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lundi 27 avril 2015

Le magasin des suicides (Jean Teulé)

Premier ouvrage de cet auteur pourtant bien connu, mais je n'ai jamais cherché à le lire ni à l'acheter. Jusqu'à récemment, où je l'ai découvert en occasion et que je me suis laissé tenter par l'achat, puis par la lecture le soir même. Et je l'ai finalement fini dans la soirée, tant il est court et vite lu. Ca faisait un petit moment que je n'avais pas pris le temps de déguster un petit livre aussi court, bien posé le soir. Le temps d'une soirée, une lecture pour échapper à ce monde.


Résumé en trois mots : Déprime, Vendeurs et Monde

Le roman est très humoristique, jouant sur les contrastes de ce monde en perdition où le suicide se vend comme le reste. Le ton reste volontairement dans l'humour noir, et tout tourne autour de cette joie de vivre que vient contrebalancer la morosité ambiante. C'est à la fois, dans une certaine part, une anticipation plutôt noire sur le climat et la mentalité, mais aussi une formidable bouffée d'optimisme sans faille et sans fin. C'est la joie de vivre de tout les instants et sans même chercher à être heureux. La joie d'une famille qui est malheureuse.

En toute honnêteté, j'ai adoré ce livre. Vraiment, bien que la lecture fut très rapide et plaisante, j'ai été happé dans ce monde sombre et triste où la mort se vent et l'espoir fait figure d'étrangeté. C'est le genre de livre qui invite à sourire béatement, sans se poser de question, qui propose de simplement se dire que la vie est formidable sous tout ses aspects et qu'elle vaut largement la peine d'être vécue, encore plus ici dans notre monde à nous. Un livre optimiste et débordant de bonne humeur, bien que la fin sombre surgisse un peu brutalement. Mais c'est la touche finale d'une histoire qui tend vers l'optimisme. Et par ces temps souvent moroses, je ne peux que vous dire que c'est le genre de livre à lire. Une bouffée d'air frais qui fait du bien.

Un petit livre qui met en joie, et qui m'a bien plu, c'est certain. J'ai aimé, de façon simple, cette histoire, ce défilé de morosité et d'optimisme débordant, tout autant que l'ingéniosité de la mort, sous toutes ses formes. Une lecture qui m'a fait sourire et à laquelle je repense en me sentant un peu plus léger dans ce monde-ci. On est pas si mal, dans notre époque. A lire, c'est vite lu et bien lu !

(Chronique n°265)

mercredi 18 février 2015

Mortimer (Terry Pratchett)

Quatrième tome des annales du Disque-Monde, nous progressons dans la découverte de cet univers, et après avoir vu les mages de l'université et les ruelles d'Ankh-Morpork, nous arrivons dans le royaume obscur du personnage le plus implacable du Disque-Monde : La Mort, brave garçon (oui, c'est un homme) qui s'occupe gentiment de tuer tout le monde quand c'est son heure. Et bien sur, c'est l'occasion de découvrir encore plus l'humour du plus grand auteur anglais de Fantasy humoristique. Un grand auteur, qui nous manque un peu tout de même ...


Résumé en trois mots : Enfant, Mort et Amour

Ce livre s'ouvre sur la Mort qui vient chercher un apprenti et prend donc le jeune Mortimer avec lui pour lui enseigner le rude métier qui consiste à prendre la vie aux gens quand celle-ci est finie. Mais évidemment, même si Mortimer va mettre toute sa bonne volonté et chercher à satisfaire son maitre, le chemin pour devenir la Mort n'est pas le plus évident. Et c'est également difficile de deviner les conséquences de ce qu'il peut arriver quand on ne fait pas exactement ce qu'il faut faire ...

