Affichage des articles dont le libellé est 4 tomes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 4 tomes. Afficher tous les articles

mercredi 29 avril 2015

Rendez-vous avec Rama (Arthur C. Clarke)

Le dernier lu de ma fantastique PAL qui grossit plus vite que je ne peux la descendre, malgré mes efforts. Heureusement, je peux compter sur certains auteurs que je connais assez bien a présent pour aller un peu plus vite dans mes lectures. Et c'est le cas de ce Arthur C. Clarke, que j'affectionne tellement et que j'ai eu le plaisir de retrouver pour un livre de hard science-fiction, un nouveau petit livre qui m'a fait planer dans l'espace.


Résumé en trois mots : Espace, Vaisseaux et Exploration

C'est un opus très différent de ce que j'avais déjà lu de Arthur C. Clarke, bien que dans le fond il y ai les mêmes bases que dans l'univers de 2001, l'odyssée de l'espace. Entre autre, les planètes colonisés (sauf Venus), les vaisseaux a puissance plus grande que ce qu'on connait actuellement, ou les différentes spécialisations des humains dans l'univers.

Comme à chaque fois, dans l'univers de Arthur C. Clarke, les informations techniques sont légions et parsèment le livre sans pour autant être envahissantes ou centrales. Ce sont toujours des supports de l'histoire, ce qui est parfait car l'assimilation se fait sans la moindre difficulté. Personnellement je suis toujours autant fan de ces explications scientifiques qui sont générées en permanence, tout en ajoutant de la crédibilité à l'ensemble. D'autre part cela renforce aussi le potentiel d'accroche du livre, entre autre lorsque les ressorts scénaristiques reposent dessus.

Ce livre est prenant, d'un bout à l'autre, même si on peut se sentir au final un peu frustré devant la fin, que j'ai adoré pour son ouverture. Tout est laissé aux interprétations les plus diverses et aux spéculations de la part des lecteurs. C'est d'autant plus ouvert à l'imagination, du coup.
Mais c'est encore une fois une question d'ambiance, que Arthur C. Clarke pose superbement bien. L'espace immense, le vide et le froid, le silence, la chaleur et l'immensité, tout est là pour nous mettre dans cette ambiance proprement époustouflante de la SF, et je reste toujours béat devant ces descriptions de voyage dans le vide sidéral.

Un livre magnifique et superbe, donc, avec une histoire prenante sous forme de grande interrogation à laquelle la réponse n'est pas clairement posée. Un livre qui nous entraine encore dans cet espace immense et vide, avec toutes les questions, tout les problèmes et tout ce qui peut exister dans cet univers. Une lecture plaisante et dépaysante, que je serais ravi de prolonger dans les tomes suivants.

(Chronique n°266)

lundi 14 avril 2014

2061, odyssée trois (Arthur C. Clarke)

Troisième livre de cette quadrilogie, également très court, que je me suis laissé aller à lire pour diminuer cette PAL qui ne me semble jamais vouloir se finir (en même temps je l'alimente trop). Nous retournons donc dans l'espace, dérivant vers les alentours de Jupiter et de son système, mais d'une façon très différente que ce que nous avions auparavant. De l'eau à coulé sous les pont, 51 ans sont passés depuis la dernière fois.


Résumé en trois mots : Jupiter, Espace et Extra-terrestre

Disons le tout de suite, j'ai été largement moins séduit par ce livre que par les autres volumes de la même série. L'histoire de ce volume est largement plus éparpillée et au final ne se centre pas sur grand chose. Je sentais au milieu du livre qu'on aurait le droit à quelque chose de trop rapide, et ce fut le cas. Beaucoup de questions, peu de réponses, peu de nouveautés par rapport au dernier tome ... C'est comme un redémarrage, mais je crois en mon for intérieur qu'il aurait mieux valu que je m'arrête au tome deux. Celui-ci n'apporte rien de plus, fondamentalement, et il ne s'y passe pas grand chose.

Le style de l'auteur est toujours plaisant à lire, et j'ai bien aimé apprendre certaines choses à propos de la comète de Halley, mais le livre en lui-même ne se justifie pas. Il manque quelque chose, comme si tout cela préparait la suite, et c'est l'impression que j'ai eu avec la dernière page. C'est une sorte d'introduction au dernier livre de la série (que j'hésite à lire maintenant). La découverte des premiers tomes s'est dissipée et je trouve dommage qu'on ai pas une histoire qui se centre plus sur quelqu'un ou quelque chose. Là, la dispersion est importante, et les pages peu nombreuses. A mon avis, c'est un coup d'épée dans l'eau pour un volume bien inférieur aux autre de la série.

