mercredi 11 septembre 2013

Danse macabre (Stephen King)

Un petit recueil de nouvelles bien sympathique de Stephen Jung que je n'avais pas encore lu, alors qu'on le vante souvent comme le meilleur de l'auteur. L'ayant trouvé à bas cout, je me suis décidé à le lire tranquillement, durant l'attente chez le médecin, et je fais enfin la critique, maintenant que j'ai à nouveau accès à l'ordinateur. Pour moi, c'est aussi un deuxième billet pour le challenge Stephen King, et les retrouvailles avec un maitre dont j'ai encore une petite pile de livres qui attendent sur la table de chevet. Mais bon, il faut bien lire d'autres choses. Alors voici les nouvelles d'une Danse Macabre de Stephen King.
Résumé en trois mots : Horreur, Fantastique et Réalisme
Les nouvelles de ce recueil sont pour la plupart dans le genre favori de Stephen King : l'horreur. Mais la vraie horreur, celle qui vous cloue sur le lit, qui vous prend au tripes et vous fait tout à coup douter d'une ombre par la fenêtre. Dans le genre, Stephen King est un véritable champion, il faut bien l'avouer. Et en plus, nous avons le droit à une introduction et une préface très intéressante, comme toujours avec l'auteur.
Pour faire simple, je dois dire que plusieurs nouvelles m'ont semblé familière, et pour causes. Deux d'entre elles étaient déjà présentes dans la réedition que j'avais de Salem du même auteur, et tournaient effectivement autour de la même ville. Une des nouvelles semble très proche de ce que Stephen King développera dans Le fléau également, mais c'est plus une parenté qu'une véritable copie. Dans l'ensemble, les autres nouvelles sont assez typé dans le genre de l'horreur et du suspense, mais toute ne sont pas dans le fantastique. Vous en aurez quelques une dans un style mafieux (La corniche), une autre dans un style presque humoristique (Petits soldats), deux ou trois dans un style réaliste (Le dernier barreau de l'échelle, L'homme qui aimait les fleurs), et des très spéciales (Desintox Inc.).

Comme d'habitude, les nouvelles sont très bonnes et se lisent très vite, de façon très agréable. J'ai personnellement eu un gros faible pour la nouvelle Desintox Inc. qui est excellente dans le fond comme dans le traitement. En plus je dois dire qu'il y a un humour noir toujours incroyablement présent. Dans tout ça, il faut ajouter l'idée pas très mauvaise comme méthode pour arrêter de fumer, mais bon ... Je vous laisse découvrir.
Sinon plusieurs nouvelles sont vraiment très bonnes (L'homme qui aimait les fleurs, Le printemps des baies) même si j'ai toujours une préférence pour le style plus réaliste que le fantastique pur et simple. Celles dans ce genre là sont cependant toutes très bonnes, il faut bien l'avouer, même si c'est du Stephen King un peu classique : ça ne finit pas bien, voir très très mal, c'est souvent dur pour les personnages, il y a des choses qui vont vous glacer le sang. Comme d'habitude, Stephen King part d'une situation normale et va la développer de façon à vous coller la trouille sans qu'on ne s'en rende vraiment compte, pour finir sur quelque chose qui va vous glacer le sang. Il est vraiment très doué pour cela.

En fait le recueil contient un peu de tout, du bon et du très bon, et dans l'ensemble je n'ai pas été déçu de ma lecture, même si je dois avouer que certaines histoires sont juste sympathique sans pour autant révolutionner le propos (notamment La corniche ou Poids lourds), mais le format de la nouvelle empêche de s'ennuyer et la lecture est vraiment très rapide. Sans compter que les nouvelles alternent un peu les genre, ce qui permet de ne pas trop se lasser d'un style en particulier.

Pour un recueil qu'on disait souvent comme le meilleur, je ne souscris pas à tout. La plupart des nouvelles sont bonnes, mais je n'ai pas trouvé que le recueil est extraordinaire, comparé à ceux de Brume ou Différentes saisons. Stephen King reste un excellent auteur, c'est certain, et ce recueil un peu plus ancien montre encore l'auteur un peu jeune, avec ses romans d'épouvante qui vont vous glacer jusqu'au sang. Dans le format des nouvelles les choses sont différentes, mais toujours maitrisés. J'ai eu des coups de cœur dedans, d'autre qui m'ont moins plus, mais je ne me suis pas ennuyé. En fait je le considère comme un bon recueil, mais pas son meilleur. En tout cas il vaut la peine d'être lu, les nouvelles valent le coup d'oeil. Et Stephen King reste un maitre absolu, sans aucun doute.

