jeudi 12 décembre 2013

Darwinia (Robert Charles Wilson)

Encore un livre qu'on m'a aimablement prêté en me disant que ça me plairait, et je dois avouer que j'ai effectivement été intéressé en voyant ensuite (environ un mois après) qu'il s'agissait du même auteur que pour le roman Spin que je venais de finir peu de temps auparavant. C'est donc tout guilleret que je me suis lancé dans une uchronie par un auteur qui n'a pas encore fini de me surprendre. Car oui, il est vraiment surprenant.


Résumé en trois mots : Exploration, Uchronie et Science-fiction

Cet auteur me plait bien par son style, assez rapide et qui met tout de suite dans l'action, mais aussi par ses personnages qui sont souvent plus fouillés qu'il ne semble à première vue. C'est aussi un inventeur de génie sur la façon dont le monde pourrait se dérouler si ... (en deux lectures, ça saute aux yeux). Mélangeant à la fois histoire personnelle et situation mondiale, il tire un beau mix des deux sans trop omettre l'un ou l'autre. Bref, c'est à la fois subtile et recherché.

Cela dit, j'ai relevés quelques petits défauts à la lecture. Déjà, le personnage principal m'a paru très fade, caractéristique que j'avais noté aussi dans Spin, c'est-à-dire qu'il subit beaucoup et semble inconsistant par rapport aux autres. Ce n'est pas dérangeant en soi, mais il fait vraiment observateur de tout ce qui se passe à côté, et j'ai trouvé ça dommage.
Ensuite j'ai aussi peu aimé les coupures en quatre parties avec du temps qui passe. C'est bien vu de laisser passer autant de temps, ça permet de se rendre compte d'une situation globale, ce que j'avais déjà apprécié avec Spin, mais là c'est très hachuré et les situations sont très différentes, on saute du coq à l'âne. C'est un peu dommage à mon gout.

Cela dit, le reste est excellent et la lecture apporte son lot de surprises. J'ai notamment beaucoup aimé la façon de philosopher légèrement dans la fin du livre, sur un thème qu'on retrouvera dans Spin au niveau de la conscience et de l'intelligence suprème. Subtile encore une fois et bienvenue. Autant on réfléchit, autant on s'amuse.

En gros, une lecture fluide et plaisante pour une histoire surprenante. C'est agréable de se laisser porter par ce récit qui nous entraine dans un délire bien structuré même si j'ai noté quelques défauts. Ce qui me fait peur, c'est que en deux lectures je relève les mêmes. J'espère que l'auteur ne les fait pas tout le temps, ce serait dommage, mais sinon je ne peux que recommander la lecture !

(Chronique n°107)

mardi 10 décembre 2013

Le chinois (Henning Mankell)


Pour l'anecdote, c'est mon professeur de théâtre qui me l'a passé en me disant que ça ne pourrait que me plaire, qu'il était très bien. C'est ainsi que je me suis retrouvé avec un livre de plus sur ma PAL (qui atteint des proportions monstrueuses à présent). Mais j'ai suffisamment bien aimé pour le lui couvrir de plastique (au moins il est protégé ainsi). Bref, passons les détails.

Résumé en trois mots : Suède, Chine et Afrique

C'est amusant de citer ainsi un petit tour du monde, mais c'est vraiment ça comme livre. Enfin, en dehors du style polar, on se balade beaucoup, il faut avouer (d'ailleurs j'ai lu pas mal sur la Chine en ce moment il me semble). Ce qui est bien c'est que l'auteur, après avoir rendu son héros fétiche malade d’Alzheimer (pratique pour éviter que quelqu'un le reprenne), à décidé d'écrire avec de nouveaux personnages dans chaque livres. L'avantage, c'est qu'on change un peu de point de vue, même si chaque fois certaines caractéristiques reviennent (entre autre le fait que les mecs soient très souvent blasés). Un autre détail qui est très intéressant pour un polar, c'est que l'héroïne soit vieille. C'est pas courant et j'aime bien.

Ce livre à plusieurs autres avantages que je ne listerais pas en détail, mais il est très bien écrit, rythmé, possède des surprises même si ce n'est de loin pas l'élément essentiel du livre (dans le genre des polars, il y a déjà eu beaucoup plus surprenant), mais il à l'avantage de se pencher sur les relations internationales et l'histoire d'une façon originale. Ce n'est pas la surprise de l'année, mais il contient vraiment des superbes idées (notamment la deuxième partie qui tombe comme un cheveu dans la soupe mais se lit d'une façon tellement fluide qu'on oublie le reste).