Ce livre est plutôt plaisant, même s'il n'est pas mon préféré de ce que j'ai lu jusqu'à présent. Le décalage provoqué par la mort qui s'interroge sur la vie et son sens est toujours jubilatoire, mais l'histoire en tant que tel ne m'a pas convaincu outre mesure. Elle est agréable à lire et tient la route, mais je lui ai trouvé quelques facilités un peu trop ... facile. Surtout vers la fin d'ailleurs. Après, je reconnais aussi que ce tome nous permet de faire un peu plus de découvertes sur le fonctionnement du Disque-Monde et l'organisation de la réalité. C'est également la première fois que nous abordons la famille de la mort, et celle-ci va connaitre bien des changements par la suite.

Bref, un tome dont je ressors satisfait mais pas enthousiaste comme cela arrive parfois. Ce tome reste très bon et nous plonge dans les méandres du Disque-Monde avec délice, tout en abordant pour la première fois un personnage qui ne manque pas de piquant : la Mort. C'est toujours un régal d'inventivité et de rigolade qui nous est présenté, et je ne crache jamais sur ce genre de choses. A lire, tout comme le reste.

(Chronique n°233)

mercredi 28 janvier 2015

Ubik (Philippe K. Dick)

Avant-dernier roman de Philip K. Dick que j'avais en ma possession (et je pense que je n'en rachèterais pas tout de suite), ce roman est bien souvent cité comme le chef d'oeuvre de l'auteur, à mettre sur le même pied d'égalité que Le maitre du haut-château et Blade Runner. La lecture m'a été également hautement recommandé par mon ancien colocataire, alors pouvais-je refuser de m'y plier ? Ce que j'ai fait allègrement. Et le résultat est à la hauteur d'un Philip K. Dick, mais pas vraiment de mes attentes.


Résumé en trois mots : Pouvoirs, Mort et Réalité

Voila encore un roman bien déroutant, parlant à la fois de pouvoirs psychiques, de remontée du temps, de la mort et de la réalité de nos sens. Philip K. Dick continue d'exploiter les thèmes qui l'intéressent particulièrement, tout en cherchant de nouvelles voies scénaristique.
L'auteur nous développe tout une trame centrée sur un personnage (enfin, deux, mais c'est l'un que l'on suit et l'autre qui importe), tout en apportant un personnage féminin qui n'est pas inintéressant (et particulièrement dérangeant, ou dérangée), et également un délire complet sur le sens de la réalité. Encore une fois, l'auteur fait fort, mais là c'est vraiment dérangé.

Sans vous spoiler l'histoire, à partir d'environ la moitié du roman, tout l'univers construit par Philip K. Dick (et qui semble vaste et complexe, tout les détails n'étant pas expliqués) est brutalement remplacé par un autre, avec cette fois-ci des problèmes de perception de la réalité. Et tout est à recommencer. Encore une fois, l'auteur se joue des codes classiques de la compréhension de la réalité et finit par nous faire douter de tout et de tout le monde, ne retenant au final que le héros comme point central fixe et immuable d'un univers qui peut être tout ce qu'on voudrait. A cet égard la toute fin du roman (mais vraiment, la dernière phrase) est particulièrement déstabilisante, puisqu'on ne sait plus du tout ce qu'il faut alors en tirer.

Ce qui m'a le plus perturbé, je crois bien que c'est le titre et les fausses publicités qui sont présentes dans tout le roman en utilisant le nom Ubik, ce qui m'a conduit sur une piste complètement fausse. Mais j'avoue à cet égard que je n'ai pas encore compris tout le roman et qu'une relecture sera plus que salutaire pour comprendre tout ce qu'il faut derrière ce roman qui est d'une complexité incroyable. Rien n'est simple ni ce qu'il parait être. Et en plus, l'univers derrière est plutôt riche, brouillant encore plus les pistes. C'est vraiment de la très haute intensité d'écriture.

Et c'est presque dommage que je n'ai que peu aimé au final. Car le principal problème, c'est que beaucoup de choses me semblent encore bien obscur pour que je puisse apprécier le roman. Je dois d'abord le relire et essayer de dégrossir ce qu'il y a à comprendre avant de pouvoir enfin essayer de le noter correctement dans ma mémoire. C'est déroutant comme genre de livre, qui nous perd volontairement et finit par nous perdre. Et c'est ce qui s'est passé. A un moment je me suis perdu dans le livre, et c'est vraiment dommage.

