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lundi 22 juin 2015

Blanche Neige Rouge Sang (Collectif)

J’ai acheté ce livre pour diverses raisons, mais notamment parce que le nom de Terri Windling sur la couverture me faisait des oeillades très franches, elle qui avait su m’émerveiller avec son superbe L’épouse de bois, pour lequel j’ai toujours un gros coup de coeur dans le thème de la fantasy contemporaine. Du coup, je voulais découvrir cet ouvrage qu’elle avait contribué à écrire, bien qu’elle ne soit auteur d’aucune des nouvelles présentées ici. Mais bon, cela n’empêchait pas de le ire. D’autre part, j’apprécie énormément les contes (et les légendes, et les histoires qu’on se raconte autour d’un feu ou d’un verre, le soir, entre personnes de bon gout), et je voulais découvrir ces contes repris pour adultes de nos jours. L’idée me paraissait excellente, et je savais en outre que le sujet intéressait une amie. Donc je me suis laissé aller, et j’ai eu le livre en main bien vite.


Résumé en trois mots : Contes, Adultes et Trash

Il n’y a pas à dire, l’univers des contes, c’est bien violent. De base, la plupart des contes que nous connaissons ont été édulcorés par rapport à leurs versions d’origine, qui est plus rude, violente et impitoyable. Mais les contes contiennent beaucoup de choses, tout, pour ainsi dire, et c’est agréable de lire ici des adultes écrivant leurs propres versions des contes à destination d’autres adultes. Qu’on se le dise une fois pour toute : le conte est fait pour les enfants, le conte est fait pour les adultes. Et chacun y trouve ce qu’il veut. Alors arrêtons avec ces contes roses et sucrés à la Disney.

Ceci étant dit, je n’ai pas été subjugué par ma lecture. Si celle-ci fut très intéressante et ne m’a foncièrement pas déplue, je n’ai pas été autant émerveillé que je m’y attendais. Les reprises de contes proposées sont efficaces, mais sur l’ensemble, aucun ne m’a paru transcendant, et la plupart se contentent de reprendre le conte de manière efficace et adulte, sans ajouter de grain de sel qui fasse toute l’alchimie. J’ai d’ailleurs été étonné de lire le nom de Neil Gaiman sur la couverture, mais la nouvelle présente ici était déjà dans le recueil Miroirs et fumée, ce qui m’a gâché le plaisir de retrouver cet auteur.

Dans l’ensemble, si les contes sont très bien repris (notamment une reprise de Rapunzel et une autre du Petit Chaperon Rouge qui m’ont bien plu), rien n’est foncièrement neuf, et les préfaces me laissaient envisager d’autres contes, des reprises qui proposeraient des contes nouveaux utilisant les archétypes qu’on retrouve dans cette fameuse marmite bouillonnante des contes. C’est dommage, car j’aurai bien aimé lire quelque chose de neuf.

En tant que tel, je crois que j’ai été déçu de ne pas relire des coups de génie comme a su le faire Gaiman dans son recueil Miroirs et fumée, qui proposait une relecture d’un conte où le sens se trouvait inversé, ce que j’appréciais beaucoup plus. Là, j’ai l’impression que les auteurs ont voulu trop bien faire, et le résultat me semble assez lisse au final. C’est propre, presque trop gentil malgré des reprises parfois trash des contes d’origine. Mais rien qui ne secoue véritablement, et c’est dommage.


Un recueil dont j’attendais trop, sans doute, et qui n’a pas su combler toutes mes attentes. Je ne regrette pas ma lecture, et plusieurs contes ont retenus mon attention, mais aucun ne m’a véritablement plu au point que le recueil me marque. C’est dommage, même si cela n’empêche pas le recueil d’être bon. C’est d’ailleurs toujours sympathique de pouvoir lire des nouvelles d’auteur qu’on ne connait pas forcément, mais je reste sur ma faim, et le sentiment final est un peu trop marqué pour que je puisse vraiment le conseiller. Tout au plus ne vous le déconseillerais-je pas, sans aller jusqu’à dire que sa lecture est très fortement conseillée. Bref, à vous de vous faire votre propre avis sur l’intérêt ou non de lire ce genre de livres, mais ne fondez pas trop d’espoir, de peur d’être déçu vous aussi.

(Chronique n°285)

lundi 23 février 2015

Mécompte de fée (Terry Pratchett)

Je me suis décidé pour se tome de façon complètement aléatoire et sans la moindre idée d'où il se situait dans la saga, et principalement parce que je trouvais l'idée de couverture sympathique. On a déjà vu pire dans le choix d'un livre, non ? Et puis Pratchett restera Pratchett, le Disque-Monde restera le disque monde, et cela ne changera jamais. Les séries immanquables le resteront, et j'ai découvert ici un nouveau volume de celle que j'explore plus avant maintenant.


