sur, et sa façon de mettre en place est tout bonnement superbe, puisqu'il nous invite à nous plonger petit à petit dans son univers au lieu de nous balancer tout d'un bloc. Et l'univers de Lovecraft est à sa façon introductif. Il faut y aller progressivement, monter en tension pour laisser tout éclater à la fin. C'est pourquoi je trouve que le format long de la nouvelle lui convient très bien, puisqu'on se met progressivement dans cet état, avec une montée vraiment lente. Sans doute la meilleure que j'ai lu de lui au final.

Lovecraft et son univers, c'est quelque chose qu'il ne faut même plus présenter. Considéré comme le meilleur écrivain fantastique du XXème siècle (et je dirais à raison), il a un style d'écriture qui invite à lire encore plus de lui, puisque tout est prenant et lorsque les nouvelles sont aussi longues, elles mettent clairement dans une ambiance. C'est une nouvelle prenante et parfaitement bien orchestré, sans doute une des meilleures que j'ai lu de lui pour l'instant. Foncez dessus, les deux sont à la hauteur de la réputation de Lovecraft.

(Chronique n°159)

 

dimanche 23 mars 2014

Albin & Zélie (Yannick Marchat)

Je ne poste pas souvent des BD, alors je me suis décidé pour celle-là, parce que c'est vraiment un de mes derniers gros coup de cœur pour une BD, et je me devais de partager ce qui m'a tellement plu. Surtout que c'est une BD presque inconnue, passée inaperçu, qui concerne un auteur n'ayant rien édité d'autre, et qui vient d'un petit éditeur indépendant. Le tiercé de la publicité invisible dans l'ordre. Redonnons de la visibilité à cette BD extraordinaire qu'est Albin et Zélie.


Résumé en trois mots : Amour, Extraterrestre et Beau

Oui, je résume très mal. Mais en vous arrêtez pas à cela. Car oui, c'est une histoire d'amour avec des extraterrestre, mais  ce n'est pas tout ! Je m'explique.
L'histoire se concentre autour d'une relation amoureuse, simplement, avec ses débuts, les deux protagonistes et tout ce qui fait qu'ils sont eux, leurs entourages et bien évidement la progression de leur relation. Celle entre Albin, trentenaire un peu fort et rangé dans sa petite vie, et Zélie, fille pétillante d'une vingtaine d'années qui sort d'une relation plutôt houleuse. Et j'ajouterai un poisson rouge qui siffle et qui sait écrire (ce n'est pas des blagues, le poisson rouge siffle !) et la sœur de Zélie, enceinte jusqu'au dent. Plus, bien évidemment, ces extraterrestres qui s'écrasent sur la Terre. Mais c'est un détail.

Le roman graphique va partir bien vite dans l'espace, naviguant dans des dimensions étranges, entre un rêve et la science-fiction. Tout le début de la BD navigue dans cette atmosphère étrange, entre une réalité de science-fiction ou un délire/rêve/métaphore qu'il nous faut interpréter. Je ne sais pas laquelle est la bonne lecture, mais j'aime bien l'idée des deux et cela ne change rien à ce que j'éprouve pour cette BD.

Le trait de l'auteur est superbe, tout en noir et blanc, me rappelant un peu Frankin parfois, mais que je trouve superbe. C'est notamment le vêtements, les détails sur les formes, c'est un véritable régal pour l'oeil. Et certaines pleines pages sont de toutes beautés, lorsque l'histoire se déroule dans l'espace énorme. Sans compter que les personnages ont des têtes attachantes, très bien faites. En bref, le dessin est excellent.
Ajouté au scénario, qui nous entraine dans ses délires, l'ensemble est prenant et très peu conventionnel pour une relation qui démarre. Mais le fond reste le même, sur une relation qui débute tendrement entre deux personnages. L'histoire va du coup se finir sur une superbe partie tout en douceur et en sensibilité, avec un retour au rationnel pur, qui tranche complètement avec ce qu'il se passait avant, mais qui reste pour autant dans le ton du récit, et c'est super bien fait. L'auteur nous trimballe le long du même fil du début à la fin, et c'est beau. Car l'histoire de Albin et Zélie est très belle, c'est une histoire d'amour simple et touchante (et j'aime les histoires d'amour, quand c'est bien fait) mais qui va droit au cœur par le dessin et le procédé utilisé. Jusqu'au bout on reste dans une atmosphère sympathique, et j'ai encore plein de bribes qui me restent en tête à présent, alors que je l'ai lu il y a un bon moment maintenant. C'est la marque des belles BD, de celles qui nous restent dans le cœur. Et c'est pour cela que je voulais vous en parler, pour vous faire découvrir ce que j'ai apprécié, que vous puissiez vous aussi y gouter.

