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lundi 29 juin 2015

La voie martienne (Isaac Asimov)

J'avais complètement oublié cette chronique que je me devais de faire sur l'auteur que j'ai le plus lu pour l'instant depuis l'ouverture de la roulotte, l'excellent, l'admirable, l'extraordinaire Isaac Asimov, génie reconnu et admirable de la science-fiction. Je répare donc cette erreur, avec ce nouveau tome qui présente encore une fois des nouvelles de ce géant de la littérature.


Résumé en trois mots : Autres mondes, Espace et Enquête

Le recueil est très court, et ne comporte en tout que quatre nouvelles différentes, assez longues. Bien que ce soit plusieurs styles différents, on retrouve totalement le Asimov que nous connaissons bien, avec un côté polar très marqué, une minutie dans ses enquêtes et des précisions scientifiques, mais également avec les préoccupations habituelles, notamment le devenir de l’humanité, la transformation de l’humain au contact de la technologie et d’autres mondes, tout en suivant l’habituel humour dont il sait nous régaler à chaque fois.

La première, qui donne son nom au recueil, est sans doute la plus intéressante, avec une narration qui change un peu de ce que j’avais l’habitude de lire de sa part, tout en proposant une image très forte autour de l’humanité, pas forcément à son avantage d’ailleurs. Par contre, la façon d’envisager la nouvelle laisse songeur sur des possibles développements extra-terrestre. Encore une fois, un avenir qui laisse songeur, et qui m’interpelle sur notre conduite en tant que société humaine. En lisant ce genre de nouvelles, je me dis que si plus de gens acceptaient de lire de la science-fiction de ce style, le monde pourrait être bien plus agréable à vivre.

Dans l’ensemble, les autres nouvelles sont bonnes sans être remarquablement notables. Une enquête, une nouvelle humoristique dont la chute m’a surpris, et pour le reste c’est de la forme tel qu’Asimov nous a déjà présenté. Ni meilleur, ni moins bon. Le désavantage, c’est qu’après tant de lecture de ses nouvelles, ça ne renouvelle pas fondamentalement le genre, et j’ai parfois un peu l’impression de moins me laisser porter que d’habitude. Le renouvellement manque un peu, mais en même temps je rattrape toutes ses nouvelles de jeunesse, et je dois bien dire que c’est dans les écrits plus tardifs que j’ai noté tout le potentiel d’Asimov.


Un recueil de nouvelles très bon, comme d’habitude avec cet auteur, mais qui ne propose pas de renouvellement important de la part de l’auteur. Si vous n’avez pas encore lu de Asimov, c’est peut-être un bon moyen pour découvrir le style et l’auteur, en picorant un peu de ses différents styles, mais si vous êtes un fervent lecteur déjà bien accro à ses nouvelles, le recueil ne semble pas indispensable comme peuvent l’être d’autres. A lire, certes, mais pas un indispensable.

(Chronique n°287)

mercredi 29 avril 2015

Rendez-vous avec Rama (Arthur C. Clarke)

Le dernier lu de ma fantastique PAL qui grossit plus vite que je ne peux la descendre, malgré mes efforts. Heureusement, je peux compter sur certains auteurs que je connais assez bien a présent pour aller un peu plus vite dans mes lectures. Et c'est le cas de ce Arthur C. Clarke, que j'affectionne tellement et que j'ai eu le plaisir de retrouver pour un livre de hard science-fiction, un nouveau petit livre qui m'a fait planer dans l'espace.


Résumé en trois mots : Espace, Vaisseaux et Exploration

C'est un opus très différent de ce que j'avais déjà lu de Arthur C. Clarke, bien que dans le fond il y ai les mêmes bases que dans l'univers de 2001, l'odyssée de l'espace. Entre autre, les planètes colonisés (sauf Venus), les vaisseaux a puissance plus grande que ce qu'on connait actuellement, ou les différentes spécialisations des humains dans l'univers.

Comme à chaque fois, dans l'univers de Arthur C. Clarke, les informations techniques sont légions et parsèment le livre sans pour autant être envahissantes ou centrales. Ce sont toujours des supports de l'histoire, ce qui est parfait car l'assimilation se fait sans la moindre difficulté. Personnellement je suis toujours autant fan de ces explications scientifiques qui sont générées en permanence, tout en ajoutant de la crédibilité à l'ensemble. D'autre part cela renforce aussi le potentiel d'accroche du livre, entre autre lorsque les ressorts scénaristiques reposent dessus.

Ce livre est prenant, d'un bout à l'autre, même si on peut se sentir au final un peu frustré devant la fin, que j'ai adoré pour son ouverture. Tout est laissé aux interprétations les plus diverses et aux spéculations de la part des lecteurs. C'est d'autant plus ouvert à l'imagination, du coup.
Mais c'est encore une fois une question d'ambiance, que Arthur C. Clarke pose superbement bien. L'espace immense, le vide et le froid, le silence, la chaleur et l'immensité, tout est là pour nous mettre dans cette ambiance proprement époustouflante de la SF, et je reste toujours béat devant ces descriptions de voyage dans le vide sidéral.

Un livre magnifique et superbe, donc, avec une histoire prenante sous forme de grande interrogation à laquelle la réponse n'est pas clairement posée. Un livre qui nous entraine encore dans cet espace immense et vide, avec toutes les questions, tout les problèmes et tout ce qui peut exister dans cet univers. Une lecture plaisante et dépaysante, que je serais ravi de prolonger dans les tomes suivants.

(Chronique n°266)

dimanche 15 mars 2015

Seul sur Mars (Andy Weir)

J'ai vu une excellente critique de ce livre (mais impossible de retrouver sur quel blog ...*) et je me suis laissé tenter en passant en librairie. Et puis, pour une fois, j'ai vu que je le livre était conseillé par du beau monde, notamment le directeur de la Station Spatiale Internationale (s'il-vous-plait). Plusieurs bonnes raisons, donc, de me précipiter vers cette trouvaille qui me tendait les bras. Et pour une fois, je suis content ... d'avoir lu le livre très peu de temps après son achat (chose qui devient de plus en plus rare). Qui plus est, en un temps très court, mais j'adore ce grand format souple, agréable en main et à l'oeil.


Résumé en trois mots : Mars, Survie et Thriller

C'est du haut niveau que nous avons là ! Un roman qui m'a scotché littéralement dès les premières pages et qui ne m'a lâché que tout à la fin, tout au bout. Et jusqu'au bout j'étais incapable de dire ce qui allait en résulter, même si j'espérais bien.

Ce livre tient vraiment du thriller de science-fiction, un vrai morceau d'anthologie quand on le regarde. Pour un premier livre, l'auteur a tapé plus que juste ! C'est une histoire haletante, maitrisé d'un bout à l'autre, parfaitement menée et qui plus est, scientifiquement très documenté. L'auteur est dit comme passionnée d'astronomie, et je veux bien le croire. Moi, en tout cas, je m'y croyais comme jamais.

C'est l'histoire simple d'un astronaute qui est coincé sur Mars dans une mission qui s'est compliquée. Et le voila à devoir tenter de survivre pendant un long moment. Très long moment.
Ce départ très simple est extrêmement bien développé sur le long terme, avec un personnage principal attachant et a qui il arrive des choses sans cesse pire, bien que ce soit la dure réalité d'un personnage coincé dans l'espace, là où tout est dangereux. C'est une lutte de tout les instants pour la survie, mais également une lutte très longue. Très très longue.

Pour être parfaitement franc, ce livre est un coup de maitre. J'étais happé par le récit comme jamais avec un thriller. C'est le mélange délicieux avec la science-fiction qui ajoute cette couleur extraordinaire. On est suspendu à la lutte de ce pauvre astronaute, tout en ayant de la bonne science-fiction qui est très proche de ce qu'on pourrait attendre avec les connaissances actuelles. Que du réalisme pur et dur, et c'est bien agréable.
D'autre part, la documentation est excellente, tant dans le matériel utilisé (et j'adore la façon dont cela apporte au thriller) que dans la planète Mars elle-même, berceau d'une possible vie, qui se bat ici pour repartir. C'est une évasion complète, tout en gardant toujours cette tension palpable et bienvenue. J'ai adoré la façon dont c'était mené sans temps mort mais avec des périodes de relâchement. L'espace n'est pas un lieu calme et qui permet de vivre en paix, c'est un lieu de tout les dangers. Les nombreuses incursions de science sont agréables et très bien menées pour les néophytes qui comprendront l'essentiel tout en découvrant le travail énorme qu'il peut y avoir à aller dans l'espace.