Résumé en trois mots : Voyage, Magie et Contes de fée

L'histoire reprend le personnage haut en couleur de Esmeralda Ciredutemps, dites Mémé Ciredutemps, sorcière de son Etat, et sa collègue et néanmoins amie Nounou Ogg. Ainis qu'une troisième comparse, Magrat Goussedail, jeune sorcière qui hérite ici d'une baguette de bonne fée. Oui, une vraie baguette comme dans les contes ! Sauf qu'ici ça transforme tout en simple citrouille. Ah oui, nous retrouvons aussi le chat de Nounou Ogg, Gredin, qui tiendra ici un rôle plutôt inattendu. Mais j'en dis déjà beaucoup.

Ce tome est à la fois hilarant, mais également rempli de clin d'oeil et de parodies, intéressant sur les personnages du Disque-Monde et enfin très complet dans son histoire. Ce qui en fait un des meilleurs de ceux que j'ai lu jusqu'à présent, il faut bien le dire ! L'idée de départ m'a semblé juste agréablement sympathique, mais les développements sont extraordinaires. Outre les personnages extrêmement sympathiques des sorcières du Royaume de Logres (qui sont en fait plus craintes pour le bazar qu'elles créent que pour leur pouvoirs), nous avons le droit en première partie à un road trip des plus hilarants et qui se permet de faites plusieurs clins d'oies bien sentis, notamment à Dracula ou au Seigneur des anneaux. Ce long périple est déjà efficace pour nous décoincer les zygomates (voir les fatiguer) mais s'ouvre ensuite une deuxième partie qui m'a renversé littéralement. Arrivé dans une Louisiane où se pratique le vaudou, mélangé à un conte de fée réel où les gens se doivent d'être heureux et de faire partie d'une belle histoire, avec le caractère en acier trempé des sorcières, mais également le chat, un bal et un nain dragueur, autant vous dire que je me suis retrouvé plié de rire bien plus souvent que je ne l'aurais cru.

Ce roman est excellent, tant par son côté humoristique que par les clins d'oeil de l'auteur qui sont disséminés dans l'ensemble du livre, mais également par le ton qui sait redevenir sérieux vers la fin et trouver une façon de rajouter de la gravité dans l'ensemble de l'oeuvre, comme souvent (mais pas trop non plus, on est pas là pour tirer les mouchoirs) et enfin conclure sur l'humour habituel de Pratchett et sortir de là avec un grand sourire sur la face.

Un excellent roman des Annales, avec ce qu'il faut d'humour et de personnages haut en couleurs, de situations absurdes et rocambolesques, de détournements, de parodies et de clins d'oeil. Sans aller dans ce qu'avait pu produire Pratchett en terme de réflexions avec l'humour, nous avons ici un simple roman humoristique qui est largement suffisant pourvu que c'est ce que l'on recherche. Je vais essayer de plonger rapidement dans les autres romans de ce trio de Sorcière et découvrir ce qu'il leur arrive encore, car j'ai vraiment beaucoup apprécié.

(Chronique n°235)

mercredi 19 mars 2014

Les contes du chat perché (Marcel Aymé)

Ah, ces contes du chat perché. Quand j'y repense, j'ai lu ce livre étant gamin ! (enfin, en partie) Et je le relis maintenant, plus de dix ans plus tard. C'est là que je suis satisfait de voir que ma mémoire est encore assez bonne pour se rappeler de certains de ces contes. Pour le reste, qu'en est-il ?


Résumé en trois mots : Animaux, Fillettes et Morale

Si les contes du chat perché sont resté dans ma mémoire, c'est qu'ils avaient un côté délicieusement humoristique dans leur déroulement, dû principalement aux caractères des animaux et au décalage qui est fait dans les contes entre les humains et toutes les bêtes qui parlent. A ce niveau là d'ailleurs, il faut dire que Marcel Aymé à bien croqué les animaux en leurs donnant à tous un caractère qui ne me semble pas tellement éloigné du réel.
Les contes se déroulent tous avec Delphine et Marinette, deux petites filles qui vivent avec leurs parents dans la campagne française et qui ont des aventures avec tout ce qui les entourent. Les autres protagonistes sont les animaux, tous doués de langages et qui s'expriment en permanence sur un peu tout les sujets. Du coup, c'est assez amusant comme décalage.
Les contes ont une morale, bien évidemment, et ceux-ci sont, pour une fois, tournés pour les fillettes et contre les parents, lesquels incarnent un côté autoritaire trop fort, mais avec bon cœur tout de même. D'ailleurs la morale prend aussi très souvent le parti des animaux contre la cruauté des humains. C'est une façon amusante d'apprendre le respect des animaux.

