samedi 31 janvier 2015

Moins que zéro (Bret Easton Ellis)

Deuxième livre de cet auteur, il va falloir que je m'accroche sérieusement pour pouvoir continuer à le lire, celui-là. Les raisons sont multiples, et je dirais même qu'il s'agit d'un des auteurs pour lequel je m'accroche le plus. Je tente encore le célèbre American Psycho, mais je pense que je vais bientôt arrêter les efforts entrepris envers cet auteur. Un génie selon une bonne partie des critiques (et même selon Frederic Beigbeder), mais que j'ai du mal à apprécier à sa juste valeur. Ou alors ne suis-je pas du tout le bon public de ce genre de littérature.


Résumé en trois mots : Los Angeles, Jeunesse et Ennui

Ennui serait le terme qui définirait le mieux le livre et mon ressenti par rapport au livre. Et en même temps, je comprends que c'est exactement le but du livre. D'où un problème, qui est pour moi un peu dur à bien décomposer.

Le principal problème de ce livre, c'est qu'il ne s'y passe rien. Mais vraiment rien du tout, c'est l'ennui total, le vide absolu. Les personnages s'emmerdent et se font chier entre deux moments où rien ne se passe. Et le lecteur s'emmerde avec. Alors certes, je vois parfaitement derrière tout ça la critique de cette jeunesse dorée et riche qui ne sait plus quoi faire de sa vie, je comprends parfaitement le principe qui est développé, du stade de rien à celui de néant, et j'ai aussi noté l'escalade progressive du roman jusqu'au pétard mouillé final. Et oui, c'est bien fait, on ressent vraiment ce qu'ils doivent vivre.

Mais voila, quand je lis un livre, même si c'est une critique d'une frange de la population d'une ville des Etats-Unis, je m'attends à lire quelque chose vraiment. Et quand je m'ennuie fermement, là ça me pose problème. Et si c'est le propos du livre, je suis face à un problème : pourquoi lire un livre que je sais ennuyeux juste pour bien me rendre compte de cette sensation de vide et d'ennui ? A mes yeux, ça ne justifie pas de passer du temps dessus.

Un livre qui ne m'a pas plu, parce que si j'ai bien compris (il me semble) ce que veut l'auteur, je dois le dire tout net : je me suis fait chier. Oui, c'est bien le propos du livre, de vous montrer ce que c'est que de s'ennuyer, et en un sens j'ai été sensible à ce propos, mais ce n'est pas ce que je recherche lorsque je lis un livre, et ce sera donc pour moi une lecture qui me laisse une mauvaise impression. L'auteur n'a pas réussi à m'accrocher en deux livres, je sens que le troisième sera celui qui me fera basculer entre un oui timide ou un non définitif.

(Chronique n°225)

mercredi 28 janvier 2015

Ubik (Philippe K. Dick)

Avant-dernier roman de Philip K. Dick que j'avais en ma possession (et je pense que je n'en rachèterais pas tout de suite), ce roman est bien souvent cité comme le chef d'oeuvre de l'auteur, à mettre sur le même pied d'égalité que Le maitre du haut-château et Blade Runner. La lecture m'a été également hautement recommandé par mon ancien colocataire, alors pouvais-je refuser de m'y plier ? Ce que j'ai fait allègrement. Et le résultat est à la hauteur d'un Philip K. Dick, mais pas vraiment de mes attentes.


Résumé en trois mots : Pouvoirs, Mort et Réalité

Voila encore un roman bien déroutant, parlant à la fois de pouvoirs psychiques, de remontée du temps, de la mort et de la réalité de nos sens. Philip K. Dick continue d'exploiter les thèmes qui l'intéressent particulièrement, tout en cherchant de nouvelles voies scénaristique.
L'auteur nous développe tout une trame centrée sur un personnage (enfin, deux, mais c'est l'un que l'on suit et l'autre qui importe), tout en apportant un personnage féminin qui n'est pas inintéressant (et particulièrement dérangeant, ou dérangée), et également un délire complet sur le sens de la réalité. Encore une fois, l'auteur fait fort, mais là c'est vraiment dérangé.