Ce livre, je l'ai lu comme j'aurais lu un rapport d'une mission martienne. L'ajout de quelques scènes dans la NASA, ou de conférences de presse terrestre renforce l'atmosphère en mettant en lumière tout ce qui peut jouer en défaveur du héros. Et c'est puissant, très puissant.


Sans m'étendre à vous décrire tout le roman, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre si tant est que vous vous intéressez un peu à la science-fiction. A la fois thriller angoissant, science-fiction merveilleuse, roman puissant mais sachant garder des touches d'humour, plongé dans Mars et anticipation, ce roman est fort. Pour un premier roman, l'auteur nous a pondu un vrai chef-d'oeuvre et je vous le recommande fortement. Foncez les yeux fermés, c'est extraordinaire.

*J'ai retrouvé, c'est dans cette vidéo de Florence Porcel : Cliquez ici !
  C'est vers 3:05, voila voila !

(Chronique n°245)

vendredi 20 juin 2014

Les robots et l'empire (Isaac Asimov)

Les robots, volume 6

Sixième et dernier tome des Robots, la série se clôt ici pour continuer dans la saga des Fondations ! (que je lirais tranquillement ... Plus tard). Nous voila à la fin de cette volumineuse saga dont l'écriture est étalée sur plus de trente ans, et dont les ficelles et les intrigues se mélangent progressivement pour atteindre cette sorte d'apogée d'un univers et d'un monde. La saga continue avec l'empire, mais le cycle des Robots est définitivement clos ici, et j'avoue que c'est avec un petit pincement au cœur que j'ai fermé ce livre. Maintenant, l'empire, puis fondation peuvent prendre place dans le monde.


Résumé en trois mots : Humanité, Robots et Guerre

La situation empire par rapport au dernier tome et la situation politique entre les mondes devient tendues. Mais, enfin, le temps est venu aux robots que nous connaissons de se dévoiler et de commencer à agir pour l'humanité.

Ce tome change beaucoup par rapports au derniers, et sur plusieurs points. L'enquête en soi n'est plus importante, bien que l'on suit une progression de l'intrigue qui se dénoue à la fin, mais celle-ci est secondaire au regard d'autres détails bien plus important. Il est l'heure de la réconciliation entre les mondes spatiens et coloniens, entre la Terre et les autres. C'est pour cela que Gladia prendra ici un rôle prépondérant, même si les héros sont bel et bien les deux robots, Giskard et Daneel. En cela, le roman se démarque complètement des autres puisqu'il propose de suivre l'évolution des pensées et de la réflexion entre les deux robots, chose que j'attendais depuis un long moment et que j'ai adoré. Mais c'est également le temps de conclure tout ce qui a été ouvert dans les autres livres, et donc de proposer ce qu'il faut pour que le roman puisse ensuite continuer tout seul. Et c'est exactement ce qui s'est passé.

Si le roman nous propose une histoire, il fait aussi parfaitement office de conclusion à l'ensemble de la saga, recollant les différents morceaux et joignant tout ce qui a été proposé dans un prolongement direct. Mais en sus, le roman nous ouvre clairement une voie royale vers d'autres possibilités, même si ce roman amorce une fin définitive de l'univers des robots. Ce ne seront plus eux le centre des histoires qui suivront et il faut s'y faire. Mais l'histoire contient encore de la réflexion et pousse plus loin le raisonnement, à la fois sur le racisme, sur l'humanité, sur la notion d'un robot devenu dieu protecteur des humains, d'une humanité scindé, du développement dans l'espace ... Les pistes de réflexions abondent et se multiplient au fur et à mesure des pages.
Si je devais néanmoins sortir une critique, je dirais que la fin m'a laissé très largement sur ma faim. Le cycle se clôt sur les robots mais laisse les humains un peu trop en dehors, notamment Gladia, qui s'efface au fur et à mesure de la lecture, ce que je trouve dommage, car elle disposait d'un sacré potentiel. Mais le livre était déjà assez gros en soi, et les robots devaient conclure cette saga.

Un final en beauté, qui arrive à conjuguer la conclusion des six tomes avec une ouverture vers d'autres horizons que seront les cycles de l'empire puis de Fondation. Asimov continue ses problématiques, toujours plus loin, mélangeant science et philosophie, réflexion et représentation. Un cycle qui incite très fortement a réfléchir à l'être humain, ses potentialités futures mais également tout ce qui fait qu'il est lui-même. Un cycle majestueux et grandiose, qui m'a captivé d'un bout à l'autre tout en me faisant m'interroger sur différentes problématiques, et qui me reste bien en tête au final, faisant de lui un cycle majeur de mes lectures. Voila ce que j'appelle de la grande littérature, et je voudrais en lire encore et encore. A quand la suite ?

(Chronique n°197)

samedi 14 juin 2014

Les cavernes d'acier (Isaac Asimov)

Cycle des robots, volume 3


Le troisième tome inaugure enfin les histoires longues et introduit les personnages que nous retrouverons au fil de la saga. En y repensant, c'est la première fois que je lis une histoire en un volume de Asimov depuis le livre Cailloux dans le ciel, mais j'ai maintenant les deux gros cycles (Les robots et Fondation) dans la ligne de mire, c'est donc parti pour des histoires plus longues. Et j'avoue que ça fait plaisir de retrouver le talent de cet auteur qui m'avait ébloui lors de ma première lecture.


Résumé en trois mots : Enquête, Robot et Spatiens

Les Spatiens, humains habitants d'autres planètes, genre qui n'est ni terrien ni extra-terrestre ... Un concept assez amusant. D'ailleurs, en y repensant, ça me rappelait un peu le cadre de l'histoire Cailloux dans le ciel, avec cette Terre vieillissante qui n'est qu'un petit morceau perdu dans l'immensité des autres espaces de l'univers.
Le livre en lui-même n'est qu'une enquête, mais pas, cette fois-ci, sur les robots. Il s'agit toujours de s'interroger sur les robots, mais d'une autre façon, et sans s'intéresser aux conditions d'actions des trois lois. Ici, la focale se fait plus sur l'interpénétration de la société par les robots et la haine viscérale que pourraient éprouver les humains au contact de ces êtres à la fois semblables à eux-mêmes et en même temps supérieur par bien des côtés. Ce qu'Asimov appelle le syndrome de Frankenstein.
J'ai beaucoup aimé ce livre, une enquête très sympathique et pour laquelle j'ai beaucoup hésité, même si le coupable m'apparaissait comme potentiel, je n'ai rien deviné jusqu'à la fin. En tout cas, elle est très bien réalisée.
J'ai beaucoup aimé le différents points de réflexions qui composent le roman, même si ceux-ci sont souvent des points déjà présents dans les nouvelles que j'ai lu, mais ils confèrent un éclairage sympathique à l'enquête qui n'est pas l'essentiel du livre.

Un bon roman, même si ce n'est pas le meilleur de l'auteur, mais qui se lit agréablement et qui invite à réfléchir encore une fois au potentiel en devenir de l'humain sur Terre, mais aussi dans le reste de l'Univers. Sans oublier, bien sur, tout ce qui caractérise cette série : les robots et leurs place dans un monde d'humain, leur interaction avec eux et tout ce qui s'ensuit. Bref, un nouvel opus toujours dans la bonne moyenne des Asimov et qui m'invite à me pencher sur le suivant assez rapidement.

(Chronique n°194)

jeudi 12 juin 2014

Un défilé de robots (Isaac Asimov)

Les robots, tome 2


Deuxième tome de la série des Robots, avec encore une fois un recueil de nouvelles (je crois bien que c'est le dernier, les autres livres de la série sont des histoires en un tome). Mais, cette fois-ci, nous avons du changement ! Et c'est tout l'intérêt d'un autre tome.


