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lundi 15 juin 2015

Le siècle (Ken Follet)

5 h 10 du matin, je repose le dernier tome, je viens de le finir d’une traite.



Et ce soir, je viens de le finir, et de conclure la trilogie du siècle.
Cette saga est extraordinaire. J’adorais déjà l’auteur, mais j’ai été subjugué ici par son talent. Un rien transforme l’oeuvre en un chef-d’oeuvre, avec tant de belles choses, de belles histoires, un talent pour nous compter la vie dans l’Histoire, celle qu’on croit connaitre et qui se révèle toujours plus complexe.


1.200 pages, une semaine de lecture étalée, et j’ai décoré les 400 dernières comme un rien.
Il le fallait.
Je lis rarement des séries sur le vif, et souvent j’attends que de nombreux tomes soient sortis pour commencer à lire.
Pas cette fois-ci. Le nom de Ken Follet m’a suffit, et j’ai acheté le premier tome lors de sa sortie, en 2010, sans même me poser de question. Après ma lecture, je me suis rué sur le second tome l’année suivante sans réfléchir plus avant.

Et le troisième tome, sorti en 2014. Mais la situation n’était pas propice, je l’ai gardé pendant près de neuf mois. La gestation humaine, au final.

Je ne saurais que trop vous en dire, et je reconnais beaucoup de défauts à cette oeuvre.

Je peux même en citer immédiatement : des histoires d’amour très -trop- romantique, des hasards parfois trop artificiels, beaucoup de passages à vide, beaucoup de sélections de moments, ….

Mais putain, ce que j’ai aimé. Et cela faisait vraiment un long moment que je n’avais pas eu cette sensation au sortir d’un livre. Cette émotion qui m’a transporté et qui m’a arraché des larmes sans que je le veuille. Car ce livre m’a ému comme rarement.

C’est l’histoire du siècle dernier, de ce fameux XXème siècle, celui de toutes les guerres, et c’est l’histoire de cette trilogie. La première guerre mondiale, la deuxième guerre mondiale, la guerre froide. Mais du point de vue de plusieurs familles, américaines, anglaises, russes, allemandes.

C’est aussi des histoires de familles qui s’entremêlent, des histoire de conflit et de politique, la naissance de nations et d’idéologies, l’apparition de tant de choses que ce ne sera jamais possible de le faire tenir en trois volumes.

Ken Follet a essayé de nous transmettre ce qu’est véritablement ce siècle. Par trois génération successives, trois générations qui bâtissent progressivement le siècle qui m’a vu naitre.

C’est la première fois en lisant un récit de ce genre que je ressens vraiment le déroulement de ce siècle. C’est une histoire tellement proche, et qui parait tellement lointaine pourtant, une histoire qui est celle qui a conduit jusqu’à nous. C’était hier, c’était récent. Dans le dernier tome, les enfants qui naissent sont mes parents. C’était si proche !

Et pourtant, je ressens une telle frustration au sortir de ce troisième tome ! J’aurais tant voulu plus ! Plus sur le Vietnam, sur les années quatre-vingt, sur les années soixante-dix aussi ! J’aurais voulu connaitre la suite, ce qu’il advient ensuite de toutes ces personnes, de leurs vies et de leurs amours, de leurs peurs, de leurs deuils ! Je voudrais ne pas les quitter, moi qui les ai suivi sur plus de 80 ans racontés, 5 ans vécus, plus de 2.000 pages lues ! Et pourtant ce n’est pas assez, j’aurais tant voulu plus.

Mais l’auteur à su s’arrêter. Il a su adapter son rythme, et le temps file, les années prennent de moins en moins de place, le monde devient plus complexe et les gens le traversent sans s’en rendre compte. Lorsque le livre se finit, c’est comme s’arrêter brutalement dans une course qu’on a démarré doucement pour finir sur un sprint. Et là, il faut souffler, s’étirer, et petit à petit revenir à notre présent. C’est douloureux, mais j’ai aimé cette course.

Je m’attendais à quelque chose de grandiose pour le final, j’attendais beaucoup de cette série, et je n’ai pas été déçu. La forme et le fond s’harmonise, les liens se tissent et s’emmêlent, les histoires se font et se défont, tout finit par aboutir au présent, sans trêve ni repos. C’est le genre de livre sans happy end, qui nous demande de prendre tout sans réfléchir. Faites-en ce que vous voulez, tirez-en vos conclusions, l’auteur à dit ce qu’il avait à dire. Et je l’ai entendu.


Une saga dans ce genre, je ne pense pas en lire régulièrement. Si bon, si beau, si puissant, c’est du génie. Ken Follet m’a époustouflé, au point que j’en suis encore sous le choc. Les mots me manqueraient pour vous dire combien j’ai aimé cette saga qui est loin d’être parfaite, qui contient de nombreuses erreurs, des facilités qui arrangent tout le monde, des manque, mais qui m’a pris au tripes et que j’ai suivi avec un intérêt énorme tout au long de ces années. C’est le genre de saga qui me marque, et que j’adore lire. J’en voudrais tellement plus, juste un peu, encore un morceau ….

(Chronique n°283)

samedi 30 mai 2015

Richard III - Roméo & Juliette - Hamlet (Shakespeare)

Lu cette année, pour un cours qui nécessitait de lire l'intégralité de la pièce Richard III, sur laquelle nous allions travailler. Ce fut l'occasion sur moi de découvrir une facette de Shakespeare que je ne connaissais pas et dont je n'avais presque pas entendu parler, à savoir les pièces historiques de l'auteur. Et là, j'avoue que je suis tombé des nues. Mais c'est toujours intéressant de découvrir l'étendue de son ignorance. Car qui a vraiment lu ces fameuses trois pièces tellement jouées et vantées ?


Résumé en trois mots : Théâtre, Humanité et Différence

Je dirais que la différence est l'aspect qui permet le plus de recroiser ces trois pièces, mais je ne me risquerais pas à faire une analyse de ces pièces, de peur de me faire tuer par les experts de Shakespeare qui travaillent sur ces textes depuis des années. Pour toutes ces considérations, voyez leurs analyses quelque part dans les méandres du net.

Pour parler simplement, de lecture et de ressenti, j'ai adoré ces pièces, et plus précisément, je les classerais dans l'ordre inverse de celui noté sur la couverture. Pour une raison simple : la pièce Richard III est la plus inaccessible au lecteur lambda qui tente de lire du Shakespeare. Et que, malgré ma préférence pour les éditions qui évitent les annotations toutes les pages (comme souvent en Livre de poche), je dois reconnaitre que cette édition (par ailleurs très sympathique et très claire) est largement obscure, puisqu'elle reprend uniquement le texte de base et se contente de quelques explications littéraires. Mais rien n'explique véritablement certains aspects particulièrement obscurs du texte, et c'est a force de recherche patiente que j'ai fini par comprendre ce qu'il en ressortait. Car, il faut le dire, les liens entre personnages sont extrêmement obscurs et ne sont pas souvent expliqués (pour ainsi dire, jamais), alors qu'ils font une grande partie de la force de cette pièce, qui est au final une extraordinaire pièce qui contient de magnifiques choses, mais ce n'est jamais extrêmement bien clair si l'on n'a pas pris le temps de noter les noms complets de chaque personnages, les liens entre eux, la situation politique et les enjeux de chaque scène, qui ne sont généralement pas négligeables. Bref, un beau bordel qu'il faut comprendre avant même de lire la pièce, qui devient alors extrêmement intéressante et remplie de puissance, ou même de beauté. Un must-have, mais ô combien difficile à appréhender sans notions élémentaires.

La seconde pièce est peut-être la plus connu de Shakespeare, et sa fameuse histoire d'amants maudits dans la ville de Vérone. Si la pièce n'a plus a se faire un nom, il faut avouer que c'est très différent de le lire par rapport aux échos qu'on entend régulièrement. J'ai été très surpris de découvrir que ce légendaire couple était marié, par exemple, chose qu'on entend peu. Mais pour le reste, je n'ai pas eu de grande surprise par rapport à ce que je savais déjà, connaissant toute l'histoire et le déroulement, avec seulement une grande surprise sur le texte, qui est décidément un très beau langage, même dans la traduction (de François-Victor Hugo, très très bonne traduction). C'est toujours un régal de lire ce genre de beauté.

La dernière pièce, Hamlet, fut la véritable découverte en tant que tel, puisqu'il s'agit de la première lecture que je faisais de cette pièce dont je ne savais pas grand chose au final. C'est pourquoi j'ai adoré la lecture, qui fut très intéressante (et l'introduction ne dévoilant pas trop d'intrigue non plus, ce qui est fort agréable). Hamlet est-il fou ? C'est assez amusant comme cette simple question (qui est et restera sans réponse) change toute la pièce. Posez-vous la lors de votre lecture, et vous aurez une lecture bien différente des simples mots. Car, comme toute pièce, celle-ci peut-être ce qu'on veut. Et c'est intéressant de lire ce genre de choses avant, pour s"ouvrir l'esprit au maximum.
En dehors de ce simple fait, la pièce est diablement riche, mais aussi complexe. Entre les motivations et les faits qui se croisent, on est perpétuellement dans des drames humains qui ne peuvent que tendre vers un final sanglant dans lequel tout le monde sera mort. Et c'est effectivement le cas, comme d'autres oeuvres de Shakespeare. Mais quel texte, mes aïeux, quel texte !