Sans vous spoiler l'histoire, à partir d'environ la moitié du roman, tout l'univers construit par Philip K. Dick (et qui semble vaste et complexe, tout les détails n'étant pas expliqués) est brutalement remplacé par un autre, avec cette fois-ci des problèmes de perception de la réalité. Et tout est à recommencer. Encore une fois, l'auteur se joue des codes classiques de la compréhension de la réalité et finit par nous faire douter de tout et de tout le monde, ne retenant au final que le héros comme point central fixe et immuable d'un univers qui peut être tout ce qu'on voudrait. A cet égard la toute fin du roman (mais vraiment, la dernière phrase) est particulièrement déstabilisante, puisqu'on ne sait plus du tout ce qu'il faut alors en tirer.

Ce qui m'a le plus perturbé, je crois bien que c'est le titre et les fausses publicités qui sont présentes dans tout le roman en utilisant le nom Ubik, ce qui m'a conduit sur une piste complètement fausse. Mais j'avoue à cet égard que je n'ai pas encore compris tout le roman et qu'une relecture sera plus que salutaire pour comprendre tout ce qu'il faut derrière ce roman qui est d'une complexité incroyable. Rien n'est simple ni ce qu'il parait être. Et en plus, l'univers derrière est plutôt riche, brouillant encore plus les pistes. C'est vraiment de la très haute intensité d'écriture.

Et c'est presque dommage que je n'ai que peu aimé au final. Car le principal problème, c'est que beaucoup de choses me semblent encore bien obscur pour que je puisse apprécier le roman. Je dois d'abord le relire et essayer de dégrossir ce qu'il y a à comprendre avant de pouvoir enfin essayer de le noter correctement dans ma mémoire. C'est déroutant comme genre de livre, qui nous perd volontairement et finit par nous perdre. Et c'est ce qui s'est passé. A un moment je me suis perdu dans le livre, et c'est vraiment dommage.

Pour moi, ce n'est pas le meilleur Philip K. Dick, et il n'atteint pas les sommets que sont Blade Runner, Le maitre du Haut-Château et Substance Mort, mais il reste très bon et c'est principalement le fait que je sois passé à côté de beaucoup de choses dans l'histoire qui m'est pénible. Je vais volontiers le relire pour tenter de comprendre ce qui m'a échappée et enfin pouvoir refermer ce livre en ayant l'esprit apaisé. Mais il reste un livre de Philip K. Dick, dérangeant et philosophique, déroutant et à part dans le monde de la science-fiction. Un tel livre est quelque chose de difficile à classer ou appréhender. Je vous recommande la lecture si vous vous sentez de taille pour l'aventure, mais ça vole haut.

(Chronique n°224)

lundi 26 janvier 2015

Days (James Lovegrove)

Encore un achat de cette collection de Bragelonne, qui est en passe de devenir la plus grande de ma collection. Et encore une fois, une découverte d'un auteur et d'un style que je ne connaissais pas, d'une histoire sur laquelle je ne sais rien et dont le seul résumé m'a attiré, ce qui est déjà un gage de ma volonté. Et cette lecture, qui remonte maintenant à loin déjà, et tout ce qu'il se fait de plus acceptable, voir même plus !


Résumé en trois mots : Magasin, Consommation et Humains

L'histoire est celle d'un magasin, un énorme et gigantesque magasin, qui contient sur six étages tout ce qu'il faut pour qu'on puisse consommer sans se préoccuper de ce qu'on achète. Tout, des femmes aux cravates, des livres à la nourriture. Et bien évidemment, tout cela à un prix. Days est le magasin dans lequel on ne rentre qu'avec une carte. Et cette carte indique votre niveau de richesse.
Dans ce temple de la consommation moderne, quatre destins se croisent. L'un est celui d'un simple employé, un fantôme. Un homme qui traque les voleurs en les repérant dans ce qui est le plus grand lieu de vol possible du monde. Une autre est cette dame qui tient le rayon de la littérature dans le magasin, et qui voit, jour après jour, son espace disponible diminuer au profit de celui de l'informatique. C'est également le destin d'un couple, qui vient inaugurer en cette brillante journée sa carte du magasin. Le premier jour pour eux dans le monde de la sur-consommation. Et enfin, c'est le destin de la famille dirigeante, des sept frères Days qui tiennent ce magasin.