Cela dit, qu'en est-il de la lecture ? Personnellement j'ai beaucoup apprécié, certains contes ont une fin mitigé, avec des morts parfois, mais c'est toujours bien fait. Les contes en eux-mêmes sentent le côté vieille France, mais je trouvais que ça passait parfaitement bien. Cela dit, je ne sais pas si tout est accessible à un enfant actuel vu la différence de vie entre les deux mondes, mais je me dis que cela ne peut pas être que incompréhensible, la plupart seraient à leurs faire découvrir.

Marcel Aymé, un auteur que j'ai encore à découvrir, m'a comblé ici de son talent de conteur. Des histoires simples, amusantes et intéressantes, mais aussi cruelle et parfois le côté moralisateur semble assez détourné. Tout n'est pas forcément évident, et j'aime bien. Les contes sont rafraichissant, c'est la campagne qui nous est présentée, et ce bol d'air fait un bien fou. Je ne peux que vous recommander de vous y attarder un petit moment si vous avez l'occasion !

(Chronique n°154)

lundi 18 novembre 2013

Miroirs et fumées (Neil Gaiman)

J'ai craqué, et j'ai sauté sur ce Neil Gaiman qui est l'avant-dernier que je n'ai pas encore lu. Tout les autres je les ai déjà gobés. Celui-là, je l'ai donc fait un peu durer, sur plusieurs jours. C'est toujours un plaisir de pouvoir lire une plume aussi efficace, aussi prenante. Et toujours inventive et intéressante ? Le résultat de ce recueil ? C'est très court et très simple.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Fantastique et Prenant

Encore un recueil de nouvelles, que je me suis empressé de déguster une à une, et je n'ai rien regretté. Si, le recueil m'a semblé trop court, c'est que je n'ai pas pris assez le temps de tout déguster, c'est le dernier recueil de nouvelles de l'auteur que je pouvais lire. Je n'ai plus qu'à le relire, et je vais sans doute le faire, je n'ai sans doute pas encore assez pressé le recueil. Il est tellement bon ...

Un recueil de Gaiman, c'est comme un plat de cacahuètes. On picore, mais sans pouvoir s'arrêter. Et le tout descend sans qu'on s'en rende compte, mais peut-être une indisposition passagère du à la trop grande absorption en un coup. Je précise que c'est le cas, si on avale tout d'un coup ça fait un peu trop.

Alors, sans détailler tout le roman, que retenir ? Tout. Mais encore ? Euh ... Pour commencer par la fin, Neige, verre et pommes est juste .... Extraordinaire. Une reprise de conte, mais tellement bien faite qu'on l'a en tête lorsqu'on relit le conte de base. Sérieusement, le plus marquant du recueil et sans doute l'un des meilleurs que j'ai lu jusqu'à la.
La reine d'épée, très bon et très simple, La spéciale de Shoggoths à l'ancienne qui se déroule dans un style de Lovecraft, très bien foutu. Le troll sous les ponts, une façon originale de voir le mythe du monstre dévoreur d'enfant. Nicholas était, une fable de Noël très courte mais excellente.
Mignons à croquer, très réussi. Les mystères du meurtre, une enquête avec des anges, très réussi. J'ai adoré la mise en place de la narration.
Bon, en s'arrêtant là ça en fait 7 sur l'ensemble (31 en tout), mais tout est bon. Ajoutons tout de même que dans l'ensemble rien n'est mauvais. Certains perdent sans doute une qualité du à la traduction (que je salue d'ailleurs pour l'admirable travail qu'elle a fournie), mais je lui en suis reconnaissante car c'est très plaisant. Et puis, quelle belle musicalité de certains textes ...

En tout, le recueil est excellent. On a de tout, on picore ce qu'on veut, et j'ai adoré le principe qui explique à la base les nouvelles, parfois d'où elles viennent mais souvent simplement quelques petits points en plus dessus. J'adore ces compléments de lectures presque aussi prenant que la lecture des œuvres.


Que retenir ? Un excellent livre, un Gaiman pur jus, un auteur qui nous conte si bien des histoires, plein de petites perles qui s'enchainent dans un superbe collier et de fabuleuses histoires. J'ai été conquis par l'ensemble, la forme et le fond. Un recueil qu'on garde quelques jours, le temps de lire tranquillement chaque petite histoire, et on le fini avec un sourire aux lèvres (le dernier morceau est de choix), car c'est bon jusqu'au bout. Pas de fausse note sur cette partition. A lire, fan de Gaiman ou non, mais à lire obligatoirement. C'est superbe. 