Lecture pas déplaisante, mais qui m'a déçue, j'en attendais plus de la part d'un tel auteur. Cela n'enlève rien au style et aux connaissances qu'on y trouve, mais je pense que Clarke n'avais pas assez de matière pour sortir un livre complet. C'est plus de l'anecdotique qu'autre chose au sein de la série. Bref, je ne peux que vous conseiller d'éviter ce tome et d'en rester aux deux premiers de la série, bien au-dessus.

(Chronique n°167)

mercredi 5 février 2014

Alim le tanneur (Wilfrid Lupano & Virginie Augustin)

Pour tempérer et varier de mes lectures continuelles de livres, je vous propose une petite chronique sur une BD, et puisque j'ai le choix je vais vous en faire une sur une BD qui m'a marquée et qui mérite toute notre attention de lecteur. Cette BD s'appelle Alim le tanneur, et si je vous en parle, c'est parce qu'elle possède un scénario qui est bétonné avec une plume en encre trempée.


Résumé en trois mots : Religion, Réflexion et Empire

Pour bien aborder cette BD, je vous conseille de coupler la lecture avec Ayesha, la légende du peuple turquoise, qui propose également une vision sur la religion, mais complémentaire. Dans les deux cas, la façon d'aborder n'est pas la même, mais elles sont complémentaires.

Cette BD possède déjà un premier atout, et de taille : le dessin. Il est vraiment excellent, alliant beauté des paysages avec visages expressifs. Le tout bien mis en page, sans cadrages spéciaux, restant dans une veine plus classique mais largement suffisante. C'est une BD qui est agréable à regarder, les couleurs sont bien choisies, bref tout est en place pour un bon moment de lecture.

S'ajoute à cela le scénario, qui est la grande force de cette série. Déjà, parce qu'elle a su tirer profit de ce qu'il ne faut pas oublier : les personnages secondaires. Ici peu d'entre eux sont oubliés, ils ont un rôle à jouer dans l'histoire auprès du héros. Car celui-ci ne sera pas tout le temps présent. Et n'a d'héroïque que le nom. Pauvre Alim, tanneur de son état, qui subit le courroux des hommes et des Dieux, lui qui connait la vérité.
Ensuite, parce que le récit a choisi, et c'est tout à son honneur puisqu'il renforce l'ensemble, de ne pas se concentrer uniquement sur un héros. Celui-ci, bien que fil conducteur de toute la saga, n'est qu'une sorte de fil rouge conducteur, s'accrochant au récit plutôt que le supportant.
Enfin, les auteurs ont su tirer tout ce qu'il fallait d'un tel sujet. Alors qu'on pourrait s'attendre, à la lecture du premier livre, à une histoire classique, que l'on croit deviner la direction que prendra le récit, celui-ci prendra un chemin radicalement différent, jusqu'à aboutir à une fin qui retombe sur ses pieds et qui ouvre de larges perspectives de réflexions. Car oui, cette BD apporte pas mal de réflexions.

Le thème est ici la religion. Mais sous un angle très bien choisi. Je ne peux rien vous dévoiler sans éventer l'intrigue, mais sachez que les auteurs ont posés des idées très intéressantes. En outre, le récit n'est pas du tout manichéen, plusieurs personnages possèdent de nombreuses faces, et au final distinguer le bien du mal est difficile.

Le tout est enrobé dans un voyage, chaque livre ayant un autre paysage, voir même plusieurs. C'est une sorte de voyage dans un monde imaginaire mais qui fait écho directement au notre, semblant d'ailleurs dire que toutes les religions du monde sont liées, et que la critique peut les englober toutes. D'ailleurs les références à plusieurs religions parsèment le livre.

Enfin, dernier point intéressant, cette BD contient quelques passages d'humour qui allègent l'ensemble du récit, évitant ainsi de rester dans une ambiance trop lourde et pesante. Le voyage se fait parfois un sourire au lèvres, dans les superbes paysages. Mais sinon le reste est sérieux, et bien sérieux, mais intelligemment.

Cette saga de BD en étonnera plus d'un, et m'a beaucoup étonné. Le propos est résolument adulte, le ton de la BD est sérieux et le fond intelligent. Le dessin est bon, les couleurs aussi, le tout est lisible sans aucune anicroche et fait réfléchir, sans parler de faire voyager dans le récit entre les différentes parties du monde. C'est une série qui est, à mon humble avis, dans le haut du panier. En tant que tel, c'est une des meilleures séries que j'ai lu, autant pour son scénario que pour sa réflexion. Si vous avez envie de lire de la BD intelligente, bien faite, ruez-vous dessus, c'est un petit chef-d’œuvre !