Si vous avez envie de lire une BD qui exploite les sentiers non conventionnés, je vous invite à lire cette romance délirante et touchante au graphisme superbe. L'auteur nous livre un très beau roman graphique, qui vaut qu'on s'y attarde un peu. Jusqu'au bout l'histoire nous emballe, et elle reste belle. C'est vraiment une réussite, une très belle BD. A lire, vraiment.

(Chronique n°156)

jeudi 13 mars 2014

2010 Odysée deux (Arthur C. Clarke)

Roh, ces maitres de la science-fiction ... Quand on y pense, ce livre date de 1968. 1968 ! Plus de quarante ans aujourd'hui, vous rendez-vous compte ? Et pourtant, il n'est toujours pas passé de mode ! Incroyable, quand on y songe. Une suite à 2001 l'odyssée de l'espace, il fallait oser le faire. Le livre/film avait déjà donné beaucoup, la seconde partie allait-elle être à la hauteur de l'attente ? C'est ce genre de question que je me suis posé en commençant le livre. Les questions que j'avais en le finissant étaient plutôt d'ordre astrophysique. D'ailleurs, problème : comment obtenir les réponses maintenant ?

Résumé en trois mots : Espace, Jupiter et Extraterrestre

Le livre est sensiblement plus gros que 2001 et s'ouvre neuf ans exactement après la fameuse expédition de HAL et Dave dans la navette Discovery. Cette fois-ci, nous trouvons une autre brochette de personnages qui retournent ensemble vers Jupiter, dans l'optique double de comprendre les événements survenus neuf ans auparavant, ainsi que récupérer les informations de la navette Discovery, toujours en orbite autour d'Io. Et peut-être aussi retrouver HAL ...

Ce que j'ai adoré, encore une fois, c'est tout le côté scientifique de l’œuvre. Clarke nous balade dans l'immensité de l'espace et nous plonge dans les arcanes de Jupiter, planète gazeuse à la vie palpitante, ainsi que dans ses satellites, lieux de tant de mystères et également d'activité. Du coup, le livre explore une bonne partie de cet endroit de notre système solaire. C'est palpitant, et j'ai été émerveillé d'apprendre tant de choses, de voir tout ce qui est possible. L'univers est tellement riche de choses, tellement rempli de secrets ... Cela dit, le livre date de 1968, quid de l'actualité récente ? J'aimerai bien savoir ...

L'histoire se développe lentement, partant tranquillement de la Terre, prenant le temps de voyager jusqu'à Jupiter pour ensuite se pencher sur bien des choses. Nous nous baladerons aux clair d'Io, patinerons sur les glaces de Ganymède. Le tout assaisonné de petits moments entre membres d'équipages, de moments privés. Un excellent mélange qui nous permet de ne jamais nous ennuyer entre toutes les informations diffusés.

En bref, un excellent mélange pour le second livre de cette saga. Clarke m'a enchanté entre ses passages dans l'espace, toutes les informations et l'histoire simple mais efficace qui bascule progressivement. Les questions sans réponses dans 2001 l'odyssée de l'espace reçoivent une réponse ici, mais bien d'autres choses arrivent, et laissent au final la place pour une suite que j'ai envie de lire. Sans parler de tout ce qui rend le livre génial, notamment le style d'écriture qui reste une merveille. Un auteur de génie, c'est sur ! Et un livre que je recommande.