Résumé en trois mots : Robots, Lois et Problèmes

Cette fois-ci, les histoires sont centrées autour des robots (tiens, quel hasard !) mais dans un cadre terrestre. Les premiers volets nous racontaient les péripéties des robots dans l'espace, cette fois-ci nous avons le droit au développement des robots dans un environnement d'humains "normaux", où les spécialistes ne sont là que pour constater ensuite.
Dans les récits d'Asimov,  les robots ne sont pas autorisés sur Terre, par une peur qu'il appelle "Le complexe de Frankenstein", et sont donc limités aux activités extra-terrestre, ce que nous trouvons dans les histoires du premier tome. Le deuxième tome s'ouvre encore avec quelques histoires dans ce style (notamment la seconde qui est extraordinaire), mais introduit aussi les robots domestiques, aux usages courants, et qui se mettent au service des humains. Entre machination de la compagnie pour les faire apprécier d'un large public et problèmes, liées aux humains ou à l'interprétation des trois lois (Asimov lui-même s'étonne du potentiel contournement de ces trois lois si simples). En bref, beaucoup d'ingéniosité en perspective.

Et encore une fois, le charme opère. Des mini-énigmes à chaque nouvelle, dans laquelle il nous faudra trouver le détail qui éclaircie tout, sans parler de tout les aspects humains qui composent les personnages récurrents (notamment le docteur Susan Calvin), et tout ce qui invite à réfléchir autour de l'homme, la science, le supra-humain et les limites, de l'humain et de la robotique. Paradoxalement, en utilisant les robots, Asimov nous centre la plupart des récits sur l'humanité.

Excellent seconde tomes, au nouvelles variées et un peu plus longues, ce qui fait qu'on en a moins, mais toujours d'excellentes qualités. Plusieurs nous ferais presque nous émouvoir face à ces humains mis en perspective de quelque chose qui les dépasse. C'est toute une réflexion sur l'homme et la machine, sur les limites de l'humain et de sa création, les limites des possibilités et de nos futurs. Asimov nous offre philosophie et humour mélangé à de la science et du rêve. Encore une fois le cocktail parfait.

(Chronique n°193)

lundi 19 mai 2014

L'étoile et le fouet (Frank Herbert)

Mon dieu. C'est le premier Frank Herbert que je lis, mais là j'avoue que je suis impressionné. Presque trop d'ailleurs. Si le cycle de Dune est aussi difficile à aborder, je pense que je ne pourrais pas le lire jusqu'au bout. Vraiment, c'est un truc que je n'avais jamais vu. En un sens, ça me rappelle ce qu'avait fait Dick dans ses livres. Je vais vous expliquer tout cela, mais en tout cas ça dépote, c'est certain. Vraiment, impressionnant.


Résumé en trois mots : Communication, Énergie et Sentiments

Je dois bien avouer que j'ai été impressionné par bien des aspects de ce livre, par ailleurs assez court. En fait, je ressent derrière l'écriture un univers très riche qu'on ne fait que effleurer. C'est d'ailleurs plus ou moins un des problème du livre. En effet, rien n'est clairement expliqué dans le livre. L'univers présenté est complexe, ne serait-ce qu'entre les différentes espèces Xenos présentées, et c'est difficile de comprendre les interactions, les possibilités et les structures sociales, sans parler du rôle de chaque race. C'est progressivement dévoilé dans le livre, mais entre ça et les différents noms compliqués, il faut bien s'accrocher pour arriver jusqu'au bout.

Le tout est agrémenté d'une histoire assez remarquable, qui prend pour base un monde dans lequel une sorte de téléportation à été trouvée. Ce système repose sur des créatures, les Calibans, qui peuvent manipuler les tunnels éponymes. Cette façon de faire n'a jamais été comprise, et un co-sentien (si j'ai bien compris, les races extraterrestres sont classés selon qu'elle peuvent ou non ressentir des émotions mais je n'en suis absolument pas sur) exceptionnellement doué va se retrouver dans une discussion avec la dernière Calibane en vie, les autres ayant disparus dans des accidents spectaculaires et violents.

Ce qui est donc difficile à appréhender pour cause d'une trame de fond riche et peu expliquée, s'étoffe encore dans les dialogues. En effet, les discussions vont être particulièrement difficile, puisque les espèces se comprennent très mal entre elles, du à leurs différences de perceptions, voir même à la difficulté d'appréhender un langage. Cette difficulté supplémentaire fait que nous abordons un livre très complexe à lire, difficile d'abord et demandant réflexion.

Mais c'est aussi un livre génial. En effet, Frank Herbert aborde plusieurs sujets dedans, outre la divinité, le pouvoir, la communication surtout, il nous plonge dans différentes réflexions qui peuvent se retrouver à notre simple échelle. Finalement, n'avons nous pas nous aussi ces difficultés de communications entre différents être vivants ? Ici, l'échelle est beaucoup plus vaste, et nous abordons le cœur même du sens des mots. Essayez d'expliquer à une espèce consciente mais ne vivant pas sur le même plan d'existence que nous le sens du mot "manger" lorsqu'elle n'a pas de substance physique. Bref, Frank Herbert balaye en un court passage beaucoup de thématique. Mais il prend aussi en compte le principe de sentiments et semble indiquer qu'il s'agit là de l'unique chose rattachant les co-sentient entre eux. Seul l'expression et le ressentiment de sentiment nous permet de communiquer et de nous comprendre. C'est à la fois beau et très intelligent comme écriture.

Si je devais vous conseiller quelque chose pour ce livre, c'est simplement de vous accrocher et de ne pas vous laisser abattre dès les premières pages. Le livre est vraiment difficile d'accès, il faut rester concentré dessus et ne pas lâcher, mais il révèle un univers dense et une réflexion profonde. Le peu de pages ne se lit pas vite, mais il est sacrément dense, jusqu'au bout d'ailleurs. Je ne peux que vous inviter à le lire, mais soyez préparé. Il vaut mieux commencer par autre chose si vous souhaitez lire de la science-fiction. En tout cas, Frank Herbert commence à m'intéresser maintenant. Je vais commencer, je crois, son cycle de Dune sans trop attendre à présent.

(Chronique n°184)

lundi 14 avril 2014

2061, odyssée trois (Arthur C. Clarke)

Troisième livre de cette quadrilogie, également très court, que je me suis laissé aller à lire pour diminuer cette PAL qui ne me semble jamais vouloir se finir (en même temps je l'alimente trop). Nous retournons donc dans l'espace, dérivant vers les alentours de Jupiter et de son système, mais d'une façon très différente que ce que nous avions auparavant. De l'eau à coulé sous les pont, 51 ans sont passés depuis la dernière fois.


Résumé en trois mots : Jupiter, Espace et Extra-terrestre

Disons le tout de suite, j'ai été largement moins séduit par ce livre que par les autres volumes de la même série. L'histoire de ce volume est largement plus éparpillée et au final ne se centre pas sur grand chose. Je sentais au milieu du livre qu'on aurait le droit à quelque chose de trop rapide, et ce fut le cas. Beaucoup de questions, peu de réponses, peu de nouveautés par rapport au dernier tome ... C'est comme un redémarrage, mais je crois en mon for intérieur qu'il aurait mieux valu que je m'arrête au tome deux. Celui-ci n'apporte rien de plus, fondamentalement, et il ne s'y passe pas grand chose.

Le style de l'auteur est toujours plaisant à lire, et j'ai bien aimé apprendre certaines choses à propos de la comète de Halley, mais le livre en lui-même ne se justifie pas. Il manque quelque chose, comme si tout cela préparait la suite, et c'est l'impression que j'ai eu avec la dernière page. C'est une sorte d'introduction au dernier livre de la série (que j'hésite à lire maintenant). La découverte des premiers tomes s'est dissipée et je trouve dommage qu'on ai pas une histoire qui se centre plus sur quelqu'un ou quelque chose. Là, la dispersion est importante, et les pages peu nombreuses. A mon avis, c'est un coup d'épée dans l'eau pour un volume bien inférieur aux autre de la série.

Lecture pas déplaisante, mais qui m'a déçue, j'en attendais plus de la part d'un tel auteur. Cela n'enlève rien au style et aux connaissances qu'on y trouve, mais je pense que Clarke n'avais pas assez de matière pour sortir un livre complet. C'est plus de l'anecdotique qu'autre chose au sein de la série. Bref, je ne peux que vous conseiller d'éviter ce tome et d'en rester aux deux premiers de la série, bien au-dessus.