(Chronique n°133)

samedi 6 avril 2013

Blacksad (Juan Diaz Canales & Juanjo Guarnido)

Là, nous commençons à aborder ce que j'appelle les monuments de la BD, les fameuses BD qui sont intouchables et possèdent un caractère quasi-sacrée. Le genre de BD que vous n'avez pas le droit de critiquer quelque soit votre avis, tant elles ont plus à la majorité du peuple, celles que vous devez avoir lu obligatoirement si vous désirez vous vanter d'avoir un minimum de culture livresque. Et c'est le fameux genre dans lequel nous retrouvons Astérix, Tintin, De capes et de crocs, Gaston Lagaffe, Blueberry, Rubrique-à-brac ou Garulfo et plusieurs autres tellement connues. Ou que vous devez connaitre, un minimum.
C'est dans ce genre de catégorie que nous allons ranger la BD qui va suivre, celle dont les graphiques ont tellement fait parler d'eux, pour leur somptuosité et leur excellente qualité graphique. C'est bien évidemment Blacksad des deux auteurs espagnols Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido (je n'écrirais pas leur noms dix fois, c'est chiant).



Le trait est bien dynamique ...
Cette BD, ce fut une micro-révolution à sa sortie, avec tout le bruit qu'elle fit (et encore aujourd'hui d'ailleurs). On a eu le droit à des albums collectors sur à peu près tout ce qui est possible, des cahiers graphiques, des albums qui expliquent l'histoire des aquarelles, des ex-libris de toute sorte, des posters, des planches originales, ... Tout ce qui est possible autour du dessin a été fait. Actuellement encore, des rumeurs circulent sur tout ce qui est fait autour de l'album, on essaye de deviner quand se fera la sortie du prochain, et les gens suivent de très près chacune des sorties liées aux albums. Ce qui est assez remarquable pour cette série, c'est l'engouement suscité au bout de seulement un album ! Actuellement la série en compte quatre, mais elle a sans aucun doute plus d'ouvrages autour que dans la série mère. Il faut bien avouer que c'est très impressionnant. Mais la série mérite-t-elle tout les éloges dont on lui fait gracieusement don ? Je dirais que c'est une question de point de vue. Je vais détailler ça.
 ... Et bénéficie d'une excellente mise en scène de surcroit

En fait, la plus grosse qualité de la BD étant le dessin, je vais commencer par le scénario. Donc, le scénario est toujours policier, avec le chat noir principal, qui s'appelle Blacksad, et qui fait détective privé de la vieille école, du genre cigarettes et imperméable fripée, qui ne gagne pas beaucoup et n'a pas énormément d'amis, un peu bourru et pas facile d'approche, plutôt enclin à la baston qu'a la parlotte. Vous voyez le genre quoi. C'est une image très classique, certes, mais qui marche toujours et qui donne dans tout les cas un héros qui est bien campé. Une forte tête, bougon, mais qui cache toujours un petit jeu, facilement sensible, qui peut cacher un cœur d'or, etc ... L'image n'est pas forcément nouvelle et très reluisante, mais elle est toujours le bienvenue. Et ça marche, c'est donc un bon point.
Et c'est très coloré et festif en plus. Le dessin, c'est véritablement ce qui fait la force de cette BD
Ensuite, les scénarios ne se concentrent pas tous dans des enquêtes policière où Blacksad est appelé. Dans le tome 1, il n'est pas mêlé à l'affaire et s'incruste, dans le tome trois il n'y a pas vraiment d'affaire et il s'invite plus ou moins dans celle qui est déjà en cours. Par contre c'est toujours une seule histoire et une seule enquête par tome, sans qu'il n'y ai de continuité entre eux mais plusieurs liens existent. Chacune des histoire est donc indépendante de l'autre. C'est pratique du coup, déjà pour ne pas avoir besoin d'acheter trente mille tomes (qui sortent sur des périodes assez longues, avec 10 ans pour 4 tomes), et l'avantage c'est de pouvoir commencer n'importe où. Par contre, j'avoue que c'est un peu embêtant de ne pas avoir de trame plus longue, qui aurait un sacré avantage en terme de suspense.
Le repos du guerrier, c'est toujours un plaisir
En revanche, les scénarios sont de nature très diverses : le premier est un polar noir, le second une enquête policière d'un bout à l'autre, le troisième est très curieux et à mon sens beaucoup moins intéressant au final, et enfin le dernier est une enquête menée avec plusieurs fils rouge, qui divise beaucoup les personnes sur son génie ou son raté. J'ai personnellement l'idée que le tome est excellent.
En plus des enquêtes, les histoires parlent de problèmes de société. Elles se déroulent dans les années 50 environ, et donc traitent du racisme entre autre (ce qui est superbement bien mis en scène avec les couleurs), mais également de la bombe nucléaire, du pouvoir de l'argent, et en dernier des conséquences écologiques. Des thèmes d'actualités en somme, mais replacés dans leurs contextes.
En fait, je pense sincèrement que les histoires ne sont pas du tout mauvaises et peuvent se relire très bien, mais je ne pense pas non plus que ce sont des sommets en termes d'imagination, ce qui est d'ailleurs très regrettable. Les enquêtes sont surtout très courtes, on est dans des événements très rapides. Du coup, les histoires n'ont pas le temps de se développer, ce qui est dommage.