J'ai beaucoup aimé ce roman, qui ne s'étale que sur une seule journée tout en nous présentant quatre points de vue différents dans un même magasin, plus grand que n'importe quel autre dans le monde. Sans même évoquer la surconsommation ou la déviance des hyper-marchés, ce livre nous offre également une belle fable sur l'homme et les dérives qu'il peut connaitre dans sa vie, entre les couples qui ne peuvent pas s'accorder ou encore les frères Days, entrepreneur du magasin, qui doivent à la fois tenir quelque chose de trop gros, s'accorder entre eux et en même temps sont prisonniers d'un joug parental. D'autant plus oppressant que le père n'est plus là.

Ce roman est assez brillant dans son genre, et j'ai énormément apprécié de le lire, avec le foisonnement de ce qui est présenté, tout en ne s'enlisant pas dans une critique massive. Le livre sait retrouver l'histoire quand il le faut, et retombe sur ses pieds d'une belle façon, en concluant de façon assez magistrale, puisque chaque arc narratif aura sa propre fin, ce qui fait qu'on ne peut y voir une fin heureuse ou malheureuse.

Un beau livre, qui est assez unique dans ce que j'ai pu lire pour l'instant, mais qui est bien typique de ces fantaisies urbaines qui dépeignent notre société sous un jour peu glorieux. Les différents personnages sont à la fois touchants et glaçants d'effroi par leur apathie face à la vie, mais ce roman sonne bien réaliste, et c'est là tout l'intérêt. Et je ne parle pas de la façon dont les histoires se croisent pour finir par avoir chacun sa propre identité, finissant dans plusieurs nuances de tons. Un bon roman, qui se lit agréablement et qui invite à réfléchir. Une belle découverte qui m'a bien fait plaisir.

(Chronique n°223)

samedi 24 janvier 2015

Deux ans que ça roule



Deux ans de roulotte ! Deux ans que ce blog à ouvert, et deux ans qu'il est alimenté plus ou moins régulièrement d'articles en tout genre. Deux ans avec une période creuses lorsque l'activité à repris intensément, mais qui redémarre maintenant en espérant que ça ne s'arrêtera plus !

Détail amusant : cette année, malgré la longue période creuse en Novembre et décembre, aura vu 138 articles mis en ligne également, bilan équivalent à l'année dernière ! On a donc maintenant atteint les 276 articles en ligne, et je pense qu'on devrait atteindre les 400 pour l'année prochaine, voir plus si je maintiens le rythme de un pour deux jours.

Vous avez été 15.000 à passer sur ce blog en deux ans, je vous remercie, passants qui venez ici ! Passons voir au bilan de l'année :

Bilan de l'année 2014

  • Beaucoup de science-fiction cette année avec les Asimov (tout le cycle des Robots et celui de Fondation qui reste à chronique), encore Arthur C. Clarke, du Bradburry, et du Philip K. Dick, auteur que j'ai vraiment découvert cette année et qui rentre dans mon top personnel.
  • Mes premiers Terry Pratchett, et sans doute pas les derniers. Je commence l'aventure de la saga du Disque Monde, et je crois que ce n'est pas près de s'arrêter.
  • Un peu de fantasy, un peu de réaliste, un peu de tout
  • Du Boris Vian (ah, quel génie, mais quel génie) et du Bernard Clavel. Dans l'ensemble j'aurais plus lu d'auteurs français cette année par rapport à la précédente.

Au niveau des lectures, il semblerait que cette année ai été un peu plus hétéroclite, bien que je sois resté tout de même bien centré sur de la science-fiction. La fantasy attends dans les placards, je finis d'abord Dune, qui s'avère être excellent. Et ensuite, j'ai tout le reste à lire (la PAL ne semble pas diminuer ...).

Bref, une année avec des petits moments de creux, mais qui est maintenant finie, et qui s'ouvre sur une belle année 2015 prête à accueillir toutes les lectures qu'il faudra. Et la roulotte continue son chemin !

Brutus (Bernard Clavel)

Eh oui, un nouveau Clavel, quand on est dans le bon mouvement, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Je me rappelais bien avoir ce livre dans mon stock, alors après la saga des Royaume du Nord, je pouvais bien prolonger le style avec celui-ci, qui méritait mon attention, non ? En plus, ça me permettait de relire un peu d'auteur français, qui sont au final peu présent dans ma pile des livres lus, alors qu'il y en a tant de bon ! Et puis, je voulais voir un peu la façon dont Barjavel parlait de Lyon, ville que je vais découvrir bientôt. Pour toutes ces raisons, et parce que je devais attendre un long moment encore, je me suis penché sur ce livre et je l'ai tranquillement savouré dans un train qui filait, le long de la vallée du Rhône.