(Chronique n°167)

lundi 31 mars 2014

Flûte, flûte et Flûtes ! (Isaac Asimov)

Un recueil très court qui m'a occupé dans le trajet en train hebdomadaire (en fait, quand on fait un voyage le soir à minuit, c'est dur de se concentrer sur une longue saga, du coup j'aime bien les nouvelles). Je me suis laissé encore emporter par les récits d'Asimov, mais c'est pour la bonne cause ! Il fallait que j'avance le nombre d'article déjà prêt à être postés, puisque ce chiffre était tombé bien bas. C'est pourquoi j'ai lu ce recueil, qui fait en fait la deuxième partie de Cher Jupiter, puisqu'en France nous avons l'habitude de couper les livres anglais en plusieurs morceaux ..... (ah, l'habitude détestable !).


Résumé : Humour, Science-fiction et Espace

Encore un recueil de nouvelles donc, et à nouveau du maitre, mais cette fois-ci très court, une dizaine pas plus, et dans un style détonnant, puisqu'il s'agit d'humour pour la plupart. Et de l'humour à la Asimov.
 Les nouvelles sont, comme toujours, commentés par Asimov, avec ce qu'il faut d'humour et d'informations, parfois un peu inutiles, parfois très amusantes, des fois éclairant la nouvelle sous un autre angle. C'est une excellente choses que ces introductions/postfaces à chaque nouvelles, puisqu'on a l'impression que l'auteur est derrière nous pour nous souffler ce qu'il faut sur chaque nouvelle. C'est tout bête mais j'aime bien. Cela dit, dans une autre édition ils avaient pris le parti de mettre ces textes ajoutés en italique, ici ils ne l'ont pas fait et je trouve que ça manque un peu, surtout niveau clarté.

Outrepassant ces détails, nous avons cette fois-ci un recueil légèrement différent de d'habitude, puisque presque toutes les nouvelles sont du style humoristique (l'une d'elle notamment se fini sur un jeu de mot que je n'ai pas compris, sans doute la traduction qui en a chié). Si j'ai bien aimé, notamment la nouvelle éponyme du recueil, et que j'ai parfois sourit et une fois rit, je dois bien avouer que c'est moins ma tasse de thé que ce que j'ai déjà eu l'occasion de lire auparavant. Le style est différent, et j'accroche un peu moins, notamment parce que c'est moins informatif et surtout moins intéressant philosophiquement. Mais c'est un genre, qui peut plaire aussi.
Cela dit, les nouvelles moins humoristiques sont toujours intéressantes ! Ce n'est que celles clairement humoristiques qui me posent plus problèmes.

De tout les recueils de nouvelles que j'ai lu jusqu'à présent, je crois bien que c'est celui-ci qui m'a le moins plus, tout en restant dans l'honorable moyenne supérieure. C'est simplement un livre que j'ai trouvé moins intéressant, bien qu'ayant aussi ses côtés. Il ne m'a pas plus motivé que ça et je préfère me tourner vers d'autres genres de livres. Je ne le déconseille pas, mais Asimov a déjà fait largement mieux, alors je ne peux que vous recommander de vous tourner vers d'autres recueils.

(Chronique n°160)

jeudi 27 mars 2014

Histoires mystérieuses (Isaac Asimov)

Dernier recueil de nouvelles d'Asimov que je possédais, et sans doute le dernier avant un petit moment vu mes finances actuelles. C'est dommage qu'il soit parti si vite ... Mais cette fois-ci, nous avons encore un autre registre d'histoire du maitre ! Une autre corde à son arc, en somme. Cette fois-ci, les histoires sont des enquêtes policières ! Oui messieurs-dames ! Et avec la rigueur scientifique si caractéristique et l'humour spécial de l'auteur, comme à son habitude.


Résumé en trois mots : Enquêtes, Humour et Science

Le recueil contient une dizaine d'histoires, avec parfois un personnage d'enquêteur récurent, ou deux histoires qui présentent les mêmes personnages dans deux intrigues qui se complètent (une façon amusante de voir l'évolution du style d'écriture également).
Le tout avec tout les avantages liés à Asimov. D'abord, les fameuses précisions scientifiques, qui sont moins développés dans les nouvelles (ou alors elle prendraient trop de places), mais qui sont toujours présentes et ajoutent un fond intéressant. Ensuite, son humour parfois étonnant (surtout niveau jeu de mot) mais qui rend certaines nouvelles légères. Enfin, sa plume prenante qui nous invite encore une fois à lire jusqu'au bout alors même que l'intérêt pourrait être limité. D'ailleurs il faut souligner que certaines nouvelles sont assez peu intéressantes au final, l'histoire étant un peu facile. Mais cela n'empêche pas d'avoir envie de lire jusqu'au bout, preuve s'il le fallait d'une belle maitrise du style.

En soi, ce recueil diffère des autres par rapport à son style plus policier, qui est parfois concentré dans un indice qui nous aurait échappé et qui sera la clé, ou qui est concentré autour d'un moyen de s'en sortir, comme dans l'espace (ce qui est d'ailleurs assez souvent bien fait). Bref, ce sont plus des histoires à suspenses que des histoires à réflexions. Si j'ai apprécié notamment les personnages, qui sont dans quelques nouvelles très réussis, je trouve l'ensemble un cran en-dessous de ce que Asimov nous avait déjà proposé avec des récits comme Le robot qui rêvait ou L'homme bicentenaire, puisqu'on perd un peu le côté philosophique de l'humanité future et de ses possibles travers. Cela n'empêche pas d'avoir des superbes piques humoristiques qui m'ont bien fait rire.

Un très bon recueil, donc, quoique ce ne soit pas le meilleur du maitre de la science-fiction. Le style est très bon, tout est comme d'habitude à la bonne place, mais je trouve dommage qu'on perde le côté réflexion et philosophique que Asimov sait si bien distiller dans ses nouvelles autour des robots et des futurs de l'humanité. Cela dit, ce recueil démontre qu'Asimov sait faire ses preuves dans d'autres genre, ici le policier futuriste, et ça passe très bien, notamment en n'utilisant pas un coup d'une machine extraordinaire sortie du chapeau pour la résolution des enquêtes. Un bon recueil, pas le meilleur, mais qui est aussi agréable à lire que le reste.

(Chronique n°158)

jeudi 13 mars 2014

2010 Odysée deux (Arthur C. Clarke)

Roh, ces maitres de la science-fiction ... Quand on y pense, ce livre date de 1968. 1968 ! Plus de quarante ans aujourd'hui, vous rendez-vous compte ? Et pourtant, il n'est toujours pas passé de mode ! Incroyable, quand on y songe. Une suite à 2001 l'odyssée de l'espace, il fallait oser le faire. Le livre/film avait déjà donné beaucoup, la seconde partie allait-elle être à la hauteur de l'attente ? C'est ce genre de question que je me suis posé en commençant le livre. Les questions que j'avais en le finissant étaient plutôt d'ordre astrophysique. D'ailleurs, problème : comment obtenir les réponses maintenant ?

Résumé en trois mots : Espace, Jupiter et Extraterrestre

Le livre est sensiblement plus gros que 2001 et s'ouvre neuf ans exactement après la fameuse expédition de HAL et Dave dans la navette Discovery. Cette fois-ci, nous trouvons une autre brochette de personnages qui retournent ensemble vers Jupiter, dans l'optique double de comprendre les événements survenus neuf ans auparavant, ainsi que récupérer les informations de la navette Discovery, toujours en orbite autour d'Io. Et peut-être aussi retrouver HAL ...

Ce que j'ai adoré, encore une fois, c'est tout le côté scientifique de l’œuvre. Clarke nous balade dans l'immensité de l'espace et nous plonge dans les arcanes de Jupiter, planète gazeuse à la vie palpitante, ainsi que dans ses satellites, lieux de tant de mystères et également d'activité. Du coup, le livre explore une bonne partie de cet endroit de notre système solaire. C'est palpitant, et j'ai été émerveillé d'apprendre tant de choses, de voir tout ce qui est possible. L'univers est tellement riche de choses, tellement rempli de secrets ... Cela dit, le livre date de 1968, quid de l'actualité récente ? J'aimerai bien savoir ...

L'histoire se développe lentement, partant tranquillement de la Terre, prenant le temps de voyager jusqu'à Jupiter pour ensuite se pencher sur bien des choses. Nous nous baladerons aux clair d'Io, patinerons sur les glaces de Ganymède. Le tout assaisonné de petits moments entre membres d'équipages, de moments privés. Un excellent mélange qui nous permet de ne jamais nous ennuyer entre toutes les informations diffusés.