Par contre, quelque chose rattrape largement le scénario, c'est le dessin. Sublime est un mot faible, et j'espère que les images que vous voyez à quel point tout est beau, travaillé, d'une excellente facture, coloré ou terne. Les personnages animaliers sont extraordinaires dans le traitement entre l'animal représenté et le caractère du personnage. Les jeux d'ombres et de lumière sont parfait, tout est vraiment beau. C'est une orgie pour les yeux, un orgasme visuel à chaque page pour ainsi dire. On s'en prend plein les mirettes ! Alors rien que ça vaut le coup, on achète l'album et on contemple chaque vignette, chaque page. C'est une fête visuelle à laquelle tout le monde est convié. Je ne peux que recommander la lecture pour cet avantage là. Je ne sais pas sur quels critères vous achetez vos BD, mais si le beau dessin vous suffit, cette BD est faite pour vous !

Blacksad, c'est simplement une des plus belle BD qui n'est jamais sortie en terme visuel, d'une extraordinaire beauté et magnifique. Les scénarios peuvent laisser plus à désirer. Le format d'une histoire par tome et dans un nombre restreint de pages ne permet pas des développements extraordinaires, mais ils tiennent toujours la route et plus d'une fois révèlent de l'ingéniosité et de l'inventivité, traitant également de problèmes à côté. Du coup, la combinaison des deux donne une BD qui est excellente, agréable à lire et un plaisir à relire. C'est une BD qui plait à tout le monde, et que vous auriez intérêt à lire également. Elle en vaut la peine.

(Chronique n°37)

jeudi 14 mars 2013

Le combat ordinaire (Manu Larcenet)


Parfois, dans le monde de la BD, il sort des personnages qui marquent leur époque de leur œuvres, bien qu'elle ne soit pas forcément fournie. Art Spiegelman n'a sorti que Maus comme BD (ou presque) et pourtant il est indéniablement un des grands auteurs du XXème siècle. Parfois, des auteurs ont une production arrêté et sont encore vivant, reconnu comme des dieux par les contemporains, tel Gotlib. Et parfois ils sont sans arrêt en mouvement, continuant à travailler dans la BD et proposer des nouveautés, des secteurs inexploités, comme Trondheim. Ces grands de la BD, ce sont des incontournables, qu'on ne peut pas rater lorsqu'on se plonge dans ce monde.
Et parfois, il y a des auteurs qui ne révolutionnent pas la BD, qui sont productifs, et qui pourtant n'ont pas inventés des genres particuliers de BD ou de dessin. Je classerait Larcenet là-dedans. C'est un auteur à la patte reconnaissable, au style faisant école, certes, mais qui n'a pas révolutionné le dessin, ni la narration. Et pourtant, je dois bien dire que ce personnage est un des artistes les plus doué que je n'ai jamais croisé. Sur les œuvres que j'ai lu actuellement, j'ai adoré toutes celles que j'ai lu, et je continuerais de les lire autant que possible, même si je sais que j'ai commencé par le haut du pavé et que je risque des déconfitures.

Maintenant que cela est dit, je vais vous présenter l’œuvre phare de ce personnage, une des plus belles séries qui n'a jamais été écrite et qui à été récompensé partout à juste titre. Une série qui est juste superbe, et dans laquelle j'aime me replonger lorsque des questionnements me viennent. Car elle arrive à poser les bonnes questions, et je suis alors mieux car j'ai la question. La réponse, on s'en fiche. Ce n'est pas important. Les questions, les bonnes, bien formulées, c'est ça qui compte seulement. C'est d'ailleurs une BD dans laquelle je tire des citations assez extraordinaires et que souvent on croit sorti d'un livre de philosophie. Mais à nouveau, pas de la grande philosophie. De la philosophie simple, poétique, que tout le monde comprend, que tout le monde perçoit. On la garde facilement en tête, et on la ressort bien facilement.

Cette BD, c'est la série superbe Le combat ordinaire de Manu Larcenet !