(Chronique n°95)

mardi 29 octobre 2013

Jonathan Livingston le goéland (Richard Bach)


Un livre tout petit, tout plat. Lu en ... un quart d'heure ? Il contient des petites photographies de l'auteur, qui les a pris de son appareil. Toutes représentent les goélands. Et le livre se lit vite, bien évidemment. Il fait moins de cent pages. Et il coute 3 €. Il les vaut, largement. Je l'ai lu parce qu'il s'intégrait dans le challenge. Je ne pensais pas lire quelque chose de ce genre. Quel genre ? Celui qui vous laisse hagard, les yeux dans le vague, la tête bouillonnante, qui vous donne envie de vous exprimer, de parler, de bouger, de jaillir en dehors de vous-même dans l'instant. J'ai aimé ? Oui.


Résumé en trois mots : Goéland, Liberté et Initiation

Ce roman, je l'ai adoré. Déjà, il est court, très court. C'est d'autant plus sympathique, mais c'est juste parfaitement bien écrit. Condensé, bien résumé, sans trop de fioriture, sans se disperser. L'essence même de la chose est contenue la dedans. Sans superflu. Et le tout rapidement, des mots précis, direct. Le langage aide beaucoup. Tout est beau.

Et quelle histoire. Un conte philosophique, initiatique. Une démonstration d'idée, celle de liberté. L'exposition d'un concept clair, la liberté, moteur de tout. Une façon si belle de la mettre en scène qu'on peut crier au génie. C'est une façon belle et simple de montrer la chose. Le paradis n'existe pas comme lieu, la liberté est un droit inaliénable. On ne doit jamais y toucher. Quelle beauté dans la conception. J'en suis encore envahi.


Un livre beau. A lire, tout simplement. Court, efficace, simple, c'est exactement ce que j'appelle un livre de conte philosophique. On réfléchit sans s'en rendre compte. Classique, oui, culte, oui. Je ne peux pas ajouter grand chose. Lisez-le.

(Chronique n°86)

Et un de plus !

dimanche 6 octobre 2013

L'étrange vie de Nobody Owens (Neil Gaiman)

Un soir j'ai craqué, j'ai décidé de lire un deuxième livre après Pourquoi j'ai mangé chez mon père, et voila que je me retrouve à lire un nouveau Gaiman. Bien sur, j'ai fait ça de manière rapide, pour passer le temps avant d'aller au lit. Bien évidemment, je me retrouve à lire le livre jusqu'au bout à pas d'heure et je le referme avant de dormir, fini, avec une petite larme au coin des yeux. Ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas versé la petite larme à la fin d'un livre, et c'était divin.


Résumé en trois mots : Fantômes, Cimetière et Fantastique

Bon, déjà il faut dire les choses comme elles sont. Gaiman, je l'ai dit, je le répète encore, est un conteur. Un excellent conteur, sans aucun doute le meilleur que j'ai lu de ces deux dernières années. Ses livres se commencent vite, de façon efficace, et nous plongent dans leurs ambiances en deux minutes. On ne peut pas s'arrêter de lire. C'est vraiment extraordinaire, il nous fait voyager en dix pages et pendant plus de trois cent. Une merveille à lire.

Outre cette qualité que je souligne à nouveau tant elle me parait incroyable et preuve du talent de l'auteur (par rapport aux lectures que j'ai en ce moment, le fossé est large), je dois rappeler aussi que Gaiman à une imagination débordante. Encore une fois il a su inventer quelque chose qui m'a plu. Une idée de base simple, un enfant dont les parents sont morts sous la main du Jack de Londres est recueilli par les fantômes d'un cimetière et commence son éducation avec eux. Et là dessus, Gaiman va nous pondre une merveille d'inventivité, faite de nombreuses histoires s'entremêlant et qui peut s'apparenter à un corpus de nouvelles.

La qualité de l'ouvrage est son inventivité, à défaut de son originalité. C'est avant tout un conte, l'initiation à la vie et aux humains du héros par des morts. L'humour est omniprésent et rehausse l'ensemble avec en plus des très beaux passages et des personnages attachants, bien campés (sauf peut-être pour les Jacks, mais c'est un détail). Et le cadre du cimetière est intéressant, nous avons le droit à des développements dans toutes les aires du cimetière, avec des petits points intéressant. D'ailleurs l'essentiel des histoires se déroulent dans ce lieu.

Mais, comme dit, l'histoire n'est pas non plus extraordinaire, ou en connait pas des retournements palpitants. Rien qui n'est couru d'avance (ou presque), mais toujours très bien fait. Sans compter plusieurs jolis clins d'oeil à d'autres ouvrages (j'en ai compté un très beau à Lovecraft). C'est toujours agréable de se laisser porter par le narrateur, et j'ai eu vraiment l'impression d'entendre quelqu'un me raconter cette histoire. Très agréable comme sensation.