En gros, ne vous attardez pas pour la surprise ou le suspense, il est tué vite, mais c'est tout le reste qui importe, autant le contexte que par exemple les relations humaines et certains aspects historiques ou politiques, en Suède ou ailleurs, qu'on oublie très vite ... Une lecture prenante et distrayante, Mankell reste un excellent auteur, je ne peux que vous le recommander.

(Chronique n°106)

dimanche 8 décembre 2013

Théâtre 1 (Eric-Emmanuel Schmitt)

 (lu le 8 décembre 2013)

Je connaissais Eric-Emmanuel Schmitt avant de lire cet ouvrage grâce à son livre La part de l'autre, mais en voyant en occasion ce livre qui présentait des nouvelles je n'ai presque pas hésité à le prendre, et malgré le temps très long qui est passé, je le lis enfin. Je l'ai fait pour une culture générale du théâtre, mais j'avoue en avoir trouvé plus que je ne pensais.


Résumé en trois mots : philosophie, Freud et Don Juan


Le livre contient quatre pièces, chacune dans son style et qui présentent d'autres facettes de l'écrivain. La première, La nuit de Valognes, s'attache à Don Juan et son procès par des femmes qu'il a aimé et délaissé comme à son habitude. J'aime énormément le personnage de Don Juan et j'avoue que la profondeur qu'il lui confère est pas mal trouvé, c'est une belle continuité de la pièce que j'ai lu de Molière.

La seconde, Le visiteur, reprend le personnage de Freud et le questionnement sur la foi. C'est pas mal, même si j'ai trouvé qu'il y va avec des sabots un peu gros (pour moi), même si je ne suis pas foncièrement opposé à ce qu'il y dit. J'ai l'impression aussi de lire en un sens plusieurs idées qu'il développera ensuite dans La part de l'autre. Mais la pièce est plaisante.

Le Baillon est un unique monologue, plutôt pas mal, qui a moins de portée philosophique mais nous compte plutôt une super belle histoire, simplement.

Enfin, L'école du diable, une pièce qui exploite un diable déprimée et permet d'exposer un point de vue sur des écoles de pensées actuelles. Ça ressemble un peu à un règlement de compte parfois, mais le propos est ici bien plus léger que dans les autres pièces.

En général, j'ai aimé sans aller jusqu'à dire que c'est extraordinaire. La première pièce reste pour moi la meilleure mais toutes sont bien. Eric-Emmanuel Schmitt a une belle plume pour le théâtre et j'aimerai bien voir ce que cela donne sur scène. Si vous aimez le théâtre et la philosophie, ne vous privez pas de ce recueil sympathique et qui vous fournira de quoi réfléchir et travailler.

(Chronique n°104)

vendredi 6 décembre 2013

Porte de la Paix céleste (Shan Sa)


 (lu le 5 décembre 2013)

Un roman de l'auteur Shan Sa, pour laquelle j'avais déjà lu son superbe roman La joueuse de go et que je trouvais formidable. Dévoré en une journée, durant un retour de train, en moins d'une heure. Il y a 140 pages seulement, et c'est superbe.

Résumé en trois mots : Chine, amour et poésie

Que dire en sus à ce roman ? Déjà, je suis devenu fan de l'auteur. Pour ... plusieurs raisons. Déjà le style littéraire, qui est à mi-chemin entre la poésie et le roman, sans parler de la façon de présenter les paysages et les personnages. C'est juste extraordinairement beau, bien fait et tout semble ciselé, j'adorerais le lire à voix haute. C'est tellement bien écrit ... Ensuite le découpage qui te fait engloutir le roman en deux coups de cuillère, l'avancée de l'intrigue, entre le contemplatif et la fluidité, les personnages intéressant et subtils, la façon d'être très silencieux, ne prenant que très peu part aux émotions des personnages, laissant le choix d'interprétation entièrement au lecteur ... C'est tellement bien fait, j'en redemande. Curieusement la lecture m'a rappelée Soie d'Alessandro Baricco. C'est un peu ce même style, beau et poétique et tellement prenant. Et rythmé, incroyablement rythmé. C'est exactement ça que j'aime.

L'histoire est très différente de La joueuse de go mais en même temps très proche, avec des personnages qu'on retrouverait presque et en même temps d'autres sujets, une autre manière d'aborder et une autre façon de faire cette histoire. C'est comme deux facettes d'un même rapport entre personnages, exploitées chaque fois à leurs maximum. Et le style chinois à tellement de classe ...