Résumé en trois mots : Quotidien, Philosophie et Vie

Vous connaissez le riz complet ? Et ces céréales complètent qui apportent les trois quarts des ressources différentes dont nous avons besoin dans un seul élément. Et bien ici, nous avons de la BD complète. Ce que vous cherchez, elle le propose. De l'humour ? Il y en a, et du très bon. De la poésie ? Il y en a. De la réflexion ? Il y en a. De la noirceur ? Il y en a. Du déjanté ? Il y en a. De la détente ? Il y en a.
En fait, cette BD c'est vraiment pour tout les gouts. Ça plait à tout le monde (ou presque). Et ça peut aisément se comprendre.

Pour ne pas faire trop long, car je sens déjà que je vais en faire un pâté indigeste, relisez ce que j'avais marqué sur Larcenet dans l'article sur Presque. Pour faire simple, nous aurons ici droit aux thèmes "classiques" de l'auteur déclinés sous une nouvelle forme : La paternité, les relations avec les parents, l'amour, la vie, le sens de la vie, le travail, etc ... Ces thèmes, Larcenet les repasse en boucle dans plus d'une de ses BD, mais il ne lasse jamais, explorant toujours d'une façon qui n'était pas visible auparavant.
Larcenet est un génie pour moi, mais il n'aime pas qu'on en parle en ce sens, du coup je ne le dirais pas, mais je continuerais de le penser. C'est un homme très curieux, qui semble avoir une bien piètre opinion de lui-même. C'est curieux. Mais je ne le connais pas, alors je ne ferais pas de supposition erronée à son égard.

Alors pour commencer, parlons de son trait, à Larcenet. Oui, parce qu'il possède un coup de crayon remarquable, mais en même temps évolutif. La BD est sortie entre 2003 et 2008, chez Dargaud (on s'en fout mais je le dis quand même). Le trait à pas mal évolué du fait entre le premier et le dernier tome. Notamment aux niveau des détails et de la maturité du trait. Le premier tome à un dessin plus facilement humoristique, en accord avec le propos qui contient pas mal d'humour, tandis que les tomes suivants ont des traits plus matures, plus apte à des réflexions et de la philosophie. D'autre part la colorisation est superbe (totalement subjectif comme avis) et les planches sont plus d'une fois très belles.
Alors celle-là, c'est l'une des plus
belle déclaration d'amour que j'ai
jamais lu. Simple mais tellement beau
Tiens, en parlant des planches, vous aurez droit à un procédé extraordinaire que j'ai trouvé superbe. Le personnage principal est photographe de métier. Dans le roman, il prend souvent des photos. Et certaines planches présentent ces photos, comme si il les avait réellement prises, accompagnés d'un discours du héros sur un sujet précis (et avec un rapport plus ou moins direct aux photos). Dis comme ça c'est peut-être dur de se l'imaginer, mais dans la lecture, c'est fluide et parfaitement lisible. Je n'ai malheureusement pas trouvé d'exemples sur le net, mais vous pourrez voir par vous même dans la BD. Et pour vous régaler, j'ai mis quelques planches trouvées qui, j'espère, suffiront pour vous donner l'eau à la bouche et vous inciterons à la lire. J'aimerais vraiment vous donner le gout de cette BD.

Alors, en continuant sur la lancée, maintenant que j'ai parlé brièvement du trait (oui, j'aurais pu détailler les cases, expliquer les différences avec Presque, comparer autour des façons de représenter, expliquer les cadrages, les têtes des personnages ...), je vais essayer de parler de l'histoire.
C'est celle d'un petit photographe, Marco, qui est dans un petit creux de sa vie. Il n'a pas envie de recommencer tout de suite à travailler et se pose pendant une petite période. Il sent qu'il lui manque quelque chose, qu'il n'est pas dans les bons rails de la vie. Il ressent un vide, qu'il cherche à comprendre. L'envie de faire des photos ne lui revient pas. Et durant cette période, il reste dans sa petite maison de campagne, retirée d'un peu tout, seul avec son chat. Et là, ça commence. Il rencontre ses voisins, des gens bien ou pas bien, une fille, vétérinaire, et puis la vie continue. Ce n'est pas la grande vie, la grande aventure, c'est simplement la vie de tout les jours, le combat ordinaire de la vie. On se bat, sans trêve ni repos, continuant à avancer sur le chemin.
Dis comme ça, je sens que vous vous attendez à une BD chiante et introspective. Et bien pas du tout. Les personnages sont incroyablement attachants, les situations s'enchainent sans temps mort, donnant des passages humoristiques à côté de réflexions. C'est déroutant au début, on ne rigole pas tout le temps, mais ce n'est jamais dramatique non plus. C'est comme la vie, on rit, on pleure, et on avance encore et toujours.
Ce qui est intéressant également, c'est l'évolution des personnages, puisque la série va s'étaler sur une période assez longue de plusieurs années, avec les relations à sa famille qui évoluent (notamment avec le petit frère), sa propre famille qui se constitue, son travail qu'il va reprendre petit à petit. Et puis plein de petits moments, bon ou mauvais. Notamment plus d'un très beau, mais je vous les laisse découvrir. L'ensemble est au niveau d'une BD philosophique, toujours simple, sur plein de sujets. Mais je le répète : ne cherchez pas de réponses là dedans ! Ce ne sont que des questions qui vous attendent, des questions que vous ne vous posiez pas, et plein d'autres que vous vous posiez sans trop le savoir.
Par contre je dois avouer que je n'ai aucune idée de l'impact de cette BD sur les filles, puisque le personnage principal, un garçon, fait pas mal de réflexion en rapport avec les garçons. Pour une fille, je ne sais pas l'impact qui en ressortirait. Sans doute qu'il y en aurait également un, mais très différent. Je ne sais pas trop. C'est une expérience qui se prête bien à l'essai, je vais tenter de voir si je peux motiver quelqu'un à le faire.

