mercredi 15 avril 2015

Théâtre, tome 3 (Eric-Emmanuel Schmitt)

Et voila le troisième et dernier tome de cette trilogie de livres composés uniquement de pièces de théâtre du même auteur, j'ai nommé Eric-Emmanuel Schmitt ! J'ai mis beaucoup plus de temps à lire celui-ci, mais je suis content de tous les avoir fini à présent. J'ai vraiment du mal à lire le théâtre, même si dans certains cas ça passe largement mieux que d'autres. Ici, notamment, la lecture m'a semblé fluide, alors je vais vous détailler ce que j'en ai pensé.


Résumé en trois mots : Amours, Philosophie et Théâtre

Des livres que j'ai lu, je crois bien que c'est celui-ci qui contient mes pièces préférés. Les trois sont dans des styles très différent, mais les trois sont excellents. La première, Frederick ou le boulevard du crime, nous fait revivre cette période d'effervescence créatrice au théâtre, ce moment où les pièces étaient jouées sans arrêt, soumis à la censure, les acteurs encensés, les pièces mauvaises ... Et la pièce nous invite à retrouver un acteur qui ne vit que pour et dans le théâtre. La pièce nous fait visiter tout les côtés, mais développe aussi un point de vue très intéressant sur les acteurs en général. J'ai été séduit par la façon dont elle s'organise, et tout l'amour du monde spectacle.

Le second, Petits crimes conjugaux, est le dialogue d'un homme et de sa femme, lorsque celui-ci rentre de l'hôpital, où il vient d'être soigné. Et là commence le jeu des retournements de situations, tout en suivant un fil rouge de réflexion sur le couple. Intéressant et bien mené, cette pièce m'a rappelé celle dans le deuxième tome, Variations énigmatiques, avec sa façon de surprendre tout du long. Très très bon.

La dernière est peut-être celle que j'ai le moins aimé tout en lui reconnaissant pas mal de qualité. Je crois que je n'ai pas aimé la façon dont elle est développé dans la deuxième partie. C'est l'histoire d'un homme qui arrive dans un hôtel entre deux mondes, là où attendent ceux qui sont dans le coma. Et c'est très bien comme idée, les développements sont très bons, mais j'ai eu du mal avec la fin et notamment l'histoire d'amour, qui m'a semblé un peu fausse.

Encore un bon recueil de pièces de cet auteur, que j'affectionne décidément de plus en plus, et qui nous offre quelques beaux morceaux. Surtout que pour une fois la pièce est largement plus lisible que ce à quoi on s'attend, et j'aime cette fluidité dans la lecture, à défaut de pouvoir le voir sur scène. Une excellente compilation, très sympathique et que j'ai apprécié lire. Pour varier un peu des romans, prenez le temps d'une bonne pièce de théâtre, et celles d'Eric-Emmanuel Schmitt valent le détour, croyez-moi !

(Chronique n°260)

lundi 13 avril 2015

Prisonniers du paradis (Arto Pasilinna)

Et encore un livre de cet auteur, le finlandais Arto Paasilinna, qui sait à chaque fois nous entrainer dans des histoires rocambolesque avec des personnages hauts en couleurs et généralement bien gorgés d'alcool. Ce qui est encore une fois le cas ici, mais avec un climat bien différent et quelque peu plus clément, les tropiques !


Résumé en trois mots : Crash, Jungle et Communauté

Ce roman est différent de ce que l'auteur écrit habituellement, puisqu'il exporte ses charmants compatriotes finlandais dans les tropiques, en prenant pour prétexte un crash d'avion qui oblige des suédois et finlandais à rester sur une île déserte, sans espoir de voir un jour venir les secours. Les personnes commencent alors à s'organiser pour survivre, et bientôt la survie n'est plus le seul motif de rester, puisque le bar de la jungle va même ouvrir, avec son alcool distillé localement.

Je ne sais pas si l'auteur est passionné d'alcool, mais c'est un thème plus que récurent dans ses romans, mais passons. En tout cas, ce livre prouve encore une fois le grand talent de Arto Paasilinna, qui nous sort encore une histoire délirante et bienvenue (sauf pour un ou deux détails, notamment avec les gilets de sauvetage qui semblent inépuisable ...) sous un jour différent de d'habitude. Je me suis senti, durant ma lecture, transporté sous les tropiques, et c'était bien agréable. De plus, ces hommes toujours extraordinaires que nous pond l'auteur sont une source inépuisable de rire, avec tout ce que cela comporte de bagarres, de projets stupides ou de réussites grandiose. D'au bout à l'autre l'auteur invente tout ce qu'on peut imaginer pour finalement nous laisser fermer le livre avec un petit rictus au coin des lèvres.