(Chronique n°151)

jeudi 30 janvier 2014

Le mythe de Cthulhu (Lovecraft, partie 2/3)


Lovecraft, partie 2/4


Pour lire un petit livre rapidement je me suis décidé à prendre encore un Lovecraft ! Un petit cette fois-ci, encore un recueil de nouvelles. Pour l'occasion, je me suis décidé à lire enfin le fameux livre sur Cthulhu, personnage rendu célèbre avec le net mais dont je ne savais pas grand chose. Et c'est par une charmante soirée froide, emmitouflé dans la couette, écoutant du Godspeed You! Black Emperor durant toute la lecture, je me suis mis à le lire. Ce que j'en ai tiré ? Et bien ....


Résumé en trois mots : Angoissant, Horreur et Inconnue

Déjà, je ne peux que vous conseiller une chose : ne lisez JAMAIS ce livre le soir, emmitouflé dans une couette en écoutant du Godspeed You! Black Emperor à plein volume pendant une heure. Surtout !! si vous avez des colocs un poil facétieux. L'un des miens à eu la bonne idée de faire glisser une pantoufle à côté de moi quand j'étais pris dans le livre. Le résultat ne s'est pas fait attendre, j'ai hurlé. En clair j'étais bien dedans quoi.

Les histoires sont différentes et malgré l'annonce seul la première histoire parle de Cthulhu. Cependant toute les nouvelles parlent de créatures et de destins tragiques. En fait, sans lire la biographie de Lovecraft, on comprend vite qu'il était névrosé et souffrait de différents petits tracas d'ordre psychologique (apparemment il était en plus misanthrope et contre le progrès). Ça explique peut-être la teneur de ses récits.

Alors là, nous sommes dans l'horreur totalement, mélangé à du très bon fantastique, avec les Grands Anciens et bien évidemment des créatures d'autre mondes, des personnes qui défient ces mêmes créatures. Et un grand bol d'angoisse dans le tout, pour un mélange bien détonnant. C'est le moins qu'on puisse dire.

Le récit, c'est angoissant. Très angoissant, voir malsain. Lovecraft nous étale un ensemble de peur, la plupart du temps peu crédible d'ailleurs, mais tellement bien mises en scène qu'on ne peut que adhérer à ces idées. S'ajoute bien évidemment le style de narration qui est excellent, tant au niveau du langage (chapeau à la traduction d'ailleurs) qu'au niveau du style. Imparable pour bien démarrer la lecture.

Enfin il faut ajouter le fait que la réunion en corpus des nouvelles contribue à garder cette atmosphère angoissante et prenante, bien loin de ce qu'on avait dans le recueil des nouvelles de La contrée des rêves. C'est un ensemble qu'on lit, et qu'on dévore, le soir, bien installé chez soi, écoutant les bruits nocturnes.

En fait, voici ce que j'appelle un vrai roman d'épouvante, vous angoissant et vous contraignant à garder votre souffle durant certaines pages. L'ensemble du récit est bon, même si j'ai eu une nette préférence pour le premier récit (celui de Cthulhu), mais c'est bien l'ambiance et le style d'écriture qui captivent. Lovecraft est un maitre du fantastique, c'est certain, mais en lisant ce livre on se rend compte du fossé qu'il y a entre lui et d'autres livres. C'est du haut niveau, et l'auteur nous entraine dans ses noirceurs desquelles on ne ressort qu'à la fin du livre. Un vrai roman qui vous glace le sang, c'est du Lovecraft. Je suis converti maintenant.

(Chronique n°130)

 

lundi 20 janvier 2014

Cher Jupiter (Isaac Asimov)

J'ai acheté ce livre voila un long moment, sur un coup de tête, et je l'avais lu pour le finir assez enthousiaste. Mais, dans ma rapidité de prêt, je l'ai prêté sans avoir eu le temps d'en pondre une chronique, alors je m'y attelle maintenant que je l'ai retrouvé et que j'ai pu le relire à mon aise.