J'ajouterais également que le récit contient beaucoup de tendresse, les personnages étant tout ce qu'il y a de plus humain. Et surtout, ils sont normaux. Pas de gros looser qui n'arrive jamais à rien dans la vie, pas de gars qui saute par dessus une voiture en flamme en continuant à se raser sans se couper. Rien que des choses de la vie courante, pas d'extra. Des discussions politiques simples sur les positions qu'ont eux les français (la BD se déroule durant le premier mandat Chirac, sa réélection et une partie lors de l'élection de Sarkozy), mais également des avis sur la France actuelle avec une vision des banlieues que j'ai trouvé sublime (c'est dans le tome 4). D'ailleurs, la BD contient énormément de phrases superbes, de beaux discours de toute sortes et des appréciations que j'ai trouvé totalement juste. Plus d'un passage semblent avoir été écrits dans un roman et qu'on aurait mis en image. Mais non, tout n'est sorti que de la BD.

En prime, je dois dire que l'auteur nous gratifie de petits détails superbes, tels ces fameuses pages de photographies, mais également de résumés qui mériteraient à eux seuls des éloges. Le résumé au dos du premier tome est rédigé en ces termes :
"C'est l'histoire
d'un photographe fatigué,
d'une fille patiente, 
d'horreurs banales,
et d'un chat pénible"
Là vous avez le résumé complet de tout le premier tome. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve ça admirable ! Et tout les tomes ont leurs résumé ainsi. Je les trouve beau.


Et puis, tout est bon dans la BD. Les cadrages, les mises en pages, les dessins, les dialogues, la balance entre les sujets, les questions, la fin. Tout quoi. Dans le genre parfait, j'ai rarement vu mieux. C'est un roman graphique, mais avant tout c'est une BD de philosophie simple et accessible à tous. Les questions et les réflexions peuvent parler à tout âge, bien que le personnage soit déjà dans la trentaine. Marco est également une belle figure. Ce n'est pas forcément un héros auquel on s'identifie. C'est un personnage complet, qui est simplement attachant. Pour un peu on souhaiterait presque qu'il sorte de la BD, qu'on puisse parler avec lui. Et il semble également un reflet déformé de l'auteur, qui aime beaucoup la photographie et à connu bien des situations semblables à celles du livre. C'est assez net lorsqu'on compare avec d'autres ouvrages, surtout Ex Abrupto (que je chroniquerais plus tard). Il nous livre un personnage sans concession, qu'on découvrira sur tout les plans sans secret et sans faux fuyants. Il est comme un livre ouvert, et c'est un des héros que j'ai le plus apprécié dans les œuvres de BD, rempli de failles et de doutes, mais aussi de défauts et de qualités, c'est un personnage trop bien campé pour ne pas être réel.

En conclusion, avant que l'article ne fasse milles pages, je dirais simplement que Le combat ordinaire est une œuvre majeure dans le monde de la BD, malgré son apparition très récente. Il est pour moi dans le Panthéon de la BD, aux côtés d'immortels d'une autre époque, et de contemporains tout aussi légendaires. Le récit est simple, attachant, mêlant poésie et philosophie, humour et quotidien. Les personnages sont attachant, tout est réuni pour que la BD soit lisible et belle. Tout est en place, le lever de rideau peut commencer.
Si vous ne connaissez pas Larcenet et que vous voulez en lire quelque chose, commencez par celle-ci. C'est celle qui plait à tout le monde et avec laquelle Larcenet à frappé le plus juste. Il donne matière à réfléchir à tout le monde, quelque soit l'humeur. Pouvoir le relire n'importe quand et dans n'importe quel état, c'est ça la vrai force d'une grande BD. Et celle-ci en fait largement parti.