Que rajouter ? Lisez-le, c'est un excellent livre et son style à lui seul suffirait l'achat. J'ai hâte de trouver un recueil de poésie de l'auteur. Je crois que je pourrais parler des heures de cette auteur, mais je m'en abstiendrai.

(Chronique n°104)

Annonce n°7 : Mises à jour

 Annonces de la roulotte

Mises à jour importantes !

Pour ceux qui auraient ratés, j'ai mis plusieurs pages en ligne, notamment une section permettant de s'y retrouver par auteur et l'une par titre de livre (en sachant bien évidemment que le titre est rangé selon la première lettre du premier mot, mais je ne prend pas en compte les articles devant : un, une, des, le, la, les). J'ai encore du boulot pour rendre ça plus lisible mais je le ferais que lorsque j'ai le temps.
J'annonce aussi une réforme de la façon dont seront écrites les critiques, et j'espère pouvoir remanier un peu les anciennes, ce qui promet des heures d'amusement pour en arriver au bout. J'ai une bonne centaine de critiques à revoir et corriger, donc ça se fera lentement, sans doute pendant plusieurs mois. Ne tentons pas le livre.
Je vais aussi intégrer une date de lecture aux livres, afin de savoir quand est-ce que je les ai lu, sachant que les chroniques sont postées en décalées, j'essaye de faire une chronique publiée tout les deux jours (avec des retards parfois), mais que je les écris de façon très séparées. Voila, j'espère que ces changements vous plairont.


Ensuite, je vais aussi essayer de remanier les critiques sur plusieurs points : réduire la taille, mais vraiment, parce que j'ai conscience d'écrire des articles trop long, et ensuite je vais essayer de tabler sur un défi amusant et particulièrement efficace à mon avis, c'est le principe des trois mots. Pour un détail, voir ici, mais sinon j'explique rapidement : le principe est de résumer un livre en trois mot sans dévoiler l'intrigue ou la trame de l'histoire. C'est une exercice ardu, puisqu'il ne permet que de se concentrer sur nos impressions et interdit de révéler tout le livre. Bref, je tente l'expérience et je verrais ce que ça donne.

Pour le reste, je continue à lire à un rythme soutenu et je reviens !

mercredi 4 décembre 2013

Spin (Robert Charles Wilson)


Un des derniers gros livres que j'ai lu et que j'ai adoré, c'est cette fois-ci de la science-fiction que je me décidais à lire, sur les conseils du bloggeur Boulet (que je vous invite à visiter si vous ne connaissez pas encore), et qui s'est révélé être finalement très attractif après un début qui m'a donné envie de le remettre à plus tard. Il suffisait d'un voyage en train et d'être coincé deux jours dans la campagne pour le finir, et maintenant que je suis de retour je m'empresse de vous livrer mon billet tout chaud.


Résumé en trois mots : Science-fiction, inventivité et réaliste

J'ai aimé beaucoup d'aspect dans ce livre, notamment le fait que les trois personnages soit complémentaires tout au long du livre, bien qu'on n'en suive qu'un. Chacun aura sa façon de gérer la situation et les changements dans le monde. Chacun aura une autre vision de la vie et sa façon de la mener. Chacun fera autrement pour vivre avec ça. C'est un détail sur lequel j'ai tiqué assez tardivement, mais qui apporte encore du charme à l'ensemble de l'ouvrage.

Mais sinon plein d'autres aspects sont particulièrement superbes, tout l'aspect technologique, tout l'aspect aussi humain et moral de la chose, en règle général les relations entre les personnages ... Tout est bien campé et contribue à rendre une histoire déjà intrigante encore plus intéressante. L'auteur à su également développer tout le monde sans tomber dans du manichéen, rajouter des petites touches bienvenues qui évitent un scénario linéaire, et en plus nous avons le droit à une trame qui respecte certains aspects et code du genre. C'est exactement le genre d'un bon roman qui se lit bien et qui contient beaucoup de bonnes idées.
J'ai juste un regret, c'est que je ne suis pas sur que je le relirais souvent, mais il m'a beaucoup plu, c'est certain. J'ai apprécié cette façon d'écrire de la science-fiction mêlé à la vie des personnes, cet étalage sur plusieurs dizaines d'années qui permet de mieux appréhender certains aspects de la personnalité et surtout la trame de base qui contient des idées excellentes. Sans compter quelques beaux moments et des passages de pure poésie qui m'ont ému.