Résumé en trois mots : Science-fiction, Science et Humour

C'est un corpus de nouvelles, toutes très courtes (la plus longue fait une dizaines de pages seulement) sur des thèmes variés et de style encore plus variés. D'ailleurs Asimov utilise beaucoup l'humour dans ces différentes nouvelles. Le maitre du genre à fait ici plusieurs sortes de récits, mais toujours avec son même talent, c'est-à-dire de combiner l'écriture d'une nouvelle prenante avec des véritables informations scientifique et de la véritable science-fiction, qui se veut réaliste et qui cherche à savoir comment c'est possible, comment faire. Bref, c'est une combinaison de savoir réel et d'inventions d'avenir. Un duo qui marche à merveille quand c'est bien maitrisé.

Et ici, c'est parfaitement bien maitrisé ! J'admire la façon dont Asimov arrive à nous captiver dans des histoires en apparence simple, avec bien souvent des chutes surprenantes, et le tout enrobé par des informations scientifiques assez intéressantes et toujours bien documentées. Toutes les nouvelles ne se passent pas dans l'espace, mais chacune à sa façon explore tout cet univers qui nous entoure. Je ne peux que vous recommander la lecture de cet ouvrage.

Si vous souhaitez commencer un Asimov et que vous hésitez à vous plonger dans un gros pavé, je pense que ceci est fait pour vous. Une excellente lecture, simple et prenante, qui marrie différent style de nouvelle et qui vous donne envie de vous plonger plus avant dans la bibliographie de l'auteur. Je ne peux pas vous le déconseillez, si vous aimez un tant soit peu la science-fiction ou que vous souhaitez vous y plongez, je pense que vous avez là un bon moyen de démarrer doucement.

(Chronique n°125)

mercredi 8 janvier 2014

Martiens, go home ! (Frederic Brown)

Le spitch de ce livre m'a suffi pour me donner envie de le lire. Il faut avouer que c'est assez rare que les martiens débarquent et soient justes des emmerdeurs de première. C'est donc allègrement que je me suis plongé dans ce livre très court, qui se lit très vite.


Résumé en trois mots : Martiens, Emmerdes et Emmerdeurs

Ce livre est drôle. Ce ne sont pas des grands éclats de rire qui ponctuent la lecture, mais des petits sourires et des rires intérieurs, car le livre reste assez sérieux et la fin se propose même de loucher du côté de la philosophie sans se départir de son ton léger et amusant. C'est une prouesse assez grande quand on voit l'auteur traiter le sujet de façon humoristique mais en arrivant à de telles conclusions. Lisez, vous verrez que c'est surprenant.

En dehors de ça, le style d'écriture est très bon et j'ai bien aimé la façon qu'avait l'auteur de nous balader entre le personnage principal et le reste du monde, de façon assez brusque et saugrenue, mais toujours léger de ton. Le roman se lit comme on déguste un bon verre de vin, ça descend tout seul et c'est quand il ne reste qu'un fond qu'on se dit "déjà ?". J'ai aussi apprécié la façon de considérer les martiens, comment chaque personne du roman les voyait : à quoi servent-ils, pourquoi viennent-ils ? etc, etc ... C'est vraiment superbe, et j'ai lu avec un grand plaisir.

Il n'y a pas des tonnes de choses à dire, si ce n'est que j'ai pris beaucoup de plaisir dans cette lecture, un roman court mais efficace, qui m'a donné le sourire et qui exploite une idée peu utilisée dans la science-fiction en générale. Le roman tient jusqu'au bout, et contient un joli lot de surprises, mais en même temps il conduit quelque part et la fin se révèle plus intelligente qu'on ne pourrait y penser. Je ne pensais pas à ça, mais c'est un très bon roman de SF, que j'ajoute dans le haut de ma bibliothèque.

(Chronique n°119)

lundi 6 janvier 2014

Message de Frolix 8 (Philippe K. Dick)

Encore un Dick, mais j'ai surtout lu parce qu'un de mes colocs me l'avait prêté au début de l'année et que ça commençait à faire long. Alors je me suis dépêché de lire les deux derniers en ma possession, et je dois avouer que je l'ai avalé en une soirée et une matinée.