(Chronique n°63)


Deuxième livre du challenge. On progresse !

dimanche 1 septembre 2013

La conjuration des imbéciles (John Kennedy Toole)

Depuis le temps que j'en entendais parler, souvent plus de l'histoire de l'auteur que de son œuvre véritablement, je me suis dit qu'il fallait tout de même que je le lise un de ces jours. Et cette année je m'y suis enfin mis, notamment dans le cadre du challenge littéraire, qui aide sacrément pour lire certains livres, il faut bien l'avouer. J'ai pris le livre, je l'ai lu, et j'ai lu très lentement, et enfin aujourd'hui je l'ai terminé, pour finir par écrire cette chronique en même temps que toute celles que j'ai en retard depuis un mois. Voici donc ma contribution suivante au challenge des romans cultes avec le livres légendaire de Toole, La conjuration des imbéciles.


Résumé en trois mots : Humour, Imbécile et Nouvelle-Orléans

Le livre va en fait se concentrer sur un personnage et son entourage. Ce personnage, c'est le fameux Ignatus Reilly (celui avec la moustache, en bas, sur la couverture), qui va nous entrainer dans sa vie et surtout dans sa ville, entre les personnages plus débiles les uns que les autres, dans une vie qui est hallucinante, par un personnage complètement dingue. Une vraie conjuration d'imbéciles, c'est vraiment le mot.
L'histoire est celle de ce personnage, hautement original, qui va tenter de trouver un travail à trente ans, vivant chez sa mère, alors même qu'il est prétentieux, hautain, et dédaigneux de tout être vivant sur Terre. Sans compter son ex-petite amie, et ses voisins, un agent de police brave mais stupide, un bar sordide, des patrons dépassés, des employés calmes, et une mère qui n'en peut plus de cette situation.

La lecture de ce livre est arrivé juste après celle de Le seigneur des porcheries, et j'ai eu du mal à rentrer dans le type d'ouvrage qu'il représente. En effet, le genre est résolument ironique, jouant sur un humour de situation et de phrases, avec des personnages haut en couleur, du genre qu'on ne croise pas souvent mais qui constituent la grosse partie de nos collègues. Toole joue avec ses personnages, les mettant dans des situations que l'on imagine même plus au bout d'un moment, les baladant dans toute la ville sans temps mort, changeant de point de vue et de personnage pour mieux nous montrer l'imbrication des histoires en tout sens.

Cependant, j'ai eu beaucoup de mal à apprécier l'histoire, et j'ai même manquer de laisser tomber au bout de cent pages. La faute au personnage principal, qui m'insupportais tout simplement au plus haut point. Quand quelqu'un est con à ce point, j'ai vraiment du mal à supporter. Mais le pire, c'est que tout le monde autour ne semble pas se soucier de faire quelque chose. Du coup j'avais envie de gifler la moitié des personnages présent pour leurs dire de se réveiller. Sans parler des réflexions qui m'ont semblé souvent ennuyeuse, et pas toujours très utiles. Ces réflexions par Ignatus ponctuent l'ouvrage régulièrement, et j'avais une forte envie de les zapper en les voyant arriver. Mais bon, j'ai fait violence et finalement c'est passé (a peu près). Mais j'ai eu du mal.
En fait, c'est passé les cent premières pages que j'ai réussi à me mettre dans le bain et apprécier le récit, ainsi que l'humour. Auparavant, c'était plutôt pénible à lire. La fin allait un peu mieux, mais j'ai fermé l'ouvrage avec un soupir de soulagement tout de même. Et une petite sensation d'être passé à côté du chef-d’œuvre promis.