En bref, un excellent mélange pour le second livre de cette saga. Clarke m'a enchanté entre ses passages dans l'espace, toutes les informations et l'histoire simple mais efficace qui bascule progressivement. Les questions sans réponses dans 2001 l'odyssée de l'espace reçoivent une réponse ici, mais bien d'autres choses arrivent, et laissent au final la place pour une suite que j'ai envie de lire. Sans parler de tout ce qui rend le livre génial, notamment le style d'écriture qui reste une merveille. Un auteur de génie, c'est sur ! Et un livre que je recommande.

(Chronique n°151)

dimanche 9 mars 2014

L'homme bicentenaire (Isaac Asimov)

Je voulais me prendre un Asimov et savourer une nouvelle chaque soir, un peu dans l'optique "Petite histoire avant d'aller se coucher", mais voila ... On prend un Asimov, on ne le repose plus. J'ai englouti la première partie dans la soirée, j'ai tout fini le lendemain matin. Même pas le temps d'avoir fini de manger, j'ai pris le café avec les dernières pages. Nom de dieu, ce type est un écrivain de génie.


Résumé en trois mots : Robots, Espace et Humanité

Asimov est vraiment un des maitres de la science-fiction. Cette phrase semble banale, c'est un classique au même titre que Arthur C. Clarke, Philip K. Dick ou encore Franck Herbert, mais c'est vraiment dans son cas un maitre. Pas juste un bon écrivain, un maitre. Véritablement.

Dans ce recueil, nous retrouvons un Asimov au sommet de son talent. Les nouvelles se multiplient, et je n'irais pas jusqu'à dire que toutes sont parfaites, mais la plupart d'entre elles méritent amplement leurs statuts d’œuvres exceptionnels. C'est du grand art à la fois dans la narration, tellement prenante qu'on ne s'ennuie pas une minute, mais aussi dans le fond, à la fois scientifique et psychologique, qui pose des réelles questions de fond, de société, dans un monde qui prend progressivement un virage dans l'informatique et la robotique. Là où Asimov est extraordinaire, c'est qu'il nous décrit tout cela dans les années 75, et ce sont des sujets plus que jamais d'actualité ! C'est presque effrayant de voir parfois qu'il a tapé très proche du mille. Quand il parle d'informatique, de nouveaux problèmes (il aborde notamment plusieurs fois l'idée d'un homme polluant trop fortement son environnement ...), ou tout simplement de robotique. Il y a là des dizaines d'idées qui sont plus qu'intéressantes à exploiter. Il y a tellement à tirer de cette vieille science-fiction qui se pose des questions.

En fait ma lecture m'a presque plus laissé une impression philosophique que véritablement distrayante. C'est une lecture qui se fait à double niveau, et c'est exactement ce que j'attends d'une lecture de fiction. C'est aussi ce qui fait tout le charme des romans et des nouvelles d'Asimov, où le lecteur n'a pas la sensation d'être pris pour un con. C'est notamment le cas de certaines nouvelles aux fins ambiguë, qui laissent tout loisir à l'imagination ou la réflexion. Et je peux vous dire qu'on gamberge vite.

Bref, encore une fois Asimov tape juste, bien et fort. C'est une lecture -ô combien !- plaisante, mais qui nous permet surtout de nous poser plein de questions, et de ne pas être en reste. Et ça, croyez-moi, ça vaut tout l'or du monde. Quant au reste, c'est excellent. Bourré d'informations en tout genre, transporté dans tout les lieux imaginables en fiction, intrigué par des trames narratives changeantes, des nouvelles surprenantes et d'autres plus classiques ... Non, vraiment, tout est bon là dedans. Tout. Alors, qu'attendez-vous pour le lire ? Voila le véritable art de la science-fiction, bien loin d'un Star Wars (allez-y, fans, tapez !) ou d'un Avatar. De la vraie science-fiction. De la bonne science-fiction. Les lettres de noblesses de cet art. N'attendez plus.

(Chronique n°149)

lundi 20 janvier 2014

Cher Jupiter (Isaac Asimov)

J'ai acheté ce livre voila un long moment, sur un coup de tête, et je l'avais lu pour le finir assez enthousiaste. Mais, dans ma rapidité de prêt, je l'ai prêté sans avoir eu le temps d'en pondre une chronique, alors je m'y attelle maintenant que je l'ai retrouvé et que j'ai pu le relire à mon aise.


Résumé en trois mots : Science-fiction, Science et Humour

C'est un corpus de nouvelles, toutes très courtes (la plus longue fait une dizaines de pages seulement) sur des thèmes variés et de style encore plus variés. D'ailleurs Asimov utilise beaucoup l'humour dans ces différentes nouvelles. Le maitre du genre à fait ici plusieurs sortes de récits, mais toujours avec son même talent, c'est-à-dire de combiner l'écriture d'une nouvelle prenante avec des véritables informations scientifique et de la véritable science-fiction, qui se veut réaliste et qui cherche à savoir comment c'est possible, comment faire. Bref, c'est une combinaison de savoir réel et d'inventions d'avenir. Un duo qui marche à merveille quand c'est bien maitrisé.

Et ici, c'est parfaitement bien maitrisé ! J'admire la façon dont Asimov arrive à nous captiver dans des histoires en apparence simple, avec bien souvent des chutes surprenantes, et le tout enrobé par des informations scientifiques assez intéressantes et toujours bien documentées. Toutes les nouvelles ne se passent pas dans l'espace, mais chacune à sa façon explore tout cet univers qui nous entoure. Je ne peux que vous recommander la lecture de cet ouvrage.

Si vous souhaitez commencer un Asimov et que vous hésitez à vous plonger dans un gros pavé, je pense que ceci est fait pour vous. Une excellente lecture, simple et prenante, qui marrie différent style de nouvelle et qui vous donne envie de vous plonger plus avant dans la bibliographie de l'auteur. Je ne peux pas vous le déconseillez, si vous aimez un tant soit peu la science-fiction ou que vous souhaitez vous y plongez, je pense que vous avez là un bon moyen de démarrer doucement.

(Chronique n°125)

vendredi 27 décembre 2013

Le robot qui rêvait (Isaac Asimov)

Encore un Asimov, et avant d'attaquer les deux gros cycles (Les robots et Fondation) je me suis laissé entrainer dans ce petit recueil de nouvelles écrites dans les années 50 et 60 (si ma mémoire est bonne). Un gros pavé mais qui se lit vite, avec un tel maitre à la plume.


Résumé en trois mots : futur, robotique et intelligence

C'est assez incroyable ce qu'écrit Asimov. Il a des bonnes idées mais en plus il sait le combiner avec une plume pas mauvaises du tout, qui bien que assez carrée dans sa manière, nous entraine facilement dans ses histoires sans qu'on en décroche. Et le suspense joue aussi avec. C'est vraiment incroyable.

Le recueil est composé d'un grand nombre de nouvelles (19 en tout), de tailles variables dont certaines très longues. Nous avons le droit à des nouvelles allant des années 50 à celles écrites en 1980 et quelques, ce qui fait que le recueil est assez riche, puisqu'il propose une évolution des mœurs, des sciences et techniques, mais aussi de la vision du futur qu'on y offre. Car Asimov voit vraiment le futur. A sa façon.

Ce qui frappe, dans ces nouvelles, c'est un caractère double : social et futuriste. Une partie de ces histoires vise vraiment à deviner un futur, à entrevoir ce que pourrait être l'avenir, tandis que l'autre partie est très franchement tournée vers le social, de façon détournée, parlant de racisme et de religions, de mort et de comportement entre humain. Sans parler de nouvelles combinant les deux. Dans tout les cas, les questions se multiplient et les réponses n'arrivent que très peu. Tout ce que j'adore.

Je commence à m'habituer au style d'Asimov, qui est très bon mais très scientifique, et il faut lui reconnaitre une certaine forme de génie dans sa façon de concevoir et comprendre le monde il y a cinquante ans. La preuve est que certaines critiques sociales sont encore fondées aujourd'hui. En revanche la vision du futur est bien éloignée de ce qu'on aujourd'hui, et il me semble que l'on atteindra peu ses idées. La seule chose que Asimov n'a pas vraiment prévu, c'est l'Internet. Et à mon avis, il a raté le principal changement pour l'avenir. Sinon il accorde aussi une grande place aux robots, et quand je vois le stade où l'on en est, je ne pense pas que son futur soit accessible avant encore une bonne centaine d'année. Mais pour le reste, il y a beaucoup de pertinences dans ses propos. Notamment autour d'un ordinateur unique et surpuissant, le Multivac. Sans parler de la conception des rapports entre l'homme et la machine.