Pour les trois plus célèbres pièces de Shakespeare, j'ai adoré ma lecture. Ces pièces sont légendaires, certes, mais leurs lecture est intéressante et à mon avis indispensable. Ce sont des fondamentaux aujourd'hui, et en tant que tel, leurs lectures et plus que recommandé, elle devient nécessaire. Qui se souvient que "Un cheval, un cheval ! Mon royaume pour un cheval !" provient de Richard III, ou qui connait exactement le contexte de "Roméo, Roméo, pourquoi es-tu mon Roméo ?" ? Ces pièces sont des chefs-d'oeuvres de la littérature, et je suis ravi d'avoir enfin pu les lire. Je vais maintenant pouvoir continuer, et je pense que ce sera avec un beau sourire au lèvres. Shakespeare a encore beaucoup à me dévoiler.

(Chronique n°277)

mercredi 13 mai 2015

Conan le flibustier (Robert E. Howard)

Conan, c'est la figure mythique de la fantasy, un univers unique et novateur qui a crée le genre ! C'est un héros charismatique et puissant, héroïque comme l'on n'en fait plus, toujours au coeur du danger et toujours indemne, faisant tomber toutes les femmes et les tyrans. C'est l'archétype du barbare qu'on aime suivre parce qu'il vit des aventures plus riches que celles que nous ne connaitrons jamais. Et j'adore ça !


Résumé en trois mots : Politique, Guerre et Héros

Ce tome de Conan introduit quelque chose de neuf par rapport à ce que j'avais lu sur le héros : la dimension politique des différents royaumes de l'âge hyborien. C'est amusant de suivre le développement des intrigues entre peuples avec Conan qui vivote entre, toujours détaché d'un parti unique, voyageant en mercenaire, mais rallié aux causes avec le coeur.

Ce tome n'est en soi pas différent du précédent, mais les voyages de Conan sont moins éparpillés, et bien plus centrés sur des conflits entre pays. Et là, apparait un aspect du héros que j'affectionne particulièrement. En effet, Conan est un archétype d'héroïsme, mais il est surtout un héros qui n'est pas foncièrement bon. Ni méchant d'ailleurs. Il suit simplement son code de conduite et sa façon de voir les choses. Et bien souvent, ses ennemis sont des personnes qui se sont retrouvés face à lui, sans être pour autant des méchants au sens classique du terme. Simplement une autre vision du monde qui n'est pas celle de Conan. En soi, c'est assez amusant de lire Conan qui détruit une armée pour la seule raison qu'elle est en face de lui, sans plus se poser de questions sur les motivations ou les intérêts d'un peuple. Howard le place toujours du côté des bons, mais Conan ne se pose jamais la question.

Un recueil de nouvelles tout ce qu'il y a de plus intéressant, et les retrouvailles avec Conan sont à nouveau l'occasion d'aventures épiques et héroïques dans un monde de fantasy original et intense. C'est du pur bonheur condensé, un souffle épique qui traverse les nouvelles entre magie et guerre, avec toujours un héros invincible qui conquiert les territoires et les coeurs. J'en reprendrais bien une part, moi.

(Chronique n°272)

jeudi 23 avril 2015

Ténèbres sur Sethanon (Patrick E. Feist)

Troisième et dernier livre de la saga, j'ai du me motiver pour le lire, mais je me suis poussé en me disant qu'au moins après je pourrais enfin lire le tome Les fils de Krondor et ainsi ranger ce livre qui fait tâche dans l'ensemble des livres des rééditions Bragelonne que j'ai dans l'étagère. Cette motivation ne m'a au début pas suffi, lorsque j'ai décroché en un rien de temps du premier chapitre et que je n'avais pas envie de continuer. Ce qui est généralement de mauvais augure. Mais ensuite, je me suis pris en main, afin de le rendre à l'ami qui me l'avait prêté, et voila le résultat.


Résumé en trois mots : Magie, Autres mondes et Guerre

Bon, enfin fini ce livre et cette trilogie par là-même. Et c'est pas trop tôt, c'est tout ce que j'ai à dire.
Je me suis ennuyé sur ce livre, mais ennuyé comme jamais. C'était d'un chiant comme je n'avais pas lu depuis un long moment. Et c'est vraiment parce que je ne voulais pas rendre un livre que je n'avais pas lu que je me suis forcé à le finir. Mais en soupirant tout le temps, et au final en m'énervant contre l'auteur. C'est vraiment mal parti pour la critique.

Honnêtement, rien n'est bon ici. Ce qui m'avait plu dans le premier livre, à savoir la fameuse plume entrainante et la façon de traiter le sujet, à complètement disparu. Ici, bienvenu dans un monde manichéen ou le méchant est l'obscurité, le néant, l'absolu mal ! Et c'est parti pour le défilé des clichés : histoires d'amour bazardés en deux secondes (l'un en connait même deux, toutes autant ridicules), personnages héroïque au-delà du concept, morts héroïques bien évidemment, survie de personnages qui se prennent dix milles blessures (mais jamais mortelles ou grave ! Vive la chance !), batailles épiques et sans intérêt, duel de magie et de bretteurs (mais il manque à ce point d'imagination ?).
Bon, je suis super critique et super sévère, mais là j'en ai vraiment eu trop. La coupe était pleine, bien remplie par le tome précédent, et là c'est du n'importe quoi. J'ai décroché dès le début et le roman ne m'a pas permis une seule fois de replonger dedans. Rien n'en est sorti, je l'ai fini et je suis soulagé. Soulagé de pouvoir passer à autre chose et de ne plus me trimballer ce livre dans mon sac en permanence.
La série aurait du se finir au premier tome, et j'en aurais été très satisfait. C'était déjà bien assez, et là la surenchère de fantasy classique, de clichés et de bons sentiments m'a insupporté. Non, il n'y a vraiment rien à retenir.

Un tome de trop, largement trop. Rien d'intéressant, surfait et cliché, ce tome n'est rien qu'une suite de situations déjà vu et inintéressante pour finir dans une apothéose inintéressante et qui se conclue en deux coups de cuillère à pot. Et puis, c'est lassant. Pas d'entrain, pas de dynamique, tout est trop artificiel pour qu'on le suive jusqu'au bout. Alors je dirais simplement : si vous lisez cette série, arrêtez-vous au premier tome et vous serez bien content. C'est largement assez bien comme ça.

(Chronique n°263)

mardi 21 avril 2015

Silverthorn (Raymond E. Feist)

Deuxième tome, et la saga continue bien que l'histoire ne suive pas exactement celle du premier volume. C'est la suite, mais c'est une histoire indépendante, ce qui m'a conduit à en séparer les chroniques. En effet, le premier tome suit un arc narratif complet dont ce deuxième tome n'est qu'une suite, avec une séparation bien nette entre les deux. D'ailleurs cela se ressent dans le style d'écriture et dans l'histoire en elle-même. Car plusieurs différences notables apparaissent à la suite de ce premier tome.


Résumé en trois mots : Antidote, Ténèbres et Conspiration

Nous retrouvons dans ce tome le duc Arutha, qui se marrie, et tout le reste de la famille, Martin l'archer et Laurie, le ménestrel, dans une quête pour sauver une vie. Sans trop en dire, c'est une intrigue plutôt classique qui nous est proposé, avec la quête d'un objet permettant de sauver une personne. En soi, l'histoire n'a rien d'exceptionnelle.

Et c'est un peu ce que je reprocherais à ce tome. C'est que c'est trop classique pour moi. Des méchants parfaitement méchants cette fois-ci, des ténèbres et des ennemies assassins, un prince qui se ballade seul pour chercher un antidote en plein territoire ennemie (c'est bien connu qu'un prince ne risque rien ...), des raccourcis très -trop- simples notamment autour des clichés fantasy (les prêtres qui combattent avec la foi de leur dieux et tapent mieux que des combattants) ... J'ai aussi senti que l'auteur a voulu développer un peu plus l'humour et faire réapparaitre des personnages du premier tome. Alors oui, c'est plutôt sympathique, mais je trouve qu'on y perd beaucoup en ne développant pas un peu mieux. Le tout reste de facture très classique et ne fait que véritablement introduire le troisième tome. C'est pas ennuyeux, mais il n'y a rien de vraiment neuf sous le soleil, et c'est un peu dommage. Les bonnes idées du premier tome sont envolés et ne reste que ce que j'ai déjà lu plusieurs fois. Il manque l'épice, le sel qui rehausse tout le gout.