Pour faire simple, le récit est bon. Les personnages sont énervants (et pour la plupart très cons), l'humour est omniprésent et il y a des piques dans tout les sens et contre tout le monde. J'ai vraiment bien aimé le principe de la connerie universelle, de cette conjuration d'imbéciles, mais j'ai eu un mal fou à rentrer dedans, et par rapport à cette débauche de stupidité, j'ai préféré l'humour noir et le récit sombre de Tristan Egolf dans son Seigneur des porcheries. En tout cas, je pense qu'il peut se lire, surtout par son statut culte, mais pour ma part c'est une déception venu d'un roman vanté comme un des meilleurs. Je repasserais pour le coup.

(Chronique n°62)
 
Septième participation ! Et j'ai les livres qui me
feront terminer le challenge sur la pile des ouvrages à lire,
je devrais donc le terminer dans les délais

jeudi 29 août 2013

La mémoire double (Igor & Grichka Bogdanov)

Les frères Bogdanov qui écrivent un roman de science-fiction, ça m'intéresse grandement ! J'aime beaucoup la façon qu'ils ont de présenter et simplifier les choses. Les entendre dans une émission, c'est souvent très intéressant en plus d'être clair. J'ai acheté ce livre les yeux fermés et je me suis mis à le lire rapidement, le finissant en moins de deux jours au final. J'avoue que j'ai été très dérouté par le propos du récit, qui est au final très désorientant. Sans le nom des frères Bogdanov sur la couverture, on aurait pu croire que le livre avait été écrit par d'autres. Pourquoi ? Je vais vous l'expliquer :


Résumé en trois mots : Informatique, Guerre froide et Sécurité

Le livre présent la petite histoire d'un simple paysan, nommé Antoine, qui travaille depuis 30 ans dans la même ferme d'un patelin paumé dans ... je crois que c'est la Gasconne. Ce brave paysan de 37 ans vit sa vie tranquille, sans jamais être sorti de sa ferme natale, où il est rentré alors qu'il avait seulement 7 ans. Et voila que des gens viennent l'embêter. Ils recherchent son numéro de sécurité sociale, qui est manquant. Son absence oblige des policiers et des inspecteurs en noir. Mais Antoine a un souci : il ne se rappelle pas de ce numéro, et surtout, il commence à avoir des hallucinations, comme si son monde s'altérait, comme si la réalité était fausse.

Dit comme ça, je pense que vous voyez un peu de quoi il va s'agir. Une préface des frères explique qu'ils ont eu l'impression qu'un film bien connu (Matrix) aurait eu vent de cet ouvrage. Je dirais qu'on sent aussi un peu de Total Recall dedans, mais juste un petit peu. Et c'est vrai qu'on trouve pas mal de ce qu'il y a dans Matrix, mais par contre c'est très curieux. Le livre date d'avant le film. Enfin, on ne parlera pas de plagiat ou de quoi que ce soit ici, je ne peux que faire des suppositions (et visiblement les frangins le font aussi).

En fait, l'histoire est très surprenant pour un livre de science-fiction. Ici les 3/4 du roman se concentrent dans la campagne perdu, dans les travaux des champs et le comportement des uns envers les autres dans ce qu'on appelle le milieu rurale profond. On sent que les auteurs se sont impliqués dans ces vieux paysans qui sont proches de leur terres et de leur récolte. C'est une sacrée publicité pour les paysans d'autrefois, dans le genre ça m'a rappelé un autre livre (Les sentiers du vieux Cause qui vante dans le même genre. Très long à lire). Du coup d'ailleurs, on attend beaucoup la suite. Le rythme est très lent et la mise en route est longue. Les éléments qui font avancer l'intrigue sont disséminés de façon minuscule entre deux passages très long dans les champs, l'étable et les relations de personnages. En fait, on dirait presque une chronique paysanne dans laquelle débarque des extra-terrestre (il n'y a pas d'extra-terrestre, c'est pour l'image).

Du coup, j'avoue que j'ai été déçu par le livre, qui est certes sympathique, mais surtout très lent. L'ensemble contient des bonnes idées, mais la représentation des campagnes qui a été faite est plutôt longue et dans l'ensemble ne m'a pas du tout passionné (j'ai beau être né en campagne, je n'ai pas été touché par ce son de cloche). Il en a résulté une frustration dans ma lecture, et j'ai eu un soupir de soulagement lorsque enfin on atteignait l'action (qui est très limitée). Et finalement la fin m'a déçu également, trop convenue et trop simple j'ai trouvé.