Résumé en trois mots : Espace, Dictature et Résistance

En fait les trois mots de résumés vont vous donner grosso modo les trois trames du roman, car ce roman entremêle plusieurs histoires pour vous faire ressortir les points de vues différents. C'est assez amusant de voir comment Dick mêle alors les conceptions de chacun pour en dégager d'autres trames. C'est aussi un bon roman de suspense, parce que je n'avais absolument pas la moindre idée de la façon dont tout ce bazar allait finir, et j'ai été assez surpris de voir l'auteur s'arrêter là où il l'a fait.

A part ça, le style est toujours bon, et j'ai beaucoup aimé le lire. Ça se lit vite, le découpage est excellent, les chapitres s'enchainent sans temps mort, et les idées qui sont présentés comme base du monde sont très sympathique, j'ai beaucoup aimé la façon dont on comprend progressivement sans que l'auteur ne prenne vraiment le temps de faire une mise au point pour qu'on dégrossisse l'ensemble. C'est au fur et à mesure qu'on assimile les bases du monde. Comme quoi, pas la peine de prendre les lecteurs pour des idiots, ils comprennent tout seul.

Apparemment l'auteur n'était pas satisfait de son roman, et je dois avouer que s'il n'atteint pas les sommets de l'autre que j'ai lu, il reste bon. J'ai aimé le lire, et s'il n'est pas le plus immanquable que j'ai lu en science-fiction, il est aussi bon que d'autres.

C'est un petit roman sympathique, sans prétention extravagante, qui est divertissant et enrichissant, il permet de lire sans prise de tête en proposant un monde original dans lequel on se plonge volontiers. C'est une belle lecture que j'ai eu et j'espère en avoir encore d'autre de l'auteur.

(Chronique n°118)

vendredi 27 décembre 2013

Le robot qui rêvait (Isaac Asimov)

Encore un Asimov, et avant d'attaquer les deux gros cycles (Les robots et Fondation) je me suis laissé entrainer dans ce petit recueil de nouvelles écrites dans les années 50 et 60 (si ma mémoire est bonne). Un gros pavé mais qui se lit vite, avec un tel maitre à la plume.


Résumé en trois mots : futur, robotique et intelligence

C'est assez incroyable ce qu'écrit Asimov. Il a des bonnes idées mais en plus il sait le combiner avec une plume pas mauvaises du tout, qui bien que assez carrée dans sa manière, nous entraine facilement dans ses histoires sans qu'on en décroche. Et le suspense joue aussi avec. C'est vraiment incroyable.

Le recueil est composé d'un grand nombre de nouvelles (19 en tout), de tailles variables dont certaines très longues. Nous avons le droit à des nouvelles allant des années 50 à celles écrites en 1980 et quelques, ce qui fait que le recueil est assez riche, puisqu'il propose une évolution des mœurs, des sciences et techniques, mais aussi de la vision du futur qu'on y offre. Car Asimov voit vraiment le futur. A sa façon.

Ce qui frappe, dans ces nouvelles, c'est un caractère double : social et futuriste. Une partie de ces histoires vise vraiment à deviner un futur, à entrevoir ce que pourrait être l'avenir, tandis que l'autre partie est très franchement tournée vers le social, de façon détournée, parlant de racisme et de religions, de mort et de comportement entre humain. Sans parler de nouvelles combinant les deux. Dans tout les cas, les questions se multiplient et les réponses n'arrivent que très peu. Tout ce que j'adore.

Je commence à m'habituer au style d'Asimov, qui est très bon mais très scientifique, et il faut lui reconnaitre une certaine forme de génie dans sa façon de concevoir et comprendre le monde il y a cinquante ans. La preuve est que certaines critiques sociales sont encore fondées aujourd'hui. En revanche la vision du futur est bien éloignée de ce qu'on aujourd'hui, et il me semble que l'on atteindra peu ses idées. La seule chose que Asimov n'a pas vraiment prévu, c'est l'Internet. Et à mon avis, il a raté le principal changement pour l'avenir. Sinon il accorde aussi une grande place aux robots, et quand je vois le stade où l'on en est, je ne pense pas que son futur soit accessible avant encore une bonne centaine d'année. Mais pour le reste, il y a beaucoup de pertinences dans ses propos. Notamment autour d'un ordinateur unique et surpuissant, le Multivac. Sans parler de la conception des rapports entre l'homme et la machine.