Encore une réussite, simplement un bon livre humoristique qui m'a fait rire alors que je commence à m'habituer au style de l'auteur et que je n'en suis plus à mon coup d'essai avec lui, mais la sauce prend encore une fois et la lecture fut plaisante d'un bout à l'autre. C'est toujours un régal d'humour et d'inventivité, jusqu'au final, et je vous recommande encore une fois sa lecture pas très longue, qui plus est, pour passer un moment agréable.

(Chronique n°259)

vendredi 10 avril 2015

Petits suicides entre amis (Arto Pasilinna)

Un autre livre de cet auteur, l'avant-dernier de ma PAL, histoire de varier entre toutes les lectures du moment qui sont centrées Sf et Fantasy. Un peu d'humour noir et de contrée glacée, de ces auteurs finlandais, qui écrivent le grand froid des contrées du nord. Et qui se permettent parfois de descendre et de vadrouiller dans toute l'Europe.  Car oui, pour une fois l'auteur sort de sa province natale et se permet de partir à l'aventure, pour enfin se jeter à l'eau !


Résumé en trois mots : Suicidaires, Voyage et Europe

L'idée de départ est excellente, il faut bien l'avouer, lorsque nous découvrons ces deux gentils finlandais qui aimeraient se suicider et qui se croisent par hasard. Commence alors un projet curieux : créer un comité de suicide pour aller se suicider ensemble. Et réunir le plus gros groupe de suicidaires finlandais. Mais le suicide, ce n'est pas aussi simple qu'on le voudrait, surtout quand c'est entre amis.

Ce roman est assez différent de ce que j'avais déjà lu de l'auteur, notamment avec son détachement un peu plus net de la nature, thème récurrent de l'auteur, et qui venait se greffer partout. Ici encore l'auteur nous gratifie d'un début rural mais bascule ensuite en un long voyage à travers tout les pays de l'Europe, et c'est au final peu de la nature qui nous est dévoilé ici. On traverse le tout sans vraiment prendre le temps de s'arrêter.

De plus, le sujet très grave du suicide est tourné ici au maximum de la dérision, dès son début, et bascule progressivement vers quelque chose de plus léger, un road trip tranquille entre amis. Et bien sur, l'humour perpétuel de Paasilina reste présent dans les pages.
J'ai apprécié ce morceau de fantaisie débloquée, de personnages hauts en couleurs qui sillonnent l'Europe pour aller se jeter dans le vide et en finir avec une vie qui ne les satisfait plus. C'est jouissif à lire, et j'ai eu des beaux fous rire encore une fois. L'auteur n'a décidément pas son pareil pour nous croquer des situations surréalistes et hilarantes.

Encore une fois, l'auteur tape juste en nous sortant un livre déjanté sur un thème aussi grave que le suicide, mais ce n'est pas comme si l'auteur ne nous avait pas habitué au thème. C'est amusant, et innovant dans ses situations qui ne se figent plus dans la lointaine Finlande, mais vont ici jusqu'à chez nous, apportant la morosité de ces suédois jusque dans nos contrées. J'ai aimé et j'ai beaucoup rit, alors je ne peux que vous le recommander, encore une fois. Cet auteur est décidément un excellent auteur comique.

(Chronique n°258)

mercredi 8 avril 2015

Coeurs perdus en Atlantide (Stephen King)

(Lu entre le 7 et le 8 mars)

Ca faisait un long moment que je n'avais pas lu de Stephen King, et voyant ce livre trôner dans le bac des invendus, je me suis laissé tenter en le prenant et en le lisant rapidement, en deux jours, pour me débarrasser de livre. C'est plus qu'un objectif, là, c'est une mission survie, mais je ne désespère pas d'y arriver. Aussi ce livre m'a permis de me replonger dans Stephen King, auteur que j'ai dévoré voila quelques années et que j'avais laissé tomber depuis quelques temps, sans aucune raison. Et ça fait du bien d'en relire un bon, de temps en temps.