En fait, je suis sur que c'est parce que j'ai trouvé l'ensemble trop simple que j'ai ce sentiment de déception. On est loin de la science-fiction à la Asimov, loin des étoiles ou des dérives de la société. C'est une chronique paysanne teintée de science-fiction plutôt, et j'avoue que j'ai moins aimé du coup.
Cependant je laisse les qualités à l'ouvrage : il est très agréable à lire (et très simple, en comparaison du Asimov que je lis actuellement) et surtout propose des bonnes idées qu'on connait de nos jours grâce à Matrix. L'ensemble dégage un charme auquel je n'ai pas du tout été sensible, mais qui peut être bien efficace sur certains. Si vous aimez l'ambiance vieille campagne et que vous vous intéressez à la science-fiction, je vous le recommande. Sinon, passez allègrement votre chemin, il y a mieux dans le genre.

(Chronique n°61)

jeudi 15 août 2013

Le seigneur des porcheries (Tristan Egolf)


Ce livre là, je suis tombé dessus complètement par hasard. Je cherchais le livre La conjuration des imbéciles (que je vais m'empresser de chroniquer bientôt), et je suis tombé dessus. J'ai lu le résumé et je me suis demandé ce que c'était comme genre de livre. J'ai décidé de le prendre et je l'ai lu. Quand je l'ai fini je me demandais encore ce que c'était que ce livre, et je vais tenter de vous expliquer pourquoi. En tout cas c'est vraiment très étrange. Voici donc Le seigneur des porcheries, de Tristan Egolf.


Résumé en trois mots : Humour, USA et noir

Je dois dire que le début fut difficile, on ne comprend pas du tout où l'auteur veut nous emmener. D'ailleurs, tiens, en parlant de l'auteur, son histoire vaut le détour (je vous laisse chercher sur Internet, c'est assez amusant comme histoire). Pour info, elle est comparable à celle d'un John Kennedy Toole (sur le fond au moins), mais j'en reparle dans la prochaine chronique.

Donc, je veux juste vous signaler que l'auteur a publié son premier manuscrit en France (Cocorico !!!) après 70 refus dans les maisons d'éditions (faut quand même s'accrocher). Cet auteur est était d'ailleurs passablement dépressif, au point de finir par se suicider. Cela dit, j'ai d'abord lu le livre et du coup, franchement, ça ne m'étonne pas du tout. Je vais m'expliquer.
Alors, pour ne pas trop vous gâcher la surprise je vais vous laisser lire, mais je dois juste dire qu'il y aura un siège d'une ferme et une crise énorme dans la ville. La crise, c'est la partie finale, mais dans le genre d'une crise, je suis sur que vous ne pouvez pas imaginer. Sinon, je peux dire que le style d'écriture est vraiment très curieux, avec beaucoup de métaphores; d'expressions imagées, de jeux de mots, de tournures humoristiques et de phrases drôles.
Je dois admettre que je tire mon chapeau au traducteur (je pense qu'il y a eu des arrangements lorsqu'il était en France pour la traduction) car le style est vraiment plaisant à lire et je  me suis amusé du début à la fin. Surtout vers la fin où j'étais plié en rire quasiment à chaque page. On en redemanderai presque.


Sinon le reste est bon aussi, l'histoire prenant des détours inattendus bien que l'on sache d'avance la fin, et j'ai eu de belles surprises auxquelles je ne m'attendais pas du tout. La montée se fait crescendo, d'abord dans une première partie finissant par la ferme, puis dans la deuxième avec une explosion finale épique d'une situation catastrophique. C'est excellent dans la construction et l'humour cimente le tout en le rendant parfaitement lisible.

Ce livre est vraiment très bon, drôle et bien écrit, et se targuant en sus de nous démontrer ce qu'il peut y avoir de pire chez nous (enfin, dans le sud des USA notamment, mais je trouve qu'il y a quelques échos par chez nous ...). C'est une superbe plongée dans l'âme humaine avec un anti-héros qu'on adore et qui nous amusera jusqu'au bout. Dans le genre des vies de merde, il tient bien la route, et je ne peux que vous recommander cette lecture intéressante et drôle.