Résumé en trois mots : Romain, Chrétiens et Taureau

Ce livre nous plonge dans une période historique bien connue, celle des premiers chrétiens, tout au début de notre ère, dans la vallée du Rhône, alors sous domination romaine, avec la naissance d'un mouvement religieux inspiré par un homme qui fut crucifié, bien loin en terre de Judée, prêchant l'amour du prochain, la paix et l'acceptation de la souffrance plutôt que le chemin de la violence. Une philosophie qui a depuis bien changée de visage, certes, mais qui était alors simple, avec des préceptes tout aussi simple.
Cette histoire de montée/descente du Rhône, à la fois par les barges sur l'eau et à pied le long des berges, entre chrétiens et bateliers, avec comme personnage central ce taureau massif, Brutus, bête puissante et forte qui doit être amené à Lyon pour la gloire du cirque mais aussi pour le martyr des premiers chrétiens. Brutus occupe cette fameuse place centrale du livre, tout tournant autour d'une manière ou d'une autre, les héros se greffant à lui. D'ailleurs, les héros, parlons en. Des hommes comme aime les camper Clavel, ils m'ont rappelés des personnes de Le royaume du Nord. Un peu brut, des hommes polis par le travail, à la peau épaisse et burinée, mais dont le cœur est tendre. Notamment dans leur foi, ce christianisme naissant, qui ne prône que l'amour du prochain.
Cette histoire refait mouche, et c'est le style de Clavel qui revient encore une fois. A la fois poétique et pourtant contenant de la violence bien exprimée. Et il y a aussi, à contrario, plein de douceur qui rejaillit de ces pages. Clavel sait magnifier les bords du Rhône et la nature généreuse de certains être humain. Dans ces pages, on retrouve la beauté simple de la nature et la nature belle des simples.

Sans être un grand roman, sans être un chef-d'œuvre, Brutus sait être un beau livre qu'on lit avec plaisir jusqu'au bout, prolongeant le plaisir de se tenir sur les bords du Rhône avec les personnages. Un bon petit roman, a réserver quand le reste est déjà lu.

(Chronique n°222)

jeudi 22 janvier 2015

Night Ocean (H. P. Lovecraft)

Dernier livre de Lovecraft que j'avais entre les mains, et normalement dernier que je lis avant un long moment, puisque j'ai épluché les recueils principaux de cet auteur si fabuleusement horrifique. Mais voila, la source est en partie épuisée, il se peut qu'au cours du temps je tombe sur un livre m'ayant échappée, mais je pense avoir bien fait le tour de Lovecraft, et ce récit est la conclusion de tout ceux que j'ai lu jusqu'à présent. Et le hasard faisant bien les choses, je suis tombé sur celui que je devais, effectivement, lire en dernier.

Résumé en trois mots : Horreur, Collaboration et Mélange

Ce recueil est sans aucun doute le moins bon de ceux que j'ai lu de Lovecraft, pour différentes raisons, et notamment liées à la procédure éditoriales. En effet, ce recueil contient nombre de textes de Lovecraft sans grand intérêt car non fini, à l'état de brouillon, ou même des textes qui ressemblent bien plus à des coups d'essais que de véritables textes travaillés et aboutis. L'ensemble est d'ailleurs présenté comme tel, plus une compilation de textes de l'auteur à direction des fans qu'un véritable livre d'un bout à l'autre. Il contient notamment à la fin un texte qui est appelé Livre des raisons et qui est, en gros, une compilation des notes et des idées de Lovecraft pour écrire un livre d'horreur. C'est très sympathique, mais je m'attendais à lire un livre, pas à avoir un condensé de textes pour fan.
Le second problème de ce livre, c'est qu'une bonne partie des textes sont des textes écrits à quatre mains ou plus, et que bien souvent les histoires sont largement moins intéressantes du coup. On y trouve peu d'histoire véritablement horrifique, mais certains développement sont assez intéressant, quoique ce soit peu fréquent. De manière générale, les textes sont peu développés et laissent un sentiment d'inachevé, sans compter que l'ambiance horrifique propre à Lovecraft est moins souvent fréquente.  Et au final, l'intérêt est très réduit au fil du texte.