Résumé en trois mots : Sixties, Enfance et Amour

Un livre plutôt bon, même s'il est loin d'égaler les grands hits du maitre, mes livres favoris de l'auteur. C'est simplement un très bon livre, que j'ai eu grand plaisir à dévorer en deux jours, tranquillement installé. Et j'ai voyagé loin dans le temps et l'espace, et ça, c'est la grande marque de Stephen King.

Je pense qu'une bonne partie de la notoriété de Stephen King vient de sa capacité à créer un univers complet dans lequel on se sent entrainé lors de la lecture, et sa virtuosité qui nous tient tout au long du récit en haleine. Même si celui-ci n'est pas forcément un récit de suspense. Ici c'est un simple récit d'amour, de jeunesse et d'enfance.
Ce livre reprend encore une fois des thèmes cher à Stephen King, l'enfance et son innocence, le basculement vers l'adolescence, l'adolescence qui bascule vers l'adulte, le dur contact de la réalité avec l'insouciance des jeunes gens, l'amour a travers le temps, et surtout, une période de l'histoire américaine, les sixties. Ces fameuses sixties d'avant Woodstock, celles du début de la guerre au Vietnam. C'est toutes les sixties qui ressortent là, toutes celles fantasmé et rêvées, mais avec leurs bons et leurs mauvais côtés. Tout fut loin d'être rose dans ces années là.

Mais peu importe ce qu'on en pense, l'important ici, c'est ce que Stephen King en pense. Et Stephen King aime ces sixties, il les aime profondément, et ça c'est magnifique. Son amour pour cette période transpire à travers les pages, et c'est touchant. On est transporté dans cette période, dans ces Amériques qui commencent à tourner dans le mauvais sens, où les enfants sont mis face à une guerre absurde et face à la violence. C'est puissamment transmis, cette folie qui traverse les Etats-Unis, mais c'est beau.
Heureusement, il reste l'amour, l'amour qui traverse les époques et les protagonistes, l'amour de cette fille, appelée Carole, qui reste là dans chaque époque, intemporelle, celle pour qui tous eurent le béguin mais qui ne peut rester en place. C'est fort comme image, et j'ai adoré.

Ce livre est très agréable à lire, c'est du bon Stephen  King, avec tout les éléments de ce que j'aime chez lui : son talent d'écriture, sa puissance narrative, sa façon de retranscrire une atmosphère, ses histoires qui ne sont jamais exceptionnelles de retournements mais toujours prenantes et intéressantes, son amour des sixties, et puis tout le reste. C'est le genre de roman que j'affectionne pour son statut : ce n'est pas le meilleur livre que j'ai lu, ce n'est pas un livre inoubliable, mais il est bon, et j'ai pris plaisir à le lire. Un plaisir simple et pourtant bon. J'ai aimé ça, et j'en redemande.

(Chronique n°257)

lundi 6 avril 2015

L'abomination de Dunwich (H. P. Lovecraft)

Dernier recueil de nouvelles de Lovecraft en ma possession, et je crois bien que j'ai lu tout ce qu'il fallait lire de cet auteur à présent. Enfin, il me semble bien. C'est maintenant un devoir accompli en ce qui le concerne, je peux me tourner vers le reste de la littérature d'horreur, d'épouvante et du fantastique (ça tombe bien, je viens de commencer Stephen King). Bref, ce dernier recueil est-il du même acabit que les précédents ? C'est ce que nous allons voir.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Epouvante et Abomination

En tant que tel, Lovecraft restera toujours Lovecraft, et son style d'écriture si particulier (un peu lourd, dirons nous) est toujours identique à lui-même. C'est une façon d'écrire vieillotte, démodée, mais qui a son petit effet et ajoute du cachet, notamment lorsque les personnages parlent à la première personne et qu'ils vivent dans une époque plus ancienne. De fait, le propos est en adéquation avec le contenu.

Ce recueil contient neuf nouvelles de l'auteur, et dans l'ensemble c'est un excellent recueil que je vous recommande de lire. La nouvelle éponyme est une excellente apparition du mythe de Cthulhu, avec cette fois-ci Yog-Sothott, dans une nouvelle d'épouvante un peu classique mais toujours efficace.
En revanche, dans le reste des nouvelles, nous avons des excellentes petites perles, notamment "Je suis d'ailleurs", ou encore "La maison hantée", "Les rats dans les murs" ... Des nouvelles bien faites, avec des mises en place efficace et des fins surprenantes, que j'ai beaucoup aimé personnellement. Certaines étaient inattendus et m'ont prises au dépourvu.