(Chronique n°60)

vendredi 9 août 2013

Tout est sous contrôle (Hugh Laurie)


Je n'aime pas du tout lorsqu'on vante un livre pour son auteur qui est réputé, bien des grands se sont cassés la gueule sur des livres (j'ai des exemples précis en tête mais je ne citerais pas par décence) et bien des stars ont pondu des œuvres minables qui n'auraient jamais dû être publiées. Et pourtant, parfois certains sortent vraiment du lot et proposent quelque chose de génial, bien écrit, bien construit. Le genre de choses qui n'arrive que très rarement, et souvent lorsque l'auteur a avant tout envie d'écrire un livre pour raconter une histoire et non se mettre en avant en sortant quelque chose (ce genre de considération marche d'autant mieux pour les BD où nous goutons au plaisir sadique de grands noms qui reprennent des BD et en font des catastrophes sans nom). C'est un roman de ce style donc que je vais aujourd'hui commenter, une belle œuvre qui mérite qu'on s'y attarde, à l'opposé de ce qu'on pourrait attendre. C'est Tout est sous contrôle de Hugh Laurie.


Résumé en trois mots : Privé, Armement et Ennuies
 
Alors, pour ce livre ça va être un poil compliqué à expliquer. L'auteur est bel et bien Hugh Laurie, l'interprète du Dr House dans la série éponyme, mais le livre date de 1996. Il est sorti en France en 2009 uniquement, lorsque la popularité de l'auteur et de la série permirent un petit affichage dans les boutiques. Lorsque Hugh Laurie écrit le livre, il n'est pas extrêmement populaire encore, et écrit d'ailleurs sous un pseudonyme lorsqu'il l'envoie à l'éditeur, afin de ne pas l'influencer par son prestige d'acteur et l'inciter à le prendre. Comme quoi, des acteurs peuvent avoir de la morale. Enfin bref, je m'égare.
En tout cas, il faut savoir que le roman fut écrit avant que la série du Dr House ne commence (c'est en 2002 seulement qu'elle fut écrite), alors qu'on aurait volontiers dit l'inverse. Je vais m'expliquer.

Le roman est un mélange de policier, d'humour et d'espionnage. Bien mélangé. Déjà, l'humour est présent absolument partout, sans temps mort. Un humour cynique, très noir également, dans le genre exact que ferait le Dr House dans la série. Je ne la connais pas bien, mais de ce que j'ai vu dans les épisodes, je peux vous dire que c'est exactement le même genre d'humour. Là le gros avantage c'est que l'humour est présent absolument dans toutes les pages, ce qui fait que la lecture vous laisse toujours un sourire et vous arrache souvent un rire. C'est plus dans les répliques percutantes et la tournure des phrases que cet humour frappe, mais il est d'une efficacité redoutable.

Le synopsis est le suivant. Un homme d'environ 35 ans, Thomas Lang, est appelé pour commettre un meurtre. Lui qui est plus dans le privé refuse, et prévient la future victime. Bien évidemment, les ennuis commencent, d'autant qu'il trouve chez la future victime quelqu'un qui l'agresse. Et tout s'enchaine ensuite sans temps mort.
Disons le tout net, ce roman c'est du genre action à gogo et parfois actions un poil improbable. Il faut admettre que c'est toujours très bien tournée et sans coup à la James Bond (comprenez par là qu'il n'y a pas de coup gros comme une maison). Ensuite, les actions sont toujours très bien décrites, fluides et dynamique. En plus, l'humour dans le roman fait passer le tout comme une lettre à la poste. Les chutes de chapitres sont très bonnes également, laissant du suspens et quasiment tout le temps humoristique. C'est une façon d'écrire qui est vraiment intéressante et prenante. Autant qu'un bon Stephen King.

En sus de tout cela, nous avons le droit à un fond qui est extra : l'histoire va se développer autour du marché des armes à feu, du terrorisme et d'opérations pour répandre la peur, autorisant ainsi des politiques répressives. Je dois dire que le tout est suffisamment bien tourné pour qu'on ai l'impression d'être entouré de salaud tout au long de notre vie. Et d'ailleurs, il faut admettre que le coup est bien précis, visant la politique d'un état qui se justifie par un acte terroriste qui est lui même commandé par ce même état. Un film était prévu, mais il s'est arrêté après les attentats du onze septembre. N'y cherchez aucun lien de cause à effet, c'est un pur hasard sans doute. Mais je m'égare encore.