(Chronique n°24)

mercredi 6 février 2013

Péchés mignons (Arthur de Pins)

Pour bien voir les planches, cliquez et elles seront zoomés.
Pour les avoir encore plus gros, clic droit "Afficher l'image".
Là vous aurez en taille maximale.

Amis de la poésie, de la délicatesse et du bon gout, bonjour ! Aujourd'hui je vous propose d'aborder un thème qui m'est très cher : l'humour. Nous allons disserter en même temps d'un autre sujet bien connu de la bande-dessinée : le sexe ! Comme annoncé au début, il y aura de tout sur le blog, du beau, du moche, du soft et du hard. D'ailleurs en terme de hard je mijote quelque chose de vraiment beau. Mais pour l'instant, voyons plutôt ce que nous avons dans la main. Je précise également avec ce post que j'inaugure à présent les séries en BD sur ce blog, et donc vous pouvez trouver de nouveaux libellés pour ça, avec une division en nombre de tomes. D'autre part j'ai rajouté l'éditeur à chaque fois. On verra bien ce que je commente le plus.


Résumé en trois mots : Sexe, Humour et Couples

En 2006 donc, un petit homme normal nommé Arthur de Pins eut une idée géniale qu'il commença à publier dans Fluide Glaciale avant de le faire paraitre en album chez Fluide Glamour (la section spéciale osée de Fluide Glaciale). La série est découpé en gags en planche (en clair, une planche = un gag) et va se concentrer sur un jeune homme quelconque, appelons-le Arthur tiens. Comme l'auteur d'ailleurs. Oui, car en partie des situations dans la BD sont autobiographique (exagérée bien évidemment et souvent un peu modifiée, mais la base reste vraie). Et ce petit bonhomme va donc osciller dans sa vie, entre sexe d'un soir, copine longue durée, relation de merde, problèmes de couple et drague minables. Le tout avec son boulot et ses ex. Dit de cette façon, la BD semble bien clichée, mais je vous rassure, elle l'est vraiment. Et c'est drôle. Je vais tranquillement vous expliquer ça.

Donc voici le personnage principal : Arthur. Dans la vingtaine et quelques durant les premiers albums (surtout le premier) il évolue progressivement vers la figure du trentenaire qui commence à voir plus loin que les coups d'un soir.
D'ailleurs j'en profite pour expliquer tout de suite l'organisation des tomes. Le premier va présenter le personnage et plusieurs gags sur un peu tout les thèmes. C'est plus un recensement de tout ce qu'on peut trouver en gags autour du sexe en restant sympathique. Le deuxième tome va aller plus loin en proposant des histoires successives qui vont former une trame narrative vers le milieu du tome, autour de la relation d'Arthur avec une même fille nommée Clara (c'est la rousse à droite). Progressivement, le récit s'étoffe avec des figures qui reviennent. Ensuite, le tome trois s'éloigne de Arthur pour rester concentré sur le personnage de Clara et dévoiler cet univers d'un point de vue féminin. C'est très bien fait, d'autant que Arthur (l'auteur, pas celui de la BD) a su s'entourer d'une excellente équipe féminine pour la conception des gags. Oui, je le note également, mais comme pour beaucoup d'auteurs, il faut souligner que De Pins n'a pas écrit tout ses gags, et de nombreux ont été proposé par des tierces personnes. Je pense que vous ne serez pas vexés que je ne les note pas tous.
Enfin, pour finir sur les livres, le tome 4 qui date de 2010 est concentré autour du mariage à un ami commun aux deux précédents protagonistes (Arthur et Clara), donnant lieu à toute les situations possibles et imaginables autour. Voir même très improbable. Mais je vous laisse découvrir.

Cette histoire donc, est servi par un dessin très peu courant -et que vous constatez dans les images que j'ai mise- puisqu'il s'agit d'un traitement intégralement informatique. Alors si dans certains cas il est très dur de trouver ça beau, je dois avouer que le traitement est vraiment bien fait. Les couleurs sont toujours très bien faite, le dessin rond et "kawai" est très mignon, sauf que le sujet n'est pas en rapport (un peu comme Happy Tree Friends, mais je m'égare). C'est d'ailleurs très amusant avec les têtes rondes et les yeux démesurés. Et la maitrise est d'autant plus grande au fur et à mesure des tomes. Une bonne partie des gags reposent en partie sur un humour avant tout visuel, et l'effet est parfaitement correct. C'est bien maitrisé. Après le tout peut sembler très froid, un peu plat, et ne vaut pas forcément le coup d'acheter une planche originale. C'est bien fait, mais c'est loin d'être beau, c'est certain. Par contre, il est efficace.