Pour faire simple, c'est un excellent recueil de nouvelles de Asimov, dans la droite ligne de ceux que j'ai pu lire jusqu'à présent, et bien représentatif de ce qu'il y avait de meilleur dans cette vieille science-fiction des années 50 jusqu'au années 80. Il innove et critique, mais si sa vision est parfois fausse, elle éclaire sur le comportement et la pensée de ces années là. Sans compter que plusieurs chutes sont drôles alors que le ton est sérieux. Quoiqu'on rit un peu jaune. Bref, le recueil est superbe et les 400 pages s'enchainent vite. Une très bonne lecture donc, recommandée, l'auteur est en forme dedans.

(Chronique n°113)

mercredi 4 décembre 2013

Spin (Robert Charles Wilson)


Un des derniers gros livres que j'ai lu et que j'ai adoré, c'est cette fois-ci de la science-fiction que je me décidais à lire, sur les conseils du bloggeur Boulet (que je vous invite à visiter si vous ne connaissez pas encore), et qui s'est révélé être finalement très attractif après un début qui m'a donné envie de le remettre à plus tard. Il suffisait d'un voyage en train et d'être coincé deux jours dans la campagne pour le finir, et maintenant que je suis de retour je m'empresse de vous livrer mon billet tout chaud.


Résumé en trois mots : Science-fiction, inventivité et réaliste

J'ai aimé beaucoup d'aspect dans ce livre, notamment le fait que les trois personnages soit complémentaires tout au long du livre, bien qu'on n'en suive qu'un. Chacun aura sa façon de gérer la situation et les changements dans le monde. Chacun aura une autre vision de la vie et sa façon de la mener. Chacun fera autrement pour vivre avec ça. C'est un détail sur lequel j'ai tiqué assez tardivement, mais qui apporte encore du charme à l'ensemble de l'ouvrage.

Mais sinon plein d'autres aspects sont particulièrement superbes, tout l'aspect technologique, tout l'aspect aussi humain et moral de la chose, en règle général les relations entre les personnages ... Tout est bien campé et contribue à rendre une histoire déjà intrigante encore plus intéressante. L'auteur à su également développer tout le monde sans tomber dans du manichéen, rajouter des petites touches bienvenues qui évitent un scénario linéaire, et en plus nous avons le droit à une trame qui respecte certains aspects et code du genre. C'est exactement le genre d'un bon roman qui se lit bien et qui contient beaucoup de bonnes idées.
J'ai juste un regret, c'est que je ne suis pas sur que je le relirais souvent, mais il m'a beaucoup plu, c'est certain. J'ai apprécié cette façon d'écrire de la science-fiction mêlé à la vie des personnes, cet étalage sur plusieurs dizaines d'années qui permet de mieux appréhender certains aspects de la personnalité et surtout la trame de base qui contient des idées excellentes. Sans compter quelques beaux moments et des passages de pure poésie qui m'ont ému.


J'ai bien fait de suivre les conseils de cet auteur au final, puisque l’œuvre m'a énormément plu, une histoire intéressante et des personnages superbes, une belle écriture et un rythme prenant, tout est en place pour passer un bon moment et c'est ce que j'ai eu. Un excellent moment de lecture qui m'a fait plaisir, j'ai apprécié de lire une aventure comme celle-ci. Qui nous fait voyager en dehors mais aussi en dedans, et d'une belle façon. J'ai adoré, et je ne peux qu'en recommander la lecture.

(Chronique n°103)

lundi 30 septembre 2013

La nuit des temps (René Barjavel)


Depuis le temps que j'en parlais, il fallait bien le faire sortir à un moment ou a un autre. Et puisque j'avais fini Le Grand secret dernièrement et qu'il m'avait fortement rappelé ce livre-ci, je me suis décidé à me reprendre une édition et le relire enfin (je l'avais emprunté à la bibliothèque la première fois). Un roman qui ne quittera plus ma table de nuit, j'en suis certain. C'est le genre de livre que j'aime tellement que je me rappelais des passages entiers avant la relecture, des phrases et des expressions, le final, beaucoup de choses en fait.
Ce livre-là, c'est une des fin les plus atroces que j'ai jamais lu. Et puis c'est aussi un de mes premiers contact avec une beauté sauvage et puissante. Et un des plus beau livre d'amour. Et aussi un excellent livre de science-fiction. Et puis .... Et puis voila la chronique de ce chef-d’œuvre que j'admire et apprécie encore autant jour après jour. Voici, Mesdames et Messieurs, le fameux, le grand, l'immense, le fabuleux ouvrage de Barjavel, La nuit des temps !


Résumé en trois mots : Amour, Science et Tragédie

Il y a des livres dont on a du mal à se défaire, malgré le temps qui a passé depuis la première lecture. Elle m'avait fortement marquée à l'époque, elle m'a encore marquée aujourd'hui lorsque je l'ai relu en une journée seulement, lisant du matin jusqu'au soir, jusqu'à plus soif ce livre que j'aime tant.
J'ai surtout relu ce livre parce que j'avais lu Le Grand secret du même auteur et que j'ai éprouvé une bouffée de nostalgie qui m'a conduite à retrouver ce livre en occasion et me le prendre fissa. Je me suis installé tranquillement et j'ai replongé dans ce récit aussi poignant que lorsque j'étais plus jeune. La lecture fut encore une fois très émouvante.


Contenant des thématiques bien ancrées dans sa période d'écriture (il fut publié en 1968 mais sans que l'auteur n'ai pris part au événement dans la rédaction), et plusieurs thématiques autour de la jeunesse sont marquées par les années soixante. Cependant, le propos du récit se concentre aussi sur la frappe nucléaire, peur de tout un monde durant des années, ainsi que sur la science et surtout sur l'amour. C'est un thème récurant de Barjavel, mais il est ici poussé au plus haut point, entre deux personnes s'aimant de façon incroyablement forte (Eléa et Païkan), ajouté à des amours naissants entre scientifiques de l'expédition, mais également des amours contrariés ou à sens unique (Eléa-Simon), mais surtout un amour de la vie et une haine profonde de la bêtise crasse. D'ailleurs le livre possède une fin qui retrace parfaitement cette idée à mon avis, mais je vous laisse admirer.

Ce qui est surtout beau dans ce livre, au-delà des petites réflexions et de l'inventivité au niveau de l'Atlantide, c'est que Barjavel parle encore une fois d'amour, mais de celui si puissant qu'il vous tire une larme lorsqu'on referme le livre (sauf si vous y êtes totalement imperméable), et qui est superbe. Barjavel à cette thématique d'un amour puissant mais souvent contrarié par quelque chose (le propos est semblable dans Le Grand Secret), associé à de la science-fiction. Ici le mariage est subtil et parfaitement en adéquation. La plume est toujours et encore belle, le récit se dévore en un rien de temps, et il n'y a pas un seul temps mort dans le déroulement de tout cela. On y trouve aussi des belles métaphores (notamment avec une métaphore la tour de Babel) qui apportent du charme à la relecture lorsqu'on redécouvre ces détails. En fait, le récit est parfait.

Ce livre, c'est un des premiers qui m'aura vraiment fait pleurer, et je dois avouer que je fus à deux doigts de recommencer à la relecture. Le récit n'a rien perdu de sa force et de son charme, malgré le poids conséquent des ans maintenant, et le propos est toujours aussi bon, que ce soit celui scientifique, celui sur l'Atlantide ou bien celui sur l'amour et la révolte étudiante. Tout est bon, du début à la fin, et celle-ci, cruelle mais belle vous laissera avec une histoire de Roméo et Juliette revisitée qui n'a rien à envier à l'original. Quand on l'a fini, ce livre se range rapidement dans la bibliothèque qu'il en faut pas perdre.
Si je ne peux que vous donner un conseil sur ce livre, lisez-le. Si je peux vous en donner deux, lisez-le et prêtez-le à ceux que vous aimer. 

(Chronique n°72)

mercredi 25 septembre 2013

Frankenstein (Mary Shelley)


Encore un classique de littérature, le genre que tout le monde connait (ou croit connaitre), c'est bien évidemment Frankenstein, dont les adaptations cinématographiques auront sublimé la créature dans des films d'horreur de série B bien connus (dont la liste serait si longue que j'y perdrais plus de temps qu'a rédiger cette chronique). Place donc au fameux monstre de littérature, à celui qui créa le mythe, voici donc Frankenstein de Mary Shelley !