Un deuxième tome qui est décevant donc, non pas qu'il soit mauvais, mais qui n'apporte rien de vraiment bon. C'est quelque chose que j'ai eu la sensation d'avoir déjà lu quelque part, rien n'est vraiment extraordinaire. Il manque vraiment un truc pour que je me mette à aimer, et j'espère que le troisième tome saura relever le défi. Car là, pour l'instant, ça ne me motive pas plus que ça à lire.

(Chronique n°262)

samedi 18 avril 2015

Magicien (Raymond E. Feist)

Premier tome de la trilogie intitulée La guerre de la faille, prêté par un ami (puisque j'ai les deux tomes qui suivent la série mais que je n'avais pas la série de base) pour me permettre de lire tranquillement, enterré sous mes tonnes de livres habituels. Je l'ai attaqué, mais je dois bien avouer que j'ai mis du temps à vraiment rentrer dans l'histoire et m'intéresser à tout ce qui fait la force de ce premier tome, très épais et bien plus gros que les autres volumes de la saga.


Résumé en trois mots : Guerre, Magie et Autres mondes

L'histoire est franchement sympathique, bien que j'ai eu du mal à m'y laisser prendre, mais une fois parti, c'était bon jusqu'au bout sans aucun problème. En fait, je crois que le début assez convenu m'a peu intéressé et m'a laissé présager des mauvaises choses pour la suite.

Et pourtant .... C'est passé sans problème ! Ce qu'il y a, c'est que le roman évolue beaucoup entre le début et la fin, proposant une mise en bouche très classique qui évolue ensuite vers quelque chose de bien plus construit, intéressant, et réfléchie. Bien que le tout sonne au final comme une histoire avec quelques facilités et des dénouements parfois un peu convenus ou gros (je pense notamment à Tomas, qui aurait mérité un peu plus de traitement à mon gout), mais qui a le mérite de nous poser des choses sympathiques et intéressantes jusqu'au bout. Après, il faut dire qu'on y retrouve la majorité des "clichés" de la fantasy. Mais ce n'est pas dérangeant quand c'est bien utilisé et bien fait. C'est le cas ici.

Ce qui aide, c'est finalement l'aisance de la lecture, la facilité qu'on a à rentrer dans l'histoire et à nous intéresser aux personnages, ce qui est plutôt bon. D'autre part, les personnages connaissent une belle évolution entre le début et la fin, puisque la guerre va les trouver enfants et les laisser adulte, ce qui permet de développer sur plusieurs années, ce que l'auteur à mis à profit, pour notre plus grand bonheur, alors même que le début sonnait un peu trop comme une chronique pour adolescent. D'autre part il y a des originalités qui sont les bienvenues, même si rien n'est spécialement neuf sous le soleil. On reste dans des cadres classiques, mais tout suis. C'est presque dommage que les intrigues de cour et les petites digressions sur le pouvoir n'aient pas été plus développés, mais ce n'est pas vraiment le but de l'auteur. L'auteur ne déborde pas vraiment du cadre et apporte seulement quelques petites touches de nouveautés qui conviennent pour qu'on apprécie le roman sans soucis.

Un livre qui n'est pas dans mon best-of de la fantasy, mais qui est sympathique et apporte des bonnes idées d'un bout à l'autre, lesquelles sont exploitées dans une bonne mesure, les personnages devenant au fur et à mesure plus intéressant, et le tout étant au final bien sympathique et prenant. J'ai pris plaisir à lire les aventures de ce jeune Pug, qui ont été un peu en dehors de ce à quoi je m'attendais. Simple et efficace, un bon roman de fantasy en somme !

(Chronique n°261)

mercredi 8 avril 2015

Coeurs perdus en Atlantide (Stephen King)

(Lu entre le 7 et le 8 mars)

Ca faisait un long moment que je n'avais pas lu de Stephen King, et voyant ce livre trôner dans le bac des invendus, je me suis laissé tenter en le prenant et en le lisant rapidement, en deux jours, pour me débarrasser de livre. C'est plus qu'un objectif, là, c'est une mission survie, mais je ne désespère pas d'y arriver. Aussi ce livre m'a permis de me replonger dans Stephen King, auteur que j'ai dévoré voila quelques années et que j'avais laissé tomber depuis quelques temps, sans aucune raison. Et ça fait du bien d'en relire un bon, de temps en temps.


Résumé en trois mots : Sixties, Enfance et Amour

Un livre plutôt bon, même s'il est loin d'égaler les grands hits du maitre, mes livres favoris de l'auteur. C'est simplement un très bon livre, que j'ai eu grand plaisir à dévorer en deux jours, tranquillement installé. Et j'ai voyagé loin dans le temps et l'espace, et ça, c'est la grande marque de Stephen King.

Je pense qu'une bonne partie de la notoriété de Stephen King vient de sa capacité à créer un univers complet dans lequel on se sent entrainé lors de la lecture, et sa virtuosité qui nous tient tout au long du récit en haleine. Même si celui-ci n'est pas forcément un récit de suspense. Ici c'est un simple récit d'amour, de jeunesse et d'enfance.
Ce livre reprend encore une fois des thèmes cher à Stephen King, l'enfance et son innocence, le basculement vers l'adolescence, l'adolescence qui bascule vers l'adulte, le dur contact de la réalité avec l'insouciance des jeunes gens, l'amour a travers le temps, et surtout, une période de l'histoire américaine, les sixties. Ces fameuses sixties d'avant Woodstock, celles du début de la guerre au Vietnam. C'est toutes les sixties qui ressortent là, toutes celles fantasmé et rêvées, mais avec leurs bons et leurs mauvais côtés. Tout fut loin d'être rose dans ces années là.

Mais peu importe ce qu'on en pense, l'important ici, c'est ce que Stephen King en pense. Et Stephen King aime ces sixties, il les aime profondément, et ça c'est magnifique. Son amour pour cette période transpire à travers les pages, et c'est touchant. On est transporté dans cette période, dans ces Amériques qui commencent à tourner dans le mauvais sens, où les enfants sont mis face à une guerre absurde et face à la violence. C'est puissamment transmis, cette folie qui traverse les Etats-Unis, mais c'est beau.
Heureusement, il reste l'amour, l'amour qui traverse les époques et les protagonistes, l'amour de cette fille, appelée Carole, qui reste là dans chaque époque, intemporelle, celle pour qui tous eurent le béguin mais qui ne peut rester en place. C'est fort comme image, et j'ai adoré.

Ce livre est très agréable à lire, c'est du bon Stephen  King, avec tout les éléments de ce que j'aime chez lui : son talent d'écriture, sa puissance narrative, sa façon de retranscrire une atmosphère, ses histoires qui ne sont jamais exceptionnelles de retournements mais toujours prenantes et intéressantes, son amour des sixties, et puis tout le reste. C'est le genre de roman que j'affectionne pour son statut : ce n'est pas le meilleur livre que j'ai lu, ce n'est pas un livre inoubliable, mais il est bon, et j'ai pris plaisir à le lire. Un plaisir simple et pourtant bon. J'ai aimé ça, et j'en redemande.

(Chronique n°257)

samedi 4 avril 2015

Le messie de Dune (Frank Herbert)

J'ai pu profiter d'une semaine de vacances pour retourner chez mes parents et retrouver l'intégralité de ma bibliothèque qui n'a pu, malheureusement, suivre mon déplacement dans la France. Mais heureusement, c'est du coup un plaisir renouvelée que de revenir et se sentir à nouveau étroitement entouré de livres et de BDs, lesquelles vont d'ailleurs revenir dans des chroniques tout exprès, car j'en ai plusieurs qu'il faut que je vous partage.
Mais surtout, j'ai pu retrouver les livres que j'avais laissé stupidement, et notamment toute la suite de Dune qui m'avait laissé tellement pantois voila quelques semaines. J'ai donc pris délicatement le tome 2 et je me suis permis de lire quelques lignes, avant d'entamer le livre proprement dit. Et voila qu'il m'a laissé, encore une fois haletant et groggy. De la littérature de haut vol, et comme j'en avais plus lu depuis un bail. Dieux que ça fait du bien !


Résumé en trois mots : Politique, Religion et Trame du temps

Bon, j'admet, je m'emballe peut-être un poil dans cette lecture, mais je dois bien dire que j'ai l'impression d'avoir trouvé la une grande série de science-fiction, épique et majestueuse. Une série qui a fait souvent parler d'elle, mais que je commence seulement à vraiment entrevoir comme ce qu'elle est : un chef-d'oeuvre de la science-fiction.