Un recueil très bon, que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et dont mes souvenirs sont encore bons. C'est un recueil intéressant dans l'ensemble des oeuvres de Lovecraft, avec des idées qui surprennent et des fins inattendus. Un bon livre, que je vous recommande. Lovecraft restera un maitre de l'horreur moderne.

(Chronique n°256)

samedi 4 avril 2015

Le messie de Dune (Frank Herbert)

J'ai pu profiter d'une semaine de vacances pour retourner chez mes parents et retrouver l'intégralité de ma bibliothèque qui n'a pu, malheureusement, suivre mon déplacement dans la France. Mais heureusement, c'est du coup un plaisir renouvelée que de revenir et se sentir à nouveau étroitement entouré de livres et de BDs, lesquelles vont d'ailleurs revenir dans des chroniques tout exprès, car j'en ai plusieurs qu'il faut que je vous partage.
Mais surtout, j'ai pu retrouver les livres que j'avais laissé stupidement, et notamment toute la suite de Dune qui m'avait laissé tellement pantois voila quelques semaines. J'ai donc pris délicatement le tome 2 et je me suis permis de lire quelques lignes, avant d'entamer le livre proprement dit. Et voila qu'il m'a laissé, encore une fois haletant et groggy. De la littérature de haut vol, et comme j'en avais plus lu depuis un bail. Dieux que ça fait du bien !


Résumé en trois mots : Politique, Religion et Trame du temps

Bon, j'admet, je m'emballe peut-être un poil dans cette lecture, mais je dois bien dire que j'ai l'impression d'avoir trouvé la une grande série de science-fiction, épique et majestueuse. Une série qui a fait souvent parler d'elle, mais que je commence seulement à vraiment entrevoir comme ce qu'elle est : un chef-d'oeuvre de la science-fiction.

Je ne vais presque rien dire de l'histoire, car ce tome est exactement la continuité du premier, et je ne pourrais vous dire quelque chose sans dévoiler l'intrigue du premier tome. Et ce serait bien dommageable pour vous si vous n'avez encore rien lu. Aussi je dirais que, niveau scénario, j'ai été agréablement surpris, car ce que je reprochais au premier tome, à savoir une trame scénaristique bien plus dense et étoffée, l'univers développé par Frank Herbert trouvant enfin de quoi étendre toutes ses ramifications. L'histoire m'a complètement surprise par les détours qu'elle prenait et la vaste implication politique qu'elle englobait. Rien ne se passe comme on s'y attendrait, et la réalité est diablement cruelle. Le roman est bien plus court que son prédécesseur, mais possède une densité d'intrigue magnifique. Je suis comblé par ceci, qui montre bien que le premier tome servait de mise en place d'un univers. Qu'on ne fait encore une fois qu'effleurer ici.

Ce qui est passionnant, c'est de voir comment Frank Herbert arrive à englober tellement de sujet en si peu de temps. Outre des questions sur la politique et la religion qui sont très intéressante et donnent matière à réfléchir, le bougre se paye le luxe de nous ressortir quelques réflexions écologiques, notamment sur la gestion complète d'un éco-système, sur la société, sur les changements profonds d'un régime, sur le poids des choix, sur le temps et la vision de celui-ci, sur le destin et le choix, mais également sur la nature même d'une société et d'un peuple, ou d'une révolution. Tout est maitrisé et entremêlé, avec un final qui m'a presque tiré des larmes, mais qui laisse également la voie ouverte à toutes les suites imaginables. Et justement, des suites, il y en a encore, et j'aimerai à présent m'y plonger allègrement.

Si je devrais donner un défaut à ce livre, c'est qu'il manque une toute petite chose : le désert. Je n'ai pas retrouvé autant le désert que je l'aurais voulu, le livre se déroulant plus dans le palais que dans les dunes. En un sens, j'ai trouvé dommage qu'on explore pas plus ce lieu si saisissant et puissant, un lieu qui forge des hommes et qui reste toujours mystérieux. Mais ne boudons pas notre plaisir, le livre est excellent.