Résumé en trois mots : Monstre, Créateur et Création

Donc, ce livre connu, archi-connu, lu et relu, ressassé et dont l'extraction de la substantifique moelle fut un travail de longue haleine entreprit depuis des années et sans doute aussi indigeste que cette phrase me rend donc totalement incapable de faire ici le moindre décorticage précis d'un tel monument de la littérature.
Bref, je ne peux ici que vous donner mon avis (encore une fois), sinon je vous encourage à le lire pour vous faire votre propre avis comme cela doit être le cas avec la plupart des livres de ce genre.

L'histoire est connue, mais je préfère la rappeler : Un bateau est pris dans les glaces. A bord, le jeune capitaine remonte de la glace où il dérivait un homme à moitié gelé et obstiné par une idée. Il traque un autre traineau. Cloué au lit, il raconte son histoire : Frankenstein, jeune chercheur suisse, entouré d'une famille aimante, part vivre dans une ville (Genève il me semble) et entreprend des recherches en biologie et médecine. Génie en herbe, il parvient à trouver au final la formule pour créer la vie. Mais son invention le dépasse. Effrayé par la laideur de sa créature, il s'enfuit, la laissant libre d'agir dans le monde. Un monde qui n'en veut pas. Et le créateur à des devoirs envers sa créature. A moins que ce ne soit l'inverse.

Le roman est écrit à la première personne, c'est un narrateur qui écrit à sa sœur dans la première partie, avant de laisser la parole à Frankenstein qui raconte son histoire, dans lequel la créature se retrouvera à la raconter aussi (en terme d'imbrications d'histoire c'est pas mal, surtout quand la créature raconte une autre histoire dans son récit). Il est d'ailleurs assez noir et les morts se succèdent tout au long du récit (en même temps, c'est mérité).
Le ton du récit m'a beaucoup fait penser à Dracula, sur la forme et les tournures de phrases très typées XIX ème, et puis sur certain fond, notamment question amitié, religion, croyances, bonté ... Quand on sait ce qu'a produit le XIX ème comme horreur (je déteste ce siècle), c'est assez ironique, mais le propos n'est pas là (sinon je parlerai encore demain).

Le récit à un fond très intéressant, et qui mérite plusieurs grilles d'analyse (relation entre père et fils, homme et dieu, homme et nature, créateur et son œuvre, artiste et son œuvre ...) qui conduisent à un roman complexe dans la trame, et qui mélange assez habilement les sentiments, puisque nous avons une créature haï sans qu'elle n'ai jamais rien demandé pour cela, un créateur dépassé par son œuvre et qui souhaiterai la retirer, des sentiments de haine de part et d'autres envers son opposé, mais le tout de deux points de vue. Plein de questions se posent : le créateur/la créature est-il/elle redevable à l'autre de quelque chose ? Peut-on contrôler tout ce qu'on crée ? Les métaphores abondent, et les questions soulevées sont pertinentes.

Cependant, il faut tout de même dire que le roman aurait gagné à perdre cet esprit très XIX dans le style d'écriture, et dans la narration également (je vous garantis que la description des femmes à de quoi faire hurler, d'autant plus que c'est une femme qui écrit, et que certains passages sont vraiment barbants). En tout cas, les lecteurs se régaleront d'une histoire qui n'a pas perdu beaucoup de sa force, pour plusieurs raisons, mais qui reste un peu trop ancré deux siècles en arrière et mériterait peut-être un dépoussiérage. Mais je ne crache pas dans la soupe, le roman est bon.


Ce roman, c'est vraiment de la philosophie autour de nombreuses questions et des thèmes qu'on veut y voir. L'auteure à sut bien manier les deux facettes de cette histoire pour en faire sortir tout l'intérêt (ce qu'en fait je n'ai pas retrouvé dans Dracula), et la lecture est très sympathique, assez rapide également, et se fait avec tout de même du suspense (même si je connaissais déjà la fin). En bref, le roman est toujours aussi classique mais se lit encore très bien, et je pense qu'une lecture ne peut pas faire de mal. Rien que pour son statut, et pour les débats qu'il peut succiter.

(Chronique n°70)

vendredi 12 avril 2013

Les dieux eux-mêmes (Isaac Asimov)


Mon premier Asimov ! Ça se fête ! Il faut dire que depuis le temps que j'en avais entendu parler, j'ai tardé sacrément à enfin en acheter un (surtout par manque d'argent). Et puis j'ai fini par céder à la pression qui montait en moi (et je résiste encore actuellement à celle qui me conseille le beau coffret de l'intégrale des tomes de Fondation ....) et j'ai pris un livre complètement au pif, sans doute attiré par le nom. Le résumé avait l'air sympa, pourquoi ne pas s'en priver ? J'aime bien choisir comme ça des livres complètement au hasard, c'est toujours des surprises, bonnes ou mauvaises d'ailleurs, mais on ne sait pas du tout à quoi s'attendre. Et là, .... et bien découvrons ensemble de quoi il s'agit, voulez-vous ?


Résumé en trois mots : Univers, Énergie et Lune

L'histoire est celle de notre planète, en 2037, qui a connu bien des changements et qui aujourd'hui entièrement dépendante d'une nouvelle sorte de machine : la Pompe a Électrons. Pour ne pas vous gâcher trop la lecture, je dirais que la pompe à électrons marche en échangeant de l'énergie entre deux univers parallèles. Mais voila : un scientifique a des soupçons. Il s'est attiré les foudres de celui qui a inventé ce système, et il est persuadé que la Pompe va mener progressivement l'humanité à sa perte, en faisant exploser le Soleil. Mais alors, que faut il faire ?

En fait le roman est divisé en trois parties bien distinctes, chacune ayant une autre unité de lieu (la Terre, l'autre Univers et la Lune), chacun à un autre moment, chacun avec d'autres personnages (mais tous liés d'une certaine façon) et chacun aborde le même problème sous un autre angle (découverte du problème, explication de son origine et enfin solution). Chacun va cependant aborder également des thèmes bien plus humain, notamment la vengeance envers quelqu'un qui a ruiné une carrière, l'amour entre être qui fusionnent, la physique nucléaire et l'origine du monde (pas celle de Courbet, hein !), ainsi que la vie sur la Lune, la ségrégation, le développement de la vie en dehors de notre planète, des questions d'éthiques et de morales, et plein d'autres petites choses dans ce genre.

Je dois dire que c'est ce conglomérat de plusieurs petits détails qui m'a particulièrement séduit. Par exemple la deuxième partie, se déroulant dans un autre univers, parle des créatures qui le peuplent, Solides et Fluides, leur fonctionnement et la façon de penser. Le tout est remarquablement mis en scène tant au niveau de l'inventivité du monde que du développement de l'histoire et le suspense qui s'installe. Le trio des Fluides est très intéressant puisqu'en se penchant régulièrement sur un autre point de vue, on est dans une vision qui se construit avec plusieurs approche sur chacun des personnages. J'ai trouvé l'ensemble très prenant du coup (K.A. Applegate utilise le même procédé dans Everworld). De même, le changement de personnages constamment déroute, mais comme absolument tout change en même temps, c'est d'autant plus intéressant et au final le tout est bien fait et ne laisse que peu de zones d'ombres qu'on est frustré de ne pas connaitre. j'avoue que la théorie finale sur le Big-bang est juste extraordinaire.

Par contre le livre n'est pas exempt de critiques, et celle que je formulerais en premier concerne le niveau du livre. En fait, Asimov explique beaucoup de choses dans son ouvrage. Si j'ai personnellement adoré les explications diverses, je trouve que le niveau est un peu ardu tout de même pour quelqu'un de novice en matière de physique. Si ce domaine ne vous intéresse pas du tout, inutile de vous plonger dans le livre, vous allez plus surement être blasé qu'autre chose. Ensuite, le roman peut déplaire par le fait qu'il balade justement son lecteur dans différents lieux avec différents personnage sans revenir sur les mêmes. Une partie finie, ce sont des personnages qu'on ne verra plus ou qui seront juste mentionnés. De fait, ça peut dérouter. Et enfin, je dois dire que la façon dont est construite l'histoire est surprenante et ne correspond pas trop aux classiques d'un schéma de sauvetage de l'univers. Je vous laisse découvrir, mais on peut être déçu si on attends un sauvetage hollywoodien.