Je ne vais presque rien dire de l'histoire, car ce tome est exactement la continuité du premier, et je ne pourrais vous dire quelque chose sans dévoiler l'intrigue du premier tome. Et ce serait bien dommageable pour vous si vous n'avez encore rien lu. Aussi je dirais que, niveau scénario, j'ai été agréablement surpris, car ce que je reprochais au premier tome, à savoir une trame scénaristique bien plus dense et étoffée, l'univers développé par Frank Herbert trouvant enfin de quoi étendre toutes ses ramifications. L'histoire m'a complètement surprise par les détours qu'elle prenait et la vaste implication politique qu'elle englobait. Rien ne se passe comme on s'y attendrait, et la réalité est diablement cruelle. Le roman est bien plus court que son prédécesseur, mais possède une densité d'intrigue magnifique. Je suis comblé par ceci, qui montre bien que le premier tome servait de mise en place d'un univers. Qu'on ne fait encore une fois qu'effleurer ici.

Ce qui est passionnant, c'est de voir comment Frank Herbert arrive à englober tellement de sujet en si peu de temps. Outre des questions sur la politique et la religion qui sont très intéressante et donnent matière à réfléchir, le bougre se paye le luxe de nous ressortir quelques réflexions écologiques, notamment sur la gestion complète d'un éco-système, sur la société, sur les changements profonds d'un régime, sur le poids des choix, sur le temps et la vision de celui-ci, sur le destin et le choix, mais également sur la nature même d'une société et d'un peuple, ou d'une révolution. Tout est maitrisé et entremêlé, avec un final qui m'a presque tiré des larmes, mais qui laisse également la voie ouverte à toutes les suites imaginables. Et justement, des suites, il y en a encore, et j'aimerai à présent m'y plonger allègrement.

Si je devrais donner un défaut à ce livre, c'est qu'il manque une toute petite chose : le désert. Je n'ai pas retrouvé autant le désert que je l'aurais voulu, le livre se déroulant plus dans le palais que dans les dunes. En un sens, j'ai trouvé dommage qu'on explore pas plus ce lieu si saisissant et puissant, un lieu qui forge des hommes et qui reste toujours mystérieux. Mais ne boudons pas notre plaisir, le livre est excellent.

Une suite qui m'a comblé au-delà de mes voeux, puisqu'elle sait conserver toute la force et le potentiel de la première partie tout en comblant les lacunes pour en tirer un roman d'une densité et d'une force sans égal. Je suis encore sous le charme, et j'ai hâte de découvrir la suite à présent, pour plonger plus en avant dans les dunes de sable, au milieu des vers et des Fremens. Une saga qui promet vraiment beaucoup. Vivement la suite !

(Chronique n°255)

mercredi 25 mars 2015

Janua Vera (Jean-Philippe Jaworski)

J'avais beaucoup entendu parler de cet auteur qui aurait réalisé un coup d'exploit extraordinaire avec son premier recueil de nouvelles avant de pondre un livre qui aurait été une exception dans le paysage de la fantasy française. Cela a titillé ma curiosité et je me suis procuré les deux ouvrages sus-dit du bonhomme avant d'attaquer goulument le premier. Et là, ce fut le choc, tel que je ne l'avais plus ressenti depuis un long moment.


Résumé en trois mots : Guerre, Médiéval et Sombre

Ce recueil est très hétéroclite, conservant toutefois une trame sur l'ensemble au niveau de l'ambiance, ce médiéval fantastique assez sombre mais en même temps développé au travers de nombreux points de vue, les guerriers et la noblesse, les paysans, les religieux. En relisant l'ensemble, c'est toutes les couches de la société médiévale qui sont présentes ici. Et c'est tant mieux !

La raison pour laquelle je qualifierai ce recueil de génial, c'est la haute qualité des nouvelles présentées. Rien ne m'avait préparé à cela, et je suis charmé, aussi bien par la plume de Jaworski, très fluide et très belle, qui met en immersion dès les premiers mots, mais également par l'inventivité dont il fait preuve.

Curieusement, la nouvelle Mauvaise donne qui est ensuite développé dans le roman Gagner la guerre, est celle qui m'a le moins parlé du recueil, tout en restant très bonne. Le recueil comporte 8 nouvelles, et je dirais que plus de la moitié sont sublimes. La première, l'histoire d'un Dieu-roi, est surprenante par son approche et bienvenue, une excellente ouverture du recueil. La deuxième, Mauvaise donne donc, est agréable et plante un décor que j'aimerai bien voir développé. La troisième est peut-être la moins intéressante, une histoire de chevalier, mais bien menée et agréable. 
Et là, le recueil bascule dans les nouvelles fantastiques. Une offrande très précieuse, qui sait jouer du fantastique avec des soldats tout en finesse, très belle nouvelle. Le conte de Suzelle, l'histoire d'une femme paysanne, d'une cruauté et d'une force extraordinaire. J'ai été séduit par cette histoire qui m'a ému, tant on est dans un conte cruel. A mon avis, la meilleur du roman. Jour de guigne, une nouvelle très drôle et rafraichissante après les dernières plus lourde, tout en ayant une bonne petite histoire. Un amour dévorant, nouvelle très sombre et très belle, une histoire de fantômes qui n'effrayent pas.
Et enfin, Le confident, une nouvelle qui présente beaucoup de choses et apporte une conclusion largement ouverte, toute sujette à interprétation.

Ce recueil est en globalité excellent, et certaines nouvelles sont fabuleuses. J'ai été étonné de trouver une telle qualité dans un premier livre, et si l'auteur est à ce niveau dans le reste, je comprend les critiques élogieuses qui découlent. C'est prenant et inventif, et je serais ravi de pouvoir me replonger dans ce monde. La suite très vite donc !


Un monde qui m'a surpris par sa noirceur et son caractère réaliste, mais dans lequel j'aimerai bien pouvoir replonger maintenant que j'y ai pris gout. Un premier recueil qui mérite amplement son succès donc, et que je vous recommande à tous, pour peu que la fantasy vous intéresse. C'est vraiment du haut niveau, et je ne m'attendais pas du tout à quelque chose dans ce style. Sombre, mature, mais aussi drôle et beau, un recueil complet qui vous fera passer un excellent moment. J'ai aimé, je le recommande !

(Chronique n°250)

samedi 7 mars 2015

Les terres englouties (Marcus Sedgwick)

A l'issue d'une pièce, j'ai reçu ce petit livre de la part d'un ami, pour symboliser la fin d'une longue période de travail. Le livre a tranquillement dormi dans mes étagères durant six mois et je viens de profiter d'un séjour chez mes parents pour le lire d'une traite une après-midi. Je ne supportais plus son regard lourd de reproches du haut des étagères. Et puis, pour changer un peu de la SFFF, ça m'a fait du bien de retomber dans un livre simple, pour les jeunes.


Résumé en trois mots : Fillette, Ile et Mer

C'est amusant, mais j'ai retrouvé des détails de Sunk, avec l'île et la mer. Est-ce l'île qui s'enfonce ou la mer qui monte ? La réalité ne change pas, mais la question se pose. Enfin, la comparaison s'arrête là, contrairement à son gros frère, Les terres englouties est très pragmatique.

L'histoire est sympathique pour un livre jeunesse, avec une jeune fille qui est coincé sur son île, ses parents ayant pu partir mais sans elle, avec une population qui devient progressivement plus chaotique alors que l'eau monte encore et toujours et que la place se réduit. Le village qu'ils habitent n'est plus à l'abri, et il faut rejoindre des terres plus hautes, plus loin, vers l'ouest.
C'est agréable comme récit, bien que j'ai trouvé l'ensemble un peu léger, même si je reconnais que c'est un récit plus pour les jeunes que pour des adultes. L'ensemble est construit sur une trame simple mais l'héroïne est attachante et plusieurs points intéressants ponctuent le récit, notamment lorsque les enfants prennent le pouvoir sur une île, dans la violence, ou encore la lucidité de certains personnages tout en conservant une part de cruauté. L'auteur à su aussi éviter l'écueil mortel du manichéen en rajoutant des petites profondeurs aux personnages.
Après, la fin souffre un peu de son happy end dans la joie et la bonne humeur et certains raccourcis scénaristiques sont grossiers, à mon regard, mais je ne crache pas sur l'ensemble qui reste de bonne facture et vaut largement pour une personne jeune ado ou pour un enfant.

En terme de littérature jeunesse, c'est loin d'être mauvais et je pense que ça vaut le coup de l'offrir à quelqu'un de 8-12 ans que vous connaitriez, car l'histoire est loin d'être inintéressante et contient de nombreux bon points. Mais pour moi, c'est quelque chose qui m'est déjà un peu loin, je note trop de détails qui me font tiquer et c'est là que je constate que la littérature jeunesse a du mal à m'atteindre à présent. Je ne regrette pas ma lecture, mais je resterais sur une littérature plus adulte dans mes prochains romans, c'est certain.

(Chronique n°241)

mercredi 25 février 2015

Les tribulations d'un mage en Aurient (Terry Pratchett)

J'avais envie de le lire quand j'ai appris qu'on y renouait avec le personnage de Deuxfleurs, le touriste naïf et curieux du premier tome des Annales du Disque-Monde. J'avais tellement apprécié le personnage que je me suis décidé à court-circuiter le cycle complet de la saga et aller directement au tome 17, qui retrouve encore Rincevent en mauvaise posture (pléonasme). Et bien d'autre encore. Car le monde est petit, encore plus lorsque c'est un disque, alors c'est parfaitement normal de retrouver tout ceux que l'on connait ensemble. Pour notre plus grand plaisir.