En dernier point, je dois avouer que les personnages sont attachant, dans tout le roman, et Thomas Lang est juste parfaite en anti-héros, avec son caractère de cochon, sa tendance aux excès d'alcool et de vitesse, ses petits défauts etc ... En fait, il en devient un héros qu'on apprécie, mais qu'on admire pas. C'est en parfaite adéquation avec le héros.

Pour moi, Hugh Laurie à parfaitement bien visé dans l'écriture de son roman, avec une idée excellente, un humour caustique mais qui colle à merveille avec l'histoire, une sacrée dénonciation des industrie d'armement et en général des gouvernements par la terreur (entre autre des terroristes), ainsi que plein d'autres petites choses. Le style d'écriture est vraiment extra et la lecture est parfaitement fluide. On en redemanderait à la fin, mais il n'y aura manifestement pas de suite, malgré des fausses annonces dans plusieurs plate-forme. En bref, ce livre est superbement bien écrit, et génial dans le fond et la forme. C'est à lire, j'en suis sur, sauf si vous êtes imperméable à ce style d'humour. Comment le savoir ? Lisez-le, vous verrez bien !

(Chronique n°59)

dimanche 7 juillet 2013

De bons présages (Neil Gaiman & Terry Pratchett)


Eh oui, encore un Gaiman, mais cette fois-ci en duo avec l'auteur qu'il admire et que l'on m'a si souvent conseillé, surtout pour sa fameuse série fleuve Les annales du disque-monde, qui est apparemment une vraie merveille selon ce que j'ai entendu. En tout cas, je me suis plongé dedans pour le nom de Gaiman surtout, après toute mes autres lectures. Et voici le résultat !


Résumé en trois mots : Apocalypse, Humour et Absurde
J'avoue que le spitch de cette histoire est très alléchant, puisqu'il nous propose de vivre l'Apocalypse. Et oui, la vraie fin du monde, avec tout ce que cela peut comporter comme petits désagréments, tels que la hausse de la mortalité, les bouchons sur le périphérique de Londres ou le refroidissement de sa tasse de chocolat chaud. Et oui, car ici nous avons le droit à une apocalypse en beauté. Une apocalypse en humour ! Et oui messieurs dames. Mais je commence par la fin, passons au début. Quel est l'histoire ?

L'histoire commence onze ans avant son début. Lorsque l'on demande à un démon sur la Terre, Rampa, de s'occuper de l'Apocalypse et accessoirement de surveiller l'Antéchrist, qui va naitre bientôt. Car c'est bien l'Antéchrist qui va déclencher tout cela. Il est l'antithèse de Jésus, il est le fils du diable, le mal incarné, celui aux pouvoirs énormes qui va déclencher la bataille finale entre les cieux et l'enfer. Charmant programme, et surtout très vaste. Mais il y a un hic. Rampa ne veut pas tellement que l'Apocalypse arrive, il commence à être attaché à cette planète. Après avoir passé plusieurs siècles dessus à oeuvrer pour le diable, on a ses petites habitudes, vous comprenez ? Et ce n'est pas Aziraphale qui dira le contraire. Aziraphale, c'est un ange bien sympathique qui à le même boulot que Rampa mais pour les cieux : agir pour le seigneur. Et puis, lui aussi il est attaché à cette planète, surtout aux livres, qu'il adore. Il est libraire (sans jamais rien vendre).
Le truc, c'est que Rampa et Aziraphale sont aussi assez proches, puisqu'ils ont un peu la même conditions. Et qu'ils s'entraident, chacun aidant un peu pour le boulot de l'autre (de toute façon le boulot sera fait, alors autant s'aider et diminuer le temps de travail, non ?). Alors les deux ensembles mettent sur pied un plan d'action. Et si on faisait en sorte que l'Apocalypse n'aurait pas lieu ? C'est pas si dur, il suffit d'empêcher l'Antéchrist de tout lancer, onze ans plus tard. A deux, ils devraient y arriver.
Mais il faudra compter aussi sur des bonnes sœurs bavardes, des bébés égarés, des prophéties d'une certaine Agnès, des nouveaux inquisiteurs, des gamins turbulents et un village idyllique.