Bref, nous avons donc ici un ouvrage dans la droite ligne de tout ce qu'a fait Gaiman que j'ai lu : prenant, inventif, agréable à lire (on ne sent vraiment pas le temps passer) et surtout intéressant. De l'humour, un peu d'action, des bons sentiments mais bien dosés (qui m'auront fait couler une larme tout de même, mais j'ai apprécié). Tout les ingrédients d'un livre réussi.
Ce livre c'est vraiment un conte, mais dans le genre qu'on lirait le soir aux enfants avant qu'ils ne s'endorment (les illustrations aident). Je me suis senti plus jeune de quinze ans en le lisant, et j'ai adoré. Les contes pour adulte, c'est décidément une chose merveilleuse. A lire ? Évidemment !

(Chronique n°75)

lundi 23 septembre 2013

Stardust, le mystère de l'étoile (Neil Gaiman)


Cette fois-ci, j'attaque Gaiman par les productions moins cotées, celles d'ouvrage moins réputés. J'ai craqué pour celui-ci à cause de la maison d'édition (qui nous donne encore une belle couverture), et j'ai décidé de le lire rapidement dans un weekend, n'ayant pas trop le temps (oui, c'est logique). Je me suis retrouvé tout content à la fin, et maintenant que je peux le retaper, je m'empresse de faire ma chronique.


Résumé en trois mots : Conte, Etoile et Féerie

Donc, encore un Gaiman. Oui, je deviens franchement accro à cet auteur, je crois bien qu'au final je vais avoir tout ses livres. Ah, la régie me signale que c'est déjà fait ? Bon, ben dans peu de temps je les aurai tous lu alors. Enfin, quand j'aurais dégagé suffisamment de temps pour les lire. Me connaissant ça sera la semaine prochaine ....

Bref, j'ai lu rapidement ce petit conte de Neil Gaiman, qui nous régale encore une fois avec un superbe ouvrage, que j'ai vraiment dévoré en peu de temps. Gaiman reste un conteur de génie, sachant écrire suffisamment bien pour vous donner envie de lire jusqu'au bout chacun de ses livres. Ne serait-ce que pour l'ingéniosité qui s'en dégage, les multiples bonnes idées qui le parsèment ou simplement l'intrigue qui peut très bien nous réserver une petite surprise finale.

Ici, l'histoire s'inscrit résolument dans celle des contes, avec un personnages jeune qui veut aller chercher une étoile tombée du ciel, pour les beaux yeux de sa belle. Cependant, il y a plusieurs problèmes. Des sorcières, qui s'intéressent à l'étoile, des frères, qui veulent la retrouver également, mais pas pour les mêmes raisons, et surtout une foule de personnages tous plus étrange les uns et les autres qui peuplent la contrée. Car oui, cette contrée est étrange. Elle est située au-delà du mur du village, celui qui est toujours gardé, celui qu'on ne franchis qu'une fois tout les neuf ans pour la foire, celui qui marque la frontière avec le monde des fées. Et l'enfant va connaitre bien des aventures.

Ce conte résolument moderne semble décalé à bien des instants, mais possède un fil directeur classique d'un conte (une quête quelconque), mais un esprit résolument Gaiman. Plein de personnages vont intervenir, l'humour est très présent sous toutes ses formes, mais aussi des moments plus tendre et parfois un peu violent également. Le tout conduit par une main de maitre et un rythme qu'on ne relâche pas un instant. C'est aussi plaisant à lire que ses autres livres, et en le lisant, j'ai eu l'idée que ce roman doit sans doute passer encore mieux lorsqu'on le lit aux enfants, à voix haute.


Un excellent conte signé Gaiman. Si l'histoire respecte les codes du conte et reste par bien des côtés conventionnelle, elle n'en est pas moins intéressante, autant pour l'humour que pour le récit qui va nous faire voyager d'une belle façon dans ce monde féerique. Une bien belle balade, que j'ai fait sans trop réfléchir, charmé par l'ensemble du récit. Je ne peux que en conseiller la lecture, qui est à mon avis recommandé aux enfants. C'est un très bon auteur que celui-ci, et il le confirme encore une fois.