Ensuite, je dois bien évidemment parler de l'humour. Et là je dois dire qu'il est sublime ! Pour ceux qui connaissent, il est largement au-dessus de celui de Dany dans ses ouvrages coquin. Là l'humour est orienté sexe, et c'est assumé. Je vous en donne quelques exemples dans les images, n'hésitez pas à cliquer pour mieux lire. Ce qui est génial, c'est que De Pins mélange l'humour bas de gamme sur la sexualité avec plusieurs clichés et des constats sur la société moderne, notamment dans sa façon d'appréhender le sexe dans la vie de tout les jours. A ce titre notamment je trouve que le premier est pas mal avec la façon d'aborder le problème de façon général. Ensuite les autres tomes sont géniaux en pointant certains comportements. Plus d'un gags sont tout bonnement hilarant (mais vraiment le truc qui fait rire, pas juste sourire) et des idées très intéressante sont parfois développé en propos sous-jacent. J'ai retenu entre autres la façon de percevoir la première fois entre un homme et une femme, les nouvelles politesses lors de l'addition au restaurant, le féminisme libéré, les sex-toys et le complexe que peuvent développer les types. Bref, plusieurs interrogations de l'homme moderne sont mises en images. Mais surtout, ce qui est intéressant, c'est que le personnage d'Arthur philosophe presque (n'abusons pas, j'ai dit "presque") sur la place de l'homme dans la société, par rapport aux femmes. C'est vraiment intéressant, mais avant tout drôle.

Et enfin, je soulignerais que la collaboration est pas mal du tout, avec pas mal de gags qui sont fait à la fois avec un point de vue masculin et un féminin. C'est d'ailleurs amusant quand on lit des interviews de Arthur de Pins, puisqu'il précise que lorsqu'il demandait à des amies d'écrire des histoires, elles mettaient beaucoup moins de tabous que lorsqu'il demandait aux hommes, ce qui l'a sidéré au début. Et sinon, Arthur (l'auteur) explique que pour lui la grande question qui le tracassait durant ces albums était : finalement, aujourd'hui, c'est quoi être un homme ? Donc pour cela, il explore. Mais de même, être une femme, qu'est-ce que c'est exactement ? (voir l'interview ici : clic-clic)
Ah oui, avant que des petits libidineux ne cherchent la BD sur un site quelconque, je vous préviens tout de suite : la nudité est sacrément présente dans les pages, les scènes de sexe aussi, mais ce n'est pas le genre de BD où les pages seront collées lorsqu'un mec l'a lu en solitaire dans la chambre (si vous voyez ce que je veux dire). Le dessin rond et gentillet n'est pas propre à ça (prenez plutôt du Manara de toute façon) et le sexe n'est pas compatible avec l'humour (selon les scientifiques, il est impossible de rire en même temps qu'on a un orgasme. Je dis, ça se tente !). Bref, ce n'est pas de la BD-cul, loin de là.


En conclusion, nous avons une BD qui s'exprime sans tabou sur le sexe, et en fait un point central d'un humour décapant et déjanté, prenant prétexte à toute situation bonne à faire pour partir en gags. Cependant, si la plupart des gags sont bons, une partie m'a laissé de marbre et sont à mon humble avis pas très drôle. L'humour ne plairait pas forcément à tout le monde, et le tome 3 est un cran en-dessous des autres, avec des gags plus tourné Sex & the city qu'avant, ce qui est dommage je trouve. Mais le niveau remonte sacrément au quatrième tome, lequel se conclue d'une façon superbe, et termine la série d'une belle façon je trouve (il semble qu'aucun autre tome ne soit en préparation pour l'instant). De même, le dessin peut rebuter au début, mais on s'y habitue et il est vraiment adapté à la situation. Un dessin plus précis et réaliste, c'est du Manara, plus branché style franco-belge, c'est du Dany. Et l'adéquation avec le propos est parfaite.
Une série très sympathique, qui se lit bien, et garnit très facilement vos toilettes pour vos invités, afin qu'ils passent un bon moment. Si vous tenez absolument à les garder intact, vous pouvez trouver un coffret avec tout les tomes et un zouli poster (je pourrais faire une photo pour vous monter mais la flemme). En tout cas, c'est du très bon, j'en rigole encore maintenant quand je le relis.

(Chronique n°8)

Allez, parce que je suis gentil, j'en met encore quelques planches :