L'histoire, comme vous le voyez, joue avec les codes du genre, dans un esprit très proche de ce que fait Pratchett habituellement, c'est-à-dire de rire de tout ! Et là, on s'en prend tout le temps, puisque le livre est entièrement humoristique. De quoi bien rigoler. D'ailleurs celui qui à du bien rigoler, c'est le traducteur (qui jette même l'éponge à un moment et nous explique un jeu de mot avec une astérisque. Je pense qu'il a du sincèrement en baver, parce que retranscrire l'humour d'une langue à l'autre n'est pas chose aisée (la poésie non plus remarque ...). En tout cas le pari est sacrément réussi, parce que j'ai tout de même bien rigolé tout au long de l’œuvre (et lorsque le traducteur fait des apartés, c'est aussi très drôle).

Sinon, l'histoire est vraiment sympathique, très bien mise en œuvre, avec de l'ingéniosité, des petites retournements de situations, des idées en vrac et le tout sous un bon couvert d'humour. Le propos est bien recouvert sous le vernis de l'humour, mais il reste néanmoins intelligent et propose une petit réflexion sur l'Apocalypse et la façon de l'appréhender dans le camp du ciel et de l'enfer. Je n'en dis pas plus, pour ne pas vous spoiler, mais c'est toujours appréciable d'avoir un livre humoristique avec un fond un peu sérieux, ou au moins réfléchis.

J'ajouterai également que le style d'écriture est très fluide, et que la lecture est un réel plaisir. Le seul moment où vous allez poser le livre, c'est lorsque vous voulez rire tranquillement d'un gag en particulier et que vous n'arrivez plus trop à tenir le livre droit avec le hoquet qui vous secoue. Mais pour le reste, tout est bon, même les personnages sont bien campés.

Par contre, je dois déplorer un petit détail. C'est que je n'ai pas vraiment accroché. Je ne sais pas exactement pourquoi, peut-être est-ce par rapport aux lectures que j'avais faites juste avant et qui étaient, elles, sérieuses. Peut-être n'était-ce tout simplement pas le moment. Je ne sais pas trop. En tout cas j'ai eu le sentiment de ne pas apprécier le livre à sa juste valeur. Comme si je le lisais en me disant "C'est très bon ! Je pense que j'aimerai, mais pas aujourd'hui". Du coup ma lecture fut un peu pénible, et j'ai avancé doucement, avec l'impression d'accomplir une corvée plutôt qu'une lecture agréable. C'est pourquoi je reste mitigé dessus. En tout cas, même si je trouve le livre bien, je préfère quand Gaiman fait des livres plus sérieux et un peu plus dans le fantastique. Je trouve qu'il instaure une ambiance plus prenante. Je crois que c'est vraiment l'ambiance du récit avec laquelle j'ai eu du mal : une ambiance trop humoristique, bon enfant. Je ne suis pas trop fait pour ce genre dans les livres. En BD, ça passe beaucoup mieux selon moi.


En bref, le fait de ne pas avoir aimé me contrit un peu, bien que je trouve l'ouvrage très bon (vous avez vu l'emploi de verbe rare ?). Il appert que les deux auteurs sont bons, et que l'humour est de même facture, mais je n'ai pas été séduit par le déploiement intensif d'idées et d'humour. J'en suis fort marri, mais je pense vraiment que l'ambiance posée n'est pas celle que j'attendais du récit, et que j'attendais autre chose, ce qui fait que je n'ai pu apprécier l'ouvrage à sa juste valeur.

Ce qui n'enlève donc rien à son prestige, et je vous suggère grandement de le lire, dans le genre des ouvrages fantastique-humour, il doit tenir largement le haut du pavé. Et puis les deux grandes pointures réunies, ça ne se refuse pas. En tout cas, c'est très différent que ce que j'avais déjà lu de l'univers de Gaiman. Ce fut une surprise, mais malheureusement mauvaise. Je crois je vais essayer un autre alors, pour me réconcilier.