Résumé en trois mots : Orient, Révolution et Guerre

Rincevent atterrit ici dans le continent Contrepoids, le grand continent richissime et clôt d'où est venu Deuxfleurs jadis, dans un passé bien lointain. Mais tout n'est pas rose en cette rieuse contrée de l'Aurient, puisqu'un livre court. Un livre d'un certain touriste : "Ce que j'ai fait durant mes vacances", d'un certain Deuxfleurs. Et dans ce livre est évoqué un certain "Grand Maje" qui leur est envoyé. Et Rincevent se retrouve encore une fois dans le pétrin.

Ce roman est agréable à lire, car le cadre dépayse complètement, dans cette parodie plutôt évocatrice de l'Orient que nous connaissons bien. Mais il rapporte à nouveau le personnage de Cohen Le barbare et sa Horde d'argent, prêt à réaliser le casse du siècle. Et effectivement, pour un sacré casse, c'est un sacré casse. Du genre que je n'avais clairement pas vu venir. Et puis nous retrouvons avec plaisir Rincevent qui ne parviendra toujours pas à faire quelque chose de concret de ses dix doigts. Un mage raté, certes, mais raté en tout. Et toujours le pion de la chance, qui joue contre le destin.

J'ai beaucoup aimé cette histoire, à la fois pour tout le comique qui s'en dégage (le simple dialogue des mages face à un canon par exemple) et qui m'a fait pleurer de rire à certains moments, en grande partie avec le charisme de Cohen le Barbare, mais également avec les références à la Chine ancienne, tout en ajoutant le communisme du petit livre rouge qui se greffe par dessus. Un vrai pot-pourri donc, mais qui m'a entrainé jusqu'au bout.

Un roman dépaysant et humoristique, pour une histoire tout à fait sympathique et qui nous fait renouer avec des héros bien connus, pour nous entrainer dans un Orient parodié qui m'a parfaitement convenu. Encore une réussite pour ces annales du Disque-Monde, et j'en suis à ne plus trop savoir comment le conseiller sans redire ce que j'ai déjà dit. Alors lancez-vous si vous n'avez pas encore essayé. Jusqu'à là, toujours bon !

(Chronique n°236)

samedi 7 février 2015

Dune (Frank Herbert)

Enfin je lis ce monument de la littérature de science-fiction. Enfin je sais ce que ça veut dire Fremen, distille ou encore Harkonnen. Enfin je peux mettre une histoire sur la fabuleuse bande-originale du groupe Toto, enfin je découvre les noms que j'ai déjà entendu ou évoqué moi-même sans avoir jamais lu. C'est impressionnant comme cette série est devenue culte au fil du temps, investissant différents support (pour ce qui est du cinéma, je vous laisse visionner l'excellente chronique du Fossoyeur de films) et restant dans l'esprit comme une saga imposante qui a proposé un univers unique dans le monde de la science-fiction. Après avoir lu L'étoile et le fouet je percevais un talent assez énorme derrière l'auteur, même si sa littérature me semblait quelque peu inaccessible sur certains points. Je voulais donc m'assurer que Dune était bien ce qu'on me promettait, et que je ne m'étais pas trompé sur l'auteur. C'est maintenant chose faite, j'ai mon propre avis.


Résumé en trois mots : Désert, Politique et Religion

Wouh, je ressors tout juste de ce pavé et je reste soufflé par la tempête de sable qu'elle procure. C'est incroyable comme genre d'oeuvre, à la fois riche et dense, complexe et complète, mais en même temps lisible et prenante. Un véritable chef-d'oeuvre ? Presque, a vraiment peu de choses près.

Premièrement, oui, Frank Herbert est véritablement un génie. Sa façon de façon de faire est magnifique, puisque contrairement à beaucoup de livres qui prennent le temps d'installer les choses et de nous présenter le monde, Frank Herbert nous catapulte dedans sans la moindre indication sur l'organisation sociale et politique de l'univers (oui, parce que tant qu'a faire, autant ne pas se limiter à une seule planète, hein ?) mais sais distiller dans son histoire les informations capitales quand il y en a besoin et ne prend pas son lecteur pour un con en le laissant extraire les informations qu'il faut quand il les lit. Tout n'est pas dit explicitement, mais on comprend vite les relations et les liens envers tout le monde pour peu qu'on fasse l'effort de comprendre. Et ça, j'aime particulièrement. L'auteur laisse au lecteur la marge de manoeuvre nécessaire pour qu'il soit obligé de réfléchir sans que cela plombe le roman. C'est un grand plus, que j'affectionne particulièrement.

Deuxièmement, il faut avouer que l'auteur a su nous pondre une écriture intense. Que ce soit par son style, par le rythme, ou par l'usage qu'il fait de l'ellipse temporelle, l'auteur nous prend toujours au bon moment tout en sachant couper exactement là où il faut pour que le lecteur n'ai pas le temps de s'ennuyer. Le roman comporte bien des moments d'ombres qui sont appréciables, puisqu'on progresse dans l'histoire  de moments forts en moments forts. De plus, l'attention ne baisse jamais à la lecture puisque la réflexion est toujours présente à l'esprit du lecteur. Ce n'est pas la lecture calme et reposante de la soirée, c'est une lecture prenante et intense qui plonge le lecteur dans son univers.

Et l'univers, parlons-en. Car Dune, c'est avant tout un univers qui est riche, intense, développé et complet. Rien qu'au niveau de l'organisation politique, il reste des bouquins à écrire (et les appendices fournis le sont aussi, fournies). Et rien que ça, ça fait plaisir. On sent derrière le bouquin tout une structure qui est en place et qui densifie le monde. Bien des choses sont évoquées sans même qu'on ne les développe ou qu'on en saisisse tout le sens. Mais en lisant, j'ai compris ce qu'il fallait savoir d'elles pour l'histoire. Et au final, ça passe largement mieux que trois tartines de textes pour chaque chose. Ici, c'est simple et efficace. Mais jamais gratuit. On sent tout le travail de création d'un univers derrière, et cette complexité rend le texte puissant, car il est nourri de tout un univers qu'on ne fait qu'effleurer.

Le seul problème restant, à mon avis, est celui de l'histoire et un peu des personnages aussi. C'est le seul "défaut" que je relèverais à l'oeuvre. Car si tout est bon, il faut bien le dire, l'histoire reste un rien classique dans son développement et ne confère pas spécialement de retournements impressionnants. D'autre part, les personnages sont un peu effacés devant toute l'immensité du monde crée, et même si j'ai apprécié le développement final de Paul, qui me donne envie de lire la suite, je ne les ai pas trouvé extraordinaire. L'histoire se tient, contient d'excellentes choses, mais n'est pas exceptionnelle en soi. Et ça ... C'est dommage, mais en même temps, peut-on demander une histoire dense et fouillée dans un livre qui est déjà tellement plein de nouveauté ? Peut-être, et là-dessus je rejoins ce que je pensais sur Neverwhere, que le fait d'avoir un univers aussi vaste, tellement de choses à apporter, ne demande pas de développer une histoire au potentiel infini. Ce serait apporter trop de choses d'un coup, et je me serais sans doute fait noyer dans la masse. Alors que là, j'ai pu plonger avec délice dans un monde et dans un style.

Maintenant, j'attends la suite au tournant, et je pense que l'auteur peut se permettre de développer d'autres choses bien plus complexes dans les prochains tomes, maintenant que l'univers est posé, ou au moins esquissé. Et ça, mes amis, j'ai envie de le voir !

Je ne parle que très peu de toute la partie réflexion qui est accordé au pouvoir, à la religion, à la condition humaine, et à diverses autres choses tels que le climat, l'écologie, la biologie ou encore les relations humaines. C'est déjà assez vaste à traiter, et cet article est bien assez long. Sans même parler de l'ambiance bien particulière qui combine le désert de sable et la science-fiction, mêle les cultures et les époques. On retrouve un peu de tout, c'en est bluffant.

Pour résumer tout ce pavé, je dirais simplement que Dune est un excellent livre, à qui il manque encore un petit poil pour atteindre le summum de l'art littéraire. Mais le livre seul n'est que le prémisse d'une saga. Et c'est peut-être en elle que se trouve tout la force qui "manque" dans ce tome. Mais ce tome à lui tout seul vous invite dans un univers riche et dense, avec une histoire simple mais efficace, dans un style beau et prenant. Un tel livre ne vous lâchera pas du moment que vous faites l'effort de le lire, et ça c'est la marque de fabrique des grands auteurs. Une saga qui démarre du meilleur pied et que je vais essayer de poursuivre aussitôt que possible. Lisez-là, c'est un livre qui mérite qu'on s'y attarde.