Pour faire simple, c'est un excellent recueil de nouvelles de Asimov, dans la droite ligne de ceux que j'ai pu lire jusqu'à présent, et bien représentatif de ce qu'il y avait de meilleur dans cette vieille science-fiction des années 50 jusqu'au années 80. Il innove et critique, mais si sa vision est parfois fausse, elle éclaire sur le comportement et la pensée de ces années là. Sans compter que plusieurs chutes sont drôles alors que le ton est sérieux. Quoiqu'on rit un peu jaune. Bref, le recueil est superbe et les 400 pages s'enchainent vite. Une très bonne lecture donc, recommandée, l'auteur est en forme dedans.

(Chronique n°113)

mercredi 4 décembre 2013

Spin (Robert Charles Wilson)


Un des derniers gros livres que j'ai lu et que j'ai adoré, c'est cette fois-ci de la science-fiction que je me décidais à lire, sur les conseils du bloggeur Boulet (que je vous invite à visiter si vous ne connaissez pas encore), et qui s'est révélé être finalement très attractif après un début qui m'a donné envie de le remettre à plus tard. Il suffisait d'un voyage en train et d'être coincé deux jours dans la campagne pour le finir, et maintenant que je suis de retour je m'empresse de vous livrer mon billet tout chaud.


Résumé en trois mots : Science-fiction, inventivité et réaliste

J'ai aimé beaucoup d'aspect dans ce livre, notamment le fait que les trois personnages soit complémentaires tout au long du livre, bien qu'on n'en suive qu'un. Chacun aura sa façon de gérer la situation et les changements dans le monde. Chacun aura une autre vision de la vie et sa façon de la mener. Chacun fera autrement pour vivre avec ça. C'est un détail sur lequel j'ai tiqué assez tardivement, mais qui apporte encore du charme à l'ensemble de l'ouvrage.

Mais sinon plein d'autres aspects sont particulièrement superbes, tout l'aspect technologique, tout l'aspect aussi humain et moral de la chose, en règle général les relations entre les personnages ... Tout est bien campé et contribue à rendre une histoire déjà intrigante encore plus intéressante. L'auteur à su également développer tout le monde sans tomber dans du manichéen, rajouter des petites touches bienvenues qui évitent un scénario linéaire, et en plus nous avons le droit à une trame qui respecte certains aspects et code du genre. C'est exactement le genre d'un bon roman qui se lit bien et qui contient beaucoup de bonnes idées.
J'ai juste un regret, c'est que je ne suis pas sur que je le relirais souvent, mais il m'a beaucoup plu, c'est certain. J'ai apprécié cette façon d'écrire de la science-fiction mêlé à la vie des personnes, cet étalage sur plusieurs dizaines d'années qui permet de mieux appréhender certains aspects de la personnalité et surtout la trame de base qui contient des idées excellentes. Sans compter quelques beaux moments et des passages de pure poésie qui m'ont ému.


J'ai bien fait de suivre les conseils de cet auteur au final, puisque l’œuvre m'a énormément plu, une histoire intéressante et des personnages superbes, une belle écriture et un rythme prenant, tout est en place pour passer un bon moment et c'est ce que j'ai eu. Un excellent moment de lecture qui m'a fait plaisir, j'ai apprécié de lire une aventure comme celle-ci. Qui nous fait voyager en dehors mais aussi en dedans, et d'une belle façon. J'ai adoré, et je ne peux qu'en recommander la lecture.

(Chronique n°103)

lundi 2 décembre 2013

H2G2 Le guide du voyageur galactique (Douglas Adams)


Qui ne connait pas cette série ? Vous dans le fond ? Alors vous êtes prié de sortir rapidement et de vous enfermer chez vous avec la plus fameuse trilogie en cinq volumes jamais écrites par une main humaine, et revenir quand vous aurez enfin inculqué un peu de savoir dans le crâne étroit qui vous sert à réfléchir et que vous serez à même de donner une réponse convenable, compris ?
Quant aux autres, je vous invite à lire également cette série tout de suite, que vous connaissiez le film ou non, que vous soyez au courant ou non du reste. Compris ? Quoi, une question ? Pourquoi je vous oblige à le lire ? Mais c'est bête comme chou : 42.