Une suite qui m'a comblé au-delà de mes voeux, puisqu'elle sait conserver toute la force et le potentiel de la première partie tout en comblant les lacunes pour en tirer un roman d'une densité et d'une force sans égal. Je suis encore sous le charme, et j'ai hâte de découvrir la suite à présent, pour plonger plus en avant dans les dunes de sable, au milieu des vers et des Fremens. Une saga qui promet vraiment beaucoup. Vivement la suite !

(Chronique n°255)

jeudi 2 avril 2015

La religieuse (Denis Diderot)

J'ai eu, durant mes années d'études, un professeur que j'ai énormément apprécié et qui nous a vanté une sacré quantité de livres et d'auteurs de la période moderne, dont Laclos, Rousseau, Sade, Voltaire et Diderot. C'est ce dernier vers lequel je me suis penché le plus vite, attendu que notre professeur nous en parlait presque tout le temps. J'ai donc déjà lu le livre Paradoxe du comédien qui est très intéressant, puis je me suis penché sur le cas de La religieuse, qui nous étais présenté comme un ouvrage régulièrement interdit à l'époque. Je voulais en connaitre la raison et je me suis mis en tête de le trouver et le finir.


Résumé en trois mots : ReligieuseCouvents et Problèmes

C'est une curieuse histoire, bien évidemment bien plus qu'une simple histoire. C'est le pamphlet d'un philosophe envers une institution établie de la religion. Et pas n'importe laquelle. Celle des couvents.

Alors, avant toute chose, je comprend parfaitement qu'on puisse se désintéresser de ce genre de roman si l'on n'y voit pas l'intérêt et qu'on y vient pas avec un minimum de connaissance de base. En effet, l'époque de Diderot est celle où les jeunes filles de bonne famille sont envoyés au couvent, soit avant le mariage, soit définitivement faute de dot suffisante pour la marier. Et deux trois autres détails du genre. Alors, je conçois que si vous ne vous intéressez que très peu à cette époque et à son comportement religieux, c'est assez difficile d'approche et peu intéressant.

Cela dit, j'ai beaucoup aimé la façon dont Diderot traite le livre. C'est la lettre de l'héroïne à un protecteur anonyme, dans laquelle elle raconte son histoire d'un bout à l'autre, tout en conservant sa naïveté et sa candeur d'origine. C'est une fille de bonne famille qui connue la malchance d'être née seconde dans la famille. Et qui va se retrouver au couvent très vite, alors qu'elle refuse.
Mais la vie est mal faite, et notre héroïne va se retrouver à fréquenter divers couvent, chacun avec ses méthodes et sa façon d'agir, qui bien évidemment, ne conviendront jamais.

Ce livre est amusant, de part son énorme pamphlet anti-clérical, et toute la volonté qu'il met à décrire des couvents comme des institutions sordides hérités d'une époque qui ne correspondait plus à la réalité et qui ne faisant que mettre à mal une partie de la gente féminine, qui n'avait pas demandé à s'y trouver pour la majorité. Le pamphlet a perdu de sa force, il faut l'avouer, puisqu'il vise, plus que la religion, une institution de celle-ci. Institution qui n'a pas disparu, mais n'existe tout du moins plus dans la forme qui nous est présenté ici (et tant mieux !). Mais cela fait réfléchir, je trouve, que de lire ce qu'il s'y passait (en traits grossis) et les limites de toutes religions.

Personnellement, je me suis amusé à la lecture, qui ne fut pas la plus inoubliable mais très sympathique tout de même, avec quelques rires, pas forcément voulu par l'auteur je pense, mais cela m'a amusé de me retrouver dans un dix-septième siècle rempli de nonnes. Même si je ne pense pas relire ce livre, ce fut une lecture distrayante.

Un livre philosophique mais qui a perdu de sa force et de son potentiel, même s'il reste très sympathique à lire (notamment son langage très classe), avec des bonnes choses à en tirer. Je ne suis pas sur qu'il me faille vous le conseiller, sauf si vous êtes fan d'histoire et de religion, et que vous avec quelques connaissances préalables sur le sujet. Le livre ne manquera pas, alors de vous plaire, même si là encore ce n'est pas le meilleur livre qu'on ai conservé de cette période. Mais pour ma part, j'en ressors satisfait.

(Chronique n°254)