J'ai bien fait de suivre les conseils de cet auteur au final, puisque l’œuvre m'a énormément plu, une histoire intéressante et des personnages superbes, une belle écriture et un rythme prenant, tout est en place pour passer un bon moment et c'est ce que j'ai eu. Un excellent moment de lecture qui m'a fait plaisir, j'ai apprécié de lire une aventure comme celle-ci. Qui nous fait voyager en dehors mais aussi en dedans, et d'une belle façon. J'ai adoré, et je ne peux qu'en recommander la lecture.

(Chronique n°103)

lundi 2 décembre 2013

H2G2 Le guide du voyageur galactique (Douglas Adams)


Qui ne connait pas cette série ? Vous dans le fond ? Alors vous êtes prié de sortir rapidement et de vous enfermer chez vous avec la plus fameuse trilogie en cinq volumes jamais écrites par une main humaine, et revenir quand vous aurez enfin inculqué un peu de savoir dans le crâne étroit qui vous sert à réfléchir et que vous serez à même de donner une réponse convenable, compris ?
Quant aux autres, je vous invite à lire également cette série tout de suite, que vous connaissiez le film ou non, que vous soyez au courant ou non du reste. Compris ? Quoi, une question ? Pourquoi je vous oblige à le lire ? Mais c'est bête comme chou : 42.

Résumé en trois mots : Science-fiction, Humour et Absurde

Cette saga est légendaire et je pense que beaucoup en ont parlés mieux que moi, alors je serais très bref. Il est vrai que je ne l'ai lu qu'après le film, que j'avais beaucoup aimé, et que la saga est un peu spéciale, puisque basée sur une chronique audio que Douglas Adam faisait à la radio. Je dois dire que pour le coup, ça se remarque pas mal dans la forme et dans une partie du fond aussi. Enfin, essayons de commencer par le début.

Pour faire simple, le roman est avant tout humoristique même si on peut lui trouver des approches philosophique ou de science-fiction. Voir même simplement humaine, mais ça c'est tout autre chose. Pour le reste, c'est à 90 % ou presque humoristique. Et j'avoue que c'est exactement le style d'humour que j'affectionne tout particulièrement.
Sur le style je serais par contre plus circonspect, puisqu'en fait la façon d'écrire sent à plein nez le format audio. C'est un livre superbe à lire à mon avis, mais alors je dois dire que c'est un gros foutoir. Ça part dans tout les sens sans qu'on ne puisse vraiment dire si l'auteur avait un cheminement prévu. Il utilise d'ailleurs cette fameuse technique consistant à laisser des pistes ouvertes pour pouvoirs ensuite les exploiter à volonté si il en ressent le besoin. C'est pas mauvais, mais c'est franchement visible. On sent que l'auteur invente progressivement, et même si c'est bon j'ai eu parfois l'impression que c'était un peu trop fourre-tout, même si ça retombe sur ses pattes.
Autre détail important : la qualité des tomes est très inégale. Notamment le tome 5 qui m'a déçu au plus haut point (déjà Marvin n'y est plus) parce qu'il manque une bonne partie des personnages, que l'auteur use de grosses facilités et que certaines choses m'ont beaucoup moins plus que le reste. On sent que l'auteur à innové sur ce qu'il y avait avant et que ce n'est pas du tout dans la continuité des choses. Le premier tome démarre en force, et ensuite ça fluctue franchement d'un tome à l'autre, je vous conseille de faire attention à ça si vous le lisez.

Mais en dehors de ces "défauts", je dois bien dire que le reste du livre est génial. L'auteur rivalise d'absurdité et d'inventivité, comble d'humour les trous du livre et m'a fait pleurer de rire plus d'une fois. C'est tellement bon d'avoir un concentré d'humour à ce point là, sans compter les idées qui fusent toutes les deux pages, à chaque fois plus surprenante et plus incroyables, sortant complètement de l'ordinaire de ce qu'on trouve en SF et si bien mis en scène qu'elles en seraient toutes crédibles. Je ne peux que crier au génie face à ça.


Une saga légendaire et mémorable, bien que très inégale. L'auteur n'est pas forcément le meilleur romancier que j'ai lu dans ma vie, il a un style très brouillon et un peu fourre-tout, l'histoire est remisée au second plan, mais c'est un plaisir à lire, même si on se balade dans l'univers sans rien comprendre et sans savoir où tout cela finira. C'est une aventure spatiale loufoque et débridée qui nous entrainera bien plus loin qu'on ne peux jamais l'imaginer. C'est une extraordinaire source d'humour qui tient dans la main, et que j'affectionne tout particulièrement. Alors, à lire ? 42.

(Chronique n° 102)