(Chronique n°58)

lundi 1 juillet 2013

Chantier (Stephen King)

Premier livre de Stephen King que je lis depuis un moment -bien qu'il y en ai trois encore qui encombrent ma tablette-, et j'ai encore une fois été charmé par ce maitre du livre, qui sait vous envouter et ne vous fera pas lâcher un livre sauf s'il a décidé de créer un rythme lent. Je n'en ai pas encore lu, et je dois bien avouer que j'ai été scotché dans un livre jusqu'au bout, preuve s'il en faut que Stephen King est un grand auteur, au moins dans le style si ce n'est les histoires. Voyons cela dans notre petite chronique du jour, dans Chantier de Stephen King.


Résumé en trois mots : Paternité, Lutte et Propriété

Dans le genre, c'était un livre que je n'avais pas encore lu et qui était écrit par Richard Bachman, dont je trouve le style proche de Stephen King mais en même temps curieusement différent, comme un double, un jumeau. Chantier était assez ancien mais j'étais assez amusé de m'y remettre.

Bien qu'un peu craintif car j'avais lu beaucoup de livres dernièrement et que j'avais peur de trouver un Stephen King pénible, je me suis replongé dans le style de ce maitre sans aucune difficulté, avalant les pages à grande vitesse sans vraiment m'en rendre compte. On me dira ce qu'on voudra, mais même si on n'aime pas l'histoire, Stephen King sait écrire. Ca c'est un point que j'avais déjà souligné et que je trouve toujours dans ses lectures. Donc pour le style, aucun problème (même si je reconnais qu'il est parfois déroutant, assez direct et pas très châtié, avec aussi une façon de mettre en page spéciale mais qui ressort bien).

L'histoire est celle d'un homme qui voit son petit quotidien bouleversé par une construction nouvelle. Une autoroute va traverser sa ville et raser son quartier. Il va perdre son lieu de travail et son lieu de vie du jour au lendemain, à cause d'un petit gars derrière un bureau, un architecte qui fait des plans sans se soucier de la réalité et des habitants. Du coup, ce héros, un brave Bart Dawes va essayer de résister .... A sa manière, évidemment. Et comme toujours, avec Stephen King, ce n'est pas celle que l'on attendrait.

Le spitch de base est assez simple mais je l'ai trouvé intéressant, car il développe plusieurs choses (avec entre autre un aperçu des liens entre l'auteur et le personnage, liens qu'on retrouvera de manière plus détaillé dans d'autres livres de l'auteur), mais plus spécifiquement autour de l'attachement à un lieu, de souvenirs, d'une folie ordinaire et du basculement d'une vie, de souvenirs refaisant surface, de la paternité et du couple, de la vie en générale quoi.
Si j'ai trouvé plusieurs idées bonnes, je dois cependant reconnaitre que Stephen King m'a moins captivé sur le fond et me rend moins sensible à beaucoup de choses. Les concepts de banlieues et d'autoroutes me semblent lointain, pour moi qui vit dans la campagne, mais il faut aussi dire que le roman est très ancré dans les années 70-80 et que j'ai trouvé certains passages assez anciens, sentant un peu le vieux. Cela dit, si l'ensemble n'est pas toujours très bon, j'ai tourné les pages sans m'arrêter pour lire la suite impatiemment. Preuve que le style est toujours très efficace. Mais j'en ressort moins satisfait sur le fond que dans d'autres livres, et je suis un peu déçu par la trame principal, avec une petite voix dans ma tête qui me disait que la fin de l'histoire ressemblait à une autre du même auteur que j'ai déjà lu. Je ne sais plus laquelle, mais j'en suis presque persuadé.


En fait, le livre n'est pas mauvais en soi, mais il est en dessous de ce que j'ai déjà lu de Stephen King, et s'il est très lisible et prenant, j'ai moins adhéré au fond et à l'histoire. Les personnages restent cependant charismatiques et intéressant, on a droit à plusieurs personnages secondaires intéressant, des personnages mesquins comme souvent, une histoire d'amour curieuse et bien évidemment une bonne dose de suspense qui reste présente dans tout le roman. Dans l'ensemble le roman se lit très bien, mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'un roman immanquable de l'auteur. Cela dit je vais tout de même le garder bien au chaud entre ses confrères du même auteur, et me pencher sur son prochain : Danse macabre.

(Chronique n°57)

Premier livre de ce challenge ! Ça se fête !