(Chronique n°69)

jeudi 19 septembre 2013

La clé des vents (Stephen King)

Stephen King, c'est un grand, un puissant, un auteur que j'adule. Alors quand je vois qu'il a sorti un livre complémentaire de sa fameuse série La tour sombre que j'ai simplement adoré (et dévoré), je me suis promis de l'acheter rapidement (j'ai mis du temps à cause du prix surtout). Le livre était court, et pris par le propos et le retour dans l'entre-deux monde, je l'ai dévoré dans la journée. Alors qu'en ressort-t-il au final ? Je vais vous dire ce que j'en ai pensé :


Résumé en trois mots : Fantastique, Fantasy et Conte

La lecture de ce livre est indissociable pour moi de la lecture de la saga La tour sombre du même auteur, mais il est bien précisé en introduction que le livre peut se lire sans connaitre cette série. Je pense que c'est faisable, mais le lecteur néophyte de l'univers de S. King perdra beaucoup de références et de nombreuses petites allusions que l'on retrouve dans ses autres livres. Je pense donc que la lecture est à faire plutôt lorsqu'on connait La tour sombre, et j'ajouterais même qu'a mon avis cette lecture devrait se faire lorsqu'on à déjà fini la série.

Chronologiquement, ce tome s'intercale entre les tomes quatre et cinq de la série, une sorte de parenthèse dans le récit, et présente un beau conte à tiroir. En fait vous suivrez le Ka-tet de Roland (en fait, un groupe de quatre personnes et un animal proche du chien), lorsqu'il doit s'arrêter pour un moment, car un coup de givre arrive (grosso modo, un refroidissement brutal et meurtrier de l'atmosphère, accompagné de vent). Le groupe est dans une maison au cœur d'une ville en ruine, et Roland leur raconte une histoire de sa jeunesse, une quête qu'il avait fait étant tout jeune pistolero. Dans cette quête, il en vint un moment à raconter une histoire à un jeune garçon. L'histoire que lui lisait sa mère étant plus jeune, celle de La clé des vents. Nous avons donc un conte dans un récit dans une histoire. Certains qualifient d'ailleurs ce livre de recueil de nouvelles, puisqu'il y en a trois imbriquées, mais je trouve qu'elles se répondent bien entre elles.

La lecture de ce récit est des plus plaisant si vous connaissez La tour sombre, puisqu'on y retrouve avec un grand plaisir les personnages de la série mère, dans une atmosphère identique. C'est comme un bon souvenir qui se rappelle à nous et nous dévoile un nouveau morceau de lui que l'on avait oublié. Je l'ai lu dans la journée, preuve encore de la qualité de la plume de S. King, qui nous entraine très facilement dans ses histoires et ne nous lâche plus.

Mais .... Mais si la plume de S. King est toujours sublime, je dois avouer que j'ai eu du mal avec certaines choses. Déjà, je dois dire que le récit de Roland est assez terne, et sans grand intérêt. Pas de rebondissement, une enquête rapide et peu intéressante. C'est très curieux comme impression, mais je dirais qu'elle ne sert qu'à préparer le conte de La clé des vents, car l'histoire manque de développement. Je ne sais pas si c'est le choix de l'auteur de base, ou s'il a décidé de raccourcir le récit, mais il manque quelque chose pour moi. Cela dit, la première partie est assez bien faite; c'est le dénouement qui est plat.
En revanche, le conte de La clé des vents est superbe. Je l'ai adoré, dans l'ambiance de cet entre-deux monde, les personnages charismatique, l'enfant extraordinaire, l'homme en noir qui revient encore une fois, les problèmes d'alcoolismes (réguliers chez S. King), une situation digne de n'importe quel conte, une certaine noirceur tout de même, ... Le récit est vraiment très bon, et les quelques morales qu'on y trouve ne sont pas niaises, loin de là. Je regrette juste un poil que les méchants soit un peu caricaturales, des grosses brutes avinés (qui, avec les imbéciles apeurés et obèses constituent les boucs émissaires de l'auteur) et un homme en noir qui ne dépareillerait pas à côté de Randall Flagg. Et le récit nous dépayse beaucoup, ce qui n'est pas pour me déplaire, évidemment.

La lecture de ce récit m'a replongé dans une ambiance que j'avais adoré et que je ne pensais plus retrouver un jour avec un œil encore vierge, et ce fut pourtant le cas. J'ai adoré la lecture de ce livre, bien qu'il soit selon moi un cran en-dessous du cycle de base, et pas l'un des meilleurs de Stephen King. Mais il reste très bon, un agréable moment de lecture assez long, pouvant nous émouvoir et nous émerveiller. Le livre est très bon dans son ensemble, sa lecture est fluide et les retrouvailles avec les personnages sont émouvantes. Je ne peux que le recommander à la lecture, car il est selon moi totalement dans l'univers de Stephen King, dans une parfaite adéquation avec les autres livres et ses thèmes favoris. Une lecture très recommandée donc.