Pour moi, ce n'est pas le meilleur Philip K. Dick, et il n'atteint pas les sommets que sont Blade Runner, Le maitre du Haut-Château et Substance Mort, mais il reste très bon et c'est principalement le fait que je sois passé à côté de beaucoup de choses dans l'histoire qui m'est pénible. Je vais volontiers le relire pour tenter de comprendre ce qui m'a échappée et enfin pouvoir refermer ce livre en ayant l'esprit apaisé. Mais il reste un livre de Philip K. Dick, dérangeant et philosophique, déroutant et à part dans le monde de la science-fiction. Un tel livre est quelque chose de difficile à classer ou appréhender. Je vous recommande la lecture si vous vous sentez de taille pour l'aventure, mais ça vole haut.

(Chronique n°224)

vendredi 25 avril 2014

Le père porcher (Terry Pratchett)

Premier livre de la fantastique saga Les annales du Disque-monde que je lis, sur les conseils insistants d'un ami qui me l'a humblement soumis à me lecture, laquelle fut, il faut l'avouer, d'une rapidité assez grande. Et j'ai été très agréablement surpris du ton qui reste à la fois humoristique et en même temps sérieux, dans la grande lignée des bons romans d'humour et de fantasy (je ne sais pas si il y a une lignée, mais la formulation me plait).


Résumé en trois mots : Croyance, Noël et Humour

J'aime, j'affectionne, j'adore, je suis conquis dès qu'un livre sait allier l'humour de bonne facture à des questions plus sérieuses et qui interviennent régulièrement dans le livre. Ici, le propos a été clairement orienté autour de la croyance, bien que tout le livre soit avant tout humoristique, avec la patte de l'auteur que j'ai reconnu (cf De bons présages) et autant apprécié, sinon plus.
Il est vrai, l'humour de Pratchett est un peu spécial mais délicieux, mélange d'absurde, de réflexions tombant à pic et de pince-sans-rire. C'est agréable d'un bout à l'autre que de pouvoir en rire, sans que cela ne faiblisse ou ne disparaisse. Et les situation drôles s'enchainent sans interruption, jusqu'à des apothéoses extraordinaire (notamment la scène du magasin). J'ai souvent souris, et aussi ri tout simplement. C'est agréable, d'autant que les passages drôles ne sont pas visibles de loin.

Après, se greffe par dessus une histoire, et j'avoue qu'elle est tout simplement géniale. L'idée de traiter la fête de Noël en en changeant quelques petits détails (des sangliers plutôt que des rennes, moi je trouve ça plutôt cool !) pour en exploiter toute l'idée de la croyance, c'est juste parfait. Le thème est superbement bien traité, sous plusieurs aspects, et j'aime beaucoup la façon dont la Mort envisage les choses. C'en est presque humoristique, là aussi. Mais je trouve que la réflexion de fond est bien mené, bien amené, et bien conduite également. Et je ne parle pas des incursions d'éléments en opposition complète avec la fantasy mais intercalés si subtilement qu'il n'en parait rien (comme les ordinateurs ..).

Pour une première lecture des Annales du Disque-Monde, j'ai eu mon contentement, et je serais ravi de pouvoir y retourner (lorsque j'aurais fini ma PAL ....). Le sujet est génial, l'humour bien présent et bien trouvé, la réflexion amenée ne m'a pas déplu, il n'y a rien que je déplore. Le style est très bon aussi, on sent la maitrise de l'auteur, et ce fut une lecture rapide et agréable d'un bout à l'autre. Je ne peux que vous conseiller vivement cet ouvrage, que je classe dans ma tête comme livre à acheter pour ma bibliothèque idéale. En attendant la suite, je pense que je vais rester un peu dans la fantasy. Ça ne me déplait pas ... 

(Chronique n°172)