Résumé en trois mots : Science-fiction, Humour et Absurde

Cette saga est légendaire et je pense que beaucoup en ont parlés mieux que moi, alors je serais très bref. Il est vrai que je ne l'ai lu qu'après le film, que j'avais beaucoup aimé, et que la saga est un peu spéciale, puisque basée sur une chronique audio que Douglas Adam faisait à la radio. Je dois dire que pour le coup, ça se remarque pas mal dans la forme et dans une partie du fond aussi. Enfin, essayons de commencer par le début.

Pour faire simple, le roman est avant tout humoristique même si on peut lui trouver des approches philosophique ou de science-fiction. Voir même simplement humaine, mais ça c'est tout autre chose. Pour le reste, c'est à 90 % ou presque humoristique. Et j'avoue que c'est exactement le style d'humour que j'affectionne tout particulièrement.
Sur le style je serais par contre plus circonspect, puisqu'en fait la façon d'écrire sent à plein nez le format audio. C'est un livre superbe à lire à mon avis, mais alors je dois dire que c'est un gros foutoir. Ça part dans tout les sens sans qu'on ne puisse vraiment dire si l'auteur avait un cheminement prévu. Il utilise d'ailleurs cette fameuse technique consistant à laisser des pistes ouvertes pour pouvoirs ensuite les exploiter à volonté si il en ressent le besoin. C'est pas mauvais, mais c'est franchement visible. On sent que l'auteur invente progressivement, et même si c'est bon j'ai eu parfois l'impression que c'était un peu trop fourre-tout, même si ça retombe sur ses pattes.
Autre détail important : la qualité des tomes est très inégale. Notamment le tome 5 qui m'a déçu au plus haut point (déjà Marvin n'y est plus) parce qu'il manque une bonne partie des personnages, que l'auteur use de grosses facilités et que certaines choses m'ont beaucoup moins plus que le reste. On sent que l'auteur à innové sur ce qu'il y avait avant et que ce n'est pas du tout dans la continuité des choses. Le premier tome démarre en force, et ensuite ça fluctue franchement d'un tome à l'autre, je vous conseille de faire attention à ça si vous le lisez.

Mais en dehors de ces "défauts", je dois bien dire que le reste du livre est génial. L'auteur rivalise d'absurdité et d'inventivité, comble d'humour les trous du livre et m'a fait pleurer de rire plus d'une fois. C'est tellement bon d'avoir un concentré d'humour à ce point là, sans compter les idées qui fusent toutes les deux pages, à chaque fois plus surprenante et plus incroyables, sortant complètement de l'ordinaire de ce qu'on trouve en SF et si bien mis en scène qu'elles en seraient toutes crédibles. Je ne peux que crier au génie face à ça.


Une saga légendaire et mémorable, bien que très inégale. L'auteur n'est pas forcément le meilleur romancier que j'ai lu dans ma vie, il a un style très brouillon et un peu fourre-tout, l'histoire est remisée au second plan, mais c'est un plaisir à lire, même si on se balade dans l'univers sans rien comprendre et sans savoir où tout cela finira. C'est une aventure spatiale loufoque et débridée qui nous entrainera bien plus loin qu'on ne peux jamais l'imaginer. C'est une extraordinaire source d'humour qui tient dans la main, et que j'affectionne tout particulièrement. Alors, à lire ? 42.