(Chronique n°228)

mercredi 7 janvier 2015

Les machines à Illusions (Philippe K. Dick & Ray Nelson)

Encore un ouvrage de Philip K. Dick, mais écrit cette fois-ci en collaboration avec un confrère, et que je présente ici avant de poster la chronique sur l'ouvrage Blade Runner, qui viendra très vite. Le choix de présenter celui-ci d'abord n'est pas anodin, car après la chronique sur Substance Mort, je ne voulais pas publier d'un coup toutes les critiques des grands livres de Philip K. Dick. Quand j'encense un auteur, je me plais à lire des livres moins bon et à en faire la critique autant que possible, car nul n'est parfait, et les faiblesses soulignés dans un ouvrage ne font que renforcer les forces des autres. Quand on peut faire du moins bon, la qualité devient extraordinaire, non ?


Résumé en trois mots : NoirsIllusions et Extra-terrestre


De tout les Philip K. Dick lu jusqu'à présent, je dois bien dire que cet ouvrage est le moins bon, et cela ne demande pas un grand effort de comparaison. Et je sais exactement pourquoi.
Déjà, il faut souligner le premier gros problème : ce livre date maintenant sérieusement au niveau de la thématique. En effet, ce livre repose sur la thématiques des noirs qui se battent pour leurs droits, mais c'est quelque peu éculé comme thème (en tout cas, de la façon dont c'est présenté). D'autres part, j'ai eu du mal à m'intéresser aux personnages, que j'ai vite trouvé creux et qui me semblaient peu intéressant. Le final ne m'a pas convaincu à ce niveau là non plus, et j'ai refermé le livre avec un gros : Bof.
L'histoire en elle-même est très intéressante, avec l'idée plutôt bien trouvée des machines à illusions, qui créent des armées mais sans qu'on sache si celles-ci resteront, tout comme est plutôt excellente la façon dont sont présentés les extra-terrestre. Des bonnes idées de bases donc, même si les thématiques abordées ne sont pas les plus intemporelles.
Par contre, il faut bien le dire, le bât blesse quelque part, et c'est dans le développement. Progressivement, j'ai trouvé qu'il manquait quelque chose à l'histoire, qu'il y avait un manque, l'esprit de Philip K. Dick n'était pas vraiment là, je ne ressentais pas vraiment d'ambiance. Au final, je n'ai pas eu de grande envie de connaitre la fin, qui n'est pas transcendante non plus. Que dire de plus, que ce que j'ai déjà dit ? Peut-être l'écriture à quatre mains n'a-t-elle pas contribué, ou alors les auteurs ne se sont pas autant impliqué que dans les autres livres.
Ce n'est pas foncièrement mauvais, mais c'est plutôt un livre anecdotique, dont je n'ai rien tiré (au contraire de tant d'autres de l'auteur) et qui m'a laissé un gout fade en bouche. Je ne regrette pas de l'avoir lu, mais ce n'est pas pour autant que je le conseillerais à quelqu'un.

Un roman bien dispensable, que je ne conseillerai pas vraiment pour diverses raisons. De la part de Philip K. Dick, vous avez largement mieux qui est proposé. Et de la part de l'autre auteur, je n'ai encore rien lu, et j'espère lire mieux. Un roman qui peut se lire, quand on a vraiment plus rien d'autres, sinon je vous recommande de passer allègrement votre chemin et de vous rabattre sur d'autres livres de science-fiction bien plus intéressant.

(Chronique n°214)

samedi 8 novembre 2014

La saga du sorceleur (Anrzej Sapkowski)

Une bien belle et longue saga, sur laquelle j'aurais lu diverses choses pas forcément flatteuses. Mais il faut bien reconnaitre que ce n'est pas une saga habituelle. Déjà par les couvertures (la réédition en poche m'aurait tuée), mais aussi par le contenu, sans parler du manque de réédition en français. Et le jeu vidéo qui en fut tiré et qui est bien plus connu (et mieux noté, curieux fait). Mais je me suis penchée vers elle après avoir lu les premières nouvelles, et je n'avais plus qu'une envie : plonger à nouveau dans cet univers et arriver à voir la suite des aventures de ces personnages hauts en couleur et incroyablement attachants.


Résumé en trois mots : Magie, Prophétie et Guerre

Je dois bien dire, au final de ma lecture, que j'en ressort avec une sensation de déception. Mais si la déception est là, c'est que j'en attendais beaucoup, et le début pronostiquait tellement mieux pour la fin ...

En essayant d'expliquer les choses de façons précises, je dois d'abord relever un détail qui a toute son importance : Sapkowski écrit très bien, le style est incroyablement plaisant, entre la noirceur du monde et les situations rarement roses, mais avec aussi un humour qui se manifeste de temps en temps par de petites touches, et c'est toujours agréable. Et c'est prenant, c'est ça qui fait plaisir. On veut connaitre la suite, bien que cela nous semble parfois un peu artificiel dans le fond.

Car oui, il faut bien l'avouer, il y a des choses un peu trop artificielle dans le fond de certains livres, et je dirais principalement au-delà du troisième tome. Les deux premiers mettent en place l'ensemble et apportent d'excellents éléments, mais la suite n'est pas à la hauteur et plusieurs fois je me suis désolé de l'avancement.
Ce qui est vraiment dommage, c'est que l'auteur a posé une situation vraiment excellente, notamment politiquement, avec tout ces conflits, intrigues, mélant politique, espions, magiciens, pouvoirs et complots. Mais voila, c'est sympathique, sauf quand on résout tout brutalement à la fin avec des moyens assez peu digne de l'ensemble. Le dernier tome donne l'impression de vouloir tout conclure beaucoup trop rapidement. Et c'est vraiment, vraiment dommage.
En parlant de ces problèmes scénaristiques, je dois bien avouer que c'est aussi problématique autour du reste : la saga du sorceleur, peut-être, mais celui-ci est un personnage assez effacé par rapport à Cixi, qui est la figure vraiment centrale. Et d'ailleurs, pourquoi avoir retiré Yennefer des trois quarts de l'histoire ? C'était un excellent personnage, mais qui ne sert pratiquement à rien dans tout les tomes. En fait elle n'est même pas là plus de la moitié du temps.
Autre souci, niveau scénaristique : l'ajout de certains personnages. Je ne suis pas contre l'introduction de nouvelles têtes, toujours intéressantes par ailleurs. Mais là, la plupart du temps c'est en un bloc et les personnages m'ont semblé un peu trop artificiels dans leur façon d'être, même si ça s'améliore beaucoup par la suite.

Par contre, et pour finir sur une note positive, le reste possède beaucoup de bonnes idées. J'ai adoré, à titre d'exemple, la bande des Rats ou la façon dont la guerre impacte sur la vie générale des gens, bien qu'on ne voit presque jamais des batailles (il y en a, si mes souvenirs sont bons, une seule dans les cinq tomes). C'est des luttes entre petites gens lorsque les grands se tapent dessus. Et c'est aussi un monde très sombre et qui contient tout son lot d'horreur et de noirceur (notamment violence gratuite). Un monde mêlant bien fantasy et moyen-âge, noirceur et pique d'humour, sur fond de guerre et d'interrogations. Une belle histoire, mais qui se déroule avec trop d'accroc pour qu'on puisse l'apprécier à sa pleine valeur.

Au final, je suis très mitigé et j'hésite à conseiller la lecture de cette série. Déjà, parce que si vous voulez vous la procurer vous aller payer très cher ou avoir des couvertures dégueulasse. Mais en plus, l'histoire est très inégale, à la fois plaisante sur le monde et décevante sur le fond. C'est une saga qui aurait mérité une histoire plus travaillée, et je n'ai pas retrouvé tout le plaisir que j'avais eu en lisant le premier tome. C'est vraiment dommage, parce que le monde est intéressant et que j'aimais beaucoup de choses dedans. Alors, dois-je la déconseiller pour autant ? Non, évidemment, je ne peux pas. C'est une saga qui à de quoi plaire, et qui présente du potentiel. Si vous êtes intéressé par ce genre de choses, n'hésitez pas à la lire quand elle vous tombe sous la main. Mais dans l'optique d'une superbe saga de fantasy, il faudra repasser.

(Chronique n°208)

mercredi 5 novembre 2014

La nuit de la Lune Bleue (Simon R. Green)

Un des sept livres que j'emmenais avec moi dans mon périple en stage de théâtre. Et puis bon, j'aime de plus en plus ces rééditions, alors je me suis permis d'en emmener un de plus que ce que j'aurais du. Après tout, dans une valise ça ne pèse pas lourd. C'est ainsi que je me suis retrouvé à le lire très vite, bien trop vite (surtout au regard de ce qu'il fallait faire autour). C'est le deuxième livre de cet auteur, et je pense que je me pencherais à nouveau vers lui lorsque je le recroiserai, car c'est vraiment un auteur sympathique.