(Chronique n°68)

 
Troisième ! Ca avance !

mardi 29 janvier 2013

Les yeux du dragon Stephen King

Si je vous cite Stephen King, il est plus que probable que vous ayez des images assez morbides dans les yeux, ce qui n'est pas ma volonté première (ne suis-je pas la gentillesse et la douceur incarnée ?). C'est pourquoi je vais remettre à plus tard la critique de l'intégralité des ouvrages de l'auteur américain adulé pour ses récits de terreur et de fantastique angoissant. Cependant, je dois dire que l'auteur est très bon -voir meilleur- dans les autres genres de livres qu'il produit. A mon humble avis, Dead Zone (plus fantastique), Running Man (anticipation) et autres Différentes saisons (quatre nouvelles) sont parmi les meilleurs qu'il écrivit. Je promets que je ferais la critique de tout les Stephen King (je crois que je les ai quasiment tous lu, sauf une poignée), mais pour l'instant, abordons un de ses meilleurs livres, et quasiment unique en son genre.

Je vous propose un conte du maitre de l'horreur : applaudissez bien fort Les yeux du dragon !

Résumé en trois mots : Conte, Magicien et Prison

Stephen King, c'est le genre d'auteur qu'il faut introduire. Et je pourrais en écrire des tonnes sur lui, car c'est un auteur assez remarquable, quant aux introductions ou précision qu'il fait dans ses livres. Mais je m'attarderais au fil des articles, il y a assez de roman pour cela.

Ah oui, et ceux qui attendent le dragon, il a été tué déjà au début du roman et sa tête est un trophée qui orne un mur du palais. Donc ne le cherchez pas dans le texte. Et en plus il s'appelait Nini. Franchement, pour un dragon c'est clairement ridicule. Enfin quoi, un dragon, mince ! Mais bon, revenons à nos moutons, comme dit si bien Bobby Lapointe.

Donc, Stephen King, charmant petit garçon de 40 ans, se rendit compte dans les années 80 que sa fille Naomi (à qui est dédicacé le livre) avait treize ans mais n'était toujours pas intéressée par ses livres, car trop sombre, avec des monstres, bref, tout ce qui ne l'intéressait pas. Du coup, il eut l'idée très remarquable d'utiliser la forme du conte pour écrire une histoire à destination de sa fille. Une idée que j'applaudirais à deux mains si ce n'était pas lui qui l'avait écrit.
« C'est l'heure du conte les enfants ! »
Rien qu'à imaginer ce psychopathe lire
une histoire à des mômes, je n'en dors plus
Car Stephen King est passé maitre dans l'art de tenir un lecteur en haleine, avec une histoire aussi bateau que celle d'un roi, d'un magicien, de deux fils et d'un royaume. Mais finissons le propos, voulez-vous ?
Précisons donc que je lis toujours en version française (je sais que c'est un tort, mais mon niveau de langue étrangère ne me laisse pas d'autre choix). C'est donc  une traduction par des gentils messieurs bilingues, mais je dois dire qu'elle est remarquablement bien faite (comme souvent avec lui d'ailleurs), on garde l'esprit et le rythme de la version originale (je reprends ici les propos de lecteurs bilingues). Bref, la version française vaut le coup. En outre, optez pour le grand format à couverture rigide. C'est plus contraignant à caser dans la bibliothèque, mais vous aurez de superbes images en sus, et celles-ci valent vraiment le coup si vous comptez le lire à des enfants. Enfin, c'est ce que je choisirais si je faisais ce genre de choses. Sinon prenez un Claude Ponti, ça passe largement mieux.

Donc nous avons un conte "pour enfant" (mais franchement, étant adulte c'est super lisible également) qui s'inscrit en droite ligne de l'héroic fantasy. Comprenez qu'il y a des magiciens, des effets spéciaux trucs magiques, et des créatures bizarres (comme des dragons). L'histoire qui s'installe est également très classique : un roi à deux fils. Peter, l'ainé. Il est grand, il est beau, il sent bon le chèvre chaud. Courageux, intelligent, il excelle dans tout les domaines, et de plus il est l'héritier légitime. Bref, tout lui sourit. A l'inverse, son petit frère, Thomas, est laid, lent, maladroit, un peu benêt, toujours dans l'ombre de son grand frère qu'il jalouse tout de même un peu. Bien évidemment, on s'attend à un conflit entre frères, mais je vous rassure tout de suite, il n'en sera rien.
Ajoutons à cette heureuse famille le magicien du roi Randall Flagg, un être malfaisant et vil, l'incarnation du vilain pas beau qui essaye de corrompre tout le monde. C'est d'ailleurs un personnage que Stephen King réutilise régulièrement dans ses romans (Relisez Le Fléau et surtout La tour sombre). Ce personnage est un méchant pas beau qui veut causer la pagaille au royaume. Pour quelles raisons ? Et bien ... Il est méchant. Et le chaos c'est son truc. Pour plus d'infos sur lui, voyez plutôt le cycle de La tour sombre, c'est plus parlant. Retenons qu'il est méchant. Point.
Donc cette heureuse famille royale vit tranquillement, les jours succédant aux jours, mais on s’aperçoit vite que Flagg veut faire son petit ménage dans le royaume, et pour cela, il va agir. Je ne vous dis pas ce qui va se passer, je vous laisse le lire, mais c'est vraiment bien fichu. Le propos est assez inattendu au début, et très vite le roman s'embarque dans une aventure dont la fin est celle qui convient à un conte. Heureuse ou malheureuse, c'est à vous seul de juger, mais en tout cas Stephen King n'a pas son pareil pour faire des fins ambiguë.