(Chronique n° 102)

mardi 15 octobre 2013

Le dieu venu du Centaure (Philippe K. Dick)

Un de mes colocs m'a aimablement prêté quatre Philippe K. Dick lorsqu'il appris que je lisais tout le temps (et vite en plus). C'est donc avec une main un peu forcée que je me suis retrouvé à lire cet auteur, bien que j'ai Ubick sur ma PAL* depuis ... un moment (trois mois minimum). Plongé dedans lors de voyages en train (un des moments où je lis le mieux), je n'ai pas vu le temps passer ni les pages s'enfiler. Ça va vite quand on aime ce qu'on lit ! Et là, j'ai retrouvé la vraie science-fiction, la bonne, celle qui me plait décidément énormément. Pourquoi diable ? Et bien, je vais vous le dire tout de suite.



Résumé en trois mots : Délires, Mars et Drogue

Donc, voici mon premier Philippe K. Dick ! (ça fait plaisir d'agrandir la section SF de ma bibliothèque de vrais livres de SF par des vrais et grands auteurs de SF). Je connaissais surtout les adaptations de ses livres sur divers supports et notamment en film (Blade Runner, Total Recall -celui avec Schwartzy- etc ...). Là, j'ai attaqué directement avec une de ses œuvres que je n'avais jamais connu, dont je n'avais jamais entendu parler. Au moins on démarre sur des bases saines. De tout ça, qu'en ai-je retiré ?
avec ses yeux artificiels, son bras mécaniques. Et son aura de mystère. Qui est-il ? Comment Léo va-t-il
Connaissant de Philippe K. Dick uniquement les adaptations en long métrages, je n'ai pas été déçu de retrouver les mêmes ambiances que j'ai eu dans ses livres : des personnages qui tiennent la route et qui semblent véritablement construit (et pas juste esquissé), des intrigues qui évoluent franchement entre le début et la fin, de la science-fiction, des situations vraiment futuristes et pas forcément très différentes de ce qu'on peut trouver de nos jours (notamment autour de la représentation de l'ONU ...), et bien évidemment une bonne dose de réflexion. Ici elle sera tournée autour de nombreux points : une réflexion sur Dieu et sur la foi (mais de manière vraiment subtile, c'est impressionnant), sur la vie, la possibilité de la changer, le contact avec d'autres espèces, etc ... Des monceaux de détails dans le livre qui nous invitent à réfléchir sur plusieurs aspects qu'on ne pensait pas en ouvrant le livre. Sans compter que la galerie de personnage à de quoi étonner, sans qu'on trouve de personnage héroïque.

Le tout est enrobé par un style d'écriture qui est bon, mais je ne l'ai pas trouvé incroyablement percutant. Je suis sorti assez facilement de ma lecture, mais j'étais tout de même pris par le rythme. Et j'avoue que j'ai adoré le style, qui est restée incroyablement frais malgré son âge. Les préoccupations sont encore totalement d'actualités (peut-être encore plus), et j'ai beaucoup aimé les questions qui sont posées. Car Philippe K. Dick ne donnera aucune réponse, il fera que soulever les questions, et c'est encore plus subtil de sa part. Surtout quand on voit comme c'est concentré. Sans même parler de toute les questions qu'on se pose à la fin (dans le même genre que la fin de Total Recall ou Blade Runner : finalement, il est ou non ?). Bref, dans l'ensemble c'est une excellente histoire que j'ai lu, et j'ai été charmé.


Pour mon premier Philippe K. Dick, c'est jackpot complet. L'histoire m'a plu, et énormément plu même. Le style est bon, les personnages sont très bien trouvés. L'intrigue, les questionnements, les retournements de situations, tout est bien mis en place et vous surprendra. Il est totalement impossible de prédire quoi que ce soit dans ce livre. Le suspense est d'ailleurs maintenu par le caractère des personnes, très changeant mais toujours en phase avec le personnage. Bref, tout est bon, du début à la fin, et invite largement à plusieurs considérations, tout d'abord sur le futur, mais aussi très largement sur notre présent. Une telle invitation ne se refuse pas, et à mon avis cet auteur doit être lu par tout fan de science-fiction ou tout lecteur en général. C'est un très grand roman, et je pense un très grand auteur. Je vous le redirais quand j'aurais fini le reste.

* PAL : Pile A Lire. Terme pour bibliophile qui achètent plus vite qu'ils ne lisent. J'en suis un excellent exemple

(Chronique n°79)