Un recueil très peu intéressant pour moi, qui tient plus du recueil pour fan que véritablement du recueil de nouvelles. On découvre une autre facette de Lovectaft, mais que je trouve moins intéressante pour le coup. C'est moins prenant, moins horrifique que d'habitude. On y retrouve que très peu l'ambiance glaçante d'un bon récit Lovecraftien, et la plupart des choses s'oublient vite. Je viens de le finir, et je n'en retiens pas grand chose. Un livre qui mérite que très peu qu'on s'y attarde.

(Chronique n°221)

lundi 19 janvier 2015

Les enfants d'Icare (Arthur C. Clarke)

J'aime bien la façon dont les éditions Milady (branche de l'éditeur Bragelonne) font leurs livres, dans un format un poil différent avec des couvertures qui accrochent (sauf dans le cas de Sorceleur où je pense qu'ils se foutent de la gueule du client). J'ai pris ce livre pour continuer dans la voie des lectures de ces auteurs de Science-fiction cultes, indispensable, excellents et reconnus. C'est pourquoi mes lectures furent riches de Bradbury, Asimov, Clarke et Dick ces derniers temps (il me reste les Frank Herbert à explorer). Et celui-ci me faisait de l'œil via ses critiques élogieuses. Je me le suis offert et à l'occasion d'une très longue après-midi, je me le suis fini presque intégralement. Je pense que vous comprenez l'idée.


Résumé en trois mots : Extra-terrestre, Humanité et Divinités


Il me semble que je l'ai déjà dit, mais c'est assez amusant comme chacun de ces quatre auteurs cultes à sa patte. Isaac Asimov est très philosophique et carré. Philippe K. Dick est dérangeant et déroutant. Ray Bradburry est poétique et philosophique. Arthur C. Clarke est scientifique et beau.
Ce roman me confirme que Arthur C. Clarke sait écrire d'une façon belle et surprenante, avec ce qu'il faut de scientifique dedans pour que l'on en apprenne toujours un peu. Ici, c'est largement passé au second plan par rapport au reste, mais c'est tout de même présent. Ce roman est surtout centré sur la question de l'homme, de l'humanité, de sa place dans l'univers et de son but.
En le lisant, je me posais de plus en plus la question du but du roman, entre la façon dont les extra-terrestres maintenaient une présence dominatrice sur la Terre et l'évolution de la psychologie humaine à leurs propos. C'est pourquoi j'ai été surpris par le tournant que prend le livre tout à coup, avec cette explication à laquelle je ne m'attendais pas (mais qui rejoint en un sens ce qui avait déjà été mis dans 2001, l'odysséede l'espace) mais qui se paye en sus le luxe d'être extraordinairement belle, avec une touche merveilleuse qui m'a complètement surpris. C'est, progressivement, de plus en plus beau jusqu'à un final qui n'a pas été sans me rappeler la larme que j'avais presque à la fin de Chantsde la Terre lointaine. Arthur C. Clarke m'a hypnotisé d'un bout à l'autre du livre et m'a laissé un merveilleux goût en bouche, avec cette douceur et cette beauté.
Le roman en lui-même est un petit bijou, l'histoire étant intrigante, les personnages passant sans qu'on ne soit liés complètement à l'un ou l'autre, les chapitres s'enchainant sans qu'on ne puisse deviner vers où ils tendent, et cette fin en apothéose qui vient conclure le tout, c'est proprement magnifique. Le genre de roman qu'on aimerai presque relire pour retrouver ce goût en bouche, mais qui ne laissera plus la même saveur. Je le relirai avec plaisir, mais ce ne sera plus pareil, et c'est presque triste. Mais la beauté est éphémère. Ce livre sait nous le rappeler.

Du comme ça, j'en redemanderais volontiers ! Un livre très surprenant et qui m'a laissé complètement pantois, avec une beauté inhérente à l'auteur et qui m'a plu, au-delà des mots. Ce genre de science-fiction, c'est de l'or en barre. J'en redemanderais, entre les précisions scientifiques apportées par petites touches et l'histoire qui sait se dérouler de surprises en surprises jusqu'au final étonnant, c'est une réussite incontestable. Je ne sais pas si je suis face au meilleur de Clarke, mais c'est un excellent roman assurément, et que je ne peux que vous recommander chaudement. Cet auteur me plait, j'ai hâte de lire la suite.

(Chronique n°220)