Puisqu'on en est là, parlons justement des protagonistes. Car la famille royale présentée n'est pas la seule à évoluer, il y a de nombreuses personnes autour : des servants, des amis, des juges, et d'autres personnes de ce style. Tout ce petit monde va se croiser et s'entrecroiser autour d'une histoire de serviettes, de maison de poupée (dit comme ça c'est très flou, mais je vous garantis que bien expliqué, ça semble très cohérent). On est également dans des questions autour de Thomas, personnage très attachant au final, dans l'ombre de son frère ainé, très attaché à son père, mais n'osant pas pleinement le monter, craintif, manipulable et manipulé. Rongé de remords aussi, complexé par sa situation, il est à la fois comme un enfant apeuré, mais également comme un adulte irresponsable. C'est l'exemple type du personnage faible. Et pourtant ... Parfois des trésors de ressources peuvent se cacherdans des endroits inattendus. Mais là encore, je vous laisse le lire.

Le traitement de l'histoire est classiquement celui d'un conte : les gentils sont gentils, le méchant est parfaitement bien méchant, les intrigues sont celles d'un conte, ce n'est pas du tout complexe (et ce n'est pas ce qu'on recherche), mais très prenant (et assez angoissant pour un gamin je pense). En terme de recherche scénaristique, il y a de l'originalité, de l'inventivité, mais là encore, il ne faut pas forcément s'attendre à des sommets. La résolution sera très classique dans le genre, mais en même temps c'est efficace. Peut-on lui reprocher ? Dans la ligne directe, la morale est simple, mais à nouveau efficace, autour de valeurs universelles telle que l'amitié, le courage, l'honnêteté et toute ces sortes de choses qui font de nos enfants des hommes accomplis et aptes à vivre en société. Là encore, c'est classique, mais dans le genre c'est efficace. Pourquoi s'en priver ?

J'ajouterais que Stephen King apporte des idées très intéressante autour de la magie et du pouvoir qu'il confère à Randall Flagg, unique magicien mais largement pas omnipotent et puissant. Ainsi il va proposer sa vision de la boule de cristal, de l'invisibilité, ou simplement des visions. C'est très intéressant et l'impact de l'idée "Oui, mais ça ne peux pas marcher parce que ..." est amoindrie. Là encore, Stephen King sait faire preuve d'une belle ingéniosité dans son récit (c'est tout à son honneur), mais prouve également que ses recettes fonctionnent toujours : Flagg est terrifiant, et plus d'un passage est vraiment angoissant, oppressant, conduisant le lecteur à tourner les pages très vites. C'est un gros désagrément de Stephen King : on lit la plupart du temps en un seul morceau ses œuvres. C'est très très dur de décrocher. Mais bon, encore une fois, est-ce un tort ? (personnellement je pense qu'un livre est toujours plus sympathique quand on le lit en un seul morceau continu de temps, sans pauses. C'est l'occasion d'être vraiment à fond dedans, de se créer mentalement un monde et d'y rester le temps d'une lecture, mais ce n'est que mon avis). Enfin, le découpage des chapitres est bien fait, avec un double effet : la lecture est plus prenante, s'arrêtant au milieu de passages clés, mais en même temps si on lit avec son enfant le soir, il est plus facile de faire des pauses. Encore un atout.


En conclusion, Stephen King fait ici une adaptation de conte qui est à la fois très classique dans le traitement et dans la morale, mais qui, en même temps, propose quelques innovations par rapport à la moyenne d'âge visée et contient beaucoup de bonnes idées. On peut regretter un manichéisme très primaire, un méchant tellement méchant -notamment autour de son but, très flou- qu'il perd quelque crédibilité, et quelques passages un peu angoissant si on le lit à un enfant en bas âge. Attendez plutôt qu'il ait dans les douze ou treize ans pour lui lire. Mais pour un adulte, ça reste un excellent roman, simple et efficace, qui touche son but. Et pour une fois, il n'empêche pas de dormir (pour un Stephen King, c'est assez rare). Comme dit, la version en grand format illustrée est un bel ouvrage et une petite merveille pour les yeux. Ne vous en privez pas.

(Chronique n°3)