Résumé en trois mots : Fantasy, Prince et Humour

Alors attention, bien que je mette humour, il ne s'agit pas là d'un roman humoristique, mais d'un roman de fantasy à tendances humoristiques, bien que celles-ci s'étiolent progressivement. Le fond reste, d'un bout à l'autre, résolument attaché au style de fantasy avec beaucoup de choses classiques, mais également des écarts très intéressants.
Je dois avouer, j'ai eu gros faible pour les personnages, très bien campés pour la plupart, à la fois complexe et en même temps répondants aux images qu'on attend d'un personnage de fantasy « classique », surtout niveau des princes. Et surtout, la princesse ! Celle qui a un méchant crochet du gauche et qui n'hésite pas à le mettre dans toute face ne lui revenant pas. Et puis ces gobelins trouillards qu'on croise plusieurs fois dans le livre … Des têtes vraiment sympathiques et qui font plaisir à voir.
L'histoire m'a un peu plus déçu, notamment sur la fin où le ton devenait très sérieux et tombait dans plusieurs clichés grossiers (comme le méchant et les traitres), mais elle sait se maintenir et offrir un final, bien que ce soit presque trop facile par certains côtés. C'est dommage car il y avait un potentiel qui pouvait encore se développer à mon avis, surtout du côté de la princesse. Mais quelle bonne idée de ces armes diaboliques, et surtout de leur fin ! Bref, le roman est truffé de très bonnes idées même si au final il m'a semblé que la fin faisait un peu trop facile. C'est vraiment dommage, même si cela n'empêche en rien la lecture de se faire fluide et de rester intéressante jusqu'au bout.

Au final, c'est ce que j'appellerais un bon livre à lire, distrayant et bien souvent humoristique, quoiqu'au final avec une trame très classique. Mais les personnages sont sympathiques, l'humour fait mouche lorsqu'il est présent, et l'ensemble est très plaisant à lire. Pour un lecteur occasionnel de fantasy, ce livre est un très bon choix, simple et facile, plaisant et drôle. Pour un lecteur assidu, il peut s'agir d'une lecture sympathique entre diverses lectures plus complexe et plus prenantes. Bref, un petit moment de détente, une petite parenthèse entre les grosses lectures.

(Chronique n°207)

dimanche 1 juin 2014

La vérité avant-dernière (Philippe K. Dick)

Un autre Philippe K. Dick, car je n'ai pas énormément avancé sur la bibliographie de cet auteur cette année. Je me rattrape autant que je peux en lisant quelque uns des livres que j'ai a disposition, avant de passer à trois grosses saga de fantasy. Dès que j'ai fini celles de science-fiction, et ça ne tardera plus. Bref, je me suis plongé dans ce Philippe K. Dick, voulant tester encore un moins connu et réputé avant d'attaquer des grosses pointures (Le maitre du Haut-Château et Ubik notamment). Résultat, un petit livre dévoré en un rien de temps, et une confirmation de certains talents de Philippe K. Dick.


Résumé en trois mots : Guerre, Pouvoir et Vérités

Le roman s'ouvre très bien, se continue de façon surprenante et se conclue d'une manière très ouverte. Je dois reconnaitre à l'auteur que sur trois romans de lu, les trois avaient une fin très ouverte, permettant de se faire ses propres conclusions, tout en apportant une réponse aux questions qui étaient soulevés. Ici encore, le récit se clôt sans s'achever, ou l'inverse.
C'est une histoire qui sent bien les années de peur nucléaire, lorsque la mort semblait vouloir fondre sur les habitants de la Terre sous forme de bombes de plusieurs méga-tonnes. C'est une peur qui nous est un peu passée au-dessus actuellement face aux problèmes environnementaux, mais c'est assez bien fait pour que ce ne soit pas la seule problématique au centre du livre. Je note d'ailleurs aussi les robots, qui, après toutes les lectures de Asimov enchainées, font assez pâle figure.

Mais le reste m'a beaucoup intrigué, avec tout ce qui se déroule progressivement, sans qu'on ne sache véritablement où tout cela va nous mener, oscillant comme d'habitude entre des rêves réalistes et une réalité faussées. C'est un monde qui est toujours entre la vérité et le faux, le faux crée et celui qui est provoqué, celui qui arrive tout seul et celui qui se révèle impossible à détecter. Philippe K. Dick a vraiment une façon de nous faire comprendre comme la perception de notre monde est limité, et sa façon de l'écrire s'en ressent vraiment. Les personnages sont superbes (quoique tous masculins) avec tout ces doutes entre eux, sur eux, sur les autres et sur le monde. Finalement personne ne sait quelle sera la réalité à la fin, pas même le lecteur, et tout est laissé aux interprétations.

Pour mon troisième Philippe K. Dick, j'ai l'impression de confirmer le style et l'ambiance de l'auteur, avec tout ce que j'avais déjà aimé dans les deux autres récits. Celui-ci, sans se hisser au niveau de Le dieu venu du Centaure, reste tout de même dans une honnête moyenne et se hisse au rang de Message de Frolix 8, avec ce côté social des hommes qui se gèrent mal, mais également d'une réalité toujours à la limite du perceptible. Un beau mélange des genres, qui m'a plu et me plait encore. C'est une autre facette de la science-fiction, bien campée et qui nous entraine dans un univers superbe. Je me plongerai avec plaisir dans la suite des histoires de cet auteur, qui commence à faire son chemin dans ma bibliothèque.

(Chronique n°188)

vendredi 9 mai 2014

La fille automate (Paolo Bacigalupi)

Bon, avec Sur la route, c'est une des lectures qui m'a pris le plus de temps, en comptant sur un an. Au minimum, deux semaines pour arriver au bout. C'est vous dire à quel point c'est long. J'ai eu le temps de lire sept livres entre, et je m'ennuyais tellement que j'en fut réduit au stade de un chapitre par jour (et je ne sais vraiment pas comment font les gens pour lire à ce rythme ! C'est d'un fatiguant !). Alors, allons-y pour une chronique qui sera, je vous avertis, assassine.


Résumé en trois mots : Thaïlande, Gênes et Guerre

Pour commencer en douceur, allons-y par les bons points. Parce qu'il y en a. D'abord, l'action se situe dans un pays asiatique, la Thaïlande, et dans pas mal d'années (au moins une bonne centaine). C'est une anticipation sympathique, donc. Et c'est vrai qu'on est dépaysé. Ensuite, il y a une pléiade de bonnes idées dans le roman. Et puis, il faut avouer que les différents points de vues sont sympathiques, même si ce n'est pas du tout bien exploité, à mon gout. Enfin ... Euh, j'aime bien l'idée des cheshirs. Le reste .... Même niveau politique ça reste faible même si c'est sympathique de ne pas faire du manichéen primaire.

Passons au reste : critique assassine. Désolé au fans, mais je dois bien dire que c'est un livre qui ne mérite  pas ses prix selon moi. Les raisons, les voila.
Déjà, et c'est une constatation générale, le roman est long. Mais long ! Et poussif ... En fait, il faut 400 pages (oui, je les ai compté) avant qu'il ne se passe quelque chose. Au début, ce sont 400 pages qui nous font naviguer entre les différents protagonistes et qui ne font que mettre en place la situation. Et quand 2/3 du roman passent sans faire avancer le schmilblick, je suis désolé, ça me fait chier.
Ensuite, les personnages sont sympathiques pour certains d'entre eux, mais je dois dire que la moitié me semblent totalement inintéressant. Quand il leur arrivait des crasses, je m'en foutais. Ils seraient mort au milieu, je m'en serais désintéressé. Même Emiko, la fille automate qui est intéressante sous certain aspect, ne m'a pas du tout intéressé. Lorsqu'enfin elle prend de l'épaisseur, c'est à la fin. Je pensais qu'on aurait le droit à du développement, et non. Elle disparait quasiment et on la retrouve un peu à la fin. Point.
Ensuite, le fait qu'on se promène entre point de vue sans qu'il n'y ai de grand changement. Certes, chacun a sa façon de voir les choses, mais rien de plus ne change. Pas d'autre style, d'autre façon d'être ... C'est plat en fait.
Enfin, pour faire court, la fin. L'auteur nous pond enfin quelque chose de rythmé vers la fin, ça s'accélère et .... Rien. Rien !!! Il nous fait une fin puis un twist finale et conclut en .... 6 pages. Merde, le roman fait 600 pages de mise en situation, il aurait pu nous faire une vingtaine de pages pour un final correct ! Et c'est trop brutal, rien n'est résolu. Une fin ouverte, oui, une fin baclée, non. Surtout quand c'est aussi long à venir. La seule idée que j'ai eu à la fin : Ok, tout ça pour ça. J'ai vraiment eu la sensation de ne pas avoir retiré la moindre chose de ma lecture.