Pour un premier Asimov que je lis, je suis catégorique : c'est génial. J'ai trouvé l'idée de base excellente, l'exploitation géniale, les parties superbes et d'une inventivité extraordinaire, la précision scientifique est excellente (une des plus grosses qualités d'Asimov), sur plus d'un niveau. En fait en repensant à cette série, je me rends compte qu'elle est d'une grande intelligence aussi bien dans les grandes lignes que dans les différents détails qui parsèment le roman, donnant un ton complètement réaliste à une œuvre de science-fiction. L'ensemble est vraiment très bon, du début à la fin, et j'en redemande au sortie. Donc ruez-vous dessus sans attendre, je vais pour ma part me ruer sur les autres Asimov.

(Chronique n°40)

mercredi 10 avril 2013

Jules (Emile Bravo)


Dans le genre, cette BD est un véritable supplice pour moi. D'abord la lire dans le magasin, c'est devoir se retenir pendant toute la lecture de rire, ensuite c'est l'obligation de l'acheter tant je l'aime, ensuite c'est la relecture quasi-forcée à chaque fois que je passe devant, ensuite c'est des crises de fou rire à la relecture encore, enfin c'est des grosses emmerdes le lendemain quand je pouffe toute la journée alors que les autres ne peuvent pas comprendre les blagues que j'ai retenu par cœur tant la BD me plait.
Vous l'aurez compris, aujourd'hui on parle de BD sur la science. Oui, parfaitement, je rigole sur de la science. Et j'en ai pas honte ! Car ici, la science c'est amusant ! Voyons ensemble cette série extraordinaire : Jules de Emile Bravo.


Résumé en trois mots : Science, Jeune et Humour

Déjà, je dois souligner que je ne suis pas le moins du monde objectif avec cette BD, mais je vous demande franchement de me comprendre un peu. C'est une BD que j'ai commencé au collège. Elle m'a poursuivi durant le lycée et actuellement j'ai un tome à la maison (et je cherche les autres d'occasion parce que j'ai plus un radis). J'ai beau connaitre ce tome par cœur, je continue de me fendre bien fort la gueule à chacune de mes nombreuses relectures. De quoi vous donner envie de lire tout les autres ouvrages de l'auteur.

Enfin bref, passons les détails, voyons un peu ce que le bébé à dans le ventre. Déjà, Jules c'est un jeune homme, très sympathique, qui a un petit frère un peu barjot et une famille déjantée. La mère est femme au foyer un peu de façon effacée, le père est complètement marteau, et l'ensemble de la famille est dingue. Simplement dingue. Et voila qu'on annonce que Jules à été sélectionné par le gouvernement pour participer à une exploration spatiale de grande envergure ! Il va être l'un des premiers humains à aller visiter les planètes de Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche de nous dans le système solaire. Du coup il va se retrouver dans une mission spatiale avec un peu tout et n'importe quoi comme personnes. Et là, les ennuis commencent.

En fait, Emile Bravo nous a pondu ici une série jeunesse. Une vraie série qui s'adresse avant tout aux jeunes. De quoi être étonné, lorsqu'on le lit, par la maturité du propos tout de même. L'humour est simple et bon enfant mais toujours très drôle, et surtout, Emile Bravo nous sort des théories scientifiques à chaque albums ! Dans le premier c'est la relativité du temps qui est par exemple expliqué par deux scientifiques très .... savants fous sur les bords. Mais surtout il présente tout les personnages qui arriveront ensuite dans les autres albums (notamment Tim et Salsifi qui seront récurrents mais je n'en dis pas plus). Ensuite, les tomes vont progressivement se concentrer sur plusieurs points de morales, d'éthiques, de philosophie également (questions de la famille, de la mort, de la religion ....). Le tout avec un point de vue tranchée. Emile Bravo réussit la pari de ne pas faire quelque chose de neutre et juste informatif. Il donne son avis dans chacun des sujets, et du coup j'ai trouvé que la BD a un gout d'autant plus savoureux lorsqu'on est jeune.
Enfin, elle propose également une excellente chose : de l'humour. Mais vraiment, tout le temps et sous toutes les formes possibles. Je veux dire, il n'y a pas une seule planche qui n'ai pas ses petites piques d'humour, et de bon mots. On a le droit a des petites blagues, de bon mots, de l'humour de situation, du comique de répétition, des caricatures et des clins d’œil (vous trouverez un journaliste au pull bleu et avec un chien nommé Milou XIII par exemple). En fait, lorsque vous relisez, vous vous rendez compte d'encore plus d'humour et c'est d'autant plus drôle. Dans le genre, elle égale largement La jeunesse de Picsou sur laquelle je m'étais déjà bien étendu. Mais j'avoue que Jules possède la particularité d'avoir en plus pas mal d'explications scientifiques, qui ne feront pas un physicien de votre enfant mais qui lui donneront envie de lire et de s'intéresser à d'autres choses. Et c'est quasiment sur qu'il comprendra. Attention, je ne dis pas que c'est mieux que Picsou, c'est différent (Picsou à un aperçu historique intéressant aussi).

En sus de tout cela, nous avons le droit à un dessin excellent. Il est dans la plus pure tradition de la ligne claire, mais il est extrêmement bien fait, détaillé et toujours juste. Il touche au but, et son petit côté vieillot est toujours un plaisir à lire. En plus, j'avoue que c'est un peu dans la lignée de Tintin, avec son personnage, son ambiance et ses histoires, mais c'est encore mieux avec l'humour extraordinaire qui en ressort. J'insiste beaucoup dessus, mais c'est vraiment la marque de cette série à mes yeux.
Les albums ont connu une réédition grand format par Dargaud, et du coup la série est encore plus lisible (un vrai plaisir pour les yeux et les mains). D'ailleurs il est possible que vous l'ayez lu dans Okapi dans lequel il paraissait à l'époque. De plus, la série a été primée plus d'une fois par différents organismes (je vous laisse chercher si vous y tenez vraiment), si il vous faut encore une raison de foncer pour acheter cette BD.

Je finirais par un petit point précis sur le dernier tome. Si comme moi vous avez suivi cette série depuis un long moment, vous aurez sans doute remarqué quelque chose. Sinon faite le lire à votre enfant et il comprendra. En fait la série gagne en maturité au fur et à mesure que les tomes progressent. Les questions deviennent plus philosophiques et gagnent en importance. On aborde dans le dernier l'écologie, les dérives des puissances et de l'argent, les riches et d'autres sujets dans le genre. Bien loin de la relativité et la folie d'un savant du premier tome. Emile Bravo a su faire évoluer son personnage, qui change entre les tomes et gagne certains aspects, aussi bien en bien qu'en mal. Les personnages qui l'entourent deviennent plus intriguant, il comprend plus de choses sur sa famille etc ... Et surtout, Emile Bravo ose finir le tome six sur une note presque défaitiste, contrebalancé par de l'humour évidemment, mais il n'empêche que la fin laisse des petits doutes et qu'on se pose des questions. Si j'ai pensé à ça alors que j'ai quand même plus de vingt ans, je pense que cette BD est idéale pour tout les jeunes qui s'intéressent (ou non d'ailleurs) à la BD. En 14 ans, cette BD n'a pas pris de rides et continue d'être intéressante à tout âge. La marque d'une grande BD, non ?


Destinée à un lectorat avant tout jeune, notamment des jeunes adolescent, cette BD saura ravir largement ceux qui ont dépassés cet âge. L'humour parle à tout le monde sans concession, le propos ravira tout le monde par son approche simple et efficace de la science, les personnages connaissent des évolutions dans les différents tomes, on est captivé par les personnages charismatiques et attachants ou justement horripilants. La famille de Jules me fait encore rire les albums fermés, les clins d’œil se multiplient (un Sarkozy se cache dans l'album 6) et au final vous avez une série de BD qui est immanquable pour les jeunes et pour les adultes, qui vous donne envie de prendre le chemin de la librairie pour dévaliser les autres BD de l'auteur. En tout cas, elle combine tout les signes évident d'une BD qui a le statut de culte (et même au-delà). Et j'attends avec une grande impatience la suite de la série si suite il y a. A acheter et à offrir sans réfléchir. J'en suis sur.

(Chronique n°39)