Certes, il y a des pistes intéressantes sur les automates et la haine qu'ils déclenchent chez les humains, mais c'est largement en-dessous de ce que pondent des auteurs comme Asimov dans ses récits sur les robots. Je lis des critiques qui parlent d'ambiance, mais lisez Enigma, l'auteur vous pose une ambiance en deux phrases. Là il vous met 400 pages à poser la situation et l'ambiance du monde. Par rapport à d'autres romans de science-fiction que j'ai lu, il perd trop de temps à tout expliquer. Il faut faire plus finement ! Ca ne vaut pas ce que j'ai lu avec Frank Herbert ou Philipe K. Dick. Sans parler du fait que ce n'est pas prenant. Je n'étais pas dedans, ça trainait, je n'avançais pas !

En résumé, pour moi, un livre poussif et lent, qui ne mérite pas son statut. Ce n'est pas prenant et les bonnes idées sont trop diluées dans la masse des détails qui vous encombrent. La fin est bâclée pour moi, et les sujets sont traités de manière superficielle. L'idée des gènes et de la trans-génétique est intéressante, mais mal exploité. Le roman est long, les personnages inintéressants. En plus, je n'ai pas réussi à rentrer dans l'ambiance. Voir dans le livre en général. Passez votre chemin, pour moi ce n'est tout simplement pas un bon livre de science-fiction. 

(Chronique n°179)

dimanche 23 février 2014

Le chacal de Nar (John Marco)

J'ai remarqué dans ma liste de lecture de l'année que la fantasy était très peu présente. Et j'ai noté dans ma pile qu'il me restait encore pas mal de livres édités Bragelonne que je n'ai toujours pas lu depuis leurs achats en ... Juillet dernier, c'est bien ça ! Bref, pour faire un peu diminuer cette grosse PAL (en fait, depuis la découverte de la librairie d'occasion, ma PAL est entièrement faite de livres de poches, alors que là elle est constituée de livres grand format), j'ai attaqué ceux qui me semblaient les meilleurs. Ensuite, il restera ceux de SF à lire aussi. Des charmants soirées en perspective.


Résumé en trois mots : Invasion, Guerre et Responsabilité

Je dois bien le dire, ce fut un peu long à lire. En fait, si le livre commence bien et contient plusieurs très bonnes idées, la suite se dégrade pour finir dans une bouille que je déteste. Je vais essayer de clarifier mon propos.

En fait le livre explore la piste des romans de fantasy qui essaye d'ajouter de la profondeur politique entre divers royaumes et des personnages qui doivent essayer de comprendre tout ça. Seulement, là, je dois bien dire : c'est un soufflé qui retombe. En fait, l'auteur a mis dans son livre des détails qui tuent le récit et l'alourdissent complètement. Le premier concerne le héros. En fait, il est le modèle type du héros : vertueux, poli, courtois, gentil, fort, beau, .... Et implicitement, chiant. Au fur et à mesure de l'avancée de ma lecture, j'ai commencé à ne plus le supporter, vers la fin il devient juste insupportable. Pire qu'un boy-scout. Pourtant le départ annonçait un héros qui évoluerait, voir même qui serait plus noir qu'il ne semble. Mais non. Et c'est pas mieux pour certains autres personnages qui ne sont que vertus, opposés à d'autres n'étant que méchanceté. S'ajoute aussi un problème récurrent : aucune explication géographique (on a une carte, c'est vrai), notamment dans le fait que certains peuples portent des noms n'ayant aucun rapport avec le lieu où ils vivent. Je me suis emmêlé au début, ne sachant pas si c'était des humains ou d'autres créatures.
Et le pire des défauts dans un livre de fantasy : l'histoire d'amour pire qu'un film romantique. Là, je dois quand même dire que le gars plaque sa vie et son royaume pour une fille qu'il n'a vue que 2 jours. 2 jours un an auparavant ! Merde quoi, ça fait pas crédible ! Et je ne vous raconte pas ce qu'il se passe ensuite, je me demandais parfois si on était vraiment dans un roman qui se veut adulte. Ok, c'est un premier roman, mais faut pas déconner non plus.

Cela dit, il y a des bonnes idées, des personnages intéressant (que j'attends de voir développés) et des situations qui ne seraient pas mal du tout dans un contexte plus étoffé (quand on ne passe pas le 2/3 de la deuxième partie du livre sur des histoires d'amour inintéressante !). Et puis il y a un peu trop de batailles (dans lesquels le héros survit toujours, bien évidemment, on est pas dans le trône de fer), et des développements largement trop rapide (allez, on bricole une amitié en moins d'une semaine, on joue sur les clichés). Enfin, dernier point, des bases trop classiques (opposition magie/science, technologie d'un côté, barbare de l'autre, monde sauvage et domestiqué ...). En fait, si je partais sur une impression positive, j'ai vite déchanté et j'ai eu un développement tellement classique que s'en devint ennuyeux.

Ce tome n'est que le premier d'une trilogie mais il ne m'a pas du tout donné envie de lire la suite, tant j'ai trouvé le développement classique. Aucun retournement spectaculaire, rien que du convenu dès la moitié du roman jusqu'à la fin. Mais le reste ... C'est plat. Et je ne vous parle pas du méchant qui nous est présenté, tellement caricatural que c'en est risible. Je n'ai vraiment pas apprécié ma lecture, alors que sur le papier le concept pourrait très bien donner. Mais bon, faut bien avouer, c'est décevant. Peut-être était-ce trop ambitieux pour un premier roman, mais je ne pense pas lire la suite des aventures de ce héros.

(Chronique n°142)

 

vendredi 29 novembre 2013

Les âmes grises (Philippe Claudel)


Un tout petit livre pour lequel je me suis laissé tenter par ce petit livre à l'aspect fort charmant et aux prix engageants (je parle des prix littéraires), et surtout peu de pages, alors que je n'étais pas motivé à en commencer un gros (j'en ai déjà deux en routes donc ...). Et puis, je n'avais aucun apriori sur cet ouvrage, ce qui m'a donné l'idée de me lancer dedans, pour une découverte totale.


Résumé en trois mots : meurtre, personnages et enquête


Disons le tout net, j'ai eu du mal à trouver ce livre intéressant. Pas forcément à le lire, mais à le trouver intéressant. Pourquoi ? En fait il y a de nombreuses raisons, autant personnelles que objectives (enfin, autant que je puisse l'être).
Déjà, pour commencer, la structure du récit est déconstruite. En soi, ça ne pose pas de problème, c'est une façon de traiter le récit qui me convient d'ailleurs très souvent du moment que ce n'est pas mal fait. Et là, malheureusement, c'est pas la meilleure façon de faire. En fait l'auteur nous précise sans cesse des choses autour de la trame principale, soit dans le passé antérieur soit dans le futur, mais sans vraiment nous donner des indications et en changeant quasiment tout le temps de chapitres. C'est bien comme idée, mais je trouve qu'on se brouille trop vite, notamment au début du roman. La fin est plus simple, quand on connait les grandes lignes, mais avant ça il faut vraiment se repositionner tout le temps dans l'échelle du temps et c'est assez pesant je trouve.
Ensuite, l'auteur fait intervenir des personnages qui parlent de ce qu'ils ont vécus/vus/entendus, et là encore c'est assez lourd comme style, puisque chaque fois la description bouffe je ne sais combien de pages avant que l'on rentre dans le vif du sujet. Ce n'est pas inintéressant, mais les personnages parlant ne sont que peu intéressants dans la suite du livre, rendant les présentations anecdotique.
Ensuite la façon de nous balader entre toutes les trames est bien vue, mais en fait chacune est si mince qu'on s'en préoccupe finalement peu, se contentant des portraits brossés par l'auteur. C'est surtout le cas par rapport à la femme du narrateur, dont je n'avais rien à cirer lorsqu'on en parlait.

Cela dit, l'auteur s'attache à nous présenter des personnages intéressants, le titre du roman expliquant cette façon de voir les choses : des âmes grises, ni noir ni blanches. Elles vont parsemer le roman, personnages sympathique devenant tout à coup moins intéressant, personnage odieux présentant un jour chaleureux. C'est un beau mélange, et la façon dont les personnages se dévoilent est bien faites.
Ensuite la peinture de ces années de guerre et le climat est bien représenté également, entre les blessés du front et les planqués à l'arrière, le travail des femmes et l'évolution de la société, c'est une belle peinture de l'époque à laquelle nous avons droit. Sans parler de tout ce qui nous révolte actuellement et qui avait libre cours en ce temps là.


En clair, le roman n'est pas mauvais et contient quelques bonnes idées et une mise en scène sympathique, mais j'ai franchement trouvé l'ensemble lourd. Ce n'est pas très bien organisé, et les personnages bien que tempérés m'ont semblé très fade. Au final, aucun ne m'est resté, aucun ne m'a semblé d'un quelconque intérêt et l'histoire finale est dispensable. Elle ne m'a pas laissé de souvenirs indélébile, et je ne me rappelle déjà plus grand choses de ses différentes trames. Je trouve que le récit à manqué son but, en voulant à tout prix se conformer à son titre il à manqué son but. Pour ma part, c'est une lecture parfaitement dispensable !

